Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Lun 16 Déc 2019 - 14:57

191 résultats trouvés pour autobiographie

Henri Calet

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Le tout sur le tout

Une manière d'autobiographie allusive et avec ses pudeurs ménagées par un ton assez libéré et une belle fluidité de l'écriture. C'est une manière d'autobiographie en retour sur le passé, depuis le tout début et en réempruntant les mêmes rues, en revivant les mêmes lieux, différents.

Un Paris pas loin de la misère, deux guerres mondiales, des femmes, des voyages, et une sorte d'usage du quotidien. L'expression facile serait de dire "doux amer" mais sa beauté est dans sa douceur, alors "douceur lucide" ? avec ce qu'elle peut avoir de cru, de conscient.

C'est un peu comme s'il n'appuyait sur rien, n'obligeant son lecteur à rien mais en partageant beaucoup. C'est une lecture qui m'a été immédiatement sympathique, je m'y suis senti à l'aise, et au fil des pages j'ai apprécié et goûté de plus en plus. C'est beau, l'art de la formule ne gâte rien, mais c'est surtout beau.

La comparaison ne se fait pas mais si les rues de Paris doivent faire penser à Modiano, on serait ici pour moi bien au-delà du Nobel. (Mais ce n'est pas la même génération, pas le même propos, pas non plus le même Paris, etc.)

Une pensée pour Shanidar aussi, j'aurais pensé qu'elle l'a lu, c'est d'ailleurs peut-être le cas mais en tout cas je pense que ça aurait collé.

mots-clés : #autobiographie #lieu
par animal
le Mer 18 Juil 2018 - 22:05
 
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Sujet: Henri Calet
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André Schiffrin

L'édition sans éditeurs

Tag autobiographie sur Des Choses à lire - Page 4 Images11

André Schiffrin , à travers sa biographie professionnelle, dresse un portrait de ce qu'est devenu l'édition à la fin du vingtième siècle.

Son père a été l'un des fondateurs de La pléiade, dans un souhait d'offrir une littérature de qualité au plus grand nombre. Suite aux persécutions vichystes et à son élégant licenciement par Gallimard, la famille émigre en 1941 aux États-Unis.
André Schiffrin reprend quelques années plus tard la canne de pèlerin de son père, pour publier des œuvres américaines dissidentes ou européennes, dans un message plutôt à gauche, sans recherche systématique du profit,mais dans l'idée d'entretenir et enrichir le discours intellectuel et la réflexion au sein de Pantheon Books. Mais la loi du marché s'installe peu à peu dans l'édition, il faut penser à être rentable, très rentable, il faut arrêter de semer des idées frondeuses dans l'opinion, de croire qu'offrir la culture aux minorités est une bonne chose… En même temps que toute son équipe, André Schiffrin part en claquant la porte et fonde, avec l'aide de quelques fondations privées, The New Press, maison d'édition  dissidente et sans but lucratif.

À travers son parcours, André Schiffrin décrit ce qu'est devenu le livre, le monde de l'édition aux États-Unis mais aussi à un moindre degré en  Europe et particulièrement en France, sous l'emprise des empires du divertissement et de la communication. Il montre comme il est difficile maintenant de continuer à considérer le livre comme un produit culturel et non plus commercial.

Le livre est écrit et publié en 1999, Amazon n' apparaît qu'une fois de façon très ponctuelle et seulement dans la conclusion. Il va donc falloir lire la suite : Le contrôle de la parole.


mots-clés : #autobiographie #mondialisation #universdulivre
par topocl
le Mar 3 Juil 2018 - 16:13
 
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Luigi Di Ruscio

La neige noire d'Oslo

Tag autobiographie sur Des Choses à lire - Page 4 41ptin10

L’auteur a émigré sous la période fasciste d’Italie à Oslo en Norvège où il vivra jusqu’à sa mort en 2011. Il conservera toujours son « italianitude » comme il l’appelle, ses écrits seront en langue italienne, langue qu’il se gardera d’apprendre à sa famille norvégienne ; la langue italienne ou plutôt le dialecte de Fermo préserve son identité italienne, malgré l’exil, malgré les demandes de sa femme qui souhaiterait qu’il se normalise Norvégien.

L'exil : «Quand j’ai émigré, j’avais trois livres dans mon carton : la Divine Comédie, la grosse anthologie Poesia italiana del dopoguerra publiée en 1958 et qui incluait mes poésies, ainsi que Non possiamo abituarci a morire, mon premier recueil édité en 19531. »

« J’ai transplanté à Oslo tout l’univers linguistique de Fermo lequel, à cause des communications de masse, disparaissait dans sa patrie d’origine. »

L’ouvrier : "J'avoue : je m'autorise à me foutre de la gueule du moi soussigné, par contre du moi métallo jamais."


Dans cette autobiographie il parle brièvement de son enfance en Italie à Fermo dans le Piceno, de sa vie d’ouvrier métallo dans une usine d’Oslo,  durant de nombreuses années, de sa famille, femme et enfants, de la politique, des syndicats et surtout de l’écriture, la poésie, toujours, tous les jours, comme un forcené il écrit…………..

C’est dans sa vieillesse et la solitude qu’il rédige ce livre et je préfère vous livrer ses mots qui dans la lucidité le révèlent :

« voilà que je me prends à rêver d’une poésie du Piceno, moi qui me proclamais internationaliste, je fus accusé de jdanovisme, un obstiné qui noircit des feuilles la nuit a écrit Fortini dans Paysage avec serpent, on me promit même d’être publié dans l’Almanacco delle Specchio, j’étais bouffi de satisfaction, essayer de m’imaginer consacré par tant d’honneur littéraire, on te publiera l’année prochaine ou celle d’après, dix ans passèrent et le plus beau c’est que l’Almanacco est mort tandis que je suis encore envie, certes, je n’avais pas conscience de mes limites orthographiques et syntaxiques et le décravaté que j’étais  ne savait rien de la construction verticale de la langue, seule une écriture aussi désespérée que forcenée, un langage baladé jusqu’aux confins des terres nordiques où les restes de l’ère glaciaire s’entêtent de perdurer. »

L’auteur ironise souvent sur sa personne, l’église et ses représentants, les politiques, les critiques ….

« Verdino m’a fait la préface gratis, il y a des poètes qui perçoivent une petite rétribution quand ils publient leurs poésies, même s’il serait plus juste de payer le lecteur qui doit s’embarquer dans une lecture éreintante pleine de pièges et d’énigmes. »

« Si j’étais néoréaliste ce n’était pas parce que j’aimais le réel mais parce qu’il me répugnait profondément, ceux qui aiment l’état actuel des choses ont toujours été antiréalistes par nature et mon écriture à moi parle de rêves. »


Ne s’empêche aucune réflexion et s’il avoue son faible niveau d’instruction  il a lu, beaucoup et cite d’ailleurs en argumentation de ses propos,  et de ses nombreuses digressions, des auteurs, des livres.

« Ne pas avoir de doutes, ne pas comprendre que tout est incertain, ne pas comprendre que tout est à la fois vrai et faux, qu’il n’y a de juste que la compassion. »

Il retourne régulièrement en Italie et s’intéresse à la politique de son pays de naissance, comme de son pays de vie.

