Des Choses à lire
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Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Sam 14 Déc - 15:01

47 résultats trouvés pour communautejuive

Bernard Malamud

L'homme de Kiev

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Comme on dit au cinéma aujourd'hui, ce livre est tiré de faits réels. En 1923, après la découverte du cadavre d'un jeune garçon chrétien de 12 ans, un pauvre juif est accusé  de meurtre rituel. C'est le parfait bouc émissaire, et malgré l'absence de  preuves, il est incarcéré, dans des conditions de plus en plus dramatiques, coupé du monde, traité avec une arrogance et une cruauté infamantes... Il reste cependant droit jusqu'au bout, frisant la folie mais clamant son innocence jusqu'au bout, en refusant d'accuser la communauté juive comme on le lui propose contre une remise de peine. Affaibli, avili, il n'en continue pas moins à chercher son propre chemin. Terrible sujet que cet enfermement kafkaïen dans les geôles atrocement antisémites de Nicolas II. Bernard Malamud mêle désespoir face à l'inhumaine humanité et espoir en l'homme, même écrasé par l'adversité, seul contre tous. Il mène un récit prenant, d'une tension croissante, que j'aurais voulu par moments moins bavard.


mots-clés : #antisémitisme #captivite #communautejuive #segregation
par topocl
le Jeu 15 Déc - 11:38
 
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Sujet: Bernard Malamud
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Philip Roth

Défenseur de la foi suivie de L'habit ne fait pas le moine

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Le sergent Marx, de retour d'Europe en 1945, est affecté dans une compagnie d'instruction où il a sous ses ordres un jeune soldat juif, Sheldon Grossbart. À sa demande, Marx intervient pour que les juifs de la Compagnie puissent se rendre à la synagogue le vendredi soir. Peu à peu, il se rend compte que le jeune soldat le manipule... Dans la banlieue de New York, un jeune garçon en première année de «high school» se lie d'amitié avec deux fils d'immigrants italiens, Albie Pelagutti et Duke Scarpa, promis à un brillant avenir de gangsters. Quinze ans plus tard, il se souvient... Deux nouvelles pétillantes d'intelligence et d'humour qui démontent les rapports ambigus de la société américaine et du monde juif.  

Deux nouvelles savoureuses, au style pourtant très différent. La première possède un style assez soutenu, très rythmé avec des dialogues présentes et qui apportent une dynamique intéressante, car c'est par ceux-ci que l'histoire évolue, ce qui permet de comparer cette nouvelle à un pièce de théâtre, même si la structure demeure romancée. Au début je me suis demandé ce qui m'intéressait car ce contexte de l'armée est très américain, très connoté culturellement, mais les personnages sont si complexes, et ambivalents, le style est si plaisant qu'on est transportés dans le récit et qu'on se sent spectateur de l'histoire.

La deuxième nouvelle possède une organisation plus classique, avec un style laconique, nostalgique, ce sont les descriptions qui prévalent et l'intensité des pensées du personnage principal. J'ai beaucoup aimé cette nouvelle également. Pour la richesse des détails, la méticulosité de chaque mot et de chaque personnalité. C'est précis on ressent un travail minutieux pour chaque phrase et cela fait du bien. Un très bon moment de lecture et je conseille ces deux nouvelles comme introduction à l'oeuvre de Roth, c'est court et assez représentatif il me semble de son style.



