Des Choses à lire
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Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Ven 13 Déc - 12:21

129 résultats trouvés pour nature

William Henry Hudson

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Captur34

VERTES  DEMEURES


Vertes demeures fut écrit au 19e siècle, traduit en français dans les années 3O, plus ou mois oublié par la suite malgré une réédition en poche
dans la collection Points.

Passionné par la nature et les oiseaux, Hudson bourlingua pandant des années sur le continent latino-américain. Retiré à Londres, il pourra recréer un univers qui l'obséda toujours, et qui est à l'origine de Vertes demeures...

Difficile de parler d'un livre qui est plus une féérie fragile et envoûtante qu'un roman.
Sa fragilité meme, la délicatesse du sujet donnent seulement envie de suggérer ce qu'il est...Suggérer seulement...
En tout cas pas un récit de voyage. Son Amazonie est encore plus délirante que la vraie... Hors du temps et sans points de repères topographiques. Un livre poétique et onirique, qui donne énormément à voir et à imaginer...

Un hommage à la nature et aux rêves qu'ils peuvent créer. Un livre transparent, mélodieux... Etrange. Un livre unique.
Une histoire d'amour fou aussi certainement...
La passion de Hudson pour les oiseaux lui inspira le personnage féminin.
Je n'en dirai pas davantage...
Laissez vous tenter, et passez de l'autre coté du miroir...

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mots-clés : #nature #xixesiecle
par bix_229
le Sam 17 Déc - 17:15
 
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Sujet: William Henry Hudson
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Karel Capek

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 51jlkn10

L'année du jardinier


Originale :  Zahradníkův rok (Tchèque, 1929)
Avec des illustrations de son frère Joseph Čapek

Traduction : Joseph Gagnaire

CONTENU/COMMENTAIRE:
Doublé d'un amoureux passionné de jardins, cet almanach,  Čapek l'a publié en 1929. (…) Sa lecture est foisonnante de poésie et d'émotions. De quoi combler tous les jardiniers expérimentés ou débutants. Car ce n'est pas de conseils qu'il est question ici. Mais bien de sensations, d'odeurs, d'amour des plantes. Dans le jardin de Čapek on ne s'ennuie jamais. Mieux, on s'amuse. L'auteur sait se moquer de lui et donc de nous... Pour preuve : les dessins de son frère qui illustrent malicieusement son propos. De Janvier à Décembre, Čapek nous propose une véritable promenade au paradis. Passionnant.

"Le véritable jardinage ne comporte aucune activité méditative. Čapek, son dernier grand théoricien, savait bien, lui, de quoi il retournait : le vrai jardinier n'est pas celui qui cultive les fleurs, mais celui qui travaille la terre. Les rosiers sont faits pour les dilettantes. Lui n'a d'yeux que pour ce que le profane ne voit pas ; ses secrets sont enfouis dans la composition de son incroyable humus dont il connaît, seul, la formule chimique. Capek sait d'ailleurs reconnaître l'authentique jardinier entre mille, à sa curieuse physionomie. Ordinairement terminé, vers le haut, par son derrière, sa tête, elle, pend quelque part entre les genoux. Et hormis le soir, au moment de l'arrosage, il mesure rarement plus d'un mètre de hauteur…" Joël Jegouzo
(Source : Descriptions du produit, amazon.fr)

REMARQUES :
Le livre consiste de douze chapites, consacrés aux mois de l’année et où l’auteur va parler d’une façon à la fois réaliste, mais avant tout plein d’humour, du jardinier enthousiaste. Là, il prendra en focus le jardinier de fleurs, pas le maraîcher ou le paysan d’arbres fruitiers. Ce sont ses occupations typiques, liées aux saisons, les aventures, souffrances, enthousiasmes qu’il vise. Et bien sûr le narrateur fait lui-même partie de cette étrange tranche spéciale de la population que présente les jardiniers. Donc, se montrer avec un regard d’humour, voir un peu de moquerie, deviendra jamais méchant, mais au contraire un signe d’amour, une grande capacité de pouvoir rire des particularités des jardiniers. Avant ou entre ces chapitres sur les mois, on trouvera encore des chapitres thématiques sur diverses activités.

Donc, pour moi un melange quasi idéale entre une belle capacité d’observation sur le jardinage, certaines activités fort néccessaires un moment donné de l’année (Čapek doit avoir des connaissances bien élaborées sur ce sujet!), ET, d’un autre coté, un si grand sens d’humour et d’autodérision que le tout devient une déclaration d’amour. Et derrière ces deux volets se dessinent discrètement et sans s’imposer même une forme de sagesse !

Les illustrations si simples mais très parlantes du frère de l’auteur, Joseph, augmentent encore le bonheur !

Est-ce qu’il peut y avoir un meilleur cadeau pour soi ou tout amateur du jardinage, drôle, littéraire et profond ? Donc, récommandation spéciale aux jardiniers du monde entier !


mots-clés : #nature
par tom léo
le Ven 16 Déc - 18:12
 
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Sujet: Karel Capek
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Malcolm de Chazal

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 411apl10

Petrusmok
Roman (?) 160 pages environ, en fait Livre I d'un ensemble comprenant, en Livre II, Makoco. L'ensemble "pèse" tout de même ses 470 pages environ.


Publié en 1951 par The Standard Printing Establishment, Port-Louis, Île Maurice, puis seconde édition en 1979 par La Table Ovale, toujours à Port-Louis.
L'édition la plus évidente à trouver aujourd'hui est celle des éditions Léo Scheer de 2004, Petrusmok partage le tome IV des œuvres complètes parues chez cet éditeur avec Makoco.

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Index2
Le Pouce, Île Maurice

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Piter-bioty-tete
Pieter Both, Île Maurice

Nouvelle Atlantide où tout part de la pierre, de Chazal, chamanique, se projette à l'origine du monde et Maurice était le continent des Lémuriens, peuplade ou plutôt civilisation exceptionnelle, tout en retombant parfois les pieds sur terre dans son siècle, ce qui lui est fort désagréable. Car de Chazal a dû faire un vrai travail de démiurge.  On note que Petrus signifie la pierre en latin, et Mok se rapporte à la chaîne de montagne centrale de Maurice, et à ses habitants, les Mokiens
Spoiler:
(qui sont, si j'ai bien compris, parfois moqués - un peu simplets, ou nuques-épaisses, si vous voulez - si, si authentique)
.

On le suivra (ou pas) dans ses délires, qui mettent, au centre et à l'origine, le minéral, puis le végétal, et l'accord profond de l'homme avec ceux-ci: attention, je sais bien que dit comme ça, mais non, ce n'est pas un roman crypto-écolo ou à prétention écologique.
Mais c'est une belle, poétique, introspective fresque abondante, fouillée, dans laquelle le lecteur réceptif se verra entraîné, un peu fasciné parfois.

Peut-être, cher Malcolm, eût-il été possible de dire cela en deux centaines de pages de moins, ou davantage ? Allez, je n'insiste pas, je vois parfaitement votre haussement d'épaules.

Non, bien sûr, je ne crois pas qu'il soit possible de travailler littérairement à créer comme un lieu enchanté, n’en retenant que la magie des couleurs et des formes, la puissance de la matière en quelques pages.
Ce regard particulier, le vôtre, associé à une quête spirituelle et mystique intense (et pas seulement fort érudite), possède une puissance incomparable.  

Mais, votre capacité à re-créer un langage, et vos emphases, vos flamboyances, votre distinction (qui est la résultante, je n'en doute pas, de votre constante dans la différence assumée) me taraudent.

