Des Choses à lire
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Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

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53 résultats trouvés pour criminalite

Francisco Goldman

Circuit intérieur

Tag criminalite sur Des Choses à lire - Page 3 51ltq310

J'avais  lu et aimé Dire son nom, ce magique chant de douleur d'un veuf effondré.
Dans les premières pages de Circuit intérieur, Francisco Godman est peut-être un petit moins éploré, mais la plaie reste là, béante. Il atteint le moment où il aura vécu autant  d’années comme amant illuminé que comme veuf. Est-ce le moment pour franchir un pas ? Il va le tenter faisant le pari de circuler dans Mexico, la ville d'Aura dont il souhaite s'imprégner,  lui, le conducteur débutant et  pusillanime . Il tente le bain de jouvence dans cette ville bigarrée, pleine de vitalité mais aussi de violence et de chaos. On a tout d'abord plaisir à suivre Francisco sur ce chemin de rédemption. Ce n’est plus la douce désespérance d'un amant, mais  il nous en apprend tant sur la vie de cette ville partiellement épargnée – voire protégée - par les gangs de narcotrafiquants, mais quand même envahie de violence, de corruption, de collusion entre police, gouvernement et pègre : ce n'est pas du tout ce qu'on attendait mais c'est fort intéressant, et on se dit pourquoi pas.

Arrivé à la première moitié, Francisco se laisse embarquer à décrire un «fait-divers», l'enlèvement puis l'assassinat de 12 jeunes gens au sortir d'une boîte de nuit. Règlement de compte entre gangs, vengeance saumâtre, enquête négligée, ingérence politique des plus sordides, Francisco en fait sa grande cause. Malheureusement il nous relate cela au jour le jour, dans un style de plus en plus journalistique, sans prise de recul, en accumulant le retours en arrière obscurs, dans une redondance des détails   politico-locaux et digressions foireuses qui nous submergent... L'indigestion guette et ne tarde pas à envahir le lecteur, heureux de voir notre veuf se sauver à travers une telle cause, mais honteux d'avouer qu'il aimait mieux le lire quand il était au fond du trou...

(commentaire récupéré)


mots-clés : #criminalite
par topocl
le Sam 17 Déc - 16:23
 
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Javier Cercas

Les lois de la frontière

Tag criminalite sur Des Choses à lire - Page 3 Image117

   je préfère le mélodrame au mensonge.



Une fois refermé ce livre, je ne sais pas trop ce qu'il raconte :
Est-ce l’histoire d’un trio infernal  et de ce  qui lui advient au fil de trois décennies de répulsion-fascination, rejets et appels à l’aide ?
Est-ce l’histoire de Zarco, adolescent charismatique, chef de bande,  qui passe les trois quarts de sa vie en prison, et, au fil des coups d'éclat et provocations devient une star manipulatrice ?
Est-ce l’histoire d’Ignacio,  lycéen déboussolé des classes moyennes, qui, le temps d'un été, croit trouver sa place dans la bande, fasciné par Zarco et amoureux de Tere « la fille la plus belle du monde »,  et qui, sans jamais rien comprendre à rien, est resté de manière fidèle au fantasme de son enfance et l’a payé le prix fort?
Est ce l’histoire métaphorique d’une Espagne désorientée et déchue, qui a voulu simplement tourner la page et s’est rendu compte que c’était plus compliqué que ça ?
Est-ce l’histoire de l'impossible recherche de la vérité ?

Évidemment, c'est tout cela à la fois. En tout cas, c'est un sacrément bon roamn, porté par des personnages magnifiques dont les espoirs et folies de jeunesse laissent place à des déchirements, une noirceur, que quelques éclats de bonheur viennent magnifier.

Le livre se présente sous la forme d’ interviews menés par un écrivain, nègre engagé pour rapporter rétrospectivement les faits. Cela permet à Cercas d' utiliser ce style efficace qui est le sien,  pseudo-oral, très fluide, rapide , précis, qui n'exclue pas de belles envolées littéraires. L'interviewé principal est Ignacio, qui croit avoir pris ces distances avec cette histoire, et va découvrir, dans un final aussi bouleversant que le début du roman se veut retenu, que tous les doutes persistent, et que les blessures sont loin d’être cicatrisées. Le témoignage d’un policier et du directeur de la prison viennent nuancer ses dires, apporter un éclairage  autre, et tout à la fois préciser les choses et multiplier les interrogations.

Ignacio est un homme qui a l’apparence d’un gagnant et le cœur d’un loser . La fidélité à soi-même et à sa jeunesse, son refus de la perte des illusions, la poursuite de l’impossible amour sont les ingrédients de son questionnement perpétuel sur la vérité et le sens de la vie.  Il est question d 'une confiance alternativement récompensée et bafouée. Et Javier Cercas n’est pas du genre à apporter des réponses toutes faites à cette quête déraisonnable du  pardon et de la rédemption.

(commentaire rapatrié)


mots-clés : #criminalite
par topocl
le Ven 16 Déc - 18:44
 
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Don Carpenter

Sale temps pour les braves

Tag criminalite sur Des Choses à lire - Page 3 51kbbw10

À peine sortis de l'adolescence, Jack Levitt et Billy Lancing ont une revanche à prendre sur la vie qui ne leur a pas fait de cadeau. Billy est né noir dans une société qui n'est pas près de le lui pardonner, quant à Jack, enfant naturel, il a grandi à l'orphelinat

  Ses parents, peu importe qui ils étaient, avaient sans doute fait l'amour à cause d'une envie similaire. Pour le plaisir, pour la satisfaction éphémère qu’ils en retiraient, ils l’ avaient conçu, et parce qu'il était manifestement gênant, l’avaient largué à l'orphelinat ; parce que lui, cette vie qu'ils avaient créée dans un instant d'insouciance et d'inconscience, n'était finalement pas drôle du tout ; il n'était qu'un effet secondaire pénible de ces démangeaisons ; il était la morve sur le mouchoir une fois le nez débouché, une masse dégoûtante dont on se débarrasse discrètement et qu'on oublie. Une rage froide l’emplissait, une rage dirigée contre ses parents inconnus, contre la vie qu'on lui avait donnée, et tout ça pour des raisons tellement stupides et futiles ! Pour une éjaculation d'une seconde ! Il était né à cause de ça (…) .Quinze à vingt minutes dans un lit anonyme entre deux probables étrangers lui avaient causé vingt quatre ans de malheurs, de peine et de souffrance, et promettaient, à moins qu'il ne meurt jeune, de lui causer encore quarante ou cinquante ans de malheur, enfermé dans une pièce minuscule ici ou ailleurs sans espoir de connaître la liberté, l'amour, la vie, la vérité ou la sagesse.