« Imaginez un peu le choc quand de retour en Italie pour les vacances je vis la police armée postée devant les banques, qui me dévisageait avec sa mitraillette. Puis un défilé de cinquante-cinq mille prêtres et autant de moines sans compter les polices de trois ministères différents, des élections provinciales en plus des régionales, un nombre démesurés de députés et de sénateurs dont plus de quatre-vingts pour cent ne sert à rien, un nombre incalculable de véhicules payés par l’Etat italique sans parler des portables gratis avec lesquels ils appellent leurs putes, une foule énorme de fourbes et d’andouilles et voilà qu’arrive le politicien de luxe qui veut réformer :les protections sociales et s’écharne sur les misérables retraites, réformons plutôt les protections sociales des charognes, arrêtez de vous acharnez sur les miséreux, honte à vous ! »
Conscient des dramatiques évènements  qui ont sévi au XXème siècle dans le monde,  mais anarchiste de  cœur,  rêve encore de la dictature du prolétariat, malgré une utopie devenue cauchemar.


Relations avec la religion :

[…]cette mort m’a poinçonné à jamais, chaque homme étant à l’image de Dieu c’était comme si l’on avait craché sur le sacré. »

« Revoilà le vicaire du Christ dans toute sa suffisance, il lutte désespérément contre la mort bien qu’il ait une merveilleuse vie éternelle à portée de main, exaspération des conditions météorologiques, un 15 août avec un froid nordique embusqué sur les cimes… »

« Durant l’interrogatoire (en Norvège) quelqu’un m’a demandé : pourquoi ne rentrez-vous pas en Italie puisque vous vous sentez italien ? Si les démocrates-chrétiens m’avaient donné ne serait-ce qu’une place de balayeur je serais resté en Italie, et si l’archevêque de Fermo m’avait pistonné pour me faire embaucher dans une usine italienne je serais resté aussi. Choses plus qu’improbables pour un communiste et poète blasphérique, j’ai donc été obligé d’émigrer pour sauver toute mon italianitude, pour ne pas dévoyer mon âme.
On m’interrogea aussi sur mon pessimisme joyeux et mon optimisme triste. »


Justifie de son honnêteté morale de citoyen et de ses choix politique et syndical :

« Je me sens tout-puissant bien qu’au seuil du gâtisme, nous avons toujours, à tour de rôle, lavé notre vaisselle, cuisiné nos soupes, déblayé la neige amoncelée devant notre porte, la plus haute moralité c’est de ne pas être un larbin et surtout de ne pas avoir besoin de larbins, restons jusqu’au  dernier jour de notre vie en dehors de ce christianisme encenseur de larbins, parce que c’est la religion des patrons, et quand j’écris ne fais pas semblant d’ausculter le souffle de Dieu sur les décharges déployé…………… »

(une anecdote au sujet de son père, maçon : les ouvriers n’avaient pas le droit de porter une montre en travaillant, ils étaient tenus de travailler jusqu’à plus jour, fi du nombre d’heures !)

Autres extraits :

« […..]qui est le plus méchant ? Celui qui fait du mal parce qu’il en éprouve du plaisir ou celui qui fait du mal et n’en éprouve aucun plaisir aucun bien au contraire ? »

« Une petite réduction de ma retraite réelle suffit à me plonger dans le désespoir absolu, car on sait pertinemment qu’ils ne pourront jamais rééquilibrer le budget de l’Etat sans rendre les misérables encore plus misérables. Peut-être pensent-ils que la retraite qu’ils me donnent est déjà trop pour quelqu’un comme moi, émargination permanente comme étranger, comme communiste et comme poète extrême, jamais je n’ai vendu mon intelligence, ma bite non plus, depuis que je suis retraité je fais quelques courses pour un cordonnier, j’espère pouvoir à nouveau passer les vacances en Italie sans que le tout voyage dans un cercueil. »


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La préface est intéressante pour cerner la personnalité de l’auteur, la nature de l’exil et l’étonnante écriture que certains ont qualifiée de « jazzée ».

C’est bien sur une réflexion sur l’identité et l’exil. Mais Di Ruscio est avant tout un poète et un écrivain, c'est dans l'écriture qu' il peut s'exprimer librement ; mais il ne concevait son écriture qu' en langue italienne.

J’ai apprécié ses idées, ses arguments et son honnêteté, son humour et son ironie. Les relations avec sa femme notamment sont présentes tout au long de ce récit, mais avant tout j’aime quand il parle du soussigné poète, alors il me fallait absolument chercher ses poèmes.

Pas pu trouver en français puisque l’auteur n’écrit qu’en italien donc j’ai fait une traduction sur le net (avec tout ce que ce genre de traduction peut avoir d’aléatoire)

QUAND JE DÉCOUVRIRA MON PÈRE

Quand j'ai découvert mon père en train de regarder les fourmis
le soleil a brisé les pierres et étourdi les maçons sans un chapeau de papier
un trou noir autour des grains de terre malaxée
et l'essaim de fourmis avec trop de graines traînées
et mon père avec dégoût a rampé son pied sur le nid
alors j'ai appris à regarder les fourmis et d'avoir ce dégoûtant
et l'humain dans mon père est dans ce dégoût abstrait
cet assaut des sens de la nullité que mon père noie
avec le match à remorquer et chaque victoire et chaque perdu la saluent avec du vin
et la gueule de bois lui apporte une sorte de fureur désespérée
et lance des assiettes et des verres contre le mur
et il se condamne dans cette fureur ou dans le silence
et dans l'effort qui est une bataille perdue sans sens et sans but
Mon père a découvert son image dans la fourmi et la détruit
le vin, la fatigue, la fumée, se cassent la poitrine avec une toux qui tousse
c'était présent dans tous mes rêves de mon enfance
l'habitude de regarder la fourmi a perdu mon père
et je vis maintenant dans cette fourmilière avec la même colère que mon père
ce qui détruit la fourmi industrieuse, dégoûtante.

Pour Catherine

tu devras résister à l'eau au feu dans l'obscurité
tu devras rester humain malgré la brutalisation généralisée
toucher tous les éléments de la mort jusqu'à la mort
vis tout ce qui a déjà été vécu et ne sera jamais revécu
ne crois même pas un mot de tous ceux qui vous diront
nous qui vivons aussi pour représenter tous ceux qui sont morts
et tous ceux qui viendront et jusqu'à ce que la résistance de l'un reste
la défaite n'est pas encore arrivé
pas la rose enterrée mais les communistes massacrés et enterrés
tout doit être avalé même par ce que je méprise profondément
la violence et la torture stabilisent le monde comme force de gravité
maintient le système solaire ensemble et toutes ces familles
maintenu debout par la violence du chef de famille
et tous les organismes étatiques et para-étatiques et tous superposés et subordonnés
et la violence légitime serait celle qui viole mon âme
il faut savoir absolument dans quel monde nous vivons
si je vois des mirages cela ne veut pas dire que le salut n'existe pas
une fois qu'il semblait assez proche pour être en mesure de l'attraper pour toujours
le soussigné a de la chance
la transition entre la conscience et rien ne sera très courte
Une agonie longue et spectaculaire ne nous est pas destinée
l'insulte d'être vivant sans conscience ne sera pas pour nous
les cliniciens les plus renommés ne nous prépareront pas de longues agonies
notre misère nous sauve
de l'insulte d'être vivant sans notre esprit
nous reviendrons tranquillement à rien d'où nous venons
c'est déjà tellement que le miracle de mon existence a été là
même réussir à vous voir tous


pour en savoir un peu plus : https://irisnews.net/il-poeta-operaio-le-poete-ouvrier-textes-luigi-di-ruscio-illustrations-pierre-rosin/

Une écriture qu’il faut apprivoiser et un auteur à découvrir.