Oui, vous ne pouviez pas imaginer nos facilités de lecteurs du XXIème siècle à aller chercher les lieux et les images qui vous inspirèrent ce livre rare, en quelques clics et sans refermer le bouquin. Mais, même avec ces facilités-là: on parvient parfois à ne pas vous suivre.
Vous êtes seul, Malcolm, devant, à une telle distance... et nous...modestes suiveurs, derrière.
Qui vous aime vous suive ?


mots-clés : #nature
par Aventin
le Ven 16 Déc - 17:52
 
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Sujet: Malcolm de Chazal
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Olivier Rolin

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 51bwzn10

Solovki - La Bibliothèque perdue

avec des photos de Jean-Luc Bertini
Original : Französisch, 2014

INTRODUCTION :
Le livre se présente dans un format A-4, légèrement moins large, dans un mélange d'un texte relativement court d'Olivier Rolin et de de photographies de Jean-Luc Bertini. C'était en 2010 que l'écrivain avait été la première fois à Solovki, immédiatement sous le charme de ce lieu magique (comme moi quelques années plus tôt...) Depuis il a revisité cet archipel encore deux fois. Le lieu fait référence, dans la mémoire collective, à une histoire réligieuse très riche de par la présence d'un monastère très influent depuis le debut du XVème siècle, et puis par la transformation de l'île en Goulag dès le début des années 1920. Solovki comptait comme le premier Goulag de la sorte ! Au début de la vie du « lager » une vie culturelle même semblait possible. S'y developpa alors entre autre une bibliothèque par les livres apportés par les prisonniers : intellectuels, politiques selon Rolin, mais j'ajoute : aussi des prêtres et autres. Puis avec les années, le durcissement de la situation et la dissolution du Goulag, la bibliothèque « disparaissait », et on ne savait pas vers où. Travaillant sur le sujet de ladite bibliothèque disparue, Rolin revenait en Mars/Avril 2013 pour faire un documentaire pour ARTE. C'est là que naissaient aussi les photos de Jean-Luc Bertini. Leurs investigations les menaient des Solovki vers Kem, Medvejegorsk et Iertsovo.

REMARQUES :
« A quelque cinq cents kilomètres au nord-est de Saint-Pétersbourg, juste sous le cercle polaire, la mer Blanche est une mer presque fermée, un grand golfe de la mer de Barents. A l'ouest c'est la République de Carélie et la Finlande, au nord la péninsule de Kola avec le port de Mourmansk, à l'est la "ville de l'Archange", Arkhangelsk, au sud, près du port presque abandonné de Belomorsk, le débouché du canal Baltique-mer Blanche, autrefois nommé "Staline", dont le percement, de 1931 à 1933, coûta la vie à des dizaines de milliers de déportés. C'est sur les bords de la mer Blanche, à Severodvinsk, que la Russie construit ses sous-marins nucléaires. Terres de sombres forêts, de lacs glaciaires, terres de sang, bourgades délabrées sous la froide lumière du Nord : il faut aimer les paysages mélancoliques pour se balader, surtout en hiver, sur les rivages de la mer Blanche. »
(extrait du livre...)

Restent pour moir l'impression d'une distance vers ce qu'on décrit, un vrai élan, une energie ne sont pas communiqués malgré le sujet plus qu'intéressant. Comme si Rolin faisait ici encore un ajout au film, une exercise de devoir sans vraie particpation. Un peu endormi ?
Il faut être prêt que le sujet du livre (du texte au moins) est alors plutôt la recherche sur les traces de la bibliothèque, même s'il y manque l'élan. Mais il est étonnant, voir pour moi inconcevable que tout en racontant alors sur les Solovki on fait mention en quelques lignes de l'histoire si riche, la place si unique de la tradition monastique. Comment présenter les Solovki sans aucune photo vraie de la vue d'ensemble du Kremlin tellement impressionnant, image que chacun, aussi les prisonniers des sombres années, ont du connaître en arrivant sur l'île ? Comment parler de coté des prisonniers, seulement d'intellectuels et de prisonniers politiques si on sait combien de croyants y furent tués, massacrés, torturés aussi ? Par ces omissions ce livre perd pour moi un grand part de sa vérité, ou de sa percussion.

Parmi les photos il y en a des superbes, des trouvailles de visages, des vues des alentours dans la neige...(un vrai documentaire devrait aussi tenir compte des différentes saisons de l'année!) . Mais beaucoup ne me parlent pas, ne me disent rien. S'y ajoute le manque de titres, de notes explicatives : comme ces photos sont prises aussi sur le chemin des investigations, on ne sait pas où est-ce qu'on se trouve.

Donc, l'impression générale : une certaine vue reductrice et la conviction qu'on aurait pu faire plus. Une occasion ratée pour un sujet extraordinaire dans un lieu magique.
mots-clés : #nature #regimeautoritaire #religion
par tom léo
le Mar 13 Déc - 22:04
 
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Sujet: Olivier Rolin
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Mark Spragg

Mark Spragg
Né en 1952

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Spragg10


Mark Spragg (né en 1952) est un écrivain américain. Il est l'auteur de trois romans et un livre de fiction, la plupart du temps fixés dans le Wyoming , où il a grandi.

Mark Spragg a grandi sur le Sabres Ranch Crossed, un ranch du Wyoming huit miles à l' est du parc national de Yellowstone. Il est diplômé de l' Université du Wyoming à Laramie en 1974, avec une majeure en anglais. Il a travaillé sur une plate-forme pétrolière, shoed chevaux, et a mené des voyages d'emballage pour soutenir son écriture.

En 1999 , il a publié un mémoire, Where Rivers changer de direction, de son enfance inhabituelle, avec pas de télévision ou de radio , mais entouré par de vastes étendues de beauté en plein air robuste. Le livre a reçu des critiques étoilés Publishers Weekly et Library Journal,  et a gagné les montagnes 2000 et Plains Booksellers Award pour Nonfiction.

Spragg plus tard , a publié les romans Le Fruit of Stone, An Unfinished Life, and Bone feu. Il a également co-écrit le scénario à An Unfinished Life avec sa femme, Virginia Korus Spragg.

Il vit avec sa femme, Virginia, dans le Wyoming.

(wikipedia)


traduits en français

2005 Là où les rivières se séparent.
2005 Une vie inachevée
2007 Le fruit de la trahison
2012 De flammes et d'argile





Là où les rivières se séparent

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Riv1010

Ce récit autobiographique nous emmène dans le Wyoming,  où la violence du vent  déshabille même les âmes, où les chevaux ont la priorité, où l’auteur a passé  son enfance, son adolescence et peut-être y vit-il encore.

Ce récit est pour la plus grande part l’initiation de l’enfant  à la vie, une dure vie comme peut l’être  celle dans un ranch,  le plus grand ranch de la région ; région sauvage où grondent les rivières et les ours, où la Nature ne pardonne pas les erreurs.

Outre ses parents,  l’enfant est l’employé du père, au même titre que les autres  et de même traité,  certains de ses compagnons de travail, ont  inculqué  à l’enfant, puis à l’adolescent  des valeurs essentielles à la formation de l’Homme.

La vie au ranch est de sobriété, de travail, mais combien  l’amour que porte l’enfant aux chevaux est palpable.

Le narrateur  aime la solitude, il le prouvera d’ailleurs dans l’isolement en montagne tout un hiver rigoureux (moins 35°)mais c’est là qu’il commencera l’écriture.

Le dernier chapitre est plus intime encore,  il reconnait, dénonce parfois, l’homme qu’il est devenu, raconte la fin de sa mère.


Une belle écriture passionnée qui porte le récit, les contemplations de l’auteur sont poétiques, les  descriptions physionomiques , le langage confortent la lucidité de son regard.
L’auteur manie l’écriture comme un bel outil utile qui fait du bon travail.
Me voilà à court de mots, parfois je me dis que je ne mérite pas le plaisir donné par une lecture !

Ces extraits vous convaincront certainement
« Je me sentais mieux que le garçon qui s’était endormi la veille. Je me sentais plus vieux que le garçon qui avait failli tuer son cheval. »

« Socks lèche le col de ma veste en jean. Son souffle chaud et humide sur mon cou. C’est la première fois que je suis amené à tirer des conclusions sur la chasse. Par le passé, les chevaux que nous avons utilisés comme appâts n’étaient plus bon à rien, ils avaient perdu leurs dents, ils étaient prêts à mourir. Je n’ai encore jamais associé le chagrin à notre entreprise familiale. »


« On n’a pas si souvent l’occasion d’être ensemble, dit-il.
- On travaille ensemble
- Quand on travaille ensemble je suis ton patron.
- Qu’est-ce que tu es en ce moment ?
- Je suis ton père. Il se tourne vers moi avec un demi-sourire. « Fais donc un peu attention aujourd’hui, et tu verras s’il y a une différence. »

« Je monte dans la montagne le lendemain matin. L’automne tient bon, les journées sont chaudes, les nuits sont fraîches, les arbres commencent à changer de couleur, leurs feuilles arrivées à maturité se teignent de jaune, d’or et de roux.
Je me gare à côté de la maison, je descends de moto et je n’en crois pas ma chance.On dirait que je suis au-dessus du monde, au-dessus de toute activité. L’air est bleu comme du lapis-lazuli. Il pâlira et prendra  la couleur du givre dans quelques courts mois. »

« Je me plie à la taille par-dessus les deux serpents. Leurs yeux exigent chacun de mes mouvements. La femelle se glisse contre son mâle blessé et je voudrais que le fossé soit assez profond pour cacher ma honte. Je dis piteusement à la femelle que je n’ai pas sauvé le mâle, que je n’ai pas mis fin à ses douleurs, parce que je ne croyais pas pouvoir le faire. »

"Elle se sentira absolument seule au monde, unique dans son malheur. Je ne serai pas assez fort pour absorber tout le démon de sa souffrance. J' essayerai, mais je serais battu, le démon retournera en elle et grognera comme un chien méchant qui protège sa maîtresse. Mon amour pour elle ne semblera pas suffisant."


mots-clés : #nature #initiatique
par Bédoulène
le Lun 12 Déc - 19:10
 
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Sujet: Mark Spragg
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Edward Abbey

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Désert solitaire

Difficile de sortir de ce territoire au propre comme au figuré. L'auteur nous raconte une saison passée en tant que Ranger dans la région des Arches et avec les histoires qui s'y sont déroulées le lecteur comprend la beauté et la cruauté de cette région qu' Abbey aime passionnément, à la folie car oui, il l'avoue pour vivre là il faut être fou !

De la plus petite fleur au plus imposant rocher, des empreintes de lapin à la plume des vautours, du filet d'eau à la rivière qui gronde, du nuage blanc à l'orage violet tout l'émeut et le lecteur avec.

L'auteur a souvent un ton sarcastique, voire caustique quand il dénonce les abus de la civilisation( "syphillisation" comme la nomme l'un de ses amis )le viol, la destruction de la Nature en général et plus précisément les USA et "sa région" de Moab. Mais combien en apporte-t-il les preuves hélas !

Nous sommes tous responsables, ceux qui polluent et veulent asservir les lieux comme ceux qui les ignorent, qui n'en voit pas la beauté et la fragilité, avides de progrès, de confort, oublieux de l'esprit des pionniers qui ont su, eux, s'adapter à notre Terre.

"Ce qui nous amène au dernier aspect du tourisme industriel : les touristes industriels eux-mêmes."

Ces touristes industriels, victimes inconscientes, incapables de quitter leur véhicule, leur téléphone etc............... Ne savent-ils plus voir, écouter, marcher ?

Avec la descente de la rivière le sort de la région apparaît de manière inéluctable, du bonheur que les 2 hommes ont au départ au dernier regard qu'ils laissent sur ce qui ne sera bientôt plus. C'est la vision la plus réaliste de la destruction de ce lieu.

L'écriture est poétique, vivante ; j'aime beaucoup que les noms des fleurs soient cités sous leur appellation scientifique ce qui engendre plus de mystère, son amour de la Nature transpire de toutes ses pores dans ce récit.

Par contre je n'ai pas apprécié : ce qu'il dit sur le bétail lorsqu'il aide le vieux Roy "la vache ne voulait pas se relever ; elle préférait l'ombre. Je lui donnait des coups de gourdin et des coups de pied dans les côtes et tirai brusquement sa queue."

Egalement il parle aussi de donner les chiens domestiques comme nourriture aux coyotes.

J'ai le sentiment que tout ce qui est "apprivoisé" ne mérite pas son attention.

Pas compris non plus qu'il avoue, alors qu'il est avec des amis étudiants, lancer un vieux pneu dans le canyon.

A-t-il ramassé, les déchets (laissés apparament par des visiteurs) qu'il découvre à la fin de la descente du canyon ? Il ne le note pas.

Cette lecture a été émouvante, m'a fait souffrir (je m'imaginais moi qui craint la chaleur dans ce Paradis) ; combien j'aurais aimé avoir le souffle coupé au bord des ravins, entendre ce silence et voir le coucher et le lever du soleil.

Bref, un beau voyage, utile, qui pose des questions et je me sens coupable aussi car quand je vois les lacs artificiels de ma région, je me dis : que c'est beau !
J'ai une mauvaise excuse je n'ai pas vu l'avant" seulement l'après".

Extraits

"Je m'allongeais dans l'antre du coyote, fis de mon bras un oreiller pour ma tête et souffris, toute la longue, longue nuit, de l'humidité, du froid, de courbatures, de la faim. J'étais très malheureux. Je fis des cauchemars claustrophobiques. Ce fut une des plus heureuses nuits de ma vie."

"Si nécessaire, nous sommes d'accord là-dessus, un homme pourrait passer sa vie dans cet endroit une fois qu'il aurait adapté son système nerveux au calme terrifiant, à la tranquilité redoutable. Le silence - je veux dire pas là non pas l'absence totale de bruit, car le fleuve et ses canyons sont animés d'une musique naturelle, mais plutôt l'absence totale de confusion et de clameurs - c'est ça qui serait le problème. Ce que Churchill appelait "la foutue paix", pourrions-nous le supporter très longtemps ? Mais aussi, après avoir connu cela, comment pourrions-nous jamais retourner à ce que nous avons quitté ?"

"Mais l'amour du monde sauvage est plus qu'un appétit de ce qui est toujours hors d'atteinte ; c'est aussi une expression de loyauté à la terre, la terre qui nous a portés et nous soutient, le seul pays que nous connaîtrons jamais, le seul paradis dont nous ayons besoin - si seulement nous avions des yeux pour voir. Le pêché originel, c'est la destruction aveugle, par cupidité, de ce paradis naturel qui nous entoure - si seulement nous en étions dignes."

" Cette fantaisie minitieusement dépeinte d'un royaume au-delà du temps et de l'espace, qu' Aristote et les pères de l'Eglise ont essayé de nous refiler, ne suscite, de nos jours, qu'inattention et indifférence, tombant dans l'oubli qu'elle mérite si amplement, alors que le Paradis dont je parle, et que je veux glorifier, est toujours avec nous : l'ici et le maintenant, la terre actuelle, tangible, dogmatiquement réelle sur laquelle nous sommes."
je reviens car je voudrais ajouter que je suis d'accord avec ce que je considère comme une conclusion :

"L'équilibre, voilà le secret. L'extrémisme modéré. le meilleur des deux mondes. A la différence de Thoreau qui exigeait un monde à la fois, j'essai de tirer le meilleur parti des deux."

Il parle bien sur du monde Sauvage et du monde "apprivoisé" industriel.

L'auteur cite aussi d'autres écrivains qui selon lui ont apporté de leur connaissance dans leurs livres ; j'aime bien noter les références qui sont données par l'auteur d'un livre que j'ai aimé et lire ce qui est donné en exemple (c'était d'ailleurs de très bonnes lectures)


mots-clés : #nature
par Bédoulène
le Sam 10 Déc - 17:38
 
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Sujet: Edward Abbey
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Vues: 1345

Henri Bosco

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 51k99p10

Le mas Théotime

C’est tellement de sentiments, d’émotions, la lecture de ce livre, mais c’est avant tout un grand amour pour la Terre et tout ce qu’elle offre à l’être humain ; Terre nourriture du corps mais aussi de l’âme.
Sortant de ma lecture de Simone Weil, j’ai retrouvé dans ce livre sa pensée :  le salut par le travail, le travail salvateur de la Terre et qui conduit vers  la sérénité, la pureté  et plus, vers Dieu.
« Or dans la solitude des champs, des bois et des collines, si quelque aliment pur ne nous soutient, il peut nous arriver d’abandonner, sans le savoir, l’exercice des facultés humaines et de perdre le sentiment et la jouissance des biens intérieurs. Ce sont de vieux biens, depuis longtemps déposés en nous par la patiente communauté des hommes, et qu’ ils nous ont légués pour nous permettre justement de passer sur la terre, sans trop de terreur ni de désespoir. Quand nous les perdons, il ne nous reste plus que notre chair à opposer au monde, et nous savons trop le peu qu’elle pèse. »
« Le travail qui nous occupait du matin au soir, rudement, maintint notre souci commun dans les lieux solides et sains de l’âme. »

« Ils savaient simplement de père en fils, que ces grands actes agricoles sont réglés par le passage des saisons ; et que les saisons relèvent de Dieu. En respectant leur majesté,  ils se sont accordés à la pensée du monde, et ainsi ils ont été justes, religieux. »


Mais comme l’Homme et la Femme  ne sont que des humains ils ont aussi des bonheurs et des malheurs terrestres ; l’amour en est un. Celui qui unit Geneviève et Pascal est malheur par la force de leur cœur sauvage, et bonheur  quand ils comprennent et acceptent qu’il ne vive que dans leur âme,  en le consommant ils le perdraient.

