Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Mar 10 Déc - 23:05

26 résultats trouvés pour justice

Ivan Jablonka

Laetitia ou la fin des hommes

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Ivan Jablonka parle de Laetitia, cette jeune femme de 18 ans sauvagement assassinée et  démembrée vers Pornic en 2011, affaire qui a fait grand bruit dans la presse. Il applique ses techniques d'historien-sociologue pour une tentative d'épuisement de ce fait divers.

Il s'intéresse à Laetitia , dans un désir de lui rendre une certaine justice, à sa sœur jumelle Jessica, à leur  environnement familial défaillant(famille biologique et famille d'accueil) préparation parfaite, voire répétition générale au long cours du drame. Il s’intéresse à son assassin, issu du même milieu, avec les mêmes codes, les mêmes fatalités. Il s'intéresse aussi aux protagonistes indirects ,  magistrats, avocats, enquêteurs, politiques (Sarkozy qui en profite pour vendre sa politique compassionello-répressive), journalistes qui ont fait que cette affaire a été ce qu'elle était, qu'elle a été en quelque sorte retirée à Laetitia, sa jeunesse et sa dignité, pour en faire une histoire publique,  et non plus intime,  avec ses mensonges et ses dérives.

Jablonka ne s'exclue pas de ces intervenants extérieurs qui ont pu s'approprier des faits, une histoire, pour l'instrumentaliser, lui, l'universitaire parisien   se mêlant de "ce qui ne le regarde pas", auto-parachuté en province, dans ce lumpen-prolétariat enfermé dans la reproduction de schémas pathogènes, de comportements destructeurs, de violence faite et répétée envers les femmes et les enfants.

C'est assez réussi, dans son exhaustivité qui implique quelques redites reflétant  l'obsession du chercheur. Jablonka a un très grand respect de chaque protagoniste, une compassion bienveillante et ouverte, qui trouve bien sa place à côté de la démarche "scientifique". Cette dernière implique une recherche rigoureuse de la vérité, et Jablonka ne laisse passer aucun détail, aussi nauséabond soit -il, ce qui pourra  rebuter certains.

On est dans une histoire aussi sordide que pathétique, révélatrice car les personnalités s'éclairent peu à peu, les comportements s’individualisent et on comprend que l'extraordinaire ne cache que du très ordinaire.


mots-clés : #conditionfeminine #criminalite #justice #social #violence
par topocl
le Mer 10 Jan - 17:11
 
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Sujet: Ivan Jablonka
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Laurent Mauvignier

Ce que j'appelle oubli

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Un livre basé sur un fait réel, un homme de 25 ans résidant dans un foyer de jeunes travailleurs, précaire est surpris par des vigiles d'un "supermarché qui positive" en train de voler des bières. il sera amené de force dans une réserve et frappé jusqu'à la mort.

On peut retrouver des articles sur Internet. Le livre s'en inspire librement créant les pensées de personnages et extrapolant leur psychologie.
C'est une lecture douloureuse comme souvent avec Mauvigner. C'est court, mais violent dans l'expression des émotions.
C'est magnifiquement écrit comme toujours.

On en ressort indignés, blessés, tristes. on en ressort aimant la victime, méprisant la justice et haïssant les vigiles.

Un ouvrage à lire quand on est solides.


mots-clés : #faitdivers #justice #social #violence
par Hanta
le Mer 3 Jan - 11:27
 
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Anatole France

Les Dieux ont soif

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L’action se passe à Paris en 1793 – 1794, au moment de la Terreur. Evariste Gamelin est un jeune peintre, admirateur de David mais surtout de l’Antiquité gréco-romaine. Peut-on le qualifier de raté ? Du moins, il ne travaille pas beaucoup à ses œuvres qui demeurent à l’état d’esquisses. Aussi vit-il  chichement avec sa mère. Il est attentionné, Evariste, c’est sans conteste une âme sensible, délicate et droite. Un modèle de vertu en somme.
Il n’en est pas de même de son voisin Brotteaux, noble réduit à la misère, amateur de belles choses, de belles femmes, féru de Lucrèce dont les œuvres ne quittent pas la poche de sa redingote, c’est probablement cet auteur qui l’aide à jeter un regard critique sur l’humanité dont il comprend les faiblesses.

Autour de ces deux personnages, gravitent des femmes, la mère de Gamelin, la voluptueuse Elodie, fille d’un marchand d’estampes et amoureuse d’Evariste, la non moins voluptueuse femme Rochemaure - j’ai l’impression que beaucoup de femmes sont voluptueuses chez France  Very Happy  - qui a eu une aventure avec Brotteaux au temps de sa splendeur. C’est d’ailleurs grâce à elle que Evariste va obtenir une place de juré au Tribunal révolutionnaire. Dans ce rôle, il va appliquer une loi sans complaisance pour faire régner la Vertu. Le Bonheur de l’humanité passe inévitablement par des ruisseaux de sang. Vive le sainte Guillotine…

« Les Dieux ont soif » montre comment une idéologie absolutiste peut mener aux pires atrocités. La Révolution s’emballe et dévore ses propres enfants. En ce sens, l’ouvrage est toujours d’actualité. Pensons, entre autres, au Kampuchéa démocratique.

