Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Dim 8 Déc - 14:49

159 résultats trouvés pour initiatique

Siri Hustvedt

Les yeux bandés

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 2 Cvt_le11

J’allais commencer en disant que l’atmosphère était très austérienne, et puis je me suis reprise, face à cette expression sexiste, j’ai décidé que l’atmosphère était plutôt hustvedto-austérienne. (Cependant, mon premier choix était peut-être acceptable si l’on considère qu’il s’agit ici du premier roman de Siri Hustvedt, et que Paul Auster écrivait déjà depuis 10 ans, et avait déjà publié sa fameuse tragédie trilogie new-yorkaise).

Quoi qu’il en soit, il s’agit du récit de deux années new-yorkaises d’une jeune étudiante fauchée, Iris (chercher l’anagramme) luttant pour sa survie dans un New York où la canicule froisse et humidifie les draps, voguant, déambulant de la bibliothèque universitaire à des bouches sordides. Elle fréquente des hommes étrangement exigeants, secrets à en être mystérieux. Elle est dans une perpétuelle quête d’identité, avec une riche expression psychosomatique, toujours à la limite de la folie, en quête d’une sorte de salut entre le bien et le mal. Le livre est un grand jeu avec la vérité, à travers l’usage des noms, des pseudonyme, des objets, de l'art et des images. Le travestissement et la fascination impactent les comportements, les pervertissent, modifient les émotions.

Il en ressort une atmosphère tout à la fois riche et désincarnée, où s’infiltre le désarroi du non-sens, alors que, certainement, dans la tête de l’autrice, tout a un sens. Trouver celui-ci n’est pas forcément le but, mais savoir qu’il est là donne une tonalité particulière à ce récit, dont la sensibilité à fleur de peau cache (ou prétend cacher), un certain intellectualisme quasi mondain : brilalnt et vain tout à la fois.

La forme globale du roman était certainement un coup d’audace pour une primo-romancière : quatre chapitres, les trois premiers comme des nouvelles décrivant côte à côte trois épisodes de cette errance initiatique, alors que le dernier décrit une période plus longue, dans laquelle s’imbriquent les premiers, sans qu’il soit pour autant complètement repris. J’ai eu l’impression que le côté astuce de ce montage, pour intelligent qu’il soit, faisait perdre une certaine force à la narration globale.

Coup d’essai, mais pas encore de coup de maître, mais coup séduisant, et déroutant, dans l’univers déjà totalement structuré de cette autrice pénétrante, où il est surprenant que les femmes n’aient droit qu’à des portraits bizarrement insignifiants.



mots-clés : #identite #initiatique #jeunesse #lieu
par topocl
le Lun 7 Jan - 10:03
 
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Sujet: Siri Hustvedt
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François Mauriac

Le Mal

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Roman, 175 pages environ, paru en 1924, mais n'a reçu sa forme définitive qu'en 1955, après divers avatars.

Eu la chance de le chiner, pour des clopinettes, dans l'édition mouture définitive, qu'on ne va tout de même pas qualifier d'originale contrairement aux sopalinades de l'éditeur, en l'occurrence  Arthème Fayard 1955 (ci-dessus).

Donc ouvrage paru en revue ("Demain") en 1924. Puis un premier tirage chez Grasset ne vit, finalement, pas le jour.
Quelques chapitres isolés paraissent en 1926 sous le titre Fabien, en édition illustrée, chez Librairie Sans Pareil.
Grasset édite à nouveau le roman version 1924, à petit tirage, en 1935 et 1936.

Puis, le temps passe. Mauriac lui-même est réticent à la publication de cet ouvrage, mais, comme il est repris dans le tome VI de ses Œuvres Complètes et -je cite Mauriac:
"Surtout parce que mon éditeur américain en a donné la version anglaise dans le même volume que celle du Sagouin, et qu'à mon grand étonnement l'accueil du public et de la critique a été chaleureux, - ce qui est très nouveau pour moi: les traductions de mes livres par Gerard Hopkins n'ayant jamais trouvé aux États-Unis le succès qu'elles connaissent en Angleterre."

Le Mal, un Mauriac de seconde zone ?
J'en suis persuadé, du moins pendant un gros tiers, presque une moitié du livre.

Bref une fratrie de deux, dans Bordeaux-centre. Un père décédé avant de voir grandir les enfants. Une mère pas juste pratiquante, non, au-delà, janséniste si l'on veut.

C'est tellement biographique...avec le père décédé alors que Fabien avait l'âge de vingt mois, la scolarité du jeune Fabien, jusqu'au quartier même de Bordeaux qui est celui où grandit François Mauriac, jusqu'à la ferme et les terres des Landes girondines où la famille va passer la belle saison, jusqu'à la "montée" de Fabien jeune homme à Paris, l'inscription à l'École des chartes, d'où Fabien, comme Mauriac, démissionnera, jusqu'à la piaule d'hôtel, etc...


 Mauriac met à mal les nerfs de ses plus fervents lecteurs dans ce livre, qui paraît manquer de souffle, les personnages de Fanny l'irlandaise amie de la mère de Fabien, et de Joseph, le doux et pieux frère de Fabien, pas maladroitement campés j'admets (comparé au personnage de la mère de Fabien) ne sauvent pas tout, on va s'enliser, on voit vaguement d'où ce "Mal" peut venir, et puis, et puis...

Subtilement, les divers éléments hétérogènes se forment (comme en chimie) en un précipité solide, les temps forts du livre arrivent enfin, toute la longue mise en place -très autobiographique, donc- trouve enfin sa justification.

Un Mauriac de seconde zone, disais-je ?
Plus si sûr au final, toutefois je ne le recommande pas en porte d'entrée à cet auteur (voir, au reste, les réticences de Mauriac lui-même quant à sa publication...).

Chapitre V a écrit:
- Viens... viens dans l'ombre...viens !
Elle avait jeté un manteau sur ses épaules.
Elle entraîna Fabien. Il sentait à son bras la crispation d'une main de noyée.  Cette odeur de marécages et de tabac opiacé, les vacillantes colonnes rouges et vertes dans l'eau noire que font les lanternes, tout ce qui avait été présage funèbre s'associait soudain et pour jamais à la frénétique joie de Fanny. Ce port des embarquements pour le néant devenait le léger décor de sa tendresse heureuse.


Chapitre VII a écrit:
On le vit muet, contre une porte à ces fêtes, dont les hôtes lui étaient aussi mystérieux qu'une tribu sauvage. Il errait parmi eux, Gulliver mélancolique, prisonnier d'une race inconnue. [...)
D'incompréhensibles peintures effaraient le jeune homme - et cette musique comme des coups de poing ! Durant les soupers sans domestiques, si l'ivresse faisait tomber des masques, il en restait toujours un collé à chaque visage. Quelle plaie eût-on déchirée en les arrachant ?


Enfin je reproduis celle-ci sur un autre fil (La littérature c'est quoi ?) où elle me semble à sa place:
Chapitre VII a écrit:Il ne comprenait pas ces poèmes, ces peintures, ces musiques autour de lui, - mais il se disait que peut-être ces artistes usaient de leur art pour créer un univers de monstres et pour y passer inaperçus. Il se demandait si leur art n'était pas la forme de leur désespoir.



mots-clés : #autofiction #initiatique
par Aventin
le Sam 15 Déc - 9:26
 
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Sujet: François Mauriac
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Thomas Vinau

Le camp des autres

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 2 31fc2l10

C'est une découverte, mais une semi-découverte.

Gaspard, garçon a l'âge indéfini, se réfugie dans les bois, après s'être débarrasse d'un père qu'on devine infâme, coup de surin  dans le ventre, fuit, halète, portant un amical bâtard blessé dans l'aventure. Un homme brut et sauvage, braconnier mi-sorcier mi-herboriste l'accueille, le réconforte, l'initie à la survie dans les bois, à l’écoute et l'observation du milieu forestier qui, d'hostile se transforme ainsi en bienveillant. La peur cède la place à la confiance. L'enfant suit des visiteurs étranges qui s'avèrent des membres de la cararavane à pépère, une bande cosmopolite d'exclus, déserteuse, bohémiens, hors-la-loi libertaires auxquels l'auteur voue une sympathie certaine. A la foire de la Tremblade, le garçon observe leurs rapines, mais aussi leurs déboires puisque c’est là qu' a lieu le premier exploit des fameuses Brigades du Tigres.

Il y a là une prose exigeante, sauvage, haletante à l'image de cette vie sauvage, frôlant le danger en permanence, par  petits chapitres d’une à deux pages qui sont autant de poèmes en prose, hommages à la nature et à la liberté. Le lecteur ou la lectrice  trouvent là une large place pour  l'imaginaire et le rêve.

Malheureusement ce récit proche de la volupté s'interrompt d'un coup pour des  pages plus didactiques : on sort du conte pour l'information historique, et celle-ci est trop allusive pour être vraiment instructive. C'est une rupture assez bizarre, assez frustrante pour l'imaginaire qu'avait vivement attisé le souffle envoûtant de la première partie. Celle-ci, ainsi que l'attachement de l’auteur à la forêt, aux marginaux et aux déclassés, impressionnent cependant suffisamment l'émotion et  la curiosité pour donner envie de mieux rencontrer cet écrivain.

Ici  , le début pour voir l'écriture.


mots-clés : #enfance #historique #initiatique #nature
par topocl
le Mar 4 Déc - 16:19
 
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Carol Rifka Brunt

Dites aux loups que je suis chez moi.

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Jess est une jeune fille au seuil de 'l’adolescence, paumée comme  il se doit à cet âge, parents aimants mais largement absents, grande sœur autrefois quasi jumelle qui la traite maintenant comme une gamine négligeable. Et son oncle Finn, l'oncle adorable-adoré qui meurt du sida...
Cependant il lui laisse « en cadeau » Tobby son compagnon sidéen auprès duquel elle va trouver réconfort, amitié, , résoudre les secrets familiaux, avancer dans sa construction personnelle, puis ressouder peu à peu les alliances.

C'est une roman pour adolescents, dommage que ce ne soit pas dit d'avance. Avec ce qu'il faut de faits de société,  de choses à apprendre t leçons à tirer pour affronter la vie,  de jusqu’au boutisme dans les actes et les sentiment.s C'est plutôt bien ficelé, il y a de l'humour, de la tendresse et de gros chagrins. Le temps d’une après-midi tranquille où l'on accepte de retrouver son état d'adolescence (où l'on n'était finalement pas plus bête que maintenant) , c'est assez émouvant, cocasse, tout doux, dans les deux premiers tiers, mais sur la fin le rocambolesque efface un peu cette sensation délicate et poétique.

Mots-clés : #amour #enfance #fratrie #initiatique #mort
par topocl
le Lun 26 Nov - 12:08
 
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Norman Rush

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 2 51wqg110

Accouplement

Une jeune trentenaire, étudiante américaine en anthropologie, cherche un sens à sa future thèse au coeur du Botswana. Entre fuite et cynisme, saupoudrant d'un humour clairvoyant son itinéraire, elle se fait narratrice de ses perditions et ressacs, de ses lubies, et nous prévient très vite que tout son récit voudra expliciter la rencontre exceptionnelle qu'elle va faire d'un homme .

Le tempérament de cette femme, singulier, tisse tout le corps textuel, elle mène la danse, mais ce présupposé est servi par la nature de son caractère, analytique, anthropologue jusqu'au bout des poils, mais aussi rompu au détour psychanalytique.
En conséquence, on accrochera ou pas quant au ton, au mouvement du récit.

F.Le corre pour cairn info a écrit:Exploration territoriale, confrontation des idées, rencontre des cultures, utopie politique, épreuve de la personnalité, passion amoureuse et rivalité des sexes, le tout exposé par une jeune anthropologue américaine, perdue au Botsawana pour les besoins d'une thèse en anthropologie nutritionnelle ? une vraie fausse piste sur laquelle elle ironise : « En Afrique, on veut plus, je pense. Les gens y sont pris d'avidité. Je n'ai pas échappé à la règle. » Ce sont les premiers mots du livre. Le ton est donné. Observatrice méticuleuse d'elle-même et des autres, des institutions et des sociétés, la jeune femme, aussi maîtrisée que caractérielle, est une surdouée des interprétations multiprises qu'elle démonte aussi vite qu'elle les monte. Elle est à elle seule un prodige de méfiance et de détermination, une virtuose en dialectique, mélange détonant de cérébralité et de sensualité. Quand elle entend parler d'un certain Nelson Denoon, intellectuel qui aurait fondé une cité secrète au fin fond du Kalahari , « ce vide replié dans le vide jusqu'à l'Atlantique », elle sait qu'elle ira le rejoindre. Ce qu'elle fait seule avec deux ânes, avant d'arriver à moitié morte à Tsau, la fameuse communauté de Denoon où des femmes tentent d'émerger de leur asservissement séculaire. Là sont Denoon, l'utopie, et un temps immobile qui recèle sa propre capacité de destruction. Contrairement au royaume des hauteurs où s'accouplent les vautours, ce repaire qui prétend écarter la violence ne pourra protéger l'accouplement de chair et d'esprit qu'elle aurait voulu comme une confrontation loyale, équitable et jamais achevée. L'illusion se défait, sans que le mouvement s'épuise, sans que cessent de tenailler l'envie de comprendre et le grand, l'insatiable appétit de vivre.



c'est drôle, spécieux (jargon universitaire bonjour), empathique et arborescent dans sa logique, c'est un roman sur l'amour féminin, sur la société botswanaise, sur l'utopie socialiste.
Assez épatant du point de vue de la personnalité féminine décrite (auteur empathique, observateur, qui sait pourtant aussi par touche discrète nous démonter sous un jour moins favorable ), l'auteur dit qu'il a eu l'ambition de construire le personnage féminin le plus complet de la littérature anglophone. Pour avoir survolé des articles non traduits sur lui, il semble que ce soit un grand hommage à sa femme, à leur relation, bien que transposé, détail qui rend assez sympathique le fatras global où nous transporte cette femme de foi perdue et d'instinct sauf. A moins que ce ne soit tout l'inverse.

Une très jolie lecture . Le regard politique est intéressant, aussi, bien que la lecture de nos jours puisse le faire paraitre un peu déjà vu. Mais sans doute qu'à l'époque il valait son poids.
Et je n'ai pas de citation. pardon. rendu à la médiathèque.




mots-clés : #amour #conditionfeminine #huisclos #independance #initiatique #insularite #politique #social
par Nadine
le Mer 21 Nov - 19:28
 
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Sujet: Norman Rush
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Eduardo Halfon

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 2 Produc11

Deuils

Eduardo Halfon évoque dans ce récit le souvenir fébrile et douloureux de son oncle Salomon, et la trace laissée par l'évocation de sa disparition enfant, noyé dans un lac....cette absence et un silence dans la trame d'une histoire familiale complexe, abrupte hante l'auteur qui tente de combler un vide, une angoisse, une énigme.

Du Liban à la Pologne, Halfon revient sur le parcours de ses grands-parents et tisse des liens à partir d'un passé parfois englouti. Au fil d'une recherche, Deuils devient alors un ouvrage marquant par sa concision poétique alors même que la tentative de faire revivre une mémoire par les mots apparait infinie. L'écriture ne peut incarner une résolution mais elle révèle des morceaux de soi.


mots-clés : #enfance #famille #initiatique
par Avadoro
le Jeu 15 Nov - 23:52
 
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Sujet: Eduardo Halfon
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Éric Chevillard

@Louvaluna a écrit:Mais, dans ce cas, je conseillerais au panda mignon d'y mettre la patte en commençant par Ronce-Rose. Wink


C'est parti pour la patte :

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 2 418wtm10

Ronce-Rose

J'y suis donc allé du bout de la patte et j'ai surtout tourné autour. Pourtant dans cette histoire à hauteur de petite fille et un poil décalée on est assez vite dedans. C'est très fluide et sa manière de pied / contre-pied est au point et assez efficace même, il y a même des attentions qui me plaisent, tour de passe-passe nonchalant autour d'un petit rien, dans la démarche ça me plait. En pratique je suis prêt à trouver ça sympathique sans avoir réussi à vraiment me couler dans le texte. L'impression qu'il pourrait en faire des kilomètres sur le même mode sur presque tout, peut-être ? Ce qui ne m'empêche heureusement pas d'avoir apprécier et souri à certains passages et de ne pas du tout regretté cette expérience. clown

Dans ce passage par exemple, si l'ensemble ne m'emballe pas forcément, j'aime bien la phrase en gras :

Rascal en ce moment est noir avec une tache blanche si large qu'on pourrait aussi bien dire le contraire. Il ne fait pas de différence entre l'affût et la sieste et il y consacre presque tout son temps. Peut-être qu'il attire ses proies en rêvant de baies et de graines. Mais là, il s'est remué, il a même cru pouvoir attraper une mésange dans le sureau. Maintenant, il est coincé là-haut, incapable de redescendre et il regarde les oiseaux qui picorent dans l'herbe les graines et les baies de son rêve. Si c'était une vache celui-là, il faudrait lui fourrer à la main le foin dans les bajoues !


cat

mots-clés : #contemporain #contemythe #enfance #humour #initiatique
par animal
le Mer 14 Nov - 18:41
 
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Sujet: Éric Chevillard
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Zadie Smith

Swing Time

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 2 51uzxi10

Une petite fille d'une cité londonienne, voit son enfance se dérouler sous la triple emprise de la passion de la danse, de son métissage et  de Tracey sa meilleure copine délurée. Sans doute du fait d'une certaine « sagesse interne », mais aussi grâce à sa mère militante féministe qui la pousse à étudier et gagner son autonomie, elle quitte son milieu d'origine et  devient assistante d'une star mondiale du show-biz, l'aide dans  une entreprise plus paternaliste que généreuse pour construire une école pour filles en Afrique.

Comme toujours chez Zadie Smith, elle multiplie les personnages qu'elle dépeint avec un œil aussi acerbe que tendre, et chez qui l'enfance est déterminante. Elle embrasse de nombreux thèmes (multiculturalisme, différences de classes sociales, féminisme, fatalité  sociale et émancipation par la culture,  fidélité et trahison) qu'elle brasse de façon assez virtuose.  On retrouve aussi sa vivacité, son rythme, sa capacité à dresser des portraits tout aussi piquants que prototypiques. Un peu moins d'humour que dans ses précédents livres, peut-être. Et si l'issue m'a laissée un peu sur ma faim, Swing Time reste une lecture addictive, plaisante, entre sourire et émotion, pleine de personnages attachants, qui n'ennuie pas une seconde.

Mots-clés : #amitié #contemporain #enfance #identite #initiatique #jeunesse
par topocl
le Sam 10 Nov - 10:52
 
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Sujet: Zadie Smith
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Hans Henny Jahnn

Tag initiatique sur Des Choses à lire - Page 2 41smtv10

Le Navire de bois

José Corti a écrit:Achevé en 1936, Le Navire de bois constitue le premier volet de la trilogie romanesque publiée à titre posthume par Walter Muschg, Fleuve sans Rives. Comme Andreas de Hoffmannsthal, Le Procès de Kafka et L’Homme sans qualités de Musil, la trilogie fait partie des grandes œuvres en prose de notre siècle restées inachevées. Comme dans ses autres œuvres, et notamment son théâtre, Jahnn conduit ses personnages jusqu’au point de rupture où les forces, soudain libérées, se déchaînent. "Ce que nous accordons aux tragiques du passé, écrivait Hans Wolffheim en 1966, à propos de l’auteur du Navire de bois, nous devons le concéder au poète moderne : d’être, au-delà des conventions bourgeoises, un créateur de mythes, de proposer donc des Images archétypiques de l’homme qui font peut-être éclater ces conventions. Il se pourrait qu’on y découvre plus de vérité que dans les icônes confortables de nos normes sociales."

Chez Jahnn, comme chez Kafka, des acteurs cheminent sans but, presque sans chemin. Ils n’avancent plus, de peur de reculer. Ils voudraient marcher, s’élancer, mais ils craignent de marcher à l’envers. Jamais plus les pas ne s’enchaînent. Tout l’effort de l’écrivain consiste à les égarer davantage, à les perdre, car l’idée du “chemin" est encore une entrave : "quand on dit que le chemin est plus important que le but, c’est en souvenir d’un début où ils ont été identiques.” (Jünger, Les Ciseaux)

Pour complaire à sa fiancée, la fille d’un capitaine de marine, Gustav décide à l’improviste de l’accompagner dans un voyage sur un étrange navire de bois, véritable labyrinthe, transportant une cargaison mystérieuse vers une destination inconnue. Seule femme à bord, Ellena devient l’objet des fantasmes de tous les hommes. Un jour, elle a disparu ; en tentant de la retrouver, Gustav provoque involontairement le naufrage du navire.

À la fois roman de haute mer, de la veine des Melville et Conrad, mettant l’homme aux prises avec les éléments, et intrigue policière, comme Le Procès de Kafka, ce récit allie un réalisme intense à un univers intérieur et symbolique : le mystère ou l’absurdité de l’existence, la solitude des êtres, leur obscure culpabilité.

jose-corti.fr


Ce n'est pas le quatrième de couverture mais ça plante le décor et les attentes. Pourtant quand on commence la lecture ce qui frappe d'abord c'est l'impression de qualité, la qualité dans le ça coule de source autant que c'est terriblement bien écrit, cohérent, dense, fluide, régulier.

On s'installe donc assez vite et heureusement parce que ce qui se dessine derrière les mots se complique rapidement. Le côte normal puis surprenant de l'histoire s'altère rapidement... la tonalité d'ensemble est sombre, son mystère côtoie le fantastique et l'objet premier est un tourment incessant, très palpable très physique. Impossible d'échapper aux alternances d'espoir et d'effondrement. Plusieurs monde se confronte, les oppositions ne sont jamais franches, les rapports de forces factices, mêlés d'envies qui restent floues...

Le traducteur (ahurissant de maîtrise ?) évoque la confrontation au réel comme principale source de l'inquiétude ou de la quête sans objet. Très difficile de parler de tout ce qu'il y a dans ce livre, ou qui ne va pas dans ce livre.

Ce qui est sûr c'est qu'on est bien dans le solide et que les références à Kafka ou d'autres on certainement du sens. J'ai pensé à Blanchot aussi. C'est très étrange, très diffus, très visuel, très sensoriel tout court pour des préoccupations très intériorisées.

L'ombre de la période mérite aussi réflexion, elle serait tapie dans le brouillard derrière...

L'autre grosse surprise finalement est de ne pas avoir entendu parler de cet auteur avant cette lecture (recommandation du libraire).

Choc, lecture très marquante.


Mots-clés : #fantastique #huisclos #identite #initiatique
par animal
le Lun 5 Nov - 22:15
 
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Hubert Selby Junior

Le saule

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Original: The Willow Tree, 1998

4ème de couverture : a écrit:Dans le South Bronx, une bande vient d'attaquer un couple d'adolescents. Maria est défigurée par un jet d'acide. Bobby, tabassé à coups de chaîne de vélo, pisse le sang. Hagard, perdu, il trouve refuge dans une cave où Moishe, un vieux clochard, le soigne. Mais peut-on vraiment guérir de la haine et des rêves de vengeance ?


Très reconnaissant d'avoir découvert cet auteur par la lecture de « Le saule ». Je fus attiré grâce à une petite remarque – de Bix, je pense, quelque part – que le livre rappelle en quelque sorte l'histoire de « Missa sine nomine » de Wiechert. Bon, peut-être c'est un peu bizarre de comparer, mais il est juste que dans un certain sens il s'agit d'histoires de « guérison » (ou pas?) après avoir subi une violence extrême. Ce qui est chez Wiechert avant tout la nature et une contemplation dans la solitude et le silence, c'est chez Selby, ici, cette amitié grandissant entre Moishe et Bobby. Ce qui était la guerre chez l'un comme déclencheur, c'est la violence urbaine chez l'autre, réalité très vraie, pas de tout exagérée à en croire un ami des Bronx...

Ce qui m'a touché aussi dans ce roman, c'est la juxtaposition, ou le parallèlisme entre une histoire très violente, des périodes marquées par une grande violence et une langue au moins rude et plein d'argot de Bobby (langue, écritutre « parlée ») ET, de l'autre coté, une espèce de douceur dans l'être, les propos de Moishe, un homme apaisé après ses traumatismes à lui. Cette coexistence est forte et peut-être très intéressant : la réalité de la violence dans nos vies ET, au même moment, l'invitation, l'expérience à autre chose. C'est un auteur touchant à sa propre fin, et ayant vécu lui-même des choses dures, qui écrit, et cet ensemble donne une grande crédibilité à l'oeuvre. Et ce malgré le fait que dans un certain fil conducteur on pourrait à juste titre aussi ressentir un certain « pathos », je dirais même : typiquemment américain. On s'embrasse, on « toppe », on s'appelle, « mon vieux »... - ici et ailleurs on est dans certaines répétitions qui m'ont un peu amusées ou même semblées un peu trop répétitives. Ainsi je trouve quand même que par exemple le deuxième tiers du roman est tout simplement trop longue. Un peu de coupures n'auait pas fait du mal. Mais on est dans une espèce d'écriture qui tourne, revient à certains sujets, qui exprime les lentes évolutions intérieures.

La tension du roman reste intacte, monte même encore quasimment jusqu'à la dernière page, et les deux, trois dernières pages touchent par leur grâce au sublime (ne pas anticiper la lecture, mes chers!!!).

J'ai envie de poursuivre avec cet auteur !

mots-clés : #amitié #initiatique #violence
par tom léo
le Sam 13 Oct - 22:28
 
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Claude-Prosper Jolyot de Crébillon, fils

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Les Égarements du cœur et de l'esprit

Dans ses mémoires, M. de Meilcour apparaît au lecteur comme quelqu'un qui possède un certain recul par rapport aux événements qu'il raconte. Le décalage entre la clairvoyance de ce narrateur presque omniscient et la naïveté du personnage qu'il a joué, frisant l'idiotie, commence par faire tout le sel de ce récit vraiment très drôle. Toute la narration se concentre sur les jeux de séductions mondaines ou amoureuses, ou sur des manœuvres méchantes pour écarter l'un ou l'autre d'une partie jouée serrée.

Meilcour s'égare et se trouve dans une situation de plus en plus confuse, de plus en plus ridicule, parmi des gens sans consistance, mais très habiles dans le double-jeu et le mensonge. La vision que donne Crébillon de cette société pourrie jusqu'à la moelle, se précise au détour d'une leçon de Versac à notre personnage, oh, on comprend que l'on se moquait peut-être un peu légèrement ― mais pourquoi pas ? ― des mésaventures de notre héros, et qu'il faut être assez suicidaire ou complètement cynique pour s'enfoncer à ce point dans la tourbe, et feindre d'être d'accord avec elle.

Crébillon fils a écrit:Il y a mille gens à qui l'on n'en croit que parce qu'ils ne cessent pas de dire qu'ils en ont {du mérite}. Ne vous arrêtez point à l'air de froideur et de dégoût avec lequel on vous écoutera, au reproche même qu'on vous fera de ne vous perdre jamais de vue. Tout homme qui vous blâme de trop parler de vous, ne le fait que parce que vous ne lui laissez pas toujours le temps de parler de lui : plus modeste, vous seriez martyr de sa vanité.


mots-clés : #amour #initiatique
par Dreep
le Dim 7 Oct - 16:08
 
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Sujet: Claude-Prosper Jolyot de Crébillon, fils
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Guillaume Meurice

Cosme

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Voilà, je tombe en médiathèque sur ce roman, la 4eme de couverture évoque Rimbaud, "Cosme ou l'histoire d'un fils d'immigrés espagnols, agrégé de rien, pas même bachelier, qui découvre le Graal de la poésie française : le sens caché du sulfureux et mystique poème de Rimbaud, Voyelles. ", je ne connais pas dutout Meurice (et serai surprise d'apprendre qu'il est connu et pas spécifiquement écrivain ), et ne saurai qu'après lecture qu'il s'agit d'un récit, à quatre mains, puisque guidé, validé, inspiré par Cosme Olvera, ci -dessus en photo.

Le roman (on va quand même dire ça comme ça, ça s'y prête) a une langue simple mais séduisante, phrases assez courtes, images précises, on suit l'élan de vie d'un homme habité par ses propres marottes. Des marottes d'hyper logique . Des talents hyper logiques.
c'est un livre qui raconte bien une personne, plein de détails sont très singuliers, ça s'entend après coup comme caractéristique de l'aspect non fictionnel, au fond : l'empathie est mobilisée à fond, puis parfois beaucoup moins, mais toujours on reste intéressé, je trouve, dumoins. Et notamment parce qu'il y a ce récit d'une quête, qui est partagée généreusement, sans nous faire l'outrage d'une ellipse.
Je disais à Quasimodo que ce roman rendait hommage au jeu des Echecs, une des passions de cosme. J'ai beaucoup aimé, pour ça, pour Rimbaud, pour en fait cette immersion dans un esprit que je n'ai pas dutout, hélas, ce côté méthodique hyper logique, qui est raconté avec clarté. On rigole parfois, parfois on est ému, parfois enfin, on est très intrigué. Je conseille ce livre qui a les caractéristiques d'une friandise, quant au plaisir qu'il donne, orchestré de manière modeste mais précise. Ma foi. Il a quelques défauts mais surtout la qualité d'enthousiasme. Meurice le traduit bien.Il insère très discrètement, aussi, une forme de vanité qui va de pair avec la quête, mais on l'admet volontiers. Et puis le chemin de vie parallèle à la passion poétique et logique est très agréable à découvrir. Les réserves sur le tout , finalement, est semblable à celle qu'on aurait devant un individu lambda, du moment que ce sont les faits, on ne peut que difficileent faire un procès littéraire, et sortir du duo ce qui revient à Meurice ou Olvera est franchement compliqué à mon avis.

Je n'ai plus le livre, je l'ai rendu, c'est un peu dommage, il ya des passages à relire, sans doute, si vraiment on se pique de suivre Olvera dans ses chemins, y compris à travers ses poemes qui sont retranscrits. Il y a une touche ésotérique , parfois, que j'ai abordé avec méfiance instinctive, j'avais peur que ça vire "illuminé" mais en fait, non, ça reste très tenu au final, pour moi qui suis très attachée au vraisemblable . Bon mon commentaire est pas super précis, mais vous voyez en gros.
chouette lecture.


mots-clés : #creationartistique #initiatique #poésie #temoignage #universdulivre
par Nadine
le Ven 5 Oct - 10:43
 
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Sujet: Guillaume Meurice
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Dario Franceschini

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Dans les veines ce fleuve d'argent

« La réponse est dans la musique. Ce n’est pas une transcription des bruits du monde, elle n’est pas cachée dans les bruits du quotidien. Elle est toute entière en nous et celui qui l’écrit a simplement trouvé la clé pour disposer sur les lignes d’une feuille le mystère d’une chose qui est là, si vivante, si bouleversante, et qui pourtant ne naît pas parmi les choses du monde, mais sort de nous pour entrer dans le monde. C’est ainsi que nous devons traverser la vie. Libres de révéler au grand jour les sons, les couleurs, les mots qui vivent en nous et de les donner à tous tels qu’ils sont derrière nos yeux. »

Qu'est-ce qui fait courir Primo Bottardi, cinqante ans et des poussières ?
Enfin, courir, non. Mais quitter son foyer familial, sa femme et sa fille aimées.
Tout ça pour retrouver un copain d'école, Massimo Civolani, qui, quarante ans auparavant, lui a posé une question que Primo a laissée sans réponse.

Parce qu'il pense connaître la réponse, Primo se met en route pour le retrouver.
A pied, à bicyclette, en train, et finalement en charrette à cheval, il retourne vers les lieux de son enfance, dans la vallée du Po.
Il retrouve son vieil instituteur puis un ancien condisciple qui l'oriente plus ou moins.
Commence alors une longue et lente errance le long du Po.
Un pays d'eau et de brume où règne le fleuve qui rythme la vie des riverains.
Un personnage tout puissant, ce fleuve, nourricier mais capricieux, noyant ou gratifiant selon le moment.
Au fil des heures et des jours, Primo rencontre des simples gens, pêcheurs pour la plupart d'esturgeons, la richesse du fleuve.
Il écoute leurs histoires qui toutes se ressemblent, même si chacun la croit unique.
Tout se répète d'âge en âge : amours ratées ici, famille noyée ailleurs, un mage incroyablement âgé et que Primo a connu alors qu'il était enfant.
Passent les histoires et les souvenirs, ceux de Primo et ceux des autres. Et qui tous semblent  déjà immergés dans le temps.
Et qui parlent de lavandières, de fêtes paroissiales, où l'on retrouve, comme partout, la femme la plus grosse du monde, qui n' est qu' un homme à perruque, gavé et nauséeux. Une petite fille en pleurs que Primo voudrait bien consoler.
Le charretier lui-même, raconte comment son seul amour, il l'a entrevu il y a cinquante ans, au bord de la plage, un été torride.
Une fille ravissante est venue s'asseoir à coté de lui, sans embarras ni coquetterie. Ils ont parlé familièrement et en confiance, mais à la fin de l'été, elle a disparu, laissant après elle un souvenir impérissable.

Primo, lui, se souvient, croit se souvenir de sa propre naissance.
Il écrit alors une lettre à sa femme pour justifier son absence et sa pulsion subite.
Le voyage s'achève abruptement laissant le lecteur perplexe.
Telle est cette histoire ou plutôt une fable. Une fable et une énigme dont le moteur semble le destin, maître du jeu et de toutes choses.

Un petit merci à Silou qui m'a incité à lire ce mystérieux objet littéraire.

mots-clés : #initiatique #lieu #voyage
par bix_229
le Mer 3 Oct - 19:30
 
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Sujet: Dario Franceschini
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Willa Marsh

Le prix de l'innocence :

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Pique-nique et virées en décapotable le week-end, premières cigarettes, premiers slows : poussée par ses amis Vanessa et Tony, si joyeusement délurés, l'innocente Fiona prend goût à la liberté. Ce n'est pas la même chanson pendant la semaine. Au grand magasin Winslow, elle doit subir les remontrances de la terrible Mme Ferrars, chef du rayon verre et porcelaine. Elle découvre, stupéfaite, un monde d'intrigues et de coups bas.
Trois décennies plus tard, Fiona reçoit une lettre de Vanessa lui annonçant la visite de son fils Alex. Les souvenirs affluent... Peu à peu, pour Fiona, tout s'éclaire.

(Quatrième de couverture.)

Honnètement, le résumé ne rend pas vraiment l'atmosphère du roman.
On côtoie deux amies, essentiellement, en découvrant leur jeunesse, leur monde du travail et leurs sorties et alternent les chapitres où l'une des deux nous raconte leurs histoires, ce qu'elles sont devenues, leurs vies; leurs couples, leurs familles, leurs chagrins d'adultes.
C'est très "british" autant dans la personnalités des protagonistes que dans les situations, les tasses de thé, le tweed...

Mais c'est aussi bien autre chose : le bilan de vies, les caractères bien décrits, ce que la vie fait de toutes ces personnalités , qu'elle malaxe et façonne.
Et bien sûr, il y a de la retenue, des secrets, des bassesses , des bavardages, des regrets.

La fin risque de différer de ce que vous attendez. L'auteur sait bien nous manipuler et j'ai aimé cela !

mots-clés : #initiatique #psychologique
par kashmir
le Lun 1 Oct - 17:55
 
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Claire Messud

Les enfants de l'empereur.

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Très belle découverte que cet écrivain. On ouvre le livre, on lit la première page et impossible de lâcher.
Un style que j'ai beaucoup aimé : des phrases à tiroirs comme je les appelle en utilisant et abusant pour notre bonheur des tirets  !! Une belle langue...

Et l'histoire de trois, quatre, cinq, bref plusieurs trentenaires qui veulent dévorer la vie new-yorkaise et se faire une place dans les mondes des Arts, de l'écriture ou du Journalisme. Ils se croisent, se perdent et se retrouvent n'ayant que peu répondu aux questions qui les obsèdent...jusqu'à ce que le 11 Septembre ne les engloutissent littéralement révélant leur vraie nature et leur vraie personnalité.

Mots-clés : #contemporain #initiatique
par kashmir
le Lun 24 Sep - 18:45
 
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Anne-Marie Garat

Le Grand Nord Ouest

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15 ans plus tard, Jessie raconte à Bud l'année de ses six ans, et retourne avec lui au Canada dans le Grand Nord Ouest, dans une espèce de pèlerinage, de quête de sens qui se heurte au temps écoulé. Fille choyée d'un nabab d'Hollywood, elle voit son père mort noyé sur la plage le jour de sa fête d'anniversaire. A l'aube de cette année qui va la mener à l'âge de raison, sa mère, une femme fatale fantasque et pleine de secrets, l'emmène sans un mot d'explication dans une folle équipée vers le Grand Nord, ses immensités enneigées, ses indiens animistes. Que fuit-elle? Que cherche-t'elle accrochée tant à ses rêves qu'à ses racines? On va le découvrir au même rythme que Jessie, sans avoir toutes les clés pour autant : cette mère étrange aux identités multiples, grande manipulatrice, gardera sa part de mystère. La petite rouquine (évidemment) connaît là une belle initiation à une vie autre, authentique, à la sagesse, à une certaine dignité auprès d'un vieux couple d'indiens empreints de traditions qu'elle a séduits au premier coup d’œil

C'est bien d'Anne-Marie Garat de nous offrir pour personnages principaux de ce roman du Grand Nord une fillette et sa mère, là où l'on ne croise d'ordinaire que prospecteurs, trappeurs et autre traîne-savates. Il y a aussi ces deux indiens pleins de sagesses, de croyances  de pré-sciences, solidement ancrés dans le territoire qu'on est en train de leur arracher, et qui  transmettent leurs savoirs. Cette épopée aurait du être jubilatoire, mais sans doute du fait du style si spécifique d'Anne-Marie Garat, qui prend ici une boursouflure un peu submergeante (ça grouille un peu trop, c'est une coulée de lave qui ne s'arrête jamais), je ne suis pas pleinement entrée dans ce récit, pourtant plein de poésie, de nature sauvage et de nobles sentiments qui n'excluent pas la facétie. j'ai souvent trouvé ça longuet.

Mots-clés : #aventure #contemythe #enfance #initiatique #lieu #minoriteethnique #nature #relationenfantparent #traditions #voyage
par topocl
le Mer 19 Sep - 10:06
 
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Sujet: Anne-Marie Garat
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Roberto Bolaño

Les Détectives sauvages

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Un gros et un grand livre !
Comme pour 2666, j’ai tout de suite été happé par le récit. Curieux, il y a des auteurs dont dès les premières lignes, je sais que j’irai jusqu’au bout de l’ouvrage.
D’ailleurs, les deux derniers opus de Bolano partagent nombre de points communs : longueur du texte, constructions et « intrigue» similaires.
Toutefois, « Les Détectives sauvages »  est un livre à l’écriture plus resserrée, plus dense également, avec dans la seconde partie un croisement de témoignages mieux construit, qui en font un ouvrage probablement supérieur à  « 2666 ».  Je reste cependant convaincu que Bolano aurait modifié son dernier roman si la mort ne l’avait pas rattrapé.

« Les Détectives sauvages » est constitué de trois parties :

Mexicains perdu dans Mexico est un journal d’initiation d’un jeune poète de 17 ans, Juan Carlos Madero qui couvre la période du 2 novembre au 31 décembre 1975. Celui-ci entre rapidement en contact avec un groupe poétique d’avant-garde, les « real-viscéralistes» fondé et animé par deux jeunes poètes, Arturo Belano (sorte d’hétéronyme de l’auteur) et Ulises Lima (en référence à l’écrivain cubain José Lezarma Lima, mais peut-être également à Ulysse de Joyce ?). Le « réal-viscéralisme» est en réalité la réactivation d’un groupe de poésie de l’entre-deux-guerres, appelé également « stridentisme », apparenté au dadaïsme et au surréalisme. Les têtes de turc de Lima et Belano sont les poètes paysans mexicains ou de grands noms de l’époque : Neruda et Paz.
Le journal de Madero décrit les errances de ces poètes dans Mexico, la fréquentation des cafés, les nuits passées à discuter de littérature et à refaire le monde, sans oublier la découverte du sexe qui devient une occupation de premier plan pour l’auteur du journal ! J’ai trouvé que cette première partie offrait une belle description de jeunes gens attirés par la bohême et la poésie à un âge où le monde s’offre à eux et où tout est encore possible. En tout cas, beaucoup de passages m’ont parlé et rappelé des souvenirs de mes premières années en fac. Probablement, est-ce aussi parce que je suis de la même génération que Bolano…
Le journal se termine par la fuite précipitée de Madero, Lima et Belano, accompagnés d’une jeune prostituée, Lupe, vers le désert du Sonora.

Les Détectives sauvages est la partie la plus longue et le centre du roman. Il s’agit d’un véritable chœur polyphonique, qui couvre la période de 1976 à 1996. Il est constitué de multiples témoignages   de personnes ayant été en relation à un moment ou un autre, soit avec Belano, soit avec Lima. Ces témoins, très nombreux, reviennent parfois à plusieurs reprises, ou n’interviennent qu’une fois, la plupart sont fictifs, mais quelques-uns sont bien réels : Michel Bulteau ou Octavio Paz, par exemple. Certains témoignages sont très courts, d’autres forment de véritables récits. A chaque fois, la date et le lieu de l’intervention sont indiqués.
Ce chapitre permet donc de suivre les deux poètes dans leurs errances respectives : Paris, l’Allemagne, Tel Aviv, Barcelone, le Nicaragua, l’Afrique…
De fait, tout le roman a cet aspect de road-movie. Il est d’ailleurs fait référence au film Easy Rider, Bolano précisant que les deux poètes ressemblent à Dennis Hopper et non à Peter Fonda.
On pourrait croire que par ces différents éclairages on cernerait mieux la personnalité des deux « héros ». Oui et non en fait, car souvent les témoignages diffèrent, se contredisent. De même, si certains évènements sont clairement connus, d’autres sont beaucoup plus allusifs
Voici quelques personnages (parmi tant d’autres) :
- Amadeo Salvatierra intervient régulièrement. C’est un écrivain public, fortement porté sur la bouteille, en particulier le mythique mezcal « Los Suicidas », distillé à Chihuahua. Salvatierra possède l’unique exemplaire subsistant du seul numéro publié par les stridentistes dans les années 20. Y figure notamment l’unique poème, totalement graphique, de la cheffe de file du groupe : Cesarea Tinajero
- Joaquin Font (dit Quim) : déjà très présent dans le journal de Madero. C’est un architecte qui dans le récit se trouve enfermé en hôpital psychiatrique. Mais ses discours sur la poésie sont très sensés. Ses deux filles, Angélica et Maria font partie des real-viscéralistes, puis se détachent du groupe.
- Andrés Ramirez : chilien, émigré clandestin en Espagne. Il voit apparaître des combinaisons de chiffres qui lui permettent de gagner une fortune à la loterie.
- Xosé Lendorio : avocat poète qui parsème son discours de citations latines. Son récit d’un sauvetage d’enfant tombé dans un gouffre est très fort.

Les Déserts du Sorona, la troisième et dernière partie du roman, est la reprise du journal de Madero au moment où il avait été interrompu, c’est-à-dire début 1976. Il raconte les errances de Belano, Lima, Madero et Lupe dans le désert à la recherche de la poétesse Cesarea Tinajero, cheffe de file et seule survivante du groupe des Stridentistes. Parallèlement, les quatre comparses sont poursuivis par l’ancien souteneur de Lupe.

Difficile de conclure, mais par sa capacité à entremêler quantités de points de vue différents, de récits, de niveaux de langage, à associer réel et imaginaire, tout en gardant une fluidité d'écriture étonnante, Roberto Bolano m’apparaît comme l’une des grandes figures de la littérature de la fin du XXe et du début du XXIe siècle.
Dernier mot à l’auteur :
« Je crois que mon roman offre autant de lectures qu’on y trouve de voix. On peut le lire comme une agonie. Mais aussi comme un jeu. »

En post-scriptum : on peut s'étonner que notre dicoman de référence, Tristram, amateur de mots rares et précieux n'ait pas été sensible plus que ça à la prose de Bolano.

- Asclépiade ? a dit Lima.
- Ca vient d’Asclépias de Samos, qui a été celui qui l’a le plus employé, quoique Sappho et Alcéon en aient fait aussi usage. Il a deux formes : l’asclépiade mineur a douze syllabes distribuées en deux cola (membres) éoliques, le premier formé par une spondée, un dactyle et par une syllabe longue, le deuxième par un dactyle et par une dipodie trochaïque catalectique. L’asclépiade majeur est un vers de seize syllabes par l’insertion entre les deux cola éoliques d’une dipodie dactylique catalectique in syllabum. »


Mots-clés : #contemporain #creationartistique #initiatique
par ArenSor
le Lun 17 Sep - 20:31
 
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Sujet: Roberto Bolaño
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Paolo Cognetti

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Les huit montagnes


Originale : Le otto montagne, 2016

Texte de l’éditeur a écrit:Pietro est un garçon de la ville, Bruno un enfant des montagnes.  Ils ont 11 ans et tout les sépare. Dès leur rencontre à Grana,  au coeur du val d’Aoste, Bruno initie Pietro aux secrets de la  montagne. Ensemble, ils parcourent alpages, forêts et glaciers,  puisant dans cette nature sauvage les prémices de leur amitié.
Vingt ans plus tard, c’est dans ces mêmes montagnes et auprès  de ce même ami que Pietro tentera de se réconcilier avec son  passé – et son avenir.
Dans une langue pure et poétique, Paolo Cognetti mêle  l’intime à l’universel et signe un grand roman d’apprentissage  et de filiation.


REMARQUES :
On accompagne ces deux enfants/garçons/hommes, l’un de la ville de Milan, l’autre du val d’Aoste, depuis l’âge des 11 ans et toujours en intermittence à travers 12 chapitres en trois parties. Ce sont leur rapports, leur relation qui sont ici au centre, et on passe pour ainsi dire au dessus de la description de pas mal de choses en dehors de cela. Ils se rencontrent quand le jeune Pietro vient régulièrement, d’abord avec sa famille, dans la montagne où sa famille avait acheté, loué une petite maisonnette. Bruno par contre est entièrement enfant des montagnes, proche de la nature et des bêtes, berger à son temps, ne visitant l’école plus tard qu’à travers l’aide des parents de Pietro. Car lui-même a plutôt des relations brouillées dans sa propre famille... Pietro connaîtra son père comme moteur oirratrapable et presque craint dans les sorties prolongées en haute montagne. Il va plus tard s’éloigner de ce père… Donc, il y a raison de voir ces deux aussi dans leur filiations, leurs relations envers leurs parents et les développements dans celles-ci.

Le roman va pas briller par une succession d’événements absolument spectaculaires, donc par l’action. Il y a quelque chose de presque contemplatif qu’on y trouve. Et l’insistance sur cette amitié devient une forme pour parler des choix différents dans la vie : l’un restant attaché littéralement à sa montagne, ne voyageant jamais, sédentaire dans ce sens-là, tandisque Pietro voyagera dans le vaste monde, à la recherche (ou à la fuite???). Deux approches, et parfois on semble pouvoir discerner « le bon choix », mais le livre reste sans jugements, dans un certain sens.

Aussi dans la langue le roman n’est pas « spectaculaire », mais dégage beaucoup de tranquillité. Malgré des scènes pouvant être rudes, reste l’impression d’une certaine quiétude et retenu non-dramatisé. Presque un contraste, mais que j’ai trouvé très agréable.

Le roman n'a pas pour rien reçu le Prix Strega. Il me semble qu'il faut le tenir à l'oeil, ce Paolo Cognetti!


Mots-clés : #amitié #initiatique #nature
par tom léo
le Jeu 30 Aoû - 7:25
 
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Sujet: Paolo Cognetti
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Deon Meyer

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L'année du lion

Deon Meyer s'éloigne ici du genre policier pour évoquer l'Afrique du Sud dans un futur proche et dramatique, où un mystérieux virus a précipité la mort d'une majeure partie de la population mondiale. L'année du lion est alors le récit d'une reconstruction, tentative d'établir un nouvel idéal face au risque constant du vide, de la destruction et de la disparition.

La relation d'un père et d'un fils au milieu d'un chaos, au centre de tous les enjeux, peut rappeler La Route de Cormac McCarthy, mais Deon Meyer parvient à exprimer une forte singularité dans son approche d'un monde bouleversé, entre dystopie et utopie. S'il s'attache à décrire minutieusement un environnement à la fois fascinant et hostile, il saisit surtout la fragilité d'une volonté de créer un édifice social et politique sur les décombres d'un passé enfoui. Et les paysages tourmentés de l'Afrique du Sud reflètent les déchirements d'une humanité avant tout confrontée à son histoire et à sa propre noirceur, à travers une vision qui mêle l'image de l'avenir à celle d'un présent rempli de contradictions, de souffrances et de promesses.

L'épilogue, qui prend la forme d'un rebondissement décisif, m'a semblé trop brusque dans ses intentions mais l'impression laissée par ce roman atypique et audacieux reste forte.




mots-clés : #initiatique #romananticipation #violence
par Avadoro
le Jeu 23 Aoû - 23:56
 
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Sujet: Deon Meyer
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Maylis de Kerangal

Un monde à portée de main

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Maylis de Kerangal  nous offre un morceau de vie, un roman de formation, en la personne de Laura, jeune fille/femme qui avance d'un pas décidé,  la passion en bandoulière, « l'émerveillement qui lui tient lieu de méthode". Elle est douce, Laura, qui prend cet envol déterminé avec "cette vivacité vacharde qui est le défouloir de la tendresse.

Elle met le pied à l' étrier avec une formation intensive, dans une école de Bruxelles pour devenir « peintre en décor ». Ce rite de passage phagocytant, dont elle ressort éberluée, transformée, la fait intégrer la bande "[d]es copiste, [d]es braqueurs de réel, [d]es trafiquants de fiction", lui ouvre la porte d'une existence nomade, sans attache autre que le plaisir de donner sens à ses coups de pinceau. Entre les peintres anonymes de Lascaux et les dessinateurs assassinés à Charlie Hebdo, maillon fasciné et respectueux, elle découvre  que l'art la place tout à la fois en observatrice et exécutrice, mais la dresse aussi au centre du monde. Que l'art est réalité et fiction mêlées.

L'auteur explore, comme elle aime -et excelle - à le faire, un monde de  professionnalisme et de technicité, auquel elle  insuffle un lyrisme emporté, un bouillonnement d'émotions et de sensations, auquel elle donne sens et identité. Il y a une certain exaltation à apprendre ce métier à travers la passion de Laura - partagée par l'auteur  - , à en connaître les exaltations et les éreintements, l'humilité et la grandeur.

Derrière Laura, on devine l'écrivaine qui se dévoile, dans ce besoin compulsif du détail, la consultation compulsive des encyclopédies, à la recherche de l'histoire qui se cache derrière, dans la digression qui étaie, et qui, même parfaitement inutile (surtout parfaitement inutile?), nourrit la connaissance, enrichit le récit (et par là son auteur).

Cette connaissance exhaustive du sujet passe par l'amour de la langue, du mot juste, précis, technique : elle s'approprie le vocabulaire spécifique du métier, les mots pour le plaisir des mots, enfile les perles des mots rares  du savoir-faire pour construire ses longues phrases, ses énumérations emportées, les dérouler comme des vagues impétueuses.

Ils ont appris à glacer, à chiqueter, à blaireauter, à pocher, à éclaircir, a créer un petit moiré au putois ou un œillet sur glacis avec le manche du pinceau, à dessiner des veines courtes, à moucheter, à manier le couteau à palette, le deux-mèches, le deux-mèches à  marbrer et le pinceau à pitchpin, le grand et le petit spalter, le trémard, la queue de morue, le drap de billard et la toile à chiffonner ; ils ont appris à reconnaître la terre de Cassel et la craie Conté noire, le brun Van Dyck, les jaunes de cadmium clair ou orange ; ils ont peint ces mêmes angles de plafond Renaissance avec putti potelés, ces mêmes drapés de soie framboise écrasée plongeant depuis les corniches de baldaquins  Régence, ces mêmes colonnes de Carrare, ces mêmes frises de mosaïque romaine, ces mêmes Néfertiti de granit, et cet apprentissage les a modifiés ensemble, a bougé leur langage, marqué leur corps, nourri leur imaginaire, remué leur mémoire.


Un petit coup de mou dans le deuxième tiers, Maylis de Kerangal  se laisse emporter par la grandeur décadente des studios  de Cincinnati, sans doute un ou deux chapitres en trop. Si on regarde cependant avec plaisir de voir Laura participer à la réalisation des décors de Habemus Papam de Nanni Moretti, la subtile alchimie du grand art laisse pour quelque pages  la place à la technique comme un procédé qui déborde son auteur, petite longueur se dit-on malgré l'intérêt du sujet. Et puis cela repart, ce n'était qu'une accalmie, la houle langagière et émotionnelle nous reprend.



Mots-clés : #amitié #creationartistique #initiatique #jeunesse #mondedutravail #peinture
par topocl
le Jeu 23 Aoû - 12:53
 
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Sujet: Maylis de Kerangal
Réponses: 93
Vues: 3489

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