Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Ven 13 Déc - 11:39

129 résultats trouvés pour nature

Rick Bass

La Vie des pierres

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 Bass10

Ce recueil de nouvelles commence par Païens (qu’on peut lire intégralement ici https://www.christianbourgois-editeur.com/une-nouvelle.php?Id=191), un superbe texte où contrastent pollution extrême de l’environnement et vigueur de la jeunesse :
« Il restait peut-être un million, ou même seulement cent mille, en tout cas au moins dix mille endroits de ce genre dans le monde à ce moment-là. De minces veines de rêve encore envisageable, des lieux où aucune frontière n'avait été tracée ‒ des endroits avec des gisements de possible à ciel ouvert attendant d'être revendiqués par qui les voudrait, par qui serait prêt à retrousser ses manches, à faire preuve d'imagination. Des endroits encore riches et salubres, même au beau milieu des poisons qui vous pourrissent le cœur et vous dévorent les entrailles.
Pour la première fois cependant, Richard et Kirby commencèrent à se sentir en compétition. L'idée ne s'imposait jamais longtemps ; ils en avaient invariablement honte et réussissaient à la chasser sur commande : mais pour la première fois, elle était là.
L'aigrette tomba lentement en morceaux. Recuite au soleil, battue par les pluies, assiégée par les vents, rongée par les fourmis, elle perdit peu à peu du volume comme si la vie ne la quittait que maintenant ; puis elle continua de se désintégrer jusqu'à ce que ne subsistent que des tas de plumes délavées par le soleil entre les trous et les crevasses du tas de ferraille, et puis aussi quelques plumes éparses qui s'accrochaient encore à la carcasse spectrale de ses propres ossements, gisant tout là-haut au sommet des détritus.
Au fil de cette décomposition, apparurent également les proies qui se trouvaient à l'intérieur, le dernier repas qu'avait fait l'oiseau, et ils découvrirent dans la prison de la cage thoracique toute une collection de squelettes de petits poissons, avec des tas de poussière d'écailles autour qui brillaient comme des grains de sable. Il y avait des grosseurs et des tumeurs, de curieuses déviations dans l'arête centrale de ces poissons, et tandis qu'ils finissaient de pourrir (les mouches se repaissant de leurs restes dans cette cage thoracique ouverte aux quatre vents, comme prises au piège d'une bouteille mais libres d'aller et venir), le limon toxique de leurs cadavres finit de se déliter et laissa sur l'îlot une sorte de résidu métallique brillant, qui formait çà et là comme des traînées de peinture argentée. »

Après avoir lu les premiers textes, je me suis dit que, paradoxalement, chacun d’eux décrivait un état de grâce. J’ai tant goûté cette lecture que je me suis demandé à quel point elle profitait du contraste avec les précédentes, (inutilement ?) cruelles et malsaines.
J’ai particulièrement apprécié chez Bass l'approche sensible du monde vivant (y compris humain et tellurique), sa conscience de vivre la disparition de certaines espèces, la notion du temps géologique, l’absence de tout mysticisme.
Ces textes ne parlent pas directement d’écologie sauf, à mi-ouvrage, Fibre, qui est une sorte de diatribe militante et rageuse pour la survie des espèces sauvages nord-américaines. Le dernier, Géant, en est aussi imprégné :
« …] des grenouilles léopard, luisantes et si élégamment mouchetées, qui sont aujourd’hui en voie de disparition. A l’époque, on en trouvait partout, et personne n’aurait jamais pu imaginer qu’elles puissent un jour simplement ‒ enfin, pas aussi simplement que ça ‒ disparaître. Quel autre élément naturel va ainsi disparaître durant notre vie, n’être plus que souvenir, histoire, conte et héritage, puis fragment d’histoire et d’héritage, puis plus rien, seulement du vent ? »

« Je comprends la nature de l’avidité. Je suis persuadé que c’est là l’essence de la terrible vérité de notre temps : il ne reste plus tout à fait assez de quoi que ce soit. Sauf peut-être d’une chose ‒ douce, et déconnectée de tout ‒, mais je serais incapable de dire laquelle, d’en donner la nature exacte. »

Tous les textes sont poignants de l’enchantement d’univers bientôt disparus.

mots-clés : #nature #nouvelle
par Tristram
le Mer 5 Sep - 19:03
 
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Sujet: Rick Bass
Réponses: 49
Vues: 1900

Paolo Cognetti

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 97824910

Les huit montagnes


Originale : Le otto montagne, 2016

Texte de l’éditeur a écrit:Pietro est un garçon de la ville, Bruno un enfant des montagnes.  Ils ont 11 ans et tout les sépare. Dès leur rencontre à Grana,  au coeur du val d’Aoste, Bruno initie Pietro aux secrets de la  montagne. Ensemble, ils parcourent alpages, forêts et glaciers,  puisant dans cette nature sauvage les prémices de leur amitié.
Vingt ans plus tard, c’est dans ces mêmes montagnes et auprès  de ce même ami que Pietro tentera de se réconcilier avec son  passé – et son avenir.
Dans une langue pure et poétique, Paolo Cognetti mêle  l’intime à l’universel et signe un grand roman d’apprentissage  et de filiation.


REMARQUES :
On accompagne ces deux enfants/garçons/hommes, l’un de la ville de Milan, l’autre du val d’Aoste, depuis l’âge des 11 ans et toujours en intermittence à travers 12 chapitres en trois parties. Ce sont leur rapports, leur relation qui sont ici au centre, et on passe pour ainsi dire au dessus de la description de pas mal de choses en dehors de cela. Ils se rencontrent quand le jeune Pietro vient régulièrement, d’abord avec sa famille, dans la montagne où sa famille avait acheté, loué une petite maisonnette. Bruno par contre est entièrement enfant des montagnes, proche de la nature et des bêtes, berger à son temps, ne visitant l’école plus tard qu’à travers l’aide des parents de Pietro. Car lui-même a plutôt des relations brouillées dans sa propre famille... Pietro connaîtra son père comme moteur oirratrapable et presque craint dans les sorties prolongées en haute montagne. Il va plus tard s’éloigner de ce père… Donc, il y a raison de voir ces deux aussi dans leur filiations, leurs relations envers leurs parents et les développements dans celles-ci.

Le roman va pas briller par une succession d’événements absolument spectaculaires, donc par l’action. Il y a quelque chose de presque contemplatif qu’on y trouve. Et l’insistance sur cette amitié devient une forme pour parler des choix différents dans la vie : l’un restant attaché littéralement à sa montagne, ne voyageant jamais, sédentaire dans ce sens-là, tandisque Pietro voyagera dans le vaste monde, à la recherche (ou à la fuite???). Deux approches, et parfois on semble pouvoir discerner « le bon choix », mais le livre reste sans jugements, dans un certain sens.

Aussi dans la langue le roman n’est pas « spectaculaire », mais dégage beaucoup de tranquillité. Malgré des scènes pouvant être rudes, reste l’impression d’une certaine quiétude et retenu non-dramatisé. Presque un contraste, mais que j’ai trouvé très agréable.

Le roman n'a pas pour rien reçu le Prix Strega. Il me semble qu'il faut le tenir à l'oeil, ce Paolo Cognetti!