Il y a beaucoup de respect et d’amitié dans les relations entre Pascal et les Alibert, cette famille représente avec honneur la vie de l’homme de la terre,  celui qui  sait s’en faire une alliée.  Le lecteur sent  dans les mots de l’auteur tout le respect que lui-même accorde à ces paysans :
« Elle respirait le bonheur. Et de la voir ainsi je me sentais heureux, parce qu’elle  était grande, belle, et qu’elle marchait près de moi, avec la confiance, à pas lents, comme une vraie femme de la terre. »

Quand Clodius est assassiné à la lecture du testament Pascal découvre la justesse avec laquelle le disparu  l’a jugé puisqu’il lui lègue tout ses biens, à lui alors que tant de haine les  a fait ennemis, mais dont le même sang coule dans les  veines ; c’est avec humilité et honneur qu’il acceptera les devoirs qui y sont rattachés.

« Dans la pièce il y avait Clodius, et il était vivant. On venait d’entendre sa voix, dure, ironique, mais mâle et d’une sorte de grandeur qui nous dominait, même moi, qui l’avais haï, et qui savais pourtant ce que peut inspirer un cœur sauvage. Du mien, une sorte d’amour aussi farouche partait vers lui, et je me disais, tout en moi, avec un orgueil chaud et sombre, que c’était mon sang qui venait de parler. »

Difficile de comprendre, à part au premier abord, dans les premières minutes où Pascal comprend que celui qu’il abrite est l’assassin, la raison de la non-dénonciation.  C’est qu’il ne faut pas oublier l’hospitalité dû à celui qui la réclame, l’asile en quelque sorte.

« Le sens de l’hospitalité l’avait emporté sur le sens moral. »

Quel désarroi ensuite pour Pascal lorsqu’il comprend qu’il se trouve complice de cet homme, mais Théotime le sauve de  l’acte vil, la dénonciation qu’il s’apprête à faire alors que la décision de Geneviève le bouleverse  et qu’il comprend que la séparation est définitive :

« Je fis un pas ; mais, quoique je n’eusse pas honte , tant je brûlais de douleur et de jalousie, je fus arrêté. Une brise m’avait apporté une odeur de fumée que je connaissais bien. Il était six heures, et Marthe venait d’allumer du feu à Théotime pour mon déjeuner du matin.  Malgré moi je me retournais pour regarder ma maison. »

Geneviève qui vivra désormais dans la sérénité qu’offre la piété, donne à Pascal un dernier gage d’amour, en lui offrant l’Ermitage de St-Jean, en tant que Maître il redonnera vit à la fête de Noël « le feu des bergers ».
Pascal vivra ses obligations envers la Terre, ses gens, Théotime  dans la solitude, le respect et l’amitié des Alibert,  avec l’apport de tous les » Vieux  Biens » légués par ses ancêtres.

Une lecture qui illumine, qui apporte la sérénité, les bienfaits de la Terre et un espoir en et pour  l’Homme.
Beaucoup de poésie dans les mots, l’auteur  fouille au plus secret des cœurs et des âmes, n’en cache pas la noirceur mais sait en élever aussi le meilleur.

l'Ermitage de St-Jean du Puy à l'heure d'aujourd'hui

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mots-clés : #education #famille #initiatique #insularite #nature #ruralité #vengeance

_________________
Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave. » Friedrich Nietzsche
par Bédoulène
le Sam 10 Déc - 17:09
 
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Sujet: Henri Bosco
Réponses: 61
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Edward Abbey

Le feu sur la montagne

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  A chaque fois, je regardais, fasciné, ce paysage mort comme la lune et je me demandais : qu'est ce qu'il y a là-bas? Et à chaque fois je répondais : il y a quelque chose là-bas – peut-être tout. Le désert m'apparaissait comme une sorte de Paradis. Aujourd'hui encore. Toujours


Cc'est l’histoire d'un vieux ronchon retiré dans son ranch, qui est toute sa vie et celle de ses ancêtres, un ranch que son grand-père a arraché jadis aux Indiens. Un homme qui se ressource jour après jour à la nature, qui vit de son contact avec les bêtes, un amoureux-fou du désert. Et que l'armée américaine veut déloger.
Et avec tout ce que cela implique de fureur et de folie, il résiste. Il résiste jusqu’au bout, on s'en doute depuis  le début. Boutefeu déchirant et enragé, roi déchu de son royaume, fidèle jusqu'au bout du bout.

Et, à côté de lui, il y a Billy, son petit fils de 12 ans, enfant aimé et aimant, son portrait tout craché,– qui raconte, avec la pureté et intransigeance de l'enfance -,  et Lee, l'ami de toujours, qui comprend tout, qui sait tout. Car, sous cette chaleur accablante, la filiation et l’amitié, sont avec son ranch les valeurs cruciales que John vénère.

Si Abbey nous livre une histoire d'une simplicité biblique, elle ne tombe jamais dans la caricature et le manichéisme. Il nous offre  au contraire des portraits d’hommes forts, touchants, déchirés et déchirants (oui, il faut bien dire que l'unique femme fait la vaisselle) dans un livre qui est d'une grande tristesse, car ils perdent ; mais est-ce si sûr ? Car ils ont lutté, et ils se sont aimés. Et un garçon gardera cela comme une force en son cœur, il apprend que nous vivons dans un monde dur, où on ne peut avoir tout ce qu'on veut, mais où un petit-fils peut aider son grand-père à garder sa fierté.
La prose est d'une simplicité magnifique pour exprimer cette communion magique avec la nature, la complicité avec les chevaux, la splendeur colorée des paysages désertiques.

Il y a du Vieil homme et la mer dans ce bouquin, une espèce de sobriété pleine de panache, l'enfant, le lion, les éléments à la fois hostiles et hospitaliers, le sens d'une vie, le dernier combat.

(commentaire rapatrié)


mots-clés : #nature
par topocl
le Sam 10 Déc - 16:57
 
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Sujet: Edward Abbey
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Sarah Hall

Je vois que comme moi, Nadine, ton enthousiasme est tempéré.

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 51rhb310

La frontière du loup


Sans parler de grand livre, j'ai pris plaisir à lire La frontière du loup, malgré quelques incohérences psychologiques, et une fin séduisante mais rocambolesque.

C'est sans doute en partie dû à  ce thème fascinant , à  la fois fou et raisonnable, de la réintroduction du loup dans des territoires qu'il a abandonnés. Mais aussi au style très personnel , concentré et étudié, mêlant action et lenteur, qui donne une vie extraordinaire à ces paysages de la Combrie (région anglaise frontalière de l'Écosse), à leur évolution au fil des saisons, et de leur puissante emprise sur les personnages. On  y découvre aussi un personnage de femme indépendante à qui la mort de sa mère, l'enfant qui naît, le retour pays natal permettent  de passer le cap d'une existence plus partagée.

À tous les niveaux : le territoire, l'espèce lupine, la société des humains, épanouissement de l'individu, il est question de la complexe frontière entre le sauvage et l'  apprivoisé


mots-clés : #nature
par topocl
le Sam 10 Déc - 16:15
 
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Sujet: Sarah Hall
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Lance Weller

Wilderness


Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Captur69

Fatigué, malade, désespéré de souvenirs, le vieil Abel se met en marche avec son chien Buster, au crépuscule de sa vie. Lance Weller raconte sa longue marche et entrecoupe ce récit de l’histoire de cet  ancien soldat sudiste de la Guerre de Sécession. Les péripéties qu’il rencontre au fil de son voyage, où il croise des hommes bons et de fieffés coquins, montrent que, si la guerre a changé les textes, elle n’a pas changé tous les hommes.
En parallèle à ce parcours, en chapitres alternés, Lance Weller rapporte la bataille de Wilderness, l’une des batailles les plus meurtrières de cette guerre, et c’est un récit de guerre passionant à la fois instructif et bouleversant . Abel, marqué à vie par ces atrocités, en est  aussi changé dans son cœur,

Ce que je retiendrai (peut-être ) de ce livre, c’est, au sein d ‘une telle violence, la douceur rude des relations entre certains individus, le compagnonnage d’un homme avec son chien. C’est aussi la nature, personnage premier du roman face à la dureté des hommes. Une nature sauvage et somptueuse, alternativement hostile et salvatrice, à laquelle les hommes se mêlent intimement, qui les emplit, les nourrit, les fait rêver, par ses bruits, ses couleurs, ses lumières. Ah ! les lumières et leurs changements, c’est époustouflant. J’ai retrouvé souvent l’émotion étrange et la poésie douloureuse du Dormeur du val.

