Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Dim 8 Déc - 14:22

129 résultats trouvés pour nature

Joseph Conrad

Le flibustier
Titre original: The Rover.
Roman, écrit en 1922, publié en 1923, 275 pages environ.
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Huile sur carton d'Élie Bernadac

Le dernier roman de Conrad, correspondant sans doute à son vieux projet caressé, au moins depuis 1902, d'un roman qui fût méditerranéen et napoléonien. Pour l'anecdote, son premier titre en traduction française fut "Le frère-de-la-côte", titre validé par Conrad, au cas où vous tomberiez sur une très ancienne édition.

Les nombreux amateurs de Conrad de ce forum le savent, le "on-dit" en vigueur prétend que le meilleur de Conrad fut écrit avant 1910, et je me rends tout à fait à cette opinion.

Du coup, les ouvrages postérieurs à 1910 sont parfois un peu laissés dans l'ombre.
On peut avoir quelques bonnes surprises, comme avec Le flibustier, que j'ai trouvé très plaisant, émouvant, et plutôt profond, riche en matière.

La note de postface précise que l'édition originale est truffée de gallicismes, et pas mal de mots, voire de phrases en français y figurent, ce qui doit être un peu crevant pour qui le lit en anglais: quant à rendre ces gallicismes...en français, les traducteurs ont dû s'en voir de belles, ça doit être à peu près impossible.

L'histoire ? Sans trop déflorer, ce livre fait, je crois, partie de ceux dans lesquels il faut entrer sans trop savoir ce qu'il y aura après la page de garde:
Un vieux coureur de mers, Peyrol, au passé plus que trouble, débarque à Marseille à bord d'un bateau pris à l'ennemi anglais, pendant la révolution française. Au lieu d'être accueilli en héros, il l'est fraîchement, les autorités se montrent soupçonneuses. Il part alors se faire oublier dans sa campagne natale, une presqu'île proche de Toulon, isolée par un marais...

Le rythme est un peu languide, il y a une touffeur toute méditerranéenne et estivale dans ces pages.
Le déroulé a une ou deux phases de confusion, curieux cela chez Conrad.
Les caractères sont lentement peints, et c'est très bien fait -toujours un peu contradictoires, les personnages Conradiens- peut-être quelques personnages, pourtant pas loin de compter parmi les principaux (Réal, Scevola, Michel, etc...) auraient mérité un traitement plus fouillé.   

Une part d'autobiographie aussi, comme un retour (c'est là que Conrad débuta dans le métier de marin).
Le sort de la tartane, le sort de Peyrol, le sort de Conrad au soir de sa vie alors qu'il l'écrivait, tout ceci densifie ces pages, pourtant jamais empesées, même en cas de situations figées (observations, guet, etc...).

Le regard extérieur ("anglais", ou Conradien ?) sur la violence aveugle du lieu et de l'époque, couplé à la dimension historique (révolution française puis époque napoléonienne) servent particulièrement bien le rendu romanesque.

Les descriptions côtières, marines et de navigation sont un pur régal, servi par un virtuose (mais ça, vous vous en doutiez).
Et le final est époustouflant.

Bref: un Conrad assez original, qui m'a bien accroché...


mots-clés : #nature #revolution
par Aventin
le Ven 17 Mar - 22:24
 
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Sujet: Joseph Conrad
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Richard Adams

Watership Down.

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C'est une histoire que Richard Adams a inventée puis enrichie au fil des jours pour ses filles, et que celles-ci l'ont poussé à publier. Comme dans toute histoire de ce genre, le manuscrit a été refusé par un certain nombre d'éditeurs avant de connaître un succès international avec plus d'un million d'exemplaires vendus. Cela  a permis à Richard Adams de quitter son poste de ministre de l'environnement et de se consacrer à l'écriture.

Un groupe de lapins abandonne sa colonie, menacée par des promoteurs immobiliers. S'ensuit une longue déambulation à la recherche d'un nouvel emplacement pour  loger sa garenne, avec tout ce qu'il faut de péripéties :  poursuite par les anciens, intempéries, territoires hostiles, prédateurs animaux ou humains… Ils finissent par s'installer à Watership Down, lieu idéal, où ils réalisent enfin que, entre mâles, ils ne vont pas aller bien loin… Il décident de se tourner vers une garenne voisine, qui s'avère un effroyable régime totalitaire. Et c'est reparti : espionnage, infiltration, ruses, combats…

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On s'attache très vite aux "personnages" , qui comme il se doit dans ce genre littéraire, sont assez archétypaux :Hazel le chef bon et courageux, son frère Fyzeer vaguement devin dont les prédictions vont mener la trompe, Bigwig le rageux combatif, Pipkin le gentil timide etc... On apprend plein de choses sur les lapins car, s'ils sont doués de la parole,  il s'agit bien de vrais lapins et non pas comme  dans Beatrix Potter d'images de l'homme passant le balai et portant culotte.  C'est tout à fait moral : la   solidarité, l'amitié, la persévérance, l'honnêteté finissent par l'emporter.

Cela se lit avec d'autant plus de sérénité qu'on sait très bien que tout finira bien. Dans le genre littérature convenant aussi bien aux adultes qu'aux enfants,ce récit ne vaut ni  Le seigneur des anneaux, ni l’Iliade et l'Odyssée, dont il n'a pas les mêmes prétentions littéraires, malgré de belles descriptions de nature sauvage anglaise. L'aspect épopée animalière l'emporte nettement sur le fable politique. Mais c'est tout à fait drôle et choupi, sympathique et agréable à lire.

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mots-clés : #contemythe #nature
par topocl
le Ven 17 Fév - 9:13
 
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Sujet: Richard Adams
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David Vann

Désolations

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Deuxième livre que je lis de cet auteur après Sukkwan Island et seconde fois où je prends un plaisir certain grâce à David Vann. En Alaska nous suivons les réflexions et les moments cruciaux d'une famille et de leurs conjoints. Inutile d'en dire plus il ne faut pas dévoiler l'évolution du récit.
Roman chorale en contraste avec Sukkwan Island qui était en quelque sorte un huis clos à ciel ouvert, nous assistons avec une certaine distance à des situations et des pensées complexes de personnages qui en viennent à devoir faire des choix décisifs. Toujours avec un style simple et efficace David Vann a réussi à me plonger dans cette histoire, à me décrire la complexité de la psychologie de chaque personnage qui ont tous une importance fondamentale. On les plaint, on les soutient, on les condamne et tout ceci spontanément sans vraiment parvenir à un jugement définitif ou à un avis arrêté. J'ai pensé aux Corrections de Franzen car il existe aussi ici une certaine approche sociologique qui est très intéressante. Une certaine critique de la classe aisée, une critique du rapport à la nature, une critique du rapport à l'argent également. Tout ceci ponctué par des descriptions agréables des paysages de l'Alaska. Une vraie réussite.


mots-clés : #nature #famille
par Hanta
le Ven 10 Fév - 23:55
 
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Sujet: David Vann
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Sylvain Tesson

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Dans les forêts de Sibérie


CONTENU:
Rêve longtemps chérie de Sylvain Tesson que de chercher l’écart pour voir si on arrivait à se supporter soi-même et si on a une vie intérieure. Et je pense bien que c’est un rêve partagée, sinon comment expliquer un certain succès de ce livre ? N’y-a-t-il pas chez beaucoup un désir de révolte face au rouleau compresseur par les impressions nombreuses et quotidiennes avec les médias et le bruit de ce monde nous étourdissent ? C’est la première fois que ce grand voyageur un peu spéciale, et escaladeur de cathédrales et autres monuments, cherche une forme d’existence, d’aventure plus liée à une certaine stabilité, pour ainsi dire une aventure sédentaire. Donc, il acquit une baraque au bord du Baïkal, le plus grand reservoir d’eau douce au monde. Bien muni de livres, d’outils, de cigares et avant tout de Vodka, il y vécut de Fèvrier au Juillet 2010 et expérimenta soi-même et le monde autrement : une autre relation au temps, à l’efficacité, à l’existence gratuite au milieu d’une nature apparemment sans limites.

