Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Sam 7 Déc - 17:54

30 résultats trouvés pour segregation

Sherman Alexie

Sherman Alexie
(Né en 1966)


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Sherman Joseph Alexie, Jr., né le 7 octobre 1966 à Wellpinit dans l'État de Washington aux États-Unis, est un romancier, poète et scénariste américain. Il vit aujourd'hui à Seattle et écrit principalement sur les populations amérindiennes. Sherman Alexie fait partie de la nouvelle génération d'écrivains amérindiens, appelée Renaissance amérindienne par le critique littéraire Kenneth Lincoln, et est sans doute un de ses membres les plus prolifiques avec une quinzaine de livres parus. Le magazine Granta l'a fait figurer dans sa liste des vingt meilleurs jeunes romanciers américains. Ses romans sont toujours partiellement autobiographiques et sont marqués par un grand réalisme, notamment sur le mode de vie actuel des Amérindiens.

Amérindien né d'un père de la nation Cœur d'Alène et d'une mère de la nation Spokane, Sherman Alexie a grandi dans une réserve près de Seattle, dans l'État de Washington à l'Ouest des États-Unis. Il écrit aussi bien des poèmes que des romans, recueils de nouvelles, pièces de théâtre et même scénarios de films. Son livre Phoenix, Arizona a d'ailleurs été adapté à l'écran par le réalisateur Chris Eyre en 1998 ; c'est le premier film réalisé, produit, écrit et interprété par des Amérindiens. Il s'est fait connaître pour son roman Indian Killer en 1997, un drame contemporain sur la légende d'un tueur amérindien. Alexie y décrit la misère contemporaine de son peuple, le dénuement matériel et spirituel des jeunes Amérindiens et les ravages causés par l'alcool et la drogue.


(wikipedia)



Œuvres traduites en français

Red Blues, traduit par Michel Lederer, Albin Michel (2008)

Fictions

Indian Blues
Indian Killer
Phoenix
La vie aux trousses
Dix petits Indiens
Flight
Le Premier qui pleure a perdu
Danses de guerre

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Tag segregation sur Des Choses à lire - Page 2 51icb110

Indian Blues

J'ai beaucoup aimé l'écriture de l'auteur qui utilise l'humour pour décrire la désespérance. Une lecture non seulement agréable et à mon sens utile pour ne pas oublier la spoliation matérielle, physique et spirituelle dont les Indiens ont souffert et souffrent encore.

S'appuyant sur la «légende» du célèbre guitariste Robert Johnson l'auteur nous conte  l'aventure musicale d'un groupe d'indiens Spokanes et des membres flathead. Grâce à la possession d'une guitare «accordée par le Diable» le guitariste de ce groupe joue divinement.  

Par les actes, les rêves et les récits du personnage  de Big Mamma (Chamane) l'auteur mêle judicieusement fantastique et réalité. Nous découvrons la triste réalité des réserves Indiennes d'Amérique : chômage, alcoolisme, pauvreté... à travers celle où l'auteur situe ses personnages : la réserve de Willpinit.

Je vais continuer ma découverte de cet auteur.

extraits :

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mots-clés : #minoriteethnique #segregation #social
par Bédoulène
le Ven 23 Déc - 17:29
 
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Sujet: Sherman Alexie
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Pete Dexter

Train

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On est dans l'Amérique de la ségrégation, les noirs portent les clubs des golfeurs, les noirs ont la chrome, les noirs essayent de s'en sortir comme ils peuvent. Et quand Miller Packard, l'étrange « homme des lointains », le flic laconique, semble s'intéresser à Train le jeune caddy aux doigts verts, et qui tient un club comme de l'or entre les mains, il ne prend pas de risques pour lui-même...
L'ambiance est noire, très noire, tendue à l'extrême, affûtée au couteau, traversée de fulgurances stupéfiantes , et explose en mille morceaux de violence terrifiante. Pete Dexter nous mène sans nous laisser reprendre notre souffle à la rencontre de personnages hantés et ambigus. Ce livre est d'un désespoir lumineux.


mots-clés : #segregation
par topocl
le Sam 17 Déc - 10:15
 
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Sujet: Pete Dexter
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James Baldwin

Un autre pays


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  Il n'a pas de véritable œuvre à accomplir, c'est là le drame, pour lui ; c'est aussi le problème qui se pose à toute notre époque et à cet invraisemblable pays. Et je suis prisonnière. Et il ne sert à rien de blâmer les hommes, de blâmer  une époque – n'est-on pas soi-même tous ces gens à la fois ? Ce sont les hommes qui font une époque.