Mots-clés : #amitié #initiatique #nature
par tom léo
le Jeu 30 Aoû - 7:25
 
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Sujet: Paolo Cognetti
Réponses: 14
Vues: 1056

Laszlo Krasznahorkai

Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l’ouest par des chemins, à l’est par un cours d’eau.
( titre qui reflète une sagesse de l'univers confucianiste, bouddhiste...: il s'agit du meilleur emplacement pour un bâtiment, un village– merci Tom Léo)

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 51r2ep10


Sujet : Le petit-Fils du Prince Genji est obsédé par un « jardin caché » vu dans un livre illustré intitulé « Cent beaux jardins ». Malgré tous les savants qu’il a missionnés pour rechercher le dit jardin, ceux-ci n’ont pu lui répondre de façon satisfaisante et de plus le livre a mystérieusement disparu de la bibliothèque. Aussi un jour décide-t-il de découvrir lui-même le jardin qui d’après le peu qu’il en sait pourrait se trouver dans un monastère dédié à Bouddha à proximité de la cité de Kyoto. Il s’ y rend en train jusqu’à la gare de Keihan avec une escorte, laquelle s’adonnera à des libations et oubliera le petit-fils du Prince.

Même si l’histoire………….le conte ? est étonnant  et ses effluves mystérieuses, l’essence même de ce petit livre en est, pour moi, la magie qui s’ élève des magnifiques descriptions ; c’est la création de la terre, un hymne à la beauté, à la vie. Ajout : La beauté du jardin caché c'est sa simplicité ; un tapis de mousse bleu-vert argenté où se dresse 8 splendides Hinokis, émotion !

L’auteur raconte la création d’un arbre inoki à partir du pollen qui s’envole transporté par les vents à la manière d’une aventure, et s’en est une, avec ses obstacles et ses miracles. Puis la croissance de l’arbre que guette aussi de nombreux dangers, notamment les insectes, les maladies, le froid, la chaleur…..  Il raconte aussi les vents, la formation de la terre…..
Mais où se trouve la porte d’entrée sur la propriété du monastère ?

« …et tandis qu’il avançait obstinément, à la recherche de l’entrée, il eut le sentiment que cette étrange longueur, que cette cloison immuablement hermétique et uniforme, là sur sa gauche, n’étaient pas simplement là pour délimiter un immense territoire, mais pour lui faire prendre conscience d’une chose, il ne s’agissait pas d’une clôture, mais la mesure intrinsèque de quelque chose dont l’évocation à travers ce mur cherchait à prévenir le nouvel arrivant que celui-ci aurait bientôt besoin d’autres unités de mesure que celles auxquelles il était habitué, d’autres échelles de valeurs pour s’orienter, que celles qui avaient jusqu’ici encadré sa vie. »

Ce monastère et  le « jardin caché » qu’ il abrite  et que le petit-fils du Prince ne trouvera pas, existent-t-ils ?  ou  bien sont-ils dans un lieu hors d’atteinte où par exemple le chien continue de marcher dans sa mort ?

La sculpture de Boudha au regard détourné comme pour ne pas voir le monde protège-t-il ce lieu  en le cachant à la vue des hommes ?  (imagination ou certitude du sculpteur ?)
Je n’ai pas su voir les messages, s’il y en a, d’ ailleurs les 8 inokis du jardin caché n’ont pas de message pour les hommes, lesquels ne le comprendraient  pas.

Les chiffres ont certainement une portée (la roue du dharma bouddhique ?)  8 inokis, 13 poissons, 4 pavillons etc…. et les chiffres qui couvrent totalement les nombreuses pages d’un livre lu par le moine supérieur (que l’on ne verra jamais) qui pose la question de l’ existence de l’infini, de l’immortalité .

Mais ……………….comment arrive-t-on  et part-t- on de ce lieu puisqu’ à  la gare qui le dessert « nul ne descendit, nul ne monta du train » ?

Le petit-fils du Prince Genji ( lequel atteint de super-émotivité qui occasionne des malaises, récupère en buvant un verre d’eau ; eau source de vie ) est-il vraiment venu dans le monastère, comme le lecteur le voit ? en est-il reparti ?

*************

Y-a-t-il une morale à ce livre ? chercher au-delà  ce que l’on voit ? ce que l'on voit est-ce la réalité ?
Mais surtout croire en la vie.

Toute l’histoire est  rythmée sur le Temps, tout se réalise à son heure : patience.

Je me perds en conjectures et beaucoup de symboles m’ont sûrement échappés mais j’ai apprécié la visite de ce monastère en compagnie du petit-fils du Prince Genji, et surtout les descriptions magnifiques qu’elles soient poétiques ou techniques (un très intéressant passage sur la fabrication des sutras sur bambous, puis sur papier).

L’architecture aussi est très importante et symbolique dans la composition des pavillons, sanctuaire et autres bâtiments.

La dernière page tournée j’ai le sentiment d’avoir vécu un moment magique de littérature.

La conclusion de l’histoire est peut-être dans  la phrase en exergue : Personne ne l’a vu deux fois.

Extraits

A propos de la statue de Bouddha : « La réalité était radicalement différente, et il suffisait de la voir une seule fois pour savoir : s’il avait détourné son beau regard, c’était pour ne pas être obligé de remarquer, s’étendant devant lui dans trois directions : ce monde pourri. »

A propos des sutras : ….et durant des siècles on s’amusa à décliner à l’infini ce petit ruban, en mettant l’accent sur le coloris, soit sur la noblesse de la matière employée, soit sur le nœud lui-même, exécuté avec autant de raffinement que de fantaisie. »

« …quand soudain, une image jaillit en son esprit…pour s’évanouir aussitôt, une image si fugace qu’il fut incapable d’en discerner le contenu, elle avait glissé à travers lui, avait jailli et s’était éteinte, il était assis devant la table du sanctuaire intérieur, et tout son corps s’était raidi au moment de l’apparition de cette image, et de sa disparition, elle était si vite arrivée et si vite repartie qu’il avait pu saisir son importance, son poids, mais rien de son contenu… »

mots-clés : #contemythe #lieu #nature #philosophique
par Bédoulène
le Lun 9 Juil - 9:57
 
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Sujet: Laszlo Krasznahorkai
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Sergueï Essénine

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 00492710

La ravine

Comment ne pas trop se planter. L'écriture a quelque chose de très morcelé en nous faisant passer de personnages à d'autres qui voisinent avant de revenir aux précédents. La nature succède aux regroupements et aux isolements, les âges aussi.

Une poésie en prose directe quoique elliptique, avec des accents crépusculaires mais une grande force lumineuse. Des tourments sourds et des souffrances très concrètes dans la vie de ces gens denses qui vivent dans cette "ravine", ces bois et ces champs. Des vies simples, élémentaires baignées de l'étrange douceur de ce texte très particulier à la puissance évocatrice rare.

Quand vous lisez ce livre vous n'êtes pas ailleurs que dedans !

mots-clés : #amour #nature #poésie #ruralité #social
par animal
le Dim 1 Juil - 21:57
 
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Sujet: Sergueï Essénine
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Paolo Cognetti

Merci pour le fil, tom léo !  cheers


J'avais lu Le Garçon sauvage, alors je remets,ici, le commentaire que j'en avais fait.

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 P_cogn10


Le Garçon sauvage commence sur un hiver particulier : Paolo Cognetti, 30 ans, étouffe dans sa vie milanaise et ne parvient plus à écrire. Pour retrouver de l'air, il part vivre un été dans le Val d'Aoste. Là, il parcourt les sommets, suspendu entre l'enfance et l'âge adulte, renouant avec la liberté et l'inspiration. Il plonge au cœur de la vie sauvage qui peuple encore la montagne, découvre l'isolement des sommets, avant d'entamer sa désalpe, réconcilié avec l'existence. Néanmoins, ce séjour initiatique ne parvient pas à l'affranchir totalement du genre humain : " je pourrais me libérer de tout, sauf de la solitude. "

Quatrième de couverture



J'ai mis très longtemps pour venir poser ma critique,ici, car je sais que mes mots seront fades devant tout ce que m'a donné ce livre...
En ouvrant les premières pages, j'a découvert que ce livre était dédié à Chris McCandless "Alex" et je me suis dit qu'il allait forcément m'emporter...Il m'a aussi fait désirer d'autres lectures car la place des livres est au début du récit,très présente.
J'ai donc fait un voyage,une retraite; j'ai quitté le bourdonnement de la vie pour m'installer au coeur de la montagne, en pleine nature.
Et j'ai vécu le quotidien du narrateur dans sa quête de solitude....
Je n'en dirai pas plus car je pense que c'est un livre que chacun doit rencontrer à sa manière : je suis certaine de le relire, de le laisser à portée de main pour venir y "piocher" un chapitre, un peu comme on lirait une nouvelle car il peut aussi se découvrir comme ce genre de recueil.


mots-clés : #initiatique #nature #solitude
par kashmir
le Mar 19 Juin - 21:31
 
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Sujet: Paolo Cognetti
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Anne Marie Lon

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 Noces-10

Noces tardives

A 84 ans, Edith Tennesen est une vieille dame digne et qui aime la vie.
A 25 ans, elle a délibérément abandonné une carrière universitaire pour se consacrer aux enfants orphelins abandonnés dans un refuge.
Elle s'y est épanouie et n'est partie qu'à regret, "remerciée" avec mépris pour ses bons et loyaux services par une direction préoccupée par la modernité.

Retirée dans sa maison, elle vit selon un rituel bien réglé.
Un jour d'été torride, elle met fin aux habitudes en décidant spontanément d'aller cueillir des fleurs sauvages en forêt.
Pour elle-même mais aussi pour sa  grand-mère maternelle, affectueuse et non conformiste, morte depuis longtemps mais toujours chère à son cœur.

Malheureusement, une mauvaise chute l'immobilise au cours de sa promenade.
Et elle réalise rapidement qu'elle est seule et abandonnée à elle-même.
Au début, elle est sensible à tout ce qui l'entoure, d'autant plus sensible qu'elle est au niveau du sol, des plantes des fleurs et des animaux.

Elle revisite ses souvenirs, essayant de faire un bilan de sa vie passé.
Mais le temps passe et s'étire à n'en plus finir.
Elle est tenaillée par la faim et la soif.
Elle y pallie au mieux avec un régime d'ermite au désert.
Mais les nécessités organiques de son corps lui imposent une souffrance autre que physique.

Couchée au milieu des herbes, elle va passer six jours et six nuits en compagnie des animaux de passage et qui l'observent avec curiosité.
Et aussi d'une myriade d'insectes qui peu à peu prennent possession de son corps.
La pensée d'une mort imminente s'impose à elle.
Et elle essaie de s'habituer à l' idée.

L'attente est interminable pour la vieille dame. Elle finit par le devenir aussi pour le lecteur.
L'auteur n'a pu ou su terminer son livre, oubliant que, parfois, la sobriété et la brièveté sont les façons les plus efficaces de mettre fin à l'attente.
Anne Marie Lon s'est inspirée d'un fait divers. Le pari était beau de le romancer.
Pari à moitié réussi.


mots-clés : #mort #nature #vieillesse
par bix_229
le Mer 6 Juin - 20:21
 
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Sujet: Anne Marie Lon
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Vues: 453

J.A. Baker

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 41f1v310

Le pèlerin

Recommandé par bix, recommandé par le libraire, recommandé par Werner Herzog dans une interview... Le drôle de livre tient du mythe tout en se faisant assez discret (avec la bonne nouvelle d'une nouvelle publication en 2011 en Angleterre avec un autre texte : The Hill of Summer). C'est le folio que j'ai lu. Autant passer par l'ombre pour commencer : les phrases ont parfois une drôle de tête : texte original, traduction ? Ce n'est heureusement pas si important dans le cas présent (bien qu'il puisse y avoir une tentation pour la version originale...).

Il s'agit d'une œuvre de non-fiction, d'un journal d'une "saison", du mois d'Octobre au mois d'Avril, passée à observer et approcher le faucon pèlerin, quelques-uns en fait, sur la côte est de l'Angleterre. Quelques pages introduisent le livre : présentation des oiseaux : faucons et autres, quelques chiffres relevés des observations et les bribes qui situent définitivement le texte dans sa période moderne : les oiseaux sont de moins en moins nombreux, l'activité humaine apparaît ici directement. Et c'est une de ses très rares présences dans le livre.

Entrées datées du jour, notes sur la journée : météo, oiseaux et autres animaux parfois, apparition possible d'un faucon, observation du vol, de la chasse. De jour en jour les notes se suivent et se ressemblent. Le ciel, l'attente, les vols et les cris des oiseaux, le vol du faucon et ses piquées meurtrières, l'observation des dépouilles. La mer, le ciel, la saison.

Il passe par la tête comme l'idée que c'est une forme abrupte de nature writing, un émerveillement lucide du factuel, malgré une omniprésence de la mort dans cette nature très proche mais qui se révèle terriblement étrangère. Pas tant pour notre bonhomme d'ailleurs qui s'oublie dans ces lignes, quoique, que pour le lecteur. L'attente, les heures dehors, le déroulement de la journée, d'une saison, les rythmes des oiseaux, des animaux, des marées.

Et puis le lien entre l'homme et cet oiseau particulier. Les jours passent et l'homme s'approche, devenant moins homme, essayant de ne plus l'être pour approcher. L'insistance de la peur, celle de l'oiseau, des proies, de l'homme aussi. Les mimétismes et les ressemblances dans les comportements des oiseaux : imitations de vols d'une autres espèces ou simples ressemblances, répétitions...

D'une certaine façon rien ne se passe et l'homme disparait comme rarement sans pour autant pouvoir disparaitre totalement même en se levant avant le soleil et en ne quittant le territoire de son observation qu'à la nuit tombée. On a beau le dire et le penser l'effet d'une telle lecture est à part. Mur d'incompréhension, de fascination et d'émerveillement. Une acceptation, une fusion pacifique avec la part violente, brutale de la nature dans toute son immédiateté et en même temps un regard, une beauté presque infinie de si peu.  Les descriptions sont-elles si lyriques ? je ne sais pas, on ne le dirait pas, il y a de l'humidité, du froid, du temps, une décomposition, un oubli primitif dans ce texte qui ne pose pas la question de l'évocation lyrique de la nature.

