Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Mar 10 Déc - 23:03

80 résultats trouvés pour contemythe

André Gide

Je n'avais pas fait de commentaires des Faux-monnayeurs, un peu déçu, comme avec Isabelle.

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 51pcok10

Isabelle:

Peut-être le premier Gide qui ne m'a pas tellement emballé. Ca reste très bien écrit, agréable à lire, mais je n'ai pas trop adhéré à cette histoire, ne la trouvant pas très intéressante. Le fantasme sur la peinture d'Isabelle, j'ai trouvé ça peu crédible. Je lis que c'est un récit qui se veut critique du courant romantique, je veux bien... Mais, ce n'est pas une franche réussite à mon avis.




Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 31fpln10

Thésée :

Un récit à la première personne, retraçant la vie du mythique fondateur d'Athènes, Thésée. Connu aussi pour avoir tué le Minotaure, être ressorti du labyrinthe de Dédale grâce au fil d'Ariane, et il a aussi à son actif pléthore de conquêtes féminines (Hélène, Ariane, Phèdre ...).
Ce qui est intéressant, c'est que Gide raconte avant tout sa propre histoire au travers du récit. Il prend des libertés, et utilise les personnages antiques pour étayer les grands thèmes qui ont jalonné sa vie : le désir, la transgression, l'humanité.

Phèdre et Pasiphaé apparaissent principalement comme voluptueuses, il profite des penchants grecs pour les jeunes éphèbes pour révéler ses propres désirs.

Le récit se fait à la fin de la vie de Thésée, comme un bilan. Le bilan de la vie de Gide ? Il lui a fallu 20 ans pour écrire ce récit d'une centaine de pages.

Comme toujours avec Gide, la plume est merveilleusement ciselée. Une qualité rare d'écriture. La pureté au travers d'un style léché. C'est vers la fin du livre, que je l'ai trouvé le plus touchant.

Gide, Œdipe qui parle a écrit:Et d'ailleurs, ce que je voulais crever, ce n'était point tant mes yeux que la toile ; que ce décor où je me démenais, ce mensonge à quoi j'avais cessé de croire ; pour atteindre la réalité


mots-clés : #autobiographie #contemythe
par Arturo
le Sam 19 Aoû - 16:01
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: André Gide
Réponses: 18
Vues: 824

Nikos Athanassiadis

En parlant de Kazantzakis, et en lisant un passage de Malicroix, de Bosco, j'ai songé à cette lecture envoûtante que fût Une jeune fille nue. J'en ai le souvenir d'un rêve d'été, tout empli de sel, et de brise méditerranéenne.

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 Une_j_10

Une jeune fille nue


Quelques mots exhumés :

J'ai pris beaucoup de plaisir avec cette lecture. Ce n'est pas évident de commenter un tel roman. L'auteur est très fort pour nous plonger dans une atmosphère onirique, sans temps morts. La mer méditerranée est omniprésente, avec ses merveilles et ses exigences. Etre sensible à cet univers m'a permis d'adhérer complètement au récit, toutefois je suis certain que les "terriens" seront aussi happés par cette histoire où se mêle réalité, contes et légendes.
(pas facile de tomber amoureux d'une Sirène...   Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 3123379589  )


mots-clés : #contemythe
par Arturo
le Mar 15 Aoû - 19:50
 
Rechercher dans: Écrivains Italiens et Grecs
Sujet: Nikos Athanassiadis
Réponses: 1
Vues: 744

Oscar Wilde

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 51fezt10

Le prince heureux et autres contes

Originale : The Happy Prince and other tales

Une statue dorée qui pleure à chaudes larmes, un jeune homme à la recherche D'une rose rouge pour séduire celle qu'il aime, un géant qui ne veut pas que les enfants jouent dans son jardin.

Sous ce titre se dévoile un recueil de cinq contes dans les Oeuvres complètes d'Oscar Wilde et dans la première édition en anglais (mais pour sûr : i y a des nombreuses éditions!) :

Le prince heureux
Le géant égoïste
Le rossignol et la rose
L'ami dévoué
La Fusée remarquable


Pour moi une vraie découverte ! Peut-être on garde quelque part dans la tête l'image d'un auteur un peu « sulfureux », mais qu'est-ce qu'on sait ? Apprenant un peu plus de sa vie, et surtout lisant ces contes pour jeunes et ...vieux, on pressent derrière les façades d'un Dandy un homme en recherche, profond et aimant.

Je ne vais pas résumer encore plus le contenu de chaque histoire, mais mentionner ce qui m'a frappé. Ces petites pièces ont certes un caractère de « conte », avec des répétitions, des motifs-clé etc. Mais pourtant ils me semblaient aussi particuliers :

- la « méchanceté » des mauvais n'est pas facile à cerner par des critères de l'agir. Mais tous se démarquent par leur snobisme, leur sentiment absolu de supériorité et d'immense sagesse. Ils manquent toute forme de modestie, voir d'humilité. Et ainsi ils font fausse route et ratent la vérité, et leur propre vérité.

- les caractères « bons » sont marqués pas juste par un désir de bonheur personnel ou la recherche de fortune, mais marqués par le don de soi. Celui-ci peut aller jusqu'à donner sa vie, et de consentir de souffrir pour un autre. Pour moi ceci n'est pas juste un vœux pieux, mais reconnaît la souffrance comme réalité. Vue réaliste qui ne tait pas qu'il n'y a pas toujours un happy-end rose.

- ces actions ont un caractère de don et d'une certaine invisibilité, d'inutilité. Parfois elles sont mêmes pas reconnues, acceptées.

- mais reste à dire que dans tout cela Wilde est un narrateur extraordinaire et drôle qui sait attirer la sympathie du lecteur.

Splendide !


mots-clés : #contemythe
par tom léo
le Jeu 29 Juin - 22:32
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langues anglaise et gaéliques
Sujet: Oscar Wilde
Réponses: 26
Vues: 1027

José Marti

La Edad de Oro

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 Edad0010
couverture de Armando Quintana Gutierrez

L'âge d'or est recueil de volumes contenant des poèmes, des essais et des contes pour enfants de José Marti, je n'en possède qu'une partie celle des contes pour enfants. Ce sont de fait six contes :
-Menique
-Bébé y el senor Don Pomposo
-Nené traviesa
-El camaron encantado
La muneca negra
- Los dos ruisenores

--Le livre que je possede est écrit en espagnol, en me le donnant  mon ami cubain m'a précisé aimer tout particulierement Menique et El camaron encantado.
Il est bon de savoir que l'éducation des enfants était un des sujets de prédilection de José Marti
"Le maître qui va enseigner à la campagne doit, pour pouvoir faire oeuvre véritablement fructueuse, bénéficier d'une préparation adaptée aux besoins du paysan, riche d'une connaissance intuitive et empirique, différent de l'homme de la ville".

Il voulait inculquer les principes moraux, les techniques d'acquisition du savoir et le civisme, les connaissances pratiques.

"L'éducation commence avec la vie et ne prend fin qu'avec la mort ... l'esprit ne cesse d'évoluer et va s'enrichissant et se perfectionnant au fil des ans".