REMARQUES:
Un perspectif qui a de quoi m’enchanter mais que je n’arrive à réaliser très approximativement. Mais après quelques expériences de lecture de Tesson dans le passé je m’approchais de ce livre avec des sentiments mélangés.

Comme déjà vu dans le passé, l’auteur trouve un langage souvent très poètique, et aussi des expressions (voir des « formules ») très à propos face au vécu. Pas étonnant que le livre fût bien accueilli. Alors ma propre attitude sceptique ne devrait pas empêcher d’autres de la lecture : Vous pourriez passer à coté d’un livre vous reservant quelques découvertes et possibilités d’élargir l’horizon. Mais en ce qui me concerne je restais et reste sceptique. Je m’explique un peu :

- la solitude tant chantée par Tesson n’est pas forcement à mettre en égal avec isolement. Par ailleurs : est-ce qu’il a vécu uniquemment dans cette solitude qu’il théorise si souvent ? Avec un sourire on verra combien de fois(pratiquemment chaque semaine?) il reçoit de la visite ou s’en va visiter des voisins ou la ville (une fois)

- eh bien : la simplicité, aussi bien tant chantée, n’est pas si évident non plus : Tesson arrive avec un camion de provisions, donc de « sécurité », des boîtes de cigares, de vodka, un panneau solaire et un ordinateur etc. Est-ce qu’avec ces et ses sécurités il arrive vraiment de s’approcher de cette autre simplicité, pas choisie, des habitants ? Et oublions le billet d’avion de retour, une fois l’aventure terminée (comme quelqu’un remarqua justement)...

- dans d’autres ouvrages, reservés aux voyages, il se désignait volontiers comme le « Wanderer ». En parallèle on trouve ici l'auto-portrait et l'ideal dans « l'ermite » (dans la troisième personne singulier!). Est-ce qu'il suffit pour ce faire de vivre comme il le décrit ? Il prend des comparaisons avec des grandes figures de l'érémitisme : les pères du désert, en Russie par exemple spécialement un Saint Séraphim de Sarov. Mais est-ce qu'on peut vraiment le mettre dans cette parenté et dans le même panier ? Au moins difficilement. Car leurs vies ne consistaient justement pas dans une pure fuite du monde (si soulignée par l'auteur), une seule recherche d'isolement, mais contenait une recherche de proximité de Dieu, d'une communion donc. Si on peut le comprendre ou non.

- plusieurs fois Tesson tombe dans la tentation (propre à un certain type d'aventurier?) de juger les autres, voir de les mépriser. Alors on juge ce dans quoi on est soi-même plus ou moins consciemment impliqué : une appartenance au monde. Il se construit un image de supériorité. Ainsi par exemple il juge les chasseurs, mais il mange ses saucisses des conserves... Il parle de la nature intouchée... et jette ses bouteilles de vodka etc. Dans certains passages - sans néanmoins atteindre la même amertume, ici bien remplacée par une poèsie – il me rappelait Mariusz Wilk, un autre réfugié du monde, ayant l'inclination de juger, voir dénoncer.

Bref, c'est terrible : j'aimerais tant être plus positif sur ce livre qui contient des bribes justes et désirées par beaucoup d'entre nous, mais cela m'est difficile de ne pas être et rester sceptique. C'est dommâge quelque part, mais ce trop de pathos me rendait la lecture peu agréable et j'arrêtais en cours de route...

Mais ne vous laisser pas trop influencer et jugez vous-mêmes.


mots-clés : #nature
par tom léo
le Lun 6 Fév - 17:46
 
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Sujet: Sylvain Tesson
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Annie Proulx


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C'est très bien comme ça

Livre de nouvelles (9)


A travers ces histoires c'est une déclaration d'amour que fait l'auteure au Wyoming et à ses habitants. Elle nous montre la beauté et l'âpreté de cette région. On comprend son intérêt pour les désordres climatiques , l'attention qu'elle porte aux vulnérables , aux malchanceux  ; l'importance de la famille.

Pour une belle photo, par un terrible hiver, par une plante macrophage, un pas mal assuré, une ruade de cheval, une porte mal fermée ; la mort fait sa cueillette.

Le Wyoming, une force de la Nature, le Diable l'a compris qui y a élu domicile.


Il y a de l'humour, de l'empathie dans son écriture flamboyante mais surtout un réalisme envoutant.

c'était une très bonne rencontre avec cette auteure.


Extraits :

Elle croyait que le désir sexuel s'affaiblissait avec l'âge, or les vieilles biques rivalisaient pour les faveurs de paralytiques aux bras tremblotants. Les hommes, eux, avaient l'embarras du choix entre l'informes robes d'intérieur et des squelettes aux toilettes fleuries."

"A l'époque où il tentait de se faire élire à l'assemblée législative avec ses idées révolutionnaires, un vieux propriétaire de ranch fort respecté l'avait pris à part et lui avait dit, en soulignant chaque mot , qu'il n'y avait rien à changer au Wyoming : c'était très bien comme ça. Peu à peu il comprit la vérité de cette affirmation."

"Vers midi, la piste se perdit dans une véritable explosion de fleurs sauvages - ancolies, penstémons, clarkies, mourons, castillèles. Cette prairie alpestre et les quelques banquettes de neige encastrées dans les fentes des pentes exposées au nord charmèrent Catlin qui regarda le petit lac qu'elle surplombait."

"Mizpah Fur, le coeur brisé, et souffrant de sa solitude, fixa alors son attention sur une chose inanimée, un massif d'armoise qui au crépuscule penait l'apparence d'un enfant tendant les mains en l'air pitoyablement comme s'il demandait à être soulevé du sol."
Mizpah l'entoura en son milieu d'une bande d'étoffe rouge et elle ressembla plus que jamais à un enfant aux bras tendu vers le ciel."


mots-clés : #nouvelle #nature
par Bédoulène
le Sam 4 Fév - 0:23
 
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Sujet: Annie Proulx
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Patrick Chamoiseau

L'Esclave vieil homme et le molosse

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Venant de relire ce roman (récit plutôt ?), racheté par oubli de l’avoir déjà lu, il me servira d’introduction à l’œuvre d’un auteur dont je peux affirmer sans gros risque de me tromper qu’il est un des plus grands écrivains francophones de notre époque. Son écriture, d’une forte originalité mais puissamment enracinée dans l’héritage créole (oralité, merveilleux), le place dans la lignée de Rabelais (dixit Milan Kundera ‒ il semble que les deux auteurs se fréquentent) ; elle participe beaucoup de ses racines, l’antan, mais s’engage résolument dans une invention créatrice forte.
Sa prose lyrique de « Marqueur de paroles » est truffée d’heureux créolismes qui n’entravent pas la lecture, surtout si on a le français désuet en mémoire, à défaut des créoles issus du français ; je conseille cependant de recourir à un dictionnaire de martiniquais, comme Potomitan, pour en tirer tout le jus.
Mon coup de cœur initial a été Texaco ; je recommande aussi ses textes sur l’enfance.

Cet ouvrage relativement bref, rythmé en sept cadences, porte sur l’esclavage, ce topos obsédant des Antilles-Guyane : l’esclave vieil homme, au terme d’une vie de servitude à l’apparence placide mais secouée de « décharges » cachées (coups de folie, crises de révolte, impulsions de fuite), marronne finalement, et le Maître-béké de la plantation lâche sur lui son monstrueux molosse, un peu son double (qui a subi le même traumatisme du voyage en cale sur la mer haïe). Course aveugle et hallucinée dans les Grands-bois du vieil homme qui fut esclave. Rencontre terrible avec l’Innommable ‒ la bête-longue (serpent) ‒, avec un trou d’eau, une pierre gravée caraïbe. Vécu du flair du féroce poursuivant, tandis que le maître tente de suivre, conquérant livré à lui-même et au doute. Cela se termine par des os (en filigrane dans tout le récit), témoignage et genèse…

Cadences 3. « Eaux » a écrit:« Le noir, inconsolable, lui divulgua la texture de l’humus, les âges enchevêtrés, les eaux reines, la force pensive des troncs, l’allant d’une sève au secret des présences végétales. Cette indistinction s’alimenta d’une profusion portée d’un seul élan. Et élan désormais le soutint »
« Il écouta pour tout de bon le faux silence du sol, les grouillements d’herbes-champignons, le fouissement des racines, les ahans denses des roches, le clair des sources diffus comme des soupirs de cuivre. »


Cadences 4. « Lunaire » a écrit:« Des variations infimes sollicitèrent son derme : l’aura terreuse des grands arbres ; l’aigu raidissant d’un tombant de clarté ; l’aisselle océane d’une ravine ; le silence momifié où des fougères exhalent l’odeur de la mort éternelle et de la vie têtue. »
« Rien ne remue l’autour. les arbres mâchonnent un fond d’éternité. L’air trop fermenté sédimente sur lui une petite peau gluante. […]
Que l’omnisciente prière des grands arbres, la respiration des broussailles, la tremblée des insectes. Des germinations nouées au silence immuable. »



mots-clés : #esclavage #nature
par Tristram
le Mar 24 Jan - 17:05
 
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Sujet: Patrick Chamoiseau
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Vues: 1307

Dan O'Brien

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Je lis Rites d' automne et je découvre un auteur selon mon coeur.
Comme Edward Abbey,  Dan O' Brien est un écologiste né. Et qui ne sa paie pas de mots.
Installé dans son ranch du Dakota du Sud, un lieu qu'il a choisi à un moment de sa vie, il s'est occupé de la réintroduction d' espèces en voie de disparition. Et notamment du faucon pélerin voué à  l'extinction. A cause des pesticides mais aussi des chasseurs. Comme en France il n' y a pas si longtemps, les rapaces étaient considérés comme des "nuisibles" et détruits en tant que tels.
Ce récit est une somptueuse évocation des grands espaces de l'Ouest, de sa faune et de sa flore.

Attaché affectivement à une femelle de faucon pélerin qu'il a sauvée de justesse, il entreprend un voyage de la frontière canadienne au golfe du Mexique.
Aidé par un ami, ses deux chiens, il lui apprend à chasser en autonomie partielle, avec l' idée profondément ancrée en lui de la rendre à la liberté.
C'est une pensée généreuse en soi, mais difficile à réaliser.

Ce lien profond avec la nature et avec un animal qu'il respecte et admire profondément est émouvant. Il y a chez O'Brien, ce lien qu'on commence à redécouvrir avec le milieu animal dont nous faisons partie. Mais que nous avons renié, méprisé, sous estimé.

Il revient plusieurs fois sur les premiers occupants du territoire, les Amérindiens et notamment à  Crazy Horse, un peronnage profondément charismatique, et  qui eut un rôle déterminant sur les peuples indiens qui s'opposaient à l'invasion de leurs terres.

Un très beau livre !


mots-clés : #nature
par bix_229
le Dim 22 Jan - 18:15
 
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Sujet: Dan O'Brien
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Bill Bryson

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PROMENONS NOUS DANS LES BOIS

J'ai dit ailleurs tout le bien que je pensais de ce livre. À la fois le livre d'un naturaliste averti.
Mais un mélange indissociable d'humour, de fantaisie et aussi de vraies connaissances sur ce dont il parle. Juste un passage qui m'a beaucoup interessé sur l'arbre en général, après que Bryson ait évoqué l'évolution du Chemin des Apalaches et notamment de la disparition d'espèces animales et végétales. Comme ce tilleul géant détruit par une maladie  :

«Malgré sa taille imposante, un arbre est un être remarquablement fragile. Sa vie repose sur trois couches de tissus internes superposés, épais comme des feuilles de papier : le phloème, le xylène et le cambium. Situés juste sous l'écorce, ils forment ensemble une enveloppe humide autour du coeur plus sec. Quelle que soit la hauteur atteinte par l' arbre, ces couches ne représentent que quelques kilos de cellules vivantes chichement réparties des racines aux feuilles: avec zèle, elles réalisent tout le processus scientifique et mécanique sophistiqué  indispensable à la survie du végétal. L'efficacité avec laquelle elles accomplissent leur mission est une des merveilles de la nature ; en silence, l'air de rien, chaque arbre de la foret draine de ses racines à ses feuilles d'énormes volumes d'eau, plusieurs centaines de litres dans le cas d'un grand individu par une chaude journée. Cette eau s'évapore ensuite dans l'atmosphère.
Imaginez la débauche de machinerie qui serait nécessaire à une brigade de pompiers pour propulser verticalement autant de liquide. Et phloème, xylène et cambium ont encore bien d'autres talents à leur actif.»



mots-clés : #humour #nature #voyage
par bix_229
le Ven 6 Jan - 16:20
 
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Sujet: Bill Bryson
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Per Petterson

Pas facile de voler des chevaux

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Ce livre se construit sur le thème assez classique de l'homme au crépuscule de sa vie, qui tire un trait, se retire dans la solitude, dans l'espoir d'une vieillesse sereine, basée sur l'amour de la nature et le travail manuel,. Il reconnaît en son voisin un garçon qu'il a connu lors de l’ été de ses 15 ans, en 1948, lequel fut bien particulier pour lui, et les souvenirs remontent peu à peu. Entre promenades et travaux campagnards, il nous raconte ce fameux été qui fut sans doute le dernier de son enfance , ses joies et ses bouleversements.

Il ne faut pas chercher une cohérence, un départ et une fin, ou des réponses dans cette démarche. Il faut aimer la nature, le travail des hommes, les lumières et les odeurs. Il n'y a pas de but : c'est comme dans la vie il n'y a que la cohérence d'une personne, qui se construit, puis vieillit. J'ai beaucoup aimé la lecture au fil des pages : une écriture fluide, des descriptions, une façon de voir la vie donnent un réel plaisir de l'instant au lecteur. Mais d'une certaine façon j’ai trouvé que le livre manquait de sens, les faits sont là, les pistes n'aboutissent à rien. Il y a une façon de ne pas tout livrer qui me déstabilise. Et cela laisse, une fois le livre fermé, une certaine insatisfaction.

Toute ma vie j’ai désiré vivre seul dans un endroit comme celui-ci. Même quand la vie était belle, et elle l’a souvent été. Ça, je peux l'affirmer. Qu’elle l’a souvent été. J'ai eu de la chance. Mais même dans ces moments-là, au milieu d'une étreinte par exemple, quand on me murmurait à l'oreille les mots que je voulais entendre, j'ai parfois ressenti un brusque désir d'être loin, dans un endroit où tout ne serait que silence. Pendant des années, je n'y ai pas pensé, mais ce désir était quand même présent. Et maintenant je vis ici, et tout ressemble presque à ce que j'avais imaginé.


Les gens aiment bien qu'on leur raconte des choses avec modestie et sur le ton de la confidence, mais sans trop se livrer. Ainsi ils pensent vous connaître, mais ce n'est pas vrai. Ils connaissent des choses sur vous, ils ont appris certains détails, mais ils ne savent rien de vos sentiments ni de vos pensées, ils ignorent comment les événements de votre vie et les décisions que vous avez été amené à prendre ont fait de vous celui que vous êtes. Ils se contentent de vous attribuer leurs propres sentiments et leurs propres pensées ; avec leurs suppositions, ils construisent une vie qui n'a pas grand-chose à voir avec la vôtre. Et vous êtes en sécurité.


Maintenant, au cinéma, il n'y a plus que des idées. Des idées bien minces et quelque chose qu'on voudrait faire passer pour de l'humour. Tout est censé être si drôle. Mais j'ai horreur de me laisser divertir, je n'ai plus assez de temps pour ça


(commentaire récupéré)

mots-clés : #initiatique #nature #solitude #vieillesse
par topocl
le Dim 1 Jan - 17:39
 
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Sujet: Per Petterson
Réponses: 12
Vues: 699

Lafcadio Hearn

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Kwaïdan

Je connais si peu  la culture Japonaise, mais d'après les nombreux contes et légendes qui figurent dans ce livre je pense que la puissance des Morts (fantômes ou autres) est reconnue, qu'il s'agisse d'esprits malins (le plus souvent) ou aimables (notamment par Amour).

Le 16ème jour est souvent évoqué, il semble bénéfique ; un extrait

"Après l'enterrement d'O-Sodé, les parents d'O-Tsuyu plantèrent un jeune cerisier, le plus beau qu'ils purent trouver, dans le jardin de Qaihjöji. L'arbre grandit et s'épanouit. Le seizième jour de la deuxième lune de l'année suivante, jour anniversaire de la mort d'O-Sodé, il fleurit de manière miraculeuse.
Et chaque année depuis deux cent cinquante-quatre ans, il continue à fleurir, toujours le seizième jour de la deuxième lune, et ses fleurs, roses et blanches, sont semblables aux mamelons d'une femme où perle une goutte de lait. Les habitants de la région ont appelé cet arbre Ubazakura, le "Cerisier de la Nourrice".

"Le vieil homme pleura désespérement son arbre chéri. Ces bons voisins lui procurèrent un jeune plant de cerisier magnifique et le plantèrent dans son jardin dans l'espoir de le consoler. Il les remercia chaleureusement et feignit d'oublier son chagrin. En réalité, son coeur était gonflé de tristesse, car il avait tant aimé le vieil arbre que rien ne pouvait le consoler de sa perte.
Finalement il lui vint une heureuse idée : il se souvient d'un moyen par lequel l'arbre condamné pourrait reprendre vie. C'était le seizième jour du premier mois.
Il se rendit seul dans son jardin, s'inclina devant l'arbre sec et s'adressa à lui en ces termes :
A présent, daigne refleurir une fois de plus, je t'en conjure, Ô beau cerisier, car je vais mourir à ta place. ..............
Et chaque année, il refleurit encore, le seizième jour du premier mois, à la saison des neiges."


Il y a de la poésie, de la magie, de la morale dans ces contes ; flotte le parfum des cerisiers, le vol des papillons.

En fin de livre l'auteur présente une étude sur certains insectes, notamment les papillons, les fourmis et les moustiques. C'est très intéressant car il y a comparaison sur leur mode de vie, leur évolution par rapport à notre société d'Humains. De quoi réfléchir.

"Le seul fait que notre société s'entoure de commandements religieux et lois morales ne prouve-t-il pas que nous n'en sommes encore qu'à un degré très primitif de l'évolution sociale ?"

mais inquiéter aussi (? !)

"Il ne me paraît donc pas improbable qu'une humanité plus évoluée et plus haute sacrifie avec joie l'essentiel de sa vie sexuelle pour le bien commun, surtout si l'on prend en considération certains avantages que l'on peut y gagner, notamment une prolongation importante de la durée de la vie humaine. Les éléments supérieurs d'une humanité qui contrôlerait la vie sexuelle selon le modèle naturel fourni par les fourmis, pourraient peut-être alors réaliser le rêve ancestral de vivre mille ans!"

Je note que l'auteur n'était pas encore assez évolué car il a eu 4 enfants      
C'était une bonne lecture.


mots-clés : #contemythe #nature
par Bédoulène
le Dim 1 Jan - 1:25
 
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Sujet: Lafcadio Hearn
Réponses: 10
Vues: 525

Peter Matthiessen

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Le Léopard des neiges

Je conseille volontiers Le Léopard des neiges à ceux qui aiment les "vrais" récits de voyage, l’aventure dans l’Himalaya, les contraintes et les risques de tels périples, la beauté, les risques de ce type d’expédition comme on n’en fait plus beaucoup aujourd’hui...

Le Léopard des neiges de Peter Matthiessen est le récit fait par l’auteur d’une expédition de trois mois dans l’Himalaya. Il accompagne le zoologiste George Schaller, l’initiateur et "patron" du voyage. Ils vont parcourir depuis le Népal dans la région du Dolpo, jusqu’à Shey au Tibet, des régions perdues, franchir des hautes chaînes de montagne comme le Kanjiroba ou le Dhaulagiri, traverser des petits villages retranchés en altitude.

Matthiessen est donc l’invité de Schaller, venu étudier les bharals, sorte de mouflons entre l’ovin et le caprin et, sans trop y croire, rencontrer le légendaire et rarissime léopard des neiges.

Chacun des deux mène sa vie, accompagnés des sherpas et guides qui parfois agacent, tantôt chaleureux, confiants et admirables, tantôt semblant prêts à tout abandonner en échange de roupies pour survivre. Une amitié est née avec ces hommes si précieux dans l’expédition que la vie de tous dépend d’eux, qui doivent porter les lourdes charges, guider le groupe sur des chemins escarpés et dangereux jusqu’à 6 000 mètres d’altitude où l’air est rare et glacial, les paysages époustouflants.

Matthiessen ne parle pas beaucoup de son coéquipier Georges Schaller sauf pour se plaindre parfois de ses exigences, de son comportement glacial et renfermé mais aussitôt dit, il se ravise et comprend qu’il s’agit de respect d’un homme discret pour l’intimité des autres. Leur but est différent, Schaller est un zoologiste en mission, il est en exploration ; Peter Matthiessen est quant à lui dans une quête spirituelle bien que non définie comme telle, après la mort de sa femme, et à la recherche de l’"éveil", malgré les recommandations de son maître Zen Sohen Roshi : « n’attends rien » (de ce voyage).

Matthiessen est bouddhiste, tout comme les sherpas qui accompagnent l’expédition. Chaque jour, il nous confie ses impressions quotidiennes, décrit les étapes qui sont enfin franchies, les camps de base sommaires, les paysages dans la neige imprégnés de yin-yang, les pics vierges scintillant dans la lumière, la glace et le ciel bleu lavande, les chants des populations locales (tels les Ring-mos), les ravins vertigineux et les cols ou les passages à quatre pattes agrippé aux parois ! Sur chaque rocher, on entend le om mani padme hum, mantra bouddhiste en écho aux moulins à prières, les drapeaux qui claquent au vent et dispersent les prières à chaque passage de col, ou encore écrits sur un stupa… Il nous explique en action, dans ce livre, la philosophie des bouddhistes tibétains, lui le bouddhiste zen, la signification des fresques, des décorations, des croyances, des symboles, des mots.

