Des Choses à lire
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Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Ven 13 Déc - 11:35

72 résultats trouvés pour contemporain

François Bégaudeau

En guerre  

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Dans cette ville où nul ne sait bien pourquoi il reste, il y a Romain, travailleur culturel bobo, nonchalant, mais sûr de sa mission, un homme qui parle, qui pense, sûr de ses certitudes comme de son incapacité à agir dans leur sens. Et il y a Louisa, jeune femme que seul le combat maintient à flot, scannant des articles à l’entrepôt d’Amazone, qui voit partir à la dérive la petit bonheur pavillonnaire quand son conjoint, aimablement éjecté d’une multinationale qui a mieux à faire en Slovaquie, endosse le rôle du perdant.

Rien de commun entre ces deux là, mais les circonstances vont les mettre face à face, puis dans le même lit.
Et les conséquences seront dévastatrice, dans une explosion de violence qui va les remettre en question, mais chacun à sa façon, la rencontre n’a finalement pas changé grand-chose.

Et, après Leurs enfants après eux,  me voilà repartie dans un roman social. A ce détail près qu’on n’est plus en Lorraine mais à Amiens, ce qui en matière d’emploi, n’est guère mieux, les héros de Bégaudeau pourraient, si on compte bien, être ceux de Nicolas Mathieu, quelques années plus tard.

Même veine sociale, même idée bien ancrée du déterminisme social, donc, mais pas du tout le même livre, pas du tout.
Ici, quelque chose de plus malin, de plus fin, de plus créatif. Une façon de raconter ce que Mathieu expliquait. La justesse est soutenue par l’humour et par une ironie feutrée, décalée. Et cela autorise une apothéose mi-onirique, mi-visionnaire, mi-poétique. Une improbable, mais délectable et tordante victoire des petits. Cependant Bégaudeau n’est pas dupe, chacun retrouve finalement sa place , comme chez Mathieu.  Je n’en dis pas plus, mais le scénario est plein d e bonnes idées, s’ouvrant à d’autres personnages qui enrichissent l’habile description de cette classe moyenne provinciale si multiple.

C’est extrêmement malin, direct, rapide et réfléchi tout à la fois.  Il y a cette  portée intemporelle: c’est un conte du prince charmant et de la pauvresse. Mais ils ne seront pas heureux et n’auront pas beaucoup d’enfants : on est au XXIème siècle, quand même. Le roman s’implante dans une géographique, la ville, les banlieues, les rocades, le McDo, la Halle aux vêtements, qui lui donnent une  proximité immédiate. Il s’inscrit dans le temporel, les événements passent au loin,  attentas, Nuits debout, Trump, sans envahir, messages furtifs, mais terreau d’une façon de penser et d’agir. C’est donc aussi un roman d’ici et de maintenant, un roman d’aujourd’hui, clairvoyant, qui parle  sans concession mais sans jugement, avec une empathie dont le désespoir  est voilé par la lucidité, de gens que je connais, de leurs histoires, de leurs vies.

mots-clés : #contemporain #mondedutravail #social #vengeance
par topocl
le Sam 26 Jan - 16:08
 
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Sujet: François Bégaudeau
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Valérie Manteau

Le sillon
Prix Renaudot 2018

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Le sillon est le livre de la progressive dérive vers le désespoir de l’auteure, arrivée comme touriste à Istanbul, mais installée dans la place, amante en perdition d’un turc rebelle désigné par « il », amoureuse de la ville dont elle fréquente une intelligentsia contestataire. Cette  dérive accompagne précisément celle d’une ville et d’un pays, dont elle décrit les soubresauts de rébellion vite muselés par l’autorité erdoganienne, la répression, le climat vengeur et délétère. Chacun autour d’elle  résiste à sa façon, qui mêle manifestations vite réprimées, journaux d’opposition sous permanente surveillance, productions artistiques, discussions autour d’un verre dans une ville  électrique où errent, ou s’installent, les réfugiés et les enfants vagabonds.

Dans ce décor cosmopolite, dans cette ville pleine de charme où les époques historiques se confrontent,  elle évite les quartiers touristiques,  déambule à vue, fréquente les fêtes, entre ivresses et rencontres , intuitive quoique mal instruite de ce qu’est être turc et subir ce régime dans sa chair. Elle s’attache à la figure des grands résistants qui en ont marqué l’histoire, au premier rang desquels Hrant Dink, chef de fil de la résistance arménienne, leader pacifique et charismatique, directeur du journal Agos.

(...)que signifie le nom du journal, Agos. Jean fait le geste de semer des graines par poignées.  Agos, c'est Le Sillon. C'était un mot partagé par les Turcs et les Arméniens ; en tout cas par les paysans, à l'époque où ils cohabitaient. Le sillon, comme dans la Marseillaise ? Qu'un sang impur abreuve nos sillons, quelle ironie pour quelqu'un assassiné par un nationaliste.


Elle va de l’un à l’autre, d’un lieu à l’autre, recherchant des indices  sur cet homme, cherchant aussi un sens à un  séjour qui est en train de perdre le sien. Cette collecte constitue un assemblage de facettes plus qu’une vraie biographie. L’actualité brutale la rattrape peu à peu, comme tant d’autres, la fuite paraît le seul salut.

C’est un mélange assez harmonieux, quoique singulier,  entre autofiction et information journalistique, ballade amoureuse et géopolitique, à travers cette  jeune femme écartelée entre deux mondes  turc et européen, qui voit dans ses tripes à quel point les hommes sont proches et en quoi les régimes les séparent. Elle adopte un style décalé, précipité, renonçant aux guillemets et transitions, elle nous promène à son propre rythme, il faut s'y soumettre, dans une urgence singulière et noire.

Hrant Dink

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Naji Jerf

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Tahir Elçi

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mots-clés : #autofiction #contemporain #lieu #minoriteethnique #regimeautoritaire
par topocl
le Lun 14 Jan - 10:08
 
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Sujet: Valérie Manteau
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Thierry Hesse

L'ayant relu hier dans la soirée, l'ayant trouvé beaucoup moins bon qu'à ma première lecture ( pale ), mais n'ayant pas envie de le descendre ici, je vous remets un ancien commentaire.

Le cimetière américain

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Un roman de la désespérance, beau, magnifique, bouleversant…

Thierry Hesse s’empare d'un fait divers qui défraya jadis la chronique, l’épure du trivial et du sensationnel, pour lui donner un sens, en faire un splendide roman, austère, universel, porté par un souffle magique.
Le premier personnage du roman, c'est un petit coin des Vosges, obscur, marquée par un siècle d'histoire qui a méprisé les hommes. Deux guerres, une industrialisation galopante qui s'est épanouie au prix de la peine des hommes, pour mieux les lâcher ensuite sans aucune empathie ou dignité. Cette histoire se marque dans le paysage par des cimetières militaires, des usines désaffectées, dans un climat hostile. Dans les villages épars, les hommes se perdent dans le mépris d’eux-même et la solitude, les enfants montent dans des cars scolaires en rêvant d'avenirs dérisoires. La colère monte et explose sa douleur en une violence cathartique.
Hesse nous raconte l'histoire des hommes par petits tableaux, portraits tout en finesse du désespoir et de la fatalité ordinaire. Il abandonne toute chronologie pour nous livrer finalement la cohérence profonde de cette histoire. Il adopte un style tumultueux, riche, chaotique, unique. Chaque phrase, lue dans l'urgence, mérite d'être reprise, pour mieux apprécier la justesse et la beauté.

