Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Lun 22 Juil - 6:26

124 résultats trouvés pour polar

François Bégaudeau

Molécules

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Proxy122

Vous croyez commencer à lire un polar :  Ben oui puisqu’il y a un meurtre, une victime, une policière, un adjoint, des indices, une concierge portugaise pour mettre sur la voie. Ah oui, Bégaudeau, il fait ça aussi ? Rassurez-vous, il fait ça à sa façon bien singulière : la victime travaille dans un service de psychiatrie, la policière ne manque pas de répartie, chacun a ses petites obsessions, l’adjoint est le roi de la statistique, la concierge juge Dieu supérieur à la justice humaine, la fille de la victime s’incarne dans une science revendiquée. Apparaissent ensuite un assassin, une juge d’instruction, des avocats, des  jurés . Et là, mais oui, tout est résolu, mais la vie continue. Ils sont encore  là « les survivants » , leur histoire se poursuit, il ne suffit pas d’élucider.

C’est donc bien plus qu’un polar, c’est un attachant roman qui s’intéresse à ses personnages jusqu’au bout, et les aime tous à sa façon marrante, attentive, quasi affectueuse, qui donne  la parole à un autiste, c’est vous dire. Et jusqu’à Bégaudeau encore étudiant qui vient tenir un petit rôle épatant pour faire avancer son intrigue.

Au-delà de cette histoire perpétuellement malicieuse, Bégaudeau (l’auteur, pas le personnage), traque le sens des choses et des mots, et tout ce que leur non-sens implique aussi, le poids des stéréotypes verbaux et comportementaux. Il   instille de l’humour à chaque page, un truc discret, pince sans rire, dévastateur. La légèreté est ici un atout,  le sérieux se cache sous le gracieux. J’ai adoré.

mots-clés : #humour #polar #vengeance
par topocl
le Sam 16 Fév - 9:32
 
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Sujet: François Bégaudeau
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Louis Owens

Même la vue la plus perçante
(en exergue : Invisibles, les flèches de la mort volent en plein midi ; même la vue la plus perçante ne peut les discerner. Jonathan Edwards)
Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Meme-l10


Une histoire qui débute par la recherche d’un corps, la victime et de l’assassin. Mais en fait deux des personnages, le shérif-adjoint Mundo Morales et le frère de la victime, Cole Mc Curtain  découvriront leur « identité »  dans leurs  recherches.

Savoir d’où l’on vient, quelles sont nos origines, notre culture   :  c’est ce qui changera à jamais la vie de ces deux hommes.

Quelle part  colore la peau d’un être ? signe distinctif dans ce pays et ces régions où la couleur de peau est incriminée, rejetée.  

Quelle part de nos ancêtres dans notre âme ?

La spiritualité des Choctaws est particulièrement complexe, vivante alors que paradoxalement les morts semblent réclamer mais aussi offrir plus.


C’est une histoire empreinte de spiritualité, celle des Choctaws et de tous ceux, métis notamment de cette ethnie  indienne ou autres, dont les racines s' y retrouvent.

Les morts s’invitent dans la vie  des  vivants auxquels ils apportent leur sagesse,  car « même la vue la plus perçante » ne peut voir si le cœur et l’âme ne voient pas ;  savoir vivre c’est avant tout savoir regarder et voir.


Je vois aussi dans ce livre une critique sur la guerre, là particulièrement celle du Vietnam  d’où sont revenus abimés  psychiquement  beaucoup de soldats et  plusieurs des personnages sont des anciens soldats.

C’est une lecture intéressante  sur  l’identité et la spiritualité des indiens Choctaws et plus particulièrement sur leur respect et manière de traiter leurs morts.
L’auteur a puisé dans sa vie, sa famille, dans son vécu, pour ce livre (mon premier de l’auteur) c’est évident.

Je prévois une autre rencontre avec l’auteur.

mots-clés : #amérindiens #guerre #identite #polar #spiritualité #traditions
par Bédoulène
le Mer 2 Jan - 14:19
 
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Sujet: Louis Owens
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Tony Hillerman

La Voie de l'Ennemi

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 La-voi10


Premier "polar ethnologique" de Tony Hillerman, il s'agit aussi de la première enquête de son célèbre personnage, le lieutenant de la police tribale navajo Joe Leaphorn.
L'anthropologue Bergen McKee et son collègue, le professeur J. R. Canfield campent dans la région désertique de Four Corners, dans la réserve navajo du plateau du Colorado. Parallèlement, une de leurs connaissances, le lieutenant Joe Leaphorn du Service de la Loi et de l’Ordre (Bureau des Affaires Indiennes), est à la recherche de Luis Horseman, un jeune Navajo déculturé, qui se terre dans le désert parce qu'il a poignardé un Mexicain.
L’histoire s’organise autour des croyances navajos en sorcellerie d’une sorte de loup-garou, ce qui sera l’occasion d’évoquer les rituels (tel "La Voie de l'Ennemi") et le mode de pensée, mais aussi la déculturation des Indiens, leurs rapports avec notre société et l’argent :
« Mise à part la satisfaction de besoins élémentaires simples, la culture navajo fait peu de cas de la propriété. En fait, être plus riche que ses frères de clan s’accompagne d’un discrédit social. C’est contre nature et, par conséquent, considéré avec méfiance. »

A ce propos, dans le glossaire des traducteurs, Danièle et Pierre Bondil, on trouve :
« Richesse : le désir de posséder est, chez les Navajos, le pire des maux, pouvant même s’apparenter à la sorcellerie. Citons Alex Etcitty, un Navajo ami de l’auteur : « On m’a appris que c’était une chose juste de posséder ce que l’on a. Mais si on commence à avoir trop, cela montre que l’on ne se préoccupe pas des siens comme on le devrait. Si l’on devient riche, c’est que l’on a pris des choses qui appartiennent à d’autres. Prononcer les mots “ Navajo riche ” revient à dire “ eau sèche ” ». (Arizona Highways, août 1979). »

Outre l’aspect "ethnologique", qui bien sûr est ce qui m’a attiré chez cet auteur, le fait de situer le thriller dans un tel contexte présente beaucoup d’intérêt, ne serait-ce que la confrontation entre « la piste de la beauté » qui fonde le mode de vie du "Peuple", et l’énigme policière.
Il est aussi intéressant de voir comment le personnage principal "d’origine", McKee, laissera la place à Joe Leaphorn.
En répons à la citation de Topocl sur le fil "Vincent Hein" :
« La légère brise, soufflant soudain dans l’axe du canyon, apporta l’odeur légèrement âcre de l’ozone libéré par la décharge électrique ainsi que le parfum de la poussière humide et de l’herbe frappée par la pluie. Elle emplit ses narines de nostalgie. Il n’y avait là rien de ces odeurs de goudron fumant, de poussière en dissolution ou de gaz d’échappement prisonniers de l’humidité qui caractérisaient les pluies urbaines. C’était une odeur d’enfance passée à la campagne, d’autant plus évocatrice qu’elle avait été oubliée. »



