Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Sam 7 Déc - 18:00

70 résultats trouvés pour relationenfantparent

Pascale Kramer

Une famille

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 51ocgt10


Il y a tant de familles où un enfant si aimé, si charmant devient un adolescent difficile puis un adulte incompréhensible.... Où chacun valse entre amour et répulsion, culpabilité et effroi, tendresse et colère, lutte et abandon... Où chacun s'invente autre, face à cet « intrus » ,se révèle à lui-même et aux autres dans ses forces et ses faiblesses. Où les blessures, souvent non-dites, sont comme un ciment intergénérationnel...Où les phases d'espoir  font place aux zones de désarroi.

Pascale Kramer nous raconte l’histoire de cette famille bourgeoise, catholique, bordelaise, dont l'aîné, Romain bouleverse le conformisme : il sème les interrogations, les offenses, le chagrin sans parvenir à complètement ruiner le bonheur, convenu ou singulier, de chacun, ultime défi, ultime protection. Car Romain boit, ment , vole, Romain ne donne  pas de nouvelles pendant huit années et on le retrouve à Paris, dormant sur un carton.

La très bonne idée de l'auteur, c'est d'endosser successivement la place des deux parents et des trois autres enfants pour décrire tour à tour  les quelques jours entourant la naissance de Jeanne, l'une des petites filles, une de ces périodes cruciales où au sein de la joie, les souffrances et les regrets ressortent leurs griffes, en même temps que les liens se renforcent.

Elle adopte un ton presque sec, qui traduit la pudeur, mais qui ne l'empêche pas de donner parole à la douceur, l'intensité de la tendresse comme de la détestation fugitive, et de montrer en quoi une famille peut garder un esprit propre, comme un « esprit de corps » au-delà des divisions. Touchant et déchirant  tout à la fois, c'est un roman  plein d'émotions malgré son économie de moyens.


mots-clés : #addiction #famille #fratrie #pathologie #relationenfantparent
par topocl
le Sam 15 Déc - 17:32
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Pascale Kramer
Réponses: 4
Vues: 165

Camille Laurens

Philippe

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 89477710

Philippe, le fils aîné de Camille Laurens est décédé quelque heures après sa naissance. Si la première partie « Souffrir » décrit les beaux moments de la grossesse et de l'attente, amères à la lueur du destin par nous connu, la suite « Comprendre » est surtout un pamphlet de récrimination contre l’accoucheur incompétent et négligent (copies du dossier médical et de l’expertise à l'appui) et l'entourage globalement maladroit à l'exception de quelques amis « courageux ». puis la troisième partie « Ecrire » , c'est l'écriture pour faire « survivre » l'enfant.

Je comprends tout à fait le besoin de Camille Laurens en tant qu'écrivain de jeter (car c’est plus souvent jeter qu'écrire) cette histoire sur le papier, et en tant que femme de hurler cette cruelle ignominie à la face du public. Il ressort bien évidemment de cette lecture une impression d'horreur, de révolte  et de malheur auxquels le lecteur, comme la lectrice ne sauraient échapper.
Dire que c’est un bon livre est sans doute autre chose, à laquelle je ne puis me résoudre, même si je n'aime pas tirer sur les ambulances. C'est  pour l'essentiel un acte de dénonciation, qu'on peut considérer comme salutaire (encore que...), peut-être même de vengeance, mais cela n' a qu'un lointain rapport avec la littérature.

Quant à la polémique Laurens-Darrieusecq à propos de Tom est mort elle ne peut être comprise par l'observateur non impliqué que comme l'expression de l'ampleur de la déchirure de Camille Laurens.

Et je ne parlelrai pas du ridicule achevé de la couverture du Folio...
Spoiler:
Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 31b0fk10



mots-clés : #autofiction #medecine #mort #relationenfantparent
par topocl
le Jeu 6 Déc - 18:19
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Camille Laurens
Réponses: 4
Vues: 198

Amor Towles

Un gentleman à Moscou

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 61jkqf10


Ce gentleman est un aristocrate Russe, le Comte Alexandre Illitch  Rostov, lequel avait quitté le pays, pour raison personnelle,  quelques années,  pour y revenir en 1918. C’est la publication d’un poème,  Où est-il passé ? qui a été perçu par le Tribunal Bolchévique comme une invitation à réaction après l’échec de la révolution de 1905 qui lui vaut une condamnation « allégée » :  la « résidence surveillée » dans une pièce du beffroi de l’hôtel Métropol, lieu habituel de sa résidence.

C’est donc à l’intérieur de ce grand Hôtel que se déroule cette histoire ; Alexandre prendra son assignation avec la droiture que l’on peut attendre d’un « gentleman » ; son éducation, sa culture  et ses connaissances du monde ( il a voyagé), l’amèneront à participer activement à la vie de l’hôtel et tout particulièrement au profit de la restauration, il deviendra serveur du luxueux restaurant Boyarski.

Deux rencontres, celle de Nina et de Sofia à quelques années d’intervalle apporteront beaucoup de joies mais aussi de soucis dans la vie du Comte.

Durant ses nombreuses années à résidence Alexandre suivra  l’histoire du pays, de son pays la Russie ; les principaux évènements,* personnages politiques seront évoqués,  que des notes à chaque chapître complèteront.

C’ est une lecture agréable, car l’écriture est assez ludique malgré le contexte de ces années sous autoritarisme, malgré la résidence surveillée, que l’on peut qualifier de sereine. (Je ne sais si ce genre de verdict (assignation à résider dans un hôtel) était réaliste à cette époque ?)
D’autre part, il faut supporter le fait de ne pouvoir sortir à l’extérieur, c’est tout de même une prison même si on peut la qualifier de dorée.
Est intéressant aussi la vie de ce grand hôtel, deux restaurants, barbier, couturière, fleuriste etc….