Il y a là une émotion troublante, qui monte peu à peu et s’épanouit dans une fin d’un lyrisme magique, l’histoire d’une humanité retrouvée. Car comme Abel dans sa solitude assumée, nous nous raccrochons aux mains tendues pour ne pas sombrer dans le désespoir d’un monde terrifiant.


 
wikipedia a écrit:  La bataille de la Wilderness est une bataille de la guerre de Sécession qui se déroula du 5 au 6 mai 1864 entre les armées du général nordiste Ulysses S. Grant et celle du général sudiste Robert E. Lee

   Lors de l'hiver 1863-1864 les armées nordiste et sudiste avaient hiverné à quelques kilomètres de distance, séparées seulement par la Rapidan river. Dès le retour du printemps, le général Grant avait tenté sans succès de déloger Lee de ses positions, mais ce dernier savait que le but du général nordiste était de l'entraîner dans la Wilderness, une zone forestière sombre et dense de 180 km², déjà théâtre de furieux combats lors de la bataille de Chancellorsville un an plus tôt. Lee laissa les fédéraux traverser la Rapidan River pour pouvoir les attaquer de flanc alors que les nordistes passeraient dans la Wilderness. C'est ainsi que le 5 mai les avants gardes des deux armées se rencontrèrent. À la fin de la bataille, les deux armées n'ont ni progressé ni reculé. Mais pour la première fois depuis le début de la guerre, un général nordiste, malgré de lourdes pertes (17 000 nordistes et 10 000 sudistes), ne bat pas en retraite et se prépare à mener une autre bataille.

   La nature du champ de bataille — une forêt — fut la cause de tirs fratricides fréquents. De nombreux incendies furent fatals aux blessés qui n'étaient plus en état de se déplacer.


(commentaire rapatrié)


mots-clés : #nature #guerre
par topocl
le Sam 10 Déc - 11:11
 
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John Vaillant

L'Arbre d'or

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Index119

Les îles de la Reine Charlotte, battues par les pluies du Pacifique Nord, s’étendent au large de la Colombie Britannique. Les autochtones sont les Haïdas, un peuple fier de ses légendes fondatrices et de ses totems. Après avoir anihilé les colonies de loutres de mer dans le juteux commerce des peaux, les Anglo-Amériacains se sont ensuite  intéressés aux forêts, d'immenses forêts qui ne sont que la continuité de la forêt primaire qui recouvrait toute la côte ouest de l'Amérique du Nord. Le bois, c'est de l'énergie, , c'est le premier matériau des bateaux, d'où la puissance, et c'est aussi le confort. C'est une matière première multi-usages, qui a déjà justifié l'élimination de toutes les grandes forêts européennes, mais ici, les paysages sont si géants qu'on veut bien croire qu'elle sera inépuisable.


   La question qui occupait les esprits n'était pas de savoir comment préserver ou gérer la forêt, mais comment s'en rendre maître, accomplir le « destin manifeste » et transformer cette étendue infinie d'arbres et cette terre en quelque chose de productif.


A la suite des colons, les Haïdas eux-mêmes ont ainsi mis le premier doigt dans l'engrenage du commerce, du capitalisme,  de l'acculturation et de la dévastation forestière.

Au sein des coupes claires qui ont décimé ces forêts, les Compagnies d'exploitation forestière ont eu le bon goût d'épargner quelques zones symboliquement protégées, quelques arbres prototypiques, et, parmi eux, L'Arbre d'or, un épicea de Sitka vieux de trois cent ans, haut de 50 mètres, un arbre géant, mutant aux aiguilles d'or, quasi unique, porteur, à travers de nombreuses légendes en lien avec la fondation du monde, de toute l'âme du peuple Haïda.

Dans ces forêts à la fois fascinantes et inhospitalières travaillent des hommes rudes, totalement investis à leur tâche, de grands amoureux de la nature. Parmi eux, au fil du temps , un certain nombre comprend qu'exercer ce métier, c'est détruire un monde magique, renier ses racines, courir à sa perte, spolier la génération de ses enfants.

   «  Huit cents ans pour pousser et vingt cinq minutes pour être mis à terre, comme le résume un ancien bûcheron de Colombie Britannique. C'est triste, mais c'est un gagne-pain. »



Parmi eux, Grant Hadwin, figure sauvage et dévastée dont la destinée va croiser dramatiquement celle de l'Arbre d'Or.


A travers l'histoire de Grant Hadwin et de l'Arbre d'or, John Vaillant nous transmet un savoir encyclopédique, tout à la fois géographique, historique,  botanique, anthropologique et un questionnement écologique terrifiant.
La destruction des paysages et des écosystèmes, soigneusement organisée par les Compagnies forestières dévastatrices,  se développe en parallèle avec l'extinction progressive du peuple Haïda, dont seuls 30 individus parlent encore la langue.

Formidable conteur qui a récolté des dizaines de témoignages et de lectures, John Vaillant explore avec consternation ces exactions et leurs conséquences. Il accuse mais plaide aussi  coupable : à son échelle n'adopte-il pas (et n'adoptons nous pas tous) le même mode  de fonctionnement en consommant sans réflexion au quotidien vite et pas cher ?
Et si une note optimiste conclue le livre (regroupement du peuple Haïda pour défendre ses droits et retrouver ses traditions, bouturages des arbres rares, reforestation) n'est-il pas déjà trop tard ?

L'Arbre d'or est un livre tout à la fois érudit et limpide, un livre militant aussi, qui plaira tant aux amateurs d'Histoire qu'aux amoureux de la nature ou des peuples anciens, mais aussi à tous les lecteurs qui aiment les livres-chocs qu'on parcourt sans reprendre son souffle car

Laissez-moi vous dire une chose à propos d'histoires[dit-il]
Elles ne servent pas qu'à divertir.
Ne croyez pas ça.
Elles sont tout ce que nous possédons, voyez-vous,
Tout ce que nous avons pour nous battre
Contre la maladie et la mort.

Leslie Marmon Silko, «  Cérémonie », citée par John Vaillant



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mots-clés : #minoriteethnique #nature
par topocl
le Sam 10 Déc - 10:56
 
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Sujet: John Vaillant
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John Vaillant

Le tigre
Une histoire de survie dans la taïga


Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 513kvp10


Le tigre, objet de toutes les hallucinations, mélange de noblesse et de cruauté.

   Pour qui suit la trace d'un tigre, il n'existe qu'une certitude : tôt ou tard, elle vous mènera à l'animal, sauf si vous a trouvé avant.



Nous sommes dans le Primorié, à la frontière sino-russe, au delà du bout du Transibérien. Un lieu où, il n'y a pas si longtemps, Moscou expatriait ses opposants (ou soi-disant elle) dans des camps.

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Primor10

Là, au sein de la taïga ,vivent des hommes, dans des conditions effroyables, et un demi millier de tigres gigantesques, adulés autant que redoutés, dont l’aura confine à la divinité. Les croyances et l'expérience apprennent que les deux espèces sont capables de vivre en bonne intelligence, tant que l’une ne franchit pas les limites accordées par l'autre.

C'est ce qui se passe lorsque, le 7 décembre 1997, on découvre le corps d'un braconnier, déchiqueté et dévoré par une tigresse. Iouri Trouch, et son équipe, « l'inspection Tigre », un organisme chargé de la surveillance du territoire et de la protection du tigre, entreprend une enquête, puis une traque, à la recherche du tigre mangeur d'hommes.

On suit  ces hommes, chasseurs ou anciens soldats, ainsi que les habitants de Sobolonié, braconniers pour la plupart : leurs actes, leurs croyances, leurs peurs, leurs positions divergentes vis-à-vis de l'écologie, de la protection du tigre. C'est  une aventure vivanteet passionnante,  qu’on n’ a pas envie de lâcher une minute.

