Des Choses à lire
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Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Lun 27 Jan - 6:53

79 résultats trouvés pour immigration

Jean Malaquais

Les Javanais

Tag immigration sur Des Choses à lire - Page 2 41gyis10

Java, c'est une espèce de campement où s'est regroupée tout une communauté d'hommes et de familles immigrées, des étrangers sans statut social, fuyant leur misère ou leurs  oppresseurs respectifs, chacun baragouinant son jargon approximatif. A côté de Java, il y a la mine, qui éreinte et nourrit vaguement son homme, il y a le village de Vaugelas, où il fait bon boire un coup - ou plusieurs - ou tirer un coup au bordel de M Estève. Ils sont acceptés "ces gens-là" tant qu'ils travaillent et ne bousculent pas, acceptant des tâches et conditions que nul autre ne subirait. Puis viendra le temps de les jeter, M le Directeur, Monsieur le gendarme, M l'adjoint au maire sont là pour protéger les honnêtes gens..

Jean Malaquais dresse un puissant portrait naturaliste de ce ghetto où les hommes  vivent en cercle fermé, grandes amitiés, petites bassesses,  quotidien où l'on pêche obstinément les moments consolateurs pour tenir. Il distribue son attachement respectueux pour ces êtres déboussolés et sa dérision délicieusement vachard contre les petits et moyens chefs.

Ce qui donne sa grande singularité au récit, c'est une prose d'une richesse, d'une fantaisie, d'une créativité époustouflantes. C'est ciselé, pétillant d'intelligence et d'invention, entre humour et poésie. il y a bien certains moments où cette fécondité passe à la démesure, déborde, déstabilise et fait vaciller la lectrice ("Non mais qu'est-ce qu'il raconte, là, faconde ou divagation?). Il n'en demeure pas moins que c'est brillant, brillantissime.

(je la trouve curieuse, cette couverture qui illustre ton commentaire, bix)


mots-clés : #immigration #social
par topocl
le Jeu 19 Avr - 13:50
 
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Sujet: Jean Malaquais
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Gaïto Gazdanov

Tag immigration sur Des Choses à lire - Page 2 97828710

Une soirée chez Claire


Original :  Вечер у Клэр (Russe, 1929 ; paru en 1930?)

CONTENU :
Viviane Hamy a écrit:Au moment de passer enfin une nuit avec la femme de ses rêves, Claire, Nikolaï fait défiler toute une série de souvenirs concernant sa vie, son enfance, son adolescence, jusqu'à sa rencontre avec Claire. Il replonge dans sa vie familiale, sa formation auprès du corps des cadets, ses longues conversations avec son oncle Vitali sur le sens de la vie, son engagement dans l'armée Blanche

.

REMARQUES :
Dans le temps l'événement inaugurale : la nuit passée (finalement) avec Claire, se trouve au bout d'un cheminement sur lequel l'auteur va revenir dans le mode du souvenir. Kolya ne trouvant pas le sommeil après l'amour, se rappelle leur première rencontre et puis aussi l'enfance, les personnâges-clés, le temps dans l'Armée blanche.

On pourrait justifier l'importance de Claire : elle, leur « amour », sont le cadre entre l'aboutisemment d'une nuit à Paris d'un part, et de leur début de connaissance il y a une dizaine d'année dans la Russie prérévolutionnaire. Et peut-être même au centre de l'engagement de Kolya dans l'Armée blanche, de ses espoirs en quittant la Russie ? Claire, d'origine française, est de quatre ans l'ainée de Kolya/Nikolai. Celui-ci est sous le charme, là sur la plage de jeunesse, mais n'ose pas franchir le cap. Il est certainement habité par un image plutôt que par la réalité… Et là on trouve à mon avis un des sujets clés qu'il m'a semblé trouver déjà dans d'autres œuvres de l'auteur : la distance, la relation entre rêve et réalité. (Et dix années après on est en droit de se demander s'il y a une pareille attitude envers leur   relation ; amour pour Kolya, amourette pour Claire ?

On retrouve, surtout au début, aussi ces sortes d'analyse de soi-même, dans laquelle l'imaginaire et le réél, les souvenirs ET les réflexions, se melangent.

Mais dans les souvenirs de cette nuit passée ensemble, c'est toute la vie qui défile… : la description surtout de son père originale, ou, plus tard, de son oncle Vitali, retenu, mais de bon conseil et respecté. Ces descriptions de caractères sont splendides ! Plus tard, contre le conseil de l'oncle (« tu ne seras pas sur le coté de l'avenir »...), et peut-être sans grande conviction, il s'engage dans l'Armée blanche : on se retrouve en 1919/20 et il sera sur un de ces locomotifs de combats. Mais là aussi, à coté de quelques scènes de combat plus narratives, plutôt des histoires de soldats dans leur personnalité : leur courage ou leur lâcheté, leurs motivations ou leur manque de celle-ci.  Voici une palette très large de descriptions sur les combattantes. Intéressant !

Certaines transitions et allussions sont un peu mystérieuses (pour moi). Ils soulignent peut-être un certain flou ?

Certainement le réfugié Gazdanov y a mis du sien, de ses expériences lors de la guerre civile, de la fuite, de la mélancolie éternelle de ceux qui ont perdu leurs références. Je ne classe pas ce court roman à la hauteur du « Phantôme », mais ceux qui s'intéressent à l'oeuvre de cet écrivain et sa façon d'écrire, seront satisfaits...

mots-clés : #exil #immigration
par tom léo
le Lun 9 Avr - 19:34
 
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Sujet: Gaïto Gazdanov
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Jean Malaquais

Tag immigration sur Des Choses à lire - Page 2 Javana10

Les javanais

L'île de Java est un bidonville crade. C'est aussi une mine de plomb et d'argent, quelque part en Provence à la fin des années 3O.
Un bagne légal où bossent des déracinés, des migrants en rupture de démocratie.
Allemands fuyant Hitler, russes allergiques au petit père des peuples, espagnols fatigués des phalangistes, italiens écœurés par Mussolini et quelques autres.

Le travail est très dur, l'installation dangereusement précaire, et la paie ridicule. Immédiatement dépensée en vin et en filles.Selon un principe éprouvé : rien ne se perd, tout se transforme !

"C'était une mine délabrée et mal tenue. La taille s'y faisait au petit bonheur, l'abattage à la va-vite. On perçait, creusait, dynamitait à tort et à travers...
Cuvelages et boisages étaient défectueux, l'aération mauvaise.a C'était une mine mal fichue, on y puisait à meme les richesses sans ordre, sans plan, sans économie."


On écluse chez Mme Michel, épicerie, buvette, où l'iaccorte Ginette accueille les buveurs en souriant et en roulant tout ce que peut rouler une jolie fille.
En tout bien tout honneur. Elle les aime vraiment ses mineurs !
Et puis il y a Estève, le mac et ses dames, bien en cour avecc les notables et qui se prépare à en devenir un.
Le directeur est un aristo anglais manchot. Cynique et glacial.
Il vit dans une sorte de chateau. Loin du populo.
Et pour que le spectacle des taudis n'offense pas sa vue, il les a faits transporter hors de sa vue.
Il y a aussi Carboni, le gendarme, ancien militaire garde chiourme.
Il aboie et mord aux ordres du directeur.


"Les étrangers, laissez Carboni trois jours à la tête du gouvernement et on ne vous en dit pas plus, à la frontière les étrangers ou la Légion, au choix.
On voudrait au moins qu'ils aient la reconnaissance du ventre... pensez-vous, ça mange notre pain, couche avec nos françaises, il n'y en a que pour eux."


Il y a surtout un trio d'allemands particulièrement, lucides et chaleureux.
Les Javanais forment une communauté de Babel, qui jargonnent dans une langue bien à eux. Mais il se comprennent.
Ce ne sont pas des petits saints, mais il sont solidaires et leur misère ne les empêchent pas de rire de bon cœur ni de fêter un évènement.
Et quand à la fin, les choses se gâtent et que la mine va être fermée, ils vont vivre brièvement la joie pure d' une révolte sans lendemains.
Ils n'ont connu que l'errance, la misère et l'exploitation.
Alors ici ou ailleurs...

Voilà un livre tel que je l'attendais depuis longtemps.
Jorge Semprun écrivait lors d'une réédition de l'ouvrage :

"Le retout en fanfare des Javanais... Le roman de malaquais reste d'une actualité renversante. Je dirais meme, si l'on me permet cette boutade, qu'il est encore plus actuel aujourd'hui qu'au moment de sa parution."

Et il l'est toujours !
Pas le moindre dogmatisme chez Malaquais. Pas de bla bla ni de chichis.
Sa langue n'a rien d' académique. Elle est extraordinairement vivante, expressive, créatrice et profondément maîtrisée.
Malaquais a appris le français de fraîche date et, chose stupéfiante, il le réinvente.
Heureusement qu'il est resté chez nous. Déjà qu'on avait laissé partir Joseph  Conrad...


mots-clés : #immigration #social
par bix_229
le Jeu 22 Mar - 18:56
 
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Sujet: Jean Malaquais
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Joude Jassouma

Tag immigration sur Des Choses à lire - Page 2 Je-vie10

Je viens d'Alep

Joude Jassouma a grandi dans une famille où il n'était pas envisageable que les enfants fassent des d'études. Mais Joude rêvait d'un autre avenir ; avec une ténacité proprement incroyable, il est parvenu à mener de front des études d’électronique et littéraires, tout en tenant une petite boutique de réparation de magnétoscopes pour aider à subvenir aux besoins de la famille. Amoureux de Saint-Exupéry, de Vercors ou de François Villon, il était près de toucher du doigt son rêve de devenir professeur de français à l’université lorsque la guerre en Syrie a éclaté.
La famille s’est alors trouvée obligée de déménager sans cesse, fuyant l’avancée des bombardements, chaque fois un peu plus démunie. Tous entassés dans quelques mètres carrés, rationnant eau et électricité, à la merci des bombes…  

Un jour, de sa fenêtre, Joude vit un chien jouer avec une tête fraîchement décapitée… Ce fut le déclic : vivre en Syrie n’était plus possible, et ce d’autant plus que sa situation était de plus en plus précaire. En effet, ayant refusé de s’inscrire au « service militaire supplémentaire » décrété par le régime pour les hommes de moins de 42 ans, il était considéré par celui-ci comme un déserteur. Mais il était tout aussi impensable pour lui de combattre auprès des forces d’opposition ayant désormais fait alliance avec les groupes islamistes...
Joude est d’abord parti en éclaireur, traversant illégalement la frontière avec la Turquie, bientôt rejoint par sa femme et leur bébé. Ensemble, ils ont décidé de tenter la  périlleuse traversée vers l'Europe, entassés à 40 dans un canot de 6 mètres, avec la mort constamment à l’esprit… Une fois  arrivés en Grèce, c’est le hasard (et surtout de belles rencontres) qui les ont conduits sur le chemin de la France, pays qu’ils n’imaginaient pas une seconde intégrer malgré leur amour pour sa littérature, tant les images de Calais et les rumeurs les avaient convaincus qu'ils seraient rejeté par une population tout entière. Mais l’accueil chaleureux reçu à Martigné–Ferchaud, en Bretagne, leur a heureusement montré un tout autre visage de notre pays.

Ce livre, écrit en collaboration avec la journaliste Françoise de Cambronne, est rédigé dans un style très simple, qui ne s’embarrasse pas de fioritures. On ne peut qu’être touché par l’évidente sincérité de cet homme déchiré et profondément nostalgique de sa ville d’Alep. Tout au long du livre, il évoque avec émotion les merveilles  aujourd'hui en ruine d’une ville qui fut parmi les plus belles d'Orient, et le souvenir de la cohabitation pacifique d'êtres humains de toutes les confessions. (à l’exception notable des juifs, déclarés ennemis publics par Hafez al-Assad)
Hélas, cette Alep-là, gangrenée par la guerre et l’islamisme, détruite par la folie des hommes, n’existe plus… Et le retour tant espéré semble bien illusoire.

Aujourd’hui, Joude sa femme poursuivent tous deux des études à l’université de Rennes, leur petite Zaine va à la crèche, et ils ont obtenu le statut de réfugiés. De quoi envisager un peu plus sereinement un avenir en France. On ne peut que leur souhaiter de tout cœur qu’il soit le meilleur possible.





Vous pouvez lire le premier chapitre de ce livre sur le site de l’éditeur : clic


mots-clés : #autobiographie #guerre #immigration
par Armor
le Dim 18 Mar - 23:37
 
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Sujet: Joude Jassouma
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Aura Xilonen

Tag immigration sur Des Choses à lire - Page 2 Gabach10

Gabacho

Ce premier roman d'Aura Xilonen expose le parcours de Liborio, jeune mexicain qui cherche à construire sa vie dans une ville du sud des Etats-Unis. De son travail dans une librairie à ses aventures (et déboires) d'apprenti boxeur, il efface pas à pas des obstacles pour combler des manques, le poids d'une solitude et l'absence de perspectives liée à son statut de migrant, "en marge" d'une société qui le contrait à se battre à chaque instant pour trouver une légitimité personnelle.

La violence, infligée et subie, est omniprésente dans Gabacho (titre provenant d'un mot exporté par les Français au Mexique au XIXème siècle, et qui désigne désormais les Américains aux yeux des Mexicains) et la créativité littéraire d'Aura Xilonen permet de la rendre à la fois bouleversante et fascinante, tout en soulignant la fragilité d'une humanité à la recherche d'elle-même. L'exercice de la traduction était aussi redoutable et l'ouvrage se dévoile avec beaucoup de fluidité, dans un mélange de "spanglish" et d'argots divers permettant de renouveler en permanence un souffle, une inspiration.

Gabacho émeut précisément grâce à la fougue et la ferveur d'une jeunesse dépassant les souffrances, les frontières...et ce même si le roman contient quelques longueurs et semble parfois trop ambitieux dans sa structure et ses péripéties.



mots-clés : #immigration #initiatique #solitude #violence
par Avadoro
le Ven 12 Jan - 16:26
 
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Sujet: Aura Xilonen
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François Sureau

Le chemin des morts

Tag immigration sur Des Choses à lire - Page 2 Chemin10
Récit (autobiographique sans doute), de la taille d'une nouvelle (une quarantaine de pages environ), paru en 2013.

Début des années 1980. Un tout jeune brillant juriste atterrit à la Commission de recours des réfugiés (aujourd'hui Cour Nationale du Droit d'Asile). Il évoque le président de celle-ci à l'époque, pour lequel il nourrit de l'admiration, tant pour le parcours que pour la méthode.

Le chemin des morts, au Pays basque, c’est ce chemin particulier qui mène chaque maison jusqu’au cimetière. Chaque famille a le sien, et se tisse ainsi au-dessus des routes et des sentiers une toile secrète, invisible et mystérieuse, qui mène jusqu’à l’église.



Arrivé en France en 1969, fuyant la justice franquiste, Javier Ibarrategui, membre du commando qui avait assassiné Melitón Manzanas à Irún le 2 août 1968 (commissaire, tortionnaire notoire sous le régime franquiste, à la tête de la Brigada Político-Social de Guipúzcoa - à noter que cet assassinat est, à jamais pour l'Histoire, le premier attentat prémédité d'ETA) avait-il à y demeurer en vertu du droit d'asile, tandis qu'entre-temps l'Espagne était devenue une démocratie ?

Pouvions-nous seulement faire à l'Espagne la mauvaise manière de tenir pour nul et non avenu son retour au droit ?


Le cas est épineux, les sinistres GAL (Grupos Antiterroristas de Liberación) opérent, groupes occultes, para-militaires sévissant dans l'ombre y compris (et même par périodes surtout) sur sol français, lequel est considéré par ceux-ci, à tort ou à raison, comme un sanctuaire pour les activistes basques.

Et Javier Ibarrategui s'était tenu plus que tranquille en France, allant même jusqu'à désapprouver, par un écrit circulant dans les milieux clandestins, l'assassinat de l'amiral Carrero Blanco en 1973. Ce qui lui fut reproché
par ses anciens camarades comme par certaines vois autorisées de l'extrême gauche française.



Dire le droit, motiver une décision de justice est ardu.
Lorsqu'un juge adopte une solution, c'est bien souvent parce que la décision inverse lui paraît impossible à rédiger, pas davantage.


Et puis il y a les cas.
En évoquant quelques-uns d'entre eux, on survole le relativisme, chaque époque connaît le sien propre, couplé au regard, qui diffère tous les quinze ou vingt ans.
Et même les cocasseries, la filouterie pas bien méchante:
Je me souviens que ce jour-là nous avions accordé le statut de réfugié à un Zaïrois, dont nous devions découvrir ensuite qu'il s'était déjà présenté trois fois à la Commission sous des identités différentes. Il avait un beau talent d'acteur et revendait ensuite -à un prix abordable- le précieux papier à ses compatriotes.



J'ai beaucoup apprécié cette courte nouvelle (ce court récit), pas seulement pour la teneur et le questionnement central qu'il pose:
En effet -bonheur de lecteur- le style est ramassé, concis, cependant à l'opposé du type script ou scénario, sobre mais jamais sec, toujours à grand pouvoir évocateur: que l'auteur en soit remercié...

mots-clés : #autobiographie #exil #immigration #justice
par Aventin
le Sam 16 Déc - 19:10
 
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Sujet: François Sureau
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Alice Zeniter

Heureuse d'avoir rencontré cette intelligence au service de la modestie, j'ai voulu lire un autre roman de Zéniter.

Jusque dans nos bras

Tag immigration sur Des Choses à lire - Page 2 97822510

Décidément elle assure cette jeune femme :  littérature populaire, sobre, engagée,
avec cette discrétion propre aux élégances innées.

Je suis de la génération qui a fêté ses dix ans avec le génocide rwandais, je suis de la génération qui a perdu Bertrand Cantat et découvert la Lituanie par la même occasion, je suis de la génération qui n’aura plus de pétrole alors qu’elle commence à peine à s’amuser avec les low-cost, je suis de la génération qui ne peut pas accueillir toute la misère du monde.


ça commence ainsi, et l'auteur nous raconte dans ce livre un mariage blanc, et les raisons et questions qu'il suppose et entraine.
C'est aussi  l'occasion de voir confirmée la maîtrise de l'auteur. Ici le ton de la narration mime l'effervescence adolescente des années 90, son humour et son inventivité, on dirait "un ton djeun's", mais auquel serait ajouté un vrai brin de talent. La bande d'amis que l'on suit a ses codes, communs à ceux que notre mémoire ou notre vécu peuvent avoir gardés de ce microcosme de l'adolescence, mais aussi ses vraies trouvailles et cosmogonies qui rendent ce livre plus complet qu'un simple document transcriptif d'une époque et d'un milieu.
Zeniter brosse les liens forts et si particuliers que la jeunesse a la générosité de rendre superlatifs et y ajoute son don de passeuse pour nous faire toucher à l'empathie de la situation.

Je n'aime pas particulièrement frayer avec les codes de l'adolescence , en littérature, ceux qu'elle exhume restent surtout universels avant que d'être exceptionnels, mais c'était une chouette lecture, qui donne davantage la place à son talent d'écrivain que dans "L'art de perdre", où elle ne se permet pas de jeu stylistique réel. Ici, par le jeu du rythme, des mimétismes nécessaires pour mobiliser notre empathie, j'ai trouvé du brio. Ceux-ci sont habiles et fantasques. Ce roman constitue aussi certainement un beau morceau autobiographique où se dessine la spécificité d'une intelligence, et je me répète, à mon avis, humble , aux accents sobres,  mais aigus : l'intelligence altruiste.

mots-clés : #immigration
par Nadine
le Sam 25 Nov - 14:50
 
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Sujet: Alice Zeniter
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Colombe Schneck

Sœurs de miséricorde

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Azul, petite fille Quechua, est élevée par sa mère qui ne sait pas lire mais qui sait aimer, et transmettre l'amour du travail bien fait, et l'amour du prochain. Pauvre parmi les pauvres, déterminée, elle offre à ses neuf petits, sans jamais se plaindre, une enfance qui ressemble au paradis avec son verger croulant sous les fruits.
Mais dès 10 ans, Azul doit quitter l'innocence et, tout en étudiant, travailler pour survivre, subir la dure loi du machisme bolivien, élever à son tour deux enfants, et pour se faire, s'expatrier seule, à Rome ou à Paris. Dans cette solitude étrangère, recueillie par la générosité de religieuses, elle conserve précieusement cette force irradiante héritée de sa mère, et la transmet autour d'elle.

La matière de base du roman était riche, car toute la société bolivienne transparaît ici, c'est très documenté; et touchante, dans cette enfance bolivienne, cette lutte perpétuelle, cette immigration économique vécue par une jeune femme que la force ne quitte jamais. Voila, l'histoire sociale, cette proximité avec la résilience des personnages,  c'est le point fort de ce bouquin.

Seulement Colombe Schneck oublie trop souvent qu'elle écrit un livre et non un article de reportage, le style est  quand même  indigent.

Tant pis pour le style dirons-nous, mais alors , le message? Et bien j'ai été carrément gênée par ce discours implicite : le bonheur des pauvres, aux innocents les mains pleines, la bonté qui vient à bout de tout, etc...La jeune et riche patronne  parisienne d'Azul enviant sa capacité à si bien faire le ménage et convertie à la bonté, non, je dois dire, je n'ai pas marché...(mais j'ai le cœur sec, je sais pale )




mots-clés : #biographie #conditionfeminine #immigration #social
par topocl
le Ven 10 Nov - 14:23
 
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Sujet: Colombe Schneck
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Alice Zeniter

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L'art de perdre

Je découvre cette auteure avec cette sortie toute récente. J'ai souhaité lire ce livre parce que j'ai lu qu'il se construisait sur les questions de l'immigration algérienne en France lors de la guerre d'indépendance. Je vis dans l'Hérault, une grande communauté de Harkis a dû s'installer ici à l'époque, j'avais donc entendu ce terme, il y avait eu aussi à l'époque de Frêche une cabale , si certains s'en souviennent sur ces questions communautaires etc.

J'ai voulu lire ce livre pour trouver une parole avertie et j'ai eue raison de le faire, j'ai beaucoup de joie à avoir lu une analyse romancée mais avertie, qui n'ait pas de caractère "ethnographique", ce livre raconte plusieurs générations prises dans la violence géopolitique malgré elles . J'ai reconnu dans la figure de la grand mère ou du grand père beaucoup de mes propres ascendants, l'auteur sait niveler les présupposés, et explose avec brio tout caractère culturel au profit des caractères universels, et c'est de cela que j'avais soif,
le style d'écriture est assez discret, fluide, sans fioriture, Alice Zeniter sait raconter, orchestrer, aussi. J'ai beaucoup appris. Le récit est mené sans prétention, avec un ton clair, assez à l'image de l'auteure elle même, que j'ai écouté en interview depuis, elle sait passer beaucoup de choses, n 'est pas dans la concession mais privilégie l'approche subtile,
encore une fois je reste très peinée de devoir comprendre que les guerres, sans cesse, et les dominations, entourent tant de destins individuels de leur immonde cruauté.

Je dirais enfin, sur le plan purement littéraire, que Zeniter se place dans la lignée des auteurs conteurs, elle ne travaille la matière des mots, je crois, qu'avec pour exigence d'être exacte, et sincère. ça pourra décevoir des lecteurs, pour ma part j'ai aimé qu'elle puisse transmettre sa vision de toute cette complexité sans effets de style trop pompiers.Je trouve déjà énorme qu'elle nous offre des moyens de comprendre et relier des facettes de réalité si brûlantes encore de gifles.


mots-clés : #guerre #historique #immigration
par Nadine
le Ven 13 Oct - 18:39
 
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Sujet: Alice Zeniter
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Daniel Mendelsohn

L’étreinte fugitive

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Daniel Mendelsohn  , pour moi comme pour beaucoup, ça a d'abord été le choc de Les disparus. Le succès aidant, est parue en français l'étreinte fugitive, premier volet de sa trilogie. La parution récente du troisième opus,  Une odyssée : un père, un fils, une épopée, est l'occasion pour moi de m'y replonger. Moins abouti sans doute, plus confus, moins centré, l'étreinte fugitive reste une lecture riche et pleine d'ouvertures.

Si la tragédie était, comme nous nous plaisions à le croire parfois, le théâtre de l'affrontement du Bien et du Mal, elle ne serait pas aussi captivante : la tension qu'elle suscite vient de quelque chose de beaucoup plus complexe et intéressant, qui est le conflit entre deux idées du Bien.


Daniel Menselsohn aime les "garçons", il vit à Chelsea, quartier gay de New-York et fréquente les lieux de drague, les sites de rencontres,  cumule les rencontres d'une nuit ou d'un instant, sans lendemain et sans intimité, pour le plaisir du jeu et de la multiplicité.
Daniel Mendelsohn habite aussi dans le New Jersey, un quartier à la bourgeoisie conformiste, auprès d'une femme célibataire, Rose, qui, une fois enceinte, lui a demandé d'être l'élément masculin auprès de cet enfant, Nicholas. Auprès de lui il apprend l’importance  de la permanence, de la sagesse, l'intensité de la filiation.
Daniel Mendelsohn est le descendant de Juifs polonais émigrés aux Etats-Unis entre deux guerres, et dont l'histoire familiale est aussi complexe et pleine  de sens que celles de la tragédie grecque.
Daniel Mendelsohn ne renonce à aucune de ces trois images de lui, qui se reflètent  et se répondent à l'infini dans un miroir qu'il se tend à lui-même.

Ce qui donne un sens à cet amalgame parfois confus,  est une expression du grec ancien, dont Mendelsohn est un érudit passionné : deux particules, men ... et de... qui n'ont de sens l'une sans l'autre, et qu'on pourrait traduire par d'un côté... et de l'autre côté , et qui, nous dit-il, sous-tendent la pensée grecque. Quelque chose qui a à voir avec la dualité, le paradoxe, l’ambiguïté, le compromis. Quelque chose qui apprivoise la complexité : gay et père, sujet et objet, volage et fidèle, Américain et juif, fils et père, confronté à la beauté comme à la perte.

Dans la famille de cet homme, les photos avaient une importance suprême parce que c'était la preuve de la beauté et qu'après avoir  tout perdu, leur maison, leur terre, leur brasserie, leur boucherie en gros, leurs camions, leurs domestiques, leurs filles et leur dignité, il ne leur restait que la beauté.


C'est livré dans un livre exigent, sans concession, qui ne s'offre pas le luxe de la simplicité, de la chronologie, parce que ce ne serait pas le reflet de la vie, de ses surprises, de ses traquenards. Mendelsohn suit ses pensées, saute d'un personnage à l'autre, d'une époque à l'autre pour tracer un trajet plein de contre-temps, de digressions  et de détours. L'ensemble est disparate, parfois sans queue ni tête, et l'unité lui vient par une réflexion implicite sur les liens entre vie vécue, littérature, mythes, histoires, mensonges qui sont la source de son identité.

Nous allons voir des tragédies parce que nous avons honte de tout compromis, parce que nous trouvons dans la tragédie la beauté pure de l'absolu, une beauté qu'on ne peut avoir si on choisit de vivre.



mots-clés : #autobiographie #communautejuive #contemythe #famille #identitesexuelle #immigration
par topocl
le Mer 11 Oct - 21:39
 
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Willa Cather

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Destins obscurs

Dans une langue simple, au rythme presque biblique, Willa Cather nous livre une Amérique plus proche de Whitman que de James, en marge de la modernité et des métropoles, un univers d'une humanité bienveillante où chaque mot durement conquis s'efforce de traduire les sentiments des petites gens. Tourmentée par la mort imminente de sa mère. Willa Cather signe avec ces trois nouvelles, inspirées par le Nebraska de son enfance, ses textes les plus autobiographiques. Elle confie à l'une de ses amies : Notre présent est en ruines mais quel beau passé nous avons eu.

Résumé de l'éditeur.


Je voudrais vous parler d'un joyau que j'ai lu cette semaine. Un recueil de nouvelles de Willa Cather qui est une leçon de bienveillance et cela fait du bien dans notre monde actuel.
Le titre peut vous rebuter mais non : bien sûr,il y est question de mort ou d'absence ou de vies laborieuses mais l'émotion gagne sur la tristesse. C'est l'occasion de parler de l'immigration tchèque dans la première nouvelle, en même temps et du puzzle des cultures de la nation américaine dans la seconde...

Si vous voulez oublier l'individualisme de nos vies, précipitez-vous sur ce recueil qui vous parle d'une autre époques en de biens jolis mots avec des personnages attachants que l'on ne peut oublier !  On referme le livre en se promettant d'être meilleur...


Inutile d'insister mais j'ai adoré.

Mots-clés : {#}immigration{/#} {#}nouvelle{/#} {#}traditions{/#}
par Invité
le Dim 8 Oct - 21:36
 
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Sujet: Willa Cather
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Joël Haroche

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L'affaire Rosenblatt


Originale : Français, 2017

Grasset a écrit:Début des années soixante : les Rosenblatt ont posé leurs valises au Texas. Juifs au milieu de la plus importante population évangélique du pays ; russes d’origine à une époque où l’on se prépare à vitrifier les « ruskoffs » ; gauchistes dix ans après que les époux Rosenberg ont grillé sur la chaise : l’intégration ne va pas aller de soi…
Julius, le père de famille, est un avocat raté. Sa femme Rose rêve d’adaptation et entreprend à cette fin de burlesques tentatives. Leur dernier fils Nathan, génie de huit ans, scande la vie familiale de ses obscénités. Quant à l’aîné Elias, narrateur du récit, il oppose un humour salvateur aux idées morbides qui l’assaillent.
Début 1963, les Rosenblatt se lient à un jeune couple encore plus paria qu’eux : lui est un Marines dyslexique en rupture de ban, elle une fragile exilée d’URSS.
Comment imaginer, à suivre leurs innocentes parties de campagne, que bientôt va se produire une déflagration promettant enfin la célébrité à ce petit monde de paumés ?

Fable tragi-comique sur l’adaptation impossible et la revanche des humiliés, ce roman irrésistible de charme et de drôlerie nous promène avec délices dans la petite histoire pour mieux nous propulser dans la grande.



REMARQUES :
Certains, comme moi, pourraient être perplexe face à catégoriser ce roman : historique ? Humour ? Satire ? Voire, une présentation d’une vie de tentatives (échouées) d’adaptation de Juifs russes, plutôt gauchiste, dans l’Amérique du début des années 60 ? Oui, on le devinera : le cadre va jouer un rôle, et qui situe le lieu de vie au Texas, et voir s’approcher le Novembre ‘63 pourrait se douter de quelque chose. Je ne l’ai pas vu venir trop tôt…

Mais le terme de tragi-comédie pourrait aller bien : Quelle drôlerie dans les descriptions par le fils Elias, de cette vie familiale déjantée. Presque pas une phrase sans ironie, observation pittoresque… Parfois, non : souvent, à la limite de l’humour très noir ?! Mais le roman, ou l’auteur, ne se contente pas dans ce jeu là. Il y intègre une dose de cadre historique même très crédible et vrai pour l’essentiel (des gens confronté à être proches d’un événement historique par des circonstances non choisies). Juste on pourrait se demander si l’humour noir dans certains domaines devrait, peut s’appliquer « à tout ». J’étais alors gêné, moi, par le maintien de cette approche.

Oui, parfois on devine derrière la voix du narrateur fictif (somme toute un enfant d’une douzaine d’années) beaucoup trop « mûr » ou ironique pour son âge, la voix de réflexion de l’auteur. Ces deux approches ou facettes ne font aucun problème pour beaucoup, peuvent même constituer le sel de la lecture. Elles peuvent aussi être perçues comme une discontinuité, ou un manque de maintien de la ligne choisie ? Moi, je n’ai pas pu me joindre à des éloges sans bémol à ce choix. Ce qui n’empêche pas que beaucoup trouveront dans ce roman une très bonne lecture! A vous de voir !


mots-clés : #famille #humour #immigration
par tom léo
le Ven 6 Oct - 7:25
 
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Sujet: Joël Haroche
Réponses: 1
Vues: 328

Doan Bui

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Le silence de mon père

Les mots sont comme les oiseaux gracieux que mon père admirait sur les estampes chinoises. Les mots se sont envolés de son esprit : oiseaux migrateurs, ils sont partis vers des horizons plus chauds et mon père est resté dans son éternel hiver de silence.

Suite à un AVC, le père de Doan Bui a perdu la parole. L’occasion pour l’auteur d’un triste constat : elle ne connait pas son père, cet homme qui, une fois rentré de sa journée de travail, s’installait en silence face à la télévision. Et qui n'a rien dit, sur son enfance au Vietnam, sur l’exil, sur l'impossible retour. Venu en France faire des études de médecine, n’en est jamais reparti. Il a épousé une vietnamienne, elle aussi réfugiée. Ensemble ils ont eu des enfants « banane ». Jaunes à l’extérieur, blancs à l’intérieur. Tous nés en France. De pur produit de la République française. Ne parlant pas la langue de leurs parents.
C’est d’ailleurs tout le paradoxe de Doan Bui, qui raconte à merveille le dilemme des immigrés de la seconde génération. Car Française, elle ne l'est pas vraiment aux yeux de tous. Régulièrement, on la complimente pour sa remarquable maîtrise de la langue, ou on la salue d'un retentissant : "Ni Hao !"...   Accentuant le sentiment d’imposture d’une femme qui ne sait plus très bien, en somme, qui elle est vraiment.

Je voulais tellement être Française, qu’il m’était  –m'est ? insupportable d’être confondue avec d’autres immigrés, ceux qui parlaient mal la langue de Voltaire, les Fresh of the boat, arrivés plus récemment, les blédards, les niakoués. L’affront suprême était d’être assimilée aux immigrés chinois, ceux dont on parlait avec méfiance à la télévision (clandestins, mafieux, etc., etc.).
J’avais habité un temps chez une tante dans une des tours du 13e et j’en étais venu à haïr l’odeur du nuoc-mâm imprégnée dans les murs, les sacs plastiques Tang Frères, les enseignes bariolées (...). Ah non, moi, jamais je n’habiterai là, chez les chinetoques, merci bien, plutôt mourir, c’est moche, mais c’est moche là-bas, inimaginable, je rêvais d’appartements haussmanniens moulurés, de boulangeries tradition, de fromagers, de caves à vin…
Et pourtant, aimantée, j’ai finalement posé mes valises dans une tour, en plein cœur de Chinatown, avec plein de Chinois qui me prennent pour une Chinoise, des épiceries chinoises tous les deux mètres, des coiffeuses chinoises qui s’appellent Jenny Coiffure, avec des photos de stars hongkongaises permanentées sur la devanture et une forêt d’enseignes criardes en chinois qui clignotent comme dans un casino de Las Vegas.
Ma mère en fut très contrariée. Avant mon déménagement, elle s’y est rendue et croisant un voisin blanc, elle l’a interpellé :  « Y a vraiment beaucoup de Chinois ici, non ? » Et l’autre, perplexe : « Ne vous inquiétez pas madame, ils sont très gentils.»


Ce livre, c'est donc le témoignage d'une fille partie à la recherche de son père, mais aussi d'elle-même. Paradoxalement, Doan Bui, grand reporter à l'Obs et spécialiste des sujets sur l'immigration, n’avait jamais osé franchir le mur de silence familial. Enfin, elle retrouve ses réflexes de journaliste : elle fouille, elle ose questionner, quitte à dévoiler au grand jour les secrets de famille... Croyant bien faire, nos parents se sont interdits de transmettre leur culture, ils sont restés muets sur leur histoire. Je retrouve tant de secrets dans toutes les familles asiatiques, imbriqués dans les parcours d’exil.

Au-delà de l'immigration, ce livre pose la question de la relation parent-enfant, de la parole, et de la transmission. C'est avant tout une réflexion prenante sur l'identité, d'autant plus difficile à aborder quand l'exil est de la partie... J'ai ainsi été marquée par l'aspect paradoxal d'une culture vietnamienne à la fois omniprésente et occultée. Bien qu'elle les constitue intrinsèquement, les parents Bui poussent leurs enfants à la renier. Une dualité qui, forcément, a des conséquences. Sur les parents, qui taisent leurs renoncements, leurs peurs, leur nostalgie. Sur les enfants qui, tout en étant résolument français, ressentent sans se l'avouer un sentiment d'incomplétude.
Mais cette fois, Doan Bui a décidé de tout dire. Car il n’y a aucune honte à avoir. Rien à cacher. Personne ne perdra la face.
Un témoignage dont l'impudeur se pare d'élégance, et qui, tout en retenue, dit la difficulté d'être français...


mots-clés : #autobiographie #exil #famille #immigration #devoirdememoire
par Armor
le Jeu 5 Oct - 22:53
 
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Sujet: Doan Bui
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Isaac Bashevis Singer

Le certificat

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A Varsovie peu après la première guerre, David est un tout jeune juif au grandes aspirations mais plein d'incertitudes. Il a renié la religion de ses parents, mais pas encore toutes leurs convictions obscurantistes. C'est un philosophe, un raisonneur, un écrivaillon qui rêve d'être publié, mais assez désemparé pour mener sa vie. Il écoute aussi son cœur et son corps, mais ses nombreuses et candides relations avec les femmes sont  compliquées par  les préjugés qu'il n'a pas encore dépassés. Tout cela ne nourrit pas son homme, il galère, frigorifié, le ventre vide, alternativement séduit par les idéaux communistes ou sionistes. Il attend avec impatience le certificat qui lui permettra d'émigrer en Palestine, contraint pour cela à un mariage blanc, incapable pour autant de s'imaginer un destin en Palestine où on demande surtout de bras costauds.

Largement autobiographique, de publication posthume, et donc sans doute pas le meilleur pour commencer avec cet auteur, le certificat fait revivre avec justesse les affres des Juifs polonais de l'entre-deux guerre, à travers le portait attachant d'un jeune homme désemparé, car ses élans de jeunesse se heurtent aux tragiques réalités de l'antisémitisme.

mots-clés : #communautejuive #immigration
par topocl
le Ven 15 Sep - 11:34
 
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Sujet: Isaac Bashevis Singer
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Christos Tsiolkas

Jesus Man

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Roman choc s'il en est qui décrit les péripéties et drame d'une famille grecque en Australie. Ce récit est d'ailleurs un prétexte pour dresser un portrait au vitriol et une description sans concession de la société australienne. Emploi, racisme, chômage, sexe, moeurs, multiculturalisme non assumé, perte d'identité sont autant de thèmes que l'on pourrait transposer sans peine en France. Il est d'ailleurs intéressant de les voir traités pour analyser un autre pays et à la façon de Tsiolkas. Dialogues tranchants, avis tranchés, scènes sexuelles dérangeantes, rapports familiaux poignants et choquants ce roman suinte d'angoisse et de désespoir. On peut penser à du Larry Clark romancé, ou à du Irvin Welsh. C'est dans un style brut avec la volonté de nous planter dans les yeux un décor qu'on ne veut pas voir au quotidien, avec une vulgarité non feinte mais subtile que l'on se prend à réfléchir sur notre propre identité et nos propres pulsions, nos préjugés mais aussi nos attachements et nos réflexions. Un roman utile et vif.


mots-clés : #famille #immigration #social
par Hanta
le Ven 18 Aoû - 10:29
 
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Sujet: Christos Tsiolkas
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Colm Toibin

Brooklyn  

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Eileis est une jeune fille parmi tant d'autres dans l'Irlande des années 50: entourée de sa soeur ainée et de sa vieille mère . Dans une attitude de soumission imprégnée de notions de devoirs liées à son éducation judéochrétienne , Eilis semble avancer dans la vie avec un certain détachement , sans réelle attente .
Par l'intermédiaire d'un prêtre installé aux USA , elle partira sur cette terre d'accueil et se frottera à une réalité inconnue à laquelle elle devra s'adapter : Evoluant jusqu'alors avec une obéissance aveugle aux règles morales , s'oubliant elle-même dans un effacement de l'ego , incapable presque de traduire ses émotions , Eilis s'éveillera à elle-même et aux autres .....
Immergée dans cette culture nouvelle dans laquelle elle devra faire sa place parmi tous ces exilés de Brooklynn , découvrant les premiers émois charnels , s'émancipant au fil du temps , de façon presque imperceptible pour devenir une jeune femme avec des désirs et des envies ....
Le décès brutal de sa soeur la ramènera "au pays " pour soutenir sa mère lors d'un séjour programmé pour une durée de un mois . Mais son fiancé lui imposera le mariage avant le départ ....
Le retour d'une nouvelle Eilis , pleine d'assurance , et avec une nouvelle "aura" liée à ces années passées dans le "nouveau monde" ne passera pas inaperçu dans la petite bourgade provinciale irlandaise...Une ébauche amoureuse naitra avec un ami de jeunesse , un poste d'avenir lui sera proposé ...
Et Eilis devra choisir , choisira ....pour la première fois de sa vie , délibérément ,enfin actrice de sa vie , et pleinement consciente des conséquences de ses actes ....
Brooklyn, ce serait une histoire presque bluette si on s'en tenait uniquement à cette narration : mais ce serait sans compter sur le talent de l'écrivain qui met en lumière la notion de choix ....toujours salvatrice lorsqu'elle est assumée et pleinement acceptée ...le choix pour grandir malgré la souffrance , la notion de liberté personnelle et de libération des jougs affectifs ....se réaliser , c'est aussi savoir faire des deuils , et accepter les manques et les absences pour embrasser 'sa destinée choisie" .
Une lecture surprenante parce que plus marquante qu'il n'y paraitrait de prime abord ....L'écriture s'oublie , et la force de ce personnage si particulier s'amplifiera au fil des pages , jusqu'au dénouement final .....
Un vrai coup de coeur !


Commentaire rapatrié




mots-clés : #immigration
par églantine
le Mar 15 Aoû - 10:25
 
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Sujet: Colm Toibin
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Luiz Ruffato

A Lisbonne j'ai pensé à toi.

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Serginho a arrêté de fumer. c'est à peu près tout ce qu'il marche dans sa vie (sa femme et en hôpital psychiatrique, il perd son boulot et son fils lui est retiré par sa belle-famille). Quand sa mère meurt, dernière attache, il décide d'immigrer au Portugal. Non que cela lui fasse très envie, non que cela ne l'angoisse pas, mais tout le monde l'adule (l'envie?) pour cette décision, l'admire et l'encourage.
Arrivé à Lisbonne, c’est une autre histoire: logement précaire, boulot clandestin, hostilités et humiliations diverses, vague liaison avec une prostituée bien roulée qui se joue gentiment de lui. C'est une petite descente aux enfers... Plus question du retour escompté aux pays, plein aux as, pour finir en rentier vénéré : voila comment il  s'est remis à fumer.

Court récit pseudo-oral, A Lisbonne  j'ai pensé à toi est le récit des espoirs et déceptions des migrants, celle d'un paumé trompé  dont les choix ne sont pas  les siens, qui se laisse berner par ses illusions naïves et dérive dans Lisbonne, empreint à la saudade, observant les lieux et les êtres.


mots-clés : #immigration
par topocl
le Dim 6 Aoû - 10:23
 
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Sujet: Luiz Ruffato
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Erich Maria Remarque

La nuit de Lisbonne

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Dans les pays que j'avais quittés, les villes noires s'élevaient pareilles à des mines de charbon, et le moindre lumignon dans l'obscurité pouvait être plus dangereux que la peste au Moyen Âge.  Je venais de l'Europe du XXe siècle.


Une fois de plus, Erich Maria Remarque nous plonge dans le peuple éperdu des émigrés fuyant la peste nazie.

L'homme par lui-même n'était plus rien ; un passeport valable était tout.


Schwartz, qui fuit déjà depuis 5 ans de pays en pays, de camp en prison, d’hôtel borgne en cache transitoire, repasse, de façon insensée mais irrépressible,  par sa ville natale d'Osnabrück pour voir une dernière fois sa femme.
Celle-ci, Hélène, décide de fuir avec lui. Acte d 'amour éperdu alors que leur couple modeste s'étiolait avant la menace? Désespoir face à la mort qui la guette en son sein? Schwartz ne le saura jamais.
Au cours d'une nuit de confidence, après la mort d'Hélène, alors qu'ils allaient enfin embarquer pour l'Amérique il va déposer, en une longue confidence, son histoire de fuite, d'amour et d'espoir entre les mains du narrateur, auquel il offre, désespéré,  la chance de partir à sa place.

Le bateau s'apprêtait au départ, comme  l'Arche  au temps du déluge. Et c'était une Arche, en effet. Tout bâtiment quittant l'Europe est alors une Arche. L'Amérique était à un autre mont Ararat, et les flots montaient tous les jours.


L'histoire était évoquée brièvement dans Une terre promise et on croise des personnages et des situations qu'on  avait rencontrés dans Les émigrants: les récits de Remarque  s 'interpénètrent dans un large fresque sans fin sur ce XXème siècle mortifère.
Ce sont d'autres chemins, d'autres épreuves, d'autres passages, mais il y a toujours  cette traque infernale qui transforme des vies ordinaires en épopées aussi tragiques qu' involontaires. Celle de Schwartz est magnifiée par un amour insensé, qui n'aurait sans doute jamais trouvé sa place dans un monde meilleur.

-Je ne me plains pas, reprit-elle, la bouche près de mon visage. Comment nous plaindrions-nous ? Que serions-nous devenus, autrement ? Un couple moyen, fort ennuyeux, qui aurait mené à Osnabrück une vie moyenne, tissée de sentiments moyens. Une fois par an nous aurions fait un voyage conventionnel, pour célébrer l'époque des vacances.


Il y a là un romantisme que je n'avais pas encore trouvé dans les autres livres de Remarque,  qui n’est là que pour mieux dénoncer par contraste l'horreur d'un monde où, si l'amour est interdit, il est seul à donner encore un  sens.


mots-clés : #immigration
par topocl
le Mer 2 Aoû - 18:21
 
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Sujet: Erich Maria Remarque
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Gérard Noiriel

Tag immigration sur Des Choses à lire - Page 2 Massac10


Je ne connaissais pas du tout l'auteur et son parcours, c'est le titre et le lieu qui m'ont attiré sur cette lecture. Bien m'en a pris.


Le massacre des Italiens


L’ auteur a choisi de faire l’analyse socio-politique de ce drame. Il présente le lieu où il s’est déroulé : Aigues-Mortes dans les Bouches du Rhône,  l’histoire de cette ville médiévale, construction, économie, démographie (tour à tour prospère, puis en récession, stagnante.)

Une ville isolée entourée de marais insalubres lesquels provoquent les fièvres, manque vital  d’eau, à l’époque. Donc un manque d’hygiène.

Ces marais salins sont avec les vignobles les deux économies actives de  la ville mais surtout  les prémices du capitalisme ; c’est la Compagnie des Salins du Midi qui exploite les marais, quant aux vignobles les propriétaires sont les notables de la ville.

Le travail des ouvriers dans les marais est  équivalent à celui d’un forçat : chaleur, sel qui imprègne tout, poids à manipuler, longue journée, mal nourris, mal logés, mal payés …………..

Cette photo illustre la difficulté de pousser les brouettes sur un passage étroit  qui s’élève au fur et à mesure que s’élève les pyramides de sel (c’est le levage)


Tag immigration sur Des Choses à lire - Page 2 Brouet10

La CSM  trouve intérêt à mettre en concurrence les ouvriers Français et Italiens, plus rentables, un affrontement meurtrier* se déroula les 16 et 17 août 1893. L’ auteur  en dresse la chronologie. Les victimes en sont les Italiens (morts et de nombreux blessés). Massacre auquel ont participé les ouvriers , les trimards (vagabonds, sans emploi, nomades : les plus démunis) et une partie de la population Aigues-Mortaise.

L’auteur a fait des recherches sur le parcours des personnages représentant l’autorité (le Maire, le Préfet, le Procureur, les gendarmes, l’armée… )et la CSM, tous niant leur responsabilité.

Pour expliquer cette féroce attaque l’auteur analyse l’affaire Aigues-Mortes, à travers  la situation de la France et de l’Italie pays  tous deux touchés par la Dépression.

- Social (l’ affaire des Fourmies  en France par exemple)

- Politique  dans les deux pays également  (En France la thèse nationaliste  exacerbée par les lois de l’immigration  (Barrès, Drumont…..), la thèse libérale…)

- La justice (dont l’indépendance n’est pas avérée dans cette affaire ; pression des groupes nationalistes, le jury de la cour d'assises d'Angoulême où a eu lieu le procès acquittera tous les accusés malgré des preuves accablantes. Ce qui constitue un scandale judiciaire)

- Les relations diplomatiques (résultant  de l’ affaire de Tunis, la guerre de 1870 etc….)

Cependant « L'intérêt national » a incité les gouvernements français et italiens à « enterrer l'affaire ». C'est pourquoi, malgré son importance, cet événement a été ensuite occulté de la mémoire collective.

- L' importance de la Presse (nationale et locale) et son impact sur la population

Remarque :  Les discours les plus nationalistes étaient tenus par les radicaux qui défendaient en même temps les « droits de l'homme » ! (grand écart !)

Rappel et incidence de l’affaire Dreyfus.

Viennent ensuite l’analyse par les experts, psychologues, anthropologues, sociologues…..

La mémoire, l’ oubli,  la résurgence de l’affaire de longues années après

C’est au centenaire qu’est apposée une plaque commémorative sur la place d’Aigues-Mortes.



Une lecture très intéressante qui  fait le lien entre l’immigration de l’époque (les Italiens) et celle d’ aujourd’hui  (les maghrébins), le racisme qui ne se nommait pas en 1893, non plus que le « pogrom ».
Le chapitre  sur la   presse montre bien le pouvoir des » médias », à l’époque déjà avec des extraits judicieux des éditoriaux.

La conclusion de l’auteur  aurait presque suffit à  relater l’affaire, car bien argumentée.

Personnellement j’ignorais ce massacre,  qui s’est déroulé dans ma région, à  Aigue-Mortes , je n’avais pas le sentiment que l’immigration des Italiens avait été si dure, même si bien sur j’avais une connaissance du rejet et des noms péjoratifs qui leur étaient donnés.

Les immigrés sont exploités par les patrons et servent à ces derniers à exploiter  également les ouvriers Français. (me semble que c’est encore d’actualité).

Il y a certaine lecture qui vous rappelle que c’est bien votre pays qui a adopté des lois qui ne l’honoraient pas. Il faut rester vigilent car certaines idées délatrices sont encore bien  vivantes.

*Succinct résumé du massacre

Spoiler:
• 1ère rixe le 16 août : un des ouvriers français reproche à un ouvrier Piémontais de l’avoir touché ou frôlé avec la brouette, ça s’envenime, excédé le Piémontais (qui perd du temps de travail) plonge son vêtement plein de sueur et de sel dans le baquet d’eau potable des français
• J’ai mentionné le manque d’eau donc  on peut mesurer la gravité du geste, de leur côté les français trop faibles sont humiliés de ne pouvoir suivre le rythme des Italiens.
• La CSM a baissé les salaires,  mais consciente de la force des Italiens leur propose un salaire au rendement, qu’ils acceptent ; l’argent gagné durant le mois d’août leur permet de s’habiller toute l’année, c’est crucial aussi pour eux.
• Le 17 août, les trimards se déchainent s’attirant le soutien d’une grande partie de la population Aigues-Mortaise en évoquant (à tort) que des français sont morts dans les marais.
• 7 ou 8  morts, des disparus et de très nombreux blessés (la France et l’Italie ne sont pas d’accord sur les chiffres) mais tous les morts sont Italiens ainsi que la majorité des blessés.





PS j’ai trouvé dans cette lecture un éclairage  quant aux propos de Bernanos  sur les Républiques et la démocratie(les cimetières sous la lune)


Arensor ce livre devrait t’intéresser,  et d'autres je pense


mots-clés : #social #historique #immigration
par Bédoulène
le Sam 29 Juil - 15:41
 
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Sujet: Gérard Noiriel
Réponses: 7
Vues: 335

Sergueï Dovlatov

L'auteur tant apprécié par moi, Andreï Makine, dit dans un entretien ( http://www.lefigaro.fr/publiredactionnel/2010/05/19/06006-20100519ARTWWW00369-andrei-makine-nous-navons-pas-cree-dimage-positive.php ) qu'un certain Sergei Dovlatov (mais c'est qui???) serait pour lui à estimer plus qu'un Tchekhov (même s'il sait le peu de sens de ce genre de comparaison...) et qu'on aurait du lui donner le Prix Nobel. Si en plus un ami moscovite, grand lecteur, me dit plus ou moins la même chose, je ne peux que retenir et puis noter le nom. Et c'est ainsi qu'on découvre un nouvel auteur. Et quel auteur !


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La valise


Originale: Чемодан (Russe, 1986)

CONTENU :
Sergueï n'est pas fait pour être communiste ordinaire. Quand il reçoit finalement la permission de sortir de l'Union soviètique, il n'emportera qu'une valise. Une valise de sa vie précédente... Arrivé en Occident il cache la valise et seulement après des années il la redécouvre. Il l'ouvre et il est confronté avec le passé dans la forme de ces objets emportés jadis... : des chaussettes acryliques finnois, les chaussures volées au maire de Leningrad...
C'est une sorte de « comédie autobiographique », une œuvre plein de bon mots et formules, plein d'humour et nostalgie.
(Source : elements de l'édition allemande de chez Dumont)

REMARQUES :
C'est par le biais des recommandations de Makine et d'un ami russe que j'ai tenté ma chance avec ce petit livre, ce petit bijoux. Dans l'introduction Dovlatov raconte comment il fût amené de quitter l'Union soviètique dans les années 70 avec seulement une valise (contrairement à trois qui étaient permises). Et même cette seule valise ne semble plus l'intéresser, une fois arrivé à l'Ouest : il la cache sous un lit et ne va la rouvrir qu'après bien des années. Et en sortant les objets, c'est des histoires qui remontent : comment il est entré en possession de ces choses. Donc, s'ensuivent huit chapitres sur huit objets. Ces histoires sont souvent franchement drôle à en rire à souhait, puis, à voir de plus près, elles expriment aussi le profond attachement au pays, des us et coutumes (si bizarres des fois pour nous) de la Russie et le chaos, voir l'état de délire dans l'ancien Union soviétique. C'est dans la tradition de l’auto-dérision, de la comédie, mais d'une façon peut-être plus libre, plus accessible au lecteur occidental ?!

Ce fût un plaisir de lecture et une découverte. L'auteur reste noté, et des livres à découvrir !


mots-clés : #humour #immigration
par tom léo
le Lun 24 Juil - 22:07
 
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Sujet: Sergueï Dovlatov
Réponses: 5
Vues: 746

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