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68 résultats trouvés pour violence

Elena Ferrante

L'Amie prodigieuse

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 L-amie10

« Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. Il nous arrivait toutes sortes d’histoires, chez nous et à l’extérieur, jour après jour ; mais je ne crois pas avoir jamais pensé que la vie qui nous était échue fût particulièrement mauvaise. C'était la vie, un point c'est tout : et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile. »
Prologue, 5


La misère, avec ce qu’elle fait ignorer, supporter et commettre : violences familiales et dans la rue, jusqu'au gâchis des dons. Au fil chronologique d'une narration à résonance autobiographique, Elena Greco nous rapporte sans misérabilisme ses enfance et adolescence dans un quartier populaire du Naples des années cinquante, notamment marquées par l’ascendant de son amie du même âge, Rafaella Cerullo, dite Lila, surdouée dont les parents ne peuvent payer les études, « méchante » dure et déterminée, perspicace et intransigeante, qui l’influence, ou plutôt la tire en remorque. Le motif dominant du récit, c’est cet écrasement de la narratrice, toujours effacée par l’ascendant de son amie qu’elle ne peut au mieux que suivre (sans que celle-ci en ait voulu ainsi, uniquement acharnée à apprendre, comprendre). Une sorte d’émulation, voire de rivalité sourde, unit les deux jeunes filles : toujours en avance lui semble-t-il, Lila demeure cependant la référence indispensable d’Elena, seule à aller au lycée.
Le meurtre d’un voisin enrichi sans scrupule, Don Achille, constitue un fil d’intrigue. Machisme foncier et susceptible ; espoirs de réussite sociale ‒ l’argent, qui généralement manque : la plèbe, qui contamine et enferme.

« Quels signes pouvais-je donc porter ? Et quel était mon destin ? Je pensai au quartier comme à un gouffre d’où il était illusoire d’essayer de sortir. […]
"J’emploierai toute ma vie, me dit-il comme s’il s’agissait d’une mission, à m’efforcer de ne pas lui ressembler [à son père]." »
Adolescence, 32

« C’est partout la misère qui nous rend tous méchants. »
Adolescence, 43


Tome premier d’une saga de quatre romans, il se termine sur une amorce de la suite.


mots-clés : #enfance #famille #jeunesse #social #violence
par Tristram
le Dim 24 Déc - 15:53
 
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Sujet: Elena Ferrante
Réponses: 32
Vues: 1355

Omar El Akkad

American war

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 Images48

On est dans le Sud, tout au long de  la deuxième Guerre de Sécession  américaine (2074-2093). La montée des eaux et le dérèglement climatique ont déplacé des populations entières. Le Sud refuse la loi des nordistes qui interdit l'énergie fossile. Ses habitants subissent les ravages de cette guerre (guerre bactériologique, drônes...), et soutiennent les valeurs des combattants rebelles. Le père de Sarat meurt dans un attentat, sa famille est déplacée dans un camp de réfugiés où, devenue adolescente,  elle est approchée par des recruteurs, en collaboration avec les service secrets de l'Empire Bouazizi (qui regroupe tous les  anciens pays du Moyen Orient). On l'incarcère et la torture des années dans une île qui ressemble fort à Guantánamo, dont elle ressort détruite, définitivement transformée en un être de haine et de vengeance.

On accompagne tout au long du livre Sarat, cette petite fille qui, enfant, était heureuse et qui se transforme en quelques années en un monstre génocidaire.  C'est un beau (quoique terrible) portrait de femme, qu'on découvre, assez horrifié de cette nouvelle démonstration du fait que la violence n’entraîne que souffrance et violence.

Assez jouissive est cette image des Etats-Unis dévastés, pays qui n'a plus les manettes, livré à l'aide humanitaire internationale, subissant toutes les exactions qu'elle a imposé jusque-là aux autres sur la planète . Il y a des longueurs , certes, mais la guerre est longue; et le scénario se  déroule implacable, rendu totalement crédible par des personnages qui nous ressemblent, pris dans le monde que nous leur préparons.  Ce livre est terriblement angoissant, il montre dans un récit habile tout ce que nous redoutons, et même un peu plus. Plus moyen de croire que nous l'éviterons.


mots-clés :
mots-clés : #ecologie #guerre #romananticipation #terrorisme #violence
par topocl
le Lun 27 Nov - 21:23
 
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Sujet: Omar El Akkad
Réponses: 2
Vues: 346

John Williams

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 515hxf10

Butcher's Crossing


Originale : Anglais (E-U), 1960

CONTENU :
C'est vers 1870 que Will Andrews quitte Harvard après trois ans d'études pour pouvoir suivre une idée : rechercher un contact plus originel avec la nature. Muni d'une adresse, il tombe à Butcher's Crossing sur une ville au carrefour de la chasse vers les derniers grands troupeaux de buffles. Il y va se joindre à un groupe d'hommes, guidé par un certain Miller, qui lui, parle d'une vallée cachée avec un troupeau pas encore découvert. L'excursion se prépare et les quatre hommes partent. Le voyage et ensuite l'arrivée dans cette vallée reculée, la chasse aux buffles et la (sur)vie des hommes vont être racontés : on deviendra insatiable...

REMARQUES :
Après l'incroyable « Stoner » de John Williams, je ne pouvais que continuer à explorer cet auteur. J'ai donc pris ce roman antérieur de plusieurs années à Stoner, écrit en 1960. Et à notre grand étonnement nous découvrons que ce roman se situe complètement ailleurs : dans la deuxième moitié du XIXème siècle, dans le cadre du Far Ouest, d'abord avec les clichés y associés : cow-boys, filles légères, salon, coiffeur, chevaux dans un village de croisement, de départ et de retour d'expéditions pour chasser les derniers grands troupeaux de buffles. Mais déjà faut-il de plus en plus loin pour des troupeaux de moins en moins grands.

Assez rapidement, et sur la recommandation d'une vague connaissance, Will Andrews contacte un aventurier qui parle de ce qu'il avait découvert des années auparavant : une vallée isolée, cachée, ignorée, avec un énorme troupeau de buffles. C'est vraiment rapidement que le projet prend forme, qu'on se munit du nécessaire et qu'on partira à quatre. Le voyage, inclus une période sans eau et une perte d'orientation, puis l'arrivée dans la vallée (comme une arrivée à la terre promise…) ouvre vers la partie centrale, qui se déroule alors dans cette vallée : chasse, campement, surpris par l'hiver… Se déroule alors dans ces grandes espaces une sorte de huis-clos entre quatre hommes de trempes différentes.


Disons en passant que ce cadre bien différent de Stoner peut convaincre plus d'un sur la maîtrise, la flexibilité de Williams dans son écriture… Ayant souligné alors cette diversité on pourrait explorer cette curiosité que l'auteur donne au protagoniste Andrews son nom de famille comme prénom : William/Will. Donc de là la vague idée d'une forme de souvenirs autobiographiques. Pas du Far Ouest, mais peut-être de la confrontation avec la violence que constituaient probablement pour lui sa participation à la guerre mondiale. Car il faut bien souligner que notre héros Will est peut-être pas mal intentionné, mais qu'il est certainement pas entièrement préparé : les durétés de l'expédition vont le changer à jamais, lui qui était arrivé à Butcher's Crossing comme un garçon innocent.

Donc, le lien avec la vie de l'auteur sont bien sûr juste des idées personnelles possibles, mais ce qui est sûr c'est que des expressions, des réalités très différentes (Stoner ; Butcher'sCrossing) peuvent rendre dans leur complémentarité une idée d'une personne.

Le lieu (« Croisement des bouchers ») me fait penser à un carrefour de décision de vie ce qui est probablement le cas pour Will.

On pourrait (âmes sensibles) retenir le massacre des buffles dans la deuxième partie du roman, mais cette chasse ne constitue qu'une partie du récit. Donc, la comparaison avec le roman légendaire de McCarthy « Méridien de sang ou le rougeoiment du soir dans l'Ouest » n'est pas justifié coté sang, massacre, violence inouie. S'il y a parenté, éventuellement par le fait que l'Ouest américain se créa sa propre fin ? Le massacre aux buffles, presque anéantis entièrement, sont un parabole nous invitant à la réflexion.

Un centre d'intérêt de ce roman serait certainement la vie en univers clos : quatre hommes, liés pour une période prolongée les uns aux autres. Presque un huis clos donc.

Un très bon roman qui n’atteint peut-être pas encore la qualité de Stoner mais laisse présager le meilleur ! Invitation à la lecture !

mots-clés : #aventure #initiatique #nature #violence
par tom léo
le Mar 26 Sep - 18:20
 
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Sujet: John Williams
Réponses: 15
Vues: 392

Zoé Valdés

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 51mm8510

La Douleur du Dollar

Note de l'éditeur:
Voici l’histoire d’une femme, la Môme Cuca, abandonnée par l’homme de sa vie qui, pour tout souvenir, lui a laissé une fille et… un dollar. Mais c’est aussi — et surtout —, des années prérévolutionnaires à nos jours, de la nonchalance à l’exubérance, de l’espérance à l’incertitude puis à la résistance d’un peuple, l’histoire de La Havane — ville peinte ici dans toutes ses contradictions, sa violence et sa sensualité.
Composée dans l'exil, l'oeuvre de Zoé Valdès est sans doute le plus bel hommage que la romancière puisse rendre à son île, son pays perdu, tragique et tant aimé.


Résumé:

La jeune Cuca Martínez (surnommée Cuquita, « cocotte », Caruquita, ou la Niña, « la Môme »), issue d'un milieu très modeste, quitte à seize ans sa ville natale de Santa Clara et se rend, avec toute sa pudeur et ses principes, à  la Havane chez une amie de sa marraine où elle travaillera comme femme de ménage. Elle partage sa chambre avec la Mechunga et la Puchunga, deux bisexuelles qui deviennent ses amies. Un jour qu'elles s’apprêtent à sortir au cabaret le Montmarte, elles habillent la timide Môme et l'emmènent avec elles; Cuca y fera la rencontre de Juan Pérez, dit le Ouane, avec qui elle échangera son premier baiser. Premier baiser qui va tellement l'ébranler qu'elle va se sauver en courant. Convaincue qu'il est l'homme de sa vie, Cuca va l'attendre fidèlement (alors qu'il ne connait même pas son adresse...) durant huit ans, jusqu'à ce que le hasard leurs permette de se retrouver de nouveau au Montmartre. Ils vivent un amour fulgurant mais la Révolution change les choses : Juan, qui travaille pour la mafia, doit quitter brusquement Cuca et Cuba pour rejoindre les USA. Avant son départ, il donne à la jeune femme, alors enceinte, un billet d'un dollar et lui demande de le conserver précieusement dans l'attente de son retour.
Cuca accouche d'une fille, María Regla, sans jamais perdre l'espoir d'un retour du Ouane. María Regla est une enfant de la révolution, nourrie à l'école de message de propagande : elle hait son père, devient journaliste pour le pouvoir castriste, et communique peu avec sa mère. Cuca, de son côté, vieillit tout en tentant de survivre dans sa misère à La Havane.
Dans les années 1990, Juan Pérez, devenu riche et ayant fondé une famille à Miami, est sommé par son chef mafieux de rendre le billet d'un dollar sous peine de voir sa famille américaine avoir de sérieux ennuis. Il revient donc à Cuba où il va retrouver Cuca toujours aussi amoureuse de lui et faire la connaissance de sa fille Maria Regla. Ensemble ils chercheront le billet….

Ce que j'en dis:

Le style de Zoé Valdès risque d'en déranger certains qui la targueront d'être vulgaire. C'est une erreur. Le langage est cru, réaliste, familier,c'est celui de la rue: c'est tranché, direct et sensuel. Il y a le sexe, les larmes et le rire. C'est le cri dans le tréfonds, c'est un amour avec toutes ses contradictions.Ce sont les yeux ouverts face au désespoir. Aucune niaiserie ni mièvrerie, on mord dans sa lèvre jusqu'au sang.

Par rapport à la structure du roman, dès le départ on sait que le narrateur est le cadavre
1ère phrase du roman: “Ce n'est pas moi qui ait écrit ce roman. Moi, c'est le cadavre.”


dont la “petite voix”, la Geminette Criquette vient parfois confirmer ou infirmer ce qui est écrit et ainsi caricaturer le politiquement correct.

La peinture est vive, au couteau pour dépeindre avec intransigeance les incompétences et la corruption des politiques, la misère, le délabrement.

Le rythme est soutenu, L'écriture agile, incisive et aussi terriblement poétique, car Zoé Valdès est aussi poète. De nombreux jeux de mots avec les sobriquets viennent agrémenter le côté sarcastique et ironique de certaines situations.

Je suis d'accord avec l'éditeur: c'est un bel hommage à Cuba.

Lisez Zoé !

Mon prochain roman sera le Néant Quotidien


mots-clés : #conditionfeminine #lieu #revolution #sexualité #violence
par Cliniou
le Lun 4 Sep - 14:42
 
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Sujet: Zoé Valdés
Réponses: 6
Vues: 337

Joseph Kessel

Les nuits de Sibérie

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 41-ujv10

J'ai adoré ! Vraiment !
C'est un court récit, celui d'une journée et d'une nuit, d'un officier français dans le port perdu de Vladivostok peu après la Révolution Bolchévique.
Narré à la première personne s'adressant au lecteur ou un personnage connu du héros, nous déambulons dans cette ville alcoolisée, sale, lugubre, aux filles faciles et au pouvoir corrompu où toutes les armées se jaugent et se soûlent.
Les russes dans tout cela vaquent à leurs crimes, leurs trafics, leur prostitution tentant de prendre l'argent qui n'est plus à personne puisqu'il serait à tout le monde.
On y comprend le désespoir et l'agonie, nous nous prenons de pitié pour cette perdition géographique et culturelle, sans aucun repère, sans aucun fondement.
Le style est fluide, riche, il contraste par sa netteté avec la souillure de la ville décrite. C'est laconique et tranchant, mélancolique et attristé.
Nous aimerions que l'histoire soit plus longue, mais la gradation de la violence, et la vacuité des destins de la ville nous laissent à penser que tout a été dit.

mots-clés : #violence #voyage
par Hanta
le Ven 18 Aoû - 15:02
 
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Sujet: Joseph Kessel
Réponses: 29
Vues: 1281

Iceberg Slim

Pimp : Mémoires d'un maquereau

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 Fghhfg10

J'ai adoré ce roman autobiographique. Je l'ai aimé pour trois raisons principales :
- le langage est cru mais jamais salace, et il est incroyablement varié ce qui nous fait contourner les stéréotypes du rappeur-racailleux qui parle avec ses mots et tant pis si l'on ne comprend rien. Et ce langage, ce style permet de s'imprégner du paysage dans lequel l'auteur nous propulse.
- l'histoire qui est passionnante, loin des clichés, ce n'est pas une glorification ni une rédemption, c'est le constat d'une évolution heureuse et malheureuse par d'autres moments et cette distance, cette absence de jugement fait du bien.
- la richesse des personnalités qui constituent l"histoire : mi-charismatiques, mi pathétiques, ils sont complexes et cela permet des péripéties plus subtiles qu'il n'y parait.

J'ai vraiment aimé ce livre et je le conseille.


Mots-clés : #autobiographie #conditionfeminine #criminalite #prostitution #segregation #social #violence
par Hanta
le Ven 18 Aoû - 10:38
 
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Sujet: Iceberg Slim
Réponses: 4
Vues: 357

Pascal Bruckner

Un bon fils

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 Images63


Les pères brutaux ont un avantage : ils ne vous engourdissent pas avec leur douceur, leur mièvrerie, ne cherchent pas à jouer les grands frères ou les copains. Ils vous réveillent comme une décharge électrique, font de vous un éternel combattant ou un éternel opprimé. Le mien m'a communiqué sa rage. De cela je lui suis reconnaissant.


Pascal Bruckner a eu une enfance tout ce qu'il y a de plus petite-bourgeoise, avec ce que  cela implique de banalités, de prières du soir, de petites cruautés envers les animaux, d'attouchements avec les cousines… À ceci près que son père, antisémite virulent fasciné par Hitler, était violent et pervers avec ce que cela implique de cris, d'humiliation et de coups…
Ce qui l'a sauvé,  sans doute, c'est  la pension, puis le lycée Henri IV à Paris, son amitié/fusion avec Alain Finkielkraut, ses maîtres penseurs, pères de substitution à leur manière : Sartre, Barthes, Jankélevitch, sa révolte et son engagement dans la vie et la pensée.
Ces 2 premières parties sont barbantes, avec une impression de déjà lu, une absence de recul par rapport aux situations qui met le lecteur mal à l'aise dans une espèce de voyeurisme involontaire. Quand une pensée s'exprime au-delà de la simple relation des faits, elle tombe assez vite dans l'aphorisme affligeant.

La maladie n'enseigne rien sinon qu'on peut la vaincre ; en ce sens, elle aussi m'a sauvé.

Être libre, c'est vouloir et pouvoir ce que l'on veut.

Tout enfant rêve de recréer ses parents, de les remettre sur le droit chemin.

Pour l'enfant, le père est un géant qui rapetisse à mesure que lui grandit.

L'enfant n'est pas gentil, il est juste faible et n'a pas encore eu l'occasion de manifester sa méchanceté.

Je compris alors le but de toute existence : marier la vérité et la beauté.

Etc, etc...

Plus intéressante est la 3e partie, où Bruckner, qui a fini par se débrouiller à apprendre à vivre et à penser, l'optimisme chevillé au cœur, s'occupe des 13 dernières années de son père, devenu veuf, un peu décati mais toujours bon pied bon œil. Ce n'est pas le récit d'une résilience, c'est le récit d'une acceptation, de la compréhension que les êtres sont multiples. S'il n'aime pas son père, s'il reste perpétuellement prudent en sa présence, il peut concevoir de s'en soucier, chacun peut trouver un enrichissement à cette fréquentation et rien n'empêchera que cet homme l'a fait, il l'a fait ce qu'il est, il est en lui.

J' attendais plus...

(commentaire récupéré)


mots-clés : #autobiographie #violence
par topocl
le Sam 1 Avr - 10:50
 
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Sujet: Pascal Bruckner
Réponses: 36
Vues: 688

Yann Queffelec

Les noces Barbares

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 Tylych87

Le chant d'amour de Ludo, enfant d'un viol, haï par sa mère, enfermé dans un grenier puis dans un centre psychiatrique...


Une récidive pour ma part, après avoir tenté cette lecture il y a des années lointaines…J’avais trouvé le style  Queffelec un peu lourd, plombant, doublé  d’envolées disertes qui ne m’avaient pas convaincue et j’avoue que je ressens toujours un peu ça.
Un phrasé pesant et emphatique, une fiction peut-être « trop cliché » qui avorte l’émoi de ce récit qui pourtant  aurait pu naître si une écriture plus épurée  avait  laissé  place aux silences des émotions. Une unique image m’est apparue authentique, celle du personnage principal en tête à tête avec lui-même abrité dans une épave à l’instar des fragments de sa vie échouée.  En globalité  Je n’ai  pas été attendrie , ni révoltée ni transportée dans cet univers sans surprise.
Une histoire se voulant  cruelle,  dramatique dont on veut connaitre le dénouement, certes, mais pas mirifique.
Prix Goncourt 1985, pourquoi pas, il faut aimer l’écriture de Queffelec, dans ce cas  je ne doute pas que ce genre de sujet se voulant bouleversant puisse toucher une grande majorité de lecteurs.
Je ne pense pas réitérer Queffelec, pourtant, le sujet de son essai «  Adieu Bugaled Breizh »  m’aurait intéressée.
Si quelqu’un l’a lu et peut nous faire partager son avis…



mots-clés : #famille #pathologie #violence
par Ouliposuccion
le Sam 25 Mar - 17:04
 
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Sujet: Yann Queffelec
Réponses: 1
Vues: 351

Erik Orsenna

L'entreprise des Indes

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 Tylych46

« Le 13 août 1496, au large du Portugal, le bateau que commande Christophe Colomb fait naufrage. Le futur amiral vient d’avoir vingt-cinq ans. Par miracle, il réussit à regagner la côte et trouve refuge à Lisbonne auprès de son frère cadet, Bartolomé. Lequel exerce la profession de cartographe. Depuis le début de ce xve siècle, le monde s’ouvre. Et le Portugal est le moteur principal de cette ouverture. La Renaissance commence par des expéditions lointaines. Sous l’impulsion d’Henri le navigateur, des caravelles partent chaque mois pour aller explorer les côtes de l’Afrique. À Lisbonne, capitale du savoir, se retrouvent toutes les corporations de la découverte : mathématiciens savants du ciel, cosmographes, géographes, constructeurs de bateaux et des outils de navigation… cartographes. Huit années durant, les deux frères vont travailler ensemble et préparer le voyage auquel Christophe songe depuis l’adolescence : c’est l’Entreprise des Indes, gagner Cipango (le Japon) et l’empire du Grand Khan (la Chine). Mais au lieu de la route habituelle, celle de la soie, vers l’est, on affrontera l’océan, plein ouest.
En 1484, leur projet sera rejeté par le Comité des Sages qui conseille le Roi Jean II. C’est la raison pour laquelle Christophe ira tenter sa chance auprès des monarques espagnols, Isabelle et Ferdinand. Un maître cartographe, un rhinocéros, un fabricant de veuves, une maîtresse d’école pour les oiseaux, une bécassine, une prostituée réputée principalement pour la qualité de ses oreilles, Marco Polo, quelques Dominicains, des chiens dévoreurs d’Indiens, tels sont quelques-uns des personnages secondaires de ce récit.


Il y a des livres où après lecture, on se demande pourquoi nous sommes passés devant autant de fois, sans pour autant les choisir. L’entreprise des Indes fait partie de ceux-là.
Cette fois-ci , après Colomb l’explorateur ,c’est bien Orsenna qui  sillonne l’Espagne et le Portugal du 15eme siècle , ces puissances riches et orgueilleuses , avides de savoir , de partages à l'instar des génocides.
C’est pourtant sous l’œil de l’inquisition, de l'église qui méprise le savoir des cartographes, des explorateurs, préférant inculquer « le savoir de l’ignorance » que cohabitent les esprits, les marins, ces hommes rapportant les trésors d’Afrique, les esclaves aussi, le tout clarifié par l’auteur .C’est une mine d’or que ce roman qui nous fait vivre la naissance des cartes ainsi que leur confection ,  la vérité esquissée et les mensonges sciemment  répandus… la vie des marins , les veuves …
Le projet « colomb »  se retrouvera chez le roi  du Portugal qui refusera cette expédition,  ce sera donc sous le drapeau espagnol qu’il s’accomplira.
Mais la découverte n’est-elle que vectrice d’horreurs et d’ignominies sur des peuples décimés ?
Elle n’a été que sauvageries et atrocités pour un meilleur profit.  
Est-ce  là le plus grand remord de l’entreprise des Indes ?
C'est bien sous forme de confessions et sous l'emprise de la honte que le récit se construit.
Un roman très riche.

Dieu seul sait comme j'ai aimé mon travail de cartographe, tout de précision et de rêverie mêlées. Mais, dans une autre vie, je sais que je m'adonnerais à la dissection ; avec une préférence pour les cadavres de dominicains. Quelle tâche plus exaltante que de chercher dans le corps d'un de ces saints hommes l'origine de la violence? Il doit s'agir d'un organe minuscule en forme de trébuchet, une balance interne qui le fait passer sans prévenir de l'extrême bonté à la pire sauvagerie.



mots-clés : #historique #violence
par Ouliposuccion
le Lun 20 Mar - 17:30
 
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Sujet: Erik Orsenna
Réponses: 4
Vues: 391

José Frèches

Gengis khan

tome 1 L'homme qui aimait le vent

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 Tylych36


tome 2 Le conquérant

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 Tylych37

De la Chine aux frontières de l’Europe, il a régné sur le plus grand empire de l’Histoire.
Dès son enfance, Temüdjin, futur Gengis Khan, rêve de grands espaces. Son précepteur chinois, Vieille Cime, lui parle d’Alexandre le Grand : il veut le surpasser en nombre de conquêtes. Il apprend à manier l’arc, à monter à cheval, à apprivoiser les aigles. À la mort de son père, ce nomade prend la tête du clan des Quiyat, puis, en 1206, est élu chef des Mongols.
Séducteur, autoritaire, il rallie à lui de nombreux peuples, bousculant les grandes civilisations sédentaires qui l’entourent : à l’ouest, l’Europe des cathédrales, à l’est, la Chine des Song.
Pour atteindre son rêve de grandeur, Gengis Khan doit se révéler impitoyable.
Avec virtuosité, José Frèches nous raconte les années d’apprentissage et l’ascension fulgurante de ce guerrier implacable qui faisait corps avec ses chevaux et aimait les femmes avec passion et sensualité. Un homme qui voulait vivre tous ses rêves.
Le destin fascinant d’un personnage de légende


Ca faisait un moment que j'attendais de lire une biographie sur Gengis Khan , sans jamais en trouver une vraiment intéressante.
José Frèches qui ne m'était pas inconnu l'a faite , romancée certes , mais étant un historien de la Chine , ça me semblait une bonne chose de choisir celle-ci.
Fascinée par ce guerrier , les mongols , ces steppes d'Asie Centrale , cet empire gigantesque qui fut le plus grand au monde , je voulais connaître la psychologie de ce personnage , sa stratégie guerrière et déterminer si oui ou non , Gengis Khan n'était qu'un tyran sanguinaire ou un héros , puisqu'il est encore l'un où l'autre selon les contrées de l’Asie. Un despotique ou le père d'une nation , il reste un personnage qui encore aujourd'hui fait rêver ou trembler.
Ayant eu la chance de connaître divers endroits de la route de la soie , dont Boukhara , Ourgench et Samarcande qui fut des capitales détruites et pillées par l'armée de Gengis Khan , des lieux d’exactions et d'extermination massive , il m'a semblé qu'au travers de ces romans , José Frèches reste dans une narration assez crédule bien loin de la réalité que peuvent relater les historiens de toutes ces régions.
Encore à ce jour , une haine féroce gronde toujours en Ouzbekistan et au Kirghizistan lorsque l'on évoque Gengis Khan , 800 ans plus tard.
Difficile de juger un tel personnage quand on sait que les mongols défendaient un territoire peu à peu envahit par la grande puissance de Chine , les guerres de clans et les passages de plus en plus étendus de la route de la soie , faite de profit et de stratèges bien loin d'un système mongol proche de la nature et faite de trocs , luttant pour la liberté nomadisée et voyant la sédentarité comme une petite mort.
Sanguinaire peut-être , mais surtout réfléchi , instruit par une éducation auprès d'un sage chinois , Gengis Khan n'était pas le mongol inculte et imprudent , mais un homme qui avait un rêve «  outrepasser Guillaume le Conquérant et construire le plus grand empire mondial »
D'un idéal naît la vanité. Après avoir brisé la muraille de Chine , L'occident devient prenable et accessible.
Pourtant sous cette façade d'homme autoritaire , de conquérant implacable, existe le questionnement, le trouble et la naissance d'une question «  A quoi tout cela a t il servi ? »
2 353 000.
C'est le dernier nombre de morts qu'il a noté avant son décès sur un cahier qu'il ne quittait jamais, un décompte quotidien d'une vie.
Je n'ai pas ressenti ce côté sanguinaire , tout est enjolivé dans ce roman , l'auteur démontre bien plus le côté intellectuel de Gengis Khan , la naissance d'une nation ainsi que son système de répression.C'est un parti pris.
Il aurait pourtant été intéressant de ne pas survoler ce qui a fait de lui l'homme le plus impitoyable , d'aller au delà de la narration des villes prises et des déplacements d'une armée. Finalement très peu de passages illustrent la violence subie au delà de quelques lignes sur des amas de gens brûlés , décapités ou lapidés.
Non pas que j'aime lire cette violence , mais qu'elle est représentative de ce qu'étaient Gengis Khan et son armée barbare.
Représenté comme un homme sensuel et amoureux des femmes , on parle très peu des viols de masse et des meurtres de celles-ci , leurs enfants compris.
Ce n'est sans doute pas pour rien qu'encore à ce jour , il reste l'homme qui a la plus grande descendance au monde...
J'ai pu néanmoins m'égarer dans les steppes de Mongolie et d'Asie centrale avec grand plaisir , dans ces lieux que je connais tant , c'est la grande force narrative de José Frèches qui sait donner vie aux paysages.
Pour conclure , je dirais que ça reste une lecture très intéressante pour ceux qui méconnaissent ce pan de l'histoire fascinant , cet homme qu'est Gengis Khan , un peu moins pour ceux qui sont déjà sur un terrain connu , bien que quelques clés m'aient été données , je reste un peu sur ma faim du fait de tout ce qui n'a pas été relaté.


mots-clés : #biographie #historique #violence
par Ouliposuccion
le Lun 6 Mar - 18:05
 
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Sujet: José Frèches
Réponses: 2
Vues: 413

Karel Schoeman

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 51gphk10

La saison des adieux ( Afskeid en Vertrek)
Traduit de l'afrikaans par Pierre Marie Finkelstein

Karel Schoeman est un écrivain fidèle au vieux parler de source batave, l'afrikaans.Même si c'est un intellectuel polyglotte, il a traduit Schiller, Schnitzler et Tchekhov.

Les années 70, au Cap. Il pleut, il ne fait que pleuvoir, et la ville glisse lentement dans les ténèbres.. Ces ténèbres, on ne sait pas tellement bien ce que c'est ,en fait, car les personnages du livre ne veulent surtout pas le voir. Ils appartiennent à la communauté blanche, recroquevillée sur elle-même, désarçonnée par les changements autour d'elle, et dont la plupart des membres n'a plus qu'une envie, partir.

Et dans cette communauté, un petit groupe d'intellectuels cherche encore à faire semblant , dans de tristes réunions mondaines où presque tous -même un journaliste...- vivent dans un déni complet de la tragédie de leur pays. Presque tous car un écrivain, poète,un des seuls à exercer sa lucidité, va apprendre le détachement , la solitude et le renoncement.

Ceux qui avaient frappé autrui furent frappés à leur tour, ceux qui avaient fait tomber autrui trébuchaient et tombaient à leur tour; soudain nous comprîmes que ce sang sur nos mains était le nôtre et plus celui des autres. Les gens gisaient à terre dans la position qu'ils avaient en tombant et nous, qui errions parmi les cadavres en hésitant afin de ramasser les vêtements épars ,nous rendions compte avec surprise que cette veste était la nôtre, que ces chaussures étaient à notre pointure: pour la première fois, ces visages que nous voyions, tombés face contre terre, le nez dans la poussière, nous étaient familiers; désormais,ces visages étaient les nôtres. De quel droit pensions nous que nous serions les seuls à être épargnés?
Nous apprîmes l'humiliation et nous apprîmes aussi à être humbles, à courber l'échine, à chercher parmi les cadavres , à nous traîner au-delà des barbelés des postes de contrôle,à attendre dans des files interminables dans les halls de gare et sur les quais; enfin, du moins le croyons- nous. Laissez-nous espérer que nous avons appris à réfléchir, à comprendre, que nous avons appris la pitié et la compréhension, sans quoi nous n'aurions rien appris, et tout aurait été vain.



Ce n'est pas la violence de Coetzee,mais la puissance du texte est la même, c'est extrêmement mélancolique et triste, magnifiquement écrit ( avec là aussi une mention pour le traducteur!)


mots-clés : #regimeautoritaire #solitude #violence
par Marie
le Mar 21 Fév - 1:22
 
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Sujet: Karel Schoeman
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David Morrell

Rambo  / Premier sang

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 Shoppi10

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 41kh1310

Dialogue imaginaire.
-Tu lis quoi en ce moment ?
-Premier sang, de David Morel.
-Ah ouais ? C'est quoi ça ?
-Le livre dont a été tiré Rambo.
-Ah ouais ? Rambo?  Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 575154626
-Oui, c'est animal  qui m' a dit !
-Aaaaaaaah! animal!
-Ben oui Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 1384701150
-Et c'est bien?
-Oui, pas le coup de génie, mais vachement bien  Very Happy  !

Donc si on se dit que c'est Rambo, le Rambo de Sylvester Stallone, en effet, ça peut faire un peu peur, au début.



En fait si  on a l'impression que le film suit scrupuleusement le scénario objectif du livre, si on est embarqué dans une course-poursuite haletante, totalement in-crédible mais à laquelle on croit  quand même à chaque instant, si plus on avance, plus ça devient dément et violent, le livre est loin de n'être que cela. C'est beaucoup plus nuancé, il n'y a pas de vrai salaud, les héros, dont j'imagine que dans le film on peut croire qu'ils n'ont que des muscles, ici, ont un cœur et un cerveau.

Sous couvert d'action, le livre est une réflexion navrée, quoique enlevée, sur le thème : Regardez ce que nous faisons de ces hommes que nous envoyons à la guerre. La guerre ne fait pas que des morts au combat, elle nous détruit tous à petit feu (enfin, grand feu un peu dans le livre, hein...). Un jour au Vietnam ce sont nos héros, un jour aux USA ils devraient rentrer dans le moule qu'on leur a soigneusement fait quitter et il deviennent inacceptables .
On est impressionné par ces trois hommes pris dans des sables mouvants  de haine, de fascination, de fierté et qui le paient le prix fort.
Et le dosage est plutôt habile entre la pensée et l'action.

(commentaire récupéré)

Mots-clés : #captivite #guerreduvietnam #thriller #violence
par topocl
le Ven 17 Fév - 11:14
 
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Sujet: David Morrell
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Wajdi Mouawad

Anima

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 Image281

On se sent tout petit face à un tel livre, d’une telle ampleur, d’une beauté aussi déchirante, d'une violence aussi définitive.
Un livre que je ne saurais conseiller , tant il est cru et impudique, mais qui parviendra à’ s'y colleter sera payé en retour par une émotion qui laissera en lui une trace, qui n’est pas près de s’effacer. Il faut en être prévenu, et plus d'un abandonneront la lecture. C'est d'ailleurs une des questions que pose le livre : Mouawad a écrit un chef-d'oeuvre douloureux à la noirceur flamboyante, mais il est certain que ce qu'il gagne en majesté, que ses excès lyriques, vont lui faire perdre une bonne part du public. Ce que son message gagne en force risque de n'être accessible qu'à un petit nombre  – et il en est de même dans le choix de ne pas traduire les dialogues prononcés en anglais, même en note, qui a un petit coté élitiste gênant.

Les premières pages décrivent le meurtre atroce de Léonie. Quand son mari découvre son corps violenté, cela déchaîne en lui l’émergence d'un déchirement refoulé et inexploré que Wahhch Debch n'aura de cesse de ramener au jour, la révélation du traumatisme étant le passage obligé pour un possible retour à une vie plus normale. Ainsi Wahhch Debch, muré comme pierre dans sa douleur, étranger aux hommes qui l'entourent, part pour une errance à travers le Canada et les États-Unis, à la rencontre de son passé-destin (que je ne révèle pas mais qui le lie à l’histoire d’aujourd’hui dans ce qu’elle a de plus atroce, histoire des Etats Unis à travers la guerre de sécession et le destin indien, histoire du monde à travers la tragédie palestinienne). C’est une odyssée désespérée qui le mènera à la découverte de son propre sens dans un dénouement en apothéose cathartique d’une violence sauvage.

Cet homme est lié par une étrange communion aux animaux qu’il frôle et rencontre. Et ce sont eux, les animaux, chats et chiens familiers, chevaux, mais aussi oiseaux de passage, insectes, mulots…, étonnant chœur antique, qui se passent le relais pour raconter l'histoire, histoire d'un homme tellement désespéré des hommes que seuls les animaux peuvent le comprendre. Il ne s'agit pas là d'un anthropomorphisme niaiseux, mais d'une façon autre de voir notre monde et de le décrire. Eux seuls savent que :

 
le monde est vaste, mais les humains s’entêtent à aller là où leur âme se déchire.


Ce qui pourrait n'être qu'une astuce, un procédé, nous emporte dans des moments d'émotion littéraire intense. Le style de Mouawad alterne des enchaînements de petites phrases haletantes, sujet-verbe-complément, puis une envolée magique nous fait perpétuellement retourner sur le texte, pour mieux le savourer, en apprécier la portée.

Il faut donc savoir qu'on aborde un livre cruel, insistant dans cette cruauté humaine, souvent à la limite du soutenable, mais un livre totalement unique, bouleversant dans l'écriture, ouvert sur l'histoire et les racines, émerveillant dans une compréhension noire des hommes, crûment descriptif de leurs déchaînements les plus atroces. Mais pas un livre dont on redemande, on en sort épuisé : il prend justement sa valeur parce qu'il est totalement unique et qu’on va l’assimiler peu à peu, On se sent boa, digérant cette prose sublime et malfaisante qu'on a pris un plaisir farouche à avaler.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #psychologique #violence
par topocl
le Mer 4 Jan - 14:44
 
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Sujet: Wajdi Mouawad
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Jonas T. Bengtsson

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 Bengts10

SUBMARINO

Ce roman est l'histoire d'un naufrage. Celui de deux jeunes hommes vivant à Copenhague dans les années 2000 et qui ignorent que le Danemark est considéré en Europe comme une sorte de paradis.
Mais on aurait sans doute tort de considérer que ce roman est misérabiliste ou même naturaliste. Et même si l'auteur est considéré dans son pays comme un provocateur, le tableau qu'il nous présente n'est pas caricatural.

Il s'agit en fait d'humains trop humains, frappés de plein fouet dès l'enfance. Éternelles victimes de ce qu'on nomme trop facilement le sort ou le destin et qui n'est que le résultat de la misère sociale, de la violence, de la cruauté.
De l'absence de tendresse d'une mère trop tôt détruite par l'alcool et la misère affective.

Chacun des deux frères - de caractères très différents - réagit à sa manière, mais leurs efforts maladroits pour se hisser hors de l'eau sont voués à l'échec. Alors, ils sombrent dans la violence, la drogue, l'alcool, victimes anonymes d'une grande ville au cœur froid.
Pathétiques victimes qui inspirent de la compassion mais aussi de la colère. Tant de gâchis!

Messages récupérés


mots-clés : #violence
par bix_229
le Ven 30 Déc - 20:25
 
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Sujet: Jonas T. Bengtsson
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Hakan Günday

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 Image232 Encore

Un peu too much.

Certes ce roman est intéressant mais j'ai trouvé que Günday en faisait parfois un peu trop avec son personnage. Il est possible d'écrire 370 pages introspectives sans lasser son lecteur, d'autres l'ont fait, mais je dois avouer que par moment cette plongée univoque dans la vie du jeune Gazâ a été un peu asphyxiante. Pas seulement parce qu'il a vécu de sombres horreurs mais surtout à cause de l'accumulation, de la surabondance de ces horreurs. Qu'on en juge : viols, meurtres et lynchage, passeur de clandestin, enfant surdoué, joueur d'échecs, angoissé post-traumatique, enfoui vivant sous un monceau de cadavres, trahissant son seul ami, passant par la folie, la drogue et le sulfate de morphine… un père alcoolique, une mère morte (c'est salé), un passage brillant à l'école, puis l'internat, puis l'asile psychiatrique pour finir (presque) à l'hôtel, un trésor enfoui dans le sable, trois jours en cellule, une étude sur le pouvoir sous forme de spirale, une grenouille en papier, etc.

Cela fait tout de même vraiment beaucoup…

Alors la langue !! L'écriture !! Le style parviennent-ils à sauver de l'asphyxie programmée le lecteur apnéique ?? Pas vraiment… D'abord parce que Günday ne nous épargne aucun détails, aucun des nombreux questionnements qui hantent  Gazâ, aucune des nombreuses péripéties qui jalonnent son existence. Et de temps en temps, je me suis demandée (avec un peu d'effroi) si ce livre n'était pas en partie autobiographique... La haine de Gazâ trouvant dans la logorrhée de Günday comme un écho troublant, une ressource hallucinatoire, un bienfait morphinique fait trembler le lecteur au bord de la crise de nerfs…

Finalement, c'est dans le recours à la gémellité que j'ai trouvé le plus d'intérêt à ce texte. Le double étant dans l'imaginaire de Gazâ le lieu possible de la joie, du partage, de l'amitié. Ainsi de sa relation avec les deux frères Dordor et Harmin ; ainsi de la grenouille en papier offerte par un clandestin et qui une fois dépliée offre le dessin gémellaire des Bouddhas de Bâmiyân. Comme si Gazâ pouvait trouver un exutoire, une sortie, une possible rédemption, s'il acceptait de confier à son double la part hideuse de son existence et de pouvoir ainsi continuer à vivre, solitaire, scindé mais (un peu) pardonné.

Et bien sûr, la solution que retient Günday est de passer par la gémellité détruite pour atteindre l'unicité  qui apporte une sorte de paix à Gazâ.


En tout cas après cette lecture on rêverait presque de trouver une capsule de sulfate de morphine ou de voir reconstruire les deux Bouddhas de Bâmiyân… Et puis on pense à tous ces clandestins confiés aux mains de salauds et on voudrait alors inverser les règles des mouvements migratoires, exactement comme nous y invite Günday.


mots-clés : #initiatique #violence
par shanidar
le Mer 28 Déc - 14:04
 
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Sujet: Hakan Günday
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Hakan Günday

Encore
Prix Médicis du roman étranger

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 Image232

   
Le fait qu'il y ait un enfer ne prouve nullement qu'il y ait un paradis !


 
En fait, ce qui éclaire le monde, ce n'est pas le soleil, c'est le feu de l'enfer.



On ne ressort pas de ce livre comme si on avait pris une claque ; on en ressort comme si on avait été roué de coups, qu'on vous avait abandonné au fond d'une cave humide et sombre, et qu'on en émergeait enfin, au-delà du désespoir, partagé entre soulagement et culpabilité : ah bon, ce n'était pas moi…et impuissant face à ce constat .

Gazâ a survécu à sa première journée parce que son père a assassiné sa mère qui voulait l'enterrer vivant. Il doit donc désormais tout à ce père infâme et  tyrannique, à la fois aimé et haï, passeur de clandestins en Turquie. Par le chantage affectif, la domination et la terreur, le père impose à son fils son destin : tu seras passeur mon fils, deviens fort, deviens dur, deviens insensible, prends plaisir à la manipulation des autres, oublie ta conscience, transforme ton pouvoir en haine et tu survivras. Dans quel état ? Roi ou bouffon ? quelle importance !

   Le fait d'obéir et de se soumettre permettait de commettre en toute sérénité tous les péchés, tous les crimes du monde sans être l'auteur de ses propres actions. L'obéissance était un vrai miracle. On pouvait lancer une bombe atomique et afficher ensuite son innocence. Plus de responsabilité, plus de remords. Tout le monde aurait dû obéir, pour rejeter ses fautes sur autrui. Que l'on dirige une nation ou une bande de gamins, c'était l'unique moyen de rester sain d'esprit.



Aucun détail ne nous est épargné, de l'effroyable souffrance des clandestins ou de la désespérance mortifère et manipulatrice de Gazà. C'est d'une lucidité terrifiante, d'une obsessionnalité  dans les détails sordides absolument plombantes. Jusqu'à l 'accident en forme d’apothéose apocalyptique, à la noirceur expressionniste, qui met fin à cet enfer.

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 35627310


La chute des anges rebelles, Rubens

Quand on a atteint ce stade-là (à peu près la moitié du livre), on ne passe pas à de la lecture facile et douce, mais le plus dur est fait.
La société se donne facilement bonne conscience et veut croire qu'il suffit de donner sa chance à Gazà pour qu'il devienne un homme meilleur. Cela ne va pas être facile, on va passer par la drogue, la folie, la violence gratuite et le déchaînement haineux, et au bout de toutes ces "épreuves", les dernières pages, vraiment les dernières pages,  apportent une possibilité  de rédemption.

Le message, après avoir reposé le livre, bien pris son temps, avalé toutes les couleuvres proposées, laissé retombé la nausée, est peut-être un  message d'espoir . Il faut cependant prendre une bonne distance pour arriver à cette conclusion. Dans cette société implacable, rejetante, égoïste à outrance se lèvent un ou deux passeurs de bonté, et ils peuvent , parfois, être entendus. Mais qu'il faut de la persévérance, au héros comme au lecteur, pour qu'émergent ces fragiles signaux bienveillants, au milieu d'une fange de violence, d'égoïsme et de détestation !

(commentaire récupéré)


mots-clés : #violence
par topocl
le Mer 28 Déc - 9:25
 
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Sujet: Hakan Günday
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Chigozie Obioma

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 41fe6m10


Les Pêcheurs

Nigeria, les années 90 : le narrateur Benjamin et ses frères, en l'absence de leur père, bravent un interdit et pêchent sur les rives d'un fleuve déclaré maudit par les habitants. Un jour, l'aîné est témoin d'une malédiction lancée par un marginal craint et rejeté pour ses prophéties. Ce moment précipite une spirale auto-destructrice qui bouleverse le quotidien de la fratrie.

Ce premier roman de Chigozie Obioma a été une lecture marquante parmi mes récentes découvertes. Le style de l'auteur met en valeur une dimension symbolique et donne au récit la portée d'un conte, d'un mythe, d'une tragédie, alors que le contexte contemporain reste toujours visible à l'arrière-plan. L'univers décrit est parfois étrangement familier à travers le regard d'un enfant, puis terrifiant dans la révélation d'un chaos et d'une démesure.

Si la violence est souvent tétanisante, reflet d'un cataclysme face auquel l'être humain ne semble pouvoir lutter, Obioma utilise l'écriture comme instrument d'une réhabilitation et d'une fragile rédemption. Les mots, d'abord le miroir d'un imaginaire effrayant, incarnent peu à peu un potentiel libérateur bien qu'incertain.


mots-clés : #contemythe #enfance #traditions #violence
par Avadoro
le Lun 26 Déc - 13:41
 
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Sujet: Chigozie Obioma
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Pavel Hak

Trans

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 313zqc10

Toujours pour mon plus grand plaisir ce même style brut et imposant de la part de cet auteur. L'on y suit les péripéties de Wang Tse, émigré clandestin qui quitte donc son pays pour rejoindre l'occident. Mais les choses se passent dramatiquement et peut être même fatale.
Le récit est violent, mais Hak n'exagère jamais cette violence pour la rendre malsaine d'exubérance. le propos en est quasiment documentaire si ce n'est que le héros est le narrateur dans beaucoup de situations et que ses pensées nous sont dévoilées.
Certains passages sont très dérangeants notamment sur le cannibalisme, mais il demeure toujours ce pragmatisme et cette simplicité de la narration (très traditionnelle de la littérature tchèque) qui occasionne le fait que si l'on est choqués par les situations décrites, l'on n'est pas choqués par les procédés de descriptions ni par l'intention de l'auteur.
Il s'agit de nous raconter l'histoire de la monstruosité humaine, dans la survie comme dans les systèmes horribles qu'il a mis en place.
Un excellent ouvrage.


mots-clés : #immigration #violence
par Hanta
le Dim 25 Déc - 21:37
 
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Sujet: Pavel Hak
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Simon Leys

@bix_229 a écrit:Tiens ! Je ne connaissais pas ce titre. Merci Tom Leo !


Bix,

il est possible que Prosper soit seulement parue ensemble avec Les Naufragés du Batavia. Mais j'en ai fait deux récensions différentes... Voici donc pour l'autre pièce dans l'édition:

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 41fjsu11

Les Naufragés du Batavia
Anatomie d'un massacre


2003

Première publication : « La Revue des Deux Mondes », N° 2486

CONTENU :

Dans ce récit d'une longeur d'environ 70 pages, l'auteur nous raconte les circonstances du voyage et du naufrage de la Batavia en 1629. Elle avait devié de la route maritime entre la Hollande et les colonies sur Java, et s'est échoué sur un archipel d'îlots au latge de la côte australienne. Leys se concentre alors dans sa description sur la survie des 300 passagers et marins qui seront peu à peu manipulés, isolés, voir massacrés par un psychopathe jusqu'à ce que de l'aide arrive. Comment a-t-on pu y arriver ?

REMARQUES :
On aura la chair de poule quand on lira de ce naufrage, et plus encore, de la terreur qu'un homme manipulateur exerçait via l'art du discours et une stratégie maléfique pour s'emparer du « pouvoir », voir des trésors échoués. Et le lecteur, avec les expériences du XXième siècle et ses dictatures de terreurs, ne peut que se poser des questions similaires : Comment a-t-on pu arriver là ? Qui resistera, et comment ? Où commence, où se termine la culpabilité et la co-culpabilité ? Etc...

Et ainsi Leys souligne aussi qu'à l'époque déjà le récit de ce voyage a trouvé un écho immédiat. A sa façon, ce naufrage aurait même eu plus d'influence sur l'imaginaire de l'époque que celui de la Titanic dans son temps !

Selon l'introduction, Leys a rassemblé (et on le sent) à travers des années des documents sur ce sujet, mais il mentionne que récemment Mike Dash a écrit une œuvre maîtresse sur le sujet et son propre livre ne peut que humblement diriger le lecteur vers celui de Dash : Batavia's Graveyard: The True Story Of The Mad Heretic Who Led History's Bloodiest Mutiny.

L'auteur belge essaie d'analyser les facteurs multiples qui ont pu conduire au desastre. Par exemple déjà en soi le voyage claustrophobe et sous des conditions à bord difficiles sur ce trois mats de la VOC pendant sept mois ! Les tensions internes à bord, les caractères des personnages principaux et leurs histoires. L'ambiance environnante dans laquelle certains ont grandi (surtout le grand guide, Jeronimus Cornelisz). Et ainsi de suite. Puis la survie, et la systématique procèdure de Cornelisz...

C'est d'un coté une maîtrise des documents, l'assemblage d'informations d'une façon très convaincante, mais aussi une interrogation constante autour du pourquoi, qui anime Leys. Il allie objectivité et une certaine interrogation personnelle. Les liens avec des questionnements modernes (après les horreurs du Xxième siècle) me semble évidents. Donc « une étude du mal », qui était bien présent déjà dans le passé...

Terrible, , informativ, néccessaire !


mots-clés : #historique #violence #voyage
par tom léo
le Mer 21 Déc - 15:59
 
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Sujet: Simon Leys
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Sandor Marai

La nuit du bûcher

Tag violence sur Des Choses à lire - Page 3 Index212


   « Ils étaient d'accord : le livre représentait un énorme danger car, pour beaucoup de gens, il était susceptible de provoquer la terrifiante possibilité d'une réflexion indépendante. D'accord également quand le padre, soufflant et transpirant, déclara que le seul moyen de lutter efficacement contre le danger était d'incarcérer tous les suspects. D'accord aussi pour dire que la méthode souveraine dans le combat contre l'hérésie était de réduire à néant tous les livres, auteurs et lecteurs louches, parce qu'il n'y aurait pas d'ordre dans le monde tant que vivraient des hommes qui feraient l'expérience de penser par eux-mêmes. »  


.        

Au déclin du XVIème siècle, un jeune carme espagnol est envoyé à Rome en « stage d’observation » pour rapporter chez lui tous les enseignements qui permettront à la redoutable Sainte Inquisition d'être encore plus performante.

Au terme d'un séjour fait de dévotion  et d'admiration pour la grande charité qu'il prête au censeurs romains, celui-ci assiste à un ultime bûcher, celui de Giordano Bruno, prêtre apostat et intellectuel hérétique. Son obstination  à prêter la moindre allégeance à ses bourreaux l'amène à renoncer à l'Inquisition.

Non parce que celle-ci est un acte abjecte et inadmissible... Mais parce qu'elle est vouée à l'échec : si des hommes aussi fiers et courageux s'opposent à elle, notre carme estime que c'est en vain qu'elle exercera son pouvoir, les irréductibles ne seront jamais vaincus (ou sauvés, selon le point de vue).

Sandor Marai nous propose, sous forme d'une lettre de confession, un récit à l'écriture à la fois ample et compassée. L'Inquisition y est décrite dans tous les détails, fort peu réjouissants, par un homme qui lui est totalement dévoué,  dans une complaisance liée à son aveuglement, selon un procédé par moments un peu trop didactique. Ce n'est qu'à la page 206 (sur 254)  qu'il a brusquement son illumination, par un mécanisme qu'on s'explique mal, puisque jusque là le doute ne s'était pas le moins du monde immiscé en lui. Ce retournement brutal est certainement la faiblesse du livre. S'ensuivent alors l'exil en Suisse où il côtoie la société civile et les protestants, et une ouverture à l'autre sans pour autant qu'il renie sa foi. Il découvre une liberté, ainsi que le prix qu'elle peut coûter : celle d'autoriser le savoir, et l'écrit, au côté de la foi.

A travers l'Inquisition, Marai dénonce tous les régimes totalitaires, et postule que par la résistance et la persévérance, les opprimés détiennent une force et peuvent vaincre.

(commentaire récupéré)

mots-clés : #religion #violence
par topocl
le Mar 20 Déc - 17:40
 
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Sujet: Sandor Marai
Réponses: 6
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