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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Ven 13 Déc - 6:24

119 résultats trouvés pour humour

Gilbert-Keith Chesterton

La sphère et la croix
Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 51zjoa10

Titre original: The ball and the cross. Roman, 300 pages environ, 20 chapitres.

Les intitulés des chapitres sont vraiment évocateurs, allez, pour la joie de les poser là:
Spoiler:

– Une discussion un peu en l’air
– La religion du juge
– Antiquités
– Une discussion à l’aube
– Le pacifiste
– L’autre philosophe
– Le village de Grassley-in-the-Hole
– Un intermède
– La dame étrange
– Une passe d’armes
– Un scandale au village
– L’île déserte
– Le jardin de la paix
– Un musée d’âmes
– Le rêve de MacIan
– Le rêve de Turnbull
– L’idiot
– Rencontres
– La dernière conférence
– Dies Iræ

Publié en 1910 à l'état de livre, parution en feuilletons échelonnés entre mars 1905 et novembre 1906 dans "The Commonwealth". C'est le troisième roman, par ordre chronologique, de Chesterton.

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Dessin de Ben Hatke, tiré de son blogue où vous en trouverez quelques autres ayant trait à "La sphère et la croix", ainsi que quelques propos sur le livre, dont il a illustré une ré-édition.
Ici un lien vers un téléchargement du livre (en version originale), ou encore ici.

La sphère et la croix est une fable, signée d'un maître-métaphysicien. Rassurez-vous, elle est garnie en paradoxes, l'écriture est leste, décapante et joyeuse, le tout est très enlevé. Pas d'inquiétude, le sens de l'humour, si particulier, est à l'habituel niveau de cette figure de proue britannique du genre. Truculent, rondement mené et jubilatoire !  

Tout commence dans le "vaisseau volant" du professeur Lucifer, accompagné par un moine-ermite âgé, bulgare "de grande sainteté", du nom de Michaël, qu'il a kidnappé dans le but de le convertir à ses idées. Croyant aborder une planète inconnue, tout en croisant le fer (verbal) sur des thèmes emprunts de symbolique avec Michaël, Lucifer manque de justesse percuter...la cathédrale Saint-Paul à Londres, surmontée d'une sphère et d'une croix. Furieux des arguments du moine, le professeur Lucifer jette Michaël hors du "vaisseau volant", celui-ci se rattrape in extremis aux branches de la croix qui surmonte la sphère.

S'ensuit un passage remarquable, poético-philosophique, celui de la descente du moine, qui rencontre un gardien, lequel l'amène via les escaliers au sol, avant de le remettre entre les mains de la police, afin de le faire interner en tant qu'aliéné.

De façon concomitante, un jeune écossais catholique (Evan MacIan) fracasse la vitre d'un homme de plume athée dont les écrits et son commerce ne provoquent qu'une totale indifférence (James Turnbull), après avoir lu en vitrine quelques propos comparatifs entre la Vierge et une divinité mésopotamienne.
S'ensuit un attroupement, une demande de régler cela en duel, et l'affaire finit au tribunal, où MacIan campe sur sa position, tandis que Turnbull, plus roué et plus au fait de ce qui peut se dire à la barre d'un tribunal londonien, s'en sort à son avantage. Mais, à la sortie, coup de théâtre: Turnbull, qui a enfin rencontré quelqu'un qui réagit à ses travaux -la chance de sa vie !-, exige son duel, et voilà nos comparses fouinant dans la boutique d'un antiquaire, afin de trouver les épées ad hoc. Ils en trouvent, ligotent l'antiquaire qui leur refusait le droit de se battre dans son jardinet, et leur duel est interrompu par le fait que l'antiquaire, s'étant libéré, a ameuté la police.

Nos protagonistes s'échappent en cab "réquisitionné" de force, puis quittent la ville afin de poursuivre leur querelle ailleurs, tandis que leur affaire fait grand bruit dans les journaux, et que la police les pourchassent. Chesterton, tout en tirant quelques remarques bien senties et paradoxales sur le journalisme et sur la marche du monde, donne dans le quichottisme.
Chesterton a toujours la délicate gaité consistant à poursuivre un genre prisé il y a longtemps, et qui semble avoir perdu ses lettres de noblesse, la farce, ainsi que le burlesque, comme à plusieurs reprises souligné pour ce qui concerne d'autres de ses romans, que j'ai eu la joie de commenter sur ce fil.

Mais Turnbull et MacIan seront sans cesse interrompus dans leurs tentatives de duel, ce qui participe à l'effet comique. Un pseudo-ange pacificste (?), un philosophe sanguinaire quelque peu dérangé, la marée, une dame de la haute société qui les sauve de la police, jusqu'à une fuite en bateau sur une île de la Manche (où, grimés, ils intervertissent leurs rôles en quelque sorte, pour quelques pages savoureuses), et même sur ce qu'ils croient être une île déserte ils sont sans cesse conduits à remettre leur duel.

Je ne vais pas m'étendre sur le pourquoi c'est si spécifiquement pré-kafkaien et pré-borgésien, ce serait vraiment trop dévoiler. Les personnages secondaires, empêcheurs de s'entretuer en rond ou non, sont remarquables. Et le monde -la société moderne- qui empêche deux gentlemen de s'entretuer pour un prétexte qui, paradoxalement toujours, pourrait être le seul qui vaille, donne aussi l'occasion à Chesterton de renverser ce qui est interprété comme la folie ordinaire du côté de la normalité, et vice-versa. Le retournement du regard du lecteur est finement amené, c'est, là aussi, très chestertonien, et de haute volée.

Chesterton, ailleurs que dans ce roman a écrit:Toute ma vie, j’ai aimé les bords, les arêtes ; et la limite qui amène une chose à se dresser très vivement contre une autre.


Pour les principaux caractères, Michaël/Lucifer (très allégoriques) et MacIan/Turnbull sont, peut-être, à rapprocher de Chesterton/G-B Shaw, ou encore Chesterton/Robert Blatchford (directeur de The Clarion comme, dans le roman, Turnbull est directeur de The Atheist).

Il est intéressant de noter la complicité de Turnbull et MacIan, fraternisant, somme toute, très vite dans l'adversité. MacIan veut expédier le duel avant de trop éprouver d'amitié (=caritas, amour du prochain) envers Turnbull. Et le non-dit final, déductible (permettez que je reste vague, c'est pour l'intérêt des futurs lecteurs) les rapproche encore plus.

Affirmer que j'ai aimé & aime ce livre est peu affirmer.
Je m'efforce de ne rien dévoiler, de tout laisser intact pour que ceux qui sont susceptibles de le parcourir.
Au surplus quelques extraits:

Chapite II a écrit:Londres l'intimida un peu, non qu'il le trouvât grand ni même terrible, mais parce que cette ville le déconcertait. Ce n'était ni la Cité d'or ni même l'enfer, c'étaient les Limbes. Une émotion le saisit quand, tournant le coin merveilleux de Fleet Street, il vit Saint-Paul se dresser dans le ciel:
"Ah, dit-il après un long silence, voici une chose qui fut bâtie sous les Stuarts !".
Puis, avec un sourire aigre, il se demanda quel était le monument correspondant dû aux Brunswicks et à la Constitution protestante. Après réflexion, il opta pour une annonce juchée sur un toit et qui recommandait des pilules.


chapitre XI a écrit:Le père et la fille était de cette sorte de gens qui normalement auraient échappé à toute observation,, celle, du moins, qui dans ce monde extraordinairement moderne sait tout découvrir, excepté la force. Tous deux avaient la force sous leur apparence superficielle, comme ces paisibles paysans qui possèdent dans leurs champs d'immenses mines non exploitées. Le père, avec son visage carré et ses favoris gris, la fille, avec son visage carré et la frange d'or de ses cheveux, étaient tous deux plus forts qu'on ne le supposait. Le père croyait à la civilisation, à la tour historiée que nous avons dressée pour braver la nature, c'est-à-dire que le père croyait à l'Homme. La fille croyait à Dieu et était encore plus forte. Ni l'un ni l'autre ne croyait en lui-même, car c'est là une faiblesse décadente.  


chapitre VIII a écrit:     Je commence à comprendre un ou deux de vos dogmes, monsieur Turnbull, avait-il dit énergiquement, alors qu'ils gravissaient avec peine une colline boisée. Et je m'inscris en faux contre chacun de ces dogmes à mesure que je les comprends.

   Celui-ci, par exemple: vous prétendez que vos hérétiques et vos sceptiques ont aidé le monde à marcher de l'avant et tenu bien haut le flambeau du progrès. Je le nie. Rien n'est plus évident, d'après la véritable histoire, que chacun de vos hérétiques a bâti un cosmos de son invention et que l'hérétique venu après lui a pulvérisé ce cosmos.

   Qui donc aujourd'hui sait exactement ce qu'enseigna Nestorius ? Qui s'en soucie ? Nous ne sommes, sur ce sujet, certains que de deux choses. La première est que Nestorius, en tant qu'hérétique, eut une doctrine tout à fait opposée à celle d'Arius, l'hérétique qui le précéda, et sans aucun intérêt pour James Turnbull, l'hérétique qui vint après lui. Je vous défie de revenir aux libres penseurs du passé et de trouver un asile aupès d'eux. Je vous défie de lire Godwin ou Shelley ou les déistes du XVIIIème ou les humanistes adorateurs de la nature, à l'époque de la Renaissance, sans découvrir que votre pensée est éloignée de la leur deux fois plus qu'elle ne diffère de celle du pape.

   Vous êtes un sceptique du XIXème siècle et ne cessez de répéter que j'ignore la cruauté de la nature. Au XVIIIème siècle, vous m'auriez reproché d'ignorer sa bonté et sa bienveillance. Vous êtes athée et vous glorifiez les déistes du XVIIIème. Lisez-les au lieu d'en faire l'éloge et vous découvrirez que leur univers ne subsiste ou n'est détruit que par l'idée de divinité. Vous êtes matérialistes et vous tenez Bruno pour un héros de la science. Voyez ce qu'il a dit et vous le prendrez pour un aliéné mystique. Non, le grand libre penseur, quelles que soient son habileté et sa bonne foi, ne détruit pas pratiquement le christianisme.  Ce qu'il détruit, c'est le libre penseur venu avant lui.

   La libre pensée peut être suggestive, elle peut être excitante, posséder autant qu'il vous plaira ces mérites qui viennent de la vivacité et de la variété. Mais il est une qualité que la libre pensée ne peut jamais revendiquer...la libre pensée ne peut jamais être un élément de progrès. Elle ne le peut pas, parce qu'elle n'accepte rien du passé; elle recommence chaque fois au commencement, et, chaque fois, s'en va dans une direction nouvelle. Tous les philosophes rationalistes sont partis sur des routes différentes, si bien qu'il est impossible de dire lequel a été le plus loin. Qui peut discuter sur le point de savoir si Emerson fut optimiste à un degré supérieur ou Schopenhauer fut pessimiste ?
   C'est comme si l'on demandait si ce blé est aussi jaune que cette colline est escarpée.  


chapitre XX a écrit:- Vous me refusez ma demi-bouteille de Médoc, la boisson la plus salutaire et qui m'est la plus habituelle. Vous me refusez la société et l'obéissance de ma fille que la Nature elle-même impose. Vous me refusez la viande de bœuf et de mouton, alors que nous ne sommes pas en carême. Vous me défendez maintenant la promenade, une chose nécessaire à une personne de mon âge. Inutile de me dire que vous faites cela en vertu d'une loi. Les lois sont fondées sur le contrat social. Si le citoyen se voit dépouillé des plaisirs et des facultés dont il jouirait même à l'état sauvage, le contrat social est annulé.

- Tous ces bavardages n'ont pas de raison d'être, Monsieur, dit Hutton, car le directeur gardait le silence. Nous sommes ici sous le feu des mitrailleuses. Nous avons obéi aux ordres, faites de même.

- Tout fonctionne ici dans la perfection, approuva Durand, comme s'il avait mal entendu; tout marche au pérole, je crois. Je vous demande seulement d'admettre que si par de telles choses nous sommes privés même du confort de l'état sauvage, le contrat social est annulé. Voilà un point intéressant à débattre.


Porté, incomplet mais avec un zeste de retouches, depuis un message sur Parfum du 25 juillet 2015.


mots-clés : #fantastique #humour #religion
par Aventin
le Ven 12 Jan - 15:40
 
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Sujet: Gilbert-Keith Chesterton
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Jean-Paul Dubois

Après, il y a eu comme une respiration::

Je pense à autre chose


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Quinze ans avant le cas Sneijder, Dubois écrivait déjà la même histoire : Un homme, Paul, hospitalisé en service psychiatrique raconte son incapacité à accepter son bonheur, les failles qui s’infiltrent peu à peu dans sa vie et l’entraînent dans un système délirant , où l’autre est responsable de son enfermement, qu’il prend comme système de référence. L’autre, ici Simon, c’est le jumeau toujours honni, c’est Anna , l’ex-épouse qui s’est détachée de lui.

Dubois glisse très subtilement les indices de la fragilité de Paul, de ses petits décalages qui ne choquent pas fondamentalement en première lecture mais qui deviennent une faille profonde et sont ainsi rétrospectivement éclairés. C’est très astucieusement fait et on met longtemps à voir venir le délire, dans un glissement progressif insensible puis patent.

Une première partie d’exposition éblouissante d’humour et de vivacité mélancolique, on pense souvent à Woody Allen dans cette façon de voir décalée et désenchantée de ce juif laïque, dont le frère jumeau est outrageusement religieux et la femme goy. Une petite perte de vitesse au milieu, avec des diversions météorologiques (comme les ascenseurs dans le cas Sneijder) et une reprise en force sur la fin , où la description de ce monde clos dans lequel Paul vit,  pense et s‘enferme devient prenante.
Un roman inégal donc, intéressant, drôle mais tragique,  et brillant par moments.

Commentaire récupéré



mots-clés : #famille #humour #pathologie
par topocl
le Lun 8 Jan - 20:52
 
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Joël Haroche

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L'affaire Rosenblatt


Originale : Français, 2017

Grasset a écrit:Début des années soixante : les Rosenblatt ont posé leurs valises au Texas. Juifs au milieu de la plus importante population évangélique du pays ; russes d’origine à une époque où l’on se prépare à vitrifier les « ruskoffs » ; gauchistes dix ans après que les époux Rosenberg ont grillé sur la chaise : l’intégration ne va pas aller de soi…
Julius, le père de famille, est un avocat raté. Sa femme Rose rêve d’adaptation et entreprend à cette fin de burlesques tentatives. Leur dernier fils Nathan, génie de huit ans, scande la vie familiale de ses obscénités. Quant à l’aîné Elias, narrateur du récit, il oppose un humour salvateur aux idées morbides qui l’assaillent.
Début 1963, les Rosenblatt se lient à un jeune couple encore plus paria qu’eux : lui est un Marines dyslexique en rupture de ban, elle une fragile exilée d’URSS.
Comment imaginer, à suivre leurs innocentes parties de campagne, que bientôt va se produire une déflagration promettant enfin la célébrité à ce petit monde de paumés ?

Fable tragi-comique sur l’adaptation impossible et la revanche des humiliés, ce roman irrésistible de charme et de drôlerie nous promène avec délices dans la petite histoire pour mieux nous propulser dans la grande.



REMARQUES :
Certains, comme moi, pourraient être perplexe face à catégoriser ce roman : historique ? Humour ? Satire ? Voire, une présentation d’une vie de tentatives (échouées) d’adaptation de Juifs russes, plutôt gauchiste, dans l’Amérique du début des années 60 ? Oui, on le devinera : le cadre va jouer un rôle, et qui situe le lieu de vie au Texas, et voir s’approcher le Novembre ‘63 pourrait se douter de quelque chose. Je ne l’ai pas vu venir trop tôt…

Mais le terme de tragi-comédie pourrait aller bien : Quelle drôlerie dans les descriptions par le fils Elias, de cette vie familiale déjantée. Presque pas une phrase sans ironie, observation pittoresque… Parfois, non : souvent, à la limite de l’humour très noir ?! Mais le roman, ou l’auteur, ne se contente pas dans ce jeu là. Il y intègre une dose de cadre historique même très crédible et vrai pour l’essentiel (des gens confronté à être proches d’un événement historique par des circonstances non choisies). Juste on pourrait se demander si l’humour noir dans certains domaines devrait, peut s’appliquer « à tout ». J’étais alors gêné, moi, par le maintien de cette approche.

Oui, parfois on devine derrière la voix du narrateur fictif (somme toute un enfant d’une douzaine d’années) beaucoup trop « mûr » ou ironique pour son âge, la voix de réflexion de l’auteur. Ces deux approches ou facettes ne font aucun problème pour beaucoup, peuvent même constituer le sel de la lecture. Elles peuvent aussi être perçues comme une discontinuité, ou un manque de maintien de la ligne choisie ? Moi, je n’ai pas pu me joindre à des éloges sans bémol à ce choix. Ce qui n’empêche pas que beaucoup trouveront dans ce roman une très bonne lecture! A vous de voir !


mots-clés : #famille #humour #immigration
par tom léo
le Ven 6 Oct - 7:25
 
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Leo Perutz

Le tour du cadran

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Difficile de parler de ce roman, sans en révéler la clé, qui n'est donnée au 9e chapitre c'est-à-dire à la moitié du livre, car se serait renoncer à se faire facétieusement manipuler par Leo Perutz.
Sachez juste que c'est un texte léger, cocasse et plein d'humour.  Léger en apparence, en tout cas, car à travers 24 heures de la vie d'un jeune homme, 24 heures de galères, de quiproquos et de déconvenues,  il parle de liberté, de ce que c'est que d'avoir les mains liées par l'amour, le besoin d'argent, les convenances sociales.
Plaisant, comme toujours chez Perutz, même si ce n'est pas le meilleur.

Mots-clés : #humour
par topocl
le Jeu 5 Oct - 18:49
 
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John Steinbeck

Une saison amère

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Je vous explique en gros, parce qu'en fait je n'ai pas compris grand chose.
Ethan, héritier ruiné d'une éminente dynastie de baleiniers, est le commis d'une épicerie qui appartint autrefois à sa famille. Tout le monde le pousse à s'enrichir, quels qu'en soient les moyens, mais il  aime bien trop sa petite vie tranquille, son travail bien fait, son adorable femme et ses gosses exaspérants. Et il est heureux d'être un homme honnête et satisfait.
Mais jusqu'à un certain  point : le mal va venir tenter cet homme intègre.

Après, je n'ai rien compris aux petits magouilles et aux grosses entourloupes des uns et des autres, qui est méchant et qui est gentil, qui tire son épingle du jeu et la morale de tout cela.
J'ai beaucoup souri car Il y a une grande surprise pour moi dans ce livre, c'est son côté joyeux et plaisantin, que je n'attendais pas du tout chez Steinbeck: il ne se prend pas du tout au sérieux. Mais je  me suis heurtée au fil des pages à une incompréhension opaque, sans savoir si j'étais obtuse ou si Steinbeck entretenait à plaisir cette confusion. Et curieusement je ne me suis pas ennuyée non plus dans ce labyrinthe, tant le personnage d'Ethan est plaisant et le point de vue loufoque.

(Je confirme que la traduction d' Anouk Neuhoff  n'est vraiment pas bonne. Il vaut peut-être mieux essayer l'autre version, celle de Jean Rosenthal sous le titre " L'Hiver de Notre Déplaisir ".)


Mots-clés : #famille #humour
par topocl
le Mer 27 Sep - 22:04
 
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Sujet: John Steinbeck
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Kate Atkinson

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C'est pas la fin du monde

Des petites nouvelles façon thé corsé, un peu âcre mais réconfortant pour une galerie de personnages à la banalité attachante et à l'extraordinaire palpable. Une pointe de... réalisme magique ? sur une belle couche d'humour sur la tartine de vie assez pathétique qui constitue la trame de ces vies.

Destins mal barrés, accidents de la vie, solitudes familiales, en bref coups de mou ou gros coups de mou sur paysage de catalogues contemporains automobiles, télévisuels en guise de mantras du quotidien.

Ce quotidien et le familier de ce décor assez envahissant sont ce qui m'a fait penser à William Gibson, et pourquoi pas avec ces personnages "simples" pris dans un itinéraire bis chaotique de leur existence. Avec peut-être ce goût de ne pas les abandonner et de ne pas faire l'impasse sur le merveilleux bancal d'un monde qui dérape (surtout dans les premières nouvelles d'ailleurs, celles qui cataloguent des objets).

Il y a un goût de recette au fil des pages, mais efficace, j'ai trouvé la cuillère un peu chargée mais je pardonne volontiers (en moins dur et plus moderne ça m'a aussi rappelé des nouvelles comme celles de Buzzati).

Par contre on reparle de Gibson. cat

mots-clés : #contemporain #famille #humour #mort #nouvelle #psychologique
par animal
le Lun 4 Sep - 21:34
 
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Mario Vargas Llosa

Aux Cinq Rues, Lima

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Nous sommes au Pérou, à a fin des années 90, sous la double dictature de  la mainmise généralisée du gouvernement, et des attaques terroristes et enlèvements du Sentier lumineux.
La revue à scandale Strip-tease révèle les photos compromettantes d'une orgie à laquelle a participé Quique, richissime entrepreneur protégé par la dictature. La réponse est immédiate et le directeur de la publication en fait sauvagement les frais. Le milliardaire et ses amis, une fois la "faute" effacée, ne se posent guère  de questions et jouissent sans scrupules de leurs fortunes et de leurs émoustillantes  épouses dans une luxure assez désuète. Mais Julietta,  de journaliste à scandale se transforme en journaliste d'investigation  et n'a pas dit son dernier mot.

C'est un Vargas Llosa facétieux qui n'a plus rien à prouver, et qui s'est fait plaisir dans ce roman ludique, badin et faussement frivole.  Les dialogues tiennent une bonne moitié du texte. La niaiserie des industriels fortunés n'a d'égale que la naïveté du dictateur. Les parties de jambes en l'air coquines, torrides dans l'esprit des partenaires, sont racontées (avec détails ) dans un enrobage fleur bleu et un ton de moquerie amusée (on s'appelle "ma blondinette" et "mon petit mari").

Si Vargas Llosa s'appuie sur un arrière-fond de discours politique, il est surtout dans un film de série B avec ses multiples rebondissements plus ou moins prévisibles et ses personnages volontairement stéréotypés. Cette impression est confortée par l' ambitieux  chapitre XX, où les personnages s'entremêlent habilement en petites séquences entre-coupées dans une espèce de bande-annonce effrenée , tour de force littéraire de haut-vol parfaitement maîtrisé.

Au final , on pourrait croire que la morale est  que le pot de fer triomphe parfois du pot de terre. Je me demande si elle n'est pas plutôt que les vieux prix Nobel ont bien le droit de s'amuser, eux aussi, quitte à produire une œuvre piquante, mais mineure.


mots-clés : #humour #regimeautoritaire
par topocl
le Sam 2 Sep - 14:29
 
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Sujet: Mario Vargas Llosa
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Monisha Rajesh

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Le tour de l'Inde en 80 trains

Monisha Rajesh a grandi en Angleterre. Alors qu’elle était enfant, ses parents, tous les deux indiens, ont tenté un retour au pays ; deux années éprouvantes qui se sont soldées par un échec. Ce voyage en Inde, c'est donc pour elle l'occasion de "redonner une chance à ce pays".
Le train est au coeur de la vie des indiens, et pourtant, jamais aucun voyageur n'a écrit sur le sujet. Qu'à cela ne tienne, Monisha décide de s'embarquer pour un tour de l'Inde en 80 trains (Pourquoi 80 ? Eh bien... pourquoi pas ?).
L'ennui, c'est qu'il est mal vu et parfois dangereux qu’une femme voyage seule. Il lui faut donc d'urgence trouver un compagnon de route ; l'heureux élu est un photographe norvégien, surnommé Passepartout, et rencontré une seule fois avant le départ. Initiative quelque peu hasardeuse, d'autant qu'un tel voyage implique une proximité (et même une promiscuité) de tous les instants...

Nous embarquons donc en compagnie de ce duo bancal dans des trains de luxe ou de banlieue, en première, seconde ou troisième classe. Nous sillonnons tout le pays et pourtant, ne faut pas s’attendre à découvrir vraiment l’Inde en lisant ce livre. Les lieux visités lors des nombreuses haltes resteront des noms sur une carte... En effet, l'auteur n'a semble-t'il pas jugé utile de nous les décrire ou de se plonger dans leur histoire, à de très rares exceptions près. Son récit s’attache plutôt aux péripéties du voyage ferroviaire, et aux personnes furtivement rencontrées. Il faut d’ailleurs lui reconnaître un vrai don d'observation, et un talent certain pour retranscrire les situations dans leurs aspects les plus absurdes ou cocasses.
Au final, cela donne lieu à un texte bancal, certes sympathique, mais surtout anecdotique.  Il y a quelques bons moments, quelques séquences émotions, de l'humour, mais rien de vraiment marquant. On est loin d’un Nicolas Bouvier ou d’un Colin Thubron...
Une lecture qui ne fut pas déplaisante, mais dont je ressors plutôt frustrée...


– Ton mari, il est d’où ?
– De Norvège.
– Vous avez des problèmes ?
– De temps en temps.
– Comment ça ?
– Ça arrive, mais c’est normal quand on passe tout son temps avec quelqu’un.
– Combien ?
– Combien de quoi ?
– De problèmes. C’est des garçons ?
Il me parlait d’enfants depuis le départ.
– Oh. Non, désolé. Pas de problème.
– Pourquoi ?
– Je suis trop jeune.
– Quel âge ?
– Vingt-huit.
– Vers vingt-huit ?
– Pardon ?
– Tu vas vers vingt-huit, ou vers vingt-neuf ?
– J’aurai vingt-neuf ans à mon prochain anniversaire.
– Donc, tu est vieille. Il est grand temps d’avoir des problèmes, sinon c’est des ennuis que tu vas avoir.



mots-clés : #humour #voyage
par Armor
le Lun 21 Aoû - 4:44
 
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Sujet: Monisha Rajesh
Réponses: 1
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Gérard Oberlé

Itinéraire spiritueux


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Itinéraire spiritueux, peu cousu autour du fil conducteur de son épicurisme du vin (mais aussi des martini dry, rhum, tequila, etc.), de l’enfance à l’écriture de ces souvenirs, en passant par ses rencontres et amitiés, célèbres ou guère ‒ ce qui permet de belles découvertes ‒ (Jim Harrison, Luis Buñuel, Jean-Claude Carrière, Jean-Pierre Coffe ; le poète Norge, James Crumley, Tom Robbins, Jean-Claude Pirotte, Sylvain Goudemare ; également des chiens ‒ qui picolent aussi pour certains…), anecdotes au gré de sa vie de libraire dans l’ancien et d’éditeur (avec une dilection particulière pour les méconnus), de gastrolâtre et d’ivrogne, de voyageur (Italie, Norvège, Turquie, Egypte, Syrie, Guyane, Nouvelle-Calédonie, Etats-Unis, etc.), où l’érudition littéraire (clins d’œil, citations) se tempère d’humour rabelaisien (mais curieusement l’auteur éponyme n’est pas directement évoqué) ou zutique, canaille, voire pataphysique (comme l’idée du « monument aux ivres morts ») et de nostalgie de l’époque d’avant l’actuelle « panboétie galopante ». Une constante cependant : la correspondance livre et vin, spiritueux et spirituel.
Sans grande prétention, mais délectable, pour une première lecture de cet auteur !

« Je ne fais que raconter le substrat capricieux de mes souvenirs. » (IV)

« Les grands ivrognes, ce qui boivent tout le temps et ne font pas grand-chose d’autre, ceux qui jamais ne dessoûlent complètement, sont peut-être les derniers hommes libres. » (V)

« Je ne connais rien de plus idiot, de plus éloigné de la curiosité que l’assuétude du touriste biftèque-beaujolais réclamant son pastis à Santiago de Cuba ou son whisky en Amazonie. A chaque climat sa pommade ! Le jour où je serai coincé dans une hamada où les natifs se rincent au jus de crotale, je trinquerai au jus de crotale » (XII)

« Avec le blues, mon âme se fait volontiers buveresse. » (XV)


mots-clés : #autobiographie #humour
par Tristram
le Sam 12 Aoû - 4:59
 
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Sujet: Gérard Oberlé
Réponses: 3
Vues: 379

Gamboa Santiago

J'aime beaucoup ce titre, Perdre est une question de méthode!

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Les captifs du Lys blanc
traduit de l'espagnol ( Colombie) par Claude Bleton
Editions Métaillié

UN HOMME CACHE DANS UN HANGAR (I)

Je suis un simple greffier. Que cela soit bien clair, car en réalité l'histoire que je vais raconter n'est pas la mienne; je veux dire que l'essentiel, ce qui justifie de l'avoir écrite, ne m'est pas arrivé, sans aller jusqu'à dire que ma participation a été insignifiante. A vous de juger de mon mérite. J'en profite au passage pour préciser que j'ai toujours été ainsi, voilà sans doute pourquoi je suis greffier. J'aime copier ce que les autres racontent, rêver de drames et d'aventures qui, s'ils ne m'étaient arrivés, m'auraient peut être rendu heureux, même s'ils étaient tristes. Qu'importe la tristesse. C'est mieux que rien.

Je suis à Pékin, caché pour des raisons que j'expliquerai plus tard, dans un vieux hangar du quartier Fengtai..................................




Vous, je ne sais pas. Mais moi, quand un livre commence comme cela, j'ai du mal à le reposer, et je ne garantis pas l'amabilité de ma réponse au malheureux qui me dérange dans ma lecture sans impératif vital...
A Pékin vont se retrouver quatre personnages , un journaliste colombien censé mener une enquête sur le christianisme en Chine ,un philologue allemand qui suit à la lettre les mémoires de Pierre Loti, un jésuite prêt à tous les sacrifices pour sa foi, et un Péruvien, professeur de littérature dans une université texane . J'avoue que c'est celui là que je préfère,avec ses rêves de gloire littéraire à l'échelon planétaire:

" La suite de son oeuvre littéraire avait été écrite en exil. Ses six romans, "Tourné vers le couchant", " Histoire du charbonnier Atahualpa ", "Encore un pisco sour, chérie?" ,"Jus de lime à Lima", "Le rossignol de l'Apurimac"et " Cuzco Blues", avaient obtenu quelques articles flatteurs dans des journaux hispaniques de Miami et Los Angeles- écrits par des inconnus et, dans certains cas, par lui-même...."

En fait, ces personnages ont des points communs, la littérature,le désir d' être ce qu'ils ne peuvent pas être, , et le même objectif, mais pour des raisons complètement différentes: retrouver un manuscrit fondateur de la société du Lys blanc, héritière des Boxers.

C'est souvent très drôle, et même si l'intrigue devient vite complètement farfelue, on sait qu'elle n'est qu'un prétexte pour tourner en dérision , jamais méchamment du reste, ces quatre individus contraints de quitter leur univers de mots pour se confronter au réel. Quand on sait que l'auteur est lui même journalist et écrivain, sa manière de se mettre en scène et de rire de lui-même est extrêmement sympathique!

( récup)


mots-clés : #humour
par Marie
le Mar 8 Aoû - 21:32
 
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Sujet: Gamboa Santiago
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Sergueï Dovlatov

L'auteur tant apprécié par moi, Andreï Makine, dit dans un entretien ( http://www.lefigaro.fr/publiredactionnel/2010/05/19/06006-20100519ARTWWW00369-andrei-makine-nous-navons-pas-cree-dimage-positive.php ) qu'un certain Sergei Dovlatov (mais c'est qui???) serait pour lui à estimer plus qu'un Tchekhov (même s'il sait le peu de sens de ce genre de comparaison...) et qu'on aurait du lui donner le Prix Nobel. Si en plus un ami moscovite, grand lecteur, me dit plus ou moins la même chose, je ne peux que retenir et puis noter le nom. Et c'est ainsi qu'on découvre un nouvel auteur. Et quel auteur !


Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 Cvt_la10

La valise


Originale: Чемодан (Russe, 1986)

CONTENU :
Sergueï n'est pas fait pour être communiste ordinaire. Quand il reçoit finalement la permission de sortir de l'Union soviètique, il n'emportera qu'une valise. Une valise de sa vie précédente... Arrivé en Occident il cache la valise et seulement après des années il la redécouvre. Il l'ouvre et il est confronté avec le passé dans la forme de ces objets emportés jadis... : des chaussettes acryliques finnois, les chaussures volées au maire de Leningrad...
C'est une sorte de « comédie autobiographique », une œuvre plein de bon mots et formules, plein d'humour et nostalgie.
(Source : elements de l'édition allemande de chez Dumont)

REMARQUES :
C'est par le biais des recommandations de Makine et d'un ami russe que j'ai tenté ma chance avec ce petit livre, ce petit bijoux. Dans l'introduction Dovlatov raconte comment il fût amené de quitter l'Union soviètique dans les années 70 avec seulement une valise (contrairement à trois qui étaient permises). Et même cette seule valise ne semble plus l'intéresser, une fois arrivé à l'Ouest : il la cache sous un lit et ne va la rouvrir qu'après bien des années. Et en sortant les objets, c'est des histoires qui remontent : comment il est entré en possession de ces choses. Donc, s'ensuivent huit chapitres sur huit objets. Ces histoires sont souvent franchement drôle à en rire à souhait, puis, à voir de plus près, elles expriment aussi le profond attachement au pays, des us et coutumes (si bizarres des fois pour nous) de la Russie et le chaos, voir l'état de délire dans l'ancien Union soviétique. C'est dans la tradition de l’auto-dérision, de la comédie, mais d'une façon peut-être plus libre, plus accessible au lecteur occidental ?!

Ce fût un plaisir de lecture et une découverte. L'auteur reste noté, et des livres à découvrir !


mots-clés : #humour #immigration
par tom léo
le Lun 24 Juil - 22:07
 
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Sujet: Sergueï Dovlatov
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Peter Staphan Jungk

La traversée de l'Hudson

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Ca commence comme une bonne grosse blague juive new-yorkaise. rien n'y manque: le père physicien mondialement connu, en perpétuelle partance, la mère adorée et insupportable, et Gustav, le fils étudiant historien (sa thèse porte sur les accords de paix pendant la guerre de Cent Ans, de 1337 à 1453), fuyant ce trio symbiotique à Vienne, pour rien moins que devenir fourreur et s'enchaîner à une fadasse juive orthodoxe qui l'entraîne dans une religion rigoriste.
Mais bien sûr, derrière , il y a le tragique , car cette osmose familiale est liée au fait qu'ils sont seuls au monde, toute la famille ayant brûlé dans les camps...

On prend Gustav au sortir de l'aéroport à New-York, et sa mère est venue le chercher. Dans une superbe Cadillac blanche, les voilà engloutis, au passage du pont Tappan Zee, dans un méga-embouteillage, qui va les confronter pendant quelques heures, à leurs souvenirs, leurs démons, leurs rancœurs.

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 Images44

Peter Stephan Jungk se fait alors le roi de l'allégorie. la relation des deux protagonistes est engluée dans ce sur-place, cette impasse absolue qui va,à la levée de l'obstacle, déboucher sur une libération. Jusqu'à Gustav qui va se faire voler ses papiers , dans cette épreuve de réappropriation de son identité. Mais il n'est pas seul : le père, mort il y a un an, qui a toujours été protecteur et bienveillant , se réincarne en une forme étrange et gigantesque, échouée dans l'Hudson juste sous le pont,  "dieu fluvial", havre salvateur, nu et endormi, paysage incarné, rêve d'enfant, fantasme , golem, va savoir.

C'est donc l'histoire d'une curieuse renaissance à 45 ans, d'une libération par le passage d'une épreuve, dérisoire s'il en est. Il y a un mélange d'humour qui ne fait  pas toujours dans la finesse -tous les bons vieux clichés y passent -,  et de poésie farfelue, pour dresser le portrait de cet homme aliéné, défini par son passé et que le passage du fleuve va délivrer.


mots-clés : #communautejuive #famille #humour
par topocl
le Dim 16 Juil - 10:10
 
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Sujet: Peter Staphan Jungk
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István Örkény

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Les boites


Originale :  Tóték (Hongrois, 1967)

CONTENU :
4ème de couverture a écrit:L'arrivée d'un commandant insomniaque dans la famille Töt sème la zizanie et transforme leur vie paisible en véritable enfer ! Leur fils au front, les parents espèrent améliorer son sort en accueillant dignement son supérieur hiérarchique Varro. Les Töt se plient dès lors à toutes les lubies de ce militaire excentrique. Quiproquos et situations totalement loufoques s'enchaînent dans une comédie acide à l'humour décalé. Sous ses dehors de farce villageoise, Les Boîtes est une petite merveille satirique dont les accents absurdes font écho aux horreurs insensées de la seconde guerre mondiale.


Perché sur les hauteurs des montagnes hongroises, le village de Mátraszentanna est un havre de paix – le lieu de repos idéal pour le commandant Varró. Celui-ci débarque chez les Töt, recommandé par le fils de la famille, resté au front, qui souhaite s’attirer par là les bonnes grâces de son supérieur hiérarchique. Très vite les mœurs excentriques de ce commandant insomniaque vont mettre sans dessus dessous le quotidien bien réglé des Töt, qui acceptent toutes ses lubies avec une abnégation de plus en plus intenable… Ne supportant pas de rester inactif, le militaire s’enthousiasme pour la fabrication de boîtes en carton. Cette production finit par envahir les nuits de toute la famille, dans un absurde semblant d’activité...

Cambourakis


REMARQUES :
Comment lire un tel délire d'actions insensées sans être poussé vers la frontière intérieure qui dit que cela devient tout simplement trop grotesque ? La famille Töt va si loin dans leur souci de donner bonne impression au commandant de leur fils (ou frère), qu'ils sont capable d'oublier toute dignité. Et comme chez certains satires, le lecteur pourrait trouver ces comportements trop invraisemblables, trop exagérées. Soit  (et c'est vrai) !

Mais néanmoinson on pourrait y voir aussi le décalage entre l'horreur du front, et les ravages faites dans le caractère du commandant, ou les priorités données dans l'accueil qui veut par exemple d'abord offrir une atmosphère  « sans odeurs puants » (des cabinets du jardin...) pour ne pas inopportuner le nez (« une question de vie ou de mort!) de celui qui pourra éventuellement décider du sort de Gyula. Et si jamais on trouve une lourdeur dans l'accumulation des renoncements (on devrait se faire un image du pauvre père de famille, normalement si digne comme pompier aimé et courageux du village, et qui est transformé selon les volontés du commandant dans un jouet malléable...), un petit message du front (déjà assez au début du livre), jeté par un agent de poste soucieux de ne pas apporter des mauvaises nouvelles, nous fait s 'arrêter et nous coupe le souffle : «Gyula est (déjà tombé au champ de l'honneur... »

Ce livre fut aussi adapté au théatre (en France même encore récemment) et connu un très grand succès.

Quelle écriture grinçante ! Les plus grandes impossibilités sont présentées avec un air de naturel, comme si toute autre chose serait anormal. Pour des amateurs du genre un délice !


mots-clés : #humour
par tom léo
le Sam 1 Juil - 17:25
 
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Sujet: István Örkény
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Israel Joshua Singer

Yoshe le fou

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 51trlx10

Le grand rabbin hassidique de Nyesheve, tout puissant, richissime, mais plutôt rustre, marie sa plus jeune fille et Nahum,  tous deux âgés de 14 ans.Le jeune homme est délicat, raffiné, cultivé. Si la jeune femme, qui n'a pas appris autre chose, se dévoue pleinement à son époux, celui-ci entre dans une neurasthénie délétère. Mais le vieux rabbin épouse à son tour en quatrième noce une toute jeune femme. Celle-ci et le jeune marié tombent amoureux au premier coup d’œil. Dans ce contexte de règles, de convenances et de paraître, le jeune homme s'enferme dans sa religiosité et sa culpabilité, et devient peu à peu Yoshe le fou. Et des années après, le destin fera de cette dérive, résultat de la folie des hommes et de leurs vertus hypocrites,  la perte de la cour hassidique.

Mi-conte philosophique, mi-récit picaresque, Yoshe le fou est une critique acerbe des milieux hassidiques de l'Europe de l'Est au XXème siècle. La verve de l'auteur n'exclue pas quelques longueurs , mais Israël Joshua Singer, à travers une galerie de portraits souvent truculents,  arrive à décrire avec précisions et humour les codes et dérives de ce milieu, infatué de lui-même,  bardé  de certitudes et fausses croyances.


mots-clés : #communautejuive #humour #religion
par topocl
le Mar 27 Juin - 16:41
 
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Jim Thompson

Pottsville, 1280 habitants

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Nouvelle traduction encensée par les adeptes car enfin complète, Pottsville, 1280 habitants est un roman noir, cynique et drôle, où certains verront une fable politique.
A Pottsville, les personnages qui retiennent l'attention de l'auteur sont les perdants, des êtres chacun à sa manière veules, lâches, machiavéliques. Malheureux sans doute aussi, mais leur paresse est telle qu'ils ne veulent même pas s'en apercevoir.

Mais n'imaginez pas pour autant un roman sombre et plombant: l'humour et  l'ironie règnent en maître dans la description de ce shérif benêt (?) et sans scrupules.

Drôle dans sa noirceur, tentant quelques échappées philosophiques, Pottsville 1280 habitants décrit un Sud calamiteux , grippé dans ses propres engrenages, incapable d'avancer, et fier de tout cela.


mots-clés : #humour
par topocl
le Sam 10 Juin - 9:33
 
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Enrique Vila-Matas

Le Mal de Montano

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 Mal_de10

Le mal de Montano est défini par l’auteur dans une première phrase magistrale :

« A la fin du XXe siècle, le jeune Montano, qui venait de publier son dangereux roman sur le cas énigmatique des écrivains qui renoncent à écrire, s’est retrouvé emprisonné dans les rets de sa propre fiction et transformé en un auteur qui, malgré son inclination compulsive pour l’écriture, s’est retrouvé complètement bloqué, paralysé, changé en agraphe tragique ».


Cette maladie se traduit par différents symptômes : inflation de citations, plus ou moins authentiques

« Je viens de citer Piglia et constate que je vis entouré de citations de livres et d’auteurs. Je suis un malade de la littérature »


Transvasement de l’esprit d’un écrivain dans le cerveau d’un autre et résurrection d’écrivains disparus, ce qui entraîne des rencontres quelque peu étonnantes, comme celle-ci effectuée dans un bar de Buenos-Aires :

« Je me suis appuyé sur le comptoir long et peuplé de la pièce et ait commandé un whisky. A côté de moi, un homme de quatre-vingts ans environ, élégamment habillé, m’a regardé des pieds à la tête et, voyant que moi aussi, je le regardais, m’a demandé d’où je venais. De Barcelone, lui ai-je répondu. Je lui ai demandé d’où il était, lui. Il y eut un bref silence. J’étais français et je suis Charles Baudelaire mort, m’a-t-il répondu. »


Aussi :

« J’ai refermé le livre et me suis couché en pensant à tout cela, admirant Pavese sans être sur la même longueur d’ondes que lui, et peu après, je me suis endormi et ait vu sur une route plongée dans la brume Robert Walser en train de parler avec Musil. « Ouste, tel est mon objectif ! » disait Walser. «Tu auras beau pleurer, tu ne réussiras pas à devenir aussi réel que moi », disait Musil. « Si je n’étais pas réel, je ne pourrais pas pleurer », disait Walser. « J’espère que tu ne vas pas t’imaginer que ces larmes sont réelles », disait Musil. »


Menaces sur la bonne littérature sous forme de taupes creusant une multitude de galeries sous le volcan de cette Littérature pour la saper.

« … je me suis demandé ce qu’il adviendra de nous quand, avec l’échec de l’humanisme dont nous ne sommes plus que les funambules déséquilibrés de la vieille corde coupée, disparaître la littérature. »


Parmi ces taupes, les éditeurs et écriveurs avides d’argent facile, un gentil coup de patte à certains auteurs américains :

« Vous devriez être déjà en train de dessiner les nombreuses salles de cours de certaines universités nord-américaines où l’on se consacre à la déconstruction de textes littéraires. »


Un autre, pour les amis qui écrivent :

« On dirait que nos amis nous envoient leurs livres pour que la littérature cesse à jamais de nous fasciner. »


Bref, la maladie inguérissable ( ?) de la Littérature :

« Parler comme un livre, c’est lire le monde comme s’il était la suite d’un interminable texte. »


« C’est pourquoi, je peux, à présent, tranquillement dire qu’entre la vie et les livres, j’opte pour ces derniers qui m’aident à la comprendre. La littérature m’a toujours permis de comprendre la vie. Mais c’est précisément la raison pour laquelle elle me laisse en dehors d’elle. Je le dis sérieusement : c’est très bien ainsi. »


« Extraordinaire dimanche de printemps où je ferme les fenêtres et relis « Le Château », roman infini et incapable d’avoir une fin, entre autres, parce que l’Arpenteur ne va pas d’un lieu à l’autre, mais d’une interprétation à l’autre, d’un commentaire à l’autre, l’Arpenteur s’arrête dans tous les tournants du chemin imaginaire et commente tout. On dirait qu’il écrit pour accéder aux sources de l’écriture mais, en attendant, il commente – un ensemble de commentaires qui finissent par devenir infinis – le monde. Il a toujours l’air de chercher le premier qui a nommé quelque chose, la source originelle. Il cherche à trouver le premier qui a écrit quelque chose, l’homme qui a écrit le premier mot ou la première phrase. »


« Le style, cette facilité pour s’installer et installer le monde, est-ce cela l’homme ? Cette acquisition suspecte au nom de laquelle on fait l’éloge de l’écrivain réjoui ? (…) Il essaie de sortir. Il voit suffisamment loin en toi pour que ton style ne puisse pas te suivre. »


Mais la vie reste bien présente :

« J’écoute ce dont on parle dans les réunions, toutes « ces métaphysiques perdues dans les coins des cafés du monde entier, les idées hasardeuses à force de hasard, les intuitions de tant de pauvres hères. »


Et pour finir cette interrogation que je fais mienne :

« Je me suis souvenu de la façon dont ma génération avait voulu changer le monde et ai dit qu’il avait peut-être mieux valu que ce dont nous avions rêvé, ne soit pas devenu réalité. »


En guise de conclusion :


« Edmond Jablès dit que chaque fois que quelqu’un écrit, il court le risque de ne jamais recommencer. »


Ce qui est formidable avec Vila-Matas c’est qu’il aborde des questions fondamentales touchant à la Littérature avec une ironie, une légèreté incroyable. Comme il le dit dans une nouvelle, le propre de l’homme n’est pas l’espoir mais l’humour.  Smile


mots-clés : #humour
par ArenSor
le Mar 6 Juin - 19:45
 
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Sujet: Enrique Vila-Matas
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Béatrix Beck

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 Stella10

Stella Corfou

Une drôle d'histoire d'amour hors normes. Ca déménage cette passion entre le chef de rayon Antoine Leroy et la brocanteuse ensorcelante Stella Corfou de son vrai nom Gilberte Sanpart. Dévoué corps et âmes l'un à l'autre pour la vie cet inséparable couple mal assorti vie des aventures somme toute "normales" sauf que c'est extraordinaire.

Aux frontières de la folie douce ou furieuse, charnelle, sauvage, terre à terre, sublime. Peut-être des impasses sur une réalité (encore) plus dure, peut-être une vie à contre courant riche en incompréhensions, peut-être. Le texte est aussi fulgurant, parfois féroce, que l'image magnétique de ce couple.

La Stella du titre est une incarnation de la libération à laquelle rien ne résiste et conserve une part de mystère. Néanmoins Béatrix Beck n'élude pas les difficultés et la vieillesse est aussi son terrain et ce n'est pas moins fort avec son sens du dysfonctionnel salvateur.

On peut relever aussi la place de la littérature car Stella écrit, puis lit, et on profite de belles variations sur la même page. On pourrait aussi parler des animaux, des enfants, des vacheries, des noms et prénoms bien choisis (autre spécialité).

C'est un peu effrayant aussi, avec ou sans maladie, mais vivifiant. Une sorte de rêve aux frontières brisées... Un condensé de l'auteur toujours égale à elle-même. C'est à dire que ça pourra n'avoir l'air de rien mais il est probable que ça ne vous lâchera pas.

A noter que les illustrations un peu zarbi de Florence Reymond accompagne pas mal le texte en mettant en avant un trouble et des associations composites intimes.

mots-clés : #humour #initiatique
par animal
le Dim 21 Mai - 17:48
 
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Sujet: Béatrix Beck
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Saki

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 Saki10

Le bœuf en visite , nouvelles choisies et présentées par Graham Greene , traduites de l'anglais par Jean Rosenthal

Quel agréable moment passé en compagnie des personnages facétieux et cruels de Saki ! Je rejoins complètement l'enthousiasme d'Armor après une lecture qui a été particulièrement rigolote, comme si Saki donnait à ses lecteurs de petits bonbons apparemment innocents qui explosent sous la langue en y laissant un goût insolite et inattendu.

Une lecture des plus réjouissante à recommander à ceux que la morosité guette et qui n'ont pas peur d'être un peu secoué dans leur retranchement, car si Saki est drôle, il est aussi cruel, cruel comme un enfant qui s'amuse à arracher les ailes d'une mouche…

Le lecteur croise beaucoup de ladies, d'animaux exotiques et de mômes dans ces nouvelles mais ils sont loin des 'faiblesses' que certains hommes leur prêtent, au contraire même, les dames y sont d'une rare intelligence et d'une grande ingéniosité, jamais à cours de ressources incroyables pour transformer une banale histoire en tragi-comédie.


Je me suis bien gondolée !


mots-clés : #humour #nouvelle
par shanidar
le Ven 14 Avr - 17:16
 
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Sujet: Saki
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Raymond Queneau

Zazie dans le métro

Tag humour sur Des Choses à lire - Page 4 Tylych89

- Zazie, déclare Gabriel en prenant un air majestueux trouvé sans peine dans son répertoire, si ça te plaît de voir vraiment les Invalides et le tombeau véritable du vrai Napoléon, je t'y conduirai.
- Napoléon mon cul, réplique Zazie. Il m'intéresse pas du tout, cet enflé, avec son chapeau à la con.
- Qu'est-ce qui t'intéresse alors ?
Zazie ne répond pas.
- Oui, dit Charles avec une gentillesse inattendue, qu'est-ce qui t'intéresse ?
- Le métro.


Ce livre est la gaieté même et pourrait être une prescription à la bonne humeur.  Raymond Queneau , ce monument du mouvement OULIPO ,  il cause, il cause, pour ne rien dire…ou tout dire d’un rien  ou le rien qui dit tout… ou peut-être tout ça finalement. Visez l’artiste.
On peut rester circonspect en lisant ce roman, mais personnellement   j’ai bien "crouté", la recette  des  jeux de mots et du burlesque  des personnages  m’a mise en appétit. Je vais donc cajoler le saugrenu,  me faire tendre avec  la gramme-aire…  douce et papouillante envers ce roman.
Un puissant humour, une morale  ou pas, je n’ai pas cherché le  sens véritable  s’il y en a un… Je reste avec  l’aspect brut de légèreté, de dérision, loin de l’épigraphe d’Aristote au début du livre. Il me  semble bien plus intéressant parfois de rester à la surface d’une œuvre qui nous apporte bien plus que la décortication en vue d’y voir toujours un sens profond. Je ne serais donc pas la flicarde de la rhétorique mais bien l’arsouille cautionnant  l’anticonformisme et récidiviste pourquoi pas…l’éclatade lors des carambolages de mots  offre une voie plutôt jouissive à la trame.
Zazie dans le métro qui n’aura trouvé que la grève mais une bonne rame de loufoques.
«  La grève mon cul … J’ai vieilli »  

- Moi, déclara Zazie, je veux aller à l'école jusqu'à soixante-cinq ans. (...) Je veux être institutrice.
- Pourquoi que tu veux l'être, institutrice?
- Pour faire chier les mômes (...). Je serai vache comme tout avec eux. Je leur ferai lécher le parquet. Je leur ferai manger l'éponge du tableau noir. Je leur enfoncerai des compas dans le derrière. Je leur botterai les fesses.
- Tu sais, dit Gabriel avec calme, d'après ce que disent les journaux, c'est pas du tout dans ce sens là que s'oriente l'éducation moderne. C'est même tout le contraire. On va vers la douceur, la compréhension et la gentillesse. (...) D'ailleurs, dans vingt ans, y aura plus d'institutrices : elles seront remplacées par le cinéma, la tévé, l'électronique, des trucs comme ça.

- Alors, déclara-t-elle, je serai astronaute pour aller faire chier les Martiens.



mots-clés : #humour #initiatique
par Ouliposuccion
le Sam 8 Avr - 21:13
 
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Sujet: Raymond Queneau
Réponses: 30
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Donald Ray Pollock

Une mort qui en vaut la peine

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Le jour où ils  enterrent leur despote de père,  qui les a élevés dans la misère et la crainte dü péché, les trois frères Jewett, réincarnation des Dalton, n'ont d’autre solution que de braquer une banque, comme le héros du seul livre qui a bercé leur enfance. Ils ont si dégourdis qu'ils ramassent moins de dollars qu'ils  n'alignent de cadavres, et bientôt, la rumeur aidant, ils se retrouvent traqués par tous les bien pensants de l'Etat: leur tête est mise à prix.
C'est une assez jubilatoire farandole de gaffes et de déboires qui les attend, sur fond d'hémoglobine, de sexe minable et de merde débordante : Pollock  ne lésine pas.

Le drame cède toujours le pas  à l'humour, et leur destin croise d'autres destins qui tissent peu à peu un portrait pittoresque de Meade, cette petite ville d'Ohio où tous finissent par  se retrouver: les soldats du camp militaire préparant au grand départ (on est en 1917), les prostituées décaties, les artistes ambulants, l'inspecteur des installations sanitaires, et Ells paysan ruiné, chanceux époux d'Eula, qui se demande bien où peut être cette Allemagne...

C'est un peu long à démarrer, on a  le temps de se  dire que ces portraits assemblés feraient autant de nouvelles épatantes, et puis Pollock donne la pleine mesure de son talent : à mi-parcours, tout  se noue, l'intrigue  attrape son lecteur, et on se régale à ce roman d'aventure habile, comique, extravagant.



mots-clés : #aventure #humour
par topocl
le Sam 8 Avr - 18:11
 
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Sujet: Donald Ray Pollock
Réponses: 3
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