Le cimetière américain est un éblouissant hommage aux « petites gens », à la souffrance non dite, à la misère des hommes.

« C’est qu'on ne voit pas par quel moyen s'accommoder de cette existence immobile, de ce temps long, si long, qui n'est pas près de s'emballer, de ces mois de neige et d’ennui, ces coups de chaleur époustouflants l’été - avant que la pluie dévale en grosses gouttes tièdes, collantes, au bout d'une journée vide d'air-, de cette traîne de gris pesant bas au-dessus des maisons et coteaux et  des toits contournés des usines, de ces bruits sporadiques - cris d'oiseaux ou d’enfants, aboiements de chiens, anneau rongé heurtant quelque part un pilier en métal - qui agacent les nerfs.


« Après je m'assois sur une pierre, un talus, sans un bruit doucement j'entre dans le paysage, dans sa bonne senteur. Là je pense à la vie, à ce qui nous arrive, je devrais être heureux assis sur ce rocher, d’avoir ainsi rejoint le paysage, je suis seul coup avec moi, la pensée peut voler ou gravir. Quand vient sans crier gare ce sentiment de crainte, quelque chose qui se noue quelque part entre gorge et poitrine. Être heureux je me dis est proche, à portée de ma main, quelque chose me retient cependant, quelque chose d'ancien qui est là et qui pèse sur ma nuque et mon cœur.


(Recup 2011)

Mots-clés : #contemporain #social
par topocl
le Mar 1 Jan - 9:31
 
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Sujet: Thierry Hesse
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Éric Chevillard

@Louvaluna a écrit:Mais, dans ce cas, je conseillerais au panda mignon d'y mettre la patte en commençant par Ronce-Rose. Wink


C'est parti pour la patte :

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Ronce-Rose

J'y suis donc allé du bout de la patte et j'ai surtout tourné autour. Pourtant dans cette histoire à hauteur de petite fille et un poil décalée on est assez vite dedans. C'est très fluide et sa manière de pied / contre-pied est au point et assez efficace même, il y a même des attentions qui me plaisent, tour de passe-passe nonchalant autour d'un petit rien, dans la démarche ça me plait. En pratique je suis prêt à trouver ça sympathique sans avoir réussi à vraiment me couler dans le texte. L'impression qu'il pourrait en faire des kilomètres sur le même mode sur presque tout, peut-être ? Ce qui ne m'empêche heureusement pas d'avoir apprécier et souri à certains passages et de ne pas du tout regretté cette expérience. clown

Dans ce passage par exemple, si l'ensemble ne m'emballe pas forcément, j'aime bien la phrase en gras :

Rascal en ce moment est noir avec une tache blanche si large qu'on pourrait aussi bien dire le contraire. Il ne fait pas de différence entre l'affût et la sieste et il y consacre presque tout son temps. Peut-être qu'il attire ses proies en rêvant de baies et de graines. Mais là, il s'est remué, il a même cru pouvoir attraper une mésange dans le sureau. Maintenant, il est coincé là-haut, incapable de redescendre et il regarde les oiseaux qui picorent dans l'herbe les graines et les baies de son rêve. Si c'était une vache celui-là, il faudrait lui fourrer à la main le foin dans les bajoues !


cat

mots-clés : #contemporain #contemythe #enfance #humour #initiatique
par animal
le Mer 14 Nov - 18:41
 
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Sujet: Éric Chevillard
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Zadie Smith

Swing Time

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Une petite fille d'une cité londonienne, voit son enfance se dérouler sous la triple emprise de la passion de la danse, de son métissage et  de Tracey sa meilleure copine délurée. Sans doute du fait d'une certaine « sagesse interne », mais aussi grâce à sa mère militante féministe qui la pousse à étudier et gagner son autonomie, elle quitte son milieu d'origine et  devient assistante d'une star mondiale du show-biz, l'aide dans  une entreprise plus paternaliste que généreuse pour construire une école pour filles en Afrique.

Comme toujours chez Zadie Smith, elle multiplie les personnages qu'elle dépeint avec un œil aussi acerbe que tendre, et chez qui l'enfance est déterminante. Elle embrasse de nombreux thèmes (multiculturalisme, différences de classes sociales, féminisme, fatalité  sociale et émancipation par la culture,  fidélité et trahison) qu'elle brasse de façon assez virtuose.  On retrouve aussi sa vivacité, son rythme, sa capacité à dresser des portraits tout aussi piquants que prototypiques. Un peu moins d'humour que dans ses précédents livres, peut-être. Et si l'issue m'a laissée un peu sur ma faim, Swing Time reste une lecture addictive, plaisante, entre sourire et émotion, pleine de personnages attachants, qui n'ennuie pas une seconde.

Mots-clés : #amitié #contemporain #enfance #identite #initiatique #jeunesse
par topocl
le Sam 10 Nov - 10:52
 
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Sujet: Zadie Smith
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Sylvain Pattieu

Avant de disparaître - Chronique de PSA-Aulnay

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A travers des témoignages recueillis au fil des jours et cités en direct, petite chronique de la mort annoncé de PSA-Aulnay, de ses travailleurs syndiqués ou non, attachés ou revanchards face à l'entreprise, d'une belle histoire de lutte et de solidarité tout à la fois pleine d'espoirs et de désespoir.
Parfois un peu fouillis, pas toujours très clair pour une non-initiée, mais ça n'empêche pas d'être révoltée et écœurée.


mots-clés : #contemporain #mondedutravail #politique #social #temoignage
par topocl
le Mer 24 Oct - 17:18
 
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Claire Messud

Les enfants de l'empereur.

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Très belle découverte que cet écrivain. On ouvre le livre, on lit la première page et impossible de lâcher.
Un style que j'ai beaucoup aimé : des phrases à tiroirs comme je les appelle en utilisant et abusant pour notre bonheur des tirets  !! Une belle langue...

Et l'histoire de trois, quatre, cinq, bref plusieurs trentenaires qui veulent dévorer la vie new-yorkaise et se faire une place dans les mondes des Arts, de l'écriture ou du Journalisme. Ils se croisent, se perdent et se retrouvent n'ayant que peu répondu aux questions qui les obsèdent...jusqu'à ce que le 11 Septembre ne les engloutissent littéralement révélant leur vraie nature et leur vraie personnalité.