C'est presque asocial comme bouquin, comme expérience. Une expérience pourtant écrite et partagée. Lecture marquante.

Extrait :
9 janvier. Le premier jour ensoleillé de cette année. Le jour le plus radieux et le plus froid que j'aie jamais connu. Au nord du gué, un héron se tenait debout, enfoncé dans la neige jusqu'aux genoux. Le vent violent ne l'ébranlait pas, n'ébouriffait pas ses longues plumes grises. Majestueux, mort de froid, il bravait le vent dans son fragile sarcophage de glace. Déjà des dynasties entières semblaient nous séparer. Je lui ai survécu comme le singe baragouineur a survécu au dinosaure.
Une poule d'eau chancelante traversa la glace du torrent, à petits pas feutrés et arthritiques; la démarche de l'agonie, dans toute sa drôlerie pathétique. Des bouvreuils se nourrissant de bourgeons bariolaient la blancheur des vergers. Des bécasses jaillirent des douves dans un sillage de neiges ramollies.
A une heure de l'après-midi, une pipistrelle voltigeait au-dessus du chemin creux. Elle se tortillait et plongeait comme pour attraper des insectes. Elle était bien la seule à pouvoir voler par ce froid. Peut-être avait-elle été réveillée par le soleil pour chasser en rêvant à l'été.
Les champs blancs étaient jonchés de grappes d'oiseaux; on y reconnaissait les contours rebondis des canards sauvages, des poules d'eau, des perdrix; les silhouettes plus étroites des bécasses et des pigeons; les virgules et les vermicelles qu'étaient les merles, les grives, les pinsons et les alouettes. Impossible de se cacher. Plus de problèmes pour le faucon. Sous ses yeux s'étalent des cartes géographiques noir sur blanc, craquelures sur une pellicule muette. Tout ce qui est noir et bouge est à abattre.
Le tiercelet piqua dans le vent et remonta à la crête d'une énorme vague d'oiseaux. En pénétrant au cœur de cette vague, faisant taire ses battements d'ailes, il entraîna les oiseaux dans la neige. Un ramier se laissa emporter par le faucon, balancé mollement dans le piège de sa serre, répandant des plumes rouges et de lents ruissellements de sang.


récup.

mots-clés : #ecologie #nature
par animal
le Mar 8 Mai - 20:11
 
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Sujet: J.A. Baker
Réponses: 5
Vues: 449

Ron Rash

Le monde à l’endroit

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 Proxy_35

Dans les Appalaches, ceux qui cultivent le tabac vivent pas loin de la misère, ceux qui s'y refusent partent à la dérive. Travis, 17 ans, élevé par un père qui ne cherche qu’à le mater, rejeté par le système scolaire, cache son intelligence en traînant avec ses copains, conduisant son pick-up, travaillant au magasin du coin ; il s'épanouit au contact d'une nature sauvage, et pratique la pêche comme un sacerdoce. Un jour, une bibliothécaire lui a passé  quelques livres, semant une  petite graine…

Le destin le fait rencontrer Leonard un dealer paumé, buveur de bière, tireur d’élite, qui traîne derrière lui une toxicomane et on le verrait bien partir sur un mauvais chemin, ce gamin  qui sait être alternativement réfléchi et  impulsif . Le  mobile home de Leonard est bourré de livres, son passé plutôt chargé , et il va mener peu à peu Travis sur les chemins de la connaissance et de l’estime de soi. Ils partagent une fascination répulsion sur les ravages que la guerre de Sécession a semés et qui continuent à marquer les esprits, et nous partageons leurs sentiments à travers les extraits datant de 1863 du journal d’un médecin qui l’a vécue, que Ron Rash nous livre par petits morceaux intercalés entre les chapitres.

Ca a l’air simple , comme ça, mais ça ne l’est pas . Les vieux fantômes les rattrapent, la fatalité n’a pas dit son dernier mot, la vie est un perpétuel danger

Et puis il y a la nature, une nature omniprésent et fascinante qui est le recours de chacun , dans des descriptions superbes de précision et de lumière. Elle est à elle seule un personnage, le seul personnage non torturé de ce roman bien noir. Et on se dit qu’elle est la seule gagnante.

Le temps frais donnait toujours un aspect plus net aux montagnes, comme si elles étaient découpées au ciseau dans du papier à dessin. Le paysage tel un destin. Leonard avait gardé cette formule en tête depuis des années, sont pourtant réussir à se souvenir de son contexte, ni savoir d'où elle sortait. Mais il savait ce que cela signifiait ici, le sentiment de l'enfermement, des limites humaines.


Mais c'était agréable, aussi, d’être simplement dans un pick-up qui n'allait nulle part. De ne pas avoir à faire quelque chose sinon être assis et sentir le soleil


Récup 2012

mots-clés : #nature #polar
par topocl
le Mer 25 Avr - 13:05
 
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Sujet: Ron Rash
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René Daumal

Le Mont analogue
Roman d’aventures alpines, non euclidiennes et symboliquement authentiques

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 Mont_a10

Le sous-titre dit beaucoup. Il s’agit donc d’alpinisme, d’aventures, de théories pataphysico-scientifiques, de recherche spirituelle, voire mystique. Mélanger le tout et vous obtenez Le Mont Analogue.

Plantons le décor :
Le narrateur, analysant d’anciennes mythologies, pose l’hypothèse de l’existence dans le monde d’une montagne gigantesque, encore inconnue, unissant la Terre et le Ciel, c’est le fameux mont Analogue .
Il est pris au mot par un certain Sogol (anagramme révélateur), alpiniste, ancien moine, mathématicien, inventeurs d’inventions absurdes et inutiles.

J’inventais aussitôt des appareils  ahurissants : un stylo qui bavait ou éclaboussait tous les cinq ou dix minutes, à l’usage des écrivains qui ont la plume trop facile…


Pas facile de rendre visite à l’appartement de Sobol, il faut y monter et y descendre en rappel.
Les deux compères décident de réunir une équipe de choc, tous fondus d’alpinisme mais possédant d’autres talents,  pour aller à la découverte du mont Analogue. Le passage ci-dessous se ressent d’un sentiment antiallemand (nous sommes pendant la guerre !) :

Bien qu’italien d’origine, il appartenait à une école d’alpinisme que l’on pourrait –grosso modo- appeler « l’école allemande ». On pourrait ainsi résumer la méthode de cette école : on attaque la face la plus abrupte de la montagne, par le couloir le plus pourri et le plus mitraillé par les chutes de pierre, et l’on monte vers le sommet tout droit, sans se permettre de chercher des détours plus commodes à gauche ou à droite ; en général on se fait tuer, mais, un jour ou l’autre, une cordée nationale arrive vivante à la cime.


Après de multiples calculs mathématiques, Sobol arrive à la conclusion que le mont Analogue n’a pas encore été découvert car caché dans une courbure de l’espace-temps (les théories d’Einstein sont assez récentes !). Il le situe assez précisément grâce au calcul de la répartition des masses et possède une théorie toute particulière pour y accéder.

Après une longue navigation, l’expédition aborde aux rivages du mont Analogue et découvrent un pays bien étrange… Un premier camp de base et établie mais en pénétrant plus loin… le roman s’arrête là en raison de la maladie et de la mort de l’auteur

La nuit se tassait encore autour de nous, au bas des sapins dont les cimes traçaient leur haute écriture sur le ciel déjà de perle ; puis, bas entre les troncs, des rougeurs s’allumèrent, et plusieurs d’entre nous virent s’ouvrir au ciel le bleu délavé des yeux de leurs grand-mères.


« Le Mont Analogue » est un ouvrage hétéroclite, à la fois potache, récit d’aventures, fable pré-écologique et apprentissage spirituel.

Encore faut-il que cette brave Physique mette en œuvre toute sa vieille astuce bretonne pour réunir sur ma table les éléments d’un repas ou n’entrent ni sulfate de baryte, ni gélatine, ni acide borique, ni acide sulfureux, ni aldéhyde formique, ni autres drogues de l’industrie alimentaire contemporaine. Un bon pot au feu vaut tout de même mieux qu’une philosophie menteuse.


Bien sûr, gravir le mont est se débarrasser de la technologie (les protagonistes abandonnent rapidement tout l’appareillage scientifique et technologique apporté), revenir vers la nature, retrouver des modes de pensées et des relations plus authentiques.

Le mont Analogue, c’est un peu un retour vers le Paradis perdu.
Pas étonnant que le livre ait connu un franc succès dans les années 60-70 avec le phénomène hippie et autres mouvements de nature semblable. A. Jororowsky s’est inspiré du livre pour le film « La Montagne sacrée » (pas vu).

Il faut tout de même souligner que le roman de Daumal souffre beaucoup de son inachèvement.  Je suis persuadé que l’auteur serait revenu sur certaines incohérences et maladresses. « Le Mont Analogue » aurait  été peut-être un grand livre. Nous nous consolerons en lisant aujourd’hui un « work in progress »…

Je termine par une citation plaisante :

L’expression satisfaite du docteur Beaver, chaque fois qu’il mangeait du hareng, me rendait hargneux. »


C’est un livre pour nos montagnards, églantine et Aventin  Very Happy


mots-clés : #alpinisme #aventure #nature
par ArenSor
le Mar 27 Mar - 10:43
 
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Sujet: René Daumal
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Horacio Quiroga

Contes d'amour de folie et de mort

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 Contes10


Epuisant. J'ai la sensation d'être passé par une succession d'états fiévreux et hallucinatoires; d'avoir longtemps erré par une forêt obscure et sauvage qui entendait me garder captif; ou plutôt de sortir, grelottant, d'une tourbière dans laquelle je m'étais englué.
Quelqu'un a-t-il un rhume, une écharde dans le doigt ? Ce n'est pas bon. Chez Quiroga, c'est même une condamnation à mort.
Le drame vient d'un non-dit qui corrompt, d'un trouble constitutif de l'écriture même, une frustration qui étouffe les personnages comme de l'intérieur : une fièvre qui couve lentement, infecte, et détruit sans que rien ne puisse être expliqué ni ne soit résolu.
Les hommes sont animalisés, et la compassion à leur égard est presque interdite. @Armor, tu trouves que les caractères manquent de complexité. Peut-être ! c'est une monstruosité nue qui est révélée, un dépouillement des qualités d'être humain, les personnages paraissent souvent des valeurs immuables qui participent à ce tableau de cauchemar.

Le recueil est d'une profonde unité, duquel les divers arcs se rejoignent et s'agrègent en un espace compact. Ambiguïté, hallucination, dégénération, stérilité; un peu d'espoir (bien peu).
C'est une grande écriture, sobre, essentielle. Celle de Goethe me fait penser à une sève irriguante, celle de Quiroga à un fruit décomposé. Tantôt on pressent des parentés avec Sabato, tantôt les contours de Kafka se dessinent; parfois, au-delà de la sécheresse, se modulent des accents d'un romantisme sombre (quoique sans délit de lyrisme exacerbé).

Il faut plutôt être en forme, mais je le trouve incontournable.


mots-clés : #fantastique #mort #nature #nouvelle
par Quasimodo
le Lun 26 Mar - 21:36
 
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Sujet: Horacio Quiroga
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Jean Rolin

Le traquet kurde.

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 Proxy_14

Jean Rolin a plein de cordes à son arc, et aujourd'hui il sort celle de l’ornithologue, qui pourrait fort bien lui valoir une invitation personnelle à dîner un mercredi chez Brochant .
Le traquet kurde est l’occasion pour lui cette fois de ces déambulations littéraires et voyageuses qu'il affectionne.

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 Traque10

Il nous emmène  d'abord à l'île d'Ouessant, rendez-vous des ornithologues professionnels et amateurs, dont il trace un portrait à la tendre ironie (chacun cochant scrupuleusement sur son relevé les espèces à mesure qu’observées, comme nous-même cochons les livres lus sur notre LAL). On le retrouve en Angleterre dans un portrait hallucinant des collections ornithologiques du Bristish Museum (oiseaux naturalisés, oeufs et poux d'oiseaux) et d'où il évoque certains ornithologues britanniques "célèbres" du XIXèle siècle, le peu sympathique Meinertzhagen , tout à la fois voleur et mythomane, et d'autres encore plus obscure et moins "séduisants". Puis le voila parti en Irak et Turquie, à quelques kilomètres des combats de Mossoul, où il est assez curieux de le voir, avec son humour feutré habituel, traquer le traquet, mais aussi le bruant mélanocéphale, l'iranie à gorge blanche ou la sitelle de Neumayer, toutes appellations aussi poétiques que scientifiques dont il se délecte manifestement.

C'est assez fouillis, plutôt superficiel , les habituelles digressions tournent plutôt à la dispersion et je n'aurais sans doute guère goûté l'exercice si je n'avais pas eu un faible personnel pour l'auteur.


mots-clés : #nature
par topocl
le Sam 24 Mar - 18:18
 
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Sujet: Jean Rolin
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Olivier Pinalie

Chronique d'un Jardin Solidaire

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 51in-c10

C'est un jardin collectif qui tient plus du jardin d'agrément que du potager, où chacun peut cependant planter ce qui lui chante. Notre projet est autant esthétique que politique, mais il y est plus question d'agitation que d'ordre.


Parce qu'il est un urbain libertaire qui a toujours aimé les jardins, un beau jour de mai 2000, Olivier Pinalie investit un terrain vague de 3000 mètres carrés du 20ème arrondissement de Paris, tout seul et sans autorisation, pour en faire un « jardin solidaire », par ce que « on ne peut pas partager que la misère ».

Il rencontre  beaucoup de scepticisme, éveille  quelques curiosités, rencontre quelques sympathisants.
Peu à peu, des volontaires le rejoignent, et au fil des mois, avec quelques brouettes et beaucoup d'enthousiasme, les gravats s'évacuent, pour laisser place à des plantations joyeusement sa inorganisée. Certains donnent de leur temps, d'autres offrent des arbres ou des bulbes à planter, quelqu'un propose sa canalisation d'eau.

Les enfants du quartier viennent rendre visite, les squatters voisins commencent à s'apprivoiser, et, opiniâtre, d'enthousiasme en événements, la petite équipe arrive  transformer ce lieu inhospitalier en un espace collectif, autonome, ouvert à tous, dont l'esprit de base est la liberté.

Pas si simple face aux voisins réticents,  aux flics insistants et au maire méprisant, mais cahin-caha, drainant peu à peu visiteurs et jardinier amateurs, récupérant quelques subventions, ce lieu va devenir le centre d'un quartier populaire, multiculturel, oublié, jusqu'à ce qu'il soit récupéré par la mairie pour la construction d'un gymnase.

C'est un petit bouquin absolument épatant, présenté sous forme de journal, optimiste malgré chaque final, qui montre comment on peut réussir, créer une niche urbaine dans un monde capitaliste et rejetant,  des plantes, faire rencontre des populations qui ne se connaissent pas, « rendre au désir un territoire qui lui soit propre".


mots-clés : #nature #politique #social
par topocl
le Mar 6 Mar - 17:02
 
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Sujet: Olivier Pinalie
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Peter Wohlleben

@topocl a écrit:La vie secrète des arbres,
ce qu'ils ressentent,
comment ils communiquent


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Cet ouvrage est  un best-seller, pas étonnant, car on y apprend des choses renversantes sur les arbres, qu'on ne pourra plus jamais considérer comme un tronc et quelques feuilles, et les forêts, vivier collectif hautement élaboré.
C'est très instructif, plein de choses inattendues et qui bousculent nos préjugés.
Cela n'en reste pas moins assez bavard, assez brouillon, assez répétitif, et le petit côté anthropomorphe gnangnan qui m'a irritée explique sans doute une partie de son succès.

( savoir )
mots-clés : #ecologie #nature

Alors ça correspond à ce que j'ai ressenti avec le film .
par églantine
le Dim 4 Mar - 19:32
 
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Sujet: Peter Wohlleben
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Peter Wohlleben

La vie secrète des arbres,
ce qu'ils ressentent,
comment ils communiquent


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Cet ouvrage est  un best-seller, pas étonnant, car on y apprend des choses renversantes sur les arbres, qu'on ne pourra plus jamais considérer comme un tronc et quelques feuilles, et les forêts, vivier collectif hautement élaboré.
C'est très instructif, plein de choses inattendues et qui bousculent nos préjugés.
Cela n'en reste pas moins assez bavard, assez brouillon, assez répétitif, et le petit côté anthropomorphe gnangnan qui m'a irritée explique sans doute une partie de son succès.
Il serait dommage que ces réserves fassent reculer devant la lecture de ce livre rapide à lire, qui raconte un certain nombre de choses passionnantes, et ne peut que nous ouvrir l'esprit, l'envie de découverte, et les chemins forestiers.

( savoir )
mots-clés : #ecologie #nature #science
par topocl
le Dim 4 Mar - 17:36
 
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Sujet: Peter Wohlleben
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Thomas Vinau

Ici, ça va

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 Iciya_10


Pour échapper à un quotidien stressant, un couple trouve refuge au milieu des herbes folles, dans les ruines d'une maison familiale. Lui reconstruit, elle jardine. Et tandis que les blessures du passé surgissent entre les fissures des pierres, chacun se reconquiert, redécouvrant le goût de la vie et le chemin lumineux qui conduit à l'autre...

Quatrième de couverture

On ne sait rien, au début de la lecture, de ce qui a amené ce jeune couple à venir revivre dans cette petite maison. Nous allons le découvrir, petit à petit, par petites touches.
C'est une renaissance par un changement de mode de vie.

Nous en étions presque réduits à devenir des voisins avec ses horaires compliqués, ses cours de peinture le soir. Mon travail de la journée. Je passais plus de temps avec la télévision qu'avec elle. Quand elle arrivait, j'étais déjà fermé,vide. Je n'avais rien à partager.Ici nous pouvons ne pas échanger un seul mot de tout l'après-midi, et pourtant , nous partageons. Nous sommes reliés par un regard, un bruit, un sourire. Nous sommes ensemble. Nous pouvons dès lors savourer nos silences.

La vie s'écoule au fil des saisons, du rythme de la nature, des rencontres...On se coupe du monde pour mieux se reconstruire. Mais, Thomas Vinau raconte cet apprentissage avec beaucoup de poésie, il y a des petits bonheurs...

Aujourd'hui, je veux faire attention à ce que je vois. a ce que je touche. A ce que je goûte. aux variations de la lumière. aux odeurs. Aux mots. Tout à l'heure je suis allé à la pharmacie du village. Les enfants sortaient de l'école. Leurs cris remplissaient tout l'espace. Tout le ciel. Devant moi une petite fille racontait l'histoire d'un lapin à lunettes qui ne veut pas aller se coucher. Je ne suis pas entré dans la pharmacie. Je les ai suivis tranquillement jusqu'à la fin de l'histoire. Du coup je me suis retrové à la boulangerie. J'y ai acheté des tartes au citron. Ema adore les tartes au citron.


Et il y a les souvenirs qui reviennent un par un et
Spoiler:
la rencontre avec ce père disparu trop tôt.



Ce petit livre m'est tombé dans les mains au bon moment, je dirais. J'ai été très sensible à sa poésie, ses "petites choses" décrites. La vie simple loin de nos sociétés endiablées. Les références musicales et littéraires m'ont aussi parlé. Tout est dans la subtilité de l'écriture. Certains aimeront, d'autres pas...Peu importe, j'ai aimé pour dix !



mots-clés : #nature #viequotidienne
par kashmir
le Mer 28 Fév - 11:43
 
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Bernard Ollivier

Marche et invente ta vie, 2015

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 Marche10

Ce récit, ce recueil de témoignages est tout bonnement génial ! Il y a beaucoup d'humilité dans cet ouvrage, que ça soit de Bernard Ollivier ou des jeunes qui racontent leurs marches.
L'idée de marcher au long cours pour permettre à ses jeunes de reprendre leurs vies en main est fantastique, c'est assez "simple" et visiblement ça porte ses fruits. Même si, comme précisé plusieurs fois dans l'ouvrage, toutes les marches ne se sont pas faites jusqu'au bout, elles ont toutes apportées au moins un petit quelque chose aux jeunes. Certaines ont réellement permis aux jeunes de repartir sur de bonnes bases.
C'est un livre et une démarche humaine, réaliste, altruiste. Je vous encourage vivement à le découvrir, à le partager, ça redonne foi en l'humanité, ça montre aussi les limites de nos institutions (et leurs failles). Personnellement je n'avais jamais entendu parler de cette association et je ne pensais pas que cela existait (il en existe plusieurs, évidemment). Excellente découverte que ces petits récits de voyage "utiles" (tout voyage étant utile, nous sommes d'accord, mais là... un chouille plus quand même).
Olivia a écrit:« On peut sauver des vies en étant pompier, infirmier, flic. Moi j'ai décidé de sauver ma vie en marchant ».


mots-clés : #nature #social
par Silveradow
le Mer 21 Fév - 12:40
 
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Sujet: Bernard Ollivier
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Edward Abbey

Seuls sont les indomptés

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 Images88

Jack Burns est un "indompté". En plein XXème siècle, il vit comme un cow-boy de légende. Sa seule amie est sa jument farouche, il n'a d'autre domicile que les grands espaces de l'Ouest. Il vit en immersion dans la nature sauvage, loin de toute contrainte. Nul n'a entendu parler de lui depuis un an, mais quand il apprend que son ami Paul, ayant refusé la conscription, se retrouve en prison, il revient vers la ville et ses hommes asservis, et se fait emprisonner pour l'aider à s'évader. Mais pour Paul, le cérébral, le prudent, la liberté est ailleurs: c’est la liberté de choisir, et d'exprimer ce choix par l'acceptation-même de son emprisonnement. Jack s'évade donc seul et il s'ensuit une géante chasse à l'homme, totalement disproportionnée, dans les montagnes sauvages où il s'est réfugié.

Edward Abbey, autre indompté, nous offre dans ce western des temps moderne, un récit tout à la fois mélancolique et lyrique, dans sa sobriété et sa soif d'absolu. Dans un style musical, où les adjectifs sont comme des notes sur la portée, il raconte cet homme unique, et son lien avec une nature libre et magnifique, même quand le prix à payer sont les pièges et l'hostilité. Il prend son temps , note chaque détail de l'action et du paysage, dans une vigilance égale à celle de son héros, que seule une attention de tous les instants peut sauver dans cet univers menaçant.
Dans l’opposition des deux amis, dans les hésitations du juge et du shérif, il nous offre une réflexion sur la liberté, qui est multiple et singulière pour chacun.




mots-clés : #amitié #aventure #captivite #nature
par topocl
le Mar 6 Fév - 19:40
 
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Jean Giono

Les récits de la demi-brigade

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 Demi_b10
Nouvelles, écrites entre 1955 et 1965, parues post-mortem en 1972. 175 pages à peu près.



À quoi pourrait ressembler un polar si Giono s'y essayait ?

Six nouvelles, narrées au "je" par Martial Langlois, personnage bien connu de ceux qui ont lu "Un roi sans divertissement".
Martial Langlois est un vétéran des guerres napoléoniennes, Capitaine de la Demi-Brigade de Gendarmerie de Saint-Pons (dans les actuelles Alpes de Haute-Provence) sous la Restauration (1814-1830).
Ce n'est pas le seul personnage que Giono utilise à nouveau, on retrouve (avec joie) Laurent de Théus et sa jeune et jolie marquise d'épouse, du "Hussard sur le toit".

Quelques autres personnages traversent ces nouvelles - Marinette, l'indic' qui n'en dit pas trop, Pourcieux le colporteur, Achille, le Colonel de Gendarmerie d'Aix, supérieur hiérarchique de Langlois et ancien compagnon d'armes des campagnes napoléoniennes (et aussi de captivité).
Langlois dit "vous" à Achille dans certaines nouvelles, mais "tu" dans d'autres (témoignage des différentes époques d'écriture, sans doute).  

C'est Giono lui-même qui a choisi l'ordre de parution, qui ne correspond pas à l'ordre chronologique d'écriture.
Publication post-mortem n'équivaut pas, là, à fond de tiroir d'écrivain, ce livre était prêt pour le bon-à-tirer. Au reste ces nouvelles avaient déjà paru, séparément, pour la quasi-totalité d'entre elles.
À l'exception du "Bal", qui se passe en pleine canicule de fin juillet, toutes se déroulent l'hiver; le surcroît de souffle glacé ainsi suggéré sied élégamment au propos.

En voici la liste:

- Noël (écrite en 1960, une vingtaine de pages): Narre l'histoire dans usurier qui part, le soir de Noël en diligence sous la neige, après un dîner copieux et arrosé, extirper les fonds d'une famille qui est sa débitrice; la garde de la diligence est assurée par le Capitaine Langlois en personne...
Nos bois sont des taillis de chênes blancs un peu plus hauts qu'un homme. Il restait encore assez de clarté sur la route, mais ces arbres gardent leurs feuilles sèches et rousses tout l'hiver jusqu'au printemps où la feuille neuve fait tomber la morte, et ces vastes étendues craquantes, remuées par le vent, faisaient un bruit assourdissant. Je redoublai d'attention. Je demandai par gestes à Adrien des nouvelles de ses pistolets; il me fit voir qu'ils étaient à côté de lui, sur le siège. Nous continuâmes à monter à travers bois.  


- Une histoire d'amour (écrite en 1961, vingt-deux pages): Une enquête, sur décor hivernal et surtout sur trame de complot contre l'État (les "verdets"). Mais aussi sûrement une forme d'amour impossible, figurée en hommage discret, amour avec mort entreposée et timidité se parant d'injures et de violence. Une fresque étrange.
Le petit frappe des talons et s'échappe. C'est lui qui monte la bête de race. Je m'élance à sa poursuite en poussant plus vite César avec mes nerfs qu'avec ma tête et il s'en faut de peu que je me la fracasse contre une branche. J'entends les carabines qui continuent à claquer. Je n'ai pas perdu dix mètres au départ: le petit verdet est devant moi et pique vers le large.
Il ne me faut pas plus d'une minute pour que je sois très heureux (et César aussi): le cheval du petit verdet est une merveille ! Et il est monté comme par un Dieu. Son cavalier est presque couché sur lui, le cul décollé de la selle, menant tout son train par les jarrets et les genoux; la bête s'allonge comme un serpent; elle touche terre à peine ce qu'il faut; c'est de l'huile qui coule au ras des taillis noirs, dans un orage de feuilles arrachées.    


- Le bal (écrite en 1962, vingt-quatre pages): Encore une enquête sur arrière-plan de complot royaliste-légitimiste contre la Restauration, version Orléanistes. Ou comment faire pour prendre à leur propre jeu ceux qui comptent bien sur la présence de Langlois à ce bal et non sur le terrain...
Le territoire dont j'ai la surveillance va de Saint-Maximin à Châteauneuf-le-Rouge et des confins de la Sainte-Baume jusque dans les bois profonds de la Gardiole, de la Séouve et du Sambuc, où l'on a pris soin de ne pas délimiter exactement mes frontières. Rien que sur le parcours de la grand-route, j'ai des espions dans cinq auberges. Demi-espions ou même quarts ou huitièmes, qui mangent à divers râteliers...mais à qui j'ai su inspirer assez de sainte frousse pour être sûr de ce qu'ils donnent en échange de rien du tout; un œil fermé, de temps à autre, quand il ne s'agit pas d'affaires d'État. On m'aime dans trois cabanes de bûcherons sur dix, ce qui est une excellente proportion, car dans les sept autres on me hait, et la haine ne fait pas de cocus, on peut s'y fier.


- La mission (écrite en 1963, vingt-cinq pages): Langlois, en train de filer quelque(s) complotiste(s)-conspirationniste(s), se fait tirer dessus de près. Mais son cheval, un humble cheval de poste qui n'est a priori pas du tout préparé ni dressé aux astuces suprêmes de la cavalerie de combat, effectue une volte savante et le coup manque...
Je connaissais la maison Pical pour l'avoir fréquentée à l'époque où le Gévaudan était mis à sac par la bande à Tricon dite des Pelauds. J'avais patrouillé dans les montagnes jusqu'à la fameuse bataille de Saint-Julien-des-Points, à l'issue de laquelle les quatre Pelauds (les chefs) avaient été fusillés, attachés à des échelles. La maison Pical n'était pas très catholique, loin de là. On pouvait à l'époque y trouver tout ce qu'on voulait sauf un brave homme. J'espérais qu'elle avait gardé ces bons principes. 


- La belle hôtesse (écrite en 1965, trente-deux pages): Une enquête des plus bizarres, ou l'adversaire de Langlois ne se rencontre jamais. Jamais, est-on bien sûr ?
Le coup de feu ne cadrait pas avec tout ce qui s'était passé jusqu'ici. Plus je regardais le bonhomme, plus je me mettais dans la tête que c'était une sorte de franc-tireur. Que faisait-il dans les bois en pantalons à sous-pieds, et, Dieu me damne, en escarpins (je venais de le remarquer). Son arme était un fusil à deux coups damasquiné. Enfin, c'était un brigand de luxe. À moins qu'il ne s'agisse pas d'un brigand. Alors, c'était quoi ? Les bourgeois n'ont pas l'habitude de grimper dans les arbres pour fusiller les passants; ils ont d'autres moyens quand ils leur en veulent. Et des passants ? Qui pourrait s'imaginer qu'il y en aurait dans ce coin de forêt sans route ni sentier où moi-même je ne me trouvais que par hasard ? Tout ça s'emmanchait mal. Il y avait quelque part quelqu'un qui se foutait de moi.



- L'Écossais ou la fin des héros  (écrite en 1955, une cinquantaine de pages divisées en sept chapitres): Un fil ténu d'indice improbable amène Langlois dans un hameau, où un rendez-vous sur mesure était préparé par les responsables de meurtres et de diligences dévalisées...
Je vis tout de suite son amazone de beau drap gris, un visage en fer de lance, un regard paisible. On croit tout prévoir, on ne prévoit jamais rien.
La femme qui m'avait ouvert était une de ces vieilles louves de Barjaude. Elle arborait, de façon fort méprisante pour moi, cent ans de contrebandes de toutes sortes. La jeune femme, par contre, avait une mise très élégante (notamment une palatine qui valait sûrement une fortune) une grâce et une beauté dignes des salons les plus dorés, et elle était, comme on dit, bien honnête.
Elle me salua gracieusement. Sa voix n'avait pas encore tout à fait mué (je donnais à peine vingt ans à cette charmante personne) et contenait néanmoins ce à quoi les hommes un peu rudes ne résistent guère: les tendres sons de gorge des femmes faites.


Pourquoi est-ce que je ne reviens sans cesse à ces nouvelles, je n'en sais rien. C'est un livre lu et relu, pourtant j'y trouve à chaque fois quelque chose que je n'avais pas repéré.

Justes quelques brefs propos généraux:
Si vous sortez de livres de Giono plutôt lyriques et foisonnants, ces nouvelles vont vous dérouter, par leur concision dépouillée d'une part (il n'y a rien de très "ornemental"), leur construction d'autre part, et jusqu'aux dénouements, qui n'en sont parfois pas tout à fait...

Les ressorts psychologiques ainsi que le non-dit intéressent Giono -et son héros- au plus haut point, et là, c'est bonheur de lecture.
Langlois est un personnage certes un peu "revenu de tout", relativiste, toutefois il incarne l'exemplarité dans l'exercice de sa profession, et aime tutoyer le danger mais pas "bêtement" (il le dit lui-même).

Une dose d'humour un peu particulier affleure de ces pages, parfaitement digestes.
Et bien sûr -mais vous n'en doutiez pas- quand Giono se met à camper, par exemples et entre mille, un col des Cévennes, un parcours de diligence de nuit, de décrire des chevaux, le temps qu'il fait ou des âmes humaines, ça vaut son pesant de succulences.

C'est aussi un livre équestre, je ne sais si dans le foisonnement d'études consacrées à Giono quelqu'un a songé à publier un truc comme "Giono et les chevaux" ?
La volte espagnole ou le trot hongrois allongé vous parlent-ils sans avoir besoin de votre moteur de recherche (ce qui n'est pas mon cas !) ?

Il y a beaucoup de hauteur, beaucoup de noblesse, en actes et en sentiments.  
Ces altitudes, plutôt dénuées d'emphase ou de préciosité, concourent à la qualité de ce libre galop de nouvelliste, encore un Giono à recommander, on s'étonne qu'il soit resté dans l'ombre de ses romans-phares, je demeure tout enthousiasme et vivacité d'appétit après l'avoir si souvent chevauché !







ferré, bridé, harnaché et attelé au sortir d'une énième nouvelle lecture depuis un message remisé à l'écurie, sur [i]Parfum du 28 mai 2014.[/i]


mots-clés : #nature #nouvelle
par Aventin
le Sam 27 Jan - 8:56
 
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Sujet: Jean Giono
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Regina Ullmann

La Route de Campagne

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 41qtvq10


J'imagine très bien cette femme prendre le premier train venu, descendre n'importe où pourvu que ce soit dans la campagne. Marcher dans l'herbe à grandes enjambées, l'air affairé de la chose la plus importante qui soit, se ressourcer. Les diverses palpitations de la nature animent ses récits, par petites mais multiples bouffées d'air frais. Les personnages sont autant d'éléments de cette nature, de cette respiration au milieu de leur train quotidien de leurs jeux, de leurs hésitations ou de leur agonie.

Ça devient plus compliqué de la suivre quand elle est plus narrative, mais sur de petits épisodes, Regina Ullmann arrive à enchanter son monde, à la manière de prose très vivantes qui ont fait l'admiration de Rilke et Musil. Celle qui a d'abord été exclue du monde intellectuel en étant envoyée dans des écoles spécialisées (on la pensait "attardée") parvient à décortiquer des choses minuscules et transfigurer les choses en poésie ou en musique de façon tout à fait étonnante.

"Et puis, avec un entrain volubile, nous couvrîmes le fond de la petite voiture de feuilles. Et il y eut une fraise dedans, et encore une, et bientôt ce fut plus que rouge. Et quand nous fûmes fatiguées et que nous ne faisions plus rien, recroquevillées comme des petits lapins, c'était aussi la fin de l'après-midi dans le monde extérieur. La rue était plus claire dans le soir. Chaque porte était une bouche, chaque fenêtre un visage, et tout d'un coup les jardins nous semblèrent tous ouverts."


mots-clés : #nature #nouvelle
par Dreep
le Sam 13 Jan - 17:11
 
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Sujet: Regina Ullmann
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Henrietta Rose-Innes

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 3 L_homm10

L'Homme au lion

Stan revient au Cap au chevet de son ami d'adolescence Mark, grièvement blessé par un lion dont il avait la charge au zoo. Marqué par les souvenirs et les traces de son propre passé qui semble lui échapper, il remplace Mark comme gardien du zoo auprès de la lionne Sekhmet, dernière de son espèce après que le lion ait été abattu.

Ce roman d'Henrietta Rose-Innes m'a beaucoup touché par sa sensibilité, sa délicatesse et son attention aux personnages. La situation complexe et déstabilisante de la ville du Cap, entre l'urbanisation et la nature sauvage, apparait comme le miroir d'un trouble plus vaste et plus ample qui s'enracine dans l'histoire. L'Homme au lion est le récit d'une confrontation nécessaire face à des doutes et des cauchemars, afin d'envisager enfin un apaisement.


mots-clés : #amitié #nature #social
par Avadoro
le Ven 12 Jan - 18:10
 
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Sujet: Henrietta Rose-Innes
Réponses: 4
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