Ce récit de voyage est une véritable bouffée d’air bien frais, paisible et enchanteresse malgré le danger, qui ravive notre fibre spirituelle, que nous avons tapie au fond de nous ! Immergée dans la philosophie bouddhiste-en-acte, j’ai vraiment aimé, c’était pour moi une méditation et la découverte de paysages splendides et impressionnants.


mots-clés : #autobiographie #journal #nature #religion #spiritualité #voyage
par Barcarole
le Ven 30 Déc - 12:27
 
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Sujet: Peter Matthiessen
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Henning Mankell

Les chaussures italiennes

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 5 Images16

Depuis douze ans, Fredrik Wellin vit sur une île suédoise, dans la maison qui appartenait autrefois à ses grands-parents, perdu au milieu de la glace et de la neige. Son seul contact avec le monde extérieur est le facteur, qui vient trois fois par semaine dans son hydravion, n'apportant jamais aucun courrier. Pour cet ancien chirurgien, cet isolement glacé est sa protection face à la vie qu'il a voulu fuir, parce qu'il y a douze ans justement, une catastrophe est survenue. Il observe les oiseaux, nourrit son chat et son chien, note d’anodins petits faits quotidiens dans son journal, et la vie passe ainsi… Au moins elle ne risque pas de le blesser.

 
 Dans les villes, on ne voit plus les étoiles, c'est pour ça que j'habite ici. Quand j'étais en ville, le silence me manquait, mais plus encore la lumière des étoiles. Je ne comprends pas comment personne ne s'aperçoit que nous avons dans ce pays des ressources naturelles fantastiques qui n’attendent que d'être exploitées. Qui vend le silence comme on vend le bois ou le fer ?
   Je comprenais ce qu'elle voulait dire. Pour beaucoup de gens, le silence, la nuit étoilée, peut-être aussi la solitude n'étaient plus des biens accessibles. J’ai pensé que Louise me ressemblait peut-être, malgré tout.



Mais Hariett, un amour de jeunesse qu'il avait autrefois abandonnée dans des circonstances pas très flatteuses pour lui, vient le sortir de sa retraite paresseuse. Il va lui falloir se confronter au monde, à la réalité, aux émotions qui font que la vie est à la fois heureuse et douloureuse,. Elle est sacrément décidée, Hariett, malgré son cancer en phase terminale et son déambulateur…

Ce retour au monde l'amène à des rencontres. Des femmes (sur lesquelles je ne dirai pas plus), qui contrairement à lui, ont choisi leur destin, ont trouvé à se protéger autrement que dans le retrait.


   « - Pourquoi n'y a-t-il personne de normal ici ? Pourquoi tous les gens sont-ils si étranges ? (…)
   - Il n'y a pas de gens normaux. C'est une fausse image du monde, une idée que les politiques veulent nous faire avaler. L’idée que nous ferions partie d'une masse infinie de gens ordinaires, qui n'ont ni la possibilité ni la volonté d'affirmer leur différence. Le citoyen lambda, l'homme de la rue, tout ça - c'est du flan. Ca n' existe pas. C'est juste une excuse que se donnent nos dirigeants pour nous mépriser. »


Il apprend qu'on peut exister sans fuir la responsabilité et les sentiments. Quoique fasciné par ce qu'il rencontre, il adopte une fois de plus sa technique favorite de la fuite, pour se retrouver à nouveau seul, isolé dans son île, décontenancé, mais tenté cette fois-ci par le monde extérieur

   « Comment j'allais me débrouiller avec ma vie, après tout ce qui s'était passé, je n'en avais aucune idée.
   Là, tout à coup, sur la jetée, j'ai fondu en larmes. Chacune de mes portes intérieures battait au vent, et ce vent, me semblait-il ne cessait de gagner en puissance. »

Et ce monde auquel il s’est confronté le rattrape peu à peu, des liens se tissent, douloureux ou réconfortants, mais au moins des liens sont là, des chemins se présentent, des décisions sont à prendre. Il est confronté à la vie, à la souffrance et à la mort, c'est peut-être douloureux mais il redevient maître de ses choix.

   « J'ai vu ma vie.
   J'étais parvenu à ce point de l'existence. Il restait peut-être un ou deux carrefours en perspective, mais pas beaucoup plus. Et pas beaucoup de temps. »


Les personnages de Henning Mankell refusent tous notre monde moderne et violent, chacun à sa façon. Fredrik n'est pas le plus adroit, ni le plus sympathique, c'est un perdant, un rustre déboussolé, auquel les femmes ouvrent peu à peu les yeux. Ce livre nous parle de lâcheté, du pardon, de la solitude et de la mort. D’un certain cheminement que l'on peut faire pour se réconcilier avec soi-même, sans pour autant devenir un héros et trouver des solutions à tout. Pas forcément trouver la paix, mais souffrir un peu moins, s’ouvrir à l'autre. La nature sauvage est un refuge, une nourriture pour l’homme égaré. Fredrik a trouvé ce bout du monde perdu dans les glaces, cette maison de l'enfance qu’il croyait être un rempart face a ses propres vérités. Il a bien failli se perdre lui-même ; les femmes déterminées qu'il rencontre lui montreront qu’un rapprochement est possible avec lui-même et les autres. Malgré les erreurs, malgré la douleur de vivre parfois, il faut savoir accueillir des émotions autres que celles du vent qui passe. La vie reste une impasse mais on aura su la rendre plus légère.

Les chaussures italiennes est le roman d'éducation d'un homme adulte, qui a failli, s'est puni lui-même, mais va entrer dans la vieillesse après que des femmes l’aient non pas sauvé, mais apaisé.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #insularite #nature #psychologique
par topocl
le Ven 30 Déc - 10:53
 
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Sujet: Henning Mankell
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Jim Harrison

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 5 Images14

Dalva

Une lecture qui m'a intéressée

- par son rapport avec les Indiens Sioux, certains faits qui m'étaient inconnus, ce qui n'a pas amélioré mon opinion sur le gouvernement US, le comportement de beaucoup de "Blancs" de l'époque ( leur situation n'est à ce jour toujours pas enviable)

- Les personnages sont tous bien campés, de la faiblesse de Michael à la force de Dalva, du grand-père ; la fidélité de Linquisd et Frieda ; la force paisible et efficace  de Paul et Naomi ; l'affection constante de Rachel pour le Gd-père......

- Les descriptions de la faune et la Nature : le bruit de l'eau, du vent, les longues marches et chevauchées salvatrices   de Dalva

- L'histoire d'amour dramatique de Dalva et Duane, ses aventures ensuite, les amitiés,

- Malgré leur statut de "riches" l'auteur nous fait découvrir des hommes et des femmes généreux et surtout une famille !

- Alors que Dalva pourrait ne pas pardonner à ceux qui lui ont "enlevé" son enfant, elle accorde toute son affection au grand-père (mais vu le lien unissant Dalva et Duane on comprend sa décision) et à plusieurs reprises elle agit, parce que cela fait plaisir à Naomi, sa mère (qui ne connaissait pas leur lien) mais qu'elle nomme par son prénom (c'est ce qui m'a interpellée, rebellion ? punition ?)

- la décision de Dalva de demeurer à la ferme

- la découverte de son Fils !

Une écriture prenante et enivrante comme  l'air des grands espaces , et pimentée avec les passages plus crus mais qui se prêtent à la situation.