Mots-clés : #aventure #contemythe #identite #nature #polar
par Tristram
le Mar 1 Jan - 14:35
 
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Sujet: Tony Hillerman
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Friedrich Dürrenmatt

La Promesse ‒ Requiem pour le roman policier

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 La_pro10


Un policier très capable et rigoureux promet à la mère d’une fillette massacrée de retrouver le meurtrier. Il abandonne tout pour mener une enquête privée, se servant d’une fillette similaire comme appât, se diluant peu à peu dans l’attente et l’alcool.
C’est le supérieur hiérarchique de l’enquêteur qui narre les évènements. Sans être Suisse, je m’y reconnaîtrais facilement :
« Je passais dans ce que j’appelais ma "boutique", un petit réduit tout enfumé à côté de mon bureau officiel, où je me fis monter une bouteille de Châteauneuf-du-Pape que j’envoyai chercher dans un restaurant proche du pont de la Sihl. Je bus un verre ou deux. Cette antichambre, j’aurais mauvaise grâce de le nier, était dans un désordre épouvantable, et l’on pouvait y voir quantité de livres au milieu des dossiers ; je professe l’opinion que c’est un devoir qui incombe à chacun, dans notre pays d’ordre et de propreté, de se ménager quelque part, de constituer par principe de petits îlots de désordre, quand bien même ce ne serait qu’en cachette. »

L’épreuve du guet auprès de l’"appeau humain" use aussi ce commandant, le menant à un état d’esprit paradoxal :
« A force de m’user les yeux sur elle, je la trouvais si banale, si quelconque, si commune et si vulgaire, cette gamine idiote, que j’aurais pu la tuer, l’étrangler de mes mains, la piétiner rien que pour ne plus l’entendre recommencer à chanter sa chansonnette imbécile ! »

Une atmosphère vaguement sordide, horrible, amorale ou immorale, en tout cas difficile à définir, baigne la Suisse pas si prospère et policée de ce roman policier ‒ il n’y a d’ailleurs pas de morale finale à cette chronique d’un effondrement obsessionnel (et/ou malchanceux ?!) dans la folie, même si elle mène à un dénouement inopiné.
Peut-être plus encore que La Panne, qui aborde aussi la fatalité avec humour noir, La Promesse est très bien écrit, déployant toutes les ramifications imbriquées du thème abordé : voir par exemple la conception du piège due aux observations sur la pêche.
Le sous-titre prévient que ce livre a pour vocation de rendre obsolète la logique appliquée des enquêteurs en littérature policière ; dès le début, le narrateur affirme ce credo que l’auteur veut illustrer :
« Dans vos romans, par contre, le hasard n’intervient pas, ne joue aucun rôle ; ou alors, s’il intervient tant soit peu, c’est pour aussitôt se travestir en Destin ou en Providence. Avec vous autres, les écrivains, la vérité finit toujours par être sacrifiée sur l’autel des Règles de l’art dramatique. Mais bon sang ! Fichez-les donc en l’air une bonne fois pour toutes, ces sacro-saintes règles ! La vie ne se présente pas comme un simple problème arithmétique ; une affaire ne saurait se régler comme une équation, pour la bonne raison que nous ne connaissons jamais tous les éléments, que nous ne possédons que quelques données seulement, et qui ne sont la plupart du temps jamais que très accessoires. Le grand rôle, c’est pour le hasard, l’imprévu, ce sur quoi l’on ne peut pas compter, la part énorme de l’incommensurable. »

En la circonstance, le hasard prendra une forme inattendue, celle de l’absurde.




mots-clés : #polar #psychologique
par Tristram
le Mer 14 Nov - 20:27
 
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Sujet: Friedrich Dürrenmatt
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Valerio Varesi

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 51z-dq11

Ca y est, je l'ai lu, ce fleuve des brumes.

Deux frères disparus à quelques jours d'intervalle, l'un volatilisé tandis que sa péniche naviguait toute seule sur le fleuve, l'autre défenestré, voilà qui a de quoi intriguer le commissaire Soneri...
Le Pô est en crue, la vie semble s'arrêter, et le commissaire navigue à vue dans les plaines brumeuses, à la recherche d'il ne sait trop quoi... Il rôde dans les parages d'un cercle nautique dont les membres semblent en savoir long sur les secrets de la région. Mais ce sont des taiseux, et ils sont coriaces... Alors le commissaire traîne son spleen, se régale dans les auberges, évite ou étreint sa volcanique compagne, et attend, encore et encore, qu'enfin les langues se délient.

Comme l'a justement dit Silou, Les brumes du fleuves est un roman d'atmosphère et non un thriller. Mais c'est ce que j'aime, quand les choses prennent leur temps, que le décor se construit peu à peu, et qu'il y a de la place pour la subtilité. Cette fois, ce sont les plaies non cicatrisées du fascisme qui sont au coeur du récit, avec leur cortège de douleurs, de haine, et de remords aussi, parfois.

J'ai vraiment bien aimé l'ambiance de ce polar, que j'ai lu avec plaisir, même si j'avoue avoir été un chouilla déçue par la fin, qu'on sentait venir depuis très longtemps. Sans demander de spectaculaires révélations (encore une fois, on n'est pas dans un thriller), j'aurais aimé un petit quelque chose en plus, une nouvelle clé de compréhension, un peu d'inattendu. Cela dit, cette légère déconvenue n'a en rien entamé mon envie de poursuivre plus avant la découverte de l'auteur, d'autant plus que son petit dernier est à la médiathèque...