Ils se promettent de se payer une bonne tranche de liberté et cela passe par le fric, la frime, et les femmes.

 N’ayant jamais connus ses parents, il ne s'attendait pas à ce que l'avenir soit une répétition d'un passé qu’il ne pouvait pas se représenter - lui au moins avait une vision de l'avenir qui comprenait une sauvagerie gratuite, un enchaînement de plaisirs allant grandissant, d'amour et de joies, et s'il fallait lutter pour l'obtenir, cela ne posait pas de problème ; il savait se battre pour avoir ce qu'il voulait. À vrai dire, c'était quasiment la seule façon de procéder qu'il connaissait.


Autant loosers que flambeurs, ils fréquentent de petites frappes, logent dans des hôtels miteux, gagnent sur le tapis vert du billard des sommes qu'ils perdent aussi vite pour s'offrir des plaisirs faciles. Il vivent 100 à l'heure sans se soucier des bourgeois et des lois. Mais malgré la jouissance, la solitude et le désespoir de leur lâchent pas les semelles
 
Enfin, l'idée même que la vie puisse être belle était idiote. Parce que le bon et le mauvais, le bien et le mal n'existaient pas. Du moins, pas tels que les définissait l'orphelinat, pour qui le bon égalait l'ennui, la douleur et la stupidité ; et où le mal était beau, délicieux et explosif ; et ce n'était certainement pas non plus son contraire - il serait agréable de ne vivre que pour s'amuser mais que faire une fois l'amusement épuisé ?

   
C'est comme si tu crevais d'envie de casser une vitre avec ton poing, tu vois, et si tu cédais à ce désir sans réfléchir, alors bam, pendant une demi-seconde, t’aurais l'impression d'être le roi du monde ; mais au lieu de ça, tu commences à avoir la trouille de te couper, ces conneries, et tu hésites, alors tu t’en veux à mort et tu finis par exploser la vitre, sauf que tu le fais en toute conscience, et du coup t’en retires aucun plaisir.


Et bien sûr… cela tourne mal, centre de détention, prison, tout concourt a réveiller en eux une violence irréfléchie, mais aussi à casser leurs illusions, leurs rêves et leurs folies,

Il serait plus simple de croire en Dieu. Alors on pourrait se réveiller, bâiller, s'étirer et sourire à un monde organisé autour de la compassion et de la mort, du châtiment pour le mal, la félicité pour le bien, et si le jeu paraissait fou, au moins il avait des règles. Mais le monde n'avait aucun sens. Il n'en avait jamais eu.


Et finalement ils accusent le coup, et ils vieillissent, les émotions prennent le pas sur l'action
 
Cette nuit-là, Jacques pleura à s'en fendre l'âme. Il ne trouva aucune pensée réconfortante. Il ne parvint même pas à se mettre en colère, il était simplement désespéré, et plus seul qu’il ne l'avait jamais été de sa vie. Il ne lui restait plus rien à faire sinon pleurer, et il pleura.


D'autres valeurs comptent, d'autres refuges se dessinent.
Est-ce vraiment se ranger ? Où trouver une certaine douceur au monde qu’ils n'avaient pas connue auparavant ?

Jusque-là, il n'avait été qu'un voyou, avec un avenir de voyou, la vanité et la sensiblerie d'un voyou qui croyait que le monde entier en voulait à sa peau. C'était idiot ; aujourd'hui qu'il avait mûri, le temps était venu de profiter de la vie.

 
Évidemment, il voulait un fils. Il se disait qu'avoir un fils, puis un 2e, peut-être, et puis une fille ou deux était la clé d'une existence comblée. Il avait assez contemplé le vide de la vie pour ne jamais l’oublier.


  Il le faisait souvent, entrait à pas feutrés dans leur chambre pour les border et ressentir cette tendresse sans bornes que seuls les parents connaissent, puis il regagnait son lit et ses idées noires.


Mais ils étaient si déshérités par leur naissance que ce bonheur leur est sans doute interdit

 Elle se représenta ce jeune homme, enfermé dans une cellule de prison Dieu sait où, coupé de toute pensée d'immensité, et elle éprouva soudain une grande pitié pour lui, sa jeunesse perdue, sa croyance naïve et infantile que le passé était biens derrière lui et qu'il pouvait recommencer de zéro, enterrer tout ce qu'il avait été et devenir une personne cultivée.
   Et elle en concevait une telle amertume qu’elle en aurait pleuré.


  Il voyait les choses et les éprouvait. La terre devint réelle, et parfois, il réussissait à percevoir le plaisir qu'il y avait à être vivant


Malgré quelques longueurs liées à ma méconnaissance du billard, j'ai aimé ce portrait puissant, à la fois tendre et tragique, d’une Amérique de l'après-guerre, sans repères, vouée à l'immédiateté, qui découvre sa propre vanité, mais toute quiétude lui est interdite. Des humains en perdition, minés dans leurs racines, qui tentent désespérément de s’accrocher les uns aux autres pour surnager et dont la poursuite du bonheur est vouée à l'échec.

Don Carpenter, sous prétexte que ses « personnages vivent des émotions d'une grande intensité », pense que ses « écrits sont optimistes ». J'ai pour ma part trouvé ce livre d'un grand pessimisme, même s'il est traversé par des éclats où la vie prend un caractère intense et fulgurant, et des élans de fraternité et de tendresse partagée sublimes, il est sous-tendu par un désespoir et une fatalité des plus sombres. Il n’en est pas pour autant moins attachant, et ses personnages, hantés par leur solitude et l'indifférence du monde, battants perpétuellement perdants, ont laissé en moi une petite musique obsédante.

(commentaire rapatrié)




mots-clés : #social #criminalite
par topocl
le Ven 16 Déc - 18:20
 
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Sujet: Don Carpenter
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Karel Capek

Tag criminalite sur Des Choses à lire - Page 3 Captur61

[b]HORDUBAL. - L'Age d'homme


[/b]De Capek, j'avais lu dans le temps un recueil de nouvelles et, plus récemment, L'Année du jardinier, un vériable almanach à l'ancienne, plein de conseils poétiques et fantaisistes. et d'illustrations amusantes.Et puis là, avec Hordubal, j' ai eu un vrai choc littéraire.

Juraj Hordubal, revient au pays, (un village de Bohème) après 8 ans d' absence. Pendant ces huit ans il a trimé dur comme mineur dans une mine de charbon à Johnstown, aux Etats-Unis.
On a exploité sa naiveté, son ignorance de la langue, pour utiliser sa force de travail et pour lui voler ses économies, 3000 dollars.

Mais il lui reste 700 dollars. Hordubal est optimiste, il a suffisamment pour voir venir, et n'a qu'une hâte, retrouver sa femme et sa petite fille, qui n'avait que trois ans lors de son départ. Et puis, bien entendu, sa ferme, le village, les amis.

Mais sa femme l'accueille très mal et sa petite fille ne le reconnait même pas. Désemparé, il erre dans la campagne en étranger. Et de fait, personne ne semble le reconnaitre. Le soir, il revient à ce qui était sa ferme et va se coucher à l' étable, attendant, espérant que sa femme lui revienne.

Mais elle le trompe depuis longtemps déjà avec le valet de ferme qu'elle a embauché. Tout le monde au village le sait, mais contre toute logique, Juraj se refuse à le croire.
Non, Juraj n'est pas logique. Il est seulement aimant, bon, fidèle et généreux. Peut-être même un peu trop...
A vouloir défendre son épouse à tout prix, un soir, à la taverne, il se fait assommer par des villageois qui la traitaient de pute...

Mais lui, toujours humble et patient, attend encore et espère... Jusqu'au moment où il finit quand même par chasser le valet de ferme qui se moquait trop ouvertement de lui.

Je ne vous raconterai pas la suite, car il y a mort d'homme et une enquête fort subtile et pleine de bon sens que je ne vous révélerai pas.

Si vous m'aimez un peu, vous lirez ce livre... Et sinon, vous prendrez le train ! Tag criminalite sur Des Choses à lire - Page 3 Icon_surprised

Ce livre m'a fait penser à un autre livre que j'ai beaucoup aimé : Un Roi sans divertissement de Giono.
Comme Giono, Capek sait retrouver l'essence des êtres humains ou plutôt ceux d'une communauté paysanne obéissant à des règles strictes et primaires.
Et là aussi, il s'agit bien d'une tragédie où l'on trouve des hommes frustes et brutaux, mais aussi des justes et des indifférents.

Le livre est savamment composé. La majeure partie est vue du coté de Hordubal. Les deux autres sont une enquête policière (comme dans Un roi sans divertissement) menée par des gens du village et qui font assaut de subtilité, une subtilité qui n' a d' égale que leur bon sens...
A la clé, des révélations tout à fait inattendues...

Ce livre est un grand livre et j'attends de lire avec impatience : Une vie ordinaire et Météore qui forment une trilogie...

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mots-clés : #criminalite
par bix_229
le Ven 16 Déc - 16:07
 
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Sujet: Karel Capek
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Roberto Alajmo

Tag criminalite sur Des Choses à lire - Page 3 417gk710

Fils de personne

Second livre que je lis de cet auteur et le plaisir est encore plus fort. Alajmo est toujours aussi acide, il rogne avec plaisir les  personnages qu’il met en scène, oui en scène car c’est une véritable comédie, noire,  prenante, il ne délivre même pas  le lecteur de son emprise à la dernière page. Le  lecteur  s’étonne que sa lecture soit déjà terminée !

L’écriture est  liquide, elle glisse  mais draine toujours les impuretés de l’âme humaine.

L’Histoire : Un meurtre a été commis dans une famille « pauvre »  comme il y en a des centaines en Sicile, vivent dans l’appartement : les grands-parents, les parents de Tancredi  20 ans.


Ces extraits donnent le ton :

La grand-mère : « Tancredi la connait et il le sait : son ton impatient signifie qu’elle a l’intention de collaborer dans les  limites de l’indispensable. Pas un mot qui ne soit essentiel. Ca fait partie de son caractère, elle est comme ça, mémé Rosa : elle en veut au monde entier. Elle est amère. Arrivée au moment du bilan, elle a découvert que la vie était en dette avec elle, et ne pouvant plus passer à la caisse, elle a décidé de se venger en rendant l’existence plus difficile au reste de l’humanité. »

Le grand-père : « Il a ça de bien pépé Fonzio : parfois on ne comprend pas  s’il fait l’idiot ou s’il l’est vraiment. »

La mère : « En ce moment, sa mère doit être dans le fauteuil, sa place préférée quand il s’agit de perdre connaissance. Il lui arrive d’avoir ce genre d’évanouissements. Mais ce ne sont pas vraiment des évanouissements, car bien qu’évanouie elle arrive à parler. »

Le Père : « Nicola avait mis au point une technique qui consistait à se fâcher tout juste avant de se mettre en colère et  garder ainsi le contrôle de sa colère. Ce n’était pas un véritable emportement, mais il n’était pas feint non plus, et à froid, il n’était pas difficile à produire. Une fois obtenu le prix qu’il voulait, il posait l’objet qu’il tenait en otage, encaissait l’argent et saluait.»

Tancredi : Il a vingt ans désormais. « Il s’efforce de se regarder avec objectivité. Il est grand. Il sait quels sont ses devoirs et maintenant il a décidé de ne plus s’y dérober. La réalité qu’il a à vivre est ce qu’elle est, il n’y a rien d’autre à attendre. »

Tancredi vu par les autres : C’était un adolescent déjà grand et maigre, qui avait poussé d’un coup sans laisser au reste le temps de grandir en proportion. Le reste, et surtout l’intelligence, on espère toujours que ça suivra dans les mois, les années à venir. Serenella l’avait cru jusqu’à maintenant : que son frère était stupide de manière provisoire, que son intelligence devait tôt ou tard arriver. Et en fait non, apparemment. «


Je vous invite donc une fois de plus à faire connaissance de cet auteur.


mots-clés : #criminalite #famille
par Bédoulène
le Ven 9 Déc - 16:50
 
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Sujet: Roberto Alajmo
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Mario Vargas Llosa

Tag criminalite sur Des Choses à lire - Page 3 51c03312

Le Héros Discret.

Ce sont 2 histoires qui se déroulent en parallèle et qui finiront par se rejoindre.
2 héros que tout sépare et pourtant aux nombreux points communs.
D'une part, nous sommes à Piura, nord du Pérou, à 900km de Lima. Felicito Yanaqué, marié, 2 fils, est patron d'une entreprise de transports assez prospère. Mais voilà qu'il reçoit de curieuses lettres mafieuses qui lui proposent protection en échange d'argent, ce que Felicito va refuser fermement avec courage. Tant et si bien qu'il va devenir un héros national.
D'autre part, on découvre Ismael carrera, habitant Lima, veuf, 2 fils jumeaux surnommés les hyènes, qui dirige une riche compagnie d'assurances. Suite à des ennuis de santé, il s'aperçoit que ses fils n'attendent que sa mort pour dilapider sa fortune.
Les deux hommes ont en commun le fait d'avoir monté leur entreprise à la force de leurs bras, d'être partis de rien. Ils seront tous deux confrontés à la cupidité, à une immense déception et leur sentence sera à la hauteur de cette dernière.
Pendant les ¾ du roman, les chapitres alternent Piura et Lima jusqu'à ce que les 2 histoires se rejoignent à la fin; ce qui contribue à une lecture assez rapide.
D'une écriture sensible et très fluide avec une touche d'humour, Vargas Llosa nous relate une histoire profondément humaine et parfois dure avec en arrière plan le Pérou et ses rues poussièreuses et bruillantes qui se calment à la tombée du soleil, ses chiens errants, ses maisons sombres et sa résignation silencieuse.

P.S: Je n'ai malheureusement pas seléctionné d'extrait, ayant lu le livre d'un trait dans mon avion de retour du Pérou.Mais je peux témoigner qu'on y retrouve l'ambiance des villes du bord de mer que j'ai visitées. Je dis bien villes car dans les hameaux des hauts plateaux, c'est différent.

"....après [....] s'être préparé son petit déjeuner habituel: café au lait de chèvre et tartines grillées beurrées, avec quelques gouttes de miel de chancaca. Il habitait dans le centre de Piura, et la rue Arequipa éclatait déjà du brouhaha de la ville, ses hauts trottoirs étaient noirs de monde allant au bureau, au marché ou amenant les enfants à l'école. Quelques bigotes se dirigeaient vers la cathédrale pour la messe de huit heures. Les vendeurs ambulants proposaient à tue-tête leurs gommes au sucre de canne, sucettes, bananes frites, empanadas et toutes sortes de gourmandises, et l'aveugle Lucindo était déjà installé au coin, sous l'auvent de la maison coloniale, sa sébile à ses pieds. Tout semblable à tous les joursn depuis des temps immémoriaux."

Ajoutez à cela les perpétuels coups secs de klaxons et on y est !


mots-clés : #criminalite
par Cliniou
le Mer 7 Déc - 9:14
 
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Sujet: Mario Vargas Llosa
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Ricardo Piglia

Tag criminalite sur Des Choses à lire - Page 3 Livre_12

"Argent brûlé" de Ricardo PIGLIA

1965, Buenos Aires. Gaucho Dorda, "Bébé" Brignone, Mereles "le corbeau" et une poignée d'autres gangsters vont attaquer le fourgon menant le salaire des fonctionnaires municipaux à la mairie. Malito dirige les opérations et a tout organisé. Après le braquage sanglant, les bandits vont quitter le pays mais veulent doubler les civils qui les ont renseignés et qui vont les aider à s'extrader. S'ensuit une traque entre ces derniers et le commissaire Silva sur le territoire uruguayen.

Malgré le synopsis (et la couverture), ce livre n'a pas grand chose à voir avec le roman noir. Il est tiré d'un fait divers qui se déroule durant les années troubles (1955 à 1983) durant lesquels péronistes et militaires se disputent le pouvoir. Ceci est palpable durant la première partie et le début de la fuite. Les gangsters fuient l'Argentine pour garder le butin, mais surtout pour échapper aux tortures et sévices dont presque chacun a déjà été victime.

L'auteur instille un climat d'attente, de violence et de peur utilisant tour à tour le style romancé, journalistique et administratif (rapports), répétant parfois la même scène plusieurs fois sous ces différentes formes.
Lu ainsi, ça peut paraître rébarbatif, mais l'auteur jongle avec ces styles et ces répétitions pour intensifier l'ambiance, la ralentir lors des moments d'attente, la rendre plus poisseuse si le besoin s'en fait sentir.

Les personnages, et ceux des "jumeaux" particulièrement (appelés ainsi non parce qu'ils sont frères mais qu'ils se comprennent sans rien dire) Gaucho Dorda et "Bébé" Brignone sont étudiés (c'est le mot) en profondeur.