Quelques jeunes gens new-yorkais, à la fin des années 50, dans cette ville tentaculaire, anonyme à force de multitude, discriminante.
D'une génération intermédiaire, ils se demandent si leurs rêves de jeunesse ne mènent qu' au désespoir. Ils  rêvaient d'amours éternelles mais la  sérénité leur y est interdites car elles sont homosexuelles, interraciales ou adultères. Ils rêvaient de liberté, et pour cela veulent devenir artistes (chanteuse, acteurs, écrivains, musiciens). Ils rêvaient que les différences raciales n'existaient pas. Ils croyaient que l'audace et la passion suffiraient. Il  leur  reste, peut-être,  l'amitié, face à leurs couples qui, de fulgurances en incertitudes, se déchirent, écartelés entre  sincérité  et compromissions. D'une sensibilité à fleur de peau, ils recherchent maladroitement un état de grâce hypothétique et le désespoir les rattrape souvent dans cette quête du bonheur. D'un taxi  à l'autre, de fumée de cigarette en scotchs, de bars en boîtes à jazz, il déambulent, et parlent,  parlent encore d'aspirations grandioses, de déchirements intimes, comme les adolescents  qu'ils n'ont cessé d'être, héroïques et inconsolables.

   - Eh bien, oui, dit Éric lentement, il a été blessé. C'est sûr. Il n'est pas besoin d'être un individu remarquable pour souffrir.


C'est un livre d'ambiance, ambiance d'une ville aimée quoique grouillante et inhospitalière, ambiance de jeunes gens qui se cherchent, se raccrochent les uns aux autre. Ballottés par un monde qui impose ses règles et exige trop d'eux, ou ne leur offre pas assez, ils découvrent que le passage de la jeunesse à la maturité est la perte d'une innocence. Dans ce New-york de  James Baldwin, il y a quelque chose du Paris de Simone de Beauvoir, (ils se donnent délicieusement du « mon petit », et du « tu es si gentil, Vivaldo ») les  jeunes femmes sont libres, complices et têtues mais font la vaisselle, les jeunes hommes hurlent leur désespoir avec élégance, ils se raccrochent les uns aux autres, ils y croient encore, peut-être…ou plutôt ils veulent y croire, les larmes au bord des yeux « happés dans le tourbillon d'une mystérieuse défaite ».

- Des jours comme celui-la, dit soudain Cass, je me souviens de ce que c'était - je crois m'en souvenir du moins - que d'être jeune, très jeune. - Elle leva les yeux vers lui. - Quand tout ce que l'on touche, tout ce que l'on ressent est si nouveau, que la souffrance elle-même est merveilleuse, car elle est totale.


(commentaire rapatrié)


mots-clés : #segregation
par topocl
le Ven 16 Déc - 9:32
 
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Bernard Malamud

L'homme de Kiev

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Comme on dit au cinéma aujourd'hui, ce livre est tiré de faits réels. En 1923, après la découverte du cadavre d'un jeune garçon chrétien de 12 ans, un pauvre juif est accusé  de meurtre rituel. C'est le parfait bouc émissaire, et malgré l'absence de  preuves, il est incarcéré, dans des conditions de plus en plus dramatiques, coupé du monde, traité avec une arrogance et une cruauté infamantes... Il reste cependant droit jusqu'au bout, frisant la folie mais clamant son innocence jusqu'au bout, en refusant d'accuser la communauté juive comme on le lui propose contre une remise de peine. Affaibli, avili, il n'en continue pas moins à chercher son propre chemin. Terrible sujet que cet enfermement kafkaïen dans les geôles atrocement antisémites de Nicolas II. Bernard Malamud mêle désespoir face à l'inhumaine humanité et espoir en l'homme, même écrasé par l'adversité, seul contre tous. Il mène un récit prenant, d'une tension croissante, que j'aurais voulu par moments moins bavard.


mots-clés : #antisémitisme #captivite #communautejuive #segregation
par topocl
le Jeu 15 Déc - 11:38
 
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George Samuel Schuyler

George S. Schuyler (1895-1977)

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George S. Schuyler (1895-1977) était journaliste et écrivain. Militant actif de la NAACP (Association nationale pour la promotion des gens de couleurs), opposant farouche aux discriminations raciales, il était connu pour ses satires et son esprit mordant.