Merci Silou !


mots-clés : #culpabilité #lieu #polar
par Armor
le Jeu 6 Sep - 21:51
 
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Sujet: Valerio Varesi
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Patricia Highsmith

Monsieur Ripley

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Monsie10

Encore un livre lu de Highsmith, qui confirme son procédé d'écriture : elle nous fait suivre de l'intérieur les pensées d'un homme , la logique qui l'habite, et c'est assez magistral. Ce n'est pas du point de vue stylistique, bien qu'un certain génie préside à la manière de dérouler, ralentir ou accélérer les soliloques, mais du point de vue de la psychologie qu'elle fait mouche : l'auteure singe si bien nos mouvements émotionnels que l'intériorité de Ripley sait montrer comme la base du criminel ressemble à la nôtre, comme pourtant un léger pas de côté, supplémentaire, fait dérailler le Droit. C'est une lecture qui m'a happée, mise mal à l'aise, d'ailleurs je vais cesser un peu l'exploration de l'auteur.
Après cette lecture , mes pensées intérieures me semblaient toutes douteuses, vous savez , les mouvements d'orgueil, les fantasmes, les opinions sur nos cercles sociaux, toute la dialectique du masque me semblait avoir potentiellement investi ma psychologie, l'auto critique était prégnante, la quasi peur d'être dysfonctionnelle socialement !! Franche poilade, en rire jaune.
Le pire étant qu'on a de la compassion pour Ripley, qui est totalement en incapacité émotionnelle d'être au monde, sauf en le filtrant via un scénario pour y paraître.
Effrayant, aussi, parce qu'une part de ces dysfonctionnements que Highsmith sait si bien décrire me semblent fonder bien des psychoses, sans que celles-ci heureusement, ne permettent des passages à l'acte criminel, mais la paranoïa, le narcissisme , sont décrits de manière aigüe et si empathiquement qu'on est pris dans cette perception totalement tragique.
Je pense à ces personnes  qui une vie entière mentent à leur entourage, Jean Claude Romand, par exemple. J'ai l'impression que c'est la même gamme de fonctionnement, ce n'est pas un polar qui définit le "Mal" clairement, il plonge plutôt dans la logique brillante d'un esprit différent et dangereux.
Glups


mots-clés : #criminalite #pathologie #polar #psychologique
par Nadine
le Lun 3 Sep - 9:56
 
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Sujet: Patricia Highsmith
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Georges Bernanos

Un crime

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 51ewy610


Je n'ai que rarement autant patiné dans la progression d'une lecture et suis forcée d'admettre que je suis totalement passée à côté de ce roman.
J'étais pourtant très enthousiaste au départ, charmée par cette langue un peu désuète , "sérieuse". (Je le dis comme ça, parce que je l'ai pensé comme ça. Je me préparais à du lourd fond/forme.)
Par l'idée qu'une sorte de polar allait se déployer;
or, je reste frappée par la force des premiers chapitres, qui peignent de manière très efficace les scènes de crime, la nuit, la solitude, la psychologie du curé, de sa bonne, puis tout cela s'est totalement affadi, j'ai trouvé grotesque la transcription du parlé paysan, pénibles les tirades prétendûment métaphysiques, nébuleuses les avancées de l'enquête, si nébuleuses que j'ai tout de même réussi à finir le livre sans comprendre qui était le meurtrier. C'est incroyable.  
J'ai hésité à rendre compte ici , du coup, car être passée à côté à ce point de l'intrigue trahi la grande nonchalance de ma progression dans le livre, j'ai forcément lu en diagonale, disons que j'ai perdu l'intérêt en route, fatiguée par la fréquence des sketchs procureur/juge de même teneur, et désenchantée sur l'aura du curée, assez vite.

J'ai tout de même, en lisant une note critique, après coup , compris que tout cela devait être bien ficelé. Et reste abasourdie par le fait que je puisse n'avoir rien compris. O lecture, si subjective parfois.
Aux aveugles et paresseux, la lumière échappe. Mon été a perdu mon cerveau. Amen.


mots-clés : #polar
par Nadine
le Jeu 30 Aoû - 10:33
 
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Sujet: Georges Bernanos
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James Hadley Chase

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 20180820

Un lotus pour Miss Chaung (1961)

Peu avant la guerre du Vietnam, un un peu simple et plutôt massif américain profite mollement de sa vie d'expat à Saïgon. Un peu de boulot, des clubs, de l'alcool et Nanh sa maîtresse vietnamienne. Pour que ça dégénère il trouve par hasard de beaux diamants et quand on est massif et que les vietnamiens sont petits un accident est vite arrivé.

Les péripéties s'enchaînent sans traîner autour de ce bonhomme presque sympathique, balourd et pas très utile. Il se révèle d'ailleurs plutôt accessoire, l'action c'est pour les hommes de la Sûreté, la jeune femme et deux frères chinois.

On peut y voir un abus de clichés (extrait à venir ?) de violence et de menaces potentiellement gratuites mais ça fait le boulot avec le minimum de charisme qui évite de s'ennuyer. Dans le genre aventures exotiques on doit pouvoir trouver mieux, dans le genre polar aussi mais si vous n'êtes pas complètement allergiques à une imagerie macho-occidentale primaire ou que vous pouvez vous en amuser ça peut vous passer une paire de soirées.

J'ai lu pire dans le même registre, là j'y ai quand même trouvé un certain plaisir.


mots-clés : #polar
par animal
le Dim 12 Aoû - 19:08
 
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Dominique Sylvain

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Images12

Les Infidèles

Salomé Jolain est une jeune journaliste prometteuse qui travaille pour TV24, à Paris. Elle décide un jour de faire un reportage sur les couples adultères. Pour ce faire, elle prend une chambre dans un hôtel répertorié sur un site nommé Lovealibi.com, qui a pour mission de fournir « clé en main » des excuses, y compris sous forme de preuves matérielles, aux couples illégitimes pour se justifier auprès de leur conjoint. La fondatrice de ce site n’est autre que… sa tante, Alice Kléber. Lorsqu’on retrouve Salomé morte dans le square qui fait face à l’hôtel, le commandant Barnier et son lieutenant Maze se demandent s’il faut faire le lien. Qui est Alice, qui vit isolée dans une grande maison en Bourgogne ? Qui avait des raisons d’en vouloir à Salomé ? Que sait Valentin, l’homme à tout faire de TV24 et simple d’esprit ? Et pourquoi Maze trouble-t-il son supérieur ? Le roman alterne les points de vue de différents personnages, recomposant petit à petit le puzzle, retraçant les relations parfois complexes entre eux. L’écriture est efficace et semée de belles trouvailles stylistiques. C’est le deuxième livre que je lis de cette auteure, après Kabukicho qui se déroulait au Japon. Ça ne sera pas le dernier !


mots-clés : #polar
par Bleuenn
le Jeu 5 Juil - 18:17
 
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Sujet: Dominique Sylvain
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Philippe Claudel

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Cvt_la10

L’Archipel du Chien


Originale: Français, 2018

CONTENU :
Une île assez éloigné dans l’Archipel du Chien, une petite société vivant de la pêche, les vignes, les plantations d’olives et des câpres. Et la vie tranquille est chamboulée un jour quand trois cadavres échouent sur la plage. D’un coup un noyau de gens, représentant la communauté insulaire, est confronté avec des choix qui vont revéler leur nature. Quoi faire avec ces corps, qui vont, sinon, mettre en question un projet d’installation d’un centre thermal et salir la réputation de l’île ? Des opinions divergent, des scrupules et l’absence de celles-ci se confrontent. Comment cela va continuer ?

REMARQUES :
Dans un sens strict on n’arriverait pas à localiser géographiquemment les lieux. L’auteur se sert d’éléments de la réalité et d’un monde de fable. Néanmoins certaines caractérisations pourraient s’appliquer sur les îles Canaries (tirant son nom de Canes = chien). Aussi, c’est là que dans un certain sens ont débuté les premiers signes d’une fuite massives de réfugiés et où ont échoué des cadavres de naufragés...

Mais dans des premières pages d’une fureur splendide, le narrateur mystérieux ; témoin, ni homme, ni femme (mais rappelant un ange ? Ou un coeur grecque de tragédie?) s’adressent à tous, car « tout cela aurait pu se passer n’importe où, hier, il y a un an ou aujourd’hui ». Et alors c’est à nous qu’on devrait appliquer « la morale de l’histoire, ayant une sorte de valeur universelle.

La communauté insulaire, vivant dans une sorte de tranquillité isolée (ou un isolement tranquille?!) est bouleversé par l’apparition de ces trois cadavres. Mise en question de nos projets, de notre tranquillité ? Est-ce que cela va mettre la puce à l’oreille aux investisseurs qu’il faudra pour financer le projet d’une station thérmale ? Et voilà que les sept témoins sans noms (appelé par leur fonction ou un trait de caractère) forment une communauté unie par un but ?! Mené par le maire ils décident quoi faire. Juste le jeune instituteur, étant arrivé récemment lui-même aussi de l’extérieur, reste sceptique, s’oppose un peu. Est-il bien le seul à vouloir savoir « la vérité » ?

Devant certains événements les personnes dans les romans de Claudel sont souvent mis devant leur vérité, une d’obscurité, de petitesse. Parfois il semble que ce livre est traversé par une sorte de pessimisme, surtout dans le comportement face à l’étranger, à l’Autre, pas seulement réprésenté par les trois réfugiés échoués mais aussi par l’instit d’ailleurs. Et on peut se demander si l’Autre est forcemùent plus sensible pour pour l’injustice ? Quelle institution : la foi, la raison, le pouvoir, discerne le bien et agit ? Comment foctionne des mécanismes d’auto-défense, de constitution de groupe qui refusent la part de responsabilité mais cherchent à culbabiliser l’autre ? Mais aussi : est-ce que le refus de l’Autre est finalement refus de moi-même et mène vers l’autodestrcution ???

Peut-être certains mécanismes seront typés, comme aussi les personnes sans noms. Parfois peut-être trop évident ce que l’auteur suggère ?

Le lecteur de Claudel retrouvera certains sujets. Je me sentais fortement rappelé au « Rapport de Brodeck ». Aussi, dans un certain sens, on pourrait parler d’une prolongation de la trilogie sur les génocides, car ici, le génocide des temps modernes, c’est bien à la face du monde et à notre grande connaissance, celui envers des réfugiés qu’on laisse tranquillement mourir dans la Méditerranée et ailleurs… Et notre façon de faire sera un jugement de nous-mêmes et de notre avenir...

Remarquable !

mots-clés : #contemporain #culpabilité #immigration #polar
par tom léo
le Mar 19 Juin - 16:00
 
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Sujet: Philippe Claudel
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José Manuel Prieto

Papillons de nuit dans l'empire de russie

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Prieto10

Le narrateur, un certain J, profite de l’effondrement de l’empire soviétique pour faire du trafic avec l’occident en privilégiant le matériel militaire high-tech : guides laser et googles infra-rouge. Il a bien compris qu’il peut bénéficier d’une plus-value non négligeable sur ce type d’objet peu encombrant, en revanche il risque gros. Il rencontre lors d’une vente un richissime suédois qui lui suggère un autre type de trafic, moins dangereux, celui des papillons. J se lance donc à la recherche du mystérieux yaziku dont le dernier spécimen a été donné au tsar Nicolas II en 1914.
Lors d’un voyage à Istanbul avec son employeur suédois, J remarque dans une boîte de nuit une stripteaseuse et prostituée, une certaine V, une jeune russe qui a voulu fuir son village sordide de Sibérie. Celle-ci lui demande de l’aider à fuir et retourner en Russie (cas classique, le propriétaire de la boîte lui a confisqué son passeport et l’a endettée à vie). Par la suite, J recevra sept lettres de V, lettres sublimes. Pour lui répondre il va lire de nombreuses correspondances de l’Antiquité à nos jours.

Encore un détail : si nous sommes en admiration devant les lettres de Flaubert à Louise Collet, ou celles de Kafka à Milena (et aussi à Felice), pourquoi ne pas imaginer qu’elles ont été inspirées par des lettres de bien meilleure qualité, écrites par ces femmes ? Bien souvent on ne lit ou ne publie que les lettres des écrivains, en majorité des hommes, mais derrière celles-ci – tout comme derrière ce brouillon – se cachent des lettres de femmes, de vraies œuvres d’art, sublimes. Sublimes, il ne me vient pas d’autre mot à l’esprit.


Le livre est donc un roman épistolaire d’un genre nouveau. Le narrateur raconte sa vie avant, pendant et après sa fuite avec V. Le tout s’entremêle de réflexions sur l’existence, de notations sur le temps, les paysages, les scènes du quotidien. Surtout, la poésie est omniprésente.
J’ai été plus particulièrement séduit par l’atmosphère slave qui se dégage du livre, Prieto est cubain mais il a vécu longtemps en Russie ; également ce dialogue particulier qui s’instaure entre Orient et Occident. En effet, le récit oscille entre deux sites, un Istanbul plutôt marqué par l’Orient et Livadia en Crimée où les influences occidentales sont plus marquées. Cependant, ce sont aussi des villes où coexistent des deux cultures, les deux esprits.
En littérature, le mot « papillon » renvoie immanquablement à Nobokov. C’est dans un genre un peu différent que Prieto nous entraîne dans les aventures de J chassant le yaziku dans le delta de la Volga. Mais il a gardé le côté « enchanteur » du maître.
Une très belle lecture et un écrivain à découvrir.  Very Happy

Lorsque mes yeux glissèrent sur son nom, à la dernière page, étourdi par ce que je venais de lire et parce que cette lettre était peut-être encore plus belle que la précédente, je perdis un court instant la pleine conscience du lieu où je me trouvais, immergé dans le plus profond silence, tandis que sa phrase d’au revoir résonnait comme une perle de cristal rebondissant sur les parois d’un coquillage, se déplaçant rapidement dans la spirale de ses cavités.


Un voyage doit se profiler à l’avance dans l’esprit du voyageur comme dans un minuscule polygone, comme dans une chambre de Wilson où l’on étudierait sa trajectoire de particule atomique, où l’on envisagerait l’état de satisfaction qui nous attend sur l’autre rive, l’eau en train de bouillir dans la marmite, le soleil en train de se coucher derrière les arbres, les guides bachkirs discutant à voix basse tout près de toi, dans leur boutique de fortune. Voilà pour ce qui est de l’importance physique de la peau exposée au vent et du soleil derrière les paupières. Mais on notera la nécessité d’un cadre mental, métaphysique, d’une expérience supra personnelle qui nous permette de d’admirer, ravis, les traces des bulles dans la masse liquide, de découvrir des univers confinés entre ces minces parois. Une idée inaccessible et d’apparence fragile, les ailes d’un papillon, un rêve.


A l’intérieur de ces troncs survivaient des forces qui refusaient de se consumer, qui protestaient en émettant des craquements, dans un rapide staccato, ralentissant le rythme par moments pour émettre ensuite des appels à l’aide frénétiques. C’étaient les plaintes des âmes emprisonnées dans les arbres, divinités sylvestres martyrisées par le feu, ou peut-être, pensais-je tout à coup, les cris de joie qu’elles poussaient en s’élevant vers le ciel, libres enfin. Avant de se mêler au reste du troupeau des âmes, elles devaient avoir averti mon autre moitié errante, l’importunant l’espace d’une seconde dans un bar de Linz en Autriche.


Pour ma part, je n’avais aucune raison de m’inquiéter, mais comme je la regardais, droit dans les yeux, tout en l’écoutant parler de mode (son rêve était de devenir mannequin, m’avait-elle dit) je pus voir la peur voiler son regard, la solution aqueuse de ses yeux se cristalliser soudain, se précipiter et tomber lentement comme des flocons de neige.


mots-clés : #contemporain #correspondances #polar #voyage
par ArenSor
le Lun 18 Juin - 18:31
 
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Sujet: José Manuel Prieto
Réponses: 8
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Stieg Larsson

La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

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Il ne faut pas craindre l'accumulation ou  le trop plein. Stieg Larsson était un obsessionnel, qui n'hésitait pas à écrire une page entière sur l'achat de mobilier de Lisbeth à ikea, sur sa liste de courses à 7-eleven, à ne louper aucun café avalé (en précisant de quel café il s'agit)  aucune cigarette fumée, aucune douche prise, aucune biographie détaillée, aucune marque d'arme à feu, aucun itinéraire etc...Et qui manifestement jubilait à entrecroiser les nœuds de sa pelote soigneusement emmêlée, d'y ajouter des couches, des complications, des liens externes,  des complications encore. Un type à la logique si implacable que même les multiples coïncidences deviennent acceptables..

Ceci admis , c'est avec un parfait plaisir qu'on retrouve Lisbeth Salander, soigneusement occupée à effacer toute trace d'elle sur terre (dans une première partie il est vrai un peu longuette - mais après, quand ça démarre, ça démarre à 100 à l'heure). Cette habile manipulation va malheureusement aboutir au résultat de la placer sous les projecteurs, comme principale suspecte de trois meurtres opérés en une même soirée. Le lien s’avérera être le commerce du sexe, thème féministe une fois de plus chez cet auteur.

Lisbeth tient la place centrale dans ce roman, qui non seulement nous découvre ses origines dans une enfance plutôt corsée (et même plus), une adolescence manipulée sans que nul ne le sache par les services secrets. Elle reste cette Lisbeth si atypique, et ses talents de super-woman augmentent encore, capable de hacker n'importe quel ordinateur, de défier n'importe quel système de surveillance, de fixer n'importe quel document en détail dans sa mémoire hypermnésique, de terrasser n’importe quel agresseur deux fois plus lourd qu'elle, et le pire c’est qu'on y croit!  Dans son libertarisme solitaire, sa logique très personnelle, sa violence intériorisée et extériorisée, sa détermination insondable, son mètre cinquante, elle reste épatamment séduisante (pour une héroïne de roman en tout cas), déroutante et invincible.

Dans cette enquête bien corsée, trois équipes font la course et interagissent, la police, globalement convaincue de la culpabilité de Lisbeth, et ses deux amis : Dragan l'ancien employeur  qui voudrait bien comprendre et Mikael Blomkvist convaincu de son innocence. On est dans un sacré roman choral, avec un aspect militant pour la liberté  et les droits de l'homme et de la femme. qui prend alternativement le point de vue de Lisbeth, des divers enquêteurs, et des malfrats pour dresser des portraits incisifs  sans négliger personne. On passe un vraiment bon moment, on sait très bien que Lisbeth s'en sortira, et qu'importent les moyens



mots-clés : #conditionfeminine #criminalite #polar #politique #relationenfantparent #romanchoral #vengeance
par topocl
le Sam 16 Juin - 10:41
 
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Stieg Larsson

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes.

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Index10
Très habilement troussé, en effet, ce premier opus  de Millenium. Une écriture millimétrique qui colle à ses deux héros réunis dans un  duo tout à la fois bancal et parfaitement adapté . Mikael Blomkvist,journaliste d'investigation plein d'une probité, haineux quand le pouvoir et l'argent sont mal employés, compassionnel avec les faibles et tout ce qui sort des rails, et Lisbeth Salander jeune femme asociale, tatouée et piercée, plaie hurlante hypermnésique, dont il est dit quelque part qu'elle pourrait être Aperger "ou quelque chose comme ça" (je penche pour le "quelque chose comme ça").

Quant à l’intrigue , il s’agit plutôt d'un faisceau d'intrigues intimement entremêlées à composante politique, économique, rituelle, sexuelle, d'une belle complexité qui arrive à rester claire jusqu'au bout, portée par des personnages (un peu moins fouillés que les enquêteurs) pour la plupart membres d'une richissime famille d'industriels suédois, capable derrière son écran de fric des pires turpitudes.

Intelligent, haletant, addictif, quoique un peu glauque par moments par l'accumulation.

mots-clés : #conditionfeminine #criminalite #famille #polar #politique #sexualité
par topocl
le Lun 11 Juin - 9:51
 
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Chester Himes

On va reprendre dans l'ordre pour Cercueil et Fossoyeur :

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Mny29410

La reine des pommes

Une plongée dans le Harlem de la fin des 50's. Une histoire simple qui ne fera entrevoir que tardivement et d'assez loin le duo de flics charismatiques au point de faire passer un inspecteur Harry pour un bonhomme détendu et franchement sympa. Ils ne rigolent pas. D'ailleurs il n'y a pas grand monde pour rigoler. Jackson bosse dans une boite de pompes funèbres et perd ses économies et sa femme le jour où il espère qu'un type sympa va lui transformer ses billets de 10 en billets de 100.

Après il essaiera de retrouver Imabelle, sa femme, avec l'aide de son jumeau camé et magouilleur, et d'une prière de temps en temps. La descente dans son monde alternatif, noir de peau (avec toutes ses nuances, en passant par le "jaune banane" et d'idées est effroyable. Une ironie froide mais pas condescendante parcours les rues comme les pages et les coups bas et la violence ne sont pas dissimulés. Drogues, prostitution, corruption, arnaques, entourloupes font la paire avec une drôle de candeur ou de naïveté de l'envie qui suscite une certaine sympathie ou gratitude.

Un double portrait d'une population mal barrée, pas idéalisée, mais pas diminuée qui semble s'être perdue et courir après un modèle riche et blanc, courir sans hésiter à se cannibaliser, et le portait de Harlem, un quartier dans une ville avec une histoire et une vie, une présence. Même sans connaitre ou sans tout imaginer, en recollant des souvenirs de films, de photos, de musiques, le portrait est saisissant, inquiétant, fabuleux à sa manière.

Il faut d'ailleurs préciser que le Quarto Gallimard, qui regroupe les huit romans qui mettent en scène le duo de choc, propose en introduction Harlem ou le cancer de l'Amérique qui est une approche plus synthétique et méthodique de ce portait par le quartier, dans un style fluide et percutant.

Ce qui marque le plus dans cette cuisine infernale c'est plus le souffle cradingue mais limite grisant du lieu que les atours de "série noire" pourtant pas ratée et carrément efficace. Avec des beaux portraits de perdants qui s'accrochent autant qu'ils dégringolent. Une première rencontre plutôt chouette qui rend tout de même aussi curieux des autres textes que de cette série présentée comme de commande dans la bio du post précédent (mais dans le Quarto c'est la série).

En tout cas ça déménage et ça réveille...

récupéré au fond du coffre.

mots-clés : #lieu #polar #racisme
par animal
le Dim 27 Mai - 20:48
 
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Roberto Bolaño

2666

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Image_10

J’avais entendu des avis très contrastés sur cet ouvrage : chef-d’œuvre absolu, arnaque…
J’ai eu le malheur d’en lire quelques lignes, alors que j’étais engagé dans d’autres lectures, et j’ai tout de suite était happé, fasciné, à l’instar d’une mouche autour d’une lampe. J’ai lu ce livre d’une traite, sans la moindre lassitude, toujours avec la même avidité, jusqu’à la fin, regrettant d’en arriver au point final ! Shocked

Difficile de résumer ou de parler d’un livre qui associe tellement d’histoires, de modes narratifs, de thèmes… On parle de « livre monde », terme facile mais qui a le mérite d’être évocateur.
2666 est donc le dernier roman de Roberto Bolano, qu’il n’a pas eu le temps de terminer avant sa mort. J’ignore les parties qu’il aurait modifiées, peut-être la dernière pour lui donner plus d’ampleur ?

L’ouvrage se divise en cinq chapitres. Bolano avait décidé in fine de les publier séparément. Ce choix était principalement dicté par un souci d’assurer des revenus financiers à sa famille après sa mort. Heureusement, ses ayant-droits et éditeurs ont décidé de rassembler l’ensemble. C’était le bon choix car les différents chapitres sont unis les uns aux autres par quantité de fils plus ou moins visibles.

1) La partie des critiques : quatre universitaires : un français, un italien, un espagnol et une anglaise sont sur la piste d’un mystérieux auteur allemand qui répond au nom improbable de Benno Archimboldi et que très peu de gens ont vu. Ils vont de colloques en colloques prêcher la bonne parole d’un écrivain qu’ils considèrent comme un maître de la littérature du XXe siècle (on parle même de lui pour le Nobel !). A l’occasion, ils s’intéressent également à un artiste qui s’est amputé d’une main pour la fixer sur un tableau… Ayant découvert une piste de la présence possible d’Archimboldi à Santa-Theresa au Mexique, trois de nos universitaires décident de s’y rendre.

2) La partie d’Amalfitano : celui-ci est un prof de philosophie espagnol qui s’est exilé à Santa-Theresa. Il vit avec sa fille qui commence à fréquenter de mauvais garçons. Amalfitano accroche un livre de géométrie sur un fil à linge le laissant dépérir au fil du temps, nouveau ready-made à la Duchamp. Il entend des voix, expérience qui l’amène aux portes de la folie.

3) La partie de Fate : journaliste afro-américain de Brooklyn, Fate vient à Santa-Theresa pour couvrir un combat de boxe. Il commence à s’intéresser aux femmes retrouvées mortes dans la ville. Fate fréquente les milieux interlopes et doit s’enfuir précipitamment avec Rosa la fille d’Amalfitano.

4) La partie des crimes. C’est le chapitre de loin le plus long, celui que j’ai trouvé le plus fort, véritable point d’acmé du roman. L’histoire s’inspire d’événements réels : les meurtres de jeunes femmes perpétrés à Ciudad Juarez (alias Santa Theresa), à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis.
C’est une longue litanie mortifère, jusqu’à la nausée, d’enfants, jeunes filles et femmes un peu plus âgées, parfois torturés à mort, la plupart violés par « les deux voies », souvent étranglés avec fracture de l’os hyoïde (dont j’ignorais même l’existence avant cette lecture). Bolano nous offre un parcours sordide dans les décharges sauvages, des faubourgs glauques et déshérités à souhait, l’univers de ces malheureuses femmes, serveuses de café, prostituées, ouvrières des maquiladoras. Le lecteur est amené aussi à côtoyer les milieux policiers, le monde des narcotrafiquants, celui  de la justice et l’univers pénitencier ; mondes aux frontières perméables, mouvantes, gangrenées par la corruption.

5) La partie d’Archimboldi nous plonge dans le passé, en Allemagne lors de la seconde guerre mondiale, sur le front de l’est, lieu privilégié de multiple horreurs. C’est un des liens les plus évidents entre les deux dernières parties, la description des pires choses que l’humanité a pu inventer.

Il n’est bien entendu pas question pour moi d’aborder les multiples aspects que présente un tel livre. Je me contenterai donc de quelques réflexions que m’a inspiré cette lecture :

- l’emboîtement des histoires les unes dans les autres : l’auteur peut interrompre son récit pour suivre un nouveau personnage. Il y a ainsi un foisonnement de récits en structure « buissonnante ». Parfois des personnages reviennent, d’autre fois non. Pour ma part, J’ai trouvé ce mode de récit très cohérent avec le fil de nos existences, régies par diverses tendances dans lesquelles l’aléatoire intervient constamment : rencontres fortuites, suivies, interrompues, retrouvées parfois ; diversité de nos centres d’intérêt au cours d’une vie, etc.

- une écriture «tortueuse », « sinueuse » (je ne sais trop quel terme employer), qui se faufile dans une sorte de labyrinthe gigantesque. J’ai souvent pensé à « Mulholland drive » de Lynch.

- le décalage subtil avec la réalité : c’est une impression très forte et intrigante que j’ai eu à la lecture de 2666. Celle de ne jamais être totalement dans le réel, mais juste à côté, derrière une paroi transparente, comme dans un univers parallèle. D'ailleurs, souvent les personnages agissent et se regardent agir. Les miroirs tiennent également une grande place dans le récit. De ce fait, la frontière entre ce qui semble le réel et l’imaginaire, sous forme en particulier du rêve, est très ténue. Comme le dit très bien Dreep, une écriture en « clair-obscur », toujours entre entre deux mondes.

« Au réveil, il crut avoir rêvé d’un film qu’il avait vu peu auparavant. Mais tout était différent. Les personnages étaient noirs, et le film du rêve était donc comme un négatif du film réel ».

« Tout ça est comme le rêve d’un autre. »


- le mal : il semblerait que ce soit un thème récurrent chez Bolano. Déjà le titre du roman évoque la Bête de l’Apocalypse. Ce Mal est effectivement toujours présent dans le livre, en arrière plan, comme un bruit de fond le plus souvent ; parfois il éclate avec brutalité lors de rêves en particulier. Cela m’a rappelé quelques terreurs d’enfance.

Pour terminer, je voudrais insister sur la grande facilité de lecture de 2666 qui ne présente pas de difficultés. Je conseille de le lire sans à priori, en se laissant porter, ce n’est pas un livre policier, ni d’aventures, ni fantastique, encore moins un roman classique, mais tout cela à la fois : un livre-monstre  Very Happy
 
« Même les pharmaciens cultivés ne se risquent plus aux grandes œuvres imparfaites, torrentielles, celles qui ouvrent les chemins dans l’inconnu. Ils choisissent les exercices parfaits des grands maîtres. Ou ce qui revient au même, ils veulent voir les grands maîtres dans des séances d’escrime d’entraînement, mais ne veulent rien savoir des vrais combats, où les grands maîtres luttent contre ça, ce ça qui nous terrifie tous, ce ça qui effraie et charge cornes baissées, et il y a du sang et des blessures mortelles et de la puanteur »


mots-clés : #contemporain #creationartistique #fantastique #polar #violence
par ArenSor
le Mer 23 Mai - 17:39
 
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Sujet: Roberto Bolaño
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Tom Drury

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Fin_du10

LA FIN DU VANDALISME


On peut dire qu' il ne se passe pas grand chose à Grafton dans le Comté de Grouse, Midwest.
Une "contrée immobile" ? On pourrait la nommer ainsi. Et d'ailleurs c' est ainsi que Drury la nomme.

Même si le livre comence par des histoires abracadabrantesques : disparition de gros engins agricoles, apparition d'un bébé abandonné dans un caddy.
Ces évènements  détonnent dans un univers fixe, rhythmé par des gestes quotidiens, des évenements ponctuels, réguliers, liés aux fetes et aux saisons.
Personne n'accomplit des actes mémorables, dramatiques, exemplaires.

Alors ne cherchez pas de personnages principaux dans ce livre.
Juste des personnages secondaires qui ne cherchent pas à donner le change.
Ils connaissent des crises certes, mais n' en font pas tout un plat.

Quoique, si ! Il y a le couple formé par le shérif Dan, et Louise, la belle et secrète Louise.
Ce qui se produira dans leur vie c' est une tragédie intime, la perte d' un enfant qui les brisera un temps.
Cet enfant tellement désiré, qui se "cache" dans le sein de sa mère et refuse de venir au jour.
Vivant.
C'est un moment trés émouvant pour le lecteur. Question de feeling.

Voilà un livre lent et qui nous laisse tout le temps de nous pencher sur les détails qui ne manquent pas d' etre attachants, singuliers, subtils.
Ou non.
On  peut peuser à côté, trouver ces détails ennuyeux, fastidieux.
Une  chronique étale, intimiste, comme chuchotée à l'oreille de gens indulgents et patients.


mots-clés : #polar
par bix_229
le Dim 13 Mai - 17:22
 
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Len Deighton


SS-GB

Angleterre, 1941. Londres est occupé par l'armée nazie. Churchill est mort, le roi George croupit au fond d'une cellule et la loi martiale terrorise le pays. Douglas Archer, commissaire à Scotland Yard, se voit confier une enquête de la plus haute importance : le Dr Spode, brillant physicien qui travaillait pour les nazis, a été assassiné et retrouvé avec d'étranges brûlures sur les bras. Et si ce meurtre était le signe avant-coureur de bouleversements autrement plus graves ? Et si le monde était sur le point de changer pour toujours ? SS-GB, un classique de l'uchronie, à (re)découvrir d'urgence !


Ca pouvait promettre et j'étais content de relire un peu en anglais et puis mes précédentes lectures de l'auteur m'avaient bien plu ! Malheureusement bien que ça reste assez efficace ça sent les grosses ficelles et la projection historique marche seulement plus ou moins. Le positionnement du flic intègre qui travail pour l'occupant n'est pas complètement exploitée et les psychologies dans l'ensemble sont rudimentaires.

Curiosité sans prise de tête mais pas mécontent d'avoir passé la dernière page. Dommage.


mots-clés : #deuxiemeguerre #polar #sciencefiction
par animal
le Mer 25 Avr - 21:26
 
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Ron Rash

Le monde à l’endroit

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Proxy_35

Dans les Appalaches, ceux qui cultivent le tabac vivent pas loin de la misère, ceux qui s'y refusent partent à la dérive. Travis, 17 ans, élevé par un père qui ne cherche qu’à le mater, rejeté par le système scolaire, cache son intelligence en traînant avec ses copains, conduisant son pick-up, travaillant au magasin du coin ; il s'épanouit au contact d'une nature sauvage, et pratique la pêche comme un sacerdoce. Un jour, une bibliothécaire lui a passé  quelques livres, semant une  petite graine…

Le destin le fait rencontrer Leonard un dealer paumé, buveur de bière, tireur d’élite, qui traîne derrière lui une toxicomane et on le verrait bien partir sur un mauvais chemin, ce gamin  qui sait être alternativement réfléchi et  impulsif . Le  mobile home de Leonard est bourré de livres, son passé plutôt chargé , et il va mener peu à peu Travis sur les chemins de la connaissance et de l’estime de soi. Ils partagent une fascination répulsion sur les ravages que la guerre de Sécession a semés et qui continuent à marquer les esprits, et nous partageons leurs sentiments à travers les extraits datant de 1863 du journal d’un médecin qui l’a vécue, que Ron Rash nous livre par petits morceaux intercalés entre les chapitres.

Ca a l’air simple , comme ça, mais ça ne l’est pas . Les vieux fantômes les rattrapent, la fatalité n’a pas dit son dernier mot, la vie est un perpétuel danger

Et puis il y a la nature, une nature omniprésent et fascinante qui est le recours de chacun , dans des descriptions superbes de précision et de lumière. Elle est à elle seule un personnage, le seul personnage non torturé de ce roman bien noir. Et on se dit qu’elle est la seule gagnante.

Le temps frais donnait toujours un aspect plus net aux montagnes, comme si elles étaient découpées au ciseau dans du papier à dessin. Le paysage tel un destin. Leonard avait gardé cette formule en tête depuis des années, sont pourtant réussir à se souvenir de son contexte, ni savoir d'où elle sortait. Mais il savait ce que cela signifiait ici, le sentiment de l'enfermement, des limites humaines.


Mais c'était agréable, aussi, d’être simplement dans un pick-up qui n'allait nulle part. De ne pas avoir à faire quelque chose sinon être assis et sentir le soleil


Récup 2012

mots-clés : #nature #polar
par topocl
le Mer 25 Avr - 13:05
 
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Patricia Highsmith

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 10949810

Ripley et les ombres

Ma première lecture de Highsmith; en fait pour être précise je connaissais son nom et il est si souvent entendu que je croyais lire, du coup, du Steel (que je n ai jamais lu) ou du Guy Des cars.

Une histoire placée au coeur du milieu de l'art et de ses faussaires.

J'avais justement vu peu de temps auparavant un docu sur un peintre faussaire qui habite dans l'herault. Beltracchi.  
Ducoup me voilà plongeant dans mon pseudo Guy des cars pour le plaisir d'approfondir l'ambiance faussaire.

J'ai eue beaucoup de mal à le lâcher,une boulimie non déçue.

Par contre, cette intensité à le lire a produit en moi une intensité émotionnelle dingue : j'étais très mal à l'aise. vraiment. Le personnage de Ripley et si amoral, c'est une révélation, de lire cette femme, d'imaginer qu'elle puisse ainsi dissoudre subtilement dans ce roman bien mené un malaise aussi grand.

Highsmith ne place pas son personnage comme amoral, c'est pire : toute la dialectique du texte sert l'évidence de sa position, ses légitimité et impunité et le malaise est donc un rendu esthétique flippant à souhait. Personnellement, sur la fin je ne cessais de scander intérieurement "il est horrible-il est horrible"
et c'est tout l'art de cette femme apparemment. Cette distance l'air de rien qui nous permet de bien tomber dans la fascination de l'impunité.


Je vous recommande en complément de visionner comme je l'ai fais la video du site INA , de 18 mn, sur elle, une interview en français.

Lien vers un petit reportage chez elle, de l'INA ici : Clic

(message rapatrié de Parfum de Livres)

mots-clés : #polar
par Nadine
le Lun 9 Avr - 10:48
 
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Sujet: Patricia Highsmith
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antti Tuomainen

Antti Tuomainen
né en 1971


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Antti Tuomainen, né en 1971 à Helsinki, est un écrivain finlandais, auteur de thriller.
Il travaille dans le milieu de la publicité, avant de se lancer dans l'écriture.

Son premier roman policier, Tappaja, toivoakseni, paru en 2006, est le récit d'un tueur qui jongle avec les valeurs de la justice, de la vengeance et de la responsabilité.

L'auteur atteint toutefois la notoriété avec La Dernière Pluie (Parantaja), son troisième thriller, qui se déroule dans un Helsinki du futur, presque totalement déserté par ses habitants depuis une série de catastrophes provoquée par les changements climatiques. Tapani, le héros, entreprend de retrouver sa femme disparue peu avant Noël. Journaliste, elle menait depuis peu une enquête sur un serial killer aux motivations politiques surnommé «Le Guérisseur». Ce roman remporte le prix Vuoden johtolanka en 2011.


Oeuvres traduites en français

La Dernière Pluie, Paris, Fleuve noir, 2013
Sombre est mon cœur, Paris, Fleuve noir, 2015  
Aussi noir que ton mensonge, Paris, Fleuve noir, 2016



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La dernière pluie

Tag polar sur Des Choses à lire - Page 2 Images25

4ème de couverture :
Résumé Détails produits
À Helsinki, la pluie est si violente que la plupart des habitants ont fui la ville. Tapani Lethinen, lui, est resté : il attend sa femme, Joanna, journaliste d'investigation. Partie enquêter sur une affaire dont elle n'a rien voulu dire, elle n'est toujours pas rentrée. En fouillant dans on ordinateur, il découvre que sa disparition pourrait avoir un lien avec « le Guérisseur », un serial killer qui sévit en ville, et qu'il ne s'agissait peut-être pas pour Joanna d'une simple enquête... Tandis que la pluie ne cesse de tomber, Tapani va devoir plonger dans l'intimité de celle qu'il aime, quitte à déterrer quelques secrets de son passé. « Un polar au suspense terrible... Sur une construction simple et efficace, l'écrivain finnois actionne tous les leviers qui conduisent à la réussite d'un thriller étourdissant. » Ouest France Ce livre a reçu le prix du meilleur roman policier finlandais en 2011

L'auteur :Antti Tuomainen, né en 1971, s’est rapidement hissé parmi les figures de proue de la littérature policière finlandaise.

Avis :
L'action, enfin il y en a mais pas trop non plus, se passe à Helsinski, alors que les conditions climatiques de la terre s'aggravent de façon dramatique. Le héros, Tapani, a constaté la disparition de son épouse Joanna. Le couple  s'entend bien, ils semblaient amoureux l'un de l'autre, mais quelque chose s'est passé, quelque chose qui a trait au travail de Joanna, elle est journaliste et enquête sur un certain Pasi Tarkiainen qui pourrait être "le guerisseur", un serial killer.
Au long de ses recherches Tapani, le poète, découvre des pans du passé de Joanna. Et alors que le pays s'enfonce dans le chaos, que la Police n'a plus les moyens de faire son travail, une partie de son personnel  fuyant la ville, que la pluie et la misère participent au décor, la déliquescence des amitiés anciennes accompagnent le dénouement de l'histoire jusqu'à une conclusion inattendue.
C'est un bon roman noir, bien noir, bien mené, ménageant ses surprises, la lecture est aisée, pas tres optimiste, mais originale ce qui en fait l'intérêt principal. Un auteur scandinave qui n'en fait pas des tonnes et finit par étonner, un sorbet entre deux escales tropicales.
vidéo de l'auteur


mots-clés : #polar
par Chamaco
le Sam 31 Mar - 16:08
 
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Sujet: antti Tuomainen
Réponses: 0
Vues: 134

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