mots-clés : #nouvelle #communautejuive
par Hanta
le Jeu 8 Déc - 22:56
 
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Sholem Aleikhem

Guitel Pourishkevitch et autres héros dépités

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Ouvrage recueillant plusieurs nouvelles. Deux premières puis une plus importante qui comprend elle-même trois chapitres. La première narre le combat d'une maman qui ne veut pas laisser son fils rejoindre l'armée et partir en guerre. La seconde, raconte les péripéties d'un homme à qui tout réussit mais à qui une seule femme résiste. La dernière nouvelle est la somme de trois témoignages fictifs de veuves confrontées à la solitude.
Des personnages juifs, dont la tradition et le folklore ponctuent le récit, des personnages baignant dans l'univers linguistique yiddish si cher à l'auteur, auteur lui-même qui ne serait que le messager de ces quelques acteurs au parcours sinueux et difficile. Récits existentialistes, questionnant la place au sein des hommes et au milieu du monde, ou finalement à la marge de ce monde qui marche sur la tête. C'est toute l'absurdité et la vacuité des situations difficiles à surmonter qui nous sont décrites avec un humour triste, une véhémence à demie résignée, et une révolte sonnant déjà la capitulation. On sourit, on est gênés de sourire. On est émus, on se demande pourquoi, mais l'on ne peut être indifférents à ces récits qui sont pourtant légers dans le style, et lourds dans le message.
Ce n'est pas son meilleur ouvrage mais c'est une bonne introduction à son oeuvre pour se faire une idée de sa façon d'écrire et de l'ambiance qui y règne. je conseille donc.


mots-clés : #communautejuive #nouvelle
par Hanta
le Mar 6 Déc - 23:12
 
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Sujet: Sholem Aleikhem
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Howard Jacobson

Kalooki nights

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Je connaissais un dénommé Otto Kahn, qui était très riche et qui donnait beaucoup d'argent au Metropolitan Opera à une époque. Il était très ami avec Marshall P. Wilder, qui était bossu. Alors qu'ils descendaient la Cinquième Avenue, ils sont arrivés devant une synagogue, et Kahn s'est tourné vers Wilder et lui a dit : « Tu sais, avant j'étais juif. - Ah bon ? a répondu Wilder. Et moi avant j'étais bossu. »



Si vous aimez cette blague juive qui figure en exergue, vous adorerez Kalooki nights
Ce livre raconte le cheminement d’un Juif anglais né dans une famille qui se veut assimilée, mais est loin d’avoir réglé tous ses comptes avec la tradition qu’elle a reçue en héritage. Un garçon devenu dessinateur humoristique , qui cherche à « contenir le monde dans la case d'une BD »….avec son envie de tout comprendre, analyser et décortiquer : comment être juif au XXIème siècle, rejeter une religion-carcan, une histoire stigmatisante, mais sans trahir, comment aimer les siens à la folie, mais entrer dans le monde des non-juifs, et bien sûr des shiksas blondes, comment décharger de ses épaules la Shoah sans courir le danger de l’oublier, comment vivre l'antisémitisme larvé ou assumé des goys  sans reconstituer le ghetto…

Quand je vous le raconte c‘est sans doute assez rasoir mais quand c‘est Howard Jacobson, c’est d’une drôlerie désespérée plutôt ébouriffante. C’est dévorant d’humour, brillantissime d’intelligence, de remise en question sans fin, de paradoxes, d’enculage de mouche stimulant. Ce livre est une quintessence de l’esprit et de l’humour juif , du Woody Allen à la puissance Philippe Roth, avec tout ce que cela sous-entend d’autodérision , de contradictions innombrables, ce mélange d’humilité et d’arrogance, d’archaïsme et d ‘ouverture, cette capacité à poser et reposer les questions en biaisant et tournant en rond, sans jamais trouver une solution, de pleurer et rire tout à la fois sur son sort. Quant aux personnages,  dont chacun saura surprendre au fil du roman par ses côtés noirs et ses coups de génie,  ils sont tout à la fois touchants et déchirants dans leur capacité à interroger eux-mêmes et le monde, entre doute et certitude.

Sous la plume du Sunday Telegraph, le 4e de couverture annonce : « Déchaîné, polémique, hilarant, sacré, déicide, déchirant… ». J'ajouterai : pathétique, interpelant, iconoclaste, désopilant. En un mot : jubilatoire


Rendons à César ce qui lui appartient : nous sommes un peuple qui se mortifie, se dégoûte et se martyrise, mais nous n'aurions pas pu y arriver sans une aide extérieure.


(commentaire rapatrié)


mots-clés : #humour #communautejuive
par topocl
le Mar 6 Déc - 16:59
 
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Ivan Jablonka

Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus - Une enquête

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Tout est dans le détail.

Par son travail obsessionnel mais passionnant de fourmi déterminée, Jablonka accumule les faits, donne sens aux détails les plus insignifiants, pour recréer  l'histoire d'une décennie, à travers un homme et une femme qui l'ont traversé valeureusement et en ont été honteusement éliminés. Dans le fin maillage de ce tissu informatif persistent des failles, déchirante pour le petit-fils qu'il est, mais qui créent autant d'ouvertures pour l'historien qu'il est devenu, à écrire des biographies subjectives ancrées dans le réel.

Pendant plusieurs années, Ivan Jablonka, enfant gentiment laissé à l'écart du drame de ses grands-parents communistes polonais juifs émigrés à Paris, abominablement assassinés comme des millions d’autres au camp d’Auschwitz II Birkenau, devenu historien « pour réparer le monde », a compilé les indices, témoignages, récits, archives qui lui permettent ici de reconstituer au mieux l’histoire de Matès et Idesa, ses grands-parents.

Matès est né au shetl de Parczew de parents juifs religieux dans une fratrie de 5 enfants, qui, tous, rejettent le joug d'une religion qui les étouffe et embrassent la cause communiste, dans l'idée de construire un monde meilleur, quitte à perdre leur liberté et leur vie. Lui et son épouse Idesa, emprisonnés, persécutés, fuient la Pologne et arrivent en 1936 à Paris, sans argent, sans amis, sans papiers. L'accueil est basée sur la tracasserie administrative, le rejet et les menaces d'expulsion. Tout ceci n'est qu'un avant-goût qui va trouver son apogée dans l'antisémitisme avoué et glorifié qui mènera dès la victoire allemande vers les rafles et les camps d’ extermination.

Ivan Jablonka ne laisse rien au hasard. Il compulse les récits des survivants et de leurs descendants, les lieux d'archives, les ouvrages historiques ou littéraires pour réunir une documentation qui traque la moindre trace objective ou émotionnelle que ses grands-parents ont pu laisser, et qui permettrait d'écrire leur histoire, de connaître leur vie. Il confronte cette multiplicité de pistes, de traces, à celles laissées par d'innombrables autres juifs polonais qu'ils ont croisés le temps d'une minute ou de plusieurs mois, à celles de frères et sœurs exilés à Bakou ou en Argentine, à celles d'autres, connus ou anonymes, qui pour une raison ou une autre, eurent un destin similaire.

Il réunit une impressionnante somme de documentation qu’il nous restitue avec une précision quasi obsessionnelle et dont le maillage serré laisse subsister bien sûr des zones d'ombre et d'interrogations. Dans ces trous du récit, Jablonka insinue des hypothèses, mais toujours étayées sur des faits, non pas des délires fictionnels mais des options possibles qu’il prend soin de toujours signaler - on sait toujours parfaitement si on est dans un élément irréfutable ou des péripéties possibles, voire probables. Et ce maillage même, n’est que l'image de celui, machiavéliquement constitué par l'autorité policière ou politique pour mieux traquer et condamner les deux émigrés. L'auteur, par cette accumulation de détails, par son attachement à la moindre précision véridique, qu’un non historien aurait considérée comme non signifiante, reste le plus souvent dans une objectivité non compassionnelle, mais d'autant plus efficace, et c'est sur ce fond quasi professionnel que certaines pages, jamais pathétiques, prennent une ampleur d'une beauté bouleversante, une émotion d'autant plus marquante qu’elle est totalement maîtrisée..

Après Les disparus de Mendelssohn  et Une histoire familiale de la peur d’Agata Tuszynska, voici un nouveau récit familial où l'histoire de la recherche,  le caractère tout à fait fascinant des personnages (ces grands-parents qui, ayant voulu créer un monde meilleur, finirent leur vie dans un enfer que nul n'aurait su imaginer), la tragédie aussi intime qu'universelle qu'ils connaissent, s'entrecroisent pour amener Ivan Jablonka, homme courageux quoique découragé, à construire un récit de bout en bout passionnant, offert à ses 2 filles qu’il conduit à l'école maternelle dans le quartier-même où Matès et Idesa se cachèrent plusieurs mois avec leurs 2 enfants. Au-delà de leurs destins individuels, il brosse un portrait tragique du XXe siècle et du sort que celui-ci réserva à des hommes et des femmes à qui l'idéologie arracha leurs amours, leurs enfants et leur vie.

Histoire intime, histoire collective s'entremêlent étroitement, et la quête du détail, le souci d'objectivité rigoureuse ne sont que le terreau qui fertilise ce travail de mémoire dont émerge une émotion d'autant plus forte qu’elle est maîtrisée.



(commentaire rapatrié)


mots-clés : #biographie #communautejuive #deuxiemeguerre #documentaire #famille
par topocl
le Mar 6 Déc - 16:51
 
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Sujet: Ivan Jablonka
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Oser Warszawski

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La grande fauchaison (2ème livre de la trilogie)

Le récit se déroule dans un bourg Polonais sous l’occupation Russe et pendant la Grande Guerre, du départ des réservistes,  Polonais et Juifs, jusqu’à la débacle des armées Russes qui traversent le bourg de Gouranè.

Situation : « La Légion Pulawski aussi appelée 1ère Légion, a été crée en août 1914 à l'initiative du Grand duc Nicolas Nicolaïevitch, qui souhaitait une réunification de la Pologne sous le sceptre russe mais aussi rallier les polonais des territoires autrichiens et allemands pour combattre aux côtés du Tsar contre les troupes du Kaiser et de l'empereur d'Autriche. » (wikipedia)

Les caractères des habitants de ce bourg, qu’ils soient Juifs, Russes ou Polonais sont traduits sans aucune aménité. Les haines entre chrétiens et juifs, entre riches et pauvres sont vivaces tout au long du récit.
L’auteur nous montre des mendiants, des paysans, des commerçants, sur lesquels  on a du mal à s’apitoyer,  mais à regretter leur obscurantisme qu’entretient la religion.

Dans la naissance d’un enfant anormal que sa mère reconnait comme « l’enfant de la guerre » l’auteur montre certainement son aversion pour  la guerre.

Dès le départ des réservistes, les « bergers » le Rabbin et le Curé se sauvent par le train, la nuit, abandonnant leur « troupeau d'âmes ». Lesquelles âmes continuent à prodiguer « longue vie à lui » pour l’un, « béni soit-il » pour l’autre.

L’ambiance est délétère, il faut au chef de la police trouver les espions,  ce sont eux qui font perdre des batailles, car qui oserait penser que les soldats du Tsar sont mal vêtus, mal équipés…. ?
La débacle déverse dans les rues du bourg les armées défaites, les habitants effrayés courent se cacher  dans leur maison. La garde arrière, celle des Cosaques abandonne le bourg à l’ennemi.

Encore une fois j’ai trouvé une belle écriture imagée et poétique malgré le contexte.