Je n'ai lu pour l'instant que le premier conte, on y decouvre des mots peu ou pas du tout usités tel "hominicaco" pour petit homme, "macacuelo" diminutif de macaque etc..etc.. ces adjonctions induisent la richesse de la langue utilisée et la volonté d'utiliser un langage parlant pour toucher les enfants sensibles aux intonations de la langue...
Menique relate les aventures de trois frères dont le père paysan pauvre ne pouvait plus assurer la survie, Comme chez nous dans l'histoire du petit poucet c'est le plus jeune qui va résoudre les problèmes et sortir la famille de la misère...


mots-clés : #contemythe
par Chamaco
le Dim 25 Juin - 16:55
 
Rechercher dans: Écrivains d'Amérique Centrale, du Sud et des Caraïbes
Sujet: José Marti
Réponses: 6
Vues: 924

Marion Zimmer Bradley

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 Dame-d11

Résumé:

La légende du roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde n'avait, depuis longtemps, inspiré un roman d'une telle envergure, d'un pareil souffle. Merlin l'Enchanteur, Arthur et son invincible épée, Lancelot du Lac et ses vaillants compagnons, tous sont présents mais ce sont ici les femmes qui tiennent les premiers rôles: Viviane, la Dame du Lac, Ygerne, duchesse de Cornouailles et mère d'Arthur, son épouse Guenièvre, Morgane la fée, sœur et amante du grand roi...
Cette épopée envoûtante relate la lutte sans merci de deux mondes inconciliables, celui des druides et des anciennes croyances défendant désespérément un paradis perdu et celui de la nouvelle religion chrétienne supplantant peu à peu rites et mystères enracinés au cœur de la Grande-Bretagne avant qu'elle ne devienne l'Angleterre.


Commentaire :


Après ma récente aventure entre les lignes de « L’enchanteur » de Barjavel, je repars dans la découverte et redécouverte de la légende arthurienne, ou plutôt d’une de ses réécritures. Mythe intemporel basé sur des écrits moyenâgeux, d’abord sous la plume de moines puis d’écrivains qui l’ont enrichi, il avive mon intérêt tant personnel sur les peuples celtes, leurs croyances et le basculement entre celles-ci et leur écrasement par la chrétienté, que professionnels sur la fonction du mythe et ce qu’il véhicule.

Dans ce premier tome, introduit par une fée Morgane à un âge avancé de la vie et porté tout du long par des voix de femmes (Ygerne, Viviane, Morgane, Guenièvre), nous entrons pas à pas dans les méandres de la légende arthurienne. Appuyé sur une vision féminine, ce récit semble par là même restituer une place aux femmes à une période où la vénération de la Déesse, et par elle-même du féminin, appartenant aux rites ancestraux celtiques vient peu à peut-être attaqué par la chrétienté et son idéologie.  Celle-ci en effet prône l’adoration d’un Dieu unique plutôt que de multiples,  et transforme la place et la vision de la femme dans la société qui devient porteuse de la responsabilité de l’infamie du péché. Au travers des pages, nous assistons en effet à la confrontation des rites ancestraux celtes et des valeurs religieuses chrétiennes, avec l’émergence de la prépondérance de cette dernière et la tentative d’éradication des anciennes croyances relayées à la place de rites païens et du démon. Dans cet affrontement, Arthur se situe un temps dans la délicate place de maintenir les deux croyances vivantes avant de se laisser convaincre par les arguments de Guenièvre et d’abandonner la bannière du dragon, symbole des anciennes croyances. On retrouve là une sorte de mythe d’Adam et Eve et du serpent, et une femme encore rendue à l’origine d’un choix capital non sans conséquences sur l’avenir. Nous assistons à l’émergence d’une religion et de son intolérance, et au déclin d’autres croyances.

D’une harmonie avec la nature, et d’une perception de la sexualité peu entravée telle que vécue sur Avalon et par les peuples anciens, nous assistons à l’émergence de la notion de péché qui apparaît clairement dans le déploiement du triangle amoureux constitué de Arthur, Guenièvre et Lancelot, source du sentiment par celle-ci d’être maudite et de ne pouvoir enfanter qui l’amène à solliciter d’Arthur le reniement des anciennes croyances, et lui à y accéder.  
Mais cette sensée « malédiction » ne commence-t-elle pas bien avant ? Arthur et Morgane, demi frères et sœurs, sont en effet objets de manipulations sous couvert de rites ancestraux et de tentative de pérenniser les croyances ancestrales de manière « politique » ; on leur fait en effet sciemment commettre l’inceste, les utilisant comme de simples pions.  

Et la place des femmes, si importante à Avalon, n’est-elle pas elle-même un ersatz de ce qu’elle pourra être par la suite, sous la chrétienté : adulées certes, mais empêchées de vivre vraiment, tenue à une vie de sacrifice dévouée corps et âmes à la Déesse
Je passe ici les aspects de malversations, jalousies et rivalités frères / sœurs , guerres, etc… Même si, un autre point d’interrogation et d’intérêt me semble historique : à quelle période réellement et sur quel terrain apparaît ce mythe, et q’esu ce qu’il vient tenter de mettre en élaboration ainsi.
Mais ceci reste un autre épisode, et il me reste avant d’avancer sur les idées que cela m’inspire à lire le second tome pour avoir une vision globale de ce mythe, si approchant en certains points de celui d’Oedipe.


mots-clés : #moyenage #conditionfeminine #contemythe
par chrysta
le Ven 16 Juin - 15:22
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Marion Zimmer Bradley
Réponses: 1
Vues: 306

Stanislas Lem

Des souvenirs de lecture pour ouvrir ce fil :

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 Stl-ci10

Contes inoxydables

quatrième de couverture a écrit:Écoute, petit robot : il était une fois une noble princesse dont la beauté éclipsait tous les joyaux de la Couronne. Mais la démence s'était infiltrée dans ses électro-circuits et, aux purs chevaliers de titanium et d'airain qu'on lui proposait en mariage, elle préférait ces êtres flasques, vaseux et vénéneux de l'espèce marmaloïde, ces ratages de la création qu'on nomme les blêmards et qui vont, ballant et clapotant, sur une planète appelée Terre. De ce qu'il en advint et de bien d'autres merveilles, tu sauras tout en lisant les Contes inoxydables de l'inénarrable Stanislas Lem.

Présentation un peu surprenante qui laisse présager d'une lecture assez festive non ?

C'est bien de contes qu'il s'agit. De petites histoires pleines de malice dans lesquels l'imaginaire et d'éventuelles leçons tiennent le haut du pavé. La plupart des histoires de rois qui règnent sur des mondes que nous peinons à concevoir mais qui offrent assez de ressemblances pour qu'on s'y sente comme chez nous.

Des contes donc, très attachés à leurs formes de contes avec de belles entrées en matière, ce qu'il faut de répétition, il y a souvent plusieurs protagonistes qui y passent avant que l'un triomphe des épreuves. Par exemple les conseillers d'un souverain "exigeant". Et des conclusions à l'avenant assez belles  et surprenantes avec toute l'élégance de ne pas donner dans le twist improbable.