Wikipedia






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"BLACK NO MORE, ou le récit d'étranges et merveilleux travaux scientifiques au pays de la liberté entre 1933 et 1940 après J.-C." fut publié en 1931.

Mon professeur de sociologie avait un jour déclaré que le Noir n'avait que trois manières de traiter son problème en Amérique. (Il se mit à les compter sur ses longs doigts fins.) "Foutre le camp, devenir blanc ou serrer les dents." Vu qu'il ne veut ni ne peut partir, et qu'il ne serre les dents qu'à contrecoeur, à mon avis, il ne lui reste plus qu'à devenir blanc.

Au début des années 30 aux Etats-Unis, la ségrégation raciale fait rage et le racisme est prégnant. Le docteur Crookman, aidés par ses deux "mécènes", un agent immobilier et un ancien bookmaker, compte exploiter son invention, une méthode pour blanchir la peau des clients irrémédiablement, à l'échelle de toute la population noire américaine. Max Disher décide, sur un coup de tête, d'être le premier cobaye.
Certes, il y a des longueurs sur la fin, à partir du début de la course à la Maison Blanche, et le fait que l'argent est le principal moyen et le but de pas mal de tout un chacun dans cette fiction peut agacer certains lecteurs. Mais les 150 premières pages , alternant à chaque chapitre, l'histoire de son héros et les effets du "Black no more" sur la société américaine débordent d'ingéniosité et de clairvoyance pour démonter, en creux, tous les tenants et aboutissants de la ségrégation raciale, ses causes et conséquences économiques, sociales et politiques.

Et les vingt dernières pages relancent l'histoire - notamment deux pages qui rappellent, sans concession ni exagération, les lynchages "selon l'ancienne tradition"(sic).

L'auteur porte un regard certes tranché, mais ironique et acéré sur l'Amérique au temps de la ségrégation raciale. A croire, en refermant le livre, que ces lois infamantes étaient quasiment, à l'époque, un pilier pourri du système américain.

"Comme il n'y avait jamais eu plus de deux millions de Noirs dans le Nord, le processus de blanchiment y avait été perçu avec indifférence par les masses car les faiseurs d'opinion sentaient que le pays réglait un problème très épineux à un coût nul, ce qui n'était pas le cas dans le Sud.
Lorsque les vilains fils d'Ham constituaient un tiers de la population de l'ancienne confédération, ils y avaient une grande valeur économique, sociale et psychologique. Non seulement ils accomplissaient le sale boulot et étaient à la base de la richesse des Etats du Sud, mais ils servaient aussi de chiffon rouge chaque fois que le prolétariat blanc ne supportait plus de se faire exploiter. La présence des Noirs au bas de l'échelle sociale donnait à Dixie un caractère unique aux Etats-Unis. Là-bas, en dépit de l'industrialisation galopante, la vie était un peu différente, un peu plus agréable, un peu plus douce. Il y avait du contraste et de la variété, ce qui était rare dans une nation où la standardisation s'était tant répandue que le voyageur ignorait dans quelle ville il se trouvait aussi longtemps qu'on ne l'avait pas renseigné. Le Sud avait toujours été identifié aux Noirs, et vice-versa, et ses plus beaux souvenirs, préservés dans les histoires et les chansons, s'étaient construits autour de cette caste de parias.
Si les Caucasiens du Sud étaient fascinés par la chevalerie, s'ils étaient obsédés par la protection de la féminité blanche, s'ils exaltaient la fierté raciale, s'ils faisaient tous preuve de la même arrogance étudiée, c'était dû à la présence du Noir. Virées et affamées par leurs seigneurs de l'industrie et de l'agriculture, les masses blanches tiraient leur seule consolation et leur seul bonheur du fait qu'elles était de la même couleur que leurs oppresseurs et, par conséquent, supérieures aux misérables Noirs.
Les pertes économiques occasionnées par l'émigration ethnique dans le Sud étaient considérables. Des centaines de wagons en bois, depuis longtemps interdits pour leur vétusté dans d'autres parties du pays, furent envoyés à la casse par les compagnies de chemin de fer quand il n'y eut plus de Noirs à y entasser."


Message rapatrié


mots-clés : #racisme #segregation
par Exini
le Dim 11 Déc - 9:20
 
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Sujet: George Samuel Schuyler
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Julie Otsuka

Quand l’empereur était un dieu

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Attention, livre précieux
Il y a d’abord un sujet vital constitué par la déportation des populations d’origine japonaise, leur mise à l’index, les accusations de trahison qu’elles ont subies pendant tout le conflit américano-japonais qui découla de Pearl Harbor, et les conséquences individuelles que cela entraîna
Et puis, surtout Julie Otsula raconte cela mine de rien, on a  l’impression d’un récit purement factuel, avec une précision des faits, un rapport délicat des paroles, des observations, des rêves, qui fait monter en puissance une intense émotion, pleine de dignité et de délicatesse. Le père , la mère, le fils et la fille nous rapportent les faits chacun à tour de rôle, ou par un récit commun (les deux enfants dans un magnifique chapitre utilisent le nous pour décrire leur fraternité solitaire unie face à l’hostilité). Julie Otsuka ne nomme pas ses personnages. On comprend bien que c’est pour donner  de l’universalité à son récit, et, curieusement, alors que cela pourrait donner de la distance, cela donne une intensité dramatique à la fois douloureuse et lumineuse à son récit.

Petit exemple pour comprendre comment elle fait passer une émotion sans la nommer. Dans le camp, le petit garçon souffre quotidiennement de l'absence de son père. Jamais cela n’est dit explicitement, mais Juliette Otsuka rapporte cette anecdote de son passé :

Son père l’appelait « mon petit bonhomme ». Il l’appelait aussi « boule de gomme » ou « Bout de chou » ou encore « caramel ». « Tu es mon grand chef, mon numero uno », disait-il. Et chaque fois que le garçon se réveillait en hurlant après quelque sombre et horrible horrible cauchemar, son père entrait dans sa chambre, puis s'asseyait au bord de son lit et caressait ses cheveux noirs coupés courts. « Chut, mon sucre, murmurait-il, tout va bien. Je suis là.»


Tout est dit de la douceur et de la douleur intimement mêlée.


(commentaire rapatrié)


mots-clés : #deuxiemeguerre #segregation
par topocl
le Mer 7 Déc - 15:23
 
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Sujet: Julie Otsuka
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Achille Mbembe

Critique de la Raison Nègre» de Achille Mbembé.  suite

voici un extrait :
«Par ailleurs, il y a une part maudite constitutive de l’histoire des rapports entre l’Afrique  et la marchandise. Cette histoire prend forme au moment de la traite atlantique. A la faveur de la traite des esclaves, le rapport des Africains à la marchandise se structura rapidement autour du tryptique désir de consommation/ mort/ génitalité. A plusieurs égards, l’économie politique de la traite des esclaves fut une économie foncièrement libidinale. Elle avait ceci de particulier que son centre de gravité, ou encore son moteur principal, était d’une part le désir de consommation et de l’autre le désir de la dépense absolue et inconditionnelle. Ce désir entretenait en retour un rapport étroit avec les procédures de reproduction sexuelle. Il revêtit très tôt les aspects d’une corruption que même la perspective d’autodestruction (la vente des parents proches et la dissolution du lien social) ne parvenait guère à limiter. On peut, au demeurant, dire de cette économie qu’elle fit de l’autodestruction et du gaspillage les indicateurs ultimes de la productivité....»

j'ai commencé la lecture de ce livre qui à mon sens a toute sa place ici, d'autant qu'écrit par un historien de l'esclavage qui ouvre sur le racisme, je le lis en parallèle avec Home de Toni Morrison, j'apposerai sans faute un commentaire sur ce livre dès que j'aurai plus de matière...
j'essaierai d'apporter une double problématique à ces lectures : le racisme en tant que réponse économique, et esclavage et sexualité des dominants...

Première problématique : le racisme en tant que réponse économique

Dans un premier temps Achille Mbembe établi trois grandes étapes de l'esclavage qu'il nomme aussi :"le devenir-nègre" du monde. Tout d'abord :" le premier est celui du dépouillement organisé lorsqu'à la faveur de la traite atlantique (XV°-XIX° siècles) des hommes et femmes originaires d'Afrique sont transformés en hommes-objets, hommes-marchandises et hommes-monnaies..." le second moment est :" celui qui correspond à la naissance à l'écriture et commence vers la fin du XVIII° siècle quand, de par leurs propres traces, les Nègres, ces êtres-pris-par les autres, peuvent désormais articuler un langage à eux tout en revendiquant le statut de sujets à part entière du monde vivant...." (innombrables révoltes d'esclaves, indépendance d'Haïti, combats pour l'abolition de la traite, décolonisations africaines et luttes pour les droits civiques aux Etats-Unis, démantèlement de l'apartheid lors des dernières années du XX° siècle, et enfin le troisième moment(le début du XXI° siècle) : " est la planétarisation des marchés, de la privatisation du monde sous l'égide du néolibéralisme et de l'intrication croissante de l'économie financière, du complexe militaire postimpérial et des technologies électroniques et digitales." le devenir-nègre du monde.
Mbembe démontre que le concept de race, qui a trait à la sphère animale telle que la décrivait Buffon, ce concept "servira à nommer les humanitès non européennes", ce sont des humanités frappées "d'un moindre être"
---""Le nègre n'existe cependant pas en tant que tel. Il est constamment produit. Produire le Nègre, c'est produire un lien social de sujétion et un corps d'extraction, c'est à dire un corps entièrement exposé à la volonté d'un maître, et duquel l'on s'efforce d'obtenir le maximum de rentabilité. Objet corvéable, le Nègre est aussi le nom d'une injure........."
---S'en suit un historique de l'esclavage au cours des siècles, passant des premières servitudes dont se servaient les Portugais, premiers explorateurs de l'Afrique, à l'utilisation faite par les espagnols dans des equipages de marins, de leur participation  des campagnes militaires à la decouverte de l'Amerique notamment aux côtés d'Hernan Cortès en 1519 lors de son assaut sur le Mexique.Puis après 1492, le commerce triangulaire, le développement de la créolisation, brassage de religions et de cultures, developpement du capitalisme dont il ont été la main d'oeuvre, colonisation dont ils ont été également les victimes
Ainsi : "cette petite province de la planète qu'est l'Europe s'installe progressivement dans une position de capitanat sur le reste du monde."
"Parallèlement, se mettent en place, notamment au cours du XVIII° siècle, plusieurs discours de vérité sur la nature, la spécificité et les formes du vivant, les qualités, traits et caractères des êtres humains, voire de populations entières que l'on spécifie en termes d'espèces, de genres ou de races et que l'on classe le long d'une ligne verticale."


mots-clés : #essai #racisme #segregation
par Chamaco
le Dim 4 Déc - 11:31
 
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Sujet: Achille Mbembe
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Toni Morrison

«Délivrances» de Toni Morrison,

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Ce livre commence par l’histoire de la mère de Lula Ann alias Bride, traumatisée par la couleur de peau de sa fille (noire comme le Soudan) et les conséquences pour elle même et ses proches
florilège : «la nourrir, c’était comme une négrillonne qui me tétait le mamelon. Je suis passée au biberon dès que je suis rentrée chez moi.»
«Etre noire à ce point-là et avoir ces lèvres d’après moi trop épaisses qui m’appelaient «Maman», ça rendrait les gens perplexes»
Ce sont les propos d’une mère, et il y a plus, cela m’a bouleversé à l’entame du livre, on ne peut dire qu’il s’agit d’un livre tiède. Peut on trouver un minimum d’excuses à cette mère, peut être le contexte sociologique de cette amérique où :
«Quand mon père et elle sont allés au tribunal pour se marier, il y avait deux Bibles et il a fallu qu’ils posent la main sur celle réservée aux Noirs».
En quelque sorte :
«Il fallait que Lula Ann apprenne à bien se tenir, à éviter de se faire remarquer et à ne pas causer de problèmes. Je me moque du nombre de fois qu’elle change de nom. Sa couleur est une croix qu’elle portera toujours. Mais ce n’est pas de ma faute. Ce n’est pas de ma faute. Ce n’est pas de ma fautre. Ca non.»
Commenter plus serait supperflu.

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Déception et break sur "Délivrances"...

Ce livre avait bien commencé pourtant...Non pas que je recherche la delectation dans le malheur des gens, mais l'écriture et la consistance des premiers chapitres laissait présager une oeuvre hors de l'ordinaire. Cependant au fil des pages cette histoire poignante se transforme en une déliquescente presentation de mode narcissique et futile balayée avec insistance par le fréquent usage d'un plaisir pris avec le blaireau-phallique d'un ex_petit ami, atteinte de blairomanie l'héroïne est de surcroît frequemment témoin d'actes de pédérastie, on se demande pourquoi, et là, soudain je n'ai plus envie de chercher à retrouver les traces de cette belle écriture du début. Je reprendrai le livre peut être, plus tard, à moins qu'entretemps quelqu'un ayant été plus loin ne m'incite à poursuivre...Dommage...



mots-clés : #segregation
par Chamaco
le Dim 4 Déc - 11:10
 
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Sujet: Toni Morrison
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Toni Morrison

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"Home"

4° de couverture de "Home" Toni Morrison
"Frank Money est Noir, brisé par la guerre de Corèe, en proie à une rage folle. Il doit retrouver à Atlanta sa jeune soeur Cee, gravement malade,afin de la ramener dans la ville de leur enfance en Géorgie - "le pire endroit du monde". S'engage pour lui un périple dans l'Amérique ségrégationniste des années 1950 où dansent toutes sortes de démons. Avant de trouver, peut être, l'apaisement. Parabole épurée, violemment poétique, Home conte avec une grâce authentique la mémoire marquée au fer d'un peuple et l'épiphanie d'un homme."

toujours d'actualité aux USA.

«Ici se dresse un homme»
Cette phrase peinte sur un ecriteau cloué sur un arbre près d’une tombe improvisée, c’est l’image de la redemption de Franck ce soldat noir rentré de Corèe meurtri par la guerre, la perte de ses amis d’enfance morts au combat à ses côtés et un lourd secret qu’il traîne derrière lui à travers l’amerique ségrégationniste des années 50.

"Home"
, le titre est un resumé du livre, la coquille qui contient la somme des souffrances que nous font parcourir les pages de cette thaumatologie que nous livre Toni Morrison. La colonne vertébrale de cette histoire est celle de Franck, dont nous decouvrirons au fil de la lecture sans que Toni Morrison n’en écrive le mot, avec grande pudeur, qu'il est noir. D'une famille tres pauvre, son enfance s'est déroulée dans un petit village, sa vie tourne autour de la protection qu’il porte à sa petite soeur avec qui il sera témoin d’un évènement dont il comprendra les tenants et aboutissants à la fin du livre, découverte finale qui lui permettra de formuler ses propres remords et d’atteindre la paix.

Ce bouquin construit sur des déchirements, décortiquant les peaux ne laissant que les os, est un onguent de douceur sur ces plaies béantes que sont les attaques de la misère, du racisme et de la guerre et Toni Morrison n’utilise pour seule violence que la suggestion née des mots...
Inutile de préciser que j'ai aimé ce bouquin...?


mots-clés : #racisme #segregation
par Chamaco
le Dim 4 Déc - 11:07
 
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Sujet: Toni Morrison
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Daniel Arsand

Je suis en vie et tu ne m'entends pas .

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Klaus a passé quatre mois à Buchenwald, lieu non-nommable. Il y était le dernier parmi les derniers, rebut au sein du rebut, incarcéré pour son homosexualité.
C'est l’histoire de son retour dans un monde devenu hermétique suite à l'épreuve, où il fait face, "pédé", "tante", à la persistance de la haine. mais aussi à l'amitié, à l'amour et à l'espoir.
C'est un texte terrifiant d'humanité désespérée, un rapport violent, haché, haletant, du chaos intérieur d'un homme démantelé.


(commentaire rapatrié)

mots-clés : #campsconcentration #identitesexuelle #segregation #discrimination
par topocl
le Ven 2 Déc - 18:05
 
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Sujet: Daniel Arsand
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