Extraits

« Pan Ludwig, le négociant, brûlait d’une sainte colère contre Chaïé Weintraub, son voisin d’en face ; il ne se calmait jamais. Après son père, bénie soit sa mémoire, doté de champs et de forêts, de propriétés foncières innombrables, après ses aïeux, bénie soit leur mémoire, jusqu’ à la plus reculée et la plus obscure des générations, tous portaient cette haine de la famille maudite de Chaïé Weintraub. »

A propos de l’indic : « Au moment où l’on remua la terre, on trouva – outre des serpents gras et peut-être vénimeux – beaucoup de squelettes pourris d’hommes avec des croix rouillées à l’endroit du cou. Petits et grands coururent avec la peur au ventre et une curiosité à peine dissimulée voir les serpents et les hommes. Au heder, Graine de potence surpassa alors tous les bandits-à-cent-têtes de plusieurs dizaines de crânes. »

« Il n’y a pas de fin au nombre de tonneaux. La fosse se transforme en rivière qui déborde sur les pavés, s’écoule dans les caniveaux. Des hommes se jettent à plat ventre, tirent la langue pour lamper le précieux liquide. Paysans, Juifs, tous accourent avec des récipients. »

« Et ce don de Dieu est sa jalousie forcenée à l’égard de Moïshé-Yankev et de Zilberbauguer qu’il cultive depuis des années, depuis qu’ils sont devenus l’un premier et l’autre deuxième conseiller communautaire. Et chaque fois que s’allume en lui le brasier rouge de cette jalousie qui commence, pareille à un ver aveugle, à lui grignoter les entrailles, il verrouille ses portes, ouvre les armoires et commence à compter les liasses accumulées dans ses tiroirs. »

« Les voyant passer, se tenant par le bras, les femmes des réservistes rappelés et celles qui étaient debout derrière leurs tristes étals se les montraient du doigt et crachaient à leur passage. Les Grinberg passaient, chapeautés et dignes, faisant semblant de ne rien voir. »

« Hum, hum, c’est ce que disent tous les juifs – mais tu sais bien Heniek que personne ne te compte parmi eux… Monsieur le curé a même dit que…oui…on savait tous… que ton père était presque un chrétien, presque. C’est pour ça que tu n’es pas obligé de faire ce que tout le monde va faire ; imiter les Juifs, ces usuriers, ces traîtres de toujours ? Moi…moi je vais… »


(message rapatrié)
mots-clés : #communautejuive #premiereguerre
par Bédoulène
le Sam 3 Déc - 17:07
 
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Sujet: Oser Warszawski
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Oser Warszawski

Oser Warszawski (1898-1944)

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Oser Warszawski (ou Oyzer Varshavski; Warszawski ), né le 15 avril 1898 à Sochaczew en Pologne et décédé 10 octobre 1944 au camp de concentration d'Auschwitz, est un écrivain et critique d'art juif de langue yiddish, qui vécut les dernières années de sa vie à Paris.

(source wikipedia)

Oeuvres traduites en français :

Les Contrebandiers : Page 1
On ne peut pas se plaindre ou Résidences : Page 1
La grande fauchaison : Page 1
L'uniforme : Page 1
L'arrière-Montparnasse; gouaches, aquarelles et dessins de l'auteur
Marc Chagall - le shtetl et le magicien

màj le 6/11/2017






Les contrebandiers (ce livre fait partie d’une trilogie mais peut-être facilement lu indépendamment car les personnages ne sont pas les mêmes)

Le récit se déroule au cours de la Première guerre mondiale dans une petite ville de Pologne où vit notamment une communauté Juive, leur quartier :  le » shtetl ».

Les Allemands occupent le pays et les gens modestes  vivent de plus en plus difficilement sous les astreintes et restrictions drastiques imposées. Comment s’en sortir ? A l’initiative de Pantl, charretier de métier, les hommes de la communauté décident de faire de la contrebande. Ils deviendront habiles, ingénieux  à tromper les postes de surveillance placés sur le chemin de Varsovie où ils vendent leurs produits (farine le plus souvent mais aussi viande, alcool..). C’est de nuit que les « voitures » se déplacent au rythme des sabots des chevaux, par tout temps.