Mots-clés : #contemporain #initiatique
par kashmir
le Lun 24 Sep - 18:45
 
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Kurt Vonnegut, jr

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Tremblement de temps

quatrième de couverture a écrit:2001 : un « tremblement de terre temporel » renvoie tout le monde en 1991. Un nouveau départ ? Pas vraiment.
L'histoire recommence à l'identique. Les gens commettent des erreurs déjà commises, les mêmes catastrophes se produisent encore et encore. Qui délivrera l'humanité de son infernale apathie ? Kilgore Trout lui-même, l'alter ego littéraire de l'auteur ?

Tel aurait pu être le nouveau roman de Kurt Vonnegut, l'auteur culte d'Abattoir 5 et du Petit déjeuner des champions. Sauf que Kurt n'a pas envie de l'écrire. En tout cas, pas comme ça. À la place, il livre au lecteur la genèse de son récit avorté, et en profite pour l'embarquer dans un étourdissant voyage au pays de la fiction.

Brillante méditation sur les États-Unis, la guerre, les amis, la famille et les choix qui nous composent - la vie, quoi d'autre ? -, Tremblement de temps est un objet littéraire unique, à mi-chemin entre le roman et l'autobiographie. Vonnegut s'y dévoile comme jamais, et livre les clés d'une oeuvre dont le succès, ici comme ailleurs, ne s'est jamais démenti.


Amis de la trame linéaire et explicite passez votre chemin ? Amis du commentaire de lecture clair... aussi ? C'est un joli petit bazar ce Tremblement de temps, tissé d'anecdote, d'appels et de personnages historiques, un petit bazar où distinguer le vrai du faux risque de devenir superflu !

Et il faut en prime s'appuyer l'humour, léger, de l'auteur ainsi que l'omniprésence de Kilgore Trout. Envahissant ? Jusqu'à en devenir sympathique ? Pas impossible.

La sensation d'une lecture décousue mais sympathique, ce Vonnegut a décidément l'air de quelqu'un de bien. L'argument prophétique de la science-fiction est a l'air presque inexploité et en même temps il est là tout le temps, au présent, libre arbitre ? c'est explicite. Tout le reste qui fait une pâte d'images et d'habitudes ça l'est moins et pourtant là-dedans il cherche, retourne, repositionne, rappelle, adoucit beaucoup de choses... sans oublier de dire tout ce qui ne tourne pas rond pour lui, la ligne pacifiste et humaniste est toujours aussi claire.

Et il est observateur. On s'y perd, on s'y amuse, on s'y égare... ça ne donne aucune impression de grand livre mais avec sa manière de brouiller autant les pistes que les niveaux de lecture et pour sa sincérité on en sort forcément mieux qu'on y rentre.

Ca me va moi. Et je reviendrai avec des extraits !

"Réveillez-vous ! Réveillez-vous ! Vous avez à nouveau votre libre arbitre, et il y a du pain sur la planche !"

mots-clés : #contemporain #humour #sciencefiction
par animal
le Lun 17 Sep - 22:08
 
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Sujet: Kurt Vonnegut, jr
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Roberto Bolaño

Les Détectives sauvages

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Un gros et un grand livre !
Comme pour 2666, j’ai tout de suite été happé par le récit. Curieux, il y a des auteurs dont dès les premières lignes, je sais que j’irai jusqu’au bout de l’ouvrage.
D’ailleurs, les deux derniers opus de Bolano partagent nombre de points communs : longueur du texte, constructions et « intrigue» similaires.
Toutefois, « Les Détectives sauvages »  est un livre à l’écriture plus resserrée, plus dense également, avec dans la seconde partie un croisement de témoignages mieux construit, qui en font un ouvrage probablement supérieur à  « 2666 ».  Je reste cependant convaincu que Bolano aurait modifié son dernier roman si la mort ne l’avait pas rattrapé.

« Les Détectives sauvages » est constitué de trois parties :

Mexicains perdu dans Mexico est un journal d’initiation d’un jeune poète de 17 ans, Juan Carlos Madero qui couvre la période du 2 novembre au 31 décembre 1975. Celui-ci entre rapidement en contact avec un groupe poétique d’avant-garde, les « real-viscéralistes» fondé et animé par deux jeunes poètes, Arturo Belano (sorte d’hétéronyme de l’auteur) et Ulises Lima (en référence à l’écrivain cubain José Lezarma Lima, mais peut-être également à Ulysse de Joyce ?). Le « réal-viscéralisme» est en réalité la réactivation d’un groupe de poésie de l’entre-deux-guerres, appelé également « stridentisme », apparenté au dadaïsme et au surréalisme. Les têtes de turc de Lima et Belano sont les poètes paysans mexicains ou de grands noms de l’époque : Neruda et Paz.
Le journal de Madero décrit les errances de ces poètes dans Mexico, la fréquentation des cafés, les nuits passées à discuter de littérature et à refaire le monde, sans oublier la découverte du sexe qui devient une occupation de premier plan pour l’auteur du journal ! J’ai trouvé que cette première partie offrait une belle description de jeunes gens attirés par la bohême et la poésie à un âge où le monde s’offre à eux et où tout est encore possible. En tout cas, beaucoup de passages m’ont parlé et rappelé des souvenirs de mes premières années en fac. Probablement, est-ce aussi parce que je suis de la même génération que Bolano…
Le journal se termine par la fuite précipitée de Madero, Lima et Belano, accompagnés d’une jeune prostituée, Lupe, vers le désert du Sonora.

Les Détectives sauvages est la partie la plus longue et le centre du roman. Il s’agit d’un véritable chœur polyphonique, qui couvre la période de 1976 à 1996. Il est constitué de multiples témoignages   de personnes ayant été en relation à un moment ou un autre, soit avec Belano, soit avec Lima. Ces témoins, très nombreux, reviennent parfois à plusieurs reprises, ou n’interviennent qu’une fois, la plupart sont fictifs, mais quelques-uns sont bien réels : Michel Bulteau ou Octavio Paz, par exemple. Certains témoignages sont très courts, d’autres forment de véritables récits. A chaque fois, la date et le lieu de l’intervention sont indiqués.
Ce chapitre permet donc de suivre les deux poètes dans leurs errances respectives : Paris, l’Allemagne, Tel Aviv, Barcelone, le Nicaragua, l’Afrique…
De fait, tout le roman a cet aspect de road-movie. Il est d’ailleurs fait référence au film Easy Rider, Bolano précisant que les deux poètes ressemblent à Dennis Hopper et non à Peter Fonda.
On pourrait croire que par ces différents éclairages on cernerait mieux la personnalité des deux « héros ». Oui et non en fait, car souvent les témoignages diffèrent, se contredisent. De même, si certains évènements sont clairement connus, d’autres sont beaucoup plus allusifs
Voici quelques personnages (parmi tant d’autres) :
- Amadeo Salvatierra intervient régulièrement. C’est un écrivain public, fortement porté sur la bouteille, en particulier le mythique mezcal « Los Suicidas », distillé à Chihuahua. Salvatierra possède l’unique exemplaire subsistant du seul numéro publié par les stridentistes dans les années 20. Y figure notamment l’unique poème, totalement graphique, de la cheffe de file du groupe : Cesarea Tinajero
- Joaquin Font (dit Quim) : déjà très présent dans le journal de Madero. C’est un architecte qui dans le récit se trouve enfermé en hôpital psychiatrique. Mais ses discours sur la poésie sont très sensés. Ses deux filles, Angélica et Maria font partie des real-viscéralistes, puis se détachent du groupe.
- Andrés Ramirez : chilien, émigré clandestin en Espagne. Il voit apparaître des combinaisons de chiffres qui lui permettent de gagner une fortune à la loterie.
- Xosé Lendorio : avocat poète qui parsème son discours de citations latines. Son récit d’un sauvetage d’enfant tombé dans un gouffre est très fort.