La partie de l'attaque finale pour la capture du groupe dure près de 70 pages - le tiers du livre à peu près. Si ça peut paraître long, c'est que l'arrestation dura près de 15 heures, et l'écriture décrit ainsi tour à tour l'attente, la peur puis la folie des assiégés. Mais elle n'oublie pas l'extérieur et les réflexions, les tactiques et tentatives des policiers, l'attroupement des curieux, l'intervention des médias près à tout pour arracher la meilleure audience. C'est aussi à ce moment là qu'on en apprend le plus sur les personnages principaux, empêtrés dans leurs angoisses personnelles, obsessionnelles.

Sans être un roman incontournable, c'est un livre qui tient en haleine non pas dans le suspense, mais plutôt dans l'attente de cette fin que l'on sait inéluctable.

"Sous les feux des camions et des torches électriques, dans la zone éclairée par la lumière des projecteurs pour que les voyous ne puissent pas s'échapper par les fenêtres, gisaient sur le trottoir la dépouille de ces deux garçons morts et du troisième, blessé au ventre. Plutôt que deux jeunes morts, on eut dit (selon le chroniqueur d'"El Mundo"), sortis d'une bétonneuse, des débris d'os, de bouts d'intestins et de tissus qui pendouillaient, dont il était impossible de supposer qu'ils étaient dotés de vie. Car ceux qui meurent blessés par des balles ne meurent pas proprement comme dans les films de guerre, où les blessés font une pirouette élégante avant de s'effondrer, tout entiers, comme des poupées de cire. Non, ceux qui meurent dans une fusillade sont déchiquetés par les balles et des morceaux de leurs corps restent éparpillés sur le sol, comme les restes d'un animal à la sortie de l'abattoir"

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mots-clés : #criminalite #regimeautoritaire
par Exini
le Mar 6 Déc - 22:18
 
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Sujet: Ricardo Piglia
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Mikal Gilmore

Un long silence

Tag criminalite sur Des Choses à lire - Page 3 51vcd010

Cette photo est une vraie photo de la famille Gilmore

En 1976, le frère de Mikal Gilmore, Gary, a déchaîné les médias américains. Tout d'abord en commettant un double meurtre insensé, exempt de tout mobile, de sang-froid, puis, alors que depuis 10 ans aucun condamné à mort n'avait été exécuté aux États-Unis, en refusant de demander sa grâce, en exigeant son exécution, en demandant que celle-ci soit réalisée avec la méthode la plus violente qui soit (fusillé par un peloton de 5 personnes). Il a ainsi ouvert la porte au rétablissement de la peine capitale aux États-Unis.

D'une histoire pareille, qui a été déjà rapportée par Norman Mailer dans Le chant du bourreau un roman-fleuve de 900 pages qui lui a valu le prix Pulitzer en 1981, et dans plusieurs films et reportages télévisuels, qui continue à hanter la conscience américaine, Mikal Gilmore n'a pu ressortir indemne.

Ce livre est une tentative désespérée d'exorciser son passé, d'expliquer l'inexplicable, de pardonner l'impardonnable, d'aimer désespérément une famille si peu « aimable ». Décortiquant une histoire familiale au fil du siècle, décryptant les personnalités, les héritages, Michael Gilmore essaie de dénouer l'écheveau inextricable qui a amené son frère dans cette folie destructrice et suicidaire. Il veut comprendre, mais sans se contenter de jouer la carte trop facile de la simple enfance malheureuse, de la lourdeur de l'héritage psychologique, marquée par la culture mormone, austère, rigide, et structurante. Il compatit aux victimes, mais il veut aussi compatir à son frère, pris depuis l'enfance, et peut-être même déjà avant sa naissance, dans un engrenage mortifère. À côté de la pire violence du crime final, il met en lumière la douleur partagée de cette famille, l’in capacité que chacun y avait d’exprimer sa souffrance sa solitude autrement qu'en détruisant l'autre.

Gilmore nous décrit cette famille, sa famille , il dissèque cet ancrage maléfique, mais ancrage tout de même, où l'amour est aussi violent (à tous les sens du terme) que désespéré, et entre en résonance avec les pertes et les abandons. Chaque personnage hurle magnifiquement sa détresse à travers ses fureurs et ses folies, et grâce à l'immense empathie et à l’intelligence magnifique de Mikal Gilmore, on est en empathie profonde, mêlée de détestation, pour chaque personnage, aussi révoltant soit  son comportement.

Mais l’auteur ne s'arrête pas là. Il nous interroge sur la vie et la mort, la prédestination et le libre arbitre, notre droit à décider de la mort des autres et de régler nos problèmes personnels par celle-ci. Il parle de la difficulté de vivre avec un passé pareil, comment s'en affranchir sans le trahir comment exprimer son amour pour des êtres aussi détestables, comment juger des hommes et des femmes qu'il aime tant et qui ont tant souffert.

Un long silence, a en anglais un titre beaucoup plus vibrant, bien plus représentatif du livre, : Shot in the Heart. C'est, et je pèse mes mots, le livre le plus bouleversant que j'ai lu depuis bien plus de dix ans

(commentaire rapatrié)


mots-clés : #criminalite #famille
par topocl
le Mar 6 Déc - 15:25
 
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Sujet: Mikal Gilmore
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Thomas De Quincey

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De l'assassinat considéré comme un des Beaux-Arts

L'œuvre, à mi-chemin entre essai et roman, est composée de quatre parties d'importance très inégale :
- Une introduction à la conférence qui va suivre
- Une conférence sur le mérite esthétique des meurtres célèbres
- Un mémoire supplémentaire à L'assassinat
- Un long post-scriptum, qui est la partie plus "romanesque" de l'ouvrage.

L'introduction est intitulée "Avertissement d'un homme morbidement vertueux". Le ton est donné. Ici, un narrateur nous apprend l'existence d'un cercle effroyable où des intellectuels se réunissent pour discuter de la valeur artistique des assassinats. Il se propose de publier une conférence prononcée lors d'une de ces réunions qui lui est, soi-disant, tombée entre les mains. Le but est d'alerter l'opinion publique sur les agissements de cette société.

Suit la conférence, qui doit porter sur les crimes de Williams (assassin célèbre du temps de De Quincey). Le conférencier commence par passer en revue les meurtres les plus célèbres de l'histoire. Mentionne pêle-mêle Caïn, le vieux de la montagne et son armée d'assassins ou encore le meurtre politique. Puis vient un plaisant exposé sur les tentatives d'assassinat sur philosophe, censées démontrer la valeur de leur pensée. Petit extrait :

Car, messieurs, c'est un fait qu'au cours des deux derniers siècles tout philosophe éminent a été assassiné, ou du moins s'est vu tout prêt de l'être; tant et si bien que, si un homme se prétend philosophe et qu'on n'ait jamais attenté à sa vie, vous pouvez être assuré qu'il n'a pas d'étoffe; et je tiens en particulier pour une objection sans réplique (à supposer qu'il nous en faille une) à la philosophie de Locke le fait qu'il ait promené sa gorge sur lui en ce monde pendant soixante-douze ans sans que personne ait jamais condescendu à la lui couper.


Viennent ensuite quelques croustillantes anecdotes sur des affaires criminelles, dont on ne comprend pas bien ce qu'elles viennent démontrer. La conférence d'achève sur quelques points visant à théoriser la beauté d'un meurtre.

Un point est intéressant. La conférence, censée porter sur les meurtres du sinistre Williams, ne fait que les mentionner - les qualifiant de chefs-d'oeuvre du genre. Le conférencier semble éviter le sujet, et, sous couvert de second degré, semble prendre un plaisir bien réel à disserter sur de telles horreurs. Une culpabilité peut-être inconsciente et un sentiment trouble de sa propre déviance lui font sans doute oublier le vrai sujet de sa conférence.

Le mémoire supplémentaire s'ouvre sur une phrase tout à fait révélatrice. On en apprend de fameuses sur l'homme morbidement vertueux de l'introduction, celui-là même qui avait publié la conférence dans le but de nuire à cette société d'amateurs d'assassinats.
Une nouvelle soirée de cette association est relatée. L'ambiance de cette soirée n'est plus la même que celle de la première conférence, durant laquelle l'assistance avait observé un silence respectueux. Cette soirée, organisée pour fêter les récents "exploits" des Thugs de l'Inde, est rythmée par les toasts, portés aux différents maîtres de l'art. L'assistance, de plus en plus intenable, chante, crie, dans une atmosphère infernale. Fini la légère ironie de la première soirée, on bascule progressivement dans l'horreur.

Horreur qui atteint son paroxysme dans le long post-scriptum, dans lequel sont décrits,  dans le style le plus sombre et le plus passionné, les meurtres de Williams. Cette partie dévoile largement la noirceur du narrateur. On peut l'envisager comme un moyen de vivre par procuration l'excitation du meurtre, d'assouvir presque son désir; enfin, de soulager sa culpabilité en l'analysant, en l'illustrant, en la saisissant dans une idée.




mots-clés : #criminalite #xixesiecle
par Quasimodo
le Lun 5 Déc - 11:18
 
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Sujet: Thomas De Quincey
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Roberto Alajmo

Roberto Alajmo
Né en 1959


Tag criminalite sur Des Choses à lire - Page 3 Robert10

Roberto Alajmo est un écrivain italien né à Palerme en 1959. Journaliste, il collabore à la Rai et au quotidien La Repubblica. Critique théâtral au Giornale di Sicilia, il travaille depuis 1988 comme rédacteur au siège sicilien de la Rai. Il collabore en tant qu’éditorialiste aux pages de Palerme de la Republica et tient une chronique dans la revue Diario della Settimana.  Avec Fils de personne, Un cœur de mère, Les Fous de Palerme et Mat à l’étouffé (Rivages), Roberto Alajmo construit, dans le registre typiquement sicilien de la farce noire, une très contemporaine « Comédie Humaine ».


Source : http://villa-lamarelle.fr

Bibliographie :(traduite en français)

Un cœur de mère
Fils de personne
Les Fous de Palerme
Mat à l'étouffé





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Un coeur de mère

L’histoire se passe dans un village de la Sicile intérieure. Cosimo un célibataire âgé de la quarantaine, tient plutôt avec nonchalance son garage de réparations de pneus de vélos, il vit seul depuis quelque temps dans une maison isolée. Mais il rend visite régulièrement à sa mère qui lui prépare des petits plats et qui a beaucoup d’ascendant sur lui. Mais voilà que ce jour là Cosimo est pressé de rentrer chez lui, il sait que des hommes pas recommandables, doivent lui laisser en garde un enfant.

Effectivement l’enfant est enfermé dans une pièce.  2 ou 3 jours a dit Cosimo pas plus et il sera payé. Pas facile pour un célibataire de s’occuper d’un enfant, Cosimo s’en rendra compte. Les jours passent et les kidnappeurs ne reviennent pas prendre en charge l’otage. Cosimo s’inquiète, qui est cet enfant, pourquoi l’ont-ils enlevé et surtout  que faire de l’enfant si « les autres » ne reviennent pas ?

Cosimo a été choisi comme gardien car à part sa mère il n’a pas de famille, pas de relation, pas d’ami et que dans le village personne ne  l’approche , la rumeur dit qu’il porte malheur et c'est vrai qu'il a triste allure.

Sa situation se gâte quand sa mère arrive  à l’improviste chez lui et découvre l’enfant. Mais, au grand soulagement de Cosimo, après les reproches d’usage, sa mère s’installe et prend les choses en mains. Si elle s’apitoie sur le sort de l’enfant,  après une dizaine de jours, elle se rend compte que cette situation n’est plus vivable, que Cosimo pense être surveillé par des gendarmes, l’enfant refusant de s’alimenter est en piteux état. C’est encore elle, la mère qui par amour pour son fils va dénouer la situation.

Ce livre vaut d’une part par l’écriture tranchante, laconique ; d’autre part par les rapports mère/fils.  C’est une comédie dramatique qui se joue dans la maison avec le sentiment le plus tendre  et le plus ignoble, l’amour d’une mère, sous les odeurs alléchantes des plats cuisinés et  les regards d’une télévision  muette.

C’est une très bonne lecture que je recommande

"message rapatrié"


mots-clés : #criminalite #famille
par Bédoulène
le Dim 4 Déc - 17:38
 
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Sujet: Roberto Alajmo
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Joyce Carol Oates

Tag criminalite sur Des Choses à lire - Page 3 41c3li10

CORKY

Corky, cet Irlandais issu des quartiers pauvres qui va se hisser jusqu'à la classe supérieure, jusqu'à devenir Conseiller municipal, grâce à ses amitiés, son audace, à son mariage avec la fille d'un riche agent immobilier. Le père de Corky a été tué par balles dans le dos devant la porte de leur maison alors qu'il n'est âgé que de 10 ans et il sera aussi privé de sa mère devenue folle et qui mourra elle aussi jeune. De ce drame, Corky en ignorera très longtemps l'origine mais en gardera une appréhension qui le fera se tenir toujours dos au mur dans les lieux publics. Corky ne sait résister ni à la boisson ni aux femmes et se trouvera embarqué dans des situations aventureuses, embarrassantes, dangereuses car comme beaucoup d'hommes au fond il est naïf. Parfois le lecteur à envie de le plaindre de se laisser attendrir par Corky, à d'autres moments on le trouve haïssable, opportuniste. Il sait qu'il a été lâche à plusieurs reprises, il se dégoûte parfois et cette lucidité sur lui-même nous permet de l'excuser.

Corky aime qu'on l'aime, qu'on l'apprécie. Il est dans une mauvaise passe en ce moment, problèmes financiers importants, rupture avec sa maîtresse et soucis avec la fille de son ex-femme. Il doit gérer tous ces problèmes et le suicide d'une amie de sa «belle-fille» ajoute à son malaise car il en vient à soupçonner son meilleur ami, le fils de l'actuel maire. Il ne maîtrise plus rien et pense à dénoncer son ami mais sa belle-fille joue les justiciers et il s'interpose. Gravement bléssé il reste quelques jours dans le coma mais finalement Corky l'Irlandais s'en sort et l'horizon s'éclaircit, il peut encore rêver à son avenir.

Ce livre est vraiment puissant, déroutant ; l'auteure «habite» le cerveau et le coeur de son personnage principal et elle nous en livre le contenu sans censure aucune. Une connaissance des arcanes de la politique et de l'émancipation de cette ville et de ses habitants. J'aurais voulu mettre des extraits mais il y en avait beaucoup trop que j'avais noté tellement ce livre est intéressant dans sa plongée libre dans les sentiments d'un homme.



mots-clés : #criminalite #psychologique
par Bédoulène
le Dim 4 Déc - 8:11
 
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Sujet: Joyce Carol Oates
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Denis Johnson

Denis Johnson
Né en 1949

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Denis Johnson, né le 1er juillet 1949 à Munich, en Allemagne de l'Ouest, est un auteur américain qui est surtout connu pour son recueil de Jesus' Son (1992) et son roman Arbre de fumée (2007), qui a remporté le National Book Award.
Dans sa jeunesse, Denis Johnson suit son père au gré des affectations de celui-ci. Il devient dépendant ensuite à diverses substances1. Finalement, il obtient une maitrise (MFA) à l'Université de l'Iowa. Ses principales influences sont Dr. Seuss, Dylan Thomas, Walt Whitman et T. S. Eliot2. Il a reçu de nombreux prix pour ses œuvres, y compris un Prix du Whiting Writer's en 1986 et une bourse Lannan pour la fiction en 1993.

Selon un groupe de critiques, écrivains et autres membres du milieu littéraire, son recueil Jesus' son fait partie des meilleures œuvres de fiction américaines des 25 dernières années3.

Denis Johnson fait des débuts remarqués avec la publication de son recueil de nouvelles Jesus' Son (1992), qui a été adapté au cinéma en 1999 sous le même titre, et qui a été cité comme l'un des dix meilleurs films de l'année par le New York Times, le Los Angeles Times, et par Roger Ebert. Denis Johnson a un petit rôle dans le film, interprétant l'homme ayant a été poignardé à l'œil par sa femme.
Il est titulaire en 2006-2007 de la chaire Mitte d'écriture créative à l'Université d'État du Texas, à San Marcos, Texas.


(source : wikipedia)

Oeuvres traduites en français :

Romans
Fiskadoro
Le nom du monde
Déjà mort
Des étoiles à midi
Des anges
Un Pendu Ressuscité
Rêves de train
Arbre de fumée
Personne bouge
Les monstres qui ricanent

Nouvelles
Jesus' son





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« Déjà mort »

Les grandes lignes de cette histoire : Nelson Fairchild souhaite la disparition de sa femme, il engage un homme qu’il sauve de son « suicide par noyade » et l’engage pour l’assassiner. Nelson est lui-même l’objet d’un »contrat » car il a détruit dans un aéroport la drogue qu’il transportait pour un certain Lally, lequel engage 2 tueurs/chasseurs pour l’éliminer.
L’homme engagé par Nelson ne tue pas sa femme, mais bien le Père et le frère de celui-ci et tente aussi de le tuer lui.
Nelson a un associé, Meadows, avec lequel il est propriétaire d’un champ d’ »herbe », auquel il dénonce les 2 tueurs qui le poursuivent. Meadows se chargera de les éliminer.

Un jeune policier auparavant exerçant à L.A. s’interroge sur les différentes morts, accidents et incidents qui jalonnent la région, sur la personnalité souvent inquiétante des habitants de cette région. Il s’en trouvera seul possesseur de certains faits qui le troubleront à jamais.
L’histoire pourrait être banale si les différents personnages à divers degrés n’étaient des paranoïaques, schizophrènes, illuminés mystiques ou alcooliques qui lisent Nietzsche, Emerson, Jung, Herman Hesse et trouvent dans ces écrits matière à "aménager" leur personnalité.

L’auteur nous dévoile cette histoire telle une enquête. D’abord nous faisons connaissance avec tous les personnages, puis l’auteur nous fait connaître le résultat des différents évènements – meurtres, accidents, relations - qui s’engageaient dans le livre I et dans le livre III le lecteur découvre les circonstances dans lesquelles se sont déroulés lesdits évènements.

Malgré la noirceur des sujets, drogue, alcoolisme, meurtres, la nature de ces êtres plus ou moins déjantés qui se cotoient je n’ai pas trouvé ce livre sombre, j'ai compris la solitude qui les habite, leur douloureux face à face avec eux-mêmes. L’écriture est remarquable, ici empreinte de métaphysique, elle est d’une sensibilité à tout ce qui compose ces lieux où se déroule l’histoire. Il n’y a pas de jugement de l’auteur dans ce livre, sinon celui que chaque personnage porte sur lui-même.

Un livre et une écriture auxquels j’ai été très sensible, un très bon moment de lecture.


extraits

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"message rapatrié"


mots-clés : #criminalite
par Bédoulène
le Sam 3 Déc - 16:46
 
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Sujet: Denis Johnson
Réponses: 3
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Mathias Enard

Mathias Énard
Né en 1972

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Mathias Énard, né le 11 janvier 1972 à Niort, est un écrivain et traducteur français, prix Goncourt 2015 pour son roman Boussole.

Mathias Énard, après une formation à l'École du Louvre, suit des études d’arabe et de persan à l'INALCO. Après de longs séjours au Moyen-Orient, il s’installe en 2000 à Barcelone. Il y anime plusieurs revues culturelles. Il traduit deux ouvrages, l'un du persan, et l'autre de l'arabe. Il participe aussi au comité de rédaction de la revue Inculte à Paris et, en 2010, il enseigne l'arabe à l'université autonome de Barcelone.

La Perfection du tir, son premier ouvrage, paraît en 2003, roman narratif d'un tireur embusqué durant une guerre civile — d'un pays non évoqué, mais qui pourrait être le Liban — et son obsession de la mort : « Je ne savais plus si j'étais celui qui tirait ou celui sur lequel on tirait. »4. L'ouvrage est récompensé l'année suivante par le Prix des cinq continents de la francophonie, et Prix Edmée-de-La-Rochefoucauld. Il est aussi sélectionné au Festival du premier roman 2004.
Il est pensionnaire de la Villa Médicis en 2005-2006.

En 2008, Actes Sud publie son roman Zone, caractérisé par une seule phrase à la première personne, de cinq cents pages (avec pour exceptions trois chapitres, extraits de l'ouvrage que lit le narrateur), et récompensé par plusieurs prix, dont le Prix Décembre, le Prix Candide et le Prix du Livre Inter.

Il publie en 2010 aux éditions Actes Sud un petit conte, Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, sur un épisode probablement fictif de la vie de Michel-Ange, une escapade à Constantinople, où il débarque le 13 mai 1506 à l'invitation du sultan Bajazet II. Ce court récit montre la Constantinople tolérante et européenne qui a su accueillir les juifs chassés d'Espagne par les rois catholiques. L'ouvrage est couronné par le prix Goncourt des lycéens 2010, et par le 25e Prix du livre en Poitou-Charentes & La Voix des lecteurs en 201211, décerné par le Centre du livre et de la lecture en Poitou-Charentes.

Féru d'art contemporain, Mathias Énard a par ailleurs créé en 2011 les éditions d'estampes « Scrawitch », et sa galerie homonyme, dans le 11e arrondissement de Paris, créée avec Thomas Marin, lithographe, et Julien Bézille, philosophe de formation.

En 2012, il publie Rue des voleurs chez Actes Sud, récit de voyage d’un jeune Marocain errant en Espagne lors des printemps arabes et du mouvement des indignés. Rue des voleurs est la réaction de l’écrivain à ces événements, ainsi qu’une réflexion plus large sur l’engagement et la révolte. Lors du Salon du Livre francophone de Beyrouth (26 octobre - 4 novembre 2012), il reçoit le premier prix Liste Goncourt : Le choix de l'Orient décerné par un jury composé d'étudiants d'universités du Liban et d'autres pays du Proche-Orient, sur le modèle du prix Liste Goncourt : le choix polonais. Le prix de l'Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire a également été décerné à cet ouvrage en 2013.

En 2015, il se voit décerner le prix Goncourt pour son roman Boussole qui traite de la vision de l'Orient par l'Occident.

(sources wikipedia)

Bibliographie :

2003 : La perfection du tir : Page 2, 3
2005 : Remonter l'Orénoque page 3
2007 : Bréviaires des artificiers
2008 : Zone ; page 1, 2
2010 : Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants ; page 1, 2
2011 : L'Alcool et la Nostalgie ; page 1, 2
2012 : Rue des voleurs ; page 1
2013 : Tout sera oublié ; page 1
2015 : Boussole ; page 1, 2
2016 : Dernière communication à la société proustienne de Barcelone (poésie) ; page 1

màj le 24/09/2018

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Zone

Tag criminalite sur Des Choses à lire - Page 3 41-2bc10


Juste quelques mots, sur ce livre dense et complexe

Une plongée en apnée ce livre et quelques bouffées d'air juste pour survivre.
Quel travail d'écriture pour relier, comparer les guerres depuis l'Antiquité jusqu'à notre siècle, l'analogie des bourreaux, des victimes ; véritable archéologie de la guerre.
Les révélations sur de nombreux écrivains pointent les comportements individuels dans le conflit.
Les villes aussi me sont apparues comme des "personnages", tantôt bourreaux tantôt victimes.
Le narrateur est d'une lucidité et d'une franchise terrible dans ses sentiments, j'ai particulièrement retenu le passage - lors de l'enterrement de son père - qui lui permet en évoquant Malcom Lowry de découvrir la sauvagerie dont son père l'accusait.
Avoir choisit le trajet en train, a permis le rythme et les pauses de l'écriture.

Une lecture ineffaçable et hélas actuelle !


mots-clés : #criminalite #guerre #historique #voyage
par Bédoulène
le Ven 2 Déc - 22:45
 
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Sujet: Mathias Enard
Réponses: 66
Vues: 2441

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