Ces voyages pour être périlleux (notamment les cruels frères Gurtchisky véritables truands) n’en sont pas moins cocasses.  Pour passer plus facilement les hommes se font accompagner des «  shiskés » (prostituées non-juives) qui jouent de leurs charmes auprès des allemands et dont  les femmes légitimes  voient bien sur l’arrivée au shetetl  d’un mauvais œil.

Tous s’étaient réjouis du départ du précédent commandant allemand « Aman » (en réf. A Haman) :

« Le shtetl, un beau jour, souffla un peu. Les boulangers, les fabricants d’eau-de-vie, de savon, les marchands de cigarettes, les taverniers, les sans-travail et en outre toute la gamme possible des divers contrebandiers, tout le monde rendit grâce à l’Eternel à qui rien n’échappe, même pas le moindre vemisseau : la fin d’Haman était venue, et ce n’était pas trop tôt. »

Pelté revient de russie où il était le fournisseur du Tsar Nicolas II, il raconte les « petits bonshommes rouges avec des drapeaux, avec des banderoles rouges comme eux et criant : « liberté ! liberté ! »
De retour de chaque expédition les jeunes se délassent dans leur association la  » Bilbothèque » mais ces jeux et rencontres ne sont pas du goût des religieux et des notables qui interviennent auprès du district allemand pour fermer l’association, s’en suit une révolte de ces pauvres gens qui vont contraindre le rabbin à intervenir auprès des allemands pour la réouverture du lieu.

L’ambiance délétère rend difficile les rapports entre les « modestes » et les nantis.  Les contrôles se resserent,  la méfiance s’installe ; mais un évènement en Allemagne va bouleverser le quotidien du shtetl : l’abdication de Guillaume II. Les allemands quittent le village.

L’un des « shaïguets » Yanek, lequel a déjà fait son armée,  prend le contrôle de la situation, il récupère les armes des allemands  et les distribue. Puis sur la place du marché il déploye un drapeau portant le sigle « OMP ».

Le shtetl apprit plus tard que cela signifiait "Organisation militaire Polonaise ». Mais des rumeurs arrivent d’autres villages, bien peu réjouissantes ; qu’allait-il se passer ? Yanek  « commandant en chef » ordonne : Dispersion générale ! Rentrez chez-vous, etc.
Cependant un évènement vient les réjouir ; le mariage de Faïfké avec Raithl est source de joie dans le shtetl. De plus avec l’annonce des fiancailles d’un de ses fils Pantl clame que la contrebande, la vraie va commencer !

«  Vous entendez ? Moi, Pantl, j’vous dis comme ça : la contrebande, ça fait que commencer…La vraie contrebande…Parce que, jusqu’à maintenant, c’était seulement un truc pour les gosses…C’était pas sorcier de faire de la contrebande…Mais maintenant, les gars…
«  Vous entendez ? Moi, Pantl, j’vous dis comme ça : c’est maintenant qu’on la commence, la vraie contrebande, oui la vraie… »


Une bonne lecture qui relate le quotidien d’ un quartier juif en Pologne pendant la Grande Guerre,  l’obligation de débrouillardise pour ces gens démunis, des personnages frustres, violents  et naïfs à la fois. Ils utilisent un langage généreux en images et en insultes. Ils sont bouleversés par une chanson, une danse, le clinquant. Il faut noter aussi l’incompréhension entre les jeunes qui ne respectent plus les lieux du culte ni les cérémonies et les anciens toujours attachés aux traditions et que le passé retient. Le récit se déroule  sur deux lieux : à Varsovie dans un quartier précis où vendre les marchandises et dans le shtetl, cela renvoi à un univers fermé. Le reste du monde n’est représenté que par la présence des allemands et le retour de Russie de l’un d’eux et il n’est intéressant que s’il influe sur leur vie.

"message rapatrié"


mots-clés : #communautejuive #premiereguerre #traditions
par Bédoulène
le Sam 3 Déc - 17:03
 
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Sujet: Oser Warszawski
Réponses: 4
Vues: 382

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