Je continuerai d’ailleurs avec Palmiro.


mots-clés : #autobiographie #exil #identite
par Bédoulène
le Dim 1 Juil 2018 - 21:22
 
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Sujet: Luigi Di Ruscio
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Nicolas Bokov

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Loin de la Tour Eiffel


Originale : вдали от эйфелевой башни  (Russe, 2015)

CONTENU :
Récit d'un écrivain, père d'une fille née handicapée en France, dans une famille de réfugiés politiques soviétiques. Turbulences de relations autour d'elle, conflits d’intérêts entre les parents et l'administration au sein du foyer d'accueil.

REMARQUES :
Voilà un "autre" livre de Nicolas Bokov qui retrace un « aspect » (?) douloureux de sa vie. Etant père d'une fille handicappée, Marie, aujourd'hui âgée d'une quarantaine d'années, il parle de sa relation avec elle, empreinte de tendresse et respect pour ce qu'elle est, et ce qu'elle n'est pas. Mais plus qu'une relation à deux, ce livre est aussi une sorte d'accusation parfois dure (mais authentique et vraie) contre toutes les absurdités rencontrées quand on veut soulager la vie d'un être cher, dans un établissement régi par des normes, et des fois oubliant complètement sa vocation d'un « chez soi ». Oui, cela rend Bokov des fois solitaire, malheureux, voir amer : comment ne pas se revolter ? Quand éventuellement d'autres ont jeté l'éponge et disent rien à cause d'une dépendance de ces établissements, d'une manque d'assurance, et le sentiments même d'une culpabilité cachée ?

L'écrivain parsème ces moments-là avec des souvenirs d'un passé plus ou moins heureux ou menacé, de réfugié politique en France ou de dissident en URSS. Pour moi c'est profondement parlant, ayant moi-même une sœur handicappé, et me sentant d'autre part, proche du monde d'origine de Bokov.

On souhaite des lecteurs à ce petit livre...

mots-clés : #autobiographie #famille #immigration #pathologie
par tom léo
le Ven 15 Juin 2018 - 7:16
 
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Sujet: Nicolas Bokov
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Cécile Pivot

Comme d'habitude

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J'ai craint au début un énième récit sur la relation d'une mère avec son fils autiste, Antoine, maintenant 21 ans, avec tout ce que cela implique d'amour, d'épuisement , de culpabilité, de bêtises et de traits de génie, d'échecs et de victoires, d'humaine ambivalence en somme , les réactions bêtes (voire méchantes) des gens, les difficultés à trouver des solutions  pratiques, non de garde, mais de modes de vie.  Il n'y a là guère de travail littéraire, mais des annotations au jour le jour, sans forcément d'ordre chronologique, mais finalement ce choix de simplicité, qui parait naïf au début, ouvre la porte à un récit assez poignant, d'une sincérité désarmante, un portrait d'une femme qui refuse les compromissions, qui reste elle-même dans cette lutte, qui continue à bousculer son fils, parfois peut-être trop continue, mais elle s'autorise, à penser à elle. Elle  reconnaît ses limites, elle l'aime avec toute son humble maladresse.

mots-clés : #autobiographie #psychologique #relationenfantparent
par topocl
le Mer 13 Juin 2018 - 11:45
 
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Isabelle Monnin

Mistral perdu ou les événements

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Isabelle Monnin enfant, adolescente, adulte. Des chapitres.

Vu comme ça, ça fait penser à des récits déjà 100 fois lus sur les années soixante dix, la cour d'école terrorisante, les premiers baisers, les premières boums, le départ pour les études... Et au début j'ai vraiment eu peur de ça. Mais l'approche si touchante d'Isabelle Monnin s'est vite précisée, et c'est devenu un texte personnel arrachant,  avec ses deux versants intime et universel.

Isabelle Monnin décrit la bulle qu'elles ont formée avec sa sœur, et,  scandé par ce "Nous sommes deux" récurrent, qui résume une évidence, il y a   là quelque chose de quasi magique. De très ordinaire aussi, car toutes les enfances se ressemblent. Tout cela se joue sur un fond de Mistral gagnant (et oui, comme Isabelle Monnin, Renaud a sans doute été pour moi tout à la fois l'expression de ma première rébellion , comme de ma première appartenance.), dans cette petite bourgeoisie provinciale de gauche, sûre de ses idées généreuses et de son bonheur, gagné à la génération précédente sur les barricades. Tous les espoirs sont permis et cette sororité en est le carrosse.

Nous sommes deux, nous sommes des enfants et le monde est facile.


Mais assez vite, implicitement, sans qu'un mot soit dit, on sent la fracture qui rôde. On sait que cette jeune sœur rieuse et pas insouciante, un moment, ne sera plus  là.

Et oui, à 26 ans, cette sœur meurt, dans un chapitre d'une brièveté déroutante, car des pourquois et des comments, dans ces cas-là, il n'y en a pas. Il faut vivre avec cela, c'est impossible mais on n'a pas le choix. Plus rien n'est partagé. Et en plus, rien ne vient comme on l'avait prévu : le monde aussi la lâche en route.

Dans l'intime, « notre troisième fils, un grand prématuré, meurt." Dans la sphère publique, la belle conscience de gauche s'effrite, la gauche n'est plus, la haine surprend de tous côtés, empaquette ignominieusement le quotidien,  D'événement en événement, le monde jadis prometteur est en faillite. Le collectif n'est même plus là pour panser les plaies intérieurs. Est-ce la fin de l' histoire ? Même Renaud, vieillli, ventripotent , on n'y croit plus (il n'y croit sans doute plus beaucoup lui non plus). Que faire d'autre dans cette douleur transfixiante, que laisser ses enfants, joyeux, jouer parmi les tombes ?

Quelque part elle explique qu'elle est  une maison, les briques sont les événements familiaux, le ciment les événements publics. Elle s'y sentait bien. Et maintenant, on la voit faire tout ce qu'elle peut pour que la maison ne devienne pas une ruine.

C'est terriblement beau, l'écriture d'Isabelle Monnin est d'une poésie trouble, battante, inventive. Elle empaquette cette histoire tellement intime, tellement commune pour en faire un texte douloureux, fragile, un cuisant constat d'échec commun.



mots-clés : #autobiographie #enfance #fratrie #intimiste #jeunesse #mort #viequotidienne
par topocl
le Sam 26 Mai 2018 - 10:52
 
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Sujet: Isabelle Monnin
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Laurence Tardieu

A la fin, le silence

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Quand Laurence Tardieu "commence" ce qui doit être le début de ce roman, elle le fait car elle vient d'apprendre que la maison de ses grands-parents, maison dans laquelle elle a passé tous ses étés d'enfance et où elle est devenue la femme qu'elle est, va être vendue. C'est dans ce havre qu'elle explique avoir construit ou reconstruit celle qui parle aujourd'hui.
Elle espère que ce livre fera changer le destin de cette maison : qu'elle pourra en empêcher la vente ou si ce n'est le cas, garder une trace écrite de ces moments précieux qu'elle y a passés, des souvenirs et ainsi permettre que la maison existe toujours pour ce qu'elle représente : un refuge.
Au même moment, début 2015, sont commis en France les attentats meurtriers que personne n'a oubliés.
Comment alors ne penser qu'à la maison, alors que que ce qui se produit ne peut être même nommer et vécu.

Laurence Tardieu rédige alors un livre dans lequel alternent ses souvenirs de quiétude, ses bouleversements intimes face à la terreur, ses questionnements face au traitement des faits - car ils se produisent en France - .
Au moment de l'écriture, l'auteure attend son troisième enfant et cette vie qu'elle porte lui fait ressentir encore plus douloureusement et avec encore plus d'acuité, les événements de cette année tragique.

Ces événements la rendent poreuse comme elle le dit elle-même.


J'aime l'écriture de Laurence Tardieu et j'ai aimé ce roman : elle met parfois des mots sur des faits ou des situations que l'on ne saurait que taire. S'y entremêlent des descriptions nostalgiques de cette magnifique maison et des époques qu'elle y a vécu et les sentiments éprouvés au cours de ces jours si sombres que nous avons tous connus, ainsi que l'évidence que ce type d'action et de terrorisme ne se déroule pas qu'en France mais aussi dans des pays dont on parle moins quand la barbarie y règne.
.
Et on le referme en se posant tant de questions...


mots-clés : #autobiographie #contemporain
par kashmir
le Jeu 10 Mai 2018 - 14:23
 
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Sujet: Laurence Tardieu
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Philippe Grimbert

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Un secret

Souvent les enfants s'inventent une famille, une autre origine, d'autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu'il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas... Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et des millions de disparus sur qui s'est abattue une chape de silence.

Psychanalyste, Philippe Grimbert est venu au roman avec "La Petite Robe de Paul". Avec ce nouveau livre, couronné en 2004 par le prix Goncourt des lycéens et en 2005 par le Grand Prix littéraire des lectrices de Elle, il démontre avec autant de rigueur que d'émotion combien les puissances du roman peuvent aller loin dans l'exploration des secrets à l'œoeuvre dans nos vies.



Dans le Paris de l’après-guerre, Philippe G, enfant malingre et chétif, grandit auprès de ses parents sportifs au physique d’athlète. Pensant ne pas satisfaire leurs attentes, il, croit lire de la déception dans leurs yeux et notamment dans ceux de son père, et essaie de les rendre fiers en collectionnant les bonnes notes. En parallèle, il s’invente un frère très différent de lui, plus grand, plus fort, un frère avec lequel il entretient des relations comme avec un ami imaginaire, frère confident tout autant que frère avec lequel il se bat régulièrement. Il invente aussi une histoire à ses parents, une histoire d’amour dont il imagine les premiers rendez-vous, les premiers émois, épargnés des affres de la guerre qui gronde, et dont il est le premier, le seul et unique enfant.

Or, confronté un jour à l’école à un documentaire sur les camps où il voit une femme juive morte et nue, poupée désarticulée trainée comme un sac de sable pour être jetée dans une fosse, son corps réagit aux blagues vaseuses de ses camarades et il saute sur un de ces jeunes imbéciles pour le faire taire, pris d’une violence incompréhensible qui le déborde.

Cet événement libère l’amie proche de la famille, Louise, du devoir de taire l’histoire des parents de Philippe. Peu à peu elle lui livre la réalité de ce qui s’est passé et le libère de cette manière du poids des secrets qu’il a perçu inconsciemment au détour des mots non-dits, des gestes qui trahissent, et ont fait de lui un enfant porteur du symptôme familial et de ses fantômes.

« Un secret » est un livre bouleversant qui retrace l’histoire d’une famille juive sous l’occupation, au destin d’une femme aux choix lourds de conséquences sur ceux qui lui ont survécu. Dans les mots de Louise, nous revisitons une part de l’histoire de la déportation des juifs français sous le commandement de Laval, mais aussi leurs doutes pour certains, leur confiance pour d’autres en leur gouvernement. Par cette histoire qu’elle narre à Philippe adolescent, elle comble les blancs de son histoire, ou plutôt de l’histoire familiale, celle qui pèse malgré lui sur qui il est, ce qu’il est, tant les secrets familiaux se sont inscrits dans sa chair, et tant il porte les non-dits, les silences, les ignorances, qui ne lui appartiennent pas.

Ce livre, tout en délicatesse, en retenu, en pudeur, nous fait revisiter une page de l’histoire, et, au-delà, montre l’impact du secret et ses séquelles  transgénérationnelles, ce raconté avec simplicité et sobriété par celui qui a porté et fait apparaître ce secret.

Court, je l’ai lu en quelques heures, appréciant le style employé par l’auteur qui a choisi des phrases courtes, simples, souvent usant de métaphores qui lui permettent de ne jamais vraiment nommer l’horreur mais de la faire deviner, avec beaucoup de pudeur.

Un livre qui m’a émue, emportée, et que je n’ai pu lâcher avant de le terminer. Une belle découverte bien que je regrette les raisons qui ont pu lui faire voir le jour.

Il fallait bien qu'un jour ou l'autre son fantôme apparût dans cette brèche, qu'il surgit de ces confidences. Ma découverte du petit chien de peluche l'avait arraché à sa nuit et il était venu hanter mon enfance. Sans ma vieille amie, peut-être n'aurais-je jamais su. Sans doute aurais je continué à partager mon lit avec celui qui m'imposait sa force, ignorant que c'était avec Simon que je luttais, enroulant mes jambes aux siennes, mêlant mon souffle au sien et finissant toujours vaincu. Je ne pouvais pas savoir qu'on ne gagne jamais contre un mort.

Et toujours ces questions : régulièrement on m'interrogeait sur les origines du nom Grimbert, on s'inquiétait de son orthographe exacte, exhumant le "n" qu'un "m" était venu remplacer, débusquant le "g" qu'un "t" devait faire oublier, propos que je rapportais à la maison, écartés d'un geste par mon père. [...]
Un "m" pour un "n", un "t" pour un "g", deux infimes modifications. Mais "aime" avait recouvert "haine", dépossédé du "j'ai" j'obéissais désormais à l'impératif du "tais".



Mots-clés : #autobiographie #deuxiemeguerre #genocide
par chrysta
le Mer 9 Mai 2018 - 9:50
 
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Sujet: Philippe Grimbert
Réponses: 2
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Kenneth Cook

Le Koala tueur et autres histoires du bush

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Recueil de nouvelles autobiographiques venant de ce journaliste amoureux de son pays manifestement mais réaliste sur tout ce qu'il contient de bizarreries.
Truculent est le terme le plus adéquat pour définir l'atmosphère du livre dont les histoires sont placées sous un second degré et une causticité très drôles et très agréables.
Dépaysant, frais, bien écrit, drôle, il ne postule pas à la pléiade mais nous divertit et on passe un super moment ce qui est bien le plus important.
Très belle découverte et belle entrée en matière dans la découverte de cet auteur qui ne demande qu'à être répétée.



mots-clés : #autobiographie #humour #nouvelle
par Hanta
le Mar 1 Mai 2018 - 10:15
 
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Sujet: Kenneth Cook
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Eudora Welty

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Les débuts d'un écrivain


Originale : A Writer’s beginnings (anglais, E.-U., 1983)

Dans ce petit livre Eudora Welty se rappelle  de son enfance et sa jeunesse à Jackson/Mississippi. Née en 1909 elle était l’ainée de trois enfants. Elle parle du frère mort à la naissance, de ses premières expériences de lecture, de ce passe-temps universel qu’est de se raconter des histoires entre frères et sœurs, de l’école bien sûr, des relations avec la famille, le lien avec l’Eglise, des premiers voyages en train jusqu’aux premiers tentatives d’écriture. Et voilà que l’histoire relatée finit ici déjà au début des années 30 avec ses premiers emplois ! Quand elle mourut en 2001 elle aura presque pas quitté sa ville natale.

Eh bien, tout cela n’a pas l’air si intéressant à la première vue, mais celui qui s’intéresse au Sud des Etats-Unis trouve ici un témoin sympathique et attentif. Le titre traduit bien l’original en anglais dans son double sens, selon moi : Il s’agit bien des premières années de vie d’un auteur futur, mais aussi des origines et racines d’une écriture à venir qui se nourrit dans sa propre vie, dans son propre vécu. Toujours à nouveau elle fait comprendre à quel point elle puise les grands sujets de son œuvre dans ses expériences personnelles. Ainsi l’enfance et la jeunesse deviennent des sources pour s’inspirer. Ceci signifie la grande place du souvenir, de la possibilité de se rappeler, de faire mémoire, d’avoir présent en soi les différentes couches de sa vie. Toujours à nouveau il s’agit d’être attentif pour ce qu’on a déjà vécu, mais qui reste éternellement à redécouvrir et à se réapproprier. Dans ce sens-là, ce petit livre dans le style d’un récit autobiographique nous invite à une approche créative avec soi-même.

Une belle petite lecture !

Contrairement à l’indication de la Collection en français chez Flammarion (petite bévue?), il s’agit plutôt d’un récit autobiographique/d’une autobiographie. En anglais ce livre est classé « non-fiction ».

mots-clés : #autobiographie #creationartistique
par tom léo
le Ven 27 Avr 2018 - 22:48
 
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Sujet: Eudora Welty
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Jean Giono

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Jean le Bleu

Récit autobiographique qui va de l'enfance au début de l'âge adulte. J'ai été perturbé par quelques tournures et images "lourdes", ça fait épais si ce n'est un peu maladroit, très appuyé. A côté de ça il y a des passages qui fonctionnent (et plus on avance plus ça se libère ?) et on peut s'intéresser et se laisser faire pour découvrir un regard particulier sur une petite ville de province, la campagne environnante et les gens qui habitent ce monde.

Un regard patient et curieux qui cherche une humilité à la fois forte et sereine. Un mélange que l'on trouve aussi dans son approche de la sensualité. On découvre un goût pour les personnages aux marges, à la part de fantastique des hommes et des femmes. Le même goût pour les apports de l'extérieur, les voyageurs et immigrants.

Le séjour à la ferme pour forger l'adolescent, décision d'un sage de père, ne manque parfois pas de saveur non plus.

Tout ce tend néanmoins vers la fin quand la guerre s'impose (jolis passages sur la non définition d'un pays) après le calme dépouillement du voisin poète. Là ça devient plus dur et le sens de l'ensemble se renforce. Des lourdeurs peut-être mais peu de hasards...


mots-clés : #autobiographie #enfance #relationenfantparent
par animal
le Mar 10 Avr 2018 - 20:34
 
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Sujet: Jean Giono
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Henry Miller

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Un Diable au paradis

Quelques années après la fin de la deuxième guerre Miller invite Téricaud (Conrad Moricand en vrai) à venir habiter chez lui à Big Sur (sur la côte californienne). Il faut dire que le bonhomme a de l'esprit, de la conversation, qu'il ne se connaisse pas si mal et qu'il vivote aux trois quarts dans la dèche en Suisse.

Ce n'est pas le grand luxe chez Miller et il se débrouille comme il peu pour lui payer la traversée puis...

Miller retrace et épluche la déconstruction de cette relation, Téricaud/Moricand ne tardant à être non pas forcément envahissant mais 'exigeant' et peu concerné par son entourage. Si on doit mettre de côté quelques aspects pratiques on assiste aussi à la définition et à l'opposition de deux approches de la vie. L'un est tourné vers l'astrologie et un fatalisme froid, l'autre vaille que vaille espère, risque, des réinventions non sans s'acharner sur son quotidien. Le tout sur un fond d'analyse de personnalités, la sienne à Téricaud/Moricand et la sienne à Miller.

Pas trop de faux semblant dans l'agacement et le ras le bol, dans la volonté de refiler son fardeau à d'autres, ce qui peut sembler assez dur mais qu'en savons nous vraiment ? Ce qui m'a intéressé c'est le regard sur des attitudes considérées finalement comme choisies, des choix pas si simples c'est vrai mais dont les complications n'occultent pas une possibilité d'action.

On frôle des pensées orientales et on navigue dans l'ombre des rues d'un Paris habité de grands noms et de misère le temps de peser le déterminisme de nos personnalités et le poids de nos destins. Au passage un paquet de phrases et formules qui font mouche.

Loin d'être glacial, nocif ou simplement abrasif voire rancunier, j'ai trouvé à ce livre quelque chose de positif. Je vous le résume très mal mais j'ai beaucoup apprécié ma lecture (qui avec des mondes de différences se trouve tomber peut-être à un bon moment) !

Merci Nadine Tag autobiographie sur Des Choses à lire - Page 4 1798711736 !!!

Mots-clés : #amitié #autobiographie #psychologique
par animal
le Mar 3 Avr 2018 - 21:05
 
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Sujet: Henry Miller
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Yasunari KAWABATA

Ossements

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Après avoir décrit le vieillissement de son grand-père dans Journal de ma seizième année, le jeune Kawabata raconte l'enterrement de l'aïeul. Le récit possède déjà l'effrayante lucidité de l'auteur. Au lieu du souvenir du défunt ; l'encrassement, la vulgarité, la honte, et l'inévitable démolissement de la sépulture, son abandon hâtif. Kawabata signe-là ses débuts en littérature, en quelques pages ; il a fait publier ce texte quelques années plus tard, se rappelant cette tentation de la mise en scène, un événement qu'il avait vécu tout à fait égoïstement.

mots-clés : #autobiographie #mort
par Dreep
le Sam 31 Mar 2018 - 12:18
 
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Sujet: Yasunari KAWABATA
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Joude Jassouma

Tag autobiographie sur Des Choses à lire - Page 4 Je-vie10

Je viens d'Alep

Joude Jassouma a grandi dans une famille où il n'était pas envisageable que les enfants fassent des d'études. Mais Joude rêvait d'un autre avenir ; avec une ténacité proprement incroyable, il est parvenu à mener de front des études d’électronique et littéraires, tout en tenant une petite boutique de réparation de magnétoscopes pour aider à subvenir aux besoins de la famille. Amoureux de Saint-Exupéry, de Vercors ou de François Villon, il était près de toucher du doigt son rêve de devenir professeur de français à l’université lorsque la guerre en Syrie a éclaté.
La famille s’est alors trouvée obligée de déménager sans cesse, fuyant l’avancée des bombardements, chaque fois un peu plus démunie. Tous entassés dans quelques mètres carrés, rationnant eau et électricité, à la merci des bombes…  

Un jour, de sa fenêtre, Joude vit un chien jouer avec une tête fraîchement décapitée… Ce fut le déclic : vivre en Syrie n’était plus possible, et ce d’autant plus que sa situation était de plus en plus précaire. En effet, ayant refusé de s’inscrire au « service militaire supplémentaire » décrété par le régime pour les hommes de moins de 42 ans, il était considéré par celui-ci comme un déserteur. Mais il était tout aussi impensable pour lui de combattre auprès des forces d’opposition ayant désormais fait alliance avec les groupes islamistes...
Joude est d’abord parti en éclaireur, traversant illégalement la frontière avec la Turquie, bientôt rejoint par sa femme et leur bébé. Ensemble, ils ont décidé de tenter la  périlleuse traversée vers l'Europe, entassés à 40 dans un canot de 6 mètres, avec la mort constamment à l’esprit… Une fois  arrivés en Grèce, c’est le hasard (et surtout de belles rencontres) qui les ont conduits sur le chemin de la France, pays qu’ils n’imaginaient pas une seconde intégrer malgré leur amour pour sa littérature, tant les images de Calais et les rumeurs les avaient convaincus qu'ils seraient rejeté par une population tout entière. Mais l’accueil chaleureux reçu à Martigné–Ferchaud, en Bretagne, leur a heureusement montré un tout autre visage de notre pays.

Ce livre, écrit en collaboration avec la journaliste Françoise de Cambronne, est rédigé dans un style très simple, qui ne s’embarrasse pas de fioritures. On ne peut qu’être touché par l’évidente sincérité de cet homme déchiré et profondément nostalgique de sa ville d’Alep. Tout au long du livre, il évoque avec émotion les merveilles  aujourd'hui en ruine d’une ville qui fut parmi les plus belles d'Orient, et le souvenir de la cohabitation pacifique d'êtres humains de toutes les confessions. (à l’exception notable des juifs, déclarés ennemis publics par Hafez al-Assad)
Hélas, cette Alep-là, gangrenée par la guerre et l’islamisme, détruite par la folie des hommes, n’existe plus… Et le retour tant espéré semble bien illusoire.

Aujourd’hui, Joude sa femme poursuivent tous deux des études à l’université de Rennes, leur petite Zaine va à la crèche, et ils ont obtenu le statut de réfugiés. De quoi envisager un peu plus sereinement un avenir en France. On ne peut que leur souhaiter de tout cœur qu’il soit le meilleur possible.





Vous pouvez lire le premier chapitre de ce livre sur le site de l’éditeur : clic


mots-clés : #autobiographie #guerre #immigration
par Armor
le Dim 18 Mar 2018 - 23:37
 
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Sujet: Joude Jassouma
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Sergueï Dovlatov

Tag autobiographie sur Des Choses à lire - Page 4 41t6ep10

Le Domaine Pouchkine


aussi publié comme "La Reserve"

Originale : Заповедник (Russe, 1983)

CONTENU :
Boris prend le bus de Leningrad vers Pskov, où se trouve le grand mémorial de Pouchkine, la domaine de ses parents où le poète a vécu et où on a construit plus tard un musée. C'est là que notre héros se présente en vue de devenir guide à travers la domaine. Il fait cela avec une certaine nonchalance typique pour lui et on l'embauche. Sans grandes ressources, il trouvera un abri assez modeste, voir sale, chez un alcoolique du lieu. Peu à peu il fait connaissance des lieux et va faire ses premiers tours guidés après quelques jours d'apprentissage. Pendant ce temps, sa femme Tania réfléchit à la maison, si elle va émigrer avec leur fille. Elle va venir rendre visite à Boris...

REMARQUES :
Malgré un changement de nom, on trouver sans difficultés chez le narrateur des concordances avec la biographie et le caractère de Dovlatov lui-même. Beaucoup de ses livres partent de ce matériel autobiographique. Mais il le transforme (à quel point?) et sait raconter ses évènements de sa vie avec humour, un savoir pour utiliser la langue. Ainsi on ne passera pas beaucoup de paragraphes sans rire ou sourire. L'auteur souligne et transforme encore les situations les plus absurdes et grotesques. Mais il est possible que pour certains un tel approche ne passe pas : l'alcool omniprésent (comme chez beaucoup de Russes), son amour inconsidéré pour (toutes?) les femmes.

Évidemment on ne se passe pas dans un livre d'un intellectuel russe de pas mal de références de toutes sortes, surtout littéraires. Naturellement un livre, jouant en grande partie sur le « Domaine Pouchkine » va parler de ce grand auteur et poète russe génial, considéré comme un monument national.
A coté de cela nous trouvons aussi d'autres descriptions de caractères bizarres, de vrais originaux.

Concernant la langue, on ne peut que deviner par la traduction (et les commentaires intéressants d'introduction par un ami dans la version française!) l'originalité et la pointillesse de Dovlatov.

Donc, ma deuxième lecture de cet auteur, et une invitation, de continuer dans la découverte !


mots-clés : #autobiographie #creationartistique #humour
par tom léo
le Dim 18 Mar 2018 - 16:27
 
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Sujet: Sergueï Dovlatov
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Guy Delisle

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Chroniques birmanes



Originale : Français, 2007

CONTENU :
Chronique écrite après un séjour en Birmanie en 2005

REMARQUES :
Comme d’autres BD de Delisle aussi celui-ci se refère à un séjour de longue durée dans un pays qu’on ignore (ou ignorait) assez. Delisle est maintenant lié depuis un bon moment avec Nadège et ils ont le petit Louis. L’auteur suit à vrai dire sa femme en Birmanie pour une bonne année car elle y travaille pour Médecins sans Frontières. Lui-même, il va avant tout s’occuper de l’enfant, travailler sur ses bandes dessinées et aussi faire quelque connaissances dans le monde du BD. Sinon on a l’impression qu’il raconte dans ces chroniques librement un mélange entre son vécu personnel (souvent avec beaucoup d’humour et d’auto-dérision) et des petites explications de certaines expériences autour d’une donnée politique, économique, culturelle etc...

Les récents développements au Myanmar semblent aller dans un sens d’une plus grande liberté et autonomie, et les descriptions de ce livre date alors maintenant presque d’une dizaine d’années. Alors, cela a vieilli ? Peut-être certaines contraintes de la dictature militaire de plusieurs décennies (instaurée en force en 1962 après quatorze année d’essais démocratiques après l’indépendance)  ont perdues un peu de force, et l’ouverture économique et démocratique sont là, néanmoins ce livre est et restera un témoignage d’une époque qui a marqué le pays: témoignage pour la Birmanie/Myanmar même, mais aussi description – comme l’auteur en fait allusion – des mécanismes d’une dictature en exercise. Et certains procèdés, on les retrouve un peu partout dans le monde en pareilles situations...

Ce qui arrive à Delisle a d’abord et presque toujours une note personnelle, et est accroché à une expérience concrète. Mais au même moment ces petites aventures touchent à toutes les domaines de la vie, soit culturelle, politique, économique, réligieuse, culinaire, répressive etc. Le livre épais est structuré en petites épisodes, petites unités thématiques d’une à six pages environs, avec sur chaque page 6-8 petites cases de desseins et de textes. Dans ce sens-là ce n’est pas un récit linéaire ininterrompu, mais plutôt des bouts d’histoires.

Je n’arrive pas bien à décrire le genre de desseins avec lequel Delisle travaille, mais c’est à mon avis un travail à l’encre et des tonalités en gris (pas de colorisations).

C’est intéressant comment Delisle raconte en passant une existence plutôt isolée souvent, des ressortissants étrangers (ambassades, ONG, industries engagés étrangers). Une séparation si typique dans tellement de pays, surtout soi-disant exotiques ou alors aussi résultant d’une certaine politique. A quel point cet isolement est choisi, conséquence d’une recherche d’une vie plus aisée ? Je ne veux pas en juger, mais dans nos pays nous condamnons souvent ces « communautarismes »...

C’est alors en passant, jouant, décrivant avec humour (et des chiffres et faits réels) que Delisle nous présente ses chroniques.

C’est bien fait, drôle, instructif...

mots-clés : #autobiographie #bd #documentaire #regimeautoritaire #viequotidienne #voyage
par tom léo
le Dim 18 Mar 2018 - 16:17
 
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Sujet: Guy Delisle
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Gregory David Roberts

Tag autobiographie sur Des Choses à lire - Page 4 Shanta10


Shantaram

Gregory David Roberts qui a commis ce livre s’est évadé de sa prison australienne. Dans les premières pages, il nous parle de son incroyable évasion, et de sa fuite en Inde. (Il y revient aussi au milieu du roman). Quand il atterrit à Bombay, il est enquiquiné par  les Indiens qui sautent sur les touristes à leur arrivée, mais il est vite pris en charge, restant encore stupéfait par tous ces bidonvilles et cette misère qu’il a aperçus depuis le hublot. Il sympathise avec l’un d’eux, l’adorable Prabaker, qui sera son ami toute sa vie. Il fait aussi la connaissance rapidement de Karla Saaranen, une mystérieuse Suisse résidant à Bombay… Sacrée aventure que leur destin qui se croise !

Sa condition d’étranger évadé de prison l’oblige à la plus grande prudence. D’emblée traqué, il ne peut dormir dans n’importe quel hôtel et Prabaker veille sur lui. Il l’héberge chez lui, puis lui trouve une place dans l'un des grands bidonvilles. L’Australien, incrédule et atterré de devoir habiter dans un tel lieu, finit par accepter. Sa vie dans le bidonville va être une véritable révélation. Il devient le « docteur » du bidonville, car il va permettre aux pauvres d’accéder aux soins. Son ami Prabaker lui donne des pistes pour se procurer des médicaments par des biais détournés, lui-même se familiarise avec la médecine d’urgence auprès d’un médecin de Bombay qui ne pourrait pas accueillir toute la misère des bidonvilles et c'est le seul qui accepte d'apporter cette aide.

Il découvre l’âme spirituelle et l’amour des habitants de ces cabanes misérables malgré leurs difficultés à survivre. Le bidonville qu'il voyait à travers le hublot dans l'avion, est devenu son havre de paix, il est entouré de ses amis bienveillants. Il est invité aussi chez les parents de son ami Prabaker où il découvre là encore une forme de vie, plus rurale, faite d’amour, de joies simples, et de travail aux champs.

De retour à Bombay, Lin (c'est son nom dans le roman) fait la connaissance d’un nombre incalculable de personnes dont beaucoup de gangsters – le roman est foisonnant – rencontre un homme bon pour lui, qu’il considère comme le père qu’il n’a pas eu. Cette rencontre sera décisive. Lin va malgré lui se retrouver enrôlé dans la mafia de Bombay, qui deviendra aussi sa famille.

Il est impossible de tout énumérer tant il y a d’événements, de rebondissements, et tant de personnages qui jouent un rôle important dans l’histoire, malfrats ou pas. Toujours est-il que Lin se retrouve mêlé à des combats de rue, au trafic et à la consommation de drogue, et à d'autres trafics, à la prison en Inde (encore) où il est torturé, à la vengeance, etc., en même temps qu’il baigne dans l’amour infini des Indiens.

Intégré dans la mafia, il doit également se rendre en Afghanistan en guerre, et donc prendre les armes. Il ne refuse pas ce que lui a demandé son "père" d'adoption.

C’est une véritable toile d’araignée qui se tisse, avec des ramifications, les uns connaissant les autres, tout est lié et à chacun sa mission. Amour, trafic, guerre riment ensemble.

Cela donne une histoire incroyable. Pas étonnant que ce livre a été un best-seller. Quant à savoir si toute cette histoire est entièrement celle qu’a vécue l’auteur, je n’ai pas la réponse. Mais on dirait bien ! Alors là quelle épopée !

Quant à moi, j’ai été happée par ce livre !


 
mots-clés : #autobiographie
par Barcarole
le Sam 17 Mar 2018 - 14:25
 
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Sujet: Gregory David Roberts
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Shulem Deen

Celui qui va vers elle revient pas.
Prix Médicis Essais 2017

Tag autobiographie sur Des Choses à lire - Page 4 Image111

Ce n'est absolument pas un essai, mais un récit autobiographique. Je me  demande pourquoi il a eu le Médicis essai. Déjà que les romans  bien souvent ne sont plus des romans, si en plus les essais ne sont plus des essais, cela va devenir compliqué  Tag autobiographie sur Des Choses à lire - Page 4 575154626

Il s'agit donc d'une histoire personnelle, qui apporte un témoignage sur la communauté des Juifs américains ultra-orthodoxes (les plus ultras de chez les plus ultras). Shulem Deen met en lumière  leurs méthodes d'éducation, de bourrage de crâne, de manipulation, en un mot de terrorisme intellectuel.  Bourrage de crâne pratiqué par des gens tout aussi intoxiqués, persuadés qu'ils ont la Vérité parce que, à eux non plus, personne n'a appris à voir autrement, à envisager l'autre. Mais dans cette multitude, (ils sont vraiment nombreux dans ce shetl recomposé à deux pas de New-York), certains se prennent cependant à douter, à jeter un œil ailleurs, à réfléchir. Internet, quoique prohibé, a fait beaucoup pour cela, terreau prodigieux du libre arbitre.

Shulem  Deen est de ceux-là. Peu à peu, il a  abandonné complètement la foi en la Torah, en Dieu, en tout cette parole castratrice dans laquelle il avait été élevé. Mais elle est aussi protectrice, et il raconte la difficulté de remettre en cause une croyance aussi douloureusement et viscéralement inscrite, la douleur que cela constitue, comment il s'est longtemps caché. Il parle aussi des difficultés plus pratiques : comment se réinsérer dans une société américaine quand on n'a fréquenté que les écoles juives et aucun diplôme, jamais adressé la parole à une femme sans frémir, jamais porté de jean, jamais connu les livres, la radio, télé, cinéma… quand on est rejeté, banni par sa communauté,  sa famille, ses propres enfants. Comment on regrette la douceur des rituels et de l'appartenance à un groupe, même tyrannique.
La tolérance, la liberté, ça se paye très cher. Mais c'est une foi comme une autre et pas moyen de transgresser une fois le pas fait.

Vital à qui aime voir comment ça se passe ailleurs, un vrai ailleurs complètement autre,  ou à qui  s'interroge s'il faut être tolérant avec l'intolérance, et comment naissent les fanatiques (qui sont de tous bords, on l'oublie un peu vite), cet ouvrage vaut plus par son aspect documentaire que par ses qualités littéraires,  l’émotion y émerge un peu trop rarement.. Mais il  mérite qu'on s'y arrête.

mots-clés : #autobiographie #education #regimeautoritaire #solitude
par topocl
le Jeu 15 Mar 2018 - 18:32
 
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Sujet: Shulem Deen
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Angel Wagenstein

Tag autobiographie sur Des Choses à lire - Page 4 Abraha10

Angel Wagenstein :  Abraham le Poivrot. -10/18



Lorsque Berto Cohen revient dans sa ville natale de Plovdiv, en Bulgarie, trente ans et plus se sont passés.
Trente ans d' exil ou presque en Israel.
Mais le passé lui saute aussitot au visage. Les souvenirs bien entendu, mais aussi quelques témoins encore vivants.
Ainsi le photographe Costaki, archiviste et témoin passionné, et Araxi, une amie d' enfance et fille de la tant aimée de Marie Vartanian, prof de français de la 5e A.
Araxi avec qui il s' est "marié" à douze ans, et dont il retombe amoureux progressivement sans trop savoir si c' est Araxi qu' il aime ou sa mère à travers elle.
Invité à un congrès ennuyeux, il l' oublie très vite et, accompagné d' Araxi, il parcourt la ville et les lieux de leur enfance.
Plovdiv, une très belle et ancienne ville des Balkans, au bord de la Maritsa.
Mais elle a bien changé la ville !

Pourtant,il sent partout la présence son grand père maternel, Abraham.
Athée revendiqué mais de mèche avec le pope, le rabbin et le mollah.
Ferblantier de son métier, grande gueule et grand coeur, pilier de bars, coureur de jupons et conteur hors pair.
Ne se rappelle t-il pas des temps et des évènements qu' il n' a jamais vécus ?
Il est vrai que la tradition est forte dans ce milieu de juifs séfarades, expulsés d' Espagne en 1419 par l' Inquisition et qui, en Bulgarie, échapperont par miracle au génocide des années 40.
Ce qui fait vivre les juifs et les autres communautés ethniques, c' est une exceptionnelle solidarité. Bulgares, albanais, turcs, jufs et tziganes, coexistent en paix.
Naturellement ça ne durera pas.

Abraham ne se sent jamais aussi bien, autant lui-meme, qu' au milieu de cette commuauté populaire et plurielle.
Lorsqu' elle disparaitra, il en mourra de désespoir.
Comment ne pas aimer cette mosaique humaine !
Où les femmes des trois religions vont aux bains turcs à tour de role sous les yeux attentifs des hommes et des religieux dans une complicité sensuelle mais bon enfant.

Berto aime et admire son grand père plus que tout et dans la famille, il sert d' "agent double" pour ses deux aieuls.
Et puis les autres, Stoichov, le prof principal de la 5e A, idéaliste et révolutionnaire intègre.
Et les Tziganes, remuants et pauvres, avec  leur chef d' orchestre génial, Manouche Aliev.

Celui qui n' a jamais assisté à une fete tzigane ignore ce que c' est que de jouir de la vie, que de s' abreuver de tout son soul sans accabler son ame des angoisses du lendemain.


Mais le communisme, après la guerre, montre sa vraie nature et brise la belle unité de la communauté.

Voilà une fresque enluminée, miraculeusement vivante où le présent se nourrit du passé sous les yeux de Costas Papadopoulos, le photographe.
C' est chez lui que le narrateur et Araxi se retrouvent pour revivre un moment presque oublié  de l' histoire.
Suspendu dans le temps et la nostalgie.

mots-clés : #autobiographie #communautejuive #enfance
par bix_229
le Jeu 1 Mar 2018 - 19:53
 
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Sujet: Angel Wagenstein
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Edouard Limonov

Limonov par Limonov
Conversations avec Axel Gylden

Tag autobiographie sur Des Choses à lire - Page 4 Limono11

En fait Limonov raconte sa vie avec une bonne rasade de mégalomanie, cursus romanesque assez en phase avec le Limonov de Carrère, paru depuis peu à l’époque : lecteur précoce puis petit voyou dans la prolétaire Kharkov, tailleur et poète dans l’underground moscovite, ensuite expulsé par le KGB pour aboutir à la New York des années 70 : fréquentant toujours le milieu branché, il tente de percer en écrivant du roman (autobiographique, évidemment, et sans jamais douter de sa valeur) ; opportuniste non-conformiste, il profite de la liberté sexuelle et s’identifie à la mouvance punk, puis devient majordome d’un millionnaire. Paris des années 70, c’est la consécration de l’écrivain publié, toujours dans la haine de la bourgeoisie (entr’autres), collaborateur de L’Idiot international, de Jean-Édern Hallier (convergence politico-provocatrice en dehors du schéma traditionnel gauche-droite), reporter engagé proserbe dans la Yougoslavie en pleine guerre civile-ethnique. Enfin retour en Russie, fondation du Parti National-Bolchevique, nihilo-extrémiste, engagé dans l’action directe et « qui lutte pour les libertés ».
À ce stade, je dois reconnaître que la valse des étiquettes, l’usage des dénominations tourne au non-sens, devient plus un obstacle qu’une aide à la compréhension…
Après l’évocation de l’expérience « monastique » de la dimension mystico-métaphysique en prison suite à une expédition au Kazakhstan, l’entretien se termine sur des pronostics peu vérifiés semble-t-il sur le destin de son ennemi déclaré du moment, Poutine.

« Il devait y avoir la dictature des voyous et non celle du prolétariat. Mon raisonnement était le suivant : les voyous sont incontestablement plus évolués, plus ingénieux et plus intelligents que le prolétariat. N’importe quel prolo recule devant le couteau d’un voyou. Le vrai chef, c’est le voyou. »

« Dans un régime qui fonctionne sur l’intimidation et la peur, le pouvoir ne peut rien contre celui qui s’est débarrassé de sa peur. Je n’ai pas peur d’être tué, donc je suis invincible. »


Pour le #, autobiographie évidemment. Il est d'ailleurs significatif que celui qui se considère comme écrivain soit rangé dans les "Biographies et correspondances" !


mots-clés : #autobiographie
par Tristram
le Dim 25 Fév 2018 - 13:15
 
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Sujet: Edouard Limonov
Réponses: 2
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