Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Dim 19 Jan 2020 - 22:35

150 résultats trouvés pour poésie

Charles Dionne

Charles Dionne
Né en 1989

Tag poésie sur Des Choses à lire - Page 7 Charle10

Charles Dionne est le cofondateur avec Fabrice Goulet-Masson du défunt site Internet Poème sale. Il est important de soulever qu'il y a un cycliste québécois du même nom qui est né un certain 15 mars 1979. Nous pouvons aussi faire un parallèle avec Mathieu Boily qui a un homonyme qui joue au hockey à la position de défense. Pour sa part, Charles Dionne le poète est tout sauf un poète fancy, même si sa poésie dépouillée n'est pas dénuée d'attrait. Je vous réfère donc au site Poème sale pour voir une certaine partie de ses productions poétiques vu qu'il a publié un seul recueil jusqu'à ce jour, D'espoir de mourir maigre.


Bibliographie :

D'espoir de mourir maigre






Charles Dionne est considéré comme un poète de l'avant-garde québécoise. Il a également pris part à l'aventure de la maison d'édition La Tournure. Il n'y a pas si longtemps, son recueil a été réédité avec une nouvelle mise en page et une couverture plus attrayante. Je vous mentionne qu'il y a des images dans la première édition du recueil que j'ai en ma possession.

Le 1er juin 2013, Charles Dionne et Fabrice Goulet-Masson cosignaient «Cousins de personne». Dans ce texte à saveur de manifeste, le premier paragraphe du texte mérite qu'on le cite à lui seul :

À la base du projet, il y a un souper entre amis. Un jour de semaine banal où l’on se surprend à penser de grandes choses autour d’une bouteille de mauvais vin rouge. Quoi faire, se demande-t-on ? D’une part, une vie littéraire montréalaise qu’on sait bien vivante se soustrait au regard dès qu’il est question de réseaux sociaux, de site Internet… de présence numérique. D’autre part, une maigre bibliothèque et une formation universitaire de premier cycle s’exhibent comme de petits trophées. Trop modestes, se dit-on, pour légitimer les milliers de dollars dépensés au cours de nos années de formation. Ce soir-là, la communauté poétique montréalaise nous apparaît un brin austère. Nous en venons à nous demander si elle ne s’est pas cachée pour mieux mourir. Il nous vient une idée : La poésie est morte. Sa résurrection ne nous intéresse pas. Nous intéresse une poésie sale, sanglante et en lambeaux.

Source : http://www.cousinsdepersonne.com/2013/06/poeme-sale/


Avant de commenter le recueil, je reviens sur la déclaration de Jean-Simon Desrochers, président de jury du prix Émile-Nelligan 2013 :

Parce qu’il est un espace occupé par des voix puissantes, le poème qui s’imprègne des matières de l’urbanité et des imaginaires de la transgression présente une matière dangereuse. À la suite des Vaniers, Desbiens, Yvon et Ginsberg, arriver à proposer une manière personnelle d’aborder cet espace du poème sale demande une rigueur, une connaissance et une lucidité d’écriture peu commune. D’espoir de mourir maigre démontre admirablement qu’il y a de l’espace à la suite des géants, des emplacements où la terre est encore à prendre. Ce livre propose que le salut ne relève pas d’un art du pastiche, mais de la pleine reconnaissance des œuvres en place et de la certitude que la synthèse ne suffit pas. Avec une vive inventivité verbale traversant les malheurs ordinaires pour « rythmer d’inspiration les images muettes », avec ses procédés de répétition et ses réflexes sériels pour saisir le sentiment d’une Amérique, Charles Dionne affirme brillamment son désir de dire le réel immédiat, s’en servant comme espace transitoire afin de le transformer en expérience limite à la fois rude et lumineuse « pour que mourir soit charnel », pour transfigurer les rébellions triviales.

Source : http://www.fondation-nelligan.org/CharlesDionneBio.html


Vous aurez compris ici que Charles Dionne a été finaliste du Prix Émile-Nelligan en 2013 pour D'espoir de mourir maigre.

Mots-clés : #poésie #québec
par Jack-Hubert Bukowski
le Mar 13 Déc 2016 - 5:05
 
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Sujet: Charles Dionne
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Richard Brautigan

Tag poésie sur Des Choses à lire - Page 7 Richar11

Il pleut en amour :

Bon, y a-t-il une conspiration pour faire réduire le nombre de fils? J'imagine bien que non, vu que Richard Brautigan est avant tout un romancier et que son style n'est pas tellement détaché de son pendant poétique. C'est ce que je comprends et décode à la vue de vos commentaires. Il y a également une pénurie de commentaires sur l'oeuvre de Richard Brautigan. Pour une raison ou une autre, j'ai été tenu loin de son oeuvre mais d'une manière j'y revenais toujours au fil du temps. De nos jours, le legs de Richard Brautigan est assez incommensurable. Il se communique si peu, mais c'est toutefois la richesse du style qui le place parmi les exceptionnels de sa cuvée et qu'on se souviendra plus volontiers de Richard Brautigan que des autres écrivains beats, peut-être à l'exception du poète franco-ontarien Patrice Desbiens.

Vous comprendrez bien ici pourquoi je vous parle de la poésie de Richard Brautigan pour entrer à l'intérieur de son oeuvre. Dernièrement, j'ai lu la trilogie 1984 d'Éric Plamondon qui se référait sans cesse à l'oeuvre de Richard Brautigan tel un mantra. Nous pouvons donc dire que Brautigan est l'objet d'un certain culte... Derrière les mythes, il faut examiner les réalités d'un phénomène à l'oeuvre. Je considère volontiers Richard Brautigan comme un styliste de la langue. Il faut bien que poésie se fasse et se découvre. Il y a un certain nombre de poètes québécois qui se réfèrent à l'imagerie de Richard Brautigan, dont Paul-Marie Lapointe, François Turcot et François Rioux, en plus d'Éric Plamondon. À mon sens, c'est le signe que Richard Brautigan matérialise une poésie qui garde une trace impérissable...

Richard Brautigan, Il pleut en amour, 1997, Trois-Rivières : Écrits des Forges/Le Castor Astral, p. 26.

«Oui, la musique poisson»

Il souffle un vent couleur de truite
à travers mes yeux, à travers mes doigts
Les truites, je me rappelle comment
elles faisaient pour se cacher lorsque
les dinosaures descendaient boire à la rivière.
Elles se cachaient dans les souterrains, les châteaux
et les automobiles. Elles attendaient patiemment
que les dinosaures soient repartis.


Le poème «Il pleut en amour» est assez bon, mais c'est sa conclusion que je préfère à partir du MAIS. Le voici :

p. 40

MAIS

Si une fille m'aime bien
et commence à ne plus être du tout dans son assiette
et se met à me poser de drôles de questions
et prend son air triste si je lui réponds mal
et me dit des trucs du style :
«Tu crois qu'il va pleuvoir?»
et je dis : «Je n'en sais rien»
et elle dit : «Oh»,
et prend son petit air triste pour regarder
le ciel bleu clair de Californie,
je pense : Dieu merci, c'est toi, ma chérie,
cette fois-ci c'est ton tour.


Richard Brautigan a dédié plusieurs de ses poèmes à une certaine Marcia.Il semble bien qu'elle constituait une muse idéale à ses yeux car il dit dans :

p. 47.

«Le poème Ellenenlevejamaissamontre»

Pour Marcia

Parce que tu as toujours une montre
accrochée à ton corps, il est normal
que tu incarnes pour moi
l'heure juste :
avec tes longs cheveux blonds à 8h03,
et tes seins clignotants à
11h17, et ton sourire rose-miaou à 5h30,
je sais que j'ai raison.


Le ton de Richard Brautigan est assez péremptoire mais tout juste, et il reprend de plus belle dans «Madame Viande frottée à l'ail venue de»... et je vous dirais que le végétarien en moi plisse des yeux. Je lis au-delà de ce qu'une première impression désenchantée finirait par révéler de juste :

p. 48-49.

«Madame Viande frottée à l'ail venue de»

Ce soir nous préparons le repas.
Je fais une sorte de Stroganoff
mode Stonehenge.

Marcia m'aide. Vous
connaissez déjà la légende
de sa beauté.

Je lui ai demandé de frotter l'ail
sur la viande. Chaque morceau de viande
elle le prend comme un amant
et le frictionne doucement avec l'ail.
Je n'ai jamais rien vu de tel
auparavant. Chaque orifice
de la viande est exploré, caressé
méthodiquement avec l'ail.
Il y a là une passion qui pousserait
un saint sourd à apprendre
le violon et jouer du Beethoven à
Stonhenge.


Je vous dis : «du violon».

Richard Brautigan est bien volontiers un salaud. Mais il ne fera pas l'effort de mentir pour cacher une vérité des plus évidentes... :

p. 56.

«Toutes les filles devraient avoir un poème»

Pour Valérie

Toutes les filles devraient avoir un poème
écrit pour elles, même s'il
faut pour ça retourner cette sacrée bon Dieu
de planète sens dessus dessous.

Nouveau-Mexique
16 mars 1969


Il y a plusieurs poèmes qui s'impriment en ma conscience. Je vous dirais que le tout culmine jusqu'à «Jeune fille au corbeau» :

p. 69-70.

«Jeune fille au corbeau»

Avec dans les rôles principaux, une jeune fille et
                                                         vingt-
trois corbeaux. Elle a des cheveux blonds. Les
                                               corbeaux sont
intelligents. Le directeur est obsédé par son
                                                    budget
(trop bas) .  Le   photographe   est   tombé
                                amoureux de la fille.
Elle ne peut pas l'encadrer. Les corbeaux sont
                                                 patients.
Le directeur est homosexuel. La  fille  est
                                   amoureuse de lui.
Le photographe rêve de meurtre. «Cent
                           soixante-quinze mille.
Je me suis fait avoir!» se dit le directeur. La fille
                                                        se met
à pleurer beaucoup la nuit. Les corbeaux
                                   attendent leur
grande scène.
Et tu iras où vont les corbeaux
et tu sauras ce que savent les corbeaux.
Après que tu auras appris tous leurs secrets
et que tu penses comme eux et que ton amour
caresse leurs plumes comme une pendule
murale à minuit
alors ils s'envoleront
et t'emmèneront avec eux.
Et tu iras où vont les corbeaux
et tu sauras ce que savent les corbeaux.


Globalement, j'ai bien apprécié l'ensemble de plusieurs recueils (trois rassemblés). Il me tarde toujours de lire Journal japonais. J'ai trouvé dommage que la mise en page me donne du fil à retordre pour apprécier mes lectures et relectures successives. Comme si l'économie des pages allait me faire perdre du rythme et de l'espace pour apprécier une poésie. On ne peut pas tout avoir et tout de même, la poétique de Brautigan est assez exceptionnelle pour un «romancier d'abord».

Message récupéré.

Mot-clé : #poésie
par Jack-Hubert Bukowski
le Lun 12 Déc 2016 - 20:36
 
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Sujet: Richard Brautigan
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Patrice Desbiens

Tag poésie sur Des Choses à lire - Page 7 Patric10

Un pépin de pomme sur un poêle à bois (1995) :

S’il y a un recueil de Patrice Desbiens qu’il faut lire pour le comprendre et l’accompagner sur les deux versants de sa quête poétique, c’est bien celui-là. Dans Un pépin de pomme sur un poêle de bois, la poésie est narrée au point de prendre forme dans un récit continu. Le résultat pour sobre qu’il apparaisse quand on l’examine sous toutes ses coutures n’en est pas moins mû par une émotion qui nous saisit à tout instant, quand on s’y attend le moins. Lorsque nous ouvrons un recueil de Patrice Desbiens, nous sommes vite avertis par le rythme de la lecture. Dans ce recueil, la poésie, le récit, prennent des longueurs même si elles sont invraisemblables tellement la brièveté des vers entrecoupe ce qui s’inscrit dans la longueur des réminiscences des souvenirs immémoriaux. Patrice Desbiens use de tendresse et d'humour pour nous communiquer avec vivacité d’esprit ce dont il nous entretient en tant que matière poétique.

Je me répète.
Je vous répète.
Je suis en dette.
Je suis l’écho de ma
génération.
Pauvre poisson.
Encore les écailles
Ébouriffées.
Regarde maman :
On me donne de l’argent
pour écrire des poèmes.
Regarde maman :
On me donne de l’argent
pour lire des poèmes.
Tout est si beau.
L’écriture nous coupe aux
genoux comme
une faux.
Tout ceci est si faux.
Mais on continue
quand même.



mots-clés : #poésie
par Jack-Hubert Bukowski
le Lun 12 Déc 2016 - 6:43
 
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Sujet: Patrice Desbiens
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Patrice Desbiens

Patrice Desbiens
Né en 1948

Tag poésie sur Des Choses à lire - Page 7 Patric10

Patrice Desbiens est le poète beat du Canada français le plus illustre et prolifique. En publiant de façon presque exclusive à Prise de parole, une maison d’édition franco-ontarienne basée à Sudbury, jusqu’en 2007, Patrice Desbiens fait son coming-out québécois en publiant six recueils de poésie à la maison d’édition montréalaise d’inspiration surréaliste L’Oie de Cravan. Nous apprenons dans un article du journal Le Devoir consacré à son intention qu’il demeure à Montréal depuis 1993. Il avait bien publié Amour ambulance aux Écrits des forges en 1988 (maison d’édition basée à Trois-Rivières), mais la consécration québécoise est venue bien tardivement… L’avant-garde poétique québécoise des années 2010 lui reconnaît une influence prégnante.

Dans ce cas, à l’instar de Gabrielle Roy, Patrice Desbiens est inclassable. La voix de la raison me dit qu’il peut être considéré comme un poète québécois. Toutefois, mon côté sentimental le place parmi les poètes canadiens français. De plus en plus, Patrice Desbiens émaille ses recueils poétiques de références poétiques et littéraires québécoises. Il conçoit donc écrire dans ce cadre-là, ce qui peut l’inclure dans un corpus de poésie québécoise.


Bibliographie

Récits poétiques
  1974 : Ici, Editions à Mitaine,
  1977 : Les conséquences de la vie, Prise de parole,
  1979 : L'Espace qui reste, Prise de parole,
  1981 : L'Homme invisible, Prise de parole,
  1983 : Sudbury textes 1981-1983, Prise de parole,
  1985 : Dans l'après-midi cardiaque, Prise de parole, Finaliste du Prix du Gouverneur général,
  1987 : Les cascadeurs de l'amour, Prise de Parole,
  1988 : Poèmes anglais Prise de parole,
  1988 : Amour ambulance, Écrits des forges,
  1995 : Un pépin de pomme sur un poêle à bois, Prise de parole, Prix Champlain,
  1997 : L'effet de la pluie poussée par le vent sur les bâtiments, Docteur Sax,
  1997 : La fissure de la fiction, Prise de Parole,Prix de poésie des Terrasses Saint-Sulpice,
  1999 : Rouleaux de printemps, Prise de parole,
  2001 : Bleu comme un feu, Prise de parole,
  2002 : Hennissements, Prise de parole,
  2004 : Grosse guitare rouge, livre cd avec René Lussier, Prise de parole,
  2005 : Désâmé, Prise de parole,
  2007 : En temps et lieux, L'Oie de Cravan,
  2008 : Homme invisible (L') / The Invisible Man suivi de Les cascadeurs de l'amour, Prise de parole,
  2008 : Décalage, Prise de parole,
  2008 : En temps et lieux 2, L'Oie de Cravan,
  2009 : En temps et lieux 3, L'Oie de Cravan,
  2011 : Pour de vrai, L'Oie de Cravan.
  2013 : Les abats du jour, L'Oie de Cravan.
  2015 : Vallée des cicatrices, L’Oie de Cravan
  2016 : Le quotidien du poète, Prise de parole

Document audio
  1985 : La cuisine de la poésie présente: Patrice Desbiens, Prise de parole
  1999 : Patrice Desbiens et les moyens du bord, avec René Lussier, Guillaume Dostaler,     Jean Derome et Pierre Tanguay, Prise de parole
  1999 : Ambiance Magnétique, CD[/spoiler]

#poésie #québec
par Jack-Hubert Bukowski
le Lun 12 Déc 2016 - 6:34
 
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Sujet: Patrice Desbiens
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Cesare Pavese

Je n'ai pas relu les romans ou nouvelles de Pavese, mais seulement quelques poèmes de La mort viendra et elle aura tes yeux...
C'est donc un poème de ce recueil que je vous cite :


La Mort viendra et elle aura tes yeux

"La mort viendra et elle aura tes yeux
cette mort qui est notre compagne
du matin jusqu'au soir, sans sommeil,
sourde comme un vieux remords
ou un vice absurde. Tes yeux
seront une vaine parole,
un cri réprimé, un silence.
Ainsi les vois tu le matin
quand sur toi seule tu te penches
au miroir. O chère espérance,
ce jour-là nous saurons nous aussi
que tu es la vie et que tu es le néant.

La mort a pour tous un regard.
La mort viendra et elle aura tes yeux.
Ce sera comme un vice,
comme voir resurgir
au miroir un visage défunt
comme écouter des lèvres closes.
Nous descendrons dans le gouffre muets."

Mot-clé : #poésie
par bix_229
le Sam 10 Déc 2016 - 18:53
 
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Sujet: Cesare Pavese
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Roxane Desjardins

Roxane Desjardins
Né en 1991


Tag poésie sur Des Choses à lire - Page 7 Roxane10

Roxane Desjardins est née en 1991. Elle a publié un premier recueil poétique en solo, Ciseaux, en 2014. Elle fut récipiendaire du prix Émile-Nelligan et du prix Félix-Leclerc en 2014. Nous pouvons parler d'un accomplissement peu commun. Il faut prendre acte que la maison d'édition Les Herbes Rouges jouit d'une excellente reconnaissance institutionnelle. Nous avons vu plusieurs poètes de cette maison d'édition remporter des prix littéraires au cours des dernières années. Roxane Desjardins étudiait à la maîtrise en Études littéraires à l'UQAM aux dernières nouvelles. Elle vient de faire publier Moi qui marche à tâtons dans ma jeunesse noire à l’automne 2016.


Oeuvres:
- Constance succombe (fanzine), 2013
- Cannibale maison (fanzine), 2013
- Ciseaux, 2014
- Moi qui marche à tâtons dans ma jeunesse noire, 2016

Mots-clés : #poésie #québec
par Jack-Hubert Bukowski
le Ven 9 Déc 2016 - 7:14
 
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Sujet: Roxane Desjardins
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Pierre Jean Jouve

ADIEU

I.

Noir. Noir. Sentiment noir.
Frappe image noire un coup retentissant sur le gong du lointain
Pour l'entrée à l'épaisseur bien obscure de ce coeur
L'épaisse cérémonie à la longue plaine noire
De l'intérieur et de l'adieu, de minuit et du départ!

Frappe, comme un gong noir à la porte d'enfer!
Un aigre vent soulève les roseuax des sables
Confond les monts
Sous les nuées de mauvais temps de la mémoire
Fait retomber la vague en éclatante blancheur dans le néant.

C'est la journée épaisse intime où Elle part
Jetant un dernier oeil aux prouesses d'amant,
Où il quitte, quelques maigres longueurs encor de faible sable
Et poussant la vieillesse de l'âge un aigre vent.

Noir, noir, sentiment noir, oh frappe clair et noir
Pour l'épaisse cérémonie à la terre sans lendemain
Portant comme un socle divin le monument de leur départ.

II.

De longues lignes de tristesse et de brouillard
Ouvrent de tous côtés cette plaine sans fin
Où les monts s'évaporent puis reprennent
A des hauteurs que ne touche plus le regard:
Là où nous sommes arrivés, donne ta main,

Puis aux saules plus écroulés que nos silences
A l'herbe de l'été que détruisent tes pieds
Dis un mot sans raison profèe un vrai poème,
Laisse que je caresses enfin tes cheveux morts
Car la mort vient roulant pour nous ses tambours loin,

Laisse que je retouche entièrement ton corps
Dans son vallon ou plage extrême fleur du temps
Que je plie un genou devant ta brume erreur
Ta beauté ton parfum défunt près du départ
Adorant ton défaut ton vice et ton caprice
Adorant ton abîme noir sans firmament.

Laisse ô déjà perdue, et que je te bénisse
Pour tous les maux par où tu m'as appris l'amour
Par tous les mots en quoi tu m'as appris le chant.

III.

Adieu. La nuit déjà nous fait méconnaissables
Ton visage est fondu dans l'absence. Oh adieu
Détache ta main de ma main et tes doigts de mes doigts arrache
Laissant tomber entre nos espaces le temps
Solitaire étranger le temps rempli d'espaces;
Et quand l'obscur aura totalement rongé
La forme de ton ombre ainsi qu'une Eurydice
Retourne-toi afin de consommer ta mort
Pour me communiquer l'adieu. Adieu ma grâce
Au point qu'il n'est espoir de relier nos sorts
Si même s'ouvre en nous le temple de la grâce.

Extrait de "Voyageur", in Mélodrame


mots-clés : #poésie
par Cliniou
le Mer 7 Déc 2016 - 9:41
 
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Sujet: Pierre Jean Jouve
Réponses: 8
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Pierre Jean Jouve

Pierre Jean Jouve
(1887-1976)

Tag poésie sur Des Choses à lire - Page 7 P_j_jo10

Enfant d'une famille bourgeoise et de santé fragile, Pierre Jean Jouve découvre, à seize ans, Baudelaire et Mallarmé, ses maîtres en poésie.
Ses premiers vers s'inspirent du symbolisme avant que Jouve ne devienne le chantre de l'unanimisme après sa rencontre avec le groupe de l'Abbaye. Pendant la Première Guerre mondiale, il s'engage comme infirmier dans un hôpital militaire, contractant de graves maladies qu'il part soigner en Suisse et sous influence de Romain Rolland, qu'il y rencontre, il publie des textes pacifistes.
De 1921 à 1927, Pierre Jean Jouve traverse une grave crise morale prenant conscience que la poésie est d'essence spirituelle.
Il reniera ensuite toute son oeuvre d'avant 1925. Sa rencontre avec la psychanalyste Blanche Reverchon lui révèle la profondeur de l'inconscient.

Son oeuvre, marquée par la foi chrétienne, tourne dès lors autour d'Eros et Thanatos, de l'inconscient dominé par la sexualité entravant l'aspiration spirituelle. Pierre se retranche dans la solitude pour lire les grands mystiques et publie les poèmes 'Noces' (1925), 'Sueur de sang' (1933), 'Matière céleste' (1937) et les romans 'Hécate' (1928), 'Vagadu' (1931) et 'Scène capitale' (1935).
Durant la Seconde Guerre, il publie une analyse du 'Don Juan' de Mozart (1942) ainsi que 'La Vierge de Paris' (1946), et une 'Défense et Illustration' (1946) de Baudelaire, Rimbaud et Nerval.
La poésie de Pierre Jean Jouve se fait le miroir du conflit de l'homme déchiré entre la spiritualité et les instincts.

source : Evene


Bibliographie :

Artificiel, (1909)
Les Muses romaines et florentines, (1910)
Les Ordres qui changent, (1911)
La Rencontre dans le carrefour, (1911)
Les aéroplanes, (1911)
Présences,  (1912)
Les deux forces, pièce de théâtre en quatre actes, (1913)
Parler, Paris, (1913)
Vous êtes des Hommes, (1915)
Poème contre le grand crime, (1916)
Danse des Morts, Genève,  (1917)
A la Révolution russe, collectif, (1918)
Hôtel-Dieu, récits d'Hôpital en 1915, avec 25 bois gravés par Frans Masereel, (1918)
Le défaitisme contre l'homme libre, (1918)
Heures, Livre de la Nuit, (1919)
Heures, Livre de la Grâce, (1920)
Les Poètes contre la Guerre, collectif (Romain Rolland, Georges Duhamel, Charles Vildrac, bois gravé de Frans Masereel, etc.), (1920).
Romain Rolland vivant, 1914-1919, (1920)
Toscanes, (1921)
Tragiques suivi de Voyage sentimental, (1922)
Prière, portrait gravé par Frans Masereel, (1924)
Tombeau de Baudelaire, Paris, (1958)
Paulina 1880, (1959)
Le Monde désert, (1960)
Aventure de Catherine Crachat I, Hécate, (1961)
La Scène capitale, (1961), comprend Histoires sanglantes et La Scène capitale.
Aventure de Catherine Crachat II, (1963)
Poésie*, 1925-1938, I Les Noces, II Sueur de Sang, III Matière céleste, IV Kyrie, Mercure de France, (1964)
Poésie**, 1939-1947, V La Vierge de Paris, VI Hymne, Mercure de France, (1965)
Le Paradis perdu, Grasset, (1966)
Poésie***, 1939-1947, VII Diadème, VIII Ode, IX Langue, Mercure de France, (1966)
Poésie****, 1939-1967, X Mélodrame, XI Moires, Mercure de France, (1967)
Le Don Juan de Mozart, Plon (1968), avec un avant-dire de P. J. Jouve.

publications posthumes
Œuvre I, Paris
Œuvres II
Paradis perdu
Génie
Folie et génie
Sacrifices
Apologie du poète, suivi de Six lectures
Beau Regard
Le Don Juan de Mozart
Wozzeck d'Alban Berg
Lettres à Jean Paulhan - 1925-1961
Tombeau de Baudelaire




J'ajouterai que je ne connaissais pas Jouve. C'est en découvrant les poésies de David Gascoyne que j'ai découvert Pierre Jean Jouve; ses traductions y sont magnifiques de fidèlité à l'esprit gascoynien. Finalement, ils étaient amis et se ressemblaient quelque part.

Mot-clé : #poésie
par Cliniou
le Mer 7 Déc 2016 - 9:40
 
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Sujet: Pierre Jean Jouve
Réponses: 8
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Giuseppe Ungaretti

Extrait du Port Enseveli



IN MEMORIUM

Son nom c'était
Mohammed Scheab

Descendait
des émirs nomades
s'est suicidé
parce qu'avait
plus de Patrie

Aimait la France
changea de nom

Il fut Marcel
mais pas Français
savait plus vivre
sous la tente des siens
où l'on écoute
la cantilène du Coran
en buvant du café

Et ne savait
pas délivrer
la chanson
de son abandon

Je l'ai suivi
avec la patronne de l'hôtel
où nous vivions
à Paris
au numéro 5 de la Rues des Carmes
une ruelle en pente les murs fanés

Il repose
au cimetière d'Ivry
un faubourg qui semble
éternellement
dans une journée
où s'en va la foire

Et peut-être suis-je seul
à savoir encore
qu'il a vécu.

LE PORT ENSEVELI

Y pénètre le poète
et retourne à la lumière avec ses chants

et les disperse

De cette poésie
il ne reste
qu'un rien
d'inépuisable secret

LINDOR DE DESERT

Balancement d'ailes de fumée
tranche le silence des yeux

Avec le vent s'égrène le corail
d'une soif de baisers

Je blêmis de stupeur c'est l'aube

La vie se transvase en moi
dans un enchevêtrement de nostalgies

Je reflète à présent les coins du monde
que j'avais pour compagnons
et flairant l'étendue je m'oriente

Jusqu'à la mort à la merci du voyage

Nous avons les haltes du sommeil

Le soleil essuie les larmes

Je me couvre du manteau tiède
de lin d'or

De cette terrasse de désolation
je me penche dans les bras
du beau temps

VEILLEE

Une nuit entière
jeté à côté
d'un camarade
massacré
sa bouche
grinçante
tournée à la pleine lune
ses mains congestionnées
entrées
dans mon silence
j'ai écrit
des lettres pleines d'amour

Je n'ai jamais été
plus
attaché à la vie

AU REPOS

Qui m'accompagnera par les champs

Le soleil s'essaime en diamants
de gouttes d'eau
sur l'herbe souple

Je reste docile
à l'inclination
de l'univers serein

Les montagnes se dilatent
en gorgées d'ombre lilas
et vaguent avec le ciel

Là-haut à la voûte légère
l'enchantement s'est brisé

Et je tombe en moi

Et je m'enténèbre dans mon coin.

PHASE D'ORIENT

Dans la mollesse mouvante d'un sourire
nous nous sentons noués par un tourbillon
de bourgeons de désir

Le soleil nous vendange

Nous fermons les yeux
pour voir nager sur un lac
des promesses infinies

Nous en revenons marquer la terre
avec ce corps
qui à présent pèse si fort


COUCHER DE SOLEIL

La peau du ciel
éveille des oasis
au nomade d'amour


mots-clés : #poésie
par Cliniou
le Mer 7 Déc 2016 - 9:35
 
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Sujet: Giuseppe Ungaretti
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Giuseppe Ungaretti

" Il y a eu d'abord, au commencement de la vie d'Ungaretti (né à Alexandrie d'Egypte), au commencement de sa poésie, le désert; le désert qui est le rien, le vide, l'éternité vide où toute vie semble à la longue s'ensevelie; qui est aussi l'espace où l'on s'élance, où l'on se risque, où l'on respire; il y a eu la nuit qui est une autre espèce de rien, une autre espèce d'étendue (effrayante comme la cécité, l'opacité); et la lumière même, quelquefois, au désert, est si violente qu'elle devient noire, qu'elle aussi absorbe, anéantit toute existence. [...]
L'allégresse, le premier livre d'Ungaretti, s'est d'abord intitulé l'Allégresse des naufrages: jamais l'exaltation ne va sans péril.
De même qu'au vent et à la lumière aveuglante du désert ne résistent que l'os et le roc, de même qu'à l'épreuve de la guerre (celle de 14-18, vécue par Ungaretti dans le Carso) ne survit qu'un homme réduit à ses fibres élémentaires (l'"homme de peine", effrayé, endurant, meurtri, fraternel), de même, la poésie de L'allégresse semble le produit d'une calcination ou d'une érosion: nue, brève et rude; elle aussi une apparition sur l'étendue de la page, une venue et une fuite, le précieux tremblement du temps à peine saisi que libéré dans la durée. Ces poèmes eux-mêmes sont pareils à des tentes, haltes précaires: un moment de révolte, un moment de désespoir, un moment de trêve, d'attente, d'abandon, à peine le temps d'une réflexion, d'une sentence, et c'est déjà le silence. Un mot n'y est pas plus (mais pas moins) qu'une feuille qui tremble dans la nuit.
"
P.Jaccottet

L'allégresse(Ici, des traductions de Jean Lescure.)

FIN DU PREMIER TEMPS (Milan 1914-1915)

TOUJOURS

D'une fleur cueillie à l'autre offerte
l'inexprimable rien

ENNUI

Cette nuit elle aussi passera

Cette solitude tout autour
ombre titubante des fils de tramways
sur l'asphalte humide

Je regarde les têtes des cochers
qui dans le demi-sommeil
vacillent

LEVANT

La ligne
vaporeuse s'efface
au cerceau lointain du ciel

Claques des pieds claques des mains
et la clarinette stridule ses arabesques
et la mer est de cendre
qui tremble douce inquiète
comme un pigeon

Des émigrants syriens dansent à la poupe

A la proue un jeune type tout seul

Le samedi soir à cette heure
les Juifs
là-bas
trimbalent
leurs morts
dans le trou d'escargot
chancellement
de ruelles
de lueurs

Eau confuse
comme le bruit de la poupe que j'entends
dans l'ombre
du
sommeil

TAPIS

Chaque couleur s'étend à son aise et s'installe
au milieu des autres couleurs

Pour être si vous la regardez plus seul

IL NAIT PEUT-ETRE

C'est la brume qui nous efface

Il naît peut-être un fleuve ici en haut

J'écoute le chat des sirènes
du lac où se trouvait la ville

AGONIE

Mourir comme les alouettes altérées
sur le mirage

Ou comme la caille
passée la mer
dans les premiers buissons
parce qu'elle n'a plus désir
de voler

Mais non pas vivre de plaintes
comme un chardonneret aveuglé

SOUVENIR D'AFRIQUE

Le soleil enlève la ville

On ne se voit plus

Même les tombes lui résistent à peine

MA MAISON

Après tant de temps
surprise
d'amour

Je croyais l'avoir éparpillé
aux quatre coins du monde

NUIT DE MAI

A la pointe des minarets
le ciel pose
des guirlandes de veilleuses

DANS LA GALLERIA

Un oeil d'étoile
nous prie de la mare là-haut
et filtre sa bénédiction glacée
sur cet aquarium
d'ennui somnambulique

CLAIR-OBSCUR

Même les tombes sont effacées

Espace noir infini descendu
de ce bacon
au cimetière

Il est venu me retrouver
Mon camarade arabe
qui s'est tué l'autre soir

Voici le jour encore

Les tombes reviennent
tapies dans le vert sombre
des dernières obscurités
dans le vert trouble
de la première clarté

PEUPLE

S'en est allé le troupeau solitaires des palmes
et la lune
infinie sur l'aridité des nuits

La nuit plus refermée
tortue lugubre
brasse ses écheveaux

Une couleur ne dure pas

La perle saoule du doute
agite déjà l'aurore et
à ses pieds momentanés
la braise

Grouillen déjà les cris
d'un vent neuf

Des ruches naissent dans lamontagne
de fanfares égarées

Redevenez d'anciens miroirs
lambeaux dissimulés de l'eau

Et
tandis qu'à présent tranchantes
les pousses des hautes neiges bordent

la vue familière à mes vieux
dans la clarté calme
s'alignent les voiles.

O ma Patrie chacun de tes jours
s'est allumé dans mon sang

Tranquille tu t'avances et chantes
sur une mer famélique


mots-clés : #poésie
par Cliniou
le Mer 7 Déc 2016 - 9:32
 
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Sujet: Giuseppe Ungaretti
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Dorothy Parker

Une idée du style:Ce qu'on en dit

La vie de Dorothy Parker a ceci d’émouvant qu’elle ressemble étrangement à ses personnages.
Dans l’édition de poche de ses œuvres complètes, parue à New York en 1944, son préfacier Brendan Gill écrivait :
« Comme tas de personnes qui ont perdu leur mère en bas âge, elle avait l’imagination du malheur et elle cultivait cette tendance. Son don pour que les choses tournent mal confinait au génie. »

Ce n’est pas un auteur charmant de saynètes de la vie américaine,
bien qu’elle ait surtout écrit des nouvelles, des épigrammes et
des poèmes. Son sujet de prédilection reste l’incommunicabilité,
la solitude à deux des couples, la recherche désespérée de l’amour. Dorothy Parker est une humoriste implacable face à l’absurdité
des passions non partagées, des bonnes manières qui dissimulent
les mauvais sentiments.
Féministe aussi, elle dénonce l’impossibilité d’un rapport vrai entre
ces sexes dont chacun se croit tenu, par la morale et les usages,
de se conformer à une sorte de caricature de lui-même.
Ses jeunes filles puériles, frivoles et mesquines, dont on voit d’avance
les épouses frustrées, bornées et invivables qu’elles deviendront,
sont parmi les personnages les plus tragi-comiques de la galerie de portraits proposée par Dorothy Parker.
Le fait que ses personnages n’aient pas pris une ride avec l’âge témoigne qu’elle est parvenue à ce niveau profond des êtres
où les comportements échappent aux modes pour révéler ce qu’il y a de pathétique, de dérisoire et d’immuable dans la condition humaine.

Conclusion de Benoîte Groult (traductrice de ‘la vie à deux’) :
Il est parfois difficile de juger un auteur qui a été porté au pinacle
par un milieu privilégié ou une tendance de mode. Mais l’humour, le vrai, ne se démode pas.
Quand on relit, 50 ans plus tard, les nouvelles de Dorothy Parker, elles vous frappent au cœur avec cette vérité acérée qui est le signe de ce qui dure.
Cette fois, il n’y a plus d’erreur possible :
nous sommes en présence d’un véritable écrivain.

(tiré d'une préface de Benoîte Groult)

Extrait de Hymnes à la haine (Hate Verses), ici dans la traduction de Patrick Reumaux.

   Je hais les Femmes :
   Elles me portent sur les nerfs.

   Il y a les femmes d'Intérieur...
   Ce sont les pires.
   Chaque instant est ficelé de Bonheur.
   Elles respirent avec méthode
   Et pour l'éternité se hâtent à grand pas vers la maison
   Où il faut surveiller le dîner...
   Il y a aussi les douces
   Qui disent avec un tendre sourire « L'argent ne fait pas le bonheur »
   Et ne cessent de me faire admirer leur robe
   En me confiant : « Je l'ai faite moi-même »...
   Et vont épluchant les pages féminines des magazines ;
   Toujours à essayer de nouvelles recettes...
   Ah, que je les hais, ces sortes de femmes !

   Et puis il y a les Petites Fleurs Sensibles.
   Les Pelotes de Nerfs...
   Elles ne ressemblent pas aux autres et ne se privent pas
   De vous le rappeler.
   Il y a toujours quelqu'un pour froisser leurs sentiments,
   Tout les blesse... très profondément,
   Elles ont toujours la larme à l'œil...
   Ce qu'elles peuvent m'enquiquiner, celles-là, à ne parler jamais
   Que des Choses Réelles,
   Des choses qui Importent Vraiment.
   Oui, elles savent qu'elles aussi pourraient écrire...
   Les conventions les étouffent :
   Elles n'ont qu'une seule idée, partir...partir Loin de Tout !
   Et moi je prie le Ciel : oui, qu'elles foutent le camp !

   Et puis, il y a celles qui ont toujours des Ennuis.
   Toujours.
   En général avec leur Mari...
   On est injuste avec elles,
   Personne jamais ne les comprend, ces femmes.
   Elles arborent un petit sourire désenchanté
   Et quand on leur parle elles sursautent.
   Elles commencent par vous dire que leur lot est de souffrir
   En silence :
   Personne ne saura jamais...
   Et en avant le déballage...

   Et puis, il y a les Madame-Je- Sais-Tout.
   Elles sont la peste !
   Elles savent tout ce qui de par le monde arrive
   Et sont au régal de vous en informer.
   Il est de leur devoir de corriger les impressions fausses,
   Elles connaissent les Dates de Naissance, les Second Prénoms
   De tout un chacun
   Et leur être sue la Banalité Factuelle.
   Pour moi, elles sont l'Ennui !

   Il y a aussi celles qui s'avouent Incapables de Deviner
   Pourquoi tant d'hommes sont fous d'elles !
   Elles vous disent qu'elles ont essayé mais en vain.
   Elles vous parlent du mari d'une telle :
   Ce qu'il a dit
   Et sur quel ton...
   Ensuite elles soupirent et demandent :
   « Chérie, en quoi cela d'ailleurs me concerne-t-il ? »
   Ne les détestez-vous pas, celles-là, vous aussi ?

   Il y a enfin celles qui ont toujours le Sourire aux Lèvres.
   Elles ne sont pas mariées,
   Passent leur temps à distribuer de menus cadeaux,
   A préparer de petites surprises,
   Elles me conseillent de prendre, comme elles, les choses
   Du Bon Côté.
   Ah, que deviendraient elles si elles venaient à perdre leur sens
   De l'humour ?...
   Et moi qui brûle de les étrangler !...
   N'importe quel jury m'acquitterait.

   Je hais les femmes :
   Elles me portent sur les nerfs.



mots-clés : #poésie
par Cliniou
le Mer 7 Déc 2016 - 8:30
 
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Sujet: Dorothy Parker
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Geneviève Desrosiers

Tag poésie sur Des Choses à lire - Page 7 41hu5t10

Nombreux seront nos ennemis (1999, première publication posthume) :

Emblématique du destin inachevé du Québec-Canada, la poésie de Geneviève Desrosiers s'est surtout rédigée entre 1994 et 1996. Elle fut publiée par ses proches et la maison d'édition L'Oie de Cravan qui ont exhumé les partitions en attente. À mon sens, les conditions dans lesquelles la poésie québécoise fut traitée ont longtemps fait en dépit d'un rayonnage institutionnel adéquat. En 1996, Gaston Miron mourait en même temps que Geneviève Desrosiers fut happée par la vie. Nous perdions alors l'ambassadeur de la poésie québécoise par excellence. Il faut toutefois dire que la poésie du pays avait alors fait son temps. Des poètes de la relève avaient eu le temps de s'illustrer de belle façon pendant que Gaston Miron les encourageait infailliblement. Nous pouvons notamment penser aux Michel Beaulieu de ce monde.

Revenons à nos moutons. Geneviève Desrosiers est aujourd'hui portée aux nues. Des critiques et des poètes aussi illustres que Mathieu Arsenault, Maxime Catellier et François Guerrette prennent part à la réhabilitation de l'oeuvre de Geneviève Desrosiers dans les cercles restreints de la pratique littéraire. Il est remarquable que des hommes prennent la parole pour défendre la cause d'une femme et s'effacer devant l'immensité de son oeuvre. Imaginez, son oeuvre était tout juste un embryon. Il est étonnant qu'elle puisse être d'aussi bonne qualité et avec des données brutes et tangibles en ce qui concerne les qualités formelles de sa poésie.

Pour ma part, j'ai pris connaissance de l'existence de Geneviève Desrosiers quelque part à la fin de l'année 2014, début 2015... À l'époque, je n'étais pas encore prêt à encaisser l'immense météorite de Nombreux seront nos ennemis. J'avais eu la chance de voir Nelly Arcan de son vivant, j'ai lu la poésie de Marie Uguay et je connaissais lointainement Josée Yvon. Plus près de nous, Vickie Gendreau est morte des suites d'un cancer il n'y a pas si longtemps... il y a une conscience du survivant qui entre en ligne de compte.

Il y a tellement d'extraits qui doivent être cités. Le recueil en entier est une citation à lui seul. Disons qu'il nous faut agglutiner ce qui donne de vitalité à une poésie qui ne se surprenait plus dans les horizons blafards qui précédaient la revitalisation de la poésie québécoise. François Guerrette et Zéa Beaulieu-April ont révéré et pratiqué un intertexte qui renvoie à la référence de Geneviève Desrosiers comme fondatrice de la poésie québécoise moderne post-2010.


mots-clés : #poésie
par Jack-Hubert Bukowski
le Mer 7 Déc 2016 - 5:03
 
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Sujet: Geneviève Desrosiers
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Geneviève Desrosiers

Geneviève Desrosiers
(1970-1996)


Tag poésie sur Des Choses à lire - Page 7 Genevi10

Je reprends mon périple. Finalement, Geneviève Desrosiers est la première poétesse québécoise que je cite.

Geneviève Desrosiers (1970-1996) est une poétesse québécoise qui a fulguré on ne sait trop d'où. Aujourd'hui même, nous la consacrons dans la confection de nos recueils de poésie. Cette même poésie aura beau se tenir dans des semblants de blocs de prose, la plume de Geneviève Desrosiers est sans pitié, avec tout juste ce qu'il faut de tendresse et de lumière pour survivre à travers les ténèbres de la vie. Fauchée rapidement à l'âge de 25 ans, elle a connu l'opportunité d'une correspondance avec l'ultime critique fait institution, Gilles Marcotte. Son passage au sein de la constellation québécoise fait en sorte que la poésie post-2010 s'écrit d'une manière on ne peut plus consacrée.

Nombreux seront nos ennemis est son seul recueil. Composé de quelques poèmes achevés d'une rare maestria et d'une suite d'écritures poétiques inachevées ponctuées de quelques correspondances avec le critique cité plus haut, le recueil est immaculé. Il s'est vendu comme des petits pains bien chauds et les fournées ne sont pas fait attendre par la suite. Geneviève Desrosiers aura connu la consécration à partir des années 2010. Là réside son legs qui aura fait bifurquer la littérature et la poésie québécoise dans une direction inattendue…


Oeuvre

Nombreux seront nos ennemis

mots-clés : #poésie #Québec
par Jack-Hubert Bukowski
le Mer 7 Déc 2016 - 4:59
 
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Sujet: Geneviève Desrosiers
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Miguel Barnet

Poème 1

Maintenant je quitte l'omnibus et son dernier visage
Il est tard mais il y a tant à faire
La chaleur envahit la ville



autour de moi les gens, le cri éveillé,
et les enfants avec leurs foulards au cou
dans un délicieux labeur

sur La Havane il y a beaucoup à dire
quand les portes du marché ouvrent
et que se voient les vendeurs
aux portails
avec un grand couteau à la ceinture
et les yeux jaunes

sur la havane les eglises barroques
dans leurs marches d’oranges à la Goya
et de fermes kilos de sueur sans éclat


a midi ses rues s’enfoncent sous la terre


et que monte par les grilles torsadées une vieille mélodie

le vieillard de la philarmonique tend son chapeau
défraichi aux dames
on devine l’arrivée de l’automne
cela peut être aussi triste
autant que cela peut être joyeux

la grande population sommeille
et se precipite
dans ce fracas
quand le jour n’est pas encore arrivé
nous pouvons contempler le ciel tranquillement

les lumières de la havane sont blanches la nuit
le malecón est propice à l’amour
et unie à Yemayà (déesse de la mer)
une barque s’éloigne lentement devant mes yeux


impossible de dormir dans le passage
c’est trop beau
et cette nostalgie est mienne
et les phantasmes de ma tenue
et les femmes avec des fruits dans les mains
et les larges hanches aux odeurs de mousses
et tout


plus que jamais la chaleur embrase
vrai Juvenal, que c’est bon de se rappeler
comment on a pu capturer un lézard rouge
une fois par bonheur ?
et se rappeler que dans cette même cité il y a peu d’années en arrière
nous étions un morceau de verre qui se brisait en été
ou une graine sèche.


peut être la plume d’un oiseau mort ?

A mes amis legitimes
ceux qui portent ma chemise
et à la maitresse de maison qui reçoit souriante.
au vendeur d’essences

je les aime plus que tout...


il fait chaud
et je me rappele du 8 Janvier
ou peut être du 6
quand j'ai vu pleurer le soldat aux moustaches grises


autant cela peut être triste
autant cela peut être joyeux...


(de la pierre fine et du paon)...

Mots-clés : #poésie
par Chamaco
le Mer 7 Déc 2016 - 0:39
 
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Sujet: Miguel Barnet
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Carlos Pintado

Carlos Pintado
(Né en 1974)


Tag poésie sur Des Choses à lire - Page 7 Final_10
Né à Pinar del Rio (Cuba) en 1974....Exilé à Miami....







TALES DE MILETO

Yo, Tales de Mileto,
que he visto la belleza reflejada en el agua
en la forma de un rostro,
no quiero ser juzgado por algo imperceptible.

Yo, uno de los siete grandes sabios de Grecia,
que confirmé la fecha del eclipse
y el uso de los símbolos geométricos,
que he mirado mi sombra
arrastrarse en silencio por la arena de Egipto.

Yo, que también he dicho
que en todo están los dioses,
he quemado los libros que los nombran.

Yo, Tales de Mileto,
mirando cómo el agua al tocarme me olvida,
sufro el dolor y el miedo hasta en mis sueños

-----------------------------------------------------------------
traduction possible :

Moi Thalès de Milet
qui ai vu la beauté réfléchie dans l’eau
sous la forme d’un buste
je ne veux pas être jugé pour quelque chose d’imperceptible.

Moi, un des sept grands sages de Grèce
qui confirma la date de l’éclipse
et l’usage des symboles géometriques
qui ait regardé mon ombre
ramper en silence sur le sable d’Egypte

Moi qui ai aussi dit,
que les dieux sont partout
j'ai brûlé les livres qui les nomment.

Moi Thalès de Milet,
regardant  comment l’eau après m’avoir touché m’oublie
je subis la douleur et la peur jusque dans mes rêves.

Mots-clés : #poésie
par Chamaco
le Mer 7 Déc 2016 - 0:34
 
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josé Agustin Quintero

José Agustin Quintero (1829-1885)

Tag poésie sur Des Choses à lire - Page 7 Quinte10

La Havane 1829 - Nouvelle Orléans 1885
Fils d'un planteur de tabac cubain et d'une anglaise, José Agustin Quintero naît à la Havane en 1829. Diplômé en droit, il devient journaliste, écrivant pour la révolution patriote cubaine. Arrêté à 3 reprises par les Espagnols pour ses écrits, il est condamné à mort, mais parvient à s'échapper.

Réfugié aux Etats-Unis, il prend le parti du sud pendant la guerre de sécession.
A la fin de la guerre, il s'établit à la Nouvelle Orléans. Il deviendra consul américain en Belise et au Costa Rica. Il meurt à La Nouvelle Orléans en 1885.






¡Adelante!, ¡adelante!


¡Adelante!


Dios le dijo a la luz con voz sonora:
¡adelante!, ¡adelante!
Movió el tiempo su rueda giradora,
y un sol tras otro sol, y hora tras hora,
su marcha comenzaron incesante.

Los arroyos, los ríos y las fuentes,
con eco murmurante,
desataron sus límpidas corrientes,
y las nubes y vientos prepotentes
gritaron: ¡adelante!

Las montañas se alzaron altaneras
con majestad triunfante;
su penacho alzaron las palmeras
y su vuelo las águilas ligeras.
¡Adelante!, ¡adelante!

Al ánima del hombre el mismo acento
le dijo resonante:
corta el altivo cedro corpulento,
doma del mar el ímpetu violento.
¡Adelante!, ¡adelante!

Ve saca del mármol y, con noble anhelo,
toma el cincel cortante...
Cúpulas y columnas desde el suelo
alzáronse soberbias hasta el cielo.
¡Adelante!, ¡adelante!

Del cometa la marcha misteriosa
ve y descubre constante.
Arrebata a la nube tenebrosa
el rayo de explosión estrepitante.
¡Adelante!, ¡adelante!

El hombre oyó la celestial llamada
de emoción palpitante;
y en base inmensa la dejo grabada
con dócil pluma o vengadora espada.
¡Adelante!, ¡adelante!

Los sabios en las aulas proclamaron
el principio triunfante;
la razón y la gloria se hermanaron
y las artes y ciencias exclamaron:
¡Adelante!, ¡adelante!

Despierta ¡oh Cuba! Tras tormenta fiera
asoma el sol radiante
¡Esperanza y valor! Oprobio fuera
no llevar por divisa en tu bandera:
¡Adelante!, ¡adelante!

bel hymne à la gloire de Cuba de la part d'un avocat, journaliste, redacteur de journaux qui participa à la guerre de liberation contre l'Espagne, emprisonné plusieurs fois et condamné à mort pour ses idées patriotiques il dut s'exiler à plusieurs reprises aux Etats Unis dont il fut l'ami d'un des présidents....

Mots-clés : #poésie
par Chamaco
le Mer 7 Déc 2016 - 0:31
 
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Ernesto Diaz Rodriguez

Ernesto Diaz Rodriguez
Né en 1937


Tag poésie sur Des Choses à lire - Page 7 Ernest12

Né à Cuba en 1937, poète, emprisonné pendant 22 ans en raison de ses activités anti-castristes et de sa lutte pour les droits du peuple cubain. Libéré le 23 mars 1991, après de longues campagnes internationales en sa faveur., il a écrit neuf livres de poèmes et un sur la vie au bagne politique. C'est un activiste politique et dirigeant du mouvement ouvrier.


Bibliographie en français :

La cloche à l'aube (écrit en prison)





Un poème écrit en prison par un poète cubain, pêcheur à Cojimar de son état, Ernesto Diaz Rodriguez:

LE PETIT

Si un enfant te demande
De lui raconter
Ce qu'est la vie
D'un prisonnier.
Dis-lui d'abord
Qu'il y a d'autres choses
Beaucoup plus belles,
Comme les fleurs
Quand se pare
De mille couleurs
La primevère.
Montre-lui le ciel,
Le papillon
Et la mouette…
La robe blanche
De son plumage
Sur les vagues.
Si le petit pleure,
S'il a besoin ensuite
Que tu lui racontes
Ce qu'est la vie
D'un prisonnier…
Dis-lui qu'il y a des choses
Encore plus belles :
La rose blanche,
La blanche étoile
Les couleurs
De son panache.
Si un petit te demande
De lui raconter
Ce qu'est la vie
D'un prisonnier.
Chante lui un couplet,
Invente un jeu…!
Mais ne dis pas
A un petit
Ce qu'est la vie
D'un prisonnier.

Mots-clés : #poésie
par Chamaco
le Mer 7 Déc 2016 - 0:27
 
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José Lezama Lima

José Lezama Lima (1910-1976)

Tag poésie sur Des Choses à lire - Page 7 Lezama10

José Lezama Lima, né le 19 décembre 1910 à La Havane et mort le 9 août 1976 (à 65 ans) dans la même ville, Un des plus grand poète cubain, si ce n'est le plus grand, il fut condamné par le régime cubain qui lui reprochait son homosexualité.



Bibliographie des oeuvres traduites en français

1969 : L'Expression américaine (essai)
1960 : Dador (poésie)
1966 : Paradiso (roman)
1971 : Introduction aux vases orphiques
1982 : Le Jeu des décapitations







RUEDA EL CIELO

Rueda el cielo -que no concuerde
su intento y el grácil tiempo-
a recorrer la posesión del clavel
sobre la nuca más fría
de ese alto imperio de siglos.
Rueda el cielo -el aliento le corona
de agua mansa en palacios
silenciosos sobre el río
a decir su imagen clara.
Su imagen clara.

Va el cielo a presumir
-los mastines desvelados contra el viento-
de un aroma aconsejado.
Rueda el cielo
sobre ese aroma agolpado
en las ventanas,
como una oscura potencia
desviada a nuevas tierras.
Rueda el cielo
sobre la extraña flor de este cielo,
de esta flor,
única cárcel:
corona sin ruido.

Mots-clés : #poésie
par Chamaco
le Mer 7 Déc 2016 - 0:14
 
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José Marti

José Marti (1853-1895)

Tag poésie sur Des Choses à lire - Page 7 Marti910

Patriote et écrivain cubain, apôtre de l’Independance de Cuba, dernière colonie espagnole  en Amerique. Le fait d’avoir été tué au combat le transforma en martyr des aspirations cubaines à l’Independance.
Il naquit au sein d’une modeste famille espagnole à La Havane (sa maison natale existe toujours), le 28 Janvier 1853, où il fit ses etudes primaires.
A l’âge de 16 ans il fut condamné à 6 années de prison pour ses idées revolutionnaires. Alors qu’il avait une mauvaise santé il fut incarcéré dans l’île des Pins. Déporté en Espagne en 1871, il publia un debat politique sur Cuba, la première des nombreuses plaidoiries pour l’Independance cubaine avant la Révolution…

Du point de vue de la poésie, ses œuvres les plus connues sont Ismaelillo, Versos sencillos et Versos libres.







Cultivo una Rosa Blanca

Cultivo una rosa blanca
En Junio como en Enero,
Para el amigo sincero,
Que me da su mano franca.

Y para el cruel que me arranca
El corazón con que vivo,
Cardo ni ortiga cultivo
cultivo una rosa blanca.

Je cultive une rose blanche

Je cultive une rose blanche
en Juin comme en Janvier
pour l'ami sincère
qui me donne sa main franche

et pour le cruel qui m'arrache
le coeur avec lequel je vis
je ne cultive ni le chardon ni l'ortie
je cultive une rose blanche

Mots-clés : #poésie
par Chamaco
le Mar 6 Déc 2016 - 23:49
 
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Sujet: José Marti
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Nicolás Cristóbal Guillén Batista

Un de ses recueils de poésie (je l'ai trouvé Plaza de armas à La Havane) : "Todas las flores de Abril" :
extrait :

Nada

El tiempo pasa silencioso
Con un pasar de agua nocturna
Y ve mi frente taciturna
Y ve mi pecho sin reposo

En ese tiempo silencioso
Hundo mi voz de agua nocturna
Pongo la frente taciturna
Reposo el pecho sin reposo

Guardo mi pena en el penario
Guardo mi alma en el armario
Guardo mi voz como una espada

Ya nada tengo, nada quiero
Ya nada busco, nada espero
Nada

Y ya era rico. Yo tenia
Una guitarra de agua pura,
Un ruisenor en la espesura
Y el gran fulgor del mediodia.

Pero perdi lo que tenia
El ruisenor y el agua pura
Y la guitarra y la espesura
Se me hizo noche el mediodià.

Pido limosna. Pero en vano
Tiendo la voz, abro la mano.
Comprende usted, desmemoriada ?

Ya nada tengo, nada espero
Ya nada busco, nada quiero.
Nada


traduction suggérée :

Rien,
Le temps passe silencieux
Avec un écoulement d’eau nocturne
Et vois mon front taciturne
Et vois ma poitrine sans repos.


En ce temps silencieux
Je baisse ma voix d’eau taciturne
Je prends un front taciturne
Je repose ma poitrine sans repos.

Je garde ma peine dans le pénitencier
Je garde mon âme dans l’armoire
Je garde ma voix comme une épée.

Maintenant je n’ai rien, je ne veux rien
Maintenant je ne cherche rien, je n’espère rien
Rien.

Et alors j’étais riche, j’avais
Une guitare d’eau pure
Un rossignol dans les fourrés
Et le grand éclat du midi.

Je quémande une aumône. Mais en vain
J’élève la voix, ouvre la main.
Comprenez-vous, distraite ?

Maintenant je n’ai rien, je ne veux rien
Maintenant je ne cherche rien, je n’espère rien
Rien.

Mots-clés : #poésie
par Chamaco
le Mar 6 Déc 2016 - 23:38
 
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Sujet: Nicolás Cristóbal Guillén Batista
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