Les Déserts du Sorona, la troisième et dernière partie du roman, est la reprise du journal de Madero au moment où il avait été interrompu, c’est-à-dire début 1976. Il raconte les errances de Belano, Lima, Madero et Lupe dans le désert à la recherche de la poétesse Cesarea Tinajero, cheffe de file et seule survivante du groupe des Stridentistes. Parallèlement, les quatre comparses sont poursuivis par l’ancien souteneur de Lupe.

Difficile de conclure, mais par sa capacité à entremêler quantités de points de vue différents, de récits, de niveaux de langage, à associer réel et imaginaire, tout en gardant une fluidité d'écriture étonnante, Roberto Bolano m’apparaît comme l’une des grandes figures de la littérature de la fin du XXe et du début du XXIe siècle.
Dernier mot à l’auteur :
« Je crois que mon roman offre autant de lectures qu’on y trouve de voix. On peut le lire comme une agonie. Mais aussi comme un jeu. »

En post-scriptum : on peut s'étonner que notre dicoman de référence, Tristram, amateur de mots rares et précieux n'ait pas été sensible plus que ça à la prose de Bolano.

- Asclépiade ? a dit Lima.
- Ca vient d’Asclépias de Samos, qui a été celui qui l’a le plus employé, quoique Sappho et Alcéon en aient fait aussi usage. Il a deux formes : l’asclépiade mineur a douze syllabes distribuées en deux cola (membres) éoliques, le premier formé par une spondée, un dactyle et par une syllabe longue, le deuxième par un dactyle et par une dipodie trochaïque catalectique. L’asclépiade majeur est un vers de seize syllabes par l’insertion entre les deux cola éoliques d’une dipodie dactylique catalectique in syllabum. »


Mots-clés : #contemporain #creationartistique #initiatique
par ArenSor
le Lun 17 Sep - 20:31
 
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Sujet: Roberto Bolaño
Réponses: 33
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André Bucher

Le pays qui vient de loin

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Un récit sur la filiation, un récit sur les espoirs déçus, un récit sur l'envoutement que peut créer la nature...

Ce livre, c'est tout cela et tellement davantage.

De la poésie à chaque page tournée, une rencontre en la personne de Samuel qu'on aimerait prolonger, l'envie d'encourager son petit fils dans la décision d'avenir qu'il va prendre...non tu ne te trompes pas même si tu ne choisis pas la facilité, tu choisis la richesse d'une existence partagée avec les arbres, les plantes et les animaux. Et qu'importe si les lumières des tentations superficielles sont loin, tant mieux même, c'est un regard plein que tu as choisi de poser sur l'existence.


Inutile de vous dire combien j'ai aimé cette première rencontre avec l'écriture d'André Bucher mais c'est une découverte qui crée le besoin de la retrouver encore et encore, ce dont je ne vais pas me priver !

Merci Monsieur Bucher pour cette parenthèse de vie que vous offrez.

Mots-clés : #contemporain #famille #nature
par kashmir
le Mar 11 Sep - 17:30
 
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Sujet: André Bucher
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Vues: 460

Daniel Mendelsohn

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Une odyssée : un père, un fils, une épopée

Topocl a évoqué avec beaucoup de justesse la beauté rare du récit composé par Daniel Mendelsohn. Le mythe révèle par l'écrit l'intime et interroge l'individu confronté à ses proches choix, à l'angoisse d'une perte, à la fragilité de la vie.

J'ai été particulièrement touché par l'humilité du regard de Daniel Mendelsohn envers son père. De l'entame d'un séminaire sur l"Odyssée" d'Homère aux imprévus d'une croisière méditerranéenne sur les traces de cette épopée, le fils découvre des richesses apparemment enfouies et remet en cause ses propres interprétations et perceptions. Les nuances, les contradictions et les complexités d'un être peuvent alors être perçues et transmises, créant un pont entre les multiples richesses d'un passé et l'édifice d'une histoire personnelle à construire.


mots-clés : #antiquite #autobiographie #contemporain #creationartistique #famille #relationenfantparent
par Avadoro
le Ven 7 Sep - 0:43
 
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Sujet: Daniel Mendelsohn
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Vues: 1282

Julien Bouissoux

Janvier

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Janvier, notre antihéros, travaille pour une multinationale. Il se retrouve d'abord relégué dans un bureau au fond d'une impasse, puis ne reçoit plus de travail, plus de contacts, plu d'attention,  mais comme il continue à être payé, et bien il continue à venir aux heures habituelles sans faire de vagues, à arroser la plante verte,  à rêvasser en contemplant une heure, écrit deux-trois poèmes…Ce Bartleby involontaire des temps modernes continue à appartenir au monde du travail par le seul biais de son bulletin de salaire et de sa présence inutile.

Cela laissait envisager une critique acerbe du monde du travail, mais il y a là une certaine platitude, une insignifiance, sans doute plus ou moins volontaire, et il manque cette pique géniale, ce rebondissement inattendu, cette pointe d'humour, cette fin mordante que j'ai attendus tout du long. N’est jamais arrivé le roman à message que j'avais espéré. Ce livre a la même sagesse pépère que Janvier qui continue indéfiniment à se pointer à l'heure.

mots-clés : #absurde #contemporain #mondedutravail
par topocl
le Mer 29 Aoû - 13:42
 
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Sujet: Julien Bouissoux
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Steve Tesich

Commentaire, impressions plutôt écrits pour ceux qui ont déjà lu le livre !

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Karoo


A mon avis derrière un récit d'une apparente simplicité (dans toutes ses détours), se cachent plusieurs niveaux de lectures et de compréhensions possible. Et cela m'était un bonheur d'essayer de voir plus loin que le bout du nez : ces abords possibles vont du récit, roman d'un simple cynique, via l'auto-dérision, via une vraie détresse jusqu'à une possible lecture métaphysique, existentielle d'une recherche et des observations très justes de l'être humain...