John Vaillant en profite pour nous livrer des considérations/informations économiques, géopolitiques, historiques, anthropologiques sur cette zone de vie abandonnée de tous, et des données zoologiques, éthologiques, écologique, sur  les tigres, les prédateurs et les écosystèmes. C’est très instructif et le plus souvent très intéressant, même si cela casse au début un peu le rythme du récit, qui reprend ses droits dans la 2e partie.

Au total, une lecture  passionnante, mêlant réflexion et roman d'aventure, un plaidoyer pour les tigres et l'écologie.


   L'idée que les animaux aient pu nous enseigner la lecture peut paraître aberrante, mais écouter des chasseurs expérimentés analyser les signes laissés par un tigre n'est guère différent d'écouter un étudiant en littérature décortiquer une nouvelle.Dans les deux cas, l'exercice consiste à interpréter d'infimes détails, jusqu'au positionnement et aux altérations de certains éléments afin d'en dégager un thème, un substrat, une trame narrative.De même un jeu d'empreintes peut posséder ses propres accents, ses signes diacritiques qui permettent de lire une intention dans la marque d'un pas. Sur une piste empruntée par le gibier, comme dans un roman de Tolstoï, il arrive que plusieurs personnages et plusieurs intrigues s'entremêlent avec une subtilité, un pathos et un tension dramatique palpitants. Déchiffrer ces palimpsestes peut s'avérer plus ardu que de lire les lettres aux lignes entrecroisées de l'époque victorienne et les récits qu'ils racontent sont parfois plus difficiles à suivre que l’œuvre expérimentale la plus hermétique.



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mots-clés : #nature
par topocl
le Sam 10 Déc - 10:54
 
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Sujet: John Vaillant
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Wallace Stegner

La vie obstinée

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Images68

Je viens de finir La Vie Obstinée, ayant lu Vue cavalière il y a quelques semaines. Je les lis donc à l’envers par rapport à la chronologie.

Je trouve que dans ce livre Wallace Stegner exprime une vision de la vie totalement désespérée et tragique . Joe Allston s’est retiré au fin fond d’un vallon idyllique de la Californie. Ses descriptions de son refuge bucolique sont stupéfiantes, la nature est pour lui l’échappatoire, il fuit un monde qu’il ne reconnaît plus, où ses valeurs n’ont plus cout et qui le blesse douloureusement.. Mais là encore parasites, rongeurs et maladies altèrent la beauté et la pureté de ce qu’il aime.

D’autres font les mêmes choix d’exil campagnard pour des raisons diverses. Jim Peck le jeune beatnik arrogant et utopiste, aux idéaux pesants, est la réincarnation du fils que Joe a perdu trois ans auparavant sans jamais le comprendre, et réveille les douleur qu’il avait voulu fuir dans cet exil. La confrontation est saignante et douloureuse. Marian, une jeune femme lumineuse, se réfugie ici pour vivre au mieux les derniers mois que lui accorde son cancer.

Il met en elle tous ses espoirs : en Marian, la fille qu’il n’a pas eue ,si ouverte , si proche de la vie et de l’amour joyeux, sui profonde. Il compte sur elle pour l’aider à enfin sortir de son pessimisme ronchon. Seulement c’est Marian qui le quitte en premier avec une dignité somptueuse jusque dans ses derniers instants (on pense au personnage de la jeune femme dans D’autres vies que la mienne d’Emmanuel Carrère). Et oui…les meilleurs s’en vont les premiers et Joe replonge dans son désespoir de misanthrope. Il a cependant l’impression que Marian a ouvert une porte en lui.

C’est Joe qui raconte rétrospectivement ces quelques mois de sa vie, en même temps heureux et douloureux, il le fait avec un recul certain, il voit bien qu’il n’a pas fait les bons choix , que c’est du côté de le joie qu’est la solution, pas du ronchonnage conservateur, mais il ne peut s’en défaire pour autant Il se sent du côté des perdants de la vie, il n’analyse avec une certaine complaisance , mais aussi une grand ironie :

« Recalé en sympathie, j’ai eu à peine menton passable en stoïcisme. En revanche, j’ai décroché le premier prix d’ironie – cette calamité, cette escampette, cette cuirasse, ce moyen de rester planqué tout en jouant les esprits forts. Cuisante leçon que j’ai apprise, si tant est que je l’ai retenue »


Joe Allston est finalement fondamentalement antipathique , mais complètement sympathique et émouvant Un homme avec toutes ses contradictions et ses questionnements, dans un grand aveu de faiblesse et de désespérance
Très attachant, un homme qui s’en sort mal avec la vie, et se repose sur sa douce femme compréhensive, et son coin de vallon verdoyant.

Reste le style enchanteur de Wallace Stegner, alliant humour et tendresse pour ses personnages, qui prend toute son ampleur dans une dernière partie.


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mots-clés : #nature
par topocl
le Sam 10 Déc - 10:24
 
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Mario Rigoni Stern

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Rigoni10

L'histoire de Toenle/Storia di Toenle

Quelle vie Rigoni Stern nous décrit ici ! Et ce Toenle Bintarn a en plus vraiment vecu, et le livre n'est pas juste pure fiction. Il parle de cette région du haut plateau d'Asagio, la capitale des « Sept communes » dans la region de Vénise, un îlot d'une culture minoritaire, les Cimbres. La Grande Histoire et l'histoire personnelle de Toenle sont intimement liées dans cette région théoriquemment si isolée : Toenle y est né dans les années 30 du XIXème siècle quand cela appartenait à l'Autriche. Il servira sous l'empereur François-Josephe. Dans le cadre du Risorgimento la zone deviendra italienne. Ayant blessé un douanier lors d'un passage clandestin de la frontière avec des affaires, il doit dèsormais vivre caché : Avec le début du printemps il travarse toute l'Empire austro-hingroise, de la Galicie et la Hongrie jusqu'à la frontière russe, travaillant dans les mines, comme vendeur, chez des paysans ou des traffiquants… Mais à l'approche de l'hiver, donnant une sécurité relative dans sa patrie si isolée, il revient à la maison, retrouvant sa femme, ses enfants, et souvent un nouveau-né. Et les péripéties continuent jusqu'à un âge avancé...

Toenle va jamais être dupe face aux guerres et conflits; il en a vu des choses! Peut-être on retient les descriptions de la nature, si fortes chez l'auteur: elles vous restent, vous marquent à la lecture. Il y a qualeque chose de si authentique, de vrai. Mais sans difficultés on peut aussi discerner une bonne dose de critique envers la societé.

Souvent Rigoni Stern ne fait qu'effleurer un imae, un sujet. Là où d'autres auraient fait des descriptions sans fin, il brosse un portrait d'un homme originale, avec quelques coups de pinceau.

Quel auteur attachant, à recommander sans modération.


mots-clés : #historique #nature
par tom léo
le Jeu 8 Déc - 22:16
 
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Sujet: Mario Rigoni Stern
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Mario Rigoni Stern

C'est grâce à un certain forum que j'ai découvert cet auteur admirable! Aimé pas juste pour ceci ou cela, mais avant tout peut-être pour le sentiment d'être face à un homme simple, droit, proche de la nature, proche aussi de ses camarades... J'ai encore poursuivi la découverte, mais aujourd'hui je mets ici les notes de ma dernière lecture:
Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 41ysyg10

Lointains hivers

Originale: Inverni lontani (Italien, 1999)

CONTENU :
Souvenirs aux « hivers lointains »...

REMARQUES :
Rigoni Stern, déjà vieillissant, se rappelle d'hivers de sa vie, et cela de sa façon inimitable : concrètement, poètiquemment, réaliste… Ce sont des hivers d'époques différentes de sa vie : aussi bien dans le questionnement du froid vécu et ressenti, de la préparation du bois pour se chaffer l'hiver là-haut dans ses montagnes... Donc, il associe l'hiver avec des sujets comme le bois, le froid, la forêt, les préparatifs d'ordres différents, mais aussi avec la préparation par exemple de son
premier pair de skis, des hivers lors de la deuxième guerre, perdu dans l'Est de l'Europe, des camarades morts à ses cotés.

La préparation pour l'hiver fait partie pour des gens comme Rigoni Stern de la vie annuelle dans ses rythmes naturelles. Ceci le met en grande proximité, encore aujourd'hui, avec une grande partie de l'humanité. L'avons-nous oublié qui poussons souvent juste encore des boutons pour faire monter p. ex. la température de nos habitations ? Donc, l'auteur est (encore) tout proche de la nature, des rythmes imposés, proposés par celle-ci.