Ce beau roman historique est servi par une écriture très claire qui se lit avec plaisir. Anatole France a le don de dresser par petites touches imagées et légères un tableau vraisemblable de Paris en ces années sanglantes, les métiers, les sentiments, le bruit de la ville, des passions, des prisons...

Quelques petits regrets : les personnages ont parfois tendance à être stéréotypés. Ainsi l’opposition entre Gamelin et Brotteaux est presque caricaturale. J’aurais aimé aussi entrer plus profondément dans la personnalité de Gamelin lorsqu’il envoie des fournées de condamnés à la mort. Le sujet est abordé mais discrètement. De même, l’auteur ne s’attarde pas sur cette fascination érotico morbide qu’éprouve Elodie  pour son amant.

Mais ne boudons pas notre plaisir. Voici un excellent roman historique, qui se dévore (sans jeu de mots) et qui  amène à la réflexion.

Merci à Animal qui m'a incité à relire cet ouvrage dont je me rappelais le sens mais non l'intrigue Smile


mots-clés : #historique #justice #revolution #violence
par ArenSor
le Mar 26 Déc - 16:26
 
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François Sureau

Le chemin des morts

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Récit (autobiographique sans doute), de la taille d'une nouvelle (une quarantaine de pages environ), paru en 2013.

Début des années 1980. Un tout jeune brillant juriste atterrit à la Commission de recours des réfugiés (aujourd'hui Cour Nationale du Droit d'Asile). Il évoque le président de celle-ci à l'époque, pour lequel il nourrit de l'admiration, tant pour le parcours que pour la méthode.

Le chemin des morts, au Pays basque, c’est ce chemin particulier qui mène chaque maison jusqu’au cimetière. Chaque famille a le sien, et se tisse ainsi au-dessus des routes et des sentiers une toile secrète, invisible et mystérieuse, qui mène jusqu’à l’église.



Arrivé en France en 1969, fuyant la justice franquiste, Javier Ibarrategui, membre du commando qui avait assassiné Melitón Manzanas à Irún le 2 août 1968 (commissaire, tortionnaire notoire sous le régime franquiste, à la tête de la Brigada Político-Social de Guipúzcoa - à noter que cet assassinat est, à jamais pour l'Histoire, le premier attentat prémédité d'ETA) avait-il à y demeurer en vertu du droit d'asile, tandis qu'entre-temps l'Espagne était devenue une démocratie ?

Pouvions-nous seulement faire à l'Espagne la mauvaise manière de tenir pour nul et non avenu son retour au droit ?


Le cas est épineux, les sinistres GAL (Grupos Antiterroristas de Liberación) opérent, groupes occultes, para-militaires sévissant dans l'ombre y compris (et même par périodes surtout) sur sol français, lequel est considéré par ceux-ci, à tort ou à raison, comme un sanctuaire pour les activistes basques.

Et Javier Ibarrategui s'était tenu plus que tranquille en France, allant même jusqu'à désapprouver, par un écrit circulant dans les milieux clandestins, l'assassinat de l'amiral Carrero Blanco en 1973. Ce qui lui fut reproché
par ses anciens camarades comme par certaines vois autorisées de l'extrême gauche française.



Dire le droit, motiver une décision de justice est ardu.
Lorsqu'un juge adopte une solution, c'est bien souvent parce que la décision inverse lui paraît impossible à rédiger, pas davantage.


Et puis il y a les cas.
En évoquant quelques-uns d'entre eux, on survole le relativisme, chaque époque connaît le sien propre, couplé au regard, qui diffère tous les quinze ou vingt ans.
Et même les cocasseries, la filouterie pas bien méchante:
Je me souviens que ce jour-là nous avions accordé le statut de réfugié à un Zaïrois, dont nous devions découvrir ensuite qu'il s'était déjà présenté trois fois à la Commission sous des identités différentes. Il avait un beau talent d'acteur et revendait ensuite -à un prix abordable- le précieux papier à ses compatriotes.



J'ai beaucoup apprécié cette courte nouvelle (ce court récit), pas seulement pour la teneur et le questionnement central qu'il pose:
En effet -bonheur de lecteur- le style est ramassé, concis, cependant à l'opposé du type script ou scénario, sobre mais jamais sec, toujours à grand pouvoir évocateur: que l'auteur en soit remercié...

mots-clés : #autobiographie #exil #immigration #justice
par Aventin
le Sam 16 Déc - 19:10
 
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Sujet: François Sureau
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Leonardo Sciascia

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"1912 + 1"

Titre inspiré d'Annunzio qui comme beaucoup d'Italiens était superstitieux et n'avait pas voulu écrire 1913.