Une première rencontre réussie, je note un prochain RV  

rivière Niobrara

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 5 Riviyr10

Ballands

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 5 Ballan10

région de Buffalo

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 5 Buffal10


(message rapatrié)


mots-clés : #famille #minoriteethnique #nature
par Bédoulène
le Mar 27 Déc - 7:56
 
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Sujet: Jim Harrison
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Amitav GHOSH

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 5 51q2-j10

Le pays des marées

Si près de Calcutta, et si loin des paillettes de Bollywood... Le pays des marées, lieu de rencontre du fleuve et des bras de mer. La nature y est omniprésente, imposant sa loi aux hommes ; parfois généreuse, et si souvent hostile. Avec ses paysages changeants aux grée des marées, quand l'eau recouvre quasiment toute la terre et que le sel s'infiltre en elle, rendant le sol infertile. Ses tempêtes qui hantent les souvenirs et imprègnent de leur marque les éphémères constructions humaines. Et sa jungle impénétrable, dans laquelle rôde l'insaisissable tigre mangeur d'hommes, celui dont on ne prononce jamais le nom. Celui dont on dit que celui qui l'aperçoit est déjà mort. Celui qui, aidé par le redoutable crocodile du fleuve, fait tant de veuves dans le pays des marées.
Pourtant, ceux qui sont nés là n'imaginent pas vivre ailleurs qu'ici, entre jungle et mangrove, sous la protection de Bon Bibi.

Instamment convié par sa tante qui a retrouvé de mystérieux cahiers écrits par son oncle 20 ans plus tôt, Kanai est de retour sur l'île de Lusibari, qu'il n'a pas revue de puis son enfance ... Il n'imagine pas alors que la plume de cet oncle et celle de Rilke lui donnent rendez-vous avec son passé, avec l'histoire du pays des marées, et que ce voyage de quelques jours entrepris à contrecoeur va se révéler bien plus riche qu'il ne l'aurait cru...
Lusibari accueille aussi depuis peu Piya, une jeune scientifique américaine ; elle est là pour étudier les derniers dauphins du fleuve, les mystérieuses orcelles. Son destin va rencontrer celui de Kanai, celui des habitants de Lusibari et celui de Fokir, l'insaisissable pêcheur qui connaît les moindres méandres du fleuve comme s'il en était le fils.

Décrire l'intrigue ôterait une grande partie du plaisir, aussi je n'en dirai pas plus. Au fil du récit, passé et présent vont s'entremêler, éclairant d'un jour nouveau le destin de ces êtres réunis de façon improbable dans une nature indomptable.
Si j'ai été intéressée dès le départ, je n'ai réellement été happée qu'au bout de 150 pages d'un texte qui en compte près de 500. Le style d'Amitav Ghosh ne contient pas de fulgurances, mais si comme pour moi la magie opère, vous serez conquis par son indéniable talent de conteur.
Au fur et à mesure que le puzzle se construit et que les histoires s'entremêlent, le charme opère de plus en plus ; grâce à la plume évocatrice de l'auteur, vous visualisez vraiment cet envoûtant pays des marées. Et vous sortez de ce livre bien plus marqué(e) que les premières pages ne vous l'auraient laissé penser…

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #nature
par Armor
le Dim 25 Déc - 20:48
 
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Sujet: Amitav GHOSH
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Peter Heller

Peindre, pêcher et laisser mourir

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 5 Image210

Jim, le narrateur est un artiste peintre dont la quote monte. C'est un homme éploré depuis le décès de sa fille adorée. Retiré au bout du monde, il n'a que la pêche et la peinture pour s'évader - ou s'engloutir en dehors de ses pensées maussades. Ses tableaux enchainés le révèlent peu à peu à nous comme à lui-même.Homme tout à la fois énigmatique et sympathique qui se perd dans une nature éblouissante, ces pages sont magnifiques. Mais quelques accrocs viennent peu à peu déchirer le tableau :  car il y a bien longtemps, il a failli tuer un homme un jour de colère. Et cette fois-ci, il assassine froidement à coups de pierres Dell qu'il a vu martyriser une jument : un beau salaud, mais quand même… Et  Jim, poète et philosophe, se découvre peu à peu comme pas  si recommandable, à l'abri de tout remords, le roman, d'un lumineux nature-writing, tombe peu à peu dans le thriller haletant. Jim est soumis à une course poursuite infernale: il est cerné par la vengeance du clan, la police qui l' a bien identifiée sans pour autant arriver à le coincer (on se demande un  peu pourquoi), les médias et le monde de l'art contemporain  qui se prennent d'une folie malsaine  pour cet artiste-justicier…  Le livre comme le héros sont donc de curieux mélanges des genres, un ensemble qui dérange: au milieu d'une poésie sauvage, se dessine un chemin jamais  tracé où alternent douceur et violence.



mots-clés : #nature #creationartistique
par topocl
le Sam 24 Déc - 14:37
 
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Sujet: Peter Heller
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Jonathan Safran Foer

Faut-il manger les animaux ?

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 5 Image194

Je ne peux pas dire que j'ai appris grand-chose à la lecture de Faut-il manger les animaux ? Des précisions, des détails, des chiffres plus précis certes, mais les grandes lignes, je l’avais déjà lu ou entendu ailleurs (notamment dans We feed the world de Erwin Wagenhofer et des lectures que j’avais faites après, particulièrement des écrits de Jean Ziegler). La précision des descriptions de Safran Foer est tout à fait impressionnante, (parfois un peu répétitive et assommante, mais pas trop souvent) et parle d'une façon différente des images que j'avais pu voir dans le film, ils se complètent donc l’un l’autre.

On ne croirait que la moitié de ce qui nous est dit sur la souffrance infligée aux animaux, sur les désastres écologiques et sociologiques, qu’on serait déjà convaincus de la justesse du plaidoyer. Nous vivons dans un mode de dingues, ça n’est pas nouveau, mais il est quand même utile de le rappeler de temps en temps. Seulement Safran Foer y croit, c’est la grande cause de sa vie, et il prend son bâton de pèlerin. Et comme il est  malin, il sait la lourdeur de l’inertie des comportements humains, il sait que des faits ne suffiront pas à nous faire bouger en tout cas pour la plupart d’entre nous, il sait que les chiffres nous assomment. Les détails sont certes importants, mais ils ne réussiront pas, à eux seuls, à convaincre la majorité des gens de changer leurs habitudes. Il faut faire entrer autre chose en jeu.

Il a donc ajouté un tas de choses à cet aspect informatif et statistique, car bien évidemment ce qui fait changer les opinions, ce qui fait changer les comportements, ce ne sont pas les chiffres, ce sont les émotions. Il  nous fait un numéro de charme, bien au-delà du bourreau de travail, de l' acharné de la précision , il nous parle de ses doutes, de sa responsabilité de petit-fils de survivante, et de père de famille, il raconte des histoires,  il nous parle de lui, et, cela tombe bien, puisque nous sommes sur un fil de fiction sur un forum de littérature,  c’est  le meilleur du livre : Safran Foer est un merveilleux conteur, drôle, tendre plein d’humour (et aussi de tolérance , ou au moins d’ouverture d’esprit).

Quelle que soit la force de nos convictions concernant ce qui est bon pour nous à l'échelon individuel, et même collectif, nous savons tous par avance que nos positions se heurteront à celles de nos voisins. Que faire face à cette incontournable réalité ? Laisser tomber la discussion, ou trouver un moyen de la recadrer ? Alors la seule question que je peux me poser à l'issue de ce livre c'est : comment se fait-il que tout le monde, ou la plus grande partie des gens, et moi en particulier, continuons à manger de la viande après avoir acquis toutes ces notions, entendu et reconnu vrais tous ces arguments ? Et bien, c'est sans doute que nous sommes  pris dans le carcan de nos habitudes de notre paresse et de même que nous continuons à rouler avec une voiture, un diesel qui plus est, à voyager en avion, à porter des vêtements venant de Pétaouchnok …. nous continuons à manger des animaux….

Voilà, ce livre est bien ennuyeux car il nous fait ressortir de sa lecture avec un sentiment de honte. Je SAIS mais je MANGE…Il n’y a plus qu’à se dire qu’il constitue une petite pierre du grand édifice que construisent courageusement quelques rêveurs/illuminés/sages/précurseurs, appelez-les comme vous voulez, et que cela  finira (peut-être) par l’emporter, faire changer les mentalités, les comportements et les politiques, à condition d’être patient. Que ce livre est indispensable en cela, et que si je n’ai pas rejeté la viande malgré ma lecture, du moins j’aurai fait un petit pas sur un chemin qui finira par me rendre meilleure, malgré ma paresse, mon manque de courage, mon hypocrisie, malgré moi-même en quelque sorte. Mais n’est ce pas une façon bien facile de me donner bonne conscience?

(commentaire récupéré)


mots-clés : #essai #nature #social
par topocl
le Jeu 22 Déc - 16:49
 
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Sujet: Jonathan Safran Foer
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João Guimarães Rosa

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 5 Captur85

Diadorim

J'ai lu deux fois Diadorim et j'aimerais bien le relire une fois encore.
C'est un roman qui a marqué ma vie de lecteur et même d'humain.
Une épopée, une chanson de geste, un roman d'amour déchirant. B

Le seul roman du Brésilien Guimarães Rosa (1908-1967) se déroule dans le sertão. Un bout du monde, qui est aussi celui de la langue.
Bienvenue au pays de l'aliboufier, du buruti et du sassafra ! Vous voici dans le sertão, autrement dit un ensemble de régions semi-arides situées à l'intérieur du Brésil (un territoire d'un million de kilomètres carrés environ, où vivent la onça, ce félin aux allures de jaguar, et l'urubu, ce vautour noir qui traque la charogne). Mais le sertão n'a pas qu'une existence géographique ; son identité varie en fonction de l'être humain qui le foule : pour l'un, il est " là où le plus fort, à force d'astuces, fait la loi ", pour l'autre : " vous le laissez derrière vous ; mais tout à coup, il revient vous entourer de tous côtés ". Nul doute que pour Guimarães Rosa il soit Diadorim, cette épopée qui tient autant du document ethnographique que de la fable carnavalesque.
Diadorim, c'est le monologue d'un seul homme : Riobaldo. Un monologue peu ordinaire : une véritable diarrhée verbale qui s'écoule sur plus de 600 pages, sans qu'aucune pause ne permette au lecteur d'y reprendre son souffle (vous n'aurez là ni chapitre ni blanc, mais seulement l'alinéa des paragraphes). D'emblée, on est d'ailleurs très surpris par le caractère oral du roman : on a l'impression que Riobaldo dialogue avec le lecteur, même si dialoguer c'est quand même forcer les choses, puisque le conteur ne lui laisse jamais l'occasion d'une réplique. Et pourtant, il s'adresse à lui, l'apostrophe, lui demande conseil, sollicite son avis -~ bref, il le met à contribution.

Une épopée qui tient à la fois du document ethographique que de la fable carnavalesque

Quant à ce Riobaldo, c'est peu dire qu'il est fêlé : il voit le diable partout (chaque homme étant un Judas qui s'ignore) et s'efforce, par tous les moyens (dont la prière), de le maintenir à distance respectable. Les conseils qu'il profère sont ceux d'un homme de bon sens : dans le feu de l'action, il encourage ses camarades d'armes à ne tuer que les vivants, afin d'économiser les munitions. Il a également un ami, Diadorim, lequel ne s'appelle d'ailleurs pas Diadorim (mais c'est une autre histoire, ou plutôt une excroissance de l'histoire principale, laquelle n'est pas non plus tout à fait une histoire...). Une drôle d'amitié finalement ; presque une relation amoureuse. C'est à ses côtés qu'il va vivre cette odyssée, qui se résume, pour l'essentiel, à des mois de discordes et de guerres fratricides pour le contrôle du sertão (on y trouve donc maints récits d'embuscades, d'assauts, de replis et de prises de pouvoir : l'ultime, mais pas la moins spectaculaire, sera celle de Riobaldo lui-même, qui aspire soudain à devenir chef). La guerre semble être le poumon du sertão : dès qu'une confrontation s'annonce entre deux factions rivales, chacun revient brusquement à la vie.
Diadorim
est un roman difficile à saisir dans sa totalité. Guimarães Rosa a confié sa narration à un personnage qui ne sait pas raconter dans les règles de l'art, qui prend parfois de l'avance dans son récit, au point de devoir revenir plusieurs fois en arrière : " Raconter à la suite, en enfilade, ce n'est vraiment que pour les choses de peu d'importance ". Riobaldo n'entend d'ailleurs pas s'en tenir à la seule vie d'un homme du sertão (qu'il s'agisse de Diadorim ou de lui-même). Son ambition souffre de démesure (qui est la marque d'une authentique ambition) : ce qui l'intéresse, lui, c'est " la matière qui déborde " (on a d'ailleurs l'impression qu'elle prolifère dans sa voix). Et que peut le lecteur contre celui qui raconte tout parce qu'il juge que " c'est sérieux, nécessaire " ? Et pour qui oublier un seul détail, ce serait comme perdre de l'argent ? Rien, sinon l'écouter, le suivre au gré de phrases souvent cousues à la va-vite, avec leur syntaxe à l'emporte-pièce et leurs créations lexicales. Lui emboîter le pas même quand il dresse, sur trois bonnes pages, la liste de ses camarades, en prenant soin d'accorder à chacun quelques lignes descriptives. Le suivre encore, quand il évoque la faune et la flore du sertão. En un mot : boire ses paroles jusqu'à la lie.
À quarante pages de la fin, on sent Riobaldo devenir scrupuleux, comme s'il redoutait d'avoir épuisé son lecteur : " Pourquoi est-ce que je vous relate tout, d'autant de moments ? ". Peut-être pour le seul plaisir d'en arriver au mot fin, pouvoir déclarer cette histoire finie, quitte à le répéter trois fois de suite...
Diadorim
est un roman qui revisite les lois du genre. S'il n'épuise pas son lecteur, c'est peu dire qu'il le malmène. Il en est souvent réduit au rôle de pantin, ne sachant jamais précisément où on l'entraîne, ni si l'épisode qu'il découvre va le rapprocher de la fin ou le ramener en arrière. Un roman qu'il ne faut sans doute pas prendre exagérément au sérieux, et avec lequel il faut accepter de rire (la farce n'est jamais bien loin), y compris de cette étonnante expérience de lecture."

Diadorim de João Guimarães Rosa
Traduit du brésilien par Maryvonne Lapouge-Pettorelli, 10/18, 640 pages


Le Matricule des anges


mots-clés : #nature
par bix_229
le Mar 20 Déc - 16:20
 
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Sujet: João Guimarães Rosa
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Dan O'Brien

Wild Idea
Editions Au Diable Vauvert

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 5 Index111

Dan O'Brien est homme à  vivre ses  idées. Il veut rééquilibrer l'écosystème et réparer la chaîne alimentaire brisée. Il veut vivre dans les Grandes Plaines, y réintroduire un troupeau de bisons, rentabilisé par un commerce juste et respectueux. Il y travaille avec sa compagne Jill aussi convaincue et déterminée que lui, mais plus à l'aise avec les concepts de  commerce et de communication. Ils découvrent que certains gros capitaux n'hésitent pas à se « commettre » dans une cause plus productive  de rêves et de satisfaction de l'éthique personnelle que de gros bénéfices. Malgré les écueils, nombreux, personnels ou professionnels, c'est une superbe réussite que cette entreprise de Wild Idea.

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 5 Inde_x10

A priori très attirée par cette histoire vécue, cet homme qui à sa façon sait dire non tout en se voulant constructif, j'ai été un peu déçue par le livre, comme si Dan O'Brien avait mis  plus de punch dans sa vie que dans son écriture. Il m'a manqué des détails pour mieux réaliser la vie au ranch, et le quotidien du rancher fauconnier et maître des bisons. Cela a donc été lecture intéressée, mais non pas passionnée.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #nature
par topocl
le Mar 20 Déc - 13:44
 
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Réponses: 3
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Göran Tunström

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 5 51ifms10

Partir en hiver - Inde - Népal

Je me suis laissée bercer par le récit du voyage en hiver de G. Tunström, un récit à la fois spontané et poétique. J’ai dû, pour apprécier ce livre, oublier qu’il y a des bons auteurs indiens qui, de l'intérieur, savent parler de l’Inde. Ce livre n’a rien à voir. Je m'installe pour écouter ce périple que me raconte l’auteur, qui était accompagné de sa femme Lena qui croque les portraits au hasard de leurs rencontres, et de leur fils Linus. Tunström, est présent, là, à côté de moi, pour me conter son voyage.

Je suis charmée par ses descriptions d’oiseaux à hautes pattes ou à grand bec, par ce rhinocéros à l'air féroce qui n'a rien à voir avec celui d'un zoo, ou par son recueillement devant une antilope. Tunström n’hésite pas à faire sans vergogne quelques digressions, et m’emmène tout d’un coup en Egypte, puis plus tard, il se souvient que, en Grèce… digressions qui apportent une lecture paisible, tranquille, on a tout son temps... Et il reprend le fil de la conversation : un peintre qu’il a rencontré, tel ou tel auteur qu’il a lu…, ils lui ont dit que..., ainsi il nous raconte aussi des histoires qu’on lui a raconté, à lui…

Au hasard de son parcours, il décrit les visites des uns chez les autres, les rencontres, pendant que sa femme dessine, ici ou là, il parle aussi de politique, rencontre beaucoup de « camarades ». L’Inde de Tunström c’est le regard porté, de l’extérieur, vers le continent indien, un moment serein. On n'oubliera pas Tunström.


mots-clés : #nature #voyage
par Barcarole
le Lun 19 Déc - 18:38
 
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Ernest Hemingway

Arf, on s'était bien amusé avec Le Vieil homme et la mer clown

je reprends mon commentaire d'alors (et on récupère Antigone dans la foulée) :

Tag nature sur Des Choses à lire - Page 5 Lion-010

Le vieil homme et la mer

Le vieil homme et la mer, c'est un peu comme Antigone. Avec un côté plus primitif. Prenons les problèmes dans le désordre pour découvrir ce qui grouille derrière cette écriture simple. D'abord on pourrait être tenté de parler de force tellurique pour ce récit qui cherche des racines de l'homme sauf que ça se passe sur la mer, ce n'est pas le même élément, et ce n'est pas une mer déchainée qui engloutie les hommes mais une mer de désolation mais nourricière, un espace de solitude et d'abandon mais aussi de réflexion et source de vie. Ensuite si on poursuit et qu'on s'éloigne de la côte pour se retrouver au milieu de nulle-part et rejetés du temps avec seulement le vieux et le poisson, on les trouves comme unité revendiquée mais indéchiffrable puisque pris dans une lutte qui trouve difficilement son sens, dommageable même, mais inévitable. Pour s'accomplir l'action va à l'encontre de. Et c'est là que viennent l'orgueil, les souvenirs et les mythes. Perdus dans l'immensité de la mer, hors du lieu et hors du temps, très forts mais revenus, rendus à rien ou presque rien, ils n'ont plus d'enjeu, ils n'ont plus que leur réalité. Pas tout à fait une fatalité. Et puis la question des générations, il en manque, le gamin n'est plus tout à fait un gamin mais n'est pas un adulte et le vieux vit encore mais n'est plus un adulte dans la force de l'âge, il s'efface. Pourtant ils se reconnaissent, ils se connaissent et devant cette figure du vieux qui se lutte jusqu'à dépasser le sens de l'accomplissement l'émotion du gamin est riche du signe de cette reconnaissance de cette communion, c'est presque d'une Pietà qu'il s'agit en plaçant de façon poignante cette échange d'inspiration et de transmission, et en rupture avec les âges admis pour l'ancrer plus profondément dans la nature de l'homme. Enfin il y a les lions, le songe, le souvenir, le spectacle de la nature dans toute sa splendeur, un rivage calme en vue et toute la force et la beauté des fauves apaisés, l'image salvatrice qui vient dans le sommeil et hante le vieux. Elle est très belle cette image. Très belle mais pas pour autant résolue, car comment idéaliser ou rendre angélique cette vision de fauve et l'ombre de la chasse sanglante qui vient avec, qui se tisse de très loin avec cette pêche sans réelle fin que son anéantissement qui ne résout rien.

C'est pour ça que j'ai pensé (rapidement en fait) à Antigone (lu que celui de Anouilh) et que par delà le côté taquin de ce rapprochement ça me parle, il y a un acte incontournable entre le juste et le destructeur (côté destructeur ici plus mis en avant), surtout inévitable, porteur de conséquences et de résonances difficiles à détricoter. Et le récit ne serait rien sans le gamin qui veille, qui lui aussi à son petit côté Antigone.Tout ça est dans l'ensemble défait des liens d'une société quelconque avec seulement ce petit village que seuls les touristes peut-être viennent rattacher au monde ne rendant que plus seule la vanité de l'orgueil mais plus grand aussi l'élan tellement solitaire (qui ne peut être que solitaire) du vieux, cet élan qu'il n'est pas possible de dissocier de celui du gamin. Le baseball, les boites de conserves, le langage simple tout ça participe à la beauté de cette fulgurance d'humanité dépouillée. Et même la lenteur, la douceur de cette lutte entre l'homme et le poisson (autre frère peu habituel) contrarie la violence de l'affrontement. Tout comme est contrariée celle du combat contre les requins par la défaite sans solution. Il n'y a plus de victoire et celle de l'homme sur l'homme est très improbable. Je comprends qu'on puisse trouver ça léger avec une langue simple et des symboliques très dessinées mais je me suis pris à la grande humanité du dessein désolé et j'ai beaucoup goûté la retenue et la réserve qui servent à raconter cette folie de grandeur et d'existence. C'est un très beau texte que j'espère bien relire un jour en vo.

mini extrait :

   "J'ai la tête tout ce qu'il y a de claire, pensa-t-il. Trop claire même. Claire comme les étoiles qui sont mes p'tites sœurs. Mais faut tout de même que je dorme. Les étoiles ça dort ; la lune aussi ; et le soleil, alors ? Même l'océan quelques fois il dort, les jours où y a pas de courant et où c'est le calme plat.



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le Dim 18 Déc - 0:14
 
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Sujet: Ernest Hemingway
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