Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Lun 16 Déc - 14:13

206 résultats trouvés pour historique

Alaa al-Aswany

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 97823310

Automobile club d'Egypte

Egypte, fin des années 40. Le pays est sous domination britannique, avec à sa tête un roi fantoche et débauché. Si son attitude choque le peuple, les puissants, quant à eux, ne reculent devant aucune flagornerie pour obtenir de nouveaux privilèges, quitte à offrir sans vergogne les services de leurs épouses ou de leurs filles. C'est bien connu, une fois satisfait, le roi n'est pas avare de ses prodigalités...
Tout ce beau monde a coutume de se retrouver au très sélect Automobile Club, où l'implacable El-Kwo, le tout-puissant chambellan du roi, règne sur une armée de serviteurs qu'il martyrise à l'envi ; totalement soumis, ceux-ci sont incapables de se révolter contre le traitement inhumain qu'ils subissent, tant on leur a inculqué l'idée que cela était dans l'ordre des choses...

"Leur existence reposait sur une vérité unique : El-Kwo était une force absolue contre laquelle ils ne pouvaient rien. Si leur croyance en cela était ébranlée, tout changeait. L'image de leur tout-puissant maître enracinée dans leurs esprits les rassurait en même temps qu'elle les terrorisait. Il était dur avec eux. Il les opprimait, mais également il était le garant des fondements de leur existences."

Le roman s'articule autour de deux pivots : la vie à l'Automobile Club, et celle des membres de la famille d'un des serviteurs, Abdelaziz Hamam. Descendant ruiné d'une puissante famille de Haute-Egypte, il s'est réfugié au Caire dans l'espoir d'améliorer le sort de sa famille.

Alaa El Aswany a un talent de conteur incomparable ; il sait prendre son temps pour installer les situations et décrire au mieux les tourments intérieurs de ses personnages. Sous sa plume évocatrice, les nombreux épisodes s'entremêlent avec brio.
L'on pourrait regretter le procédé d'écriture, souvent vu _et souvent factice_  qui consiste à terminer ses chapitres par une situation en suspens. Mais ce procédé, l'auteur le maîtrise à la perfection ; à aucun moment je n'ai eu l'impression que certains passages faisaient office de remplissage. La force de l'auteur est, au contraire, d'avoir su donner à chaque épisode suffisamment d'intensité pour que le lecteur soit  totalement happé, incapable de refermer le livre.

Ce n'est certainement pas un hasard si Alaa El Aswany, écrivain engagé, a choisi d'ancrer son roman à la fin des années 40, peu avant que la révolution n'embrase le pays. Il décrit merveilleusement le lent éveil des consciences, la difficulté d'oser réclamer des droits dans un régime dictatorial qui asservit en toute impunité. Il saisit les peurs, les changements incessants d'opinion, les bravades et les reculades, pour nous dresser un tableau profondément attachant du petit peuple égyptien.

J'aurais pu vous parler des heures durant des aventures de la famille Hamam et des individus gravitant autour d'eux, mais je vous laisse le soin de découvrir leur difficile apprentissage de la vie adulte. Je ne peux vous dire qu'une chose : ils vous seront si attachants ou détestables que vous regretterez furieusement de les quitter...
Je n'aurai donc que deux conseils : oubliez les dix premières pages, assez ridicules et infatuées, et plongez avec délices dans ce récit vibrant et absolument passionnant.
Un grand coup de coeur, comme on en a rarement.

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #historique #regimeautoritaire #romanchoral
par Armor
le Jeu 29 Déc - 18:18
 
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Sujet: Alaa al-Aswany
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Eudora Welty

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 L_homm11

L'homme pétrifié
Paris. - Garnier Flammarion. - 1988

L'homme pétrifié est un recueil de nouvelles qui est une sorte de panorama du Mississippi des années 1930. Celui des petites villes et non celui des campagnes de Faulkner. On y côtoie Blancs et Noirs, riches et pauvres, vagabonds, chômeurs, gens à la dérive, femmes adultères, simples d'esprit, parias...

Comme souvent chez elle, à partir du quotidien le plus ordinaire, dans ces petites villes où rien ne se passe, Eudora Welty nous fait basculer dans le malaise, l'ambiguïté, le drame, le loufoque ou l'extravagant.

Et parfois, souvent, c'est au lecteur lui-même d'imaginer une intrigue volontairement interrompue. Et c'est très bien ainsi...

Message récupéré


mots-clés : #historique #nouvelle
par bix_229
le Jeu 29 Déc - 15:26
 
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Sujet: Eudora Welty
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Leo Perutz

La nuit sous le pont de pierre

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 Image219

Sous la forme de nouvelles accolées qui finissent par se rejoindre, Leo Perutz nous livre les contes et légendes de Prague au temps de Rodolphe II. Nous fréquentons les salles du Château et les petites rues insalubres du ghetto juif. Nous côtoyons Rodolphe II, souverain ruiné soumis à des humeurs alternativement coléreuses ou dépressives, plus apte à dépenser un argent qu’il n'a plus en plaisirs et oeuvres d'art, qu’à conduire un empire. Autour de lui, tout un peuple de valets,  conseillers, alchimistes, administrateurs, aubergistes discute, intrigue, soumis à des superstitions, fasciné par la magie, avide de fortune et d'honneur. Les juifs déambulent dans le ghetto, et parmi eux, Mordechai Meisl, dont la devise est : « un thaler peut aisément en donner un deuxième ». Il est sorti de la misère pour croiser, par le biais de l’argent et de l’amour, le destin de son souverain.

C’est un récit tout à fait délicieux, plein de rebondissements cocasses, où les personnages vous captivent, où les détails apparemment anodins de chaque nouvelle finissent par se retrouver dans le dernier tiers du livre, où celui-ci prend réellement l'aspect d'un roman, et où tout prend sens : tout éclaire la destinée de Rodolphe et Mordechai, car on le sait bien, dans les contes, le destin est là qui veille, à la fois implacable et malin, rien n'est laissé au hasard.

Perutz est un conteur passionnant et malicieux qui entraîne  son lecteur ensorcelé aux frontières de l'histoire, de la magie et de la légende.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #historique #nouvelle
par topocl
le Mer 28 Déc - 9:39
 
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Anne Hébert

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 41xf9710

Kamouraska

C'est tout le Québec. Y a l'identité double, la dépossession, le rapport à la colonisation, le rapport au catholicisme, etc. Anne Hébert tisse sur un fond culturel particulier, mais ses personnages vont au-delà de l'illusion culturelle et prennent un écho universel parce qu'humain. C'est la grandeur du roman : il va au fond de ses personnages, très vite et adroitement. Hébert n'a pas besoin de 800 pages pour parler de tout et de rien : son style nu et direct le fait en 300. Le mensonge s'effiloche dans les phrases et le sang du meurtre souille la neige : c'est un roman des contraires, du mouvement : anglais/français, intérieur/extérieur, froid/chaud, vie/mort, etc. Le mouvement est aussi dans la narratologie : tout le monde a le droit aux paroles, aux pensées, aux mensonges et tout jaillit, fusionne, coule en jets comme le sang sur la neige blanche.

mots-clés : #historique #colonisation
par Jeremy.
le Mer 28 Déc - 0:14
 
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Drago Jancar

Cette nuit, je l’ai vue

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 Captur58

   On vit une époque où on ne respecte que les gens, vivants ou morts, qui étaient prêts à se battre, même à se sacrifier pour les idées qu'ils ont en partage. C'est ce que pensent les vainqueurs et les vaincus. Personne n'apprécie les gens qui ne voulaient que vivre. Qui aimaient les autres, la nature, les animaux, le monde, et se sentaient bien avec tout ça. C'est trop peu pour notre époque. Et même si moi, je peux me compter parmi ceux qui, bien que vaincus, ont combattu, au fond, moi je voulais seulement vivre. Que cela ait un sens m’a été révélé par cette femme, curieuse, joyeuse, ouverte à tout et un peu triste que j'ai rencontrée dans un pays lointain qui m’est proche. Veronika.



Il y a avant la guerre et  il y a après la guerre.

Avant la guerre, il y avait Véronica, une femme fantasque et sensuelle, éprise de liberté, qui aimait les chevaux à la folie et les hommes avec déraison, qui se promenait en ville avec son crocodile.
Pendant la guerre avec son époux Léo, le richissime industriel plein d'élégance, ils ont  cru qu’ils n'étaient pas concernés, qu'ils pouvaient continuer à mener la belle vie, qu'on ne leur imposerait pas des choix. Retranchés  dans leur château illuminé au fond des bois, à deux pas des bandes de partisans, ils recevaient des industriels, des artistes, des officiers de l'armée de l'occupation. Et puis…
Après la guerre, les langues ne se délient pas, chacun se retire seul face à cette tragédie. Mais les survivants, ceux qui furent fascinés par la belle Veronica, se souviennent, chacun de son côté. Sortant  de cette chape de silence qui les enferme dans un amalgame de remords et de nostalgie, ils nous livrent leurs inavouables secrets.

Dragon Jancar nous montre ici toutes les facettes de son impressionnant talent. Cette nuit je l'ai vue se construit peu à peu à partir de cinq points de vue qui éclairent les secrets d'une femme, d'une guerre, et d’un pays. On se croirait dans un film lumineux et étrange, en noir et blanc, on visualise ces soldats traînant dans la boue,  les cavaliers contre les tanks, les maquisards traqués… Tout puissant, magique, perdu dans la neige, ce château illuminé aux réceptions somptueuses, ce couple magique, à qui tout est offert, adulé et jalousé par le petit personnel, cette femme magnétique, amoureuse tragique, pleine de tourments et de joie de vivre.

Et si, peu à peu, on découvre pourquoi et comment ont disparu Leo et Veronica, ils n'en finissent pas de hanter les consciences, et nul n'arrivera jamais à dénouer l’inextricable écheveau des culpabilités.

C’est un très beau roman, magique par l'atmosphère, prenant par ses personnages, qui parle de l’histoire de ce siècle et de notre responsabilité collective. Chant d'agonie d'un pays qui n'en finit pas de panser ses plaies, Cette nuit, je l'ai vue est un roman de maître, il nous dit de rester sur notre garde, et que la liberté n'existe pas.

(commentaire récupéré)


Mots-clés : #amour #deuxiemeguerre #historique
par topocl
le Lun 26 Déc - 15:55
 
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Yasmina Khadra

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 41casa10

La dernière nuit du Raïs

Le Raïs, c’est Mouammar Kadhafi. Khadra se met dans la tête du Raïs qui raconte ses derniers moments. Des souvenirs lui reviennent, des pensées, qui tentent de sonder ce qui lui arrive. Khadra est bien loin de faire de lui une victime que ses origines de bédouin pauvre excuserait d’avoir agit comme il l’a fait. Mais il en parle comme on expliquerait une cause à effet. Il fait de lui un homme qui est sûr de son bon droit et que le doute n’effleure que très peu. Il fait de lui un homme qui avait déjà des problèmes de comportement dans l’enfance et qui s’est élevé dans la hiérarchie comme un échappé de l’enfermement dont il aurait eu besoin. L’hôpital psychiatrique coutait trop cher. Alors on s’est cotisé pour l’envoyer à l’école.

Il se retrouve donc acculé dans une vieille école avec quelques uns de ses partisans fervents alors que les rebelles le recherchent et se rapprochent inexorablement.

Quand il parle de lui :

Je sortirai du chaos plus fort que jamais, tel le phénix renaissant de ses cendres. […] Je suis Mouammar Kadhafi, la mythologie faite homme. S’il y a moins d’étoiles ce soir dans le ciel de Syrte et que ma lune parait aussi mince qu’une rognure d’ongle, c’est pour que je demeure la seule constellation qui  compte.
Sans moi la Libye ne serait qu’un désastre sans nom et sans lendemain. […] Je ne suis pas un dictateur ; je suis le vigile implacable. […] On raconte que je suis mégalomane. C’est faux. Je suis un être d’exception, la providence incarnée que les dieux envient et qui a su faire de sa cause une religion.


Son enfance :

Ma mère s’arrachait les cheveux lorsqu’elle constatait que je ne l’écoutait pas, convaincue qu’on m’avait jeté un sort. Elle m’avait emmené consulter toutes sortes de charlatans. […] En réalité, je n’écoutais personne pour ne pas subir leurs mensonges. On m’a toujours menti. Lorsque je demandais après mon père, ma mère me répondait expéditive : « Il est au paradis. » […] Jusqu’à l’âge de onze ans on m’a considéré comme un enfant dérangé. Il fut même question de m’interner à l’asile psychiatrique, mais mes parents étaient trop pauvres. Finalement, pour ramener le calme dans le hameau, mon clan dut se cotiser pour m’envoyer à l’école.


Moments décisif :

C’est ici dans cette ville, que j’avais sauté à la gorge d’un agent de police ; ce dernier avait giflé un père devant ses enfants simplement parce qu’il demandait son chemin. Je n’ai jamais oublié le regard de ces gamins, je n’ai rien vu de plus outrageant. […] Et j’ai dit : « ça suffit ! » Et j’ai crié : « Mort au roi ! » Et j’ai instauré la république et rétabli la justice.


Doutes :

Ce peuple m’a-t-il sincèrement aimé ou n’a-t-il été qu’un miroir qui me renvoyait mon narcissisme démesuré ?



mots-clés : #historique
par Pia
le Lun 26 Déc - 9:24
 
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Alois Jirásek

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 41z7e310

Philosophes

Roman qui se démarque de la bibliographie de Jirasek, plutôt spécialiste de romans historiques, Philosophes nous narre le récit d'évènements d'une petite ville au nord de Prague Litomysl, site sur lequel siège une importante université de philosophie et de religion qui fait la notoriété nationale de la petite bourgade.

On y rencontre quatre philosophes devant réussir leurs études mais également en prise avec leurs amours torturés et délicats au sein de la bourgeoisie tchèque.
C'est une histoire en deux plans : l'amour de la patrie et l'amour tout court. En effet le récit se passe lors des évènements de 1848 concrétisation de l'appel de Palacky et des révoltes praguoises contre l'empire basé à Vienne. Un patriotisme tchèque naît et se révolte : on veut reparler tchèque, regoûter à la culture tchèque et redevenir indépendants.

C'est aussi une certaine lutte contre la bourgeoisie et un certain conservatisme immobiliste. Les moeurs sont emprisonnés et le rôle de la philosophie est dans ce récit de le briser. C'est par le biais de ces histoires d'amour entre les étudiants et les jeunes filles que l'appel à la liberté se fait et est particulièrement touchant. Le droit de dire ce que l'on ressent, de souffrir et d'être heureux dans une société aseptisée. Récit cruellement d'actualité.

Le style est simple comme la tradition tchèque en fait l'usage. Simple mais pas simpliste, le vocabulaire est riche et varié mais sans ajout artificiel et exagéré. Le récit est souvent descriptif davantage des situations que des pensées des personnages, les dialogues ayant pour rôle d'exprimer ces pensées et l'on comprend bien pour quoi. Pour revendiquer une liberté d'expression des sentiments autant le revendiquer directement dans la manière d'articuler le récit, seuls les dialogues doivent être l'endroit où trouver les plus vives émotions des héros de l'ouvrage.

Une oeuvre agréable dans la plus pure tradition tchèque, que j'ai lu d'une traite tant et si bien que le livre n'a tenu que deux jours.


mots-clés : #historique #insurrection
par Hanta
le Dim 25 Déc - 20:47
 
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Robert Louis Stevenson

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 Enlevy10

Les Aventures de David Balfour. Enlevé. - Le Serpent à plumes

Pendant les années 1700-1720, l'Ecosse est déchirée entre les partisans du roi George et  ceux de jacques III exilé en France. Stevenson est en passe d'écrire un roman historique à la Walter Scott sur le sujet : conjurations, coups d' épées, enlèvements, etc.
Heureusement pour lui et pour nous, il rencontre mentalement les deux personnages qui vont animer le roman. Il écrit dans une lettre :

"J'avais commencé Enlevé à moitié pour le plaisir, à moitié pour faire bouillir la marmite. Et soudainement tout bascula. David et Alan s'échappèrent du canevas et je m'aperçus que j'étais dans un autre monde."

A dix huit ans, David Balfour devenu orphelin part de chez lui pour gagner sa vie. Il se rend chez un oncle, le frère de son père. Mais il est tellement bien accueilli qu'il manque de peu être assassiné. On apprendra rapidement que l'oncle en question craint que son neveu fasse valoir ses droits.
David est un solide gaillard et il a oublié d'être sot. Mais l'oncle réussira quand même à l'assommer et à le faire embarquer contre son gré sur un bateau pirate en route vers l'Amérique.

La suite est délectable, vous pourrez vous en assurer vous même. Stevenson a le talent de conteur d'Alexandre Dumas et quelques autres dons en plus.
Sachez seulement que le sort de David va être rapidement lié à celui d'Alan Breck, partisan de George, le roi en exil. Sa tête est mise à prix et il a l'armée de Jacques III à ses trousses.
Les voilà donc en fuite, aux prises avec la faim, la fatigue, le froid. Et forcés inlassablement de marcher, courir, se cacher à travers landes et fougères. Au risque d'être dénoncés.

Heureusement David et Alan sont jeunes et courageux. Leurs rapports certes sont  par moments orageux. Stevenson ne cache jamais leurs faiblesses. Trop pauvres pour ne pas être fiers, un brin vaniteux et bravaches, ils se disputent souvent.
Alan, l'aîné, est  téméraire et semble inflexible, mais David, tire parti au mieux de sa jeunesse et de ses caprices pour faire tourner Alan en bourrique.
Et tel est le sel de cette aventure et des rapports entre les deux amis. Qui, quand ils ne se chamaillent pas sont les meilleurs amis du monde. Amitié amoureuse ? On peut se le demander tant l'attraction des ces deux-là est forte.
Et puis, Stevenson est très à l'aise quand il s'agit de traiter de  l'ambivalence des sentiments. Ceux qui ont lu Le Maitre de Balantrae ne me contrediront pas.

C'est peut-être aussi la raison pour laquelle, Henry James aima tellement le roman.

"Personne d'autre que Stevenson , écrit James, n'aurait pu, je pense, camper un tel mélange d'observation sympathique et ironique… La plus nette supériorité du livre réside dans le fait qu'il campe deux personnages d'aplomb, d'une manière admirable."
Dans le portrait d'Alan Breck, James voit un chef-d'oeuvre et la "querelle entre les deux hommes un coup de génie."

Sachez encore que Enlevé, n'est que la première partie de David Balfour et que la suite, Catriona, sera publiée quatre années plus tard. Peu avant la mort de Stevenson.


mots-clés : #aventure #historique
par bix_229
le Sam 24 Déc - 17:18
 
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Sujet: Robert Louis Stevenson
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Joseph Boyden

Dans le grand cercle du monde

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 Image235

C'est la chronique au fil des années d'une tribu indienne  du Canada, au XVIIe siècle. Un, puis des Jésuites sont tolérés au sein de la communauté dans l'idée de favoriser le commerce avec les Français. Aux prospères  temps de paix, succède  la guerre contre  de féroces tribus rivales. Grandeur et décadence.

Le récit est à trois voix - l'un des chefs de la communauté, sa fille adoptive enlevée à la tribu rivale dans ses jeunes années, et l'un des pères jésuites. Certains épisodes sont racontés deux, voire trois fois, avec les différents points de vue. Boyden prend son temps, comme la vie à cette époque. Son style se limite un peu trop souvent à une énumération d'actions enchaînées, qui m' a longtemps tenue  à distance.

Cela fourmille de détails et d'informations dans le récit des petites habitudes et diverses cérémonies. Au début, l'anthropologique l'emporte souvent sur le romanesque. J'imagine que c'est une mine jubilatoire pour un passionné des Indiens, et un régal. J'ai été encore plus intéressée par les éléments sur la cohabitation dans l'incommunicabilité mêlée de fascination entre Européens et Indiens, avec une mise en perspective très intéressante de leurs fois, mais aussi  de leurs compromissions et illusions respectives. Boyden, observateur attentif, éminemment documenté, échappe à tout manichéisme.

Le livre prend  son souffle dans le dernier quart, les interrogations des personnages, confrontés à la rudesse de leur destin, deviennent déchirantes.  J'ai enfin trouvé que l'émotion l'emportait sur l'informatif, on se rapproche du récit légendaire,  que j'aurais aimé connaître pendant tout le livre.

(commentaire récupéré)



mots-clés : #historique #religion
par topocl
le Sam 24 Déc - 10:43
 
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Eduard von Keyserling

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 51nbbb10

Ah comme j'ai aimé la lecture d'Altesses !

L'aristocratie et ses petites princesses en attentent de couronne sont assez éloignées des univers que j'aime parcourir en littérature et pourtant, je suis très heureuse d'avoir lu Altesses et de m'être laissée prendre par la prose élégante et colorée de Keyserling.

Deux éléments ont particulièrement retenu mon attention et éveillé ma curiosité : le rapport au corps et la description de l'atomisation d'une société. Parce que, ce qu'il y a de bien avec Keyserling, c'est qu'il connait parfaitement la noblesse qu'il décrit, qu'il fait partie intégrante de cette société déliquescente, apeurée par la démocratie et s'autodétruisant lentement par respect pour des valeurs séculaires.

Mais revenons au corps. Le corps des femmes est ici, en particulier, parfaitement mis en scène par Keyserling et quand je parle du corps des femmes, je devrais dire l'absence, la confiscation, la néantisation de ce corps. Car le carcan social impose une restriction, une retenue, une distance qui donne l'illusion de la force, de la maîtrise, de la captation par le masculin du féminin. Les jeunes femmes sont ainsi étouffées par les tonnes de vêtements qu'elles portent, elles sont consignées au jardin et à l'écoute du chant des oiseaux, elles sont forcément fragiles et pures et n'ont droit à aucune liberté, toujours surveillées par leurs suivantes. Les jeunes épousées convolent avec des inconnus (la plupart du temps volages) qui ne les utilisent que comme des ventres et une fois mère, ses femmes n'ont pas le droit de prendre leurs enfants contre elle, de les caresser, de les embrasser, de leur montrer leur amour. Le corps confisqué de la femme noble est une entité abstraite qui se laisse déshabiller par une servante et ne touche jamais l'autre (ne se touche jamais vraiment non plus), du coup le moindre frôlement, la moindre caresse prend des proportions exceptionnelles dans l'esprit des jeunes oiselles.

Mais les moins jeunes ne sont pas épargnées, comme le montrent les scènes entre la princesse mère qui est veuve mais encore verte et le comte Streith célibataire. Scènes qui marquent le point rouge du désir par cette séduction glacée qui n'a pour simple distinction/déflagration que l'attouchement d'une main sur le velours d'une veste. Je reste sidérée par la puissance de feu de ce désir tu, de ce désir caché, qui éclate comme une bombe dans la nuit.

Il n'en reste pas moins que le roman raconte aussi l'atomisation de ce monde aristocratique, figé dans le formol et dont les coutures craquent. Les jeunes filles se prennent à rêver d'un travail, d'une liberté, d'un accomplissement hors des hommes et ces désirs font peur aux adultes ou leur tournent la tête. Les pères se heurtent à la légèreté de leurs fils (joueurs, endettés, coureurs…) et dans cette atmosphère de fin de règne les nobles résistances des 'anciens' ne parviendront pas à sauver leurs enfants de  l'implosion qui les guette.

Et pour revenir sur la méthode Keyserling, j'ai aimé que l'histoire passe d'un personnage à un autre, d'une identité à une autre, permettant ainsi au lecteur de découvrir les points de vue de chacun et de ne jamais s'ennuyer, bien au contraire. Dans sa postface, fort intéressante, Peter Krauss explique que pour lui le personnage principal du livre est le comte Streith, il sera pour d'autres lecteurs : Marie, la princesse mère ou la jeune et fougueuse Britta, Félix ou Hilda, Eleonore ou bien Roxane.

De cette lecture qui se déploie comme un éventail aux somptueux coloris et aux nuances impressionnistes émane un souffle à la fois rebelle et nostalgique qui reste longtemps en mémoire.  

Je note enfin, et pas seulement sur le ton du divertissement mais plutôt sur celui d'une photographie d'époque, qu'à travers ce livre je découvre ou redécouvre la manière dont les nobles occupaient leurs soirées du temps d'avant les nouvelles techniques de communication. Jeux, discussions, contemplation… tant d'attitudes princières qui donneraient presqu'envie d'attendre, le corps cerclé de taffetas étouffant, une couronne.

mots-clés : #conditionfeminine #historique
par shanidar
le Ven 23 Déc - 13:15
 
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Sujet: Eduard von Keyserling
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Mathias Enard

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 31m8iq10

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants


CONTENU:
En printemps 1506 Michelangelo fuit Rome, où le Pape Jules II attend ses services pour la construction de son monument funéraire, mais ne veut pas trop payer. A Florence il reçoit une invitation du sultan Bayezid II de Constantinople d’y construire le pont si désiré à la Corne d’Or, projet qui avait été retiré de Léonardo da Vinci, de vingt ans l’ainé. Ainsi Michelangelo arrive le 13 Mai 1506 à Constantinople et travaille pendant quelques semaines en hâte à un dessein, un projet. Il va être jeté dans et confronté avec la vie orientale et débordante, tout en couleur et exotisme.

REMARQUES:
Voilà qu’on y trouve réuni les ingrédients d’une belle petite histoire, oui, même d’une sorte de « conte » (le titre français faisant allusion à une citation de Kipling qui peut se référer à deux, trois façons de « conter » dans le livre) : un génie en contact avec un autre monde, voir un avant-goût de l’Orient dans tous ces couleurs et plénitude, musique, et finesse. Et qu’on y ajoute une prise d’amour, d’érotisme et ça marche !

Enard part d’un épisode moins connu de la vie de Michelangelo qu’on connaît partiellement par ses lettres à lui, quelques documents et desseins, ainsi que des conclusions de ses œuvres ultérieurs et par des poèmes du poète qui le traduit et l’accompagnait apparemment pendant son bref séjour dans l’Istanbul d’aujourd’hui. L’auteur remplit les vides par son imagination. Et chacun qui s’intéresse à la vie de Michelangelo ou par exemple Constantinople va se sentir bien diverti.

Les passages de travail sur le projet sont entrecoupés de temps en temps par des passages poétiques partant de l’optique d’une danseuse et chanteuse qui commente les nuits passées auprès du Florentin.

Il profite pour donner quelques coups, quelques leçons à un monde occidentale, ressenti comme intolérant (l’expulsion des maures et des juifs de l’Espagne avait juste eu lieu) et même sale, sans raffinement par comparaison à ce monde apparemment plus tolérant, plus colorié, plus soigné. En outre le grand et indiscutable génie du maître italien est quand même aussi présenté dans des tourments, des regrets, des craintes (réligieuses), voir de la pruderie, du rejet de ‘amour. Lui, si fin, est ainsi d’une grande rudesse, d’un manque de finesse.
On peut, si on est un peu attentif et sceptique à ces jugements, regretter cela.

Mais on ne va pas se faire regretter cette lecture agréable et vite faite !

Le livre a en outre reçu le PRIX GONCOURT DES LYCEENS 2010.


mots-clés : #historique
par tom léo
le Ven 23 Déc - 11:17
 
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Sujet: Mathias Enard
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Yuval Noah Harari

Sapiens Une brève histoire de l'humanité

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 18592910

D'abord il faut bien lire le titre : Une brève histoire de l'humanité il ne faut donc pas s'attendre à quelque chose d'universel, pas un truc objectif et "bêtement" chronologique genre Mallet Isaac, mais bien à une histoire spécifique proposée par Y N Harari avec ce que cela implique de subjectivité, un survol général alliant vision globale et esprit de synthèse.

Cette histoire (car cela ce lit réellement comme une histoire) nous est exposée avec un brio impressionnant, une prise de distance, dans un style fluide et accessible à tous qui n'endigue jamais ni l'érudition ni la réflexion.,La sauce  est épicée par une bonne dose d'ironie, d'humour, de paradoxes pouvant aller jusqu'à la provocation.  On est loin de l'avis hyper-pointu d'un spécialiste: Harari embrasse sans réserve l'histoire, bien sûr, mais aussi méta-histoire, archéologie, anthropologie, philosophie, sociologie, économie, théologie, sciences de toutes sortes et j'en passe...Ce mélange est éblouissant et détonnant, mais parfaitement maîtrise, et, c'est banal à dire, mais difficile à faire, j'aurais aimé apprendre l'histoire ainsi sur les bancs de l'école. Ce livre fait naître dans le lecteur beaucoup d'humilité, et en même temps le  rend plus grand qu'il n'était.

   Décrire « comment » et expliquer « pourquoi », quelle différence ? Raconter « comment » signifie reconstituer la série d'événements scientifiques qui ont conduit d'un point à un autre. Expliquer « pourquoi » veut dire trouver des relations de causalité qui expliquent l'occurrence de cette série d'événements particulières, à l'exclusion de tout autre.


Peut-être les historiens sauront-ils reconnaître des inexactitudes, des contresens ou de non-sense (voire des hérésies?). Je ne sais pas et je suis incapable d'avoir une opinion là-dessus (mais il est vrai que leur avis m'intéresserait) . Mais Harari cite ses sources, expose les théories contradictoires avant de se positionner et de  casser au passage un bon nombre nombre de mythes,

Voici donc l'histoire racontée par Y  N Harari, et son accélération incontrôlée:

La Révolution cognitive arrive sans doute par des mutations génétiques modifiant les aptitudes de socialisation, d'adaptation au monde et de pensée créative. Les chasseurs-cueilleurs coopèrent en groupes, investissent des territoires,et l'anéantissement des autres homos en est une conséquence : Homo sapiens, dernière espèce d' homo apparue, est la seule à survivre à partir de -13 000.

   A compter de la Révolution cognitive, les récits historiques remplacent les théories biologiques en tant que principales explications du développement de l'Homo sapiens. Pour comprendre le sens du christianisme ou la Révolution française il ne suffit pas de comprendre l'interaction des gènes, des hormones et des organismes, il est nécessaire de prendre en compte également l'interaction des idées, des images et des fantasmes.



La révolution agricole (-70 000)voit la main-mise de notre homo sapiens sur les espèces végétales et les autres espèces animales, mais aussi le début de l'asservissement de l'homme par le travail.

L'unification de l'humanité amène à la définition d'une zone d'extension en Asie-Afrique-Eeurope, menée par trois grands mythes : l'argent, le pouvoir et les religions (chapitre éblouissant sur les religions)

La révolution scientifique (500) (suivie de  sa petite sœur la Révolution industrielle) s'épanouit en l'Europe  d'un mélange de désir de connaissance et de désir de possession, s'ancrant sur la notion de progrès. Ses deux matrices sont les Etats et le Marché (lequel est une habile combinaison de l'argent et du capitalisme, nouvelle religion). Elle amène un bouleversement complet de l'ordre social, au détriment de la communauté et de la famille, pour produire des individus aliénés.

Cette cascade révolutionnaire a-t-elle rendu l'homme plus heureux ?

   Le regretté Neil Armstrong, dont l'empreinte de pas demeure intacte sur la lune qu'aucun vent de balaie, fut-il plus heureux que le chasseur-cueilleur anonyme qui, voici 30 000 ans, laissa l'empreinte de sa main sur une paroi de la grotte Chauvet ? Sinon, à quoi rimait de développer l'agriculture, les cités, l'écriture, le monnayage, les empires, la science et l'industrie ?



La cinquième révolution est à venir, et donc, Harari insiste bien là-dessus, imprévisible et inimaginable. S'il ne nie  pas les spectres de l'épuisement des énergies et du désastre écologique, Harari envisage comme possible, à travers une révolution cette fois-ci biologique et bionique, une simple fin de l'homo sapiens au profit d'autres êtres : lesquels?... ils verront bien!. Sans trop de regrets, au vu de comment il s'est comporté vis-à-vis de la planète, de lui-même et des autres espèces, depuis plus de 2 millions d'années. C'est une vision qui ne fait fait le choix ni de l'optimisme ni du pessimisme, dans une espèce de voie du milieu qui permet d'échapper à la souffrance. Et l'on comprend ici pourquoi il s'agit d'une brève histoire de l'humanité.

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mots-clés : #historique
par topocl
le Ven 23 Déc - 8:59
 
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Sujet: Yuval Noah Harari
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José Saramago

Relevé de terre  

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 Index112

   Le latifundium connaît parfois des pauses, les journées sont indifférenciées ou paraissent telles, quel jour est-on aujourd'hui. Il est vrai qu'on meurt et naît comme on le faisait à des époques plus significatives, car la faim ne se distingue pas dans les besoins de l'estomac et le dur labeur ne s'est presque pas allégé. Les plus grands changements se produisent à l'extérieur, davantage de routes et plus d'automobiles sur elles, davantage de radios et plus de temps passé à les écouter, les comprendre est une autre paire de manches, davantage de bières et de limonades, cependant, quand un homme se couche le soir, dans son propre lit ou sur la paille des champs, la douleur du cœur est la même et il a bien de la chance s'il n'est pas sans travail. Ce n'est même pas la  peine de parler des femmes, tant leur destin de pondeuses et de bêtes de somme reste inchangé.



Du début du siècle à la Révolution des Œillets, à travers quatre générations d'une famille paysanne , José Saramago nous raconte cent  ans de solitude, de misère et de servitudes au Portugal.
Et c'est un roman magistral, qui montre le dénuement absolu, l'obéissance servile à la Patrie, aux riches propriétaires terriens et à l'église, la prise de conscience progressive, l'audacieux chemin du progrès.

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 00000110

Ne comptez pas sur un roman social réaliste. Saramago y va de sa verve, de sa poésie, de son imagination débordante et de son humour. Sa phrase s’emporte, s'arrête, reprend, divague . Au-delà de l’émotion qui saisit face à ses personnages aussi humbles qu’audacieux il dresse la fresque historique  d'un peuple qui sort des ténèbres. Il y met ses habituels apartés de narrateur, confiant parfois l'observation aux fourmis ou aux  milans du ciel, dialoguant avec un personnage, changeant d'époque, de rythme, introduisant telle légende, telle digression, amenant des moments de puissante émotion romanesque...

Ce roman a un souffle magistral, il raconte un pays entier avec une force émotionnelle exceptionnelle.
Un très grand livre pour un très grand auteur.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #historique #social
par topocl
le Jeu 22 Déc - 13:54
 
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Sujet: José Saramago
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Simon Leys

@bix_229 a écrit:Tiens ! Je ne connaissais pas ce titre. Merci Tom Leo !


Bix,

il est possible que Prosper soit seulement parue ensemble avec Les Naufragés du Batavia. Mais j'en ai fait deux récensions différentes... Voici donc pour l'autre pièce dans l'édition:

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 41fjsu11

Les Naufragés du Batavia
Anatomie d'un massacre


2003

Première publication : « La Revue des Deux Mondes », N° 2486

CONTENU :

Dans ce récit d'une longeur d'environ 70 pages, l'auteur nous raconte les circonstances du voyage et du naufrage de la Batavia en 1629. Elle avait devié de la route maritime entre la Hollande et les colonies sur Java, et s'est échoué sur un archipel d'îlots au latge de la côte australienne. Leys se concentre alors dans sa description sur la survie des 300 passagers et marins qui seront peu à peu manipulés, isolés, voir massacrés par un psychopathe jusqu'à ce que de l'aide arrive. Comment a-t-on pu y arriver ?

REMARQUES :
On aura la chair de poule quand on lira de ce naufrage, et plus encore, de la terreur qu'un homme manipulateur exerçait via l'art du discours et une stratégie maléfique pour s'emparer du « pouvoir », voir des trésors échoués. Et le lecteur, avec les expériences du XXième siècle et ses dictatures de terreurs, ne peut que se poser des questions similaires : Comment a-t-on pu arriver là ? Qui resistera, et comment ? Où commence, où se termine la culpabilité et la co-culpabilité ? Etc...

Et ainsi Leys souligne aussi qu'à l'époque déjà le récit de ce voyage a trouvé un écho immédiat. A sa façon, ce naufrage aurait même eu plus d'influence sur l'imaginaire de l'époque que celui de la Titanic dans son temps !

Selon l'introduction, Leys a rassemblé (et on le sent) à travers des années des documents sur ce sujet, mais il mentionne que récemment Mike Dash a écrit une œuvre maîtresse sur le sujet et son propre livre ne peut que humblement diriger le lecteur vers celui de Dash : Batavia's Graveyard: The True Story Of The Mad Heretic Who Led History's Bloodiest Mutiny.

L'auteur belge essaie d'analyser les facteurs multiples qui ont pu conduire au desastre. Par exemple déjà en soi le voyage claustrophobe et sous des conditions à bord difficiles sur ce trois mats de la VOC pendant sept mois ! Les tensions internes à bord, les caractères des personnages principaux et leurs histoires. L'ambiance environnante dans laquelle certains ont grandi (surtout le grand guide, Jeronimus Cornelisz). Et ainsi de suite. Puis la survie, et la systématique procèdure de Cornelisz...

C'est d'un coté une maîtrise des documents, l'assemblage d'informations d'une façon très convaincante, mais aussi une interrogation constante autour du pourquoi, qui anime Leys. Il allie objectivité et une certaine interrogation personnelle. Les liens avec des questionnements modernes (après les horreurs du Xxième siècle) me semble évidents. Donc « une étude du mal », qui était bien présent déjà dans le passé...

Terrible, , informativ, néccessaire !


mots-clés : #historique #violence #voyage
par tom léo
le Mer 21 Déc - 15:59
 
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Sujet: Simon Leys
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Frank Westerman

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 Wester10

EL NEGRO ET MOI

En  1983, à dix neuf ans, Frank Westerman, jeune étudiant alors en vacances, découvre dans un le musée d' histoire naturelle de Banyoles un noir. Le corps est naturalisé et exposé dans une vitrine comme les animaux avec qui il voisine.
Sur le socle, une plaque indique : BOCHIMAN DU KALAHARI.

"On n'était pas chez Mme Tussaud. Je n' étais pas en train d' admirer une illusion de la réalité ; ce Boshiman n' était pas un moulage fait pour donner le frisson...
C'était une personne, écorchée puis empaillée comme on le fait pour un animal."


La stupeur passée, Westerman décide d'enquêter sur ce phénomène.

Il terminera ses études d'ingénieur et entrependra toute une série de voyages, d'abord en tant qu' étudiant puis de coopérant.
En Jamaïque puis au Pérou, où il terminait son mémoire après un stage dans une communauté paysanne du Pérou. C'était l'époque où l'organisation terroriste du Sentier lumineux s'imposait dans une partie du pays.
Westerman apprit beaucoup dans la cpommunauté paysanne : d'abord à observer, à se taire, et se rendre utile pour se faire simplement accepter.
Pas un seul instant, Westeman n'a abandonné l'enquête sur El Negro. C'est pour cette raison qu'il se rendra à Paris, au Musé d'histoire naturelle. Grâce à un polonais qui y travaille, il commence par se renseigner sur le commerce d' animaux empaillés au 19e siècle à Paris.
C'est là qu'il découvrira ceux qui, en plus des animaux naturalisés avaient envoyé aussi  un noir : El Negro. Les frères Verreaux présents dans sa région natale déterrèrent le corps et l'envoyèrent par bateau à Cuvier.
Parallèlement, il découvrira le grand débat  sur l'évolution qui agitait le monde scientifique. On était encore très loin de Darwin.
Bien au contraire, la religion s'efforçait de retarder les théories nouvelles qui pourraient mettre en danger ses propres dogmes.
C'est donc Cuvier qui régnait en maître et se fit connaitre en disséquant le corps de celle qu'on nomma la Vénus Hottentote.

Je pourrais lontemps épiloguer sur la suite d'aventures qui menèrent une fois de plus Westeman sur la piste d' El Negro, mais ce serait stupide et inutile.
Sachez seulement que Westerman revint en Catalogne et au musée de Banyoles vingt ana après son premier voyage. Il avait appris que El Negro avait disparu et avait été envoyé en Afrique pour reposer dans la terre de ses ancêtres. A la suite de protestations d'ambassadeurs et d'intellos africains. Et au grand désarroi de la conservateur du Musée et de la population de la ville catalane. Mais triomphe assuré pour un militant noir de la ville, toubib et membre du parti socialiste espagnol.
Il y eu beaucoup de bruit et de tapage à cause du  pauvre Boshiman, en haut lieu et dans les instances espagnoles autant qu'internationales.
Pour terminer, Westerman se rendra sur les lieux memes où était désormais enterré El Negro -où ce qu 'il en restait- La peau d' El Negro resta en Espagne !
Un coin perdu du Bostwana.
Entre temps, il abeaucoup appris sur l' histoire de l'esclavage et réfléchi sur l'avenir du continent africain.

Ce livre montre que la réalité -même si elle a des côtés sordides ou incompréhensibles- peut être incroyablment romanesque une fois qu'elle a été reconstruite après enquête. Mais un travail introspectif aussi profond et intelligent est rare.
Il est vrai que cette quête changea profondément la vie de l'auteur et l'auteur lui-même.
On le comprend !

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mots-clés : #autobiographie #historique
par bix_229
le Mar 20 Déc - 17:07
 
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Sujet: Frank Westerman
Réponses: 4
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Diane Meur

La carte des Mendelssohn

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 Image155

Diane Meur, sans trop savoir elle-même pourquoi, se met à s'intéresser à la famille Mendelssohn. Moses,  philosophe juif allemand du XVIIIe siècle qui prêche l'émancipation, Félix,  compositeur  prolifique plein de charme. Puis au passage Abraham, leur fils et père, « géant entre deux génies », passeur pas  si terne qu'on le croyait au départ, puis la fille de l'un, le frère de l'autre, le neveu, le lointain cousin… Jusqu'à une géante tache d'huile, joyeusement alimentée d'archives et de consultations compulsives sur Internet portant sur huit générations.

Moses  Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 Mosezs10 Felix  Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 Felix110

Diane Meur s' instruit, nous instruit, de cette  famille féconde   à travers les siècles,  dont elle dénombre pas moins de 765 descendants. Au fil des événements  historiques ou conjugaux, des opportunités ou des convictions, on change de nom, de confession, de profession, les enfants meurent en bas âge, les amours sont heureuses ou contrariées. Les portraits  sont autant personnalités, féminines ou masculines, sur lesquels l'auteur compulse, retranscrit, mais aussi rêve ou imagine , tendre vis à vis de ses personnages, et pleine d'autodérision .

Cette histoire menée en chef d'orchestre infaillible, entre biographie individuelle et déroulement historique, trouve tout son piquant par la choix de Diane Meur de se mettre en scène, écrivain à l’œuvre, avec ses enthousiasmes, ses hésitations, ses combats, ses recherches, ses rêves et délires, ses fuites d'eau… Le chapitre qui m'a le plus enthousiasmée est celui qui donne son titre à l'ouvrage, « la carte des Mendelssohn » où elle s'acharne, armée de son ordinateur, ses papiers, sa colle  et ses ciseaux, à réaliser obsessionnellement la généalogie complète du Mendelssohn, auquel elle souhaite donner, au delà d'une scrupuleuse exactitude, sa marque tout à la fois sociologique et affective (il faut dire que je m'y suis assez bien reconnue,  en cette femme « qui tien[t] tant à ce que rien ne s'efface, ne s'oublie, ne se perde, etc. », sa table de salle à manger envahie, le feutre qui finit par s'épuiser, l’œil vaguement critique des observateurs et des enfants)

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 Lacart10   Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 Index117  Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 Index215  

 

La carte des Mendelssohn est un roman historique réfléchi, qui se réclame en même temps de l'autofiction dans un mélange des genres charmeur, mêlant intime et universel, introspection et ouverture, sérieux et drôlerie.
Si on regrette que Diane Meur ait dû se limiter, choisir les destins singuliers qu’elle approfondit pour en éliminer d'autres, on se doute que ces « laissés-pour-compte » alimenteront, directement ou indirectement, ses prochaines fictions, et l'on ne peut que s'en réjouir, ce qui atténue le regret de refermer le livre, qu'on aurait bien accompagné plus longtemps.

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mots-clés : #creationartistique #historique
par topocl
le Mar 20 Déc - 13:17
 
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Sujet: Diane Meur
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Giuseppe Tomasi de Lampedusa

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 Lamped10

Le Guépard. - Giuseppe Tomasi di Lampedusa. - Ed. du Seuil. - 2007

Le guépard se situe en 1860 en Sicile, à un moment clé de l'histoire de l'Italie, celui de sa formation en tant qu'État. On peut dire que l'histoire est au coeur de ce livre, même si Garibaldi qui vient de s'emparer de la Sicile à la tête des Mille -les chemises rouges - n'y apparait qu'en ombre portée. Mais Lampedusa évite la fresque historique. Un simple épisode suffit à évoquer les combats et à indiquer l'orientation des choses. C'est aussi une chronique de famille, celle du prince Salina, aristocrate lucide et âgé, qui pressent que sa propre classe va disparaître - même s'il ne la regrette pas - au profit d'une bourgeoisie qui risque d'être pire encore. Une simple manoeuvre permettra aux privilégies de survivre en changeant simplement d'origine sociale. Selon le vieux principe : il faut que choses changent pour rester identiques...

Le guépard est aussi une autobiographie et un livre de réflexions sur la vie, la vieillesse et la mort. Et c'est peut-être l'aspect que j'ai préféré, à cause des accents profondément personnels de l'auteur. Le guépard a été adapté fidélement au cinéma par Visconti. Et si cette adaptation est superbe, le film est moins cruel que le livre et ne le fait pas oublier... C'est un livre classique et profondément maitrisé et c'est le seul roman de Lampedusa, dont on a publié aussi un recueil de nouvelles : Le professeur et la sirène, des essais littéraires dont un sur Shakespeare, et Voyage en Europe, un recueil de lettres adressées par Lampedusa à ses cousins. Le tout est publié aux éditions du Seuil.

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Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 Guypar10


mots-clés : #historique
par bix_229
le Lun 19 Déc - 18:38
 
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Sujet: Giuseppe Tomasi de Lampedusa
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Mario Levi

Istanbul était un conte

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 41d3vc10

L'éditeur a écrit:
   Istanbul était un conte. Saga familiale, livre-fleuve, déambulation intime et roman-monde, Istanbul était un conte est tout cela à la fois. Issu d'une famille juive séfarade arrivée à Istanbul au moment de la Reconquista, l'écrivain plonge dans la mémoire de sa ville natale comme s'il ouvrait une malle aux trésors. Les objets, les tableaux et les photographies sépia s'animent, et c'est la vie quotidienne de trois générations de Juifs stambouliotes au cours du XXe siècle qui prend forme. II faut accepter de se perdre dans les ruelles étroites de la ville, sur les rives du Bosphore et dans les méandres des histoires familiales : au gré des errances du narrateur, dévoilant à travers mille récits et anecdotes les secrets de chacun de ses quarante-sept personnages (qu'il inventorie dans un lexique en début d'ouvrage), le charme agit. Istanbul est un conte, comme le sont les aventures, réelles ou rêvées, de ses habitants. D'une histoire à l'autre, se dessine le portrait d'une ville-monde, mais aussi son évolution vers la modernité. La ville cosmopolite et accueillante pour les communautés étrangères change au fil des ans, tandis que retentissent jusque dans le coeur des foyers les tragédies du siècle. Puissamment nostalgique, le livre de Mario Levi tente, et ce n'est pas son moindre attrait, de sauver un monde englouti, un monde de commerçants parlant encore le yiddish et le ladino, un monde où cohabitaient toutes les traditions et toutes les religions. Istanbul était un conte est le chant d'amour de l'écrivain à sa ville, en même temps qu'une formidable invitation au voyage.


Du début de cette lecture, j’ai pensé à un collier.. chaque personnage de ce livre est une part de cette chaîne et parfois on ne les rencontre qu’une fois.. parfois ils reviennent.. mais il y a toujours un lien entre eux.

D’ailleurs le livre s’ouvre sur 47 petits paragraphes qui décrivent différents personnages qui vont faire leur apparition au cours du livre. Je conseille de les laisser de côté jusqu’à la fin.. au début, on n’arrive pas à stocker toutes ces informations et on les oublie aussi vite qu’on les lit.. mais à partir du moment qu’on est dans le livre et qu’on a lu plusieurs pages sur le destin de telle et telle personne, on arrive à comprendre le ‘concentré’ que Mario Levi donne au début.

Après ces petites esquisses sur les personnages figurant dans le livre, il y a une page avec Des contes et des souvenirs.. et c’est en effet cela..

Il est conteur qui puise dans tous ces souvenirs de multiples personnages pour faire le portrait d’une ville, mais plus que cela, il donne de la vie aux murs.. des voix aux maisons et de la magie au fleuve..

Enchantée et enthousiasmée j’étais par cette lecture.

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mots-clés : #historique #communautejuive
par topocl
le Dim 18 Déc - 16:44
 
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Sujet: Mario Levi
Réponses: 3
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Esi Edugyan

3 minutes 33 secondes

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 Indexc10


   Le jazz. Ici en Allemagne c'était devenu pire qu'un virus. On était tous comme des puces, nous les Nègres, les Juifs et les voyous de basse classe décidés à produire ce tintamarre vulgaire pour entraîner des mignonnes petites blondes dans le vice et le sexe. C'était pas une musique, c'était pas une mode. C'était un fléau envoyé par les hordes noires maudites, fomenté par les Juifs. Nous les Nègres, voyez-vous, on ne pouvait nous le reprocher qu'à moitié, c'est tout bonnement plus fort que nous. Les sauvages ont un instinct naturel pour les rythmes dégradants, aucun self-control à proprement parler. Mais les Juifs, mon frère, eux il  faisaient exprès de mijoter cette musique de la jungle. Tout ça faisait partie de leur plan démoniaque pour affaiblir la jeunesse aryenne, corrompre ses filles, diluer son sang.



C'est un groupe de jeunes gars insouciants qui ne vivent que par le jazz, leur musique. Seulement à Berlin, ça n'est pas forcément une bonne idée, en 1939. Surtout qu'il y a là deux Afro-Américains qui ont fuit la ségrégation des Etats-Unis, un Juif blond aux yeux bleus et un métis allemand au côté de deux Allemands bon teint. Et ça n'est pas forcément une bonne idée non plus de s'enfuir ensuite à Paris... Car Louis Armstrong n'est pas forcément plus fort qu'Hitler... Et dans cette ambiance de peur et de haine, l'amitié, l'amour, la musique, c'est bien beau, mais ça peut mal tourner aussi...

Déjà les rapports du nazisme au jazz, et aux Noirs, c'est pas des histoires dont j'ai beaucoup entendu parler . Et à côté de cet aspect historique, on a tous les ingrédients d'un excellent roman.  L' histoire est racontée par l'un des Noirs américains, en deux temps, car c'est à 84 ans, la vie ayant fait son chemin, que les amis vont se retrouver .Il déroule par petits bouts cette histoire d'amitié musicale rendue complexe par une femme et des différences de talent, emmêlant habilement Louis Armstrong ou Bill Coleman aux personnages fictionnels. Une amitié qui va et vient entre chaleur et moqueries complices, rendue par des dialogues peaufinés aux petits oignons.

La voix d'Esi Edugyan impressionne par sa vivacité, sa justesse, dans un style où se mêle la proximité de l'oralité et des élans d'une beauté âpre et troublante pour parler de la peur, de la tristesse, des errances du cœur. Et de la musique, qui est là vivante, ample, joyeuse, du plaisir de jouer ensemble, consolateur et primordial. Les choses auraient été si simple sans la guerre... J'ai trouvé d'une beauté bouleversante ce roman à la fois joyeux et tragique, écrit avec une chaleur de tous les instants.

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mots-clés : #historique
par topocl
le Sam 17 Déc - 15:51
 
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Sujet: Esi Edugyan
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Pete Dexter

Tag historique sur Des Choses à lire - Page 9 Pete-d10

Deadwood 1876. Une petite ville du Dakota vit encore dans la fièvre de l'or. L'or est épuisé et devenu un vieux fantasme. Et les habitants eux-mêmes ne sont que des fantômes déambulant dans les rues boueuses. Les quelques onces de poudre d'or leur permettent tout juste de survivre. 
Dans ce décor s' agitent des mineurs, souteneurs, putains et chasseurs de tetes, tenanciers de tavernes, émigrés de fraiche date. Mais on y trouve aussi queques héros faisant partie de l' histoire réelle du Far West.

Wild Bill Hicock d'abord, mélange de hors-la-loi et d'homme de loi selon l'occurrence. Réputé tireur hors pair.
En fait, il n'est plus que l'ombre de lui-même. La maladie le ronge et il est presque aveugle. Au bout du rouleau. Il est abattu d'une balle dans le dos, un soir dans un saloon où il jouait aux cartes. Et où, contrairement à ses habitudes de prudence, il tournait le dos à la porte d'entrée.

On y verra aussi Agnès Lake, trapéziste intrépide et épouse de Bill. Une prostituée, dite La Poupée chinoise. Et Calamity Jane, la bien-nommée, et Charley Utter, fidèle compagnon de Bill.

La mythologie américaine, celle qu'a immortalisé le western est passablement mensongère et inexacte. Mais on ne demande pas à la mytholoige de ressembler à l'histoire. L'histoire, on le sait bien, est écrite par les vainqueurs...
Il s'agit simplement de valoriser la conquete de l'Ouest, la spoliation d'un peuple et d'une culture. Et donc, il fallait des héros, des martyrs et des demi-dieux.

Curieusement, le western a évolué au point d'opérer un retournement inattendu et de valoriser vaincus de l'histoire, les indiens. Pire, de tourner en ridicule le général Custer lui-même et Buffalo Bill...

On peut d'ailleurs dire à propos de Deadwood, que les héros sont fatigués et mal à l'aise dans leurs fringues de losers.
Mais que ces histoires sont belles dans leur lumière crépusculaire. Il fallait pour cela un écrivain digne de ce nom. Et Pete Dexter est celui-là !

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mots-clés : #historique
par bix_229
le Sam 17 Déc - 15:21
 
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Sujet: Pete Dexter
Réponses: 8
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