Une écriture qui m'a demandée de l'attention car foisonnante de références, littéraires, musicales, historiques.

L'auteur nous raconte un fait divers qui s'est déroulé en 1913, le meurtre d'un jeune bersagliere -ordonnance au domicile de son Capitaine - par la femme de celui-ci, Mme Oggioni née Tiepolo.
La jeune et belle femme dit l'avoir tué pour sauver son honneur. Y-a-t-il eu préméditation ? Etait-elle sa maîtresse ?

Le procès se déroulera dans une ambiance délétère, les «on-dit», les lettres anonymes pleuvront. La beauté de la jeune femme lui vaudra l'animosité des femmes tout particulièrement. Mais comme les gens du peuple le pensent, vu sa position, elle sera acquittée.
L'accusée sera défendue par un avocat socialiste.

L'auteur nous informe des actions de la justice, de la politique avec les élections qui se déroulent cette année là et la guerre de l'Italie en Lybie.
L'auteur nous donne les raisons de ses aversions ou enthousiasmes pour tel personnage, tel écrit, telle musique.

extraits

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Mots-clés : #faitdivers #justice
par Bédoulène
le Dim 1 Jan - 11:22
 
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Sujet: Leonardo Sciascia
Réponses: 8
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Jean Anouilh

Antigone

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Antigone, celui d’Anouilh, je l’ai lu , relu, et encore plusieurs fois , et offert aux gens que j’aime. J’en sais quelques passages par cœur. Et Chalandon (avec Le quatrième mur)  est venu me chercher par la main pour le relire. Meilleur à chaque lecture.

Antigone, c'est la petite brune que les garçons ne regardent même pas, celle qui pense que la vie est belle comme un jardin sauvage avant que l'homme n'y mette les pieds, celle qui pense que cela vaut le coup de mourir pour des idées. Et pour son frère aussi, même si celui-ci n'a pas su vous aimer .

Normal qu’à ma première lecture, vers 14-15 ans, elle m'ait plu, cette gamine infernale. Après, j'ai bien fait quelques choix, moi aussi, mais j'ai vite tourné du côté de Créon, du côté : on va tâcher de mener la barque, quitte à faire des concessions et à se dire, oui c’est cette jeunette qui a raison. dans le fond, mais ça serait un sacré bordel s'il n'y avait que des gens comme elle. Mais je me réserve le droit de parfois retourner à mon rôle d’Antigone, de sincère butée. .

La folie contre la raison ? Trop simple. C'est ça qui me retourne à chaque fois, c’est que Créon n’est pas un abominable salaud, ce n'est pas un tyran impitoyable, c'est un homme complètement attachant, complètement désespéré, qui continue la route, pas forcément parce que c'est juste, ou parce que c'est beau, mais parce qu'il faut, même si c'est un peu vain. Le mieux possible. Et le mieux possible n'est pas toujours ragoûtant.

Et puis à côté de cette alternative du choix entre un « non » et un « oui », il y a des tas d'autres personnages qui ont leurs choix à eux, plus flous, moins courageux . Et personne n’est fondamentalement mauvais.
Il y a Eurydice, qui tricote pendant toute la pièce, qui ne dit rien, dont on croit qu’elle s’en fout, ou même qu’elle n’est pas intéressante, et qui finalement s'avère un personnage tout aussi tragique que les autres.
Il y a la nourrice, qui fait le choix de distribuer des tartines, et les gardes, qui ne se posent pas d'autres questions que leurs bouteilles de vin. Ce côté drôle, léger, qui nous donne une respiration dans la tragédie : oui la vie est tragique, mais ce n'est pas tout…nous dit Anouilh. C'est d'ailleurs pour cela qu'Antigone l’aime tant. Et qu’elle ne veut pas la laisser gâcher.

Chaque lecture au fil des années se nourrit de mon histoire et  de mes autres lectures. Chaque lecture est une  redécouverte. Ici en Antigone, j'ai retrouvé « cette posture d'héroïsme » des héros de Vercors,(et, animal,  la sœur d’Antigone, Ismène, ne manque pas de dire : « C'est bon pour les hommes de croire aux idées et de mourir pour elle. Toi tu es une fille. ») et en Créon, le regard désabusé des frères Rolin qui se retournent sur leurs passions de jeunesse.

Ah ! et j’ai encore oublié de parler de la modernité de l’écriture d’Anouilh, ce grand chercheur de pureté. Une modernité qui prend ses bases dans la tradition classique, avec un chœur antique mais qui est ici plein de compassion et d'humour.

Antigone va retourner sur son étagère, jusqu'à la prochaine lecture, mais il (elle) restera là, quelque part, en moi.

(commentaire rapatrié)


mots-clés : #contemythe #famille #justice #politique #théâtre
par topocl
le Sam 3 Déc - 17:21
 
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Sujet: Jean Anouilh
Réponses: 18
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