Saul est un personnâge qui au même moment vit des choses apparemment loin de notre expérience, et pourtant incarne (sujet qui revient) un homme d'aujourd'hui : séparé, mais pas encore divorcé, tiraillé, fuyant, mais lucide... Et aussi toutes les descriptions sur ces fuites et problèmes : à voir de plus près on reconnaît des motivations de beaucoup de nos contemporains, voir l'absence de vraie motivation et tout simplement … : la fuite. Cela me semble dominer dans ce caractère. Même l'alcool est une recherche éperdue de fuite, de l'oubli.
Ou la fuite de l'intimité. Cela semble presque contraire à ce qu'on dirait de soi et son désir; pourtant n'est-ce pas profondement vrai qu'aujourd'hui, comme Saul, on n'est pas (ou plus) capable de bien nous affronter nous-mêmes dans une certaine solitude ET l'autre dans une vraie intimité (il ne se sent à l'aise que devant un public...)? Karoo va, dans un certain sens, au bout d'une logique qui anime la plupart des gens dans leurs rapports avec les drogues, l'argent, les autres, la liberté, l'espace privé etc. Comment affronter la réalité : de soi-même, des autres (« La simple pensée à faire face à mes soucis me donnait la nausée. ») ? Pendant une large partie du roman Saul est la narrateur de son histoire. Cela ne change que vers la fin dans une narration apparemment plus distancée par un narrateur omniscient.

Constamment on se meut entre un cheminement d'évitements ET une grande lucidité, car ce Karoo  est derrière ces évitements très lucide, capables de se voir dans ses motivations. Et cela n'est pas un titre de gloire, mais constamment ou souvent une vraie source de frustration : Il ne fait pas ce qu'il veut et il fait ce qu'il ne veut pas. Pourtant en racontant dans l'Imparfait et le passé il a alors une distance vers ce qu'il raconte et nous sous-entendons la possibilité d'un vrai changement pour un avenir, soit pour un « aujourd'hui autre ». A voir.

Ici on s'approche sur une possible signification du choix du prénom : Saul. Ce premier nom de l'apôtre est associé avec Paul (vous vous souvenez du jeu de noms que le Père de Saul fait avec son fils?!), figure (dans l'imaginaire universel) de la conversion. Car finalement notre Saul ici aussi attend une redemption, un changement, une conversion. Bien sûr cela ne correspond pas complètement à la vie de Saint Paul, mais on ne peut pas s'empêcher de faire le rapprochement. Dans la réalité biblique et aussi ici, il s'agit pas juste d'une coupure si nette que les tranches de vie avant et après n'ont pas de lien. Non, il y a une forme de dédoublement, voir de coexistence d'une conscience de ce qui est juste au milieu de ce vie presque... ratée. Figure/symbole de conversion – chez le Père et Saul on trouve la mention des deux noms pour lui ! J'approche cette remarque d'une citation : « ...malade comme je l'étais, j'avais toujours un fragment intact de bonté au fond de moi ».

Certaines pierres d'achoppements, des rencontres faites dans la vie, des questions incontournables sont comme des invitations d'une mise en question de soi-même, des possibilités de saisir une occasion de changer. On peut les fuir.

En ce qui concerne son travail de découpeur de films des autres, voir des chef-d'oeuvres, on peut relèver tant de choses... Certes, il s'agit de détruire l'oeuvre d'un autre. Au-délà encore, un moment donné, la vie de Saul « consiste de ces bouts de graisse, d'inutilités coupées dans le film ». Combien des choses non-essentielles occupent la place ? Qu'est-ce qu'on enlève de notre vie pour trouver la cohérence d'une banalité attirante (mots très directs qui viendront plus tard)...  

Encore une fois : Karoo est lucide et proche de présentir que ce que d'autres appèllent la liberté est associé pour lui à « la fuite ». « Parler de changement était admirable. Esayer de changer était héroïque. » Le flot des paroles, ici et là : et on parle, on parle, pour immerger l'autre, pour « le  baiser » (rôle de Cromwell, presque diabolique, dans les yeux de Karoo, derrière certains accès d'apparente bien-veillance). Et où est la différence avec certains moments de la vie de Saul ?

Même si la première moitié pourrait être pris comme une introduction dans le caractère de Saul, je trouvais cela passionant. Dès un certain moment (Pittsburg ? Espagne?) la catastrophe entre les trois semble annoncée. Pas de surprises pour moi. Peut-être là l'histoire s'étire pour mon goût un peu trop.
Et inclus en cela : la catastrophe existentielle intérieure à venir. Et puis ? Saisira-t-il la chance ou pas ? Hésitations... Quel besoin de pardon... ! D'un coup, avec sa mère il arrive à se lâcher. Puis, physiquemment, chez Cromwell, puis la décision intérieure... : se débarasser de toutes excuses.

La fin me semble magnifique : le questionnement jamais abouti d'une histoire d'un Ulysse moderne dans lequel se retrouve Saul. Et il devient évident quelle est l'enjeu. Quelles sont les questions essentielles qu'il a fui toujours. Magnifique !

On a appelé les derniers pages – si je comprends bien – comme une chute vertigineuse ! Eh bien, qui a écrit ce commentaire ? Il me semble que l'ensemble se tient et est mu d'un grand réalisme. Bien sûr, je n'ai pas « prévu » les détails des derniers chapitres, néanmoins il y a là un « réalisme existentiel » qui tient la route. A voir de plus près, tout le roman, tout le cheminement de Karoo visait un issu. Et qui sera surpris que la question essentielle est métaphysique, existentielle, « réligieuse » ? Cela était sous-jacent sous toute l'histoire.

Un livre qui invite presque à une lecture commune !

On sent un auteur, proche de sa propre mort, interrogé par la sincerité des vraies questions. Splendide !

mots-clés : #addiction #contemporain #identite #spiritualité
par tom léo
le Sam 18 Aoû - 8:01
 
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Sujet: Steve Tesich
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Sylvie Germain

A la table des hommes

Tag contemporain sur Des Choses à lire - Page 2 S_germ10

Son obscure naissance au coeur d'une forêt en pleine guerre civile a fait de lui un enfant sauvage qui ne connaît rien des conduites humaines. S'il découvre peu à peu leur complexité, à commencer par celle du langage, il garde toujours en lui un lien intime et pénétrant avec la nature et l'espèce animale, dont une corneille qui l'accompagne depuis l'origine. A la table des hommes tient autant du fabuleux que du réalisme le plus contemporain. Comme Magnus, c'est un roman hanté par la violence prédatrice des hommes, et illuminé par la présence bienveillante d'un être qui échappe à toute assignation, et de ce fait à toute soumission.

Quatrième de couverture


Ma première lecture de Sylvie Germain a été Magnus que j'avais adoré et qui m'avait beaucoup émue.
Depuis, mes lectures de cet écrivain ont toujours été des "cadeaux": des lectures perturbantes, déstabilisantes mais dont je suis ressortie pleine de questions et d'envie de découvertes et surtout avec le désir de revenir vers cette narratrice...


Ce roman ne fait pas exception : je le place en parallèle de Magnus car il dénonce la folie des hommes et leur énergie destructrice.
C'est un conte, plein de rêves, et aussi plein de cruauté,  que vous n'arriverez pas à ancrer dans une période de l'Histoire, car il rappelle le passé comme le présent ...et sans doute décrit-il l'avenir.

La relation de l'homme à l'animal y est fortement évoquée et j'ai beaucoup aimé ces passages...Les corbeaux vénérés par les indiens le sont aussi par Sylvie Germain qui en fait le protecteur du personnage principal du livre - BAbel - et ce n'est pas si souvent que ces noirs oiseaux ont une place respectée.
L'acceptation des cultures différentes, des coutumes propres à chaque ethnie, jusqu'à la langue et l'usage des mots est au coeur de ce récit.

On ressort de ce livre, curieux des autres et de leurs richesses si on ne l'était pas avant. L'exclusion est une absurdité.



A lire ...


mots-clés : #contemporain #contemythe #guerre #initiatique
par kashmir
le Jeu 9 Aoû - 18:26
 
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Sujet: Sylvie Germain
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Sylvain Pattieu

Des impatientes

Tag contemporain sur Des Choses à lire - Page 2 Cvt_de10

C'est un roman social très actuel, quelque chose qui aurait à voir avec les frères Dardenne,  mais moins plombé, avec une charge de bienveillance et d'espoir.

Alima, la fille sage, et Bintou, la bombe pleine de rage, deux jeunes noires, sont dans une même terminale de banlieue et bien sûr, malgré la fatalité sociale, on leur prévoit des destins bien différents. Par un de ces épisodes du hasard (mais un hasard tellement dicté par la condamnation anticipée liée au milieu social) qui font envie de rembobiner le film et de repartir tant cela était stupide, elles se retrouvent en quelques semaines des femmes actives, au travail, puis en joyeuse grève. C'est juste quelques mois  de la vie de ces jeunes filles aux horizons fermés, mais pas totalement, et pour lesquelles des portes se ferment brutalement, quel dommage, quelles bêtises, mais d'autres ne s'ouvrent-t'elles pas, de ce fait?

C'est une façon d'y croire, que tout reste possible, malgré tout.
Mais sans niaiserie et optimisme béat pour autant, dans une description parallèle de la vie et des sentiments de ces jeunes fille, mais aussi plus générale des milieux où elles évoluent, le lycée par  un prof convaincu mais dépressif, la boite par un vigile ex-clandestin, un perdant-gagnant romantique.

Il y a là une belle acuité, une attention réelle à l'individu, un regard clairvoyant , lucide, mais qui ne renonce pas à rêver au possible. C'est assez touchant.


mots-clés : #contemporain #education #jeunesse #mondedutravail #social
par topocl
le Dim 29 Juil - 15:00
 
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Sujet: Sylvain Pattieu
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Virginie Despentes

Baise-moi

Tag contemporain sur Des Choses à lire - Page 2 Baise-10

Sorte de road movie trash (à l’échelle de la France) de « la petite », Manu, et « la grosse », Nadine, répondant à la violence par un surcroît de violence, et pour le temps que ça peut durer. Ce tandem complice dans l’absence de valeurs morales la plus évidente, ces monstres produits par notre société se rencontrent évidemment sans avenir.
Despentes fait sa seule référence littéraire nominale à Bukowski ; elle m’a un moment ramentu Japrisot par son efficacité stylistique, et guère Houellebecq.

« Il a l’esprit borné et très peu inventif, la mémoire encyclopédique des gens privé d’émotion et de talent, persuadé que donner des noms et des dates exactes peut tenir lieu d’âme. Le genre de type qui s’en tient au médiocre et s'en tire assez bien, bêtement né au bon endroit et trop peureux pour déconner. » (I, 4)

« C’est comme une voiture que tu gares dans une cité, tu laisses pas des trucs de valeur à l’intérieur parce que tu peux pas empêcher qu’elle soit forcée. Ma chatte, je peux pas empêcher les connards d’y rentrer et j’y ai rien laissé de précieux… » (I, 8 )


mots-clés : #amitié #conditionfeminine #contemporain #sexualité #violence
par Tristram
le Mar 17 Juil - 16:39
 
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Sujet: Virginie Despentes
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Philippe Claudel

Tag contemporain sur Des Choses à lire - Page 2 Cvt_la10

L’Archipel du Chien


Originale: Français, 2018

CONTENU :
Une île assez éloigné dans l’Archipel du Chien, une petite société vivant de la pêche, les vignes, les plantations d’olives et des câpres. Et la vie tranquille est chamboulée un jour quand trois cadavres échouent sur la plage. D’un coup un noyau de gens, représentant la communauté insulaire, est confronté avec des choix qui vont revéler leur nature. Quoi faire avec ces corps, qui vont, sinon, mettre en question un projet d’installation d’un centre thermal et salir la réputation de l’île ? Des opinions divergent, des scrupules et l’absence de celles-ci se confrontent. Comment cela va continuer ?

REMARQUES :
Dans un sens strict on n’arriverait pas à localiser géographiquemment les lieux. L’auteur se sert d’éléments de la réalité et d’un monde de fable. Néanmoins certaines caractérisations pourraient s’appliquer sur les îles Canaries (tirant son nom de Canes = chien). Aussi, c’est là que dans un certain sens ont débuté les premiers signes d’une fuite massives de réfugiés et où ont échoué des cadavres de naufragés...

Mais dans des premières pages d’une fureur splendide, le narrateur mystérieux ; témoin, ni homme, ni femme (mais rappelant un ange ? Ou un coeur grecque de tragédie?) s’adressent à tous, car « tout cela aurait pu se passer n’importe où, hier, il y a un an ou aujourd’hui ». Et alors c’est à nous qu’on devrait appliquer « la morale de l’histoire, ayant une sorte de valeur universelle.

La communauté insulaire, vivant dans une sorte de tranquillité isolée (ou un isolement tranquille?!) est bouleversé par l’apparition de ces trois cadavres. Mise en question de nos projets, de notre tranquillité ? Est-ce que cela va mettre la puce à l’oreille aux investisseurs qu’il faudra pour financer le projet d’une station thérmale ? Et voilà que les sept témoins sans noms (appelé par leur fonction ou un trait de caractère) forment une communauté unie par un but ?! Mené par le maire ils décident quoi faire. Juste le jeune instituteur, étant arrivé récemment lui-même aussi de l’extérieur, reste sceptique, s’oppose un peu. Est-il bien le seul à vouloir savoir « la vérité » ?

Devant certains événements les personnes dans les romans de Claudel sont souvent mis devant leur vérité, une d’obscurité, de petitesse. Parfois il semble que ce livre est traversé par une sorte de pessimisme, surtout dans le comportement face à l’étranger, à l’Autre, pas seulement réprésenté par les trois réfugiés échoués mais aussi par l’instit d’ailleurs. Et on peut se demander si l’Autre est forcemùent plus sensible pour pour l’injustice ? Quelle institution : la foi, la raison, le pouvoir, discerne le bien et agit ? Comment foctionne des mécanismes d’auto-défense, de constitution de groupe qui refusent la part de responsabilité mais cherchent à culbabiliser l’autre ? Mais aussi : est-ce que le refus de l’Autre est finalement refus de moi-même et mène vers l’autodestrcution ???

Peut-être certains mécanismes seront typés, comme aussi les personnes sans noms. Parfois peut-être trop évident ce que l’auteur suggère ?

Le lecteur de Claudel retrouvera certains sujets. Je me sentais fortement rappelé au « Rapport de Brodeck ». Aussi, dans un certain sens, on pourrait parler d’une prolongation de la trilogie sur les génocides, car ici, le génocide des temps modernes, c’est bien à la face du monde et à notre grande connaissance, celui envers des réfugiés qu’on laisse tranquillement mourir dans la Méditerranée et ailleurs… Et notre façon de faire sera un jugement de nous-mêmes et de notre avenir...

Remarquable !

mots-clés : #contemporain #culpabilité #immigration #polar
par tom léo
le Mar 19 Juin - 16:00
 
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Sujet: Philippe Claudel
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Paolo Cognetti

Tag contemporain sur Des Choses à lire - Page 2 Sofia-10

Sofia s'habille toujours en noir


Originale : Sofia si veste sempre di nero (Italien, 2012)

CONTENU :
4ème de couverture a écrit:Depuis toujours la vie est une guerre pour Sofia. Une guerre contre sa famille, ses proches, contre le monde entier. Inquiète, débordante, excentrique, insaisissable, Sofia est toujours habillée en noir. Et son humeur aussi est souvent revêtue de noir. Pourtant elle fascine tous ceux qui l'observent depuis le jour de sa naissance. L'infirmière penchée sur sa couveuse ; le compagnon de jeu, Oscar, captivé par le monde des pirates ; la tante Marta, une militante d'extrême gauche un temps exilée à Paris ; les parents enfermés dans un quotidien traversé de tensions silencieuses. Chacun d'entre eux tente de s'inscrire dans le mouvement du monde. Des ghettos résidentiels s'installent en bordure des villes, le tissu industriel se défait, la politique perd de son aura. Et Sofia, fille unique de la petite bourgeoisie, semble flotter dans ce monde qui en trente ans, depuis les années 70, a profondément changé.
Paolo Cognetti joue à merveille de son savoir-faire de nouvelliste pour composer un roman-mosaïque original.


REMARQUES :
Dans ce roman de Cognetti on retrouve à nouveau une protagoniste féminine. L’oeuvre consiste de dix « nouvelles-chapitres », qui pourront presque exister de façon autonome, parlant chacune d’une autre période des trente années de vie de Sofia : en commençant dans l’enfance dans une famille bourgeoise qui est normal seulement en apparence, mais à l’intérieur sous le choc. La jeunesse sera marquée par la revolte et aussi des problèmes psychiques jusqu’à une tentative de suicide. Comme adulte, elle trouvera une place au théâtre…

Il s’agit donc d’un registre autre comme le « Garçon sauvage » ou « Les huit montagnes ». Dans chaque chapitre au premier regard on parle même d’une autre personne, mais toujours des environs autour de Sofia. Parfois elle ne semble même pas apparaître pendant des pages. Procédé étonnant !? Puis j’ai trouvé de plus en plus intéressant de faire connaissance d’une personne par l’intermédiaire d’autres personnes de son entourage, par ce qui a pu la marquer. Cela permet aussi différentes perspectives sur une même donnée en racontant une histoire de deux points de vue.

Sofia est à peu près de l’âge de l’auteur, née en 1977. Et ainsi naturellement influencée par diverses facteurs d’origine familiaire et sociétale.
- les parents bien situés selon la façade, mais se disputant toujours. La mère maniaco-dépressive, le père un Workoholic et ingénieur, menant double vie avec une maîtresse.
- les facteurs italien « église » et « Mafia »
- le milieu ouvrier des années 70 entre communisme et pauvreté
- la vie dans les écoles de théâtre, d’acteurs à Rome, puis New York (Cognetti qui connaît bien cette ville!)

Sofia se bloque parfois, se révolte comme fille et adolescente. Elle souffre sous les circonstances de vie, mais montre une tendance farouche de rester indépendante. Dans et surtout à cause de sa « sauvagerie » le lecteur va l’aimer. Elle vit entre ce qui la marque (sans l’avoir choisi) une forme d’intouchabilité et d’indépendance.

Le livre est plein de « bonnes observations » qui méritent qu’on s’en souvient. Un bon auteur déjà dans ce premier roman qui a entre-temps confirmé son talent.

mots-clés : #contemporain #famille #identite
par tom léo
le Mar 19 Juin - 12:05
 
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Sujet: Paolo Cognetti
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José Manuel Prieto

Papillons de nuit dans l'empire de russie

Tag contemporain sur Des Choses à lire - Page 2 Prieto10

Le narrateur, un certain J, profite de l’effondrement de l’empire soviétique pour faire du trafic avec l’occident en privilégiant le matériel militaire high-tech : guides laser et googles infra-rouge. Il a bien compris qu’il peut bénéficier d’une plus-value non négligeable sur ce type d’objet peu encombrant, en revanche il risque gros. Il rencontre lors d’une vente un richissime suédois qui lui suggère un autre type de trafic, moins dangereux, celui des papillons. J se lance donc à la recherche du mystérieux yaziku dont le dernier spécimen a été donné au tsar Nicolas II en 1914.
Lors d’un voyage à Istanbul avec son employeur suédois, J remarque dans une boîte de nuit une stripteaseuse et prostituée, une certaine V, une jeune russe qui a voulu fuir son village sordide de Sibérie. Celle-ci lui demande de l’aider à fuir et retourner en Russie (cas classique, le propriétaire de la boîte lui a confisqué son passeport et l’a endettée à vie). Par la suite, J recevra sept lettres de V, lettres sublimes. Pour lui répondre il va lire de nombreuses correspondances de l’Antiquité à nos jours.

Encore un détail : si nous sommes en admiration devant les lettres de Flaubert à Louise Collet, ou celles de Kafka à Milena (et aussi à Felice), pourquoi ne pas imaginer qu’elles ont été inspirées par des lettres de bien meilleure qualité, écrites par ces femmes ? Bien souvent on ne lit ou ne publie que les lettres des écrivains, en majorité des hommes, mais derrière celles-ci – tout comme derrière ce brouillon – se cachent des lettres de femmes, de vraies œuvres d’art, sublimes. Sublimes, il ne me vient pas d’autre mot à l’esprit.


Le livre est donc un roman épistolaire d’un genre nouveau. Le narrateur raconte sa vie avant, pendant et après sa fuite avec V. Le tout s’entremêle de réflexions sur l’existence, de notations sur le temps, les paysages, les scènes du quotidien. Surtout, la poésie est omniprésente.
J’ai été plus particulièrement séduit par l’atmosphère slave qui se dégage du livre, Prieto est cubain mais il a vécu longtemps en Russie ; également ce dialogue particulier qui s’instaure entre Orient et Occident. En effet, le récit oscille entre deux sites, un Istanbul plutôt marqué par l’Orient et Livadia en Crimée où les influences occidentales sont plus marquées. Cependant, ce sont aussi des villes où coexistent des deux cultures, les deux esprits.
En littérature, le mot « papillon » renvoie immanquablement à Nobokov. C’est dans un genre un peu différent que Prieto nous entraîne dans les aventures de J chassant le yaziku dans le delta de la Volga. Mais il a gardé le côté « enchanteur » du maître.
Une très belle lecture et un écrivain à découvrir.  Very Happy

Lorsque mes yeux glissèrent sur son nom, à la dernière page, étourdi par ce que je venais de lire et parce que cette lettre était peut-être encore plus belle que la précédente, je perdis un court instant la pleine conscience du lieu où je me trouvais, immergé dans le plus profond silence, tandis que sa phrase d’au revoir résonnait comme une perle de cristal rebondissant sur les parois d’un coquillage, se déplaçant rapidement dans la spirale de ses cavités.


Un voyage doit se profiler à l’avance dans l’esprit du voyageur comme dans un minuscule polygone, comme dans une chambre de Wilson où l’on étudierait sa trajectoire de particule atomique, où l’on envisagerait l’état de satisfaction qui nous attend sur l’autre rive, l’eau en train de bouillir dans la marmite, le soleil en train de se coucher derrière les arbres, les guides bachkirs discutant à voix basse tout près de toi, dans leur boutique de fortune. Voilà pour ce qui est de l’importance physique de la peau exposée au vent et du soleil derrière les paupières. Mais on notera la nécessité d’un cadre mental, métaphysique, d’une expérience supra personnelle qui nous permette de d’admirer, ravis, les traces des bulles dans la masse liquide, de découvrir des univers confinés entre ces minces parois. Une idée inaccessible et d’apparence fragile, les ailes d’un papillon, un rêve.


A l’intérieur de ces troncs survivaient des forces qui refusaient de se consumer, qui protestaient en émettant des craquements, dans un rapide staccato, ralentissant le rythme par moments pour émettre ensuite des appels à l’aide frénétiques. C’étaient les plaintes des âmes emprisonnées dans les arbres, divinités sylvestres martyrisées par le feu, ou peut-être, pensais-je tout à coup, les cris de joie qu’elles poussaient en s’élevant vers le ciel, libres enfin. Avant de se mêler au reste du troupeau des âmes, elles devaient avoir averti mon autre moitié errante, l’importunant l’espace d’une seconde dans un bar de Linz en Autriche.


Pour ma part, je n’avais aucune raison de m’inquiéter, mais comme je la regardais, droit dans les yeux, tout en l’écoutant parler de mode (son rêve était de devenir mannequin, m’avait-elle dit) je pus voir la peur voiler son regard, la solution aqueuse de ses yeux se cristalliser soudain, se précipiter et tomber lentement comme des flocons de neige.


mots-clés : #contemporain #correspondances #polar #voyage
par ArenSor
le Lun 18 Juin - 18:31
 
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Sujet: José Manuel Prieto
Réponses: 8
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Laura Kasischke

Et j'avais lu aussi:

A moi pour toujours

Tag contemporain sur Des Choses à lire - Page 2 51vges10

J'imagine Laura Kasischke, cette belle jeune femme épanouie et sûre d'elle que j’ai vue à la télé la semaine dernière, s'asseyant devant sa machine à écrire ou son ordinateur, considérant belle sa vie aboutie, correspondant plus ou moins au rêve qu'elle en avait fait quand elle avait 20 ans, réalisant avec effroi que cela pourrait être précaire, qu'il y a peut-être des zones d'ombre et fragilité, que le danger rôde, et décidant de l’illustrer dans un roman. C'est plutôt beau, non. D'ailleurs je me reconnais assez en elle, et comme elle, à l’heure où mes enfants quittent un à un le foyer , je me rends compte qu’il faut passer à autre chose, les moments de bonheur quotidiens seront là mais seront différents. Et je comprends qu’elle puisse douter.

Seulement voilà, plus démonstratif que ce livre il n’y a pas. Des révélations sur le passé, de personnes qu’on croit connaître et qu ‘on découvre autres que ce qu’ils ont été  pendant 20 ans, (tous, sans exception, à commencer par soi même) , il en pleut de tous cotés, il n’y a pas une personne saine ici et que j’en remette une couche, et quand on croit que c’est fini il y en a encore…
Le démonstratif ne s’arrête pas au déroulé de l’histoire. Il y a la métaphore de l’animal mort (avez vous bien compris comme la vie est cruelle et éphémère, et des fois que vous n’auriez pas compris on les retrouve en topiaires à la fin)) : un lapin, une mouche ; un écureuil, une biche, à croire que les animaux ne sont sur terre que pour nous faire passer des messages. La psychologie des personnages est totalement incohérente, des marionnettes dans les mains de Kasischke

Quant aux rêves (en général je déteste les rêves dans les romans car je ne comprends rien à leurs sens caché) leur métaphore du quotidien est tellement convenue et insipide.. Et pour le sexe, avons nous bien compris la dérive que vit l’héroïne ?

Ce roman n’est pas un œil acerbe porté sur la famille et notre société policée. C’est un délire grand-guignol de Mme Kasischke (c’est çà, l’effet atelier d’écriture ???). Et, à part quelques italiques, j’ai du mal à y retrouver JCO à laquelle on la compare volontiers.

Bon je m’arrête là dans la critique. D’un certain coté l’idée du « ça tient à si peu de chose », du dérapage contrôlé, de la spirale infernale me plaisent. L’idée que les non-dits magistraux de l’épilogue ne sont que l’aboutissement de tous les non-dits anodins de 20 ans de vie partagée. Cette histoire, bien que totalement impossible, est rondement menée, dans un style alerte et chaleureux, qui a su trouver sa propre voix (e ?). Au fil des pages, j’ai vue une sensibilité, un sens aigu de l’émotion, une compréhension de l’interrogation existentielle le qui prend à la gorge à l’heure des bilans, un lien à la nature et aux saisons qui m’ont touchée.

Récup 2012

mots-clés : #contemporain #famille
par topocl
le Lun 4 Juin - 12:05
 
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Sujet: Laura Kasischke
Réponses: 42
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