Clovis Hugues

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Clovis Hugues

Message par Chamaco le Dim 4 Déc - 0:51

Clovis Hugues
(1851-1907)



Clovis Hugues, 1851-1907,  écrivain, poète et homme politique. Membre de la Commune de Marseille en 1871 en compagnie de Gaston Crémieux, il échappa au peloton d’exécution de Thiers et fut emprisonné, libéré il devint journaliste, redoutable duelliste, élu député du Parti Ouvrier Français, dès lors il quitta Marseille et monta à Paris. Tout en tenant son rôle politique il écrivit des poèmes.
Il fut l’ami deVictor Hugo et d’Aristide Bruant, surnommé «le Rouge du Midi» il écrivit les vers du «Droit au bonheur». En 1944 son buste en bronze ayant été fondu au profit de l’Allemagne nazie, un buste en pierre fut réinstallé de nuit à Ménerbes sur la place du village.
Une exposition sur cet auteur a lieu au foyer rural de Ménerbes dans la Maison de la Truffe et du Vin jusqu’au 18 Septembre...

Bibliographie:

Poésie
1875 : Poèmes de prison
1876 : La Charrue
1883 : Les soirs de bataille
1883 : Jours de combats
1885 : Les Évocations
1889 : Le Travail
1900 : La chanson de Jehanne d'Arc
1903 : Les roses du laurier
1906 : Ode au vagin

Romans
1881 : La vierge rouge
1885 : Madame Phaëton
1891 : Monsieur le gendarme, roman villageois

Théâtre
1888 : Une étoile
1888 : Le sommeil de Danton, drame en 5 actes
1905 : Les Joujoux du théâtre, comédies enfantines : Cendrillon, La Boîte à musique, La Maison des dimanches, Tyl l'Espiègle





Poème dédié à Embrun :

Le ciel m’est à témoin que ton vieux Roc m’attire

Ainsi qu’un vaste aimant mystérieux et pur.

Je suspends à tes pins mon bâton et ma lyre

Comme l’ancien prophète aux grands cèdres d’Assur.

Je ne puis ni pleurer doucement, ni sourire,

Que devant tes sommets envolés dans l’azur ;

Je vois s’épanouir, loin des vents en délire,

La bonté dans tes cœurs et les fleurs dans ton mur.

Et c’est pourquoi je t’offre, ô Ville maternelle,

Ce livre né de toi, dans l’ombre de ton aile,

Pendant que la Durance au flot illimité

S’en allait recueillir, entre l’Orme et l’Yeuse,

Le torrent qui berça mon enfance rêveuse

Et l’adopter ainsi que tu m’as adopté !


Poème de «Jours de Combat»

«J’irai, je vengerai tous ceux que l’ombre assiège,  
Les gueux, les damnés, les bannis ;  
Je flétrirai les dieux et les maîtres, dussé-je  
Oublier la chanson des nids ;
Et si la corde un jour se tait, déjà brisée  
Sous l’effort de mon doigt vainqueur,  
J’en aurai vite une autre, et qui sera tissée
Avec les fibres de mon cœur !»

Apostrophe à Jules Ferry :

«Et quand nous dénoncions les banquiers lourds de graisse,
Les financiers de grand chemin,
Qui ne prenaient pas même, avant d’emplir leurs caisse
Le temps de se laver les mains ;
Quand le cœur nous sautait brusquement à la gorge
Quand nous disions : «Châtiez-les !»
Monsieur Ferry, soufflant comme un soufflet de forge
Applaudi par tous ses valets,
S’écriait sur le ton d’un pédant qui professe :
«Vous êtes des gens de parti !»


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Re: Clovis Hugues

Message par Chamaco le Dim 4 Déc - 0:51

« La farandoulo ? La faren,
Lou cor gai, la tèsto flourido ;
Et la faren tant que voudren,
En aio, la taiolo i ren,
La man dins la man, pèr la vido !
E se dardaio lou soulèu
Coume une flume d’amor que s’escoulo
Lèu ! Lèu !
La faren, nosto farandoulo !
La cantaren sènso coulèro
Dins la chavano e dins la guerro, »

(La farandole ? Nous la ferons, Le cœur gai, la tête fleurie ; Et nous la ferons tant que nous voudrons, Avec joie, l’écharpe aux reins, La main dans la main, pour la vie ! Et si le soleil brille Comme un fleuve d’amour qui s’écoule Vite !vite ! Nous la ferons, notre farandole ! Nous la chanterons sans colère Dans la bourrasque et dans la guerre,)

Le Droit au Bonheur, écrit à 20 ans

« A quoi bon pour la République
Tomber comme un héros antique
Dans le roulement des tambours,
Si la charité s’éternise,
S’il n’est plus de terre promise,
Et s’il est des pauvres toujours ? »
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Re: Clovis Hugues

Message par Chamaco le Dim 4 Déc - 0:52


"Ce que nous chantions en prison »
(prison de Tours, mai 1873) :

Et pourtant que demandions-nous ?
Nous voulions, comme nos ancêtres,
Ne plus tomber à deux genoux
Devant le lâche orgueil des maîtres ;
Nous voulions que la royauté
Ne vînt plus bâillonner nos bouches,
Et nous voulions dans la cité
Garder nos droits et nos cartouches.


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