*Construction : Centrale électrique, aciéries, usines de fabrication de machines
Plan quinquennal : exil d’un million de koulaks, les autres paysans s’opposaient à la moindre innovation ; tracteurs en nombre insuffisant, météo défavorable ; la famine qui s’abattit sur l’Ukraine fit un million de victimes parmi les paysans.


Extraits :
« Au total,  il y avait presque dix mille casiers. Plus de cent mille bouteilles. Et sur chacune d’entre elles, on avait enlevé l’étiquette.
-Qu’est-ce qui s’est passé ? s’étrangla le comte ?
Andréï hocha la tête d’un air sombre.
-Quelqu’un a déposé plainte auprès du camarade Teodorov, le commissaire au Ravitaillement, au motif que l’existence de notre liste de vins va à l’encontre des idéaux de la Révolution. Que c’ est un condensé des privilèges de la noblesse, de la décadence de l’intelligentsia et des pratiques rapaces des spéculateurs.
- Mais c’est grotesque ! «


« Merveille d’efficacité sémantique, camarade pouvait être utilisé pour saluer, ou pour prendre congé. Pour féliciter, ou mettre en garde. Appeler à agir, ou bien harangue. Il pouvait aussi servir à attirer l’attention dans le hall bondé d’un grand hôtel. Et grâce à la plasticité du terme, les Russes avaient enfin pu se débarrasser des formalités épuisantes, des titres vieillots, des expressions gênantes – et même des noms ! Dans quel pays européen pouvait-on, en criant un simple mot, héler n’importe quel compatriote, homme, femme, jeune, vieux, ennemi ?
- Camarade ! »


« Mais l’impératif était de nourrir les villes, et la baisse précipitée des récoltes entraîna une hausse des quotas et des réquisitions réalisées sous la menace des fusils. »
Staline compris en lisant la presse étrangère que la Russie devait donner d’elle une autre image.
« La vie s’est améliorée, camarades », la vie – de fait – s’améliora !
« Les membres du politburo troquèrent leurs uniformes militaires contre des costumes sur mesures ; et ces jeunes ouvrières qui posaient devant leurs usines furent encouragées à s’habiller non pas comme des paysannes, mais comme des Parisiennes sur les Champs-Elysées. »

« Comme beaucoup d’autres personnes, elle se rendait dans ce magasin-là parce qu’il y avait dans la petite chapelle au fond de l’église une mosaïque du Christ et de la femme au puits que personne ne s’était donné la peine de démonter ; et les femmes qui attendaient de pouvoir acheter leur lait étaient prêtes à vous garder votre place pendant que vous filiez discrètement faire une petite prière. »
« Le monde serait-il meilleur si nous rangions tous nos boutons dans un gros bocal en verre ? Dans ce genre de monde-là, chaque fois que tu voudras prendre un bouton d’une couleur particulière, tu l’enfoncerais au fond du pot en cherchant à l’attraper, et alors tu ne le verrais plus. Pour finir, tu serais tellement énervée que tu renverserais tout le contenu du bocal par terre – et tu passerais une heure et demie à ramasser tes boutons.
- C’est de vrais boutons que nous parlons ? demanda Anna avec un intérêt non feint. Ou bien s’agit-il d’une allégorie ? »




mots-clés : #lieu #regimeautoritaire #relationenfantparent (assignation à résidence)
par Bédoulène
le Mar 27 Nov - 16:13
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Amor Towles
Réponses: 2
Vues: 170

Fred Chappell

Ça ne m’étonne pas que ça t'ait plu, bix.

Ma famille inoubliable


Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 41258w10

C'est l'histoire de l’enfance de l'auteur dans une ferme  de Caroline du Nord, protégé par une famille aimante. De sa tendre complicité avec son père, resté un éternel adolescent et Johnson, le garçon de ferme orphelin qui va mourir avant même de partir à la guerre tuer Hitler. Les oncles et les tantes sont autant de figures cocasses et bienveillantes ; les femmes, mère et grand-mère ont une place sécurisante mais effacée dans ce paysage enfantin.

Ce livre, qui ressemble par moments à  un recueil de nouvelles, offre toute sa place à la naïveté de l'enfance, et m'a fait penser au James Agee de Un mort dans la famille, ou à Kent Haruf, par la tendresse calme d'un quotidien paisible. Mais il se teinte parfois d'une pointe malicieuse de réalisme magique, quand 'l’imagination emporte l’enfant dans des visons pleines de fantaisie.


Mots-clés : #autofiction #enfance #intimiste #relationenfantparent #ruralité
par topocl
le Dim 25 Nov - 17:13
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Fred Chappell
Réponses: 2
Vues: 172

Marie Darrieussecq

Tom est mort

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 Cvt_to10

Aucune école, aucun pays, aucun livre, aucune conversation, ne nous avait préparés à ça.


Dix ans après, la mère de Tom jette des mots sur un cahier, des mots, des phrases, dans un style haletant et écorché, un chaos de douleur, de solitude, d'anéantissement, ce cri perpétuel en soi. Tom est mort il y a dix ans, il avait quatre ans et demi, il est là tous les jours avec elle. Ses souvenirs sont à la fois précis et vagues, nets ou reconstruits, de cette longue errance, ce retrait du monde,  ce trajet déchirant à continuer avec Stuart, son mari, et Vince et Stella ,ses enfants qui eux sont devenus ados. A ne pas s'habituer ( à refuser de s'habituer), à chercher à faire un deuil impossible, qui ne soit pas un abandon.

Celle qui est morte avec Tom c'est la mère de Tom. Reste la mère de Vince et la mère de Stella. La mère de Tom n'est plus. Celle que Tom voyait. Celle que j'étais dans le regard de Tom, née avec Tom et pour Tom. 10 ans après, je me souviens mal d'elle. Je me souviens de Tom. Il me semble que je pourrais, pendant quatre ans et demi plus une grossesse, faire défiler, minute par minute, sa vie entière. De la première échographie à la dernière image. Je le contiens, il est avec moi. Mais dans les blancs, dans les moments où il était à l'école, dans les moments où il était loin de mon regard, qui était la mère de Tom ? Je ne la vois plus. Dans les blancs elle disparaît. Il m'a peut-être emportée. Il m'a prise avec lui. C'est une idée presque apaisante. Me dire que je l'accompagne, où qu'il soit. Que je lui suis un peu d'aide. Et qu'une écorce vide reste ici à faire mes gestes et à garder mon souffle, une femme de paille.


Je dois dire que je me suis laissée prendre, j'ai cru que Marie Darrieussecq avait réellement vécu cette chose-là, que c'était une autofiction. J'avais oublié l'histoire du plagiat lancée par Camille Laurens à la parution du livre (il va me falloir lire le livre de Camille Laurens...). Ce n'est  qu'au dernier paragraphe, tant attendu, mais qui révèle le caractère écrit, structuré, romanesque, que j'ai compris. Non, c'était bien une fiction de bout en bout.
Et puis : qu'est ce que ça change ?



mots-clés : #culpabilité #mort #psychologique #relationenfantparent
par topocl
le Ven 23 Nov - 16:31
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Marie Darrieussecq
Réponses: 26
Vues: 577

Nina Gorlanova

Le Roman d'une éducation

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 Cvt_le10

Un roman qui me fait énormément penser à la Cité Dolente de Daniela Hodrovà en termes d'atmosphère et de mélange entre l'onirique et le réalisme.
Une oeuvre étrangement moderne alors qu'elle a désormais plus de 20 ans et qu'elle situe son récit dans les années 70. On assiste d'une certaine manière à toutes les strates nous permettant de comprendre l'URSS de l'époque, que ce soit selon un prisme de classes sociales ou selon un prisme culturel.
Un bémol cependant, j'ai eu de la chance de m'y connaître sur l'histoire et la culture de ce pays car sans cela il est des références ou des moments qu'on ne comprend pas facilement.
Il n'empêche que l'histoire est intéressante, cette petite fille revêche, d'un autre monde que la famille qui l'entoure avec un don qui n'a rien d'utilitariste dans un pays pourtant fort pragmatique, avec une personnalité qui n'a aucune envie d'être douée et qui n'a qu'une envie, être et être par soi-même.
La famille se révèle attachante malgré un côtoyé qu'on pourrait qualifier de "bobo sans le sou" .
L'écriture est structurée, assez poétique par moments, elle est à l'image du récit, oscillant entre ce souhait d'onirisme et cette envie descriptive et réaliste.

Une Belle histoire pour un très bon moment.


mots-clés : #adoption #famille #relationenfantparent #romanchoral
par Hanta
le Sam 17 Nov - 9:23
 
Rechercher dans: Écrivains Russes
Sujet: Nina Gorlanova
Réponses: 2
Vues: 352

Jean Mattern

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 411fxb10

Les bains de Kiraly

Le narrateur Gabriel avait perdu – quand il avait dix ans – sa sœur Marianne suite à un accident. Cet apparent Français, avec des origines d’ailleurs, mais jamais trop explicités et expliqués par ses parents, n’arrivera pas à vraiment digérer ce traumatisme. Vite il est aussi clair que son père, lui, avait aussi vécu à pareille âge, mais en 1938, une perte : sa mère. Là aussi : mutisme, absence de pouvoir mettre en parole un deuil, de partager en paroles et en gestes le vide intérieur. Et l’absence de sentiments exprimés devient pour ainsi dire la suite logique de ce vide, de la non-communication d’une tristesse. Seul parole donnée par le Père ? Un incompréhensible, un irrecevable « il a donne – il a repris », pourtant tiré du livre de la perte par excellence : le livre de Hiob, Job. Signe d’un ailleurs ? Quels appartenances seront cachés aussi ???

La vie de Gabriel semble une longue conséquence de ce qu’on a raté lui transmettre : une appartenance, une capacité de mettre en parole. Le jeu du traducteur qu’il est devenu, est encore de mettre entre soi et la réalité une langue, des mots « étrangers ». Des choses non-dites ne peuvent pas créér des êtres qui seraient des « pages blanches ». Enfermé dans le silence et la non-communication c’est comme une mort à la vie.

Je trouvais cela assez fort ! Et ce roman s’intègre dans ceux qui traitent des traumatismes (divers) transmis de génération en génération, capables de laisser des êtres muets… L’allusion à une réponse est à mon avis assez pertinente.


mots-clés : #mort #relationenfantparent #solitude
par tom léo
le Jeu 15 Nov - 16:41
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Jean Mattern
Réponses: 7
Vues: 373

Andrés Barba

Août, Octobre

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 00544110


Originale : Agosto, octubre (Espagnol, 2010)

CONTENU :
4ème de couverture a écrit:Dans Août, Octobre, la tension de l’adolescence de Tomas atteint son paroxysme lorsqu’il retourne, avec sa famille, dans le petit village où il a l’habitude de passer l’été. Là, les événements s’enchaînent avec une force irrépressible à la suite de sa découverte soudaine de la sexualité et de la violence, de la mort et de la transgression. Sorti du monde protégé de l’enfance, Tomas arrive à un âge où il doit faire face aux conséquences de ses actes, assumer des erreurs qu’il aura du mal à se pardonner, pour grandir.


REMARQUES :
Le texte se présente en deux parties : Souvenirs d’Août (plus longue) et puis Souvenir d’Octobre. Tomas a quatorze ans quand ils repartent comme chaque année de Madrid vers un lieu de plage : ses parents, sa sœur Anita, sa tante... Il ne peut que constater les transformations en si peu de temps, changement pas seulement du corps en devenir, mais de la perception même de ceux qui l’entourent, surtout ses parents, finalement alors pas si parfaits que ça ? Et même s’il est mal dans sa peau reste la soif d’être aimé. Et aussi : une colère, une envie qui monte. Poussé par des jeunes plus murs que lui, il se sent prêt à « s’éclater » à pleine force.Est-ce que cela peut même conduire vers un acte de violence ? Avec quelles conséquences ? Éventuellement regrettées après ?

Et est-ce qu’on pourra se « rattraper » plus tard, obtenir une sorte de pardon ?

Oui, l’auteur réussit à rendre une idée des contradictions intérieures propres à cet âge, des luttes insupportables, des « premières expériences", des face-à-face » avec des situations limites. Temporairement presque un peu en distance, je trouvais cela de plus en plus fort, justement maintenant après la lecture.


Mots-clés : #jeunesse #relationenfantparent
par tom léo
le Ven 9 Nov - 15:33
 
Rechercher dans: Écrivains de la péninsule Ibérique
Sujet: Andrés Barba
Réponses: 2
Vues: 275

Pierre Jourde

Winter is coming

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 Proxy_76

C'est l'un des livres les plus terribles, les plus noirs que j'aie lus. Quand on ouvre ce genre de livre, c 'est ce qu'on cherche, vous me direz.

Alors que la vie coulait pour Pierre Jourde un peu comme pour tout le monde, sans doute même un peu mieux que la moyenne,  on a diagnostiqué chez son fils de 19 ans un cancer du rein, d'une forme très rare, 12 cas au monde, et très virulente, pas de survie au-delà de 2 ans. Gabriel, dit Gazou, cet enfant pas encore homme, cet homme encore enfant,  aura droit à 11 mois.
Une histoire sans espoir aucun, racontée rétrospectivement, pas encore sorti de cette douleur dont il ne sait pas s'il en sortira jamais.

N'attendez pas une histoire de petits faits au jour le jour, de petits détails, de petites anecdotes qui permettent de reprendre souffle, de beaux détails sauvés dans ce marasme qui font quand même croire en la vie, C'est au contraire, malgré un vague souci chronologique, une grande déferlante sans répit faite de noirceur, de colère, de rage, d'impuissance et de fatalité. Cela reste sobre et contrôlé, parfois superbement écrit, avec parfois une note d’humour pour mieux cibler la naïveté  de l'équipe patiente (Gazou et sa famille), la vanité des espoirs et des dénis, mais il n'y a pas une seconde où souffler. C'est un homme qui se noie à voir son fils se noyer. Ce n'est pas un cri, mais une longue et déchirante vallée de larmes.

Si je comprends bien à quoi ça sert d’écrire cela, j'en suis toujours à me demander à quoi ça sert de le lire, et à y retourner, quand même. Un partage d'humanité, une oreille à ce qui se doit d'être dit ? Une façon de conjurer le sort? Une honnêteté à reconnaître que mes petits emmerdements, je ferai bien de ne pas trop m'en soucier ? Professionnellement une façon de comprendre ce qui se passe de l'autre côté de mon bureau ? Je ne sais pas. Mais mon cœur serré  doit bien y trouver quelque chose....


Mots-clés : #autobiographie #medecine #mort #psychologique #relationenfantparent #temoignage
par topocl
le Mer 7 Nov - 18:22
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Pierre Jourde
Réponses: 146
Vues: 3500

Elias Canetti

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 La-lan10

La langue sauvée

Il y a quelques temps (au début de l'année 2016) j'ai lu "Le flambeau dans l'oreille" en apprenant alors que j'étais déjà embarqué dedans qu'il s'agit du deuxième tome de ses mémoires, divisée en quatre périodes. Ce n'est pas bien grave, mais je m'étais dis qu'il fallait que je lise le premier tome un de ces jours. Dans l'un comme dans l'autre volume, Elias Canetti nous livre sa vision des époques et des lieux dans lesquels il évolue. Ces fragments ― tous liés à une anecdote, à l'atmosphère de la société d'alors (dont l'auteur nous livre finalement un précieux éclairage), à une personne de son entourage ou une personne historique, une lecture ou un événement important ― sont racontés avec double regard revendiqué et mis en évidence : celui d'une l'analyse a posteriori et d'une tentative de l'auteur, avec une belle franchise, de se remettre dans la peau de l'enfant puis du jeune homme qu'il a été. Il ne donne jamais l'impression de lisser certains contours, même s'il affirme à plusieurs reprise, qu'il ne dit pas tout. Heureusement, après tout.

Car par rapport à sa vie d'adulte du deuxième tome (1921 - 1931 ; Canetti est né en 1905) on entre avec ce premier tome (1905 - 1921) dans un cercle plus intime, notamment celui de sa relation avec sa mère, et qui dit des souvenirs peut-être plus imprécis (quoique sa mémoire soit étonnante) dit sans doute une part d'analyse plus importante, partant, plus précise, approfondie. On pourrait trouver son maniement du scalpel un peu indélicat, à l'égard de sa mère comme au sien, n'était l'intelligence et la compréhension qu'il y applique et qui force l'admiration. On se dit que cette lucidité n'est pas étrangère à la puissante figure maternelle ― bien plus déterminante que celle de Karl Kraus, ce dernier domine le second ouvrage ― surtout à la lecture des dernières pages, où sa mère juge son enfant sans appel, condamnant l'autosatisfaction dont il avait jusqu'ici fait preuve. Une attitude incompatible avec un développement intellectuel à la fois rigoureux et éthique auquel elle l'avait encouragé, en l'initiant très tôt à tirer des enseignements de ses lectures et de son existence.


Mots-clés : #autobiographie #relationenfantparent
par Dreep
le Ven 2 Nov - 16:31
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langue allemande
Sujet: Elias Canetti
Réponses: 9
Vues: 883

Lise Marzouk

Si

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 Produc10

On a diagnostiqué chez Solal, le fils de Lise Marzouk, à 10 ans, un lymphome. Il a  subi de lourds traitements,  puis a été déclaré en rémission. Grande victoire de ceux qui ont su lutter, aider, accompagner, mais une victoire qui n'oublie pas les dégâts collatéraux :  les autres enfants laissés morts en chemin, les blessures de la maladie, de la peur, des partenaires maladroits voire malveillants, la menace qui rôde toujours.

Lise Marzouk écrit ce texte, qui n’est intitulé ni récit, ni roman,et où alternent  habilement des parties avec « je » et des parties avec « Lise », elle », . il s'agit d'une espèce de journal de sa façon de combattre, refusant obstinément tous les Si pouvant évoquer un éventuel échec. C'est écrit avec beaucoup de lucidité, d'humilité aussi,  cette rage de vaincre qui l'a tenue.

Lise Marzouk brandit cette épreuve comme une victoire pour la petite fille qu'elle a été, branche fragile d'une famille qui lui demandait trop et ne lui offrait pas assez. Bien sûr elle se serait bien passée de cette psychothérapie par l'épreuve,  mais elle en est ressortie grandie. Anéantie, meurtrie,  transformée à jamais, sachant l'ignominie du monde, mais grandie.

Lise Marzouk est agrégée de lettres, son texte en pâtit d'un certain maniérisme, des anaphores pesantes, des choix de vocabulaires élaborés ou de tournures pesantes, des passages qui apparentent à l’exercice littéraire. Malgré ces maladresses, - que ne pardonnera-t'on à cette jeune femme que le destin n'a pas épargnée - son récit n'en est pas moins attachant, bouleversant plutôt. La lectrice ou lle lecteur ne manquera pas de s'interroger sur sa capacité à tenir un tel cap face à l'inacceptable douleur, mais saura, en tout cas, qu'une autre l'a fait (beaucoup d'autres, en fait), que cela est possible.

Mots-clés : #autofiction #pathologie #relationenfantparent #temoignage
par topocl
le Mer 31 Oct - 18:28
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Lise Marzouk
Réponses: 8
Vues: 311

Edouard Louis

Qui a tué mon père

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 Proxy_70

Edouard Louis dresse un portrait de son père, cet homme frustre et taiseux qu’il aime et hait tout à la fois, cet homme détruit par la vie, devenu précocement invalide, qui aime et hait son fils tout à la fois. C’est un portrait tout en nuance et ambivalence, très touchant, d’un homme qui est resté captif d’une réalité sociale terrible, alors que son fils, lui, en est sorti . Et du prix terrible à payer : ce fossé infranchissable entre eux (encore que la fin laisse entendre que cela ne soit pas totalement infranchissable).

Puis sur la fin  Edouard Louis en veut à  Chirac, Sarkozy, Macron, et quelques autres, qui ont entretenu et durci un système qui enserre dans la fatalité de la précarité et de l’exclusion, au niveau social, financier, culturel et de la santé. Cette courte partie est malheureusement très superficielle, quasi anecdotique et déçoit en cela.

Le livre étant d’une minceur extrême, on ne pouvait guère s’attendre à mieux (mais peut-être un peu, quand même), d’autant qu’il s’agit plus d’une accumulation d’anecdotes que d’un récit réellement construit et je dois dire que 12 euros pour 76 petites pages, même si quelques unes sont poignantes, ça coince un peu.

mots-clés : #autobiographie #politique #relationenfantparent
par topocl
le Mer 24 Oct - 10:14
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Edouard Louis
Réponses: 14
Vues: 302

Hanne Orstavik

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 Amour10

Amour. - Les Allusifs

"Vibeke et Jon, mère et fils, habitent depuis peu une maison un peu triste dans le nord de la Norvège. Les nuits sont longues et froides, la vie tourne au ralenti. Jon aura 9 ans le lendemain, il rêve d'un train qu'il installera dans sa cham­bre. Tandis que le garçon sort vendre des billets de loterie, Vibeke se rend à la bibliothè­que puis à la fête foraine, oubliant son enfant pour des rencontres sans lendemain."

Hanne Ørstavik réussit à décrire chaque geste des personnages et fait ressentir l'oppression d'un monde blanc, glacial, morbide. L'alternance des points de vue, l'unité de temps (une seule soirée) ajoutent une rigueur inattendue à ce texte poignant. Après La Pasteure, traduit l'an dernier, Amour confirme le talent singulier de cette écrivaine (née en 1969) qui, dans ses huis clos, décrit sans effets l'engrenage de la solitude et de l'incommuni­cabilité."

Christine Ferniot, Télérama


"Quand je serai vieille, on partira en train. Loin, aussi loin que possible. Voir par la fenêtre des montagnes et des villes et des lacs, parler à des gens et d' autres pays. Etre ensemble tout le temps. Ne jamais arriver à la fin."


"Trois livre par semaine, souvent quatre, cinq. Elle aurait voulu pouvoir passer son temps à lire, assise sur le lit sous sa couette, avec du café, plein de cigarettes, en chemise de nuit chaude. Elle aurait aussi pu se débarrasser de la télé, après tout je ne la regarde jamais, se dit-elle, mais Jon n'aurait sans doute pas voulu.


C'est le début. Vibecke est conseillère culturelle dans une ville du Nord de la Norvège.
Une ville qu'on devine moyenne et sans grande activité. La foret entoure la ville qui ressemble à une île cernée par le froid et la neige.
Elle vient d' aménager dans un nouvel appartement avec son fil Jon, qui va fêter ses neuf ans le lendemain.
Vibecke lit, lit énormément. Son univers est surtout imaginaire. Elle rêve sa vie.
Elle est jeune, moins de trente ans et elle a eu son fils trop tôt. Elle a divorcé.
Elle est jolie, belle peut-être. Elle soigne son apparence pour être digne de celui qu'elle rencontrera et qui changera sa vie.

Vibecke rêve.
Elle pense que Jon et elle sont comme les doigts de la main et qu'ils vivent en osmose, solitaires mais solidaires.
Jon rêve aussi, mais ses rêves à lui sont perturbés. De temps en temps, il se lève la nuit, met la radio, mange une bricole et va se recoucher après avoir tout rangé.
Jon attend donc son anniversaire. En attendant, il va vendre des billets de tombola à un vieux voisin. Quand il revient, Vibecke
est en train de se doucher. Pour ne pas la déranger dans ses préparatifs de fête, il sort marcher dans la rue.
Vibecke pendant ce temps s'est douchée, coiffée, maquillée. Elle pense qu'elle a encore le temps d' aller changer ses livres. Elle est persuadée que Jon est dans l'appart, et sans vérifier, elle sort à son tour.

Impossible de raconter ou de commenter ce qui va suivre dans les heures à venir. Ce serait priver le texte de son principal intérêt.
Je vous dirai simplement que j'ai lu ce livre, très court, en apnée et une fois achevé, en état de choc. Foudroyé.
Je suis un lecteur très impressionnable
Ce qui va se passer est pourtant du domaine du banal et de l'improbable. De l'imprévisible et de l'inouï.
Et c'est tout le talent de l'auteur de nous entraîner peu à peu dans le suspens et l'angoisse sans qu'on s'attende à ce qui va vraiment se passer.


mots-clés : #relationenfantparent
par bix_229
le Mar 9 Oct - 18:58
 
Rechercher dans: Écrivains de Scandinavie
Sujet: Hanne Orstavik
Réponses: 1
Vues: 331

Elsa Morante

L'île d'Arturo

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 Arturo11

Le narrateur est Arturo qui se souvient de son enfance et son adolescence sur l’île de Procida, une petite île à proximité de Naples, connue pour son pénitencier.

« Les Procidains sont revêches et taciturnes. Leurs portes sont toutes closes, rares ceux qui se mettent à la fenêtre, chaque famille vit entre ses quatre murs, sans se mêler aux autres familles. Chez nous l’amitié n’a pas bonne presse. Et l’arrivée d’un étranger éveille non pas la curiosité, mais plutôt la méfiance. »

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 Procid12


C’est  une histoire d’amours, celui  d’ Arturo  pour  son île dans toutes ses saisons,  l’ amour qu’il porte à son père qu’il adule (le plus beau !) et l’envie d’aimer et d’être aimé.

« Le fait est que, en général, j’étais trop amoureux de l’amour : c’est là ce qui a toujours été ma vraie passion ! »

La mère d’Arturo étant morte en lui donnant naissance celui-ci a vécu le plus souvent dans la solitude, son père Wilhelm  étant très souvent absent de l’île, alors quel plaisir pour l’enfant quand il peut avoir la compagnie de Wilhelm pour lui, aussi Arturo l’imagine t-il en héros, comme dans ses lectures,  sa beauté seule l’auréole de qualités.

Wilhelm, jeune homme arrogant, cynique, indépendant, macho,  laisse son fils grandir à son gré jusqu’au jour où à l’étonnement de l’enfant il lui annonce une nouvelle mère, l’épouse a tout juste 2 ou 3 ans de plus qu’Arturo. Ses sentiments passeront  par toutes les nuances : mépris, méchanceté, amitié, amour….

Le passage de l’enfance à l’adolescence est pour tous les enfants une période délicate, découverte de son nouveau corps, du premier baiser, de  la sexualité,   mais chez Arturo  elle correspond aussi à la découverte de son père,  à la chute du « héros ».

Repoussé  par sa belle-mère, trahi par son père, Arturo quitte son île pour s’engager dans l’armée. Il sait qu’il ne retournera plus sur l’île, les champs, les rues, la mer et le ciel étoilé de son enfance. Le ciel où brille l’étoile rouge « Arcturus ».

« Le feu de cette saison infinie de mon enfance me fouetta au sang avec une violence terrible et qui me faisait presque défaillir. Et mon unique amour de ces années-là revint me saluer. Je lui dis à haute voix, comme si vraiment il avait été là tout près :
- Adieu, papa


L’adulte Arturo qui raconte revient sur l’image de son père :

« Et je voudrais lui faire savoir : peu importe même que tu sois vieux. Pour moi, tu resteras toujours le plus beau. »

Autres extraits :
Arturo : « Maintenant, je lui pardonnais tout. Même son départ avec un autre. Et même son sévère discours final, au cours duquel, en présence de Stella, il m’avait appelé, en plus du reste, « bourreau des cœurs et Don Juan », et qui, sur le moment, ne m’avait pas peu offensé. »

« Le fait est que, en général, j’étais trop amoureux de l’amour : c’est là ce qui a toujours été ma vraie passion ! »

Arturo à son père :  «  - Tu es un homme sans foi ! continuais-je de crier. Tu ne tiens ni tes promesses, ni même les serments ! tu as trahi jusqu’à l’amitié ! A présent, je sais qui tu es ! tu es un traitre ! »

« Maintenant, au contraire, pour la première fois, je connaissais cette violence inhumaine : avoir pitié de son propre sang ! «

« Or, évidemment, le Prisonnier avait dû être mis au courant par mon père de cet alphabet mystérieux que je croyais notre propriété à nous deux seulement : la mienne et celle de Wilhelm Gerace ! »

Wilhelm à sa femme : « - Je fais toujours ce qui me plait. Quand me prend l’envie de partir, je pars. Et quand me prend l’envie de rentrer, je rentre ici et, toi, tu dois faire ce que bon me semble.



J’ ai vraiment beaucoup aimé l’histoire, cette enfance d’un garçon livré à la vie sans contraintes d’autres que celles des saisons, de la mer,  sans souci du gite et du couvert, dont l’imagination accorde à l’homme qui est son père tout crédit, une  admiration sans défaut, se contentant de ce qu’il lui accorde comme sa compagnie, un regard, un sourire, voire même une critique.

La psychologie des personnages me parait très fine et juste.

Je note aussi la mentalité des hommes et des femmes Italiens à cette époque, notamment les femmes qui acceptent et même revendiquent, telle Nunziata l'épouse, leur soumission au mari. De même Arturo reconnait le droit à son père à le frapper.

L’écriture est belle, voire poétique par moment, elle dessine ce récit.


mots-clés : #enfance #lieu #relationenfantparent
par Bédoulène
le Lun 24 Sep - 18:45
 
Rechercher dans: Écrivains Italiens et Grecs
Sujet: Elsa Morante
Réponses: 5
Vues: 518

Anne-Marie Garat

Le Grand Nord Ouest

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 51btop10

15 ans plus tard, Jessie raconte à Bud l'année de ses six ans, et retourne avec lui au Canada dans le Grand Nord Ouest, dans une espèce de pèlerinage, de quête de sens qui se heurte au temps écoulé. Fille choyée d'un nabab d'Hollywood, elle voit son père mort noyé sur la plage le jour de sa fête d'anniversaire. A l'aube de cette année qui va la mener à l'âge de raison, sa mère, une femme fatale fantasque et pleine de secrets, l'emmène sans un mot d'explication dans une folle équipée vers le Grand Nord, ses immensités enneigées, ses indiens animistes. Que fuit-elle? Que cherche-t'elle accrochée tant à ses rêves qu'à ses racines? On va le découvrir au même rythme que Jessie, sans avoir toutes les clés pour autant : cette mère étrange aux identités multiples, grande manipulatrice, gardera sa part de mystère. La petite rouquine (évidemment) connaît là une belle initiation à une vie autre, authentique, à la sagesse, à une certaine dignité auprès d'un vieux couple d'indiens empreints de traditions qu'elle a séduits au premier coup d’œil

C'est bien d'Anne-Marie Garat de nous offrir pour personnages principaux de ce roman du Grand Nord une fillette et sa mère, là où l'on ne croise d'ordinaire que prospecteurs, trappeurs et autre traîne-savates. Il y a aussi ces deux indiens pleins de sagesses, de croyances  de pré-sciences, solidement ancrés dans le territoire qu'on est en train de leur arracher, et qui  transmettent leurs savoirs. Cette épopée aurait du être jubilatoire, mais sans doute du fait du style si spécifique d'Anne-Marie Garat, qui prend ici une boursouflure un peu submergeante (ça grouille un peu trop, c'est une coulée de lave qui ne s'arrête jamais), je ne suis pas pleinement entrée dans ce récit, pourtant plein de poésie, de nature sauvage et de nobles sentiments qui n'excluent pas la facétie. j'ai souvent trouvé ça longuet.

Mots-clés : #aventure #contemythe #enfance #initiatique #lieu #minoriteethnique #nature #relationenfantparent #traditions #voyage
par topocl
le Mer 19 Sep - 10:06
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Anne-Marie Garat
Réponses: 8
Vues: 537

Judith Perrignon

Et tu n'es pas revenu
avec Marceline Loridan-Ivens


Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 Proxy_58

   Pourquoi une fois revenue au monde, était-je capable de vivre ? C'était comme une lumière aveuglante après des mois dans le noir, c'était violent, les gens voulaient que tout ressemble à un début, ils voulaient m'arracher à mes souvenirs, ils se croyaient logiques, en phase avec le temps qui passe, la roue qui tourne, mais ils étaient fou, pas que les Juifs, tout le monde ! La guerre terminée nous rongeait tous de l'intérieur.



Des camps, Marceline est revenue à 17 ans, mais son père, parti avec elle, n'est pas revenu. Avec une belle intelligence affective, elle raconte, 75 ans après, parce que c'est toujours là, comment "Mon retour est synonyme de ton absence". Comment ce mari, ce père, dont on ne sait rien de ses derniers mois et de sa mort, qui n'a même pas de tombe, a manqué, laissant une béance impossible à combler, définitivement traumatisante. Elle raconte l'impossible retour, l'impossible réconciliation au monde.


mots-clés : #autobiographie #campsconcentration #relationenfantparent
par topocl
le Sam 8 Sep - 13:04
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Judith Perrignon
Réponses: 6
Vues: 571

Marceline Loridan-Ivens avec Judith Perrignon

Et tu n'es pas revenu
avec Judith Perrignon


Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 Proxy_57

Pourquoi une fois revenue au monde, était-je capable de vivre ? C'était comme une lumière aveuglante après des mois dans le noir, c'était violent, les gens  voulaient que tout ressemble à un début, ils voulaient m'arracher à mes souvenirs, ils se croyaient logiques, en phase avec le temps qui passe, la roue qui tourne, mais ils étaient fou, pas que les Juifs, tout le monde ! La guerre terminée  nous rongeait tous de l'intérieur.


Des camps, Marceline est revenue à 17 ans, mais son père, parti avec elle, n'est pas  revenu. Avec une belle intelligence affective, elle raconte, 75 ans après, parce que c'et toujours là,  comment  "Mon retour est synonyme de ton absence". Comment ce mari, ce père, dont on ne sait rien de ses derniers mois et de sa mort, qui n'a même pas de tombe, a manqué,  laissant une béance impossible à combler, définitivement traumatisante. Elle raconte l'impossible retour, l'impossible réconciliation au monde.



mots-clés : #autobiographie #campsconcentration #relationenfantparent
par topocl
le Sam 8 Sep - 13:03
 
Rechercher dans: Histoire et témoignages
Sujet: Marceline Loridan-Ivens avec Judith Perrignon
Réponses: 33
Vues: 1911

Daniel Mendelsohn

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 Cvt_un10

Une odyssée : un père, un fils, une épopée

Topocl a évoqué avec beaucoup de justesse la beauté rare du récit composé par Daniel Mendelsohn. Le mythe révèle par l'écrit l'intime et interroge l'individu confronté à ses proches choix, à l'angoisse d'une perte, à la fragilité de la vie.

J'ai été particulièrement touché par l'humilité du regard de Daniel Mendelsohn envers son père. De l'entame d'un séminaire sur l"Odyssée" d'Homère aux imprévus d'une croisière méditerranéenne sur les traces de cette épopée, le fils découvre des richesses apparemment enfouies et remet en cause ses propres interprétations et perceptions. Les nuances, les contradictions et les complexités d'un être peuvent alors être perçues et transmises, créant un pont entre les multiples richesses d'un passé et l'édifice d'une histoire personnelle à construire.


mots-clés : #antiquite #autobiographie #contemporain #creationartistique #famille #relationenfantparent
par Avadoro
le Ven 7 Sep - 0:43
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Daniel Mendelsohn
Réponses: 38
Vues: 1277

Alan Pauls

Histoire de l'argent.

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 Argen_10

C'est une histoire de famille décomposée, le fils, simplement dénommé par "il" , étrange et inconsistant  pont entre ses parents séparés. Le quatrième membre de la famille et l'argent cet argent qui coule à flot, avec lequel chacun joue à sa façon (au casino, au poker, en placements, en immobilier mais aussi en secrets, cachage, empaquetages divers, passionnant jeu d'amour perverti). L'argent est le lien entre les personnes, le but ultime, qui n'exclue pas cependant le débordement des sentiments, pour  cette mère tout à la fois  abusive et quémandeuse, ce père fantasque et charismatique. L'argent se donne, se prête, se rend somptueusement, s'extorque, se lègue, donne des émotions tendres ou fortes ; l'argent interroge assure, il humilie. L'argent est à la foi une valeur sûre, fondatrice, mais aussi insaisissable dans ces années 70 d'inflation monstrueuse, de corruption, de kidnapping à rançons exorbitantes. Ces gens sont riches à en mourir (comme le premier personnage à aparaître, le "premier mort" du héros adolescent, mort dans un curieux accident d'hélicoptère, et chacun s'interroge sur le devenir de la valise de fric disparue avec lui), ils croient que l'argent est leur rempart, mais découvrent qu'il ne protège de rien, il sont riches, mais dérisoires.

S'il m'a été assez difficile d'éprouver une réelle sympathie pour ces très riches et leur dieu clinquant, Alan Pauls est arrivé par  son ironie mordante à faire plus qu'éveiller mon intérêt pour ce fonctionnement dé-réel, qui donne une réelle jouissance de lecture. Cela tient aussi à sa façon singulière, brillante, de raconter, d'éclater complètement la temporalité dans des allers retours aussi audacieux qu'irrationnels, de partir en digressions, au fil de longues phrases tendues au cordeau, parsemées de parenthèses, qui mettent une pression dans l'écriture.

je me demande comment dans histoire de cheveux , il met les cheveux au centre du récit, j'irai voir ça un de ces jours.
(Merci Bédou Very Happy !)


mots-clés : #relationenfantparent
par topocl
le Mar 21 Aoû - 12:06
 
Rechercher dans: Écrivains d'Amérique Centrale, du Sud et des Caraïbes
Sujet: Alan Pauls
Réponses: 23
Vues: 716

Claire Messud

La fille qui brûle

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 518vwm10

C'est l'histoire du passage à l'adolescence entre deux amies de la toute petite enfance, celle qui  raconte, et s'en sort pas mal, et l'autre moins bien dotée au départ, qui s'éloigne, s'enfonce dans des comportements que plus personne ne comprend, entraînant un rejet qui ne fait qu'aggraver sa détresse.

C'est très finement observé, cette fragilité d'une période où se révèlent les carences de l'enfance jusque-là masquées, où explosent les questionnements, et tout est si difficile si on ne trouve pas les bonnes alliances.

Le récit est tout en nuance, en bonnes trouvailles, c'est parfaitement maîtrisé, presque trop, les sentiments sont pour ainsi dire remplacés par cette acuité. C'est une bonne lecture, d'un roman bien structuré, qui  remue des périodes de trouble que nous avons vécues, mais où, peut-être, justement, il manque un certain trouble.

Tag relationenfantparent sur Des Choses à lire - Page 2 Sanato10



mots-clés : #amitié #conditionfeminine #enfance #identite #initiatique #psychologique #relationenfantparent #solitude
par topocl
le Mer 8 Aoû - 9:27
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Claire Messud
Réponses: 26
Vues: 905

Revenir en haut

Page 2 sur 4 Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

Sauter vers: