Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Lun 16 Déc - 14:05

159 résultats trouvés pour initiatique

Per Petterson

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 Jusque10

JUSQU'EN SIBERIE

Ce livre est l'histoire d'une femme depuis son enfance jusqu'à la soixantaine. L'enfance, c'est le Danemark des prolétaires et des paysans pauvres dans les années 1930, et ensuite la Norvège.
La réalité que décrit Petterson est rude et parfois violente. Le Danemark agréssé et occupé par l'Allemagne nazie.
Il y a plusieurs façons de voir la réalité, de l'imaginer, de la recréer et bien entendu de la raconter. Celle de Petterson est de faire en sorte que ce roman baigne dans une sorte de lumière et que cette lumière émane de cette femme inoubliable qu'il nous présente.
Cette manière est simple ou le paraît, mais elle est émouvante, parce qu'elle met en relief des moments privilégiés ou décisifs. Et puis, il y a cette façon extraordinaire qu'il a de s'identifier à ce point à ce personnage féminin.
Ce livre est un enchantement.

Je suis au milieu de la boutique, à bonne distance de tout, et je me dis que je me souviendrai de tout ça, de l' obscurité et de moi dans mon chemisier jaune, debout sur le carrelage noir et blanc.

Je lève les bras, je les écarte et je commence à tourner lentement sur moi-même.

J'exécute une danse si secrète que personne d'autre ne peut la comprendre, j'exécute une danse pour me souvenir de mon corps en ce moment précis.

J'ai 17 ans, et j' exécute une danse lente pour que demeure en moi l'image de celle que je suis.

J'exécute ma danse jusqu'au bout et je me vois d'en haut et je me vois de profil et j'enregistre chaque détail de ce que je vois, et tout est encore tranquille, et je vais jusqu'à la porte et je m'assieds sur les marches, et je vois la lumière toute jaune se répandre dans la rue éclairant le haut de la maison d'en face où Herlov Beniksen écate les rideaux et regarde au dehors...

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mots-clés : #initiatique
par bix_229
le Dim 1 Jan - 19:46
 
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Per Petterson

Pas facile de voler des chevaux

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 Images12

Ce livre se construit sur le thème assez classique de l'homme au crépuscule de sa vie, qui tire un trait, se retire dans la solitude, dans l'espoir d'une vieillesse sereine, basée sur l'amour de la nature et le travail manuel,. Il reconnaît en son voisin un garçon qu'il a connu lors de l’ été de ses 15 ans, en 1948, lequel fut bien particulier pour lui, et les souvenirs remontent peu à peu. Entre promenades et travaux campagnards, il nous raconte ce fameux été qui fut sans doute le dernier de son enfance , ses joies et ses bouleversements.

Il ne faut pas chercher une cohérence, un départ et une fin, ou des réponses dans cette démarche. Il faut aimer la nature, le travail des hommes, les lumières et les odeurs. Il n'y a pas de but : c'est comme dans la vie il n'y a que la cohérence d'une personne, qui se construit, puis vieillit. J'ai beaucoup aimé la lecture au fil des pages : une écriture fluide, des descriptions, une façon de voir la vie donnent un réel plaisir de l'instant au lecteur. Mais d'une certaine façon j’ai trouvé que le livre manquait de sens, les faits sont là, les pistes n'aboutissent à rien. Il y a une façon de ne pas tout livrer qui me déstabilise. Et cela laisse, une fois le livre fermé, une certaine insatisfaction.

Toute ma vie j’ai désiré vivre seul dans un endroit comme celui-ci. Même quand la vie était belle, et elle l’a souvent été. Ça, je peux l'affirmer. Qu’elle l’a souvent été. J'ai eu de la chance. Mais même dans ces moments-là, au milieu d'une étreinte par exemple, quand on me murmurait à l'oreille les mots que je voulais entendre, j'ai parfois ressenti un brusque désir d'être loin, dans un endroit où tout ne serait que silence. Pendant des années, je n'y ai pas pensé, mais ce désir était quand même présent. Et maintenant je vis ici, et tout ressemble presque à ce que j'avais imaginé.


Les gens aiment bien qu'on leur raconte des choses avec modestie et sur le ton de la confidence, mais sans trop se livrer. Ainsi ils pensent vous connaître, mais ce n'est pas vrai. Ils connaissent des choses sur vous, ils ont appris certains détails, mais ils ne savent rien de vos sentiments ni de vos pensées, ils ignorent comment les événements de votre vie et les décisions que vous avez été amené à prendre ont fait de vous celui que vous êtes. Ils se contentent de vous attribuer leurs propres sentiments et leurs propres pensées ; avec leurs suppositions, ils construisent une vie qui n'a pas grand-chose à voir avec la vôtre. Et vous êtes en sécurité.


Maintenant, au cinéma, il n'y a plus que des idées. Des idées bien minces et quelque chose qu'on voudrait faire passer pour de l'humour. Tout est censé être si drôle. Mais j'ai horreur de me laisser divertir, je n'ai plus assez de temps pour ça


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mots-clés : #initiatique #nature #solitude #vieillesse
par topocl
le Dim 1 Jan - 17:39
 
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Larry McMurtry

La dernière séance
1966

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 Talach10

A Thallia, bled paumé du désert texan, les adultes et les lycéens s’ennuient ferme… Ces derniers sont bien décidés à explorer activement toutes les sphères dont leurs parents et le pasteur leur ont dit de se méfier. Ils n’ont pas grand chose dans la tête, mais finalement, pas beaucoup moins que les adultes.

Après le billard, le foot et les virées en bagnole, les garçons veulent perdre leur pucelage avant de partir à l'université, et les filles veulent le préserver (enfin, le plus souvent). Ils ont leurs peines de cœur, aussi, et leurs petits calculs . Et ils croient encore que le mariage reste la consécration suprême.

Tout cela donne des situations qui tirent vers le cliché et des personnages plutôt stéréotypés, un peu comme dans les vieux westerns, mais sans le même charme… On lit quelques scènes assez sympathiques, noyées dans une mer de descriptions de pelotages et d’ébats plus ou moins aboutis, sur des banquettes de Chevrolet ou dans les lits  parentaux. Aux derniers chapitres, sourd une petite émotion,  car il faut bien passer le cap des gamineries, passer à autre chose, et cela les laisse tout nostalgiques et effrayés à la fois. L'enfance se termine en même temps que le vieux cinéma joue sa dernière séance.

Malgré cela, rien de bien neuf sous le soleil texan. Plutôt déçue, je suis.

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mots-clés : #initiatique
par topocl
le Sam 31 Déc - 10:32
 
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John Hawkes

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 Hawkes11

Innocence in extremis

Hawkes est un écrivain qui vaut le détour, même si après sa mort, il a connu l'oubli, du moins en France. Aux Etats-Unis aussi, il a connu aussi une éclipse, mais de son vivant. Et il a changé sa manière pour devenir plus accessible. Peut-être aussi parce qu'un écrivain, dit de recherche, ne gagne pas sa vie au bout d'un certain temps, même s'il est apprécié par la critique.

Innocence in extremis est le récit des aventures que va connaître un pré ado de 12 ans pendant quelques mois en France. En 1892, le père de Jake prend la décision d'emmener sa famille : ses fils, sa femme, dite l'Irlandaise, sa secrétaire rousse et de nombreuses bonnes qui forment son harem. Son but est d'aller rendre visite à son père, un aristo français vivant dans son chateau de Deauville, au milieu de ses propriétés. Comme son fils, mieux que son fils américanisé, le père est un tyran domestique pour qui tout ce qu'il possède et domine sans réplique est sa propriété absolue : femmes, chevaux, vignobles, domestiques, maîtresses, enfants...

Chez ces gens-là, les hommes sont des patriarches, des chefs de clan. Des êtres vaniteux, des tyrans pervers, lubriques et détestables. Le vieux donc, décide de régaler ses invités par une série de spectacles dont il est le metteur en scène. Tout est réglé au petit poil, mais les choses se compliquent à la fin. Sa belle fille, l'Irlandaise, refuse d' assister au dernière spectacle, au cours duquel, il fait monter sa jument favorite par son étalon préféré. Et elle déclare à haute et intelligible voix qu'elle partira le lendemain. Elle entraîne dans la rébellion la propre femme  du vieux gentleman. Le même jour, le vieux cynique apprend que le fils d' un de ses propres amis est tombé de cheval lors d'une chasse à courre et qu'il en est mort.

Et c'est ainsi  que le vieux cinoque se rend compte que la vie n' est pas aussi bien réglée qu'il l'aurait souhaitée et ordonnée. La réalité lui échappe et le lecteur (moi) s'en réjouit profondément...

Voilà un court roman riche en couleurs, en mouvements, en harmoniques. Un livre brillant et sensuel, dont le coté immoral et cynique fait un peu penser à Choderlos de Laclos ou à Nabokov.

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mots-clés : #initiatique
par bix_229
le Jeu 29 Déc - 15:35
 
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Bengt Ohlsson

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 6a00d810

SYSTER

«La soeur de Marjorie disparut un vendredi, début mai.Dans la soirée, la police sillonna les environs pour recueillir des informations auprès de ses camarades de classe.
Deux garçons l'avaient vue de l'autre côté du lac, vers trois heures de l'après-midi, après la sortie de l'école. Elle était assise, immobile et regardait dans l'eau. Ensuite elle s'était levée et avait commencé à gravir la colline.
Elle portait son imperméable jaune. Grand comme une pèlerine de moine, il lui descendait jusqu'aux pieds.»


Les recherches se poursuivront pendant des semaines en vain. Les parents de Marjorie vont alors l'envoyer chez sa tante Ilse, la soeur du père.
Ilse vit en solitaire dans une grande maison au bord de la mer, entourée de grands arbres. La première impression de Marjorie en la voyant est plutôt sinistre.

«La maison de tante Ilse semblait abandonnée. Elle était poussiéreuse, couleur blanc sale, et comportait deux niveaux garnis de fenêtres lugubres.»

Livrée à elle-même, à ses questionnements, à ses contradictions d'enfant, et à ses sautes d'humeur, elle s'enferme d'abord dans un mutisme méfiant. Elle observe Ilse. Qui lui fait visiter la maison, puis les environs et le bord de mer. Elle se montre dévouée, affectueuse mais discrète et disponible.
Peu à peu s'instaure entre elles un climat de confiance qui se prête aux discussions, et mieux encore aux confessions. En toute honnêteté et sur un plan d'égalité.

C'est alors que Marjorie confesse qu'elle n'aime pas sa soeur, trop sûre d'elle-même et qui lui fait de l'ombre. Elle avoue même qu'elle souhaite qu'on ne la retrouve pas. Derrière la honte de cette confession, elle se rendra compte qu'en fait elle l'admire et l'aime vraiment. Mais il lui faudra encore du temps.

Marjorie pense autant qu'elle parle et même davantage. Elle s'interroge sur tout. Et son cerveau encore tout neuf, a du mal à formuler, à contrôler les idées, les images, les impressions qui se bousculent.
Elle essaie d'avancer des suppositions, des hypothèses, d'associer des mots aux images. Mais elle assiste impuissante au défilement du temps, des pensées, des visions. Elle passe de l'optimisme le plus noir à un optimisme tout aussi irraisonné... Elle est en train d'évoluer sans en avoir encore conscience.

Mais Ilse est là qui l'écoute toujours. Qui se tait quand il faut se taire. Et qui répond du mieux possible aux interrogations de la fillette qui finit par se livrer entièrement.
En échange, au bout d' un certain temps, Ilse finit aussi par se raconter. Avec pudeur, avec des dons très sûrs de conteuse et de guérisseuse.
La vie d'Else est pleine de blessures anciennes, de chocs en tout genre. Mais aussi de petits et de grands bonheurs.
Sans prêchi-prêcha aucun, elle essaie d'apprendre à la petite fille comment avancer dans la vie en essayant de surmonter les épreuves et de trouver finalement un modus vivendi convenable et à sa mesure.

Et Marjorie qui est intelligente, comprend parfaitement ce que Ilse lui dit et ce qu'elle tait.
Elle est rassurée, sereine, confiante.
Elle peut désormais quitter Ilse et vivre sa propre vie dans sa famille retrouvée. Je ne vous dirai pas la fin, mais elle est justifiée, je trouve.

Pour nous conter son histoire, Ohlsson se place à hauteur d' enfant. Et il est sans aucun doute infiniment difficile de savoir ce qui se passe dans le cerveau d' une jeune enfant confrontée à de telles épreuves.

Mais comme toute histoire qui procède de l'introspection encourt les mêmes difficultés, les mêmes risques, toute fiction réussie est celle qui nous la rend crédible.


mots-clés : #initiatique #psychologique
par bix_229
le Mer 28 Déc - 16:59
 
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Hakan Günday

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 Image232 Encore

Un peu too much.

Certes ce roman est intéressant mais j'ai trouvé que Günday en faisait parfois un peu trop avec son personnage. Il est possible d'écrire 370 pages introspectives sans lasser son lecteur, d'autres l'ont fait, mais je dois avouer que par moment cette plongée univoque dans la vie du jeune Gazâ a été un peu asphyxiante. Pas seulement parce qu'il a vécu de sombres horreurs mais surtout à cause de l'accumulation, de la surabondance de ces horreurs. Qu'on en juge : viols, meurtres et lynchage, passeur de clandestin, enfant surdoué, joueur d'échecs, angoissé post-traumatique, enfoui vivant sous un monceau de cadavres, trahissant son seul ami, passant par la folie, la drogue et le sulfate de morphine… un père alcoolique, une mère morte (c'est salé), un passage brillant à l'école, puis l'internat, puis l'asile psychiatrique pour finir (presque) à l'hôtel, un trésor enfoui dans le sable, trois jours en cellule, une étude sur le pouvoir sous forme de spirale, une grenouille en papier, etc.

Cela fait tout de même vraiment beaucoup…

Alors la langue !! L'écriture !! Le style parviennent-ils à sauver de l'asphyxie programmée le lecteur apnéique ?? Pas vraiment… D'abord parce que Günday ne nous épargne aucun détails, aucun des nombreux questionnements qui hantent  Gazâ, aucune des nombreuses péripéties qui jalonnent son existence. Et de temps en temps, je me suis demandée (avec un peu d'effroi) si ce livre n'était pas en partie autobiographique... La haine de Gazâ trouvant dans la logorrhée de Günday comme un écho troublant, une ressource hallucinatoire, un bienfait morphinique fait trembler le lecteur au bord de la crise de nerfs…

Finalement, c'est dans le recours à la gémellité que j'ai trouvé le plus d'intérêt à ce texte. Le double étant dans l'imaginaire de Gazâ le lieu possible de la joie, du partage, de l'amitié. Ainsi de sa relation avec les deux frères Dordor et Harmin ; ainsi de la grenouille en papier offerte par un clandestin et qui une fois dépliée offre le dessin gémellaire des Bouddhas de Bâmiyân. Comme si Gazâ pouvait trouver un exutoire, une sortie, une possible rédemption, s'il acceptait de confier à son double la part hideuse de son existence et de pouvoir ainsi continuer à vivre, solitaire, scindé mais (un peu) pardonné.

Et bien sûr, la solution que retient Günday est de passer par la gémellité détruite pour atteindre l'unicité  qui apporte une sorte de paix à Gazâ.


En tout cas après cette lecture on rêverait presque de trouver une capsule de sulfate de morphine ou de voir reconstruire les deux Bouddhas de Bâmiyân… Et puis on pense à tous ces clandestins confiés aux mains de salauds et on voudrait alors inverser les règles des mouvements migratoires, exactement comme nous y invite Günday.


mots-clés : #initiatique #violence
par shanidar
le Mer 28 Déc - 14:04
 
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John Maxwell Coetzee

Allez, j'ose! (il y aura sûrement des avis favorables après pour compenser ma balourdise)

Une enfance de Jésus


Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 Image216

A vrai dire je n'y ai rien compris .
J'y ai vu un roman pseudo philosophique  avec  un gamin à claquer qui  passe tout le livre à demander c'est quoi ? Comment ? Pourquoi ?  et son protecteur impassible qui continue à répondre, à expliquer, à raisonner, dans un monde où l'on arrive en faisant table rase de son passé, et où on vous attribue un nouveau nom.
C'est long-long-long, pesant, prêchi-précha ...
Mais sans doute y a t'il là un sens et une poésie qui m'ont échappé...

(commentaire récupéré)


mots-clés : #initiatique
par topocl
le Mar 27 Déc - 13:48
 
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Nirmal VERMA

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 Le_toi10


LE TOIT DE TOLE ROUGE

Kaya est une adolescente qui a encore un pied dans l'enfance. En quelques mois, elle va vivre quelques évènements qui changent une vie. Et qui font d'une enfant une femme. Ou presque.
Kaya a une riche nature, une grande soif de connaissance, une vitalité remarquable, un courage et une tendresse magnifiques.
Elle vit dans un bourg de montagne de la chaîne himalayenne. Avec sa mère, son frère, un bon ange à tout faire, une très vieille dame anglaise et quelques ombres humaines animées par le souvenir.

Nirmal Verma donne une voix à ce qui n'en en a pas : une maison branlante et déglinguée au coeur d' un village perdu, un petit monde très solitaire où les rares personnes sont très vieilles ou plongées dans dans la solitude de leurs souvenirs ou dans une sorte de sommeil hypnotique...
Au vent qui balaie les arbres qui murmurent et bruissent… A la lente évolution des saisons. Aux illusions qui se dissipent. Aux premières douceurs et douleurs de l'amour.

Ce livre est touché d'une grâce frémissante qui se nourrit de ces presque rien qui sont tout, qui sont magie pure.
Comme tout ce qui est beau et fondamental et nécésssaire ce livre se lit, mais défie les commentaires ou les descriptions.

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mots-clés : #initiatique
par bix_229
le Lun 26 Déc - 18:38
 
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Akhil SHARMA

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 411qeh10

Notre famille

Nous étions dans l'allée menant à la maison de ma tante, nos bagages dans la voiture. « Qu'est-ce qui nous est arrivé ? sanglotait-elle. Qu'est-ce que Dieu nous a fait ? » Ma mère et elles s'embrassèrent et ma tante s'accrochait à elle, refusant de la lâcher. Ma mère aussi tenait ma tante serrée contre elle et pleurait. Mon oncle était là. Il me mit la main sur l'épaule et j'eus envie de me dégager. Je frissonnais et mon manteau était dans la voiture. Je me demandais pourquoi les gens n'avaient pas été plus gentils quand c'était important.

Nous sommes dans les années 70. La famille Mishra ne se voit pas d'avenir dans l'Inde sous état d'urgence d'Indira Gandhi, et décide de tenter l'aventure du rêve américain. Et effectivement, au départ, tout semble leur sourire : outre le confort matériel, la réussite sociale se profile à l'horizon lorsque l'aîné des deux fils, Birju, est admis dans une prestigieuse université. On projette déjà qu'Ajay, le plus jeune, fera de même dans quelques temps. L'avenir s'annonce radieux.

Un accident, 3 minutes au fond d'une piscine, et c'est le drame.
Après l'espoir, après le déni, les prières nuits et jours, vient la confrontation avec la dure réalité : Birju restera à jamais un légume. Les Mishra s'organisent pour l'accueillir à domicile. Isolés dans leur souffrance, ils ne sont paradoxalement jamais seuls : la maison ne désemplit pas , entre les faiseurs de miracle et ceux qui viennent comme au spectacle visiter cette famille admirable qui affronte si courageusement l'adversité. On amène les enfants récalcitrants à Ajay pour que lui, le frère dévoué et le fils modèle, les ramène dans le droit chemin. On vient aussi très probablement parce que la vision du malheur des autres réconforte de ne pas vivre ça soi-même.

Mais Ajay, justement, notre narrateur, comment vit-il tout cela ?
Il ne nous épargne rien. Rien des disputes homériques de ses parents qui se déchirent ; rien de l'alcool dont la faculté d'oubli fait de l'oeil au père ; rien de la hargne qui s'empare parfois de la mère contre le plus jeune de ses fils, qui, lui, continue de grandir.
Il ne nous épargne pas non plus les sécrétions, les odeurs, les râles émis par ce corps souffrant qu'il faut entretenir jour après jour.  Ni les sentiments aussi intenses que contradictoires que lui inspirent celui qui est son frère sans l'être…
Et surtout, il ne s'épargne pas, lui, l'adolescent tellement mal dans sa peau qui ne sait comment s'intégrer dans cette Amérique où l'on a tant de mal à se mélanger, qui ne sait comment vivre le drame familial sans être ingrat, mais sans négliger sa vie non plus. Il nous narre sans détour ses bassesses, ses pitoyables tentatives pour attirer l'attention, ses pulsions d'auto-destruction ; sa prétention, aussi. Maladroit, parfois antipathique, il mène une adolescence solitaire, qui entrevoit un échappatoire dans l'excellence scolaire et la littérature.

Bien qu'il s'agisse d'un roman, Akhil Sharma reconnaît qu'il est en grande partie autobiographique, et je dois dire que cela se sent à chaque page. Pas de pathos, pas de grandes envolées ; un style sobre pour décrire une vérité crue, dans ce qu'elle a parfois de plus dérangeant.
En creux, entre les mots qui vont droit à l'essentiel, il y a un accent de vérité, un cri du coeur, une souffrance et une pulsion de vie qui m'ont profondément touchée.

Quelques-uns des hommes qui venaient nous voir racontaient que Dieu leur était apparu en rêve et leur avait enseigné la façon de réveiller Birju. D'autres, qu'ils avaient appris d'un saint indien un moyen de le guérir.
Je n'aimais pas ces « faiseur de miracles ». Il me semblait que tout ce qu'ils voulaient, c'était essayer leurs prétendus remèdes sur Birju parce que cela les faisait se sentir au cœur d'importants événements. Malgré tout, ces visiteurs nous apportaient un certain réconfort. Je redoutais leur départ et le moment où mes parents et moi nous retrouverions seul avec Birju. Lorsqu'ils s'en allaient, la solitude surgissait rapidement, comme si une fenêtre s'était ouverte et qu'une bouffée d'air froid s'engouffrait dans la pièce. Parfois ce sentiment de solitude était tel que j'aurais presque préféré qu'ils ne soient pas venus.


(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #immigration #initiatique #famille #pathologie
par Armor
le Lun 26 Déc - 15:44
 
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Monika Fagerholm

La fille américaine

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 41ja0u10

Un roman qui sort de l'ordinaire, dérangeant et envoûtant. Nous sommes au sein d'une petite communauté de familles qui vivent sur une presqu'île à quelques kilomètres d'Helsinki. La vie des enfants s’organise par petits groupes, très intimement soudés, qui vont être perturbés à l'occasion de la mort de la « fille américaine », noyée sur la plage commune. Les adultes sont des personnages lointains l'étranger. Désespoirs intenses, conciliabules secrets, recherche désespérée d’explications, complots adolescents… La vie de chacun va être marquée pour des décennies.

L'histoire en elle-même est très étrange, faite d’alliances indissolubles, de secrets insondables, d’amours innocentes ou moins innocentes. Le désespoir, la solitude et la solidarité de l'adolescence sont parmi les ingrédients forts de ce roman. Ce qui est encore plus étrange, c'est le style très particulier de Monica Fagerholm, haletant, envoûtant, fait de retours en arrière, d’ incursions dans l'avenir, de répétitions incantatoires… Qui laisse planer un mystère et une tension tout au long du livre. Très difficile à décrire, tout à fait à part, ce livre peut tout aussi bien fasciner que rebuter. Il faut accepter de ne pas toujours tout comprendre, mais ce livre laissera en moi une empreinte durable.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #initiatique #insularite
par topocl
le Lun 26 Déc - 15:39
 
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Giorgio Bassani

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 51pckh10

Derrière la porte

Originale : Dietro la porta (Italien, 1964)

CONTENU :

Giorgio Bassani raconte dans ce livre une histoire d'amitié, de trahison et le temps de devenir adulte...

Ferrara, Octobre 1929 : le protagoniste, un garçon de 16 ans, sensible et intelligent, entre dans les classes supérieres d'un lycée. Chez les nouveaux coécoliers il ne trouve pas d'amis, jusqu'à ce que Luciano apparaît. Le narrateur cherche l'amitié avec ce garçon difficilement compréhensible, fasciné et repulsé au même moment. Luciano partage avec lui ses propres premieres expériences sexuelles et l'attire dans une sphère de secret… Des mois plus tard le protagoniste doit apprendre que Luciano a joué un « double jeu » pendant tout ce temps...

STRUCTURE :

15 chapitres numérotés, à peu près de longeur égale, sans titre, sur environ 140 pages (dans mon édition allemande).

REMARQUES :

Au changement de l'école, des premières classes du « gymnasio » vers le « liceo », l'environnement du narrateur change complètement : les professeurs ont l'air plus sévères, distanciés, la composition de la classe est autre et aussi son meilleur ami doit répéter une année scolaire et devient inaccessible. Et déjà sur la première page du récit il va avouer qu'a commencé la période la plus noire et malheureuse de son enfance et adolescence déjà difficile. Le narrateur parle maintenant dans une distance de trente années face à ces évenemenets: donc vraiment une impression qui avait resté.

L'adaptation donc, pas du point de vue des succès scolaires, mais de nouveaux liens d'amitiés, ne veut pas réussir, et les anciens camérades sont loins. Puis, début 1930, après les vacances de Noël, apparaît ce Luciano : il fait presque la cour du solitaire, aimerait s'imposer comme ami. Et il suscite des sentiments assez contradictoires : entre le désir irremplaçable d'amitié et de compagnie, mais aussi le dégoût, l'opposition envers certains aspects de sa personnalité. Après quelque temps les « confessions » de Luciano glissent sur une pente douteuse, assez voyeuriste, voulant forcer le narrateur de le suivre. Cela ne peut que susciter la gêne chez celui-ci. Puis, par le contact avec d'autres camarades, sont révélées des choses insoupçonnées de Luciano. Oui, peut-être les remarques ambiguës de Luciano lui révèlent un part refusée de sa propre personnalité : la découverte de la sexualité (dans la puberté) ; la méfiance et l'opposition pas seulement envers les déclencheurs de ces parts, mais aussi envers soi-même.

Certaines questions me semblent dans le contexte du fascisme environnant encore autrement envisageables : Dans le désir d' »appartenance », comment ne pas se trahir soi-même, donner clairement et librement expression de notre opinion, nos sentiments ?

Ce livre appartient, dans l'oeuvre de Bassani, au cycle de Ferrara, sa ville d'origine tant aimée, qui se trouve presque toujours au centre de ses écrits. Assez probablement aussi ici, comme si souvent, il aura travaillé avec des élements de son vécu. Ainsi on retrouve certains sujets clés de l'auteur : l'identité juive du personnage centrale, Ferrara, l'être autre du protagoniste dans le contexte du fascisme ambiant des années 20 et 30, une homosexualité latente… C'est avec une écriture fine, simple et perspicace que l'auteur fait le bonheur de ses lecteurs.



mots-clés : #identitesexuelle #initiatique
par tom léo
le Ven 23 Déc - 18:29
 
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Sujet: Giorgio Bassani
Réponses: 5
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Jan Yoors

Tsiganes

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 Index310


Yoors, dès l'âge de douze ans, a passé la majeure partie de son temps à parcourir l'Europe dans la roulotte d 'une Kumpania de gitans, qui finirent par l'adopter. Tout ceci avec la curieuse bénédiction de ses parents, des artistes à l'ouverture d'esprit pour le moins extraordinaire. Yoors était heureux dans ses hivers douillets et "civilisés" au domicile familiale, autant que dans ses errances nomades en compagnie des Lovaras.

Son témoignage a ceci d'exceptionnel qu'il ne s'agit pas d'une immersion en terrain inconnu, mais bien d'une assimilation complète au peuple tsigane, dont il nous livre les traditions, fustigeant nos croyances ordinaires à courte vue. A travers les personnages dont il a partagé la vie, les joies et les épreuves, l nous explique l'âme tsigane, si différente de la façon d'être des gadje : ancrée dans le  présent, indifférente à la possession, toute dévolue à la famille, qui guide les étapes au fil du temps, masquant son désarroi dans les cérémonies, rituels et fêtes.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #autobiographie #initiatique #minoriteethnique
par topocl
le Ven 23 Déc - 16:34
 
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Sujet: Jan Yoors
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Alberto Vigevani

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 Vigeva12

UN ETE AU BORD DU LAC


A quatorze ans, Giacomo est encore un enfant rêveur, contemplatif. Qui regrette encore ses souvenirs d' enfance à demi effacés. Et qui s' abîme dans la lecture au lieu d' améliorer ses résultats scolaires.
Son père est un avocat milanais très actif et donc souvent absent. Sa soeur seule est une sorte d' alter ego.

Cette année-là, 1938, le père a décidé que la famille irait séjourner en été au lac de Come.

Entouré de son frère, de sa soeur et d' une foule de cousins et d'amis, Giacomo connaît un moment d'euphorie. Mais rapidement, les aînés font bande à part et il n' a plus envie d' aller avec les plus petits.
Du coup il se sent humilié, rejeté. L'été se poursuit dans l'ennui, la monotonie, l'absence de perspectives.

Mais un jour, au bord de la plage, il fait la connaissance d' une femme accompagné de son jeune fils, un jeune enfant convalescent, Andrew.

Giacomo est immédiatement ébloui, subjugué par la mère. Par sa beauté et son rayonnement. Il essaie de l'approcher en gagnant la confiance du petit. Ce qui est chose faite rapidement, la mère souhaitant un ami pour son fils.
Mais chaque fois que Giacomo est physiquement proche d' elle, il a l'impression de rêver les yeux grands ouverts.
De plus, il s'est fortement attaché à l'enfant. Pour la première fois de sa vie, il est responsable d'un plus jeune, d'un plus faible.
En fin de compte, il n'a pas trop de mal à s'interdire toute pensée érotique à l'égard de la mère. Cultivant une dévotion chaste pour une déesse inaccessible.

Ce qui se passera ensuite, au delà des faits, c'est pour Giacomo le passage rapide et bouleversant d' un état à un autre. Une évolution irréversible.
On en a lu des récits sur les mutations de l' adolescence, de ses troubles et de ses émois. Pourtant, ce livre-là est différent. Ce qu'il nous montre c'est à la fois une histoire d' amour et une éducation sentimentale.
Et puis il y a aussi cet effacement de Giacomo subjugué par l' harmonie et la tendresse qui se dégagent de la mère et de son fils.
Tout se passe dans une tonalité feutrée, porteuse de mystère et de silence.
Il y a tellement de détails subtils dans ce petit livre, évidents ou plus encore en arrière-fond, des non-dits.

Il y a toujours quelque chose de mystérieux et  d'inexplicable dans une réussite de ce genre et qui dépasse le cadre même du genre.

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mots-clés : #initiatique
par bix_229
le Ven 23 Déc - 0:14
 
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Sujet: Alberto Vigevani
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Beppe Fenoglio

je rapatrie moi aussi :

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 51okqh10

Le mauvais sort

Le récit de la jeunesse d'un valet de ferme. Un brave type attaché à sa famille et à sa terre. Les malheurs de sa famille, son dur labeur, les coups du sort, la succession des espoirs déçus et la déception des réussites modestes. C'est une triste vie à laquelle il s'accroche, c'est vrai qu'il y a la famille et la terre. Son père l'a vendu comme valet et la terre est ingrate. Pendant qu'il travaille comme un âne pour pas grand chose et rester affamé, son père vend le peu de bien qu'ils ont et son frère meurt de faim au séminaire...

Une bien triste histoire contée avec ce qui n'est pas de l'optimisme mais un attachement solide, concret, un rien d'humour et un acharnement confiant. Raconté très simplement une ombre d'humour et de mélancolie douce amère. Ça n'a pas l'air de grand chose, et ça se lit comme rien. ça a l'air d'un monde ancien alors que ça ne l'est pas tant, et il reste quelque chose de la lecture, de ce dénuement, une forme de satisfaction, de confiance. Ce n'est pas grand chose ce petit livre, mais j'espère lire autre chose un de ces jours.



mots-clés : #initiatique #social
par animal
le Mer 21 Déc - 21:55
 
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Panait Istrati

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 51v07v10

LES CHARDONS DU BARAGAN

Sur les terres pauvres du Baragan, en Roumanie, seuls poussent les chardons et quand le vent du Nord souffle avec violence en autome, il les arrache du sol et les pousse en avant.
Seuls les enfants affamés écoutent le vent avec envie. Pour eux le vent souffle la liberté et l'espérance. Alors ils suivent les chardons en les enfourchant comme des chevaux et en espérant qu'il les conduira vers un sort meilleur.

Tel est la situation dans la Roumanie paysanne de l'automne 1906.
Cettte situation c'est celle que vit un jeune garçon dee 14 ans. Lui aussi a suivi les chardons et il finit par arriver dans une ferme où un paysan généreux accepte de diminuer leurs maigres rations pour le faire manger et lui donner une formation..
Mais les récoltes sont mauvaises et tous les paysans sont encore appauvris. A l'exception des boyards, seigneurs et maîtres de tous les biens.

L'année d' après, les paysans se soulèvent au Baragan et dans toute la Roumanie et, s'ensuivra une répression sanglante.

Ce livre est une évocation historique, mais aussi poétique et sensible. La vision des événements est celle d' un adolescent doux et rêveur, baignant dans une atmospère de traditions et de légendes.
Et cette vision-là, celle d'un jeune ado, presqu'un enfant, convient particulièrement à l'écrivain Istrati.



A suivre...



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par bix_229
le Dim 18 Déc - 17:55
 
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Reif Larsen

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 Reif10

Reif Larsen (Né en 1980)

Né à Cambridge au Massachusetts le 2 mars 1980, Reif Larsen a étudie à Brown University et enseigne actuellement à Columbia University, où il termine sa maîtrise en Fiction. Il est également cinéaste et a réalisé de documentaires aux États-Unis, Royaume-Uni et en Afrique subsaharienne sur les étudiants qui travaillent dans le domaine des arts. Il vit à Brooklyn. Le premier roman de Reif Larsen, L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet est sans conteste la meilleure surprise de ce début 2010.


Source : www.randomhouse.co.uk/


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Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 Image128

L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet

Une très bonne lecture, j'ai tout apprécié dans ce livre, l'esthétique, le thème, l'écriture et la fin m'a réjouie.

Cet adolescent surdoué est fantastique par la manière qu'il a d'appréhender les évènements, les obstacles, les découvertes qu'il fait durant ce long voyage et lors de son séjour dans la «grande ville».
Sa vision et sa compréhension des adultes est étonnante, souvent amusante. TS connait ses capacités et ses limites - je suis un petit garçon se rappelle-t-il souvent.

Son frère Layton (mort il y a quelques mois) lui manque, et il l'associe parfois à ce voyage initiatique en s'interrogeant sur ce qu' il aurait fait, lui. TS se sent d'ailleurs mal aimé par son Père et il pense sa mère plus intérêssée par la science et sa recherche dans la cicindèle que par son état de Maman, il l'appelle d'ailleurs Dr Clair pour cette raison et par respect aussi pour la Scientifique.

T.S Spivet a quitté le ranch où vit sa famille dans le Montana en catimini mais en laissant un message qu'il s'avait être découvert plus tard, alors qu'il serait déjà dans le train. Il part pour recevoir un Prix obtenu grâce à la précision et justesse de ses cartes scientifiques.

J'ai apprécié tous les dessins et explications sur toutes les anotations - «l'histoire des trous de ver» m'a tout particulièrement intriguée. Un livre très intéressant et original

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par Bédoulène
le Sam 17 Déc - 23:54
 
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Laurie Lee

Rosie ou le goût du cidre

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 Image113

Je dois dire que j'y allais à reculons, entre le titre un peu gnangnan et le Poulbot anglais de la couverture.
Et bien je dois une fière chandelle à bix, car je me suis absolument régalée à cette lecture. Ce livre raconte les souvenirs de l'enfance pauvre mais joyeuse de l'auteur, dans un  village anglais, à partir de la guerre de 14 et pendant les 10 années qui suivent, un temps où le monde a complètement changé, alors que le village enclos dans sa valéle, vit encore à l'heure du XIXème siècle.

Le thème est donc des plus banals, avec  une mère tendre et fantasque, des grandes sœurs attentives, tout ce qu'il faut de maîtres traumatisants, d'amitié fraternelle, de farces entre copains plus ou moins drôles, d' histoires pittoresques et de ragots villageois. Mais quand le préfacier, Patrick Reumaux, dit : « un livre qui aurait dû ressembler à d'autres livres, mais qui ne ressemble qu'à lui. » , il a tout à fait raison, ce livre est un enchantement de délicatesse, de poésie joyeuse, de nature enchanteresse, d'humanité partagée,   un délice pour l'imagination,   écrit dans un style éclatant qui captive et éblouit à la fois.

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par topocl
le Sam 17 Déc - 18:43
 
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Don Carpenter

La promo 49

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 Dscn6010

Portland, Oregon, été 49.
Toute une flopée de jeunes gens qui ont eu, ou n'ont pas eu leur bac. Avec les préoccupations des jeunes gens de cet âge, l'impression que la vie a tout offrir, mais qu'il faut commencer par : les filles, la bière, le drive-in, les séances à l'arrière de la voiture des parents, les boulots d'été.

Vingt quatre instantanés de quelques pages, chacun se suffisant à lui-même, et l'ensemble constituant le tableau d’un âge de la vie et d'une époque.
L'époque est quand même marquée par le fait que porter un Levi’s est un signe de défi, et que les garçons s'enthousiasment de s'engager plutôt que d'aller à l'université.

Cela parle de plein de situations déjà lues, mais l’écriture est dynamique, c’est resserré et léger à la fois, extrêmement vivant, un vrai roman américain de campus écrit comme des nouvelles. Cela ne laissera pas un souvenir impérissable, mais c'est une excellente lecture pour un dimanche après-midi tranquille où l'on souhaite profiter de l'instant.


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par topocl
le Ven 16 Déc - 18:21
 
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Dorothy Allison

L’histoire de Bone

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 7 Ccc1010



Un sacré plaisir de lecture !
Pour une fois, l’illustration de couverture donne une très bonne idée du livre qui nous raconte l'histoire de Ruth Ann, dite « Bone » (os), une petite fille que l'on va suivre entre sa 8e et sa 13e année, et qui, comme sur la photo, n'est pas très jolie, très réfléchie, décidée au point d'être parfois butée, et affronte avec un courage résolu les difficultés de la vie.

La maman de Ruth Ann est issue d'une fratrie de 7 enfants, les Boatwright. C'est une sacrée famille, un clan, un mythe… Dans cette famille pauvre de Caroline-du-Sud, dans les années 50, les garçons sont des fiers-à-bras, des ivrognes, toujours entre boulot précaire et une petite peine de prison. On leur pardonne car derrière cette carapace, ils cachent une grande tendresse et un profond désespoir. De leur côté, les femmes assument. C'est elle qui élèvent les enfants, qui pansent les plaies, consolent les chagrins, font bouillir la marmite. Ce qui domine dans cette famille, au-delà des conflits et des difficultés, c'est une solidarité indéfectible, une loyauté qui ne manque jamais.

Ruth Anne naît alors que sa mère a à peine 16 ans, le père, un « vaurien » qui « fricotait » est déjà reparti… Bone va grandir avec cette étiquette de bâtarde (en anglais le livre s'appelle Bastard out of Carolina) que sa mère va essayer de toutes ses forces de compenser par un immense amour. Un peu plus tard naît une petite sœur, qui va elle aussi rester sans père puisque celui-ci décède rapidement. La mère est déterminée à offrir à ses 2 filles une protection, une sécurité, et pourquoi pas… un peu de bonheur. Pour trouver cela elle se résout à épouser Glen qui devient « papa Glen ». Mais celui-ci se révèle bientôt paumé, complexé, violent. C'est un faible qui confond amour et possession : quelqu'un doit payer pour ses propres souffrances, et ce quelqu'un, c’est Bone.

Rude d'apprentissage de la petite fille, qui, convaincue qu’elle n’a que ce qu'elle mérite, voulant avant tout protéger sa propre mère qu'elle sent si fragile, ne sait pas toujours tirer parti des mains tendues qui pourraient la sauver.

Dorothy Allison, se référant à sa propre enfance sous une forme romancée, nous décrit un univers implacable, riche en amour et en fous rires, mais aussi en rage, haine et violence. Les pauvres aussi ont une histoire, elle est parfois insupportable de violence, mais riche, tendre et passionnée. On ne peut que vibrer pour tous ces personnages, et même si l'on préfère certains, tous appellent au secours, tous méritent qu'on s'attache à eux.
C'est une histoire très dense, dans ce sens qu'il n'y a pas de temps mort, que toutes les péripéties font que le sujet gagne en puissance, que la misère est toujours détestable mais n'appelle jamais notre pitié. Ces gens-là ont un déterminisme à vivre, à grappiller tout ce qui peut rendre heureux au-delà du malheur ce qui nous les rend extrêmement présents.

Il faut lire l'histoire de Bone, cette petite fille à l'image de Dorothy Allison : parce qu'on se doute qu'elle saura panser ses plaies, parce qu'elle est aimée et sait aimer, elle n'est pas près de nous quitter.

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par topocl
le Ven 16 Déc - 8:38
 
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Henri Bosco

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L'enfant et la rivière

1945

CONTENU :
Ce qui attire le petit Pascalet dans sa Provence plus que tout, c'est la rivière toute proche de la maison, de laquelle tous le mettent en garde et l'interdisent de l'approcher. Par peur pour l'enfant, bien sûr, mais : quelle meilleure motivation pour être attiré ! Il rêve d'elle. Et de temps en temps le chasseur Bargabot, personnage un peu sauvage et à la limite des lois, apporte des poissons et d'autres nouvelles à la maison. Quand un jour ses parent vont en voyage et que sa tante Martine n'est pas vraimenet attentive, il demarre un tour d'expédition : il découvre alors la rivière fascinante, une île au milieu et Gatzo, un garçon, retnu sur l'île par des inhabitants qui font peur...

REMARQUES :
Roman d'apprentissage, au moins en France un classique de la litérature d'enfants et de jeunes (et d'autres!). En lisant sur ce roman après lecture, je suis tombé sur des articles parlant de parallèles avec des livres comme Huck Finn et Tom Sawyer de Mark Twain. En tous cas : une petite perle !

Dans cet aventure d'enfance Pascalet découvre comment menace et attirance de la nature dans un premier contact immédiat avec elle. Et aussi une première amitié ; celles qui restent peut-être pour la vie, au moins dans nos mémoires. La liberté et l'indépendance vont marquer ces journées qui suivent la libérationde Gatzo et son intervention : « les plus belles journées de ma vie « , comme confesse le narrateur maintenant déjà âgé. Ils se laissent dériver sur un bateau dans la rivière et s'installe dans un bras mort. Ils vont y passer dix jours.

Dictionary of literary biography a écrit:« L'auteur réussit de communiquer le grand étonnement et le regard tout frais d'un enfant qui accueille avec des sens ouverts ce qu'il y a là dans la campagne ce qu'il y a à voir, à écouter, à sentir. »


Un merveilleux petit livre qui me fait aimer Bosco d'emblée !


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par tom léo
le Jeu 15 Déc - 16:39
 
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