J'aime cette façon sobre et poètique à la fois de l'auteur ! Recommandable à l'approche de l'hiver, pour une soirée devant le feu...


mots-clés : #nature
par tom léo
le Jeu 8 Déc - 16:07
 
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Sujet: Mario Rigoni Stern
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Doug Peacock

Mes années grizzlis

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 97823510

De mon point de vue, peut-être un peu tordue, sauvegarder les ours était une idée révolutionnaire : une tentative pour empêcher notre monde de devenir complètement dingue.


Les pas de Rick Bass m’ont naturellement embarquée chez Peacock, après un petit détour par Pete Fromm.

Cette fois j’ai vu plein d’ ours, là où Rick Bass passait beaucoup de temps à les pister. Je les ai vus car Peacock a un talent descriptif plutôt fort, pour faire vivre sous nos yeux ces grosses masses de muscles et de griffes qui fascinent les humains, mais ne s’offrent qu’à quelques observateurs plus respectueux que les autres, en l'occurrence Peacock, un grand solitaire rageux, qui fuit ses cauchemars du Vietnam.

Ceux de ma génération ont manifesté contre la guerre, libérant ainsi leur conscience. Moi, je me suis retiré dans les bois et j'ai eu recours à du vin de mauvaise qualité pour obliger ma mémoire à s'endormir.


Cette nature sauvage et inhospitalière, la rudesse de la vie au grand air  sont pour lui comme un cocon salvateur.

Lorsque l'on est assis sur le flanc d’une montagne en pleine tempête, à la recherche de ce que certaines personnes considèrent comme l’animal le plus féroce de ce continent, on éprouve une véritable humilité et une étonnante réceptivité.



Peu à peu, au fil du récit, les pages sur la guerre, aussi évocatrices que celles sur l'aventure-grizzli, se font plus rares, même si des traces continuent à ressurgir jusqu'à la fin du récit.

Cette nuit-là, je dormis profondément. Un sentiment de tolérance et de reconnaissance m’avait envahi, dû probablement au fait de vivre avec l'animal le plus dangereux du continent et d’en accepter les risques inhérents. Je n'étais plus celui qui dominait et je me retrouvais étrangement ouvert et vulnérable.



Et ainsi, Peacock passe 20 ans dans les montagnes à fuir la compagnie des hommes, pas tout à fait celle des femmes. Il n’en règle pas moins ses comptes avec l'impérialisme américain, sa dangereuse tendance à dominer et décimer les hommes et les bêtes.

La façon dont nous nous sommes comportés envers les Indiens, les bisons, les loups et les grizzlis correspond à la manière dont nous avons écrit notre histoire selon des voies convergentes, éclaboussées de sang, qui nous ont conduit où nous en sommes à présent. En dépit du léger remords que nous éprouvons aujourd'hui, nous n'avons aucune excuse.


C’est le portrait d'un impressionnant homme unique, qui voit dans son combat pour sauver les grizzlis une lutte pour une espèce humaine plus libre, plus courageuse, plus chaleureuse. Un homme qui donne à voir et à comprendre des animaux emblématiques entre tous.

La forme du récit est celle de brèves annotations mises côte à côte, autour du fil directeur des grizzlis, au fil des saisons, et il ne faut pas en attendre un début et une fin, une progression, mais plutôt l'évocation par petites touches d'une symbiose qui a duré des années entre un homme et la nature. Cette forme m'a finalement un peu lassée, j'ai fini par sauter des passages sur la fin. Il n'en demeure pas moins que Mes années grizzlis restera un livre marquant.



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mots-clés : #autobiographie #guerre #nature
par topocl
le Jeu 8 Déc - 13:32
 
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Sujet: Doug Peacock
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Tim Flannery

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Image106

Au plus secret des îles :

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Oceani10

Des îles il va en être question  tout au long de ce livre, mais est-ce les mêmes que celles de Cook ou de Lapérouse.. ?
Flannery s’est rendu aux Salomon, il n’a pas poussé jusqu’aux Santa Cruz, banlieue orientale des Salomon, et donc pas à Vanikoro. Mais sa description des Salomon, de sa faune, de sa flore est édifiante, elle nous apprend que beaucoup de choses sont encore à decouvrir alors qu’une course contre la montre s’est engagée contre les extractions minières et la déforestation, tandis qu’existent encore des regions inexplorées…
Mais c’est surtout Cook et ses voyages qu’a côtoyé Flannery, son ouvrage est une mise en condition confortable de l’amoureux des voyages d’exploration, un partage de la vision du monde scientifique de terrain passionnant et jubilatoire.
Malheureusement ,( à mon sens, et ce n’est pas un reproche, ce livre nous apportant tant) il y manque un lexique des noms et surtout des photographies des animaux dont il parle. Ce dernier manque représentant un obstacle pour un non scientifique.

En 2009 la decouverte d'un rat géant, peut être celui que recherchait Flannery..



mots-clés : #insularite #nature #voyage
par Chamaco
le Jeu 8 Déc - 13:29
 
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Sujet: Tim Flannery
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Pete Fromm

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Indian Creeks

Pete Fromm, un jeune gars de 20 ans comme les autres, qui aime la fête et les copains, et ne rêve que de liberté et de grands espaces… Sans doute pas tout à fait comme les autres :  il  rêve un peu plus fort . En effet, sur un coup de tête, il lâche la fac et accepte un « job d’hiver » où, pendant 7 mois, il vivra seul avec sa chienne Boone, sous une tente, au milieu de l’immensité enneigée, sans moyens de communication (vraiment aucuns), avec comme seul travail la surveillance d’œufs saumons en incubation au fond de la rivière, qui l’ occupe bien un quart d'heure par jour…

Il va découvrir que la liberté, ça se gagne, ça se paye, ça ce mérite… La solitude, l'ennui, l'angoisse, la multiplicité des difficultés pratiques… C'est dur, mais il finit par apprécier . Avec un humour détonnant, il nous décrit ses déboires, ses découragements, sa lutte contre les éléments, ses grandes balades et ses parties de chasse. Il crève de solitude mais n'est pas du genre à se laisser abattre, et peu à peu il se laisse séduire par cette vie de trappeur, ce défi pour survivre, il prend ses distances par rapport à la « civilisation », et, malgré quelques moments où elle exerce encore sur lui une tentation bien compréhensible, il devient lui-même, un homme fort et autonome, il a gagné !

Les dernières pages, une postface qui constitue un épilogue après l'épilogue, racontent avec toujours la même légèreté et le même humour, comment il est ensuite devenu écrivain, puis père de famille, homme heureux se nourrissant de cette expérience, et sachant  transmettre cette histoire où "contre toute attente, le crétin réussit à s'en tirer".

C'est une aventure totalement incroyable au XXe siècle, un truc unique dont il aurait pu revenir fou mais dont il est sorti grandi. Il arrive à décrire l’ennui sans ennuyer une seconde le lecteur, il se passe finalement beaucoup de choses passionnantes dans ce monde solitaire , les paysages sont magnifiques, les animaux fascinants, on est ému, on rit beaucoup (vraiment). C'est une sacrée leçon de vie.

Je vous poste en prime une jolie photo  de couguar (ou puma, ou Lion des neiges), histoire de vous faire envie

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Index10



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mots-clés : #nature
par topocl
le Mar 6 Déc - 15:17
 
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Sujet: Pete Fromm
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Kerstin Ekman

Crimes au bord de l’eau

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Le chemin s’est fait petit à petit, déconcertée au début, quoique séduite par des passages d'une beauté parfois terrifiante, interpellée par une ambiance étrange, j'ai mis du temps à me sentir, petit à petit, happée et à ne plus vouloir lâcher le livre. Une belle découverte !

Le microcosme d’un village suédois replié sur ses certitudes déstabilisé pour des décennies par un crime sauvage et inexpliqué. Un village où l’on s’observe, se tait, où chacun suit son chemin comme il peut, sans bienveillance.

Il se rendit compte que Karl-Ake et lui avaient eu une raison d'être ennemis. Une de ces raisons absurdes, tirées par les cheveux, futiles, qui sous-tendait chaque hostilité de village et qui, comme une dentelle, s'élaborait selon un schéma compliqué. Oui, absurde à en être puérile, presque imaginaire. Mais dont la haine était réelle.


Une nature sauvage et hostile : forêts tapissées de lichens, ombre et eau alternativement splendides et terrifiants évoquent les bois de contes de fées où les enfants se perdent. Les bruits et les odeurs. Le soleil qui luit sans fin la nuit de  la Saint Jean. Dans ce décor terrible et magnifique, les dieux nordiques et les croyances ne sont jamais très loin :

Cela arrivait, il avait parfois l'impression de se trouver au pouvoir de Njord, l'antique dieu des vents et des mers, ruisselant sous une pluie battante entourée de brume.


Les hommes y cherchent leur chemin, personnages écartelés, marqués d’un désespoir poisseux, frappés au coin de la peur, du silence et de la solitude.
Ils signent leur empreinte par le sang, le sperme et les coups.

Un sentier avait couru ici. Couru, oui. Un sentier commençait à courir quand herbe  restait couchée. Été après été. À cause des semelles et  des sabots et du poids et de la répétition de ceux-ci, si bien que la myrtille comprenait et restait à l'écart.


Vingt ans après, la civilisation a pris le dessus, croit-on. On a cru trouver une  certaine sécurité, presque une douceur :

Il aurait voulu qu'elle le  rappelle mais il ne souhaitait pas entendre la sonnerie. Seulement la voix qu'il voulait. La voix tout près de son oreille. Les lèvres, en fait. Les lèvres chaudes et la respiration.


Mais les démons qui n’étaient qu’endormis vont ressurgir avec une violence sauvage. On va savoir. Une vérité ordinaire et glaçante, mais à quel prix… Très curieuse vision d'un monde farouche, et une écriture serrée qui ne donne rien, tout est à trouver. Rude et sombre. L’auteur a une espèce de serpe noire, sans concession, sans fioritures à la place du stylo, d’une lucidité à la limite de la cruauté.

Et ils ne seraient tous les cinq ensemble que le temps du week-end. Cinq baraques en muscles. Et l’odeur d’après-rasage et de cigarettes. D’alcool allongée au soda. Avec le scintillement bleuté des matchs sur l'écran dans la pièce aux rideaux tirés. Les démarrages sur les chapeaux de roues. Et le cafard qui éjaculait de temps en temps. Et Gudrun comme une odeur merdique d’encens dans la maison.
D'où vient la haine ?


Dans la première partie du roman, j’ai eu par moments l’impression d’être aussi désemparée que les personnages, tant l’auteur se refuse à donner les clés,  tant il faut chercher, intuiter. Complètement singulier, d’une noirceur désespérante et en ce sens assez envoûtant, ce roman m’a emportée d’abord par petits moments puis dans une grande vague que rien n’arrête.

(commentaire rapatrié)


mots-clés : #nature
par topocl
le Mar 6 Déc - 14:57
 
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Sujet: Kerstin Ekman
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Rick Bass

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 6 Bass10

La vie des pierres
Originale : The Lives of Rocks (Anglais/E-U, 2006)

Je partage l'enthousiasme pour Rick Bass dont j'ai lu jusqu'à maintenant quatre ou cinq livres. Mes premières découvertes étaient des recueils de nouvelles que j'ai énormément apprécié. C'était vraiment une «autre» lecture! Voici le premier recueil lu il y a quelque temps :

CONTENU :

Recueil de dix nouvelles de 6 à 70 pages de longueur, qui mettent quasiment toujours en relation des personnes entre eux d'un coté, et dans leurs rapports avec la nature et le difficile équilibre écologique. En détail :

- l'amitié entre deux garçons (Richard et Kirby) et avec Annie. Ils se rencontrent la plupart du temps à l'ombre de bâtiments industriels de la pétrochimie et au bord d'un fleuve pollué. C'est là qu'ils jouent leurs jeux, par exemple avec une grue abandonnée

- le premier élan/cerf chassé et tué par une jeune fille. Deux fermiers plus murs lui montrent comment dépecer la bête : un acte presque mythique d'un savoir faire et le début d'une complicité

- un couple divorcé où c'est la mère qui s'occupe des enfants. Le père, alcoolique, est plein d'admiration pour son cadet, l'observe de loin, cherche sa proximité

- la sortie en kayak de deux amoureux : moment d'une liberté et d'amour immense en pleine nature

- Jyl récupère après son cancer dans la solitude des montagnes et sa maison isolée. Ses prochains voisins : une famille intégriste, occupée de jour et de nuit. Deux des enfants viennent s'occuper un peu d'elle. Début d'une amitié ?

- Transition de quelqu'un de l'état de celui qui «a pris tout le temps» vers quelqu'un qui veut donner et être un militant pour la sauvegarde de sa vallée sauvage (par ailleurs la vallée de l'auteur!). Probablement parmi les récits les plus autobiographiques ?!

- Mètre par mètre un jeune couple avance à travers une tempête avec des vents très forts sur la route encombrée par les arbres tombés, pour aller en ville : elle devrait s'y rendre pour accoucher

- deux amis essaient avec enthousiasme mais aussi un peu d'amateurisme de monter une ferme de bétail. Nouvelle assez drolatique où ils vont tomber sur un vendeur d'un espèce rare...

- deux frères : Sam et le narrateur Jackie. Sam est assez entreprenant et entame une relation avec la professeur de Jackie, d'une dizaine d'année plus âgée...

- encore une fois deux frères : l'un avec un caractère d'exploiteur, avide, affamé à l'argent et la grandeur. Le narrateur par contre paraît d'un naturel rêveur, poétique, proche de la nature. Lors de vacances familiales il devient témoin d'un phénomène devenu après presque inexistant : une sorte de raz-de-marée d'eau douce dans le golfe de Mexique après de fortes pluie en montagnes.


REMARQUES :

Dans notre bibliothèque j'avais par deux reprises ce livre dans les mains avant de ne le prendre finalement à cause de la 4ème de couverture attirante (Christian Bourgeois). Non, je ne le connaissais pas avant. Et que je le dise toute de suite : quelle excellente choix, quel beau livre. Toutes ces nouvelles m'ont plu, avec mention spécial pour « La vie des pierres » ?! On y trouve une langue soignée, mais avant tout un contenu qui lie une conscience écologique (sans idéologie) avec une bonne dose d'humour et une connaissance de relations entre humains, et de l'être humain avec son impacte dans la nature.

Dans toutes ses nouvelles paraissent plus ou moins tardivement un problème, un phénomène, un fait de la nature, de l'ordre de l'écologie : le fragile équilibre entre les différents vecteurs et acteurs dans et de la nature. Celle-ci est d'un coté dotée de quelque chose d'immuable, de majestueuse, d'éternelle (les rochers!!! De là peut-être la forte et sensible attirance pour la géologie qui est à plusieurs reprises le métier de protagonistes des nouvelles ET aussi le métier d'origine de Rick Bass?). Mais dans ses formes de vie elle est fragile, soumise à l'ingérence, menacée par l'exploitation par les hommes.

Alors transparaît des fois très distinctement la révolte de l'auteur, de Rick Bass, et on devine son militantisme pour la cause écologique. Écriture et vie semblent se compléter en sa vie. Malgré la résignation des fois possible face à la tâche, il n'accuse pas juste et simplement, il ne semble pas devenir amère à l'extrême et «imbuvable». Des fois je sentais plutôt une forme de profonde mélancolie, une forme de tristesse ou nostalgie qui pourtant ne baissent pas les bras. Pour lui la nature dans toutes ses dimensions (faune, flore et minéralogique) n'est pas seulement une entité à respecter pour des besoins égoïstes, mais aussi des valeurs en soi, détenteur d'une forme de grandeur, voir de dignité, de «vie». Cela ne peut que provoquer en nous une forme d'humilité et de respect profond (en allemand on dirait «Ehrfurcht»).

Parfois nous nous trouvons dans ses nouvelles dans des situations où d'autres auteurs auraient à coup sûr choisi une fin spectaculaire, catastrophique, etc. Rien de tel chez Rick Bass. Il n'a pas besoin de ces artifices. On trouve malgré la gravité de certains propos une forme d'humour et bizarrement même de légèreté qui rendent la lecture tellement agréable. Il utilise ce faisant une langue concrète, descriptive, pas de tout, à mon avis, «de facture ou d'apparence intello». Donc une très belle découverte qui a mené peut-être vers d'autres lectures!



mots-clés : #nouvelle #nature
par tom léo
le Lun 5 Déc - 16:51
 
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Sujet: Rick Bass
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