Et tout ça dans un monde ou l'humain, pardon le blêmard, est le plus souvent absent ou relégué en arrière plan. Ce n'est pas même du steam punk malgré tout l'amour de la machinerie fantastique qui est déployé dans ces histoires. Non, ce sont des contes, avec la volonté du conte dans une espèce de moyen-âge sans âge passé à l'échelle d'un univers et avec des limites physiques abolies par le même coup et avec des possibilités de représentations très "sciences physiques" qui échappent à l'entendement. Lumières, planètes, matière, anti-matière, avec quelques beaux assemblages de mots qui colorent les pages d'un baroque sympathique.

Avec l'étiquette SF je ne m'attendais pas à lire à ce point des contes dans tout ce que le conte a de traditionnel, et ils sont bien écrits. Et cette science-fiction différente très futuriste par un pouvoir et une immédiateté de la science (avec ses limites qui ne sont pas du côté du progrès) ça me rend très curieux de lire autre chose. 

Étonnant. Shocked

(Souvenir téléporté d'une dimension parallèle).


mots-clés : #contemythe
par animal
le Mar 13 Juin - 22:27
 
Rechercher dans: Écrivains d'Europe centrale et orientale
Sujet: Stanislas Lem
Réponses: 5
Vues: 367

Pascal Hachet

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 97822910

Les mythes, mensonges peut-être, mais mensonges indispensables ! Cette étude est destinée à montrer que si le mythe comporte un contenu qui peut faire l'objet d'interprétations, d'une part ce contenu n'est pas toujours sexuel, d'autre part le mythe est avant tout porteur d'une fonction pour une communauté humaine : une fonction de symbolisation. Avec des succès divers, le mythe aide les individus à assimiler les expériences difficiles et participe à la genèse et à l'équilibre des liens sociaux.



Selon l’auteur, à partir de Périclès, les mythes ne furent plus pris de manière littérale et on a tenté d’en trouver des significations, les réduisant à des énigmes à résoudre. La psychanalyse n’a, pour la plupart des auteurs, pas dérogé à cette investigation. Or, ne concevoir le mythe que de cette manière, et le penser comme issu uniquement de logiques désirantes organisées par le complexe d’Œdipe et ses vicissitudes revient à occulter la part d’expérience sociales dont il relève. L’auteur va reprendre et critiquer le positionnement de Freud à ce propos, dont il relève comment celui-ci a eu à faire avec sa propre histoire et ses propres dénis pour ne  penser le mythe que dans un sens.  Il évoque aussi  la perception de quelques  autres analystes ayant traité des mythes.

Pour Hachet, il y a 4 temps de l’investigation psychanalytique du mythe
- Premier temps : le mythe figure le complexe d’Œdipe et ses aléas.
- Second temps : il figure d’autres formes de vie psychique, dont le principe de plaisir et
            de réalité et le réel traumatique
- Troisième temps : il sert à élaborer les conflits endopsychiques, notamment liés au
            aléas du complexe oedipien
- Quatrième temps : il aide à élaborer les expériences vécues

L’étude ne se limite plus à la « symbolique » des contenus, mais prend en compte leur « ossature opératoire ». Outre la dimension figurative, qu’il ne s’agit pas d’abolir mais dont il est nécessaire de minimiser l’importance, les recherches intègrent désormais la fonction symbolisante du mythe.

Pour Hachet, certes le mythes est un mensonge, mais il est nécessaire, il ment par nécessité.              Il est un « mensonge indispensable grâce auquel les membres d’une communauté font de façon progressive face aux expériences éprouvantes qu’ils ont partagées. » En effet, les expériences que nous vivons (individuellement, familialement et collectivement) ne sont pas assimilables immédiatement, il faut un temps variable pour se les approprier. Lorsqu’une expérience vécue difficilement survient, un mythe va apparaître dans le temps entre la non acceptation de ce qui s’est passé et son introjection. Il disparaît lorsque la réalité de l’expérience est admise. Pendant ce temps il se crée un clivage du Moi plus ou moins durable, donc une part du Moi conserve l’expérience qui va être méconnue de l’autre partie et déniée.                                     Si, même avec du temps, l’acceptation ne peut se faire, le mythe se fige dans le récit qui en est fait et les rites associés. Cela peut aller jusqu’à l’obscurantisme.

Hachet va distinguer au fil de soin livre une évolution des mythes : naissants, à maturité, sur le déclin.  

Il va aussi présenter différents types de mythes : cosmogoniques, eschatologiques, de l’au-delà, mythes liés à des expériences extraordinaires (catastrophes naturelles, acculturations et colonisations, massacres, guerres, mutations sociales, système d’éducation pathogène, événements anciens)

Il va décliner les facteurs favorisants ou inhibants et évoquer l’articulation entre mythes familiaux, collectifs et individuels.

Il évoquera vers la fin plusieurs mythes, certains anciens, d’autre modernes.

A différents lieux de cet écrit il va s’appuyer sur la Shoah, la déportation, la collaboration, les profanations de tombe, … pour exemplifier son récit et son analyse. Ce ne sont pas les seuls types d’exemples cités mais je dirai qu’ils ont la part belle dans ce livre.

Pour moi, cet ouvrage a été riche par son ouverture de la pensée du mythe d’une manière un peu différente. Cela a permis de percevoir de nouvelles manières de le penser.
Je reprocherai parfois à l’auteur de rester trop succinct, de ne pas suffisamment développer ses exemples (sauf certains qui ont été bien fouillés). Un livre court avec beaucoup d’informations mais parfois trop exhaustif.
En tous les cas il est une base à la réflexion supplémentaire, notamment sur l’utilisation thérapeutique possible des mythes, mais aussi sur les mythes qui peuplent le quotidien de tout un chacun (notamment mythes familiaux et individuels)


mots-clés : #contemythe
par chrysta
le Mer 17 Mai - 17:49
 
Rechercher dans: Sciences humaines
Sujet: Pascal Hachet
Réponses: 18
Vues: 494

René Barjavel

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 Images40

Qui ne connaît Merlin ? Il se joue du temps qui passe, reste jeune et beau, vif et moqueur, tendre, pour tout dire Enchanteur. Et Viviane, la seule femme qui ne l'ait pas jugé inaccessible, et l'aime ? Galaad, dit Lancelot du Lac? Guenièvre, son amour mais sa reine, la femme du roi Arthur ? Elween, sa mère, qui le conduit au Graal voilé ? Perceval et Bénie ? Les chevaliers de la Table Ronde ? Personne comme Barjavel, qui fait le récit de leurs amours, des exploits chevaleresques et des quêtes impossibles, à la frontière du rêve, de la légende et de l'Histoire. Dans une Bretagne mythique, il y a plus de mille ans, vivait un Enchanteur. Quand il quitta le royaume des hommes, il laissa un regret qui n'a jamais guéri. Le voici revenu.



Barjavel revisite avec « L’enchanteur »la légende du roi Arthur et de ses chevaliers, nous faisant rencontrer alternativement plusieurs protagonistes de la légende, et développant essentiellement un thème qui semble émailler plusieurs de ses romans : l’amour. Ici, il s’agira notamment de celui de Merlin et Viviane, Lancelot et Guenièvre, Benie et Perceval …. Et d’autres, que ce soit pour aborder des amours déçus, des amours tragiques, des amours  non partagés…
Le fil rouge y est aussi la question du Graal et de sa quête, fondée sur la pureté de celui qui soulévera le voile et sur comment Merlin tente de trouver ce fameux chevalier qui sera l’élu.

Un livre de près de  pages qui ne m’a pas enchantée particulièrement et que j’ai même trouvé particulièrement long à certains moments. Peut-être la faute à cette succession de rencontres avec maints personnages auxquels on ne s’attache pas vraiment, et que l’on ne cesse de perdre et retrouver de manière rapide et abrupte.

Ce livre, aurait un intérêt éventuel pour une analyse à propos des idées véhiculées sur le bien et le mal, que ce soit au travers de personnages ou d’actions, sur la notion de pureté, de Dieu, sur la place de la femme, etc … mais l’ayant abordé comme un livre détente, je ne me suis pas laissée aller à cette analyse et, finalement, je crois que ne réussissant pas à vraiment accrocher, j’ai surtout tenté de le finir …


mots-clés : #contemythe
par chrysta
le Sam 22 Avr - 20:27
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: René Barjavel
Réponses: 8
Vues: 437

Alphonse Daudet

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 75586810

Les lettres de mon moulin

Ce n'était pas trop tôt cette (re)lecture (après je ne sais plus quoi il me fallait respirer un peu). Daudet narrateur, provençal devenu parisien redevenu provençal raconte quelques histoires, les siennes ou des histoires entendues, des histoires du pays quoi.

Ce n'est pas toujours bien joyeux et quelques drames quotidiens font une belles couleur de fond. Il ne faut quand même pas oublier qu'on s'amuse assez souvent et que les bêtes et autres sont causes de petites leçons bien méritées et pas piquées des vers.

Au fil de ces lettres on trouve quand même d'autres choses, surtout ce qui est à l'image de celle qui nous raconte un sous-préfet qui prépare son discours avant de... il faut dire que quand les petites fleurs et les petites bêtes de la forêt sont de la partie il y aurait de quoi !

Il y a cette pointe de fraîcheur, de lâcher prise, les souvenirs de pas grand chose, d'ombres et d'orangers, rien que deux lignes d'une saison et on y est. Quand il nous emmène chez des amis c'est un peu pareil.

C'est encore que ces ailleurs qui apparaissent, cette Provence, sont à mi-chemin entre une grande tentation parisienne (car il y a des lettres parisiennes) et des contrées plus lointaines (car il y a des lettres de Corse et d'Algérie). En même temps et un peu par là on plonge aussi dans le temps, des histoires sans âges et des traces de modernité. A force et malgré quelques inégalités il est difficile de ne pas trouver au fil des pages une espèce de refuge en ce moulin.

Simple et chaleureux donc et avec les bienfaits de très jolies phrases (et sans doute plus d'une pour chaque saison) !

C'est curieux et c'est bien chouette.


A noter aussi, ça ne gâte rien, la bien bonne présentation de Daniel Bergez en folio classique.


Extrait de la lettre Les Oranges, une de celles qui fait voyager de Paris à la Corse en passant par l'Algérie, la coupe au milieu n'est pas si petite. J'ai d'abord recopié la deuxième partie, et puis me suis dis que ce serait dommage de ne pas donner le début avec, le contraste, le voyage, mais aussi l'allègement du ton, elle est très chouette celle-là :

A Paris, les oranges ont l'air triste de fruits tombés ramassés sous l'arbre. A l'heure où elles vous arrivent, en plein hiver pluvieux et froid, leur écorce éclatante, leur parfum exagéré dans ces pays de saveurs tranquilles, leur donnent un aspect étrange, un peu bohémien. Par les soirées brumeuses, elles longent tristement les trottoirs, entassées, dans leurs petites charrettes ambulantes, à la lueur sourde d'une lanterne en papier rouge. Un cri monotone et grêle les escorte, perdu dans le roulement des voitures, le fracas des omnibus :
- A deux sous la Valence !
(...)
Une nuit, pendant que j'étais là, je ne sais par quel phénomène ignoré depuis trente ans cette zone de frimas et d'hiver se secoua sur la ville endormie, et Blidah se réveilla transformée, poudrée à blanc. Dans cet air algérien si léger, si pur, la neige semblait une poussière de nacre. Elle avait des reflets de plumes de paon blanc. Le plus beau, c'était le bois d'orangers. Les feuilles solides gardaient la neige intacte et droite comme des sorbets sur des plateaux de laque, et tous les fruits poudrés à frimas avaient une douceur splendide, un rayonnement discret comme de l'or voilé de claires étoffes blanches. Cela donnait vaguement l'impression d'une fête d'église, de soutanes rouges sous des robes de dentelles, de dorures d'autel enveloppées de guipures...



(récup arrangée).



mots-clés : #contemythe #nouvelle
par animal
le Mar 4 Avr - 22:29
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Alphonse Daudet
Réponses: 1
Vues: 250

Ilya Stogoff

Le livre blanc

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 Gfdwfg10

J'ai bien aimé. Moins que mASIAfucker mais bien apprécié malgré tout.
Court mélange de récits qui sont en fait des histoire et contes fantastiques propagées par des tribus sibériennes. On ne connait pas la véracité de ces contes ni s'il s'agit plutôt d'un délire du romancier.
Histoires passionnantes et dépaysantes elles peuvent aussi présenter un certain caractère horrifique.
Le style est toujours aussi plaisant, très brut, très direct, très représentatif de la littérature contemporaine russe en somme.
Petit bémol trop de personnages empêchent une compréhension facile et l'organisation de l'histoire est parfois chaotique, c'est voulu certainement mais il faut parfois s'accrocher.


mots-clés : #contemythe #fantastique
par Hanta
le Jeu 23 Mar - 19:28
 
Rechercher dans: Écrivains Russes
Sujet: Ilya Stogoff
Réponses: 2
Vues: 357

Kazuo Ishiguro

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 41t1c010

Le géant enfoui


Original : The buried giant (Englisch/UK, 2015)

CONTENU :
Les Romains sont disparus depuis longtemps et la Britannie décline. Au moins les guerres entre Britanniques et Saxons semblent avoir céssé. Ce nouveau roman d'Ishiguro se situe en proximité du Roi Arthur décédé, dans un monde de chevaliers errants, de dragons et d'ogres. Deux Britanniques, Axl et Beatrice, se décident à partir en quête de leur fils. Un brouillard étrange d'oubli est sur le pays et leur recherche cible aussi bien leur fils que la reconquête des souvenirs. Vers où est-ce que cela les menera ?

REMARQUES :
Le lecteur des œuvres d'Ishiguro est surpris (ou justement pas) : à nouveau le Britannique d'origine japonais change complètement le registre. Après des romans historique, absurde, aestetique, detective ou dystopique, il change ici le cadre et le genre, apparemment. A travers certaines personnes et le cadre choisi, on peut se croire dans un prolongement des legendes autour du Roi Arthur, voir même une sorte de roman Fantasy avec des chevaliers, des guerriers, des ogres, des dragons… Au même moment nous reconnaissons des élements du style de l'auteur, certains sujets : cette écriture flottante et la place de la mémoire, des souvenirs.

Dans un paysage pauvre Axl et Béatrice, un couple déjà en âge avancée, sont à la maison dans un campement souterrain briton. Derrière leur comportements d'attention, leur affection sensible nous sommes aussi rapidemment amené à constater que quelque chose d'innommables se met entre les gens : un nuage, un brouillard d'oubli, quelque chose d'incertain concernant son propre passé et celui de son peuple même. Juste des morceaux de souvenirs atteignent ces gens, comme si leur propre identité leur reste caché. Alors dès les premiers pages nous sommes devant des questions du lien entre souvenir et identité ! Mais avant que ne disparaît le tout dans l'oubli complet, le couple vieillissant veut se mettre en route et en recherche de leur fils « perdu ». Et au même moment en quête de leurs propres souvenirs. Mais l'oubli – est-ce que c'est une maladie, un sort jetée ? Ou éventuellement une punition de Dieu, signe de sa lassitude ? Ou un coussin sur lequel se reposer ? Y-t-il une responsabilité de se souvenir ou un droit à l'oubli ?

Sur leur chemin ils rencontrent des personnes diverses, chacun avec sa part de souvenirs, voir même sa tâche là-dedans. Il y a surtout Wistand, le guerrier saxon, parti pour tuer Querig, le dragon. Celui-ci, de son coté, semble lié avec ce nuage d'oubli sur le pays ! Aussi y-t-il Gawain, un chevalier d'Arthur, investi lui-aussi d'une tâche autour du dragon.

Mais je vais pas continuer concernant le contenu du roman. Qui, en entendant certains mots clés, s'attend à un roman de Fantasy ou de combats acharnés sera certainement déçu, car les descriptions de scènes d'actions me semblent un peu lourdes, sans vie, voir sans grand intérêt. Mais il me semble clair que pour Ishiguro l'attention centrale n'est pas là, mais que l'importance est dans les sujets tels que le souvenir et l'oubli de fautes, du passé, aussi bien sur un plan personnel (histoire d'amour entre le couple) que intertribal, entre éthnies différents, ici donc les Saxons et les Britons.

Ici Ishiguro met dans un contexte mythique, mi-historique, mi-parabolique, des sujets importants qui devraient nous interpeller aussi aujourd'hui, et dans ces siècles entamés de génocides et de responsabilités niées et repoussées. Est-ce que notre époque (et peut-être toute l'histoire personnelle et suprapersonnelle?) ne reste pas marquer par l'oubli sur différents niveaux ? Y-t-il une responsabilité de souvenir ? Ou aussi une néccessité d'oubli face aux grandes torts subis ? Est-ce qu'il peut y avoir identité sans souvenir, sans passé avoué ?...

En ce qui me concerne j'étais à nouveau fasciné par la capacité d'Ishiguro de poser des questions essentielles dans une écriture apparemment simple, voir une peu flottante. Celui qui cherche la confrontations avec de telles questions aura de quoi manger ici !

Mais de toute façon je suis peut-être un inconditionnel de cet auteur que j'estime énormement ?


mots-clés : #contemythe #historique
par tom léo
le Jeu 9 Mar - 22:17
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langues anglaise et gaéliques
Sujet: Kazuo Ishiguro
Réponses: 23
Vues: 1030

Yveline Feray

Contes d'une grand-mère chinoise

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 Tylych20

Les six histoires de ce recueil appartiennent aux chefs-d'oeuvre de la littérature chinoise en langue " vulgaire ". En marge du patrimoine classique, se développa un art de conter qui connut dès l'époque Song une vogue extraordinaire, grâce aux talents des conteurs professionnels qui, forts de leur " langue de trois pouces ", n'avaient pas leur pareil pour ravir et captiver leur auditoire.


Héritage intellectuel en langue vulgaire, ces 6 récits remis au goût du jour évoquent le patrimoine des lettrés possédant un art de conter très sophistiqué et très subtil. Alliant folklore et traditions chinoises, c’est avec plaisir que nous épousons les coutumes singulières de cette Asie très colorée aux mythes féeriques.
Choisis parmi tout un panel de contes, feray pourrait rivaliser avec cet auteur merveilleux qu’est Lafcadio Hearn « Fantômes du Japon ». Certes, le folklore diffère, pour autant, nous retrouvons ces mondes captivants et enchanteurs qui ne sont pas si éloignés, même si j’avoue ma préférence pour Lafcadio.
Mélange de sagesse et de spectres très présents dans cette culture ; nous nous plongeons dans cet univers fascinant et onirique, loin de nos coutumes qui paraissent bien ternes.
Chaque récit est une cérémonie élogieuse entrelaçant les mondes imaginaires et les légendes qui font la Chine.

Un coup de cœur affirmé pour cette histoire populaire « Le fou des fleurs ».
_________________


mots-clés : #contemythe
par Ouliposuccion
le Ven 24 Fév - 7:38
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Yveline Feray
Réponses: 4
Vues: 265

Jean de Tinan

Érythrée : les amphores de Phéidas, contes

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 Ertyhr10

J'ai lu l'édition de 1896 fort plus agréable que la réédition qui fut imprimée plus tard. Pour ce faire, il fallut commander une impression auprès de la BNF car il est très difficile de retrouver des exemplaires de ce récit.
Selon une amie, doctorante sur cet auteur la différence de qualité entre l'édition originale et la réédition est telle que cela en vaut la peine.
Il est très délicat de décrire l'histoire de ces contes, qui n'en sont finalement que peu tant la structure peut paraître anarchique.
Il s'agit de Pheidas, dit Pheidas le fou, qui conte à l'un de ses invités homosexuels une histoire d'amour avec une ancienne reine et dirigeante d'armée en pleine conquête.
L'histoire est composée de sept "chapitres" ou "contes" pour le coup, représentant les sept amphores. Chaque conte est un bijou de suggestions sans vulgarité, d'éloge du corps féminin et des passions humaines.
Nous sommes littéralement transportés par les allégories qui constituent le récit et complétement séduit par le style riche mais jamais pédant de Jean de Tinan.
Je vous laisse découvrir par vous-même, c'est court, cela se lit vite grâce au langage particulièrement agréable de l'auteur mais l'on en ressort extatique.

Cet illustre inconnu, ami de Pierre Louys mérite d'être mis en avant.


mots-clés : #contemythe
par Hanta
le Sam 18 Fév - 22:31
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Jean de Tinan
Réponses: 3
Vues: 247

Richard Adams

Watership Down.

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 Images10

C'est une histoire que Richard Adams a inventée puis enrichie au fil des jours pour ses filles, et que celles-ci l'ont poussé à publier. Comme dans toute histoire de ce genre, le manuscrit a été refusé par un certain nombre d'éditeurs avant de connaître un succès international avec plus d'un million d'exemplaires vendus. Cela  a permis à Richard Adams de quitter son poste de ministre de l'environnement et de se consacrer à l'écriture.

Un groupe de lapins abandonne sa colonie, menacée par des promoteurs immobiliers. S'ensuit une longue déambulation à la recherche d'un nouvel emplacement pour  loger sa garenne, avec tout ce qu'il faut de péripéties :  poursuite par les anciens, intempéries, territoires hostiles, prédateurs animaux ou humains… Ils finissent par s'installer à Watership Down, lieu idéal, où ils réalisent enfin que, entre mâles, ils ne vont pas aller bien loin… Il décident de se tourner vers une garenne voisine, qui s'avère un effroyable régime totalitaire. Et c'est reparti : espionnage, infiltration, ruses, combats…

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 Images14


On s'attache très vite aux "personnages" , qui comme il se doit dans ce genre littéraire, sont assez archétypaux :Hazel le chef bon et courageux, son frère Fyzeer vaguement devin dont les prédictions vont mener la trompe, Bigwig le rageux combatif, Pipkin le gentil timide etc... On apprend plein de choses sur les lapins car, s'ils sont doués de la parole,  il s'agit bien de vrais lapins et non pas comme  dans Beatrix Potter d'images de l'homme passant le balai et portant culotte.  C'est tout à fait moral : la   solidarité, l'amitié, la persévérance, l'honnêteté finissent par l'emporter.

Cela se lit avec d'autant plus de sérénité qu'on sait très bien que tout finira bien. Dans le genre littérature convenant aussi bien aux adultes qu'aux enfants,ce récit ne vaut ni  Le seigneur des anneaux, ni l’Iliade et l'Odyssée, dont il n'a pas les mêmes prétentions littéraires, malgré de belles descriptions de nature sauvage anglaise. L'aspect épopée animalière l'emporte nettement sur le fable politique. Mais c'est tout à fait drôle et choupi, sympathique et agréable à lire.

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 Images15


mots-clés : #contemythe #nature
par topocl
le Ven 17 Fév - 9:13
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langues anglaise et gaéliques
Sujet: Richard Adams
Réponses: 4
Vues: 353

Tristan Pichard

Contes traditionnels de Bretagne et Contes traditionnels de la mer,

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 51xfly10 Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 Trad_d10

Des contes qui se lisent rapidement, je n'en connaissais aucun même si on retrouve les thèmes et mythes communs aux contes, surtout ceux sur la matière de Bretagne, (la ville d'Ys, le diable, l'argent, les trésors, l'amour).
J'ai vraiment beaucoup aimé ses contes, et pour cause, ils sont oraux !! Tristan nous parle, nous interpelle, on sort du conte traditionnel mis par écrit "il était une fois".

A présent que je vous ai entretenu de ce qu'il convient de savoir sur ces créatures, je vais vous conter comment j'ai vu, de mes propres yeux, plusieurs d'entre elles.


C'est frais, à "la bonne franquette" si jpeux me permettre. On peut les lire tel quel le soir au coin du feu si on ne possède pas une âme de conteur, et je trouve ça vraiment bien pensé. Une bonne surprise, j'ai bien fait de piquer ces deux petits livres à ma mère !

Voui Nadine, il a une bonne bouille !

mots-clés : #contemythe
par Silveradow
le Dim 12 Fév - 15:13
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Tristan Pichard
Réponses: 2
Vues: 237

Tchinguiz AITMATOV

Il fut un blanc navire

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 51iggp10

À la limite du monde habité, dans les hautes montagnes de Kirghizie, un petit garçon vit seul parmi une poignée d'adultes où le seul être qui l'aime et le protège est son grand-père que nul ne respecte en dépit de son étrange sagesse. Le monde des grandes personnes demeure difficile, irrationnel et injuste. Contre lui, l'enfant se construit deux refuges en forme de légendes : l'une est un antique conte kirghiz, l'autre, entièrement de son cru, est l’histoire d’un blanc navire qu’il voit, du haut de sa montagne, traverser un lac lointain et sur lequel, un jour, il retrouvera son père…

Dans les montagnes du Kirghizstan, près du  lac Issyk-Koul,  la brume des montagnes s’efface sous la plume de Tchinguiz Aitmatov afin que le tableau qu’il nous dessine avec passion de cette vallée prenne toutes ses couleurs, ses formes multiples.
C’est au cœur de son œuvre  que nous prenons bord, au-delà de sa narration, et que nous plongeons  dans cette région splendide,  restée intacte. Aitmatov ne pouvait soupçonner à l’époque que ses descriptions  seraient les plus proches de ce qu’est le Kirghizstan encore aujourd’hui.
C’est en passionnée de cette région que mon regard s’est posé sur le plus bel hommage que cet auteur Kirghiz, amoureux de son pays, nous livre et c’est bien dans le cœur de sa nation qu’il continue de briller tel un héros faisant connaitre aux yeux du monde la beauté de ses contrées et de sa culture qui demeure identique.
Quel merveilleux récit que ces rêves d’enfant  qui finalement  se retrouvent dans le regard de chaque descendant de celui-ci, croisé dans les hauteurs là où la vie toujours reflète en tout point cette différence radicale  entre citadins et nomades. Bichkek la fanfaronne et  la campagne chaleureuse, celle où le temps  semble s’être arrêté en dehors du monde moderne.
Un conte sublime, comme il en existe beaucoup en Asie Centrale, qui rivalise avec le chien jaune de Mongolie, qui s’écoute au coin d’un feu, près d’un samovar bouillant au cœur d’une yourte .Des fragments de rêves, de vie, de fracture sociale , de culture ancestrale  et c’est tout le Kirghizstan qui claironne.

mots-clés : #contemythe
par Ouliposuccion
le Jeu 2 Fév - 7:55
 
Rechercher dans: Écrivains d'Asie
Sujet: Tchinguiz AITMATOV
Réponses: 10
Vues: 829

Lafcadio Hearn

Fantômes du Japon

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 Tylych20

La cinquantaine d'histoires recueillies par Lafcadio Hearn (1850-1904) d'après le folklore japonais révèlent un éventail thématique très ouvert, allant du conte de fées aux histoires d'ogres et de vampires... Mais l'imaginaire japonais ne force pas seulement les portes de la mort, il entrouvre aussi celles de la réincarnation, thème ignoré du folklore occidental, où s'affirme la coloration religieuse qui caractérise le fantastique japonais. Des réincarnations à l'apparence de métamorphoses qui laissent à leurs victimes un espoir immense, à échelle de l'infini dans lequel elles se perdent. Un sentiment de tragique inséparable de l'espoir, telle est la morale que Lafcadio Hearn invite le lecteur à tirer. Comme il l'avait tirée lui-même en trouvant au Japon l'apaisement.


Quelle grâce que ces lignes, quel onirisme autour de ces fables et du folklore japonais. Les fantômes et mythes font  partis d’un paysage, ils sont le tronc qui soutient les feuillages de vie, de croyances, la floraison  légendaire, les germes de l’imaginaire. Le crépuscule de chaque vie ne mène qu’à l’aube de la prochaine, qui ou quoi que nous soyons, le cœur de toute chose a une âme. Une philosophie  honorable, bien loin de nos contes  qui nous délivrent un espoir d’éternité, bien loin de la chambre noire de notre propre interprétation de la mort.

La délicatesse des personnages, leur richesse, leur bonté forcent à la révérence, les mauvais esprits, souvent aux visages féminins d’une pureté époustouflante nous transportent sur le bord de la route, nous promettent  le fabuleux, nous invoquent cette ouverture d’esprit sur cette autre culture.  
Un formidable échantillon d’histoires, au nombre de 50,  qui nous fait voyager au cœur du Japon et de ses traditions.


mots-clés : #contemythe #genocide #mort
par Ouliposuccion
le Mar 31 Jan - 22:46
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langues anglaise et gaéliques
Sujet: Lafcadio Hearn
Réponses: 10
Vues: 526

Amos Oz

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 Produc24

Soudain dans la forêt profonde

Emmanuela l'institutrice leur parla de l'ours, de la respiration des poissons et du cri de la hyène la nuit. Elle accrocha aussi des photos d'animaux et d'oiseaux aux murs de la classe. La plupart des enfants se moquèrent d'elle parce qu'ils n'en avaient jamais vu de leur vie. Ils ne croyaient pas vraiment à l'existence d'autres créatures vivantes. En tout cas, il n'y en avait pas dans les parages. Et comme, en plus, la maîtresse n'avait pas réussi à se trouver un mari, on pensait qu'elle avait une araignée au plafond et des idées farfelues plein la tête, comme tous les solitaires.

Pourtant Nimi y croit, et parle de ses rêves d'animaux aux autres élèves. Mais peut-ont croire quelqu'un toujours dans la lune, perpétuellement enrhumé et avec les dents du bonheur, en plus ? Un jour il part dans la forêt, ce que tous les parents interdisent à leurs enfants car c'est, avec la nuit, une des choses les plus dangereuses, où rôde le sorcier de la montagne. Il revient plusieurs jours après, galopant, grimpant aux arbres et n'arrête pas de hennir  Il a attrapé une hennite ! Maya et Matti, s'interrogent. Leur cache t'on quelque chose ? Ils décident d'enquêter.

Un conte sur les faux-semblants, les non-dits,  les dangers de l'exclusion et la tolérance. Une parenthèse métaphorique, bouillonnante d'idées et enchanteresse ! Vraiment pas les livres que je lis d'habitude, mais qui m'a procuré un certain plaisir. Je ferai peut-être ce genre de pause pour me changer les idées après des lectures qui secouent, chamboulent. Restera à les trouver, ce qui n'est pas une mince affaire pour un néophyte en la matière !

De temps à autre, débarquaient un artisan ambulant, un colporteur ou un mendiant égaré. Personne ne s'attardait plus de deux nuit, car l'endroit était maudit : un étrange silence y régnait en permanence, on n'entendait jamais une vache meugler, un âne braire ou un oiseau gazouiller, les oies sauvages ne sillonnaient pas le ciel vide et les villageois se parlaient à peine, se bornaient au strict minimum. Jour et nuit, on n'entendait que le grondement de l'eau, car un torrent coulait entre les arbres, là-haut dans la montagne. Impétueux, les rives blanches d'écume, il traversait le village de part en part dans un grondement sourd qui ressemblait à un gémissement avant de disparaître dans les méandres des vallées et des forêts.


Les méandres de la mémoire villageoise étaient  pour le moins curieux : des souvenirs que les gens s'évertuaient à conserver leur échappaient parfois pour se dissimuler sous les sédiments de l'oubli. En revanche, les événements qu'ils avaient décidé d'occulter remontaient à la surface. Parfois, ils se rappelaient en détail quelque chose qui n'avait pas vraiment existé. Ou bien un incident qui s'était effectivement produit un jour. Ils en étaient peinés, attristés, mais à cause de la honte ou du chagrin ils décidaient une bonne fois pour toutes qu'ils avaient rêvé. Que c'était le fruit de leur imagination. "Ce n'est qu'un conte", disaient-ils alors à leurs enfants.
Ou encore : "C'était pour rire voilà, tout."
Chez certains enfants, ces histoires éveillaient le vague regret de quelque chose qui s'était probablement passé ici autrefois, ou qui n'avait peut-être jamais eu lieu. D'autres en revanche, ne voulaient rien entendre, ou, quand ils y consentaient, c'était pour se moquer de leurs parents ou d'Emmanuela l'institutrice : on n'avait pas vu d'animaux dans le village depuis si longtemps que la plupart des enfant en avaient déduit que tous ces meuh, ces miaous, ces coin-coin, ces hi-han, ces ouah-ouah, ces grrr, ces croâ-croâ n'existaient que dans l'imagination fertile de leurs parents. C'étaient des superstitions qu'il fallait rejeter pour reprendre enfin pied dans la réalité, car ceux qui vivent de fantasmes ne sont pas comme tout le monde, et qui n'est pas comme tout le monde attrapera une hennite, on le fuira comme la peste et personne ne pourra plus rien faire pour lui.


Merci Pia pour le conseil !

Message récupéré


mots-clés : #contemythe
par Exini
le Mar 24 Jan - 22:03
 
Rechercher dans: Écrivains du Proche et Moyen Orient
Sujet: Amos Oz
Réponses: 8
Vues: 404

NAKAJIMA Atsushi

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 Trois110

TROIS ROMANS CHINOIS

Que dire d'un auteur qui nous introduit dans des univers dont nous ignorons souvent les tenants et les aboutissants.
Qu'il s'agisse de monstres aquatiques, De Confucius et de l'un de ses disciples ou encore une épopée guerrière.

Pourtant, nous ne sommes jamais forcés de savoir qui sont ces personnages. Même à l' intérieur d'un cadre historique. Leur histoire est merveilleusement contée. Et le style est absolument éblouissant.

"Dans l'univers des montres, corps et esprits n'étaient pas ausi nettement séparés qu'ils le sont dans le monde des humains, de sorte que les maux de l'âme se transformaient aussitot en souffrances physiques aigues qui mirent Wujing au supplice.
Enfin, n'en pouvant plus, il prit la décision suivante : "Coûte que coûte, dussé-je être accueilli par des rires et des sarcasmes (au point où j'en suis, que m'importe ?) j'irai trouver chaque sage, chaque médecin, chaque astrologue nichant au fond de ce fleuve, les assiègerai, mendierai leurs enseignements aussi longtemps que je n'aurai pas eu de réponse à mes questions."

Ma pérégrination vers l'Ouest.

Le premier conte, Ma pérégrination vers l'Ouest, met en doute tous les principes de sages et de sagesse, les savoirs et les philosophies.
Voilà une histoire iconoclaste contée avec malice et ironie. Un peu à la manière de Voltaire.
Celui de Candide, ou de Zadig.

"Pourquoi les monstres étaient-ils des monstres et non pas des humains ? En raison d'une forme d'infirmité qui les rendait disgracieux, inhumains, n'ayant jamais  qu'un seul de leurs attributs développé à l'extrême.
Les uns, suprêmement voraces, avaient des bouches et des ventres énormes. Les autres, excessivement luxurieux, présentaient une hypertrophie des organes ad hoc. D'autres encore, excessivement chastes, une complète régression de toutes les parties, hormis la tete....

Ils avaient tous des  caractéristiques bien trop envahissantes pour pour pouvoir se gisser dans d' autres cheminements de pensées que leurs.
Voilà pourquoi, dans les profondeurs du fleuve, des centaines de représentations et de méditations métaphysiques flottaient sans se mélanger entre elles.
On y trouvait l'enchantement du désespoir tranquille, l'inépuisable gaieté, les désirs sans espoir enveloppés de soupris, ondoyant à l'infini telle une forêt d'algues.

Ma pérégriantion vers l' Ouest

Le deuxième conte, Le Disciple, met en scène l'histoire d'un disciple de Confucius, Zilu, Non le plus sage, ou le plus flatteur. Mais à coup sûr, le plus rebelle. Si son admiration pour le Maître est grande, il ne peut s'empêcher de ronchonner contre lui. Le trouvant parfois dépassé quand il est confronté à la réalité brute.

Un jour Zilu rencontre un vieil homme qui se moque de son Maître. "Un bavard constamment à la recherche patiente de la Voie"..

Sur le parcours de Xu à She, Zilu s'était laissé distancer par ses compagnons. Il cheminait seul au milieu des champs, lorsqu' il croisa un vieil homme qui portait un panier d' osier. Il le salua sans cérémonie, lui demandant s'il n'avait pas vu le Patron (Confucius).
Le vieillard s' arrêta net.
"Patron... Quel Patron ? Je ne comprends même pas de qui tu me parles ! répondit sèchement, et avec un rire de mépris, après l'avoir toisé des pieds à la tête :
"A ce que je vois, tu es de ces gens qui passent leurs journées à disserter dans le vide sans se soucier de la réalité, ni de bouger les pattes."

Ensuite, il entra dans le champ voisin et sans un regard en arrière, tchac, tchac, il se mit à couper l'herbe. Zilu pensa qu'il pouvait s'agir d'un ermite... Puis le vieillard regagna le chemin en silence, puis il amena Zilu chez lui, déjà le soir tombait. Il tua un poulet, prépara du millet pour son souper ; lui présenta ses deux fils.
Après le repas, il attrapa une cithare et joua. Ses deux fils chantèrent à l' unisson.

En dépit d'une pauvreté bien visible, l'abondance et la paix régnaient dans ce foyer. Comment rester insensible aux étincelles de sagesse qui pétillaient par moments sur les mines réjouies du père et de ses enfants...

Au matin, Zilu fit ses adieux et repartit d'un bon pas. Chemin faisant, il comparait Confucius et le vieil homme.
Non, la clairvoyance de Confucius n'avait rien à lui envier.

Le Disciple

Et Zilu, le bouillonnant Zilu, ne peut s'empêcher de penser que le "patron" est le champion du "juste milieu". Cela ne l'empêche pas pas d'admirer son maitre pour ses justes qualités et son intelligence. Et il volera à son secours quand il sera menacé.

Le couple Zilou/Confucius fait penser à celui formé par Don Quichotte et Sancho Panza. A ceci près que Confucius ressemblerait davantage à Sancho et Zilu à Don Quichotte.
Zilu mourra en volant au secours de son maître qui, en l'apprenant, "tomba en larme".

Enfin, Li Ling est un récit épique dont l'ampleur, la beauté descriptive et picturale font penser au grand Kurozawa, le cinéaste.
On pourra noter encore une fois le regard critique que Nakajima Atsushi  jette sur le népotisme et la cruauté des empereurs chinois -et ce récit recoupe celui de Colin Thubron (que je lis en ce moment), à propos de l' empereur des Tang, Xuan-zong,  qui tyrannisa le pays pendant 40 ans-
Ce récit est aussi une leçon contre le racisme ordinaire et qui devient en période trouble, dogme d'état.
"Le barbare c'est toujours l'autre". L' ennemi, celui qu' on va combattre. Le refrain n' a jamais changé là dessus.

Quand on déshabille les apparences, il ne reste plus aucune différence.

Coup de chapeau à Véronique Perrin, la traductrice.

Message récupéré


mots-clés : #contemythe
par bix_229
le Lun 9 Jan - 19:33
 
Rechercher dans: Écrivains d'Asie
Sujet: NAKAJIMA Atsushi
Réponses: 5
Vues: 459

Alice Albinia

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 3 97823311

Le livre de Leela

C'est bien à contre coeur que Leela, riche indienne exilée aux Etats-Unis, revient en Inde pour le mariage de la nièce de son mari. Pour cette femme, le déchirement est double : devoir remettre les pieds sur un sol natal qu'elle avait juré ne jamais revoir, et assister à l'union de cette nièce avec le fils de Vyasa Chaturvedi, homme haï entre tous. Très vite, l'on comprend que Meera, la soeur disparue de Leela, est au coeur d'un drame familial qui, tout au long du roman, n'en finira pas de nous dévoiler ses multiples ramifications.

Ce livre est donc avant tout une histoire familiale, avec ses personnages attachants et son lot de drames, de bonheurs et de rebondissements. Néanmoins, cette saga n'est pas non plus tout à fait comme les autres... Ce n'est en effet pas un hasard si les liens tissés entre les familles Sharma et Chaturvedi ressemblent étrangement à ceux qui unissent les Pandava aux Kaurava dans la célèbre épopée du Mahabharata : Leela est en fait l'une des incarnations d'un des personnages…

Selon la légende, Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, rédigea le Mahabharata sous la dictée du scribe Vyasa. Alice Albinia, partant de l'hypothèse malicieuse que la genèse de l'oeuvre fut quelque peu différente de la version officielle, en a imaginé une variation aussi ludique qu'inventive.
Ganesh intervient rarement dans le roman, contrairement à ce que pourrait laisser penser la quatrième de couverture. Ses apparitions sont autant d'interludes savoureux, monologues d'un Dieu dépassé par ses propres personnages et qui tente, au fil de leurs incarnations successives, d'infléchir le cours de destins qui, toujours, semblent lui échapper. Mais les Dieux ont pour eux le temps, et la patience…

Alice Albinia a séjourné plusieurs années en Inde. Ce pays, elle l'aime et elle le connaît bien. Le roman traite donc, sans toujours avoir l'air d'y toucher, de nombreux thèmes d'actualité parfois brûlants dans ce pays en pleine mutation : dérives nationalistes et délires génétiques des partis d'extrême droite, question de l'Histoire et des racines, homosexualité, querelles de castes et de religion, corruption policière…  Il y a de la matière ! Mais justement, peut-être Alice Albinia a t'elle voulu trop en dire. Malgré la longueur du texte, certaines péripéties m'ont paru superflues, ou traitées de façon superficielle.
De même, à trop vouloir lier les familles Sharma et Chaturvedi, Alice Albinia a parfois cédé à la facilité, surtout vers la fin du roman. Si l'on pardonne volontiers quelques "grosses ficelles" à nos épopées millénaires, c'est moins le cas quand il s'agit d'un roman actuel...

Pour autant, j'avoue que je n'ai pas boudé mon plaisir, et que j'ai dévoré ce livre de pure détente en quelques jours, embarquée par le réel talent de conteuse d'Alice Albinia, qui nous propose là un inventif roman hybride, entre saga familiale de facture classique et récréation sur le thème du Mahabharata.


PS : S'il n'est absolument pas nécessaire d'avoir lu le Mahabharata pour apprécier ce roman, je conseille toutefois d'en parcourir un résumé, histoire de ne pas manquer certaines savoureuses allusions.

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #contemythe #famille
par Armor
le Lun 9 Jan - 5:17
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langues anglaise et gaéliques
Sujet: Alice Albinia
Réponses: 4
Vues: 358

Revenir en haut

Page 3 sur 4 Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

Sauter vers: