Joseph Gourand

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Joseph Gourand

Message par Bédoulène le Jeu 9 Fév - 23:26

Joseph Gourand
Né en 1927




Joseph Gourand, né en 1927, a relaté dans Les Cendres mêlées (plus de 100.000 exemplaires toutes éditions confondues) son enfance de Gavroche de Belleville, son arrestation et sa déportation à quinze ans, l'enfer d'Auschwitz et de la marche de la mort après l'évacuation du camp. Il a également publié Renaître à la vie.
source Cherche midi


Oeuvres :

Les cendres mêlées
Renaître à la vie.


Dernière édition par Bédoulène le Jeu 9 Fév - 23:32, édité 1 fois

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Re: Joseph Gourand

Message par Bédoulène le Jeu 9 Fév - 23:32


Les cendres mêlées

Dans la préface de Serge Klarsfeld : réflexion «  Le lecteur ne sort pas indemne de cette plongée dans un univers maudit,  … Jo sera son guide plutôt que Primo Levi.  Y aurait-il une victime plus méritante, plus juste qu’une autre ?  ou bien ai-je mal compris ?

C’est le récit par l’auteur de la déportation du jeune homme de 17 ans qu’il était au jour de son arrestation à Lyon par la gestapo ; passage à Drancy.

A l’’insouciance des années d’adolescence de ce « titi parisien » s’oppose  l’horreur des camps de concentration. Le lecteur suit Joseph sur  ce trajet en train qui conduit à la mort.  Ses parents, sa sœur Marie et son frère ainé André sont ses compagnons de « voyage » terminus Auschwitz. Il sera le seul à en revenir.

Pourquoi crois-je qu’après plusieurs lectures je sortirai de celle-ci moins touchée ? Impossible, les ressentis s’ils sont tous aussi terribles sont exprimés pour chacun de manière si personnelle  que j’apprends encore sur la déshumanisation, des bourreaux comme des victimes . C’est terrifiant pour une victime d’avoir conscience de sa déchéance.

Reste à survivre  et  Joseph a l’indéfectible soutien de son père car lui-même a la naïveté de l’ enfance.:  nous avions vite compris que le tabac était la monnaie d’échange.
Un trafic avec les vêtements soustraits aux déportés faisait l’objet d’une économie de survie.

Après que les anciens du camp ne leur aient pas caché la destination de la mère et de la soeur Joseph assistera à l’abandon de son frère André qui se suicide, à la sélection fatale pour son père.

Les allemands pris en tenaille entre les troupes russes à l’est et les autres pays  Alliés à l’ouest ne voulant pas reconnaître leur prévisible défaite poussent dans un sursaut de haine les déportés sur les routes.

Joseph sera l’un des squelettes fantomatiques qui se traînera dans la marche de la mort mais qui ne l’arrêtera pas ;  il a les paroles de son père pour le soutenir et la promesse faite de construire une famille, pour que vive le NOM et à travers lui les disparus.

C’ est une constante aussi dans les témoignages des déportés de s’interroger sur Dieu, sur sa présence ou son absence.
« Je ne crois pas que Dieu ait jamais séjourné dans aucun des camps de la mort, mais ce jour de Kippour, à Auschwitz, il fallait qu’Il fût sourd pour ne pas entendre. »

C’était une lecture qu’il me fallait faire. Dans ce livre le lecteur voit le bonheur dans l’ enfance, l’ horreur dans le camp puis le ré-apprentissage de la vie au retour en France.

Malgré la charge émotionnelle l’ auteur a épargné le lecteur : "Tout raconter était impossible et le serait à jamais. Ici, dans ces pages, je ne livre que des bribes. Reste l’intransmissible, l’incommunicable, ce que chacun des survivants porte enfoui en lui."
 


Extraits

Les enfants n’échappent pas aux épidémies. Il n’y avait donc aucune raison pour que le virus antisémite les épargnât davantage.

D’in côté la peur et l’angoisse, de l’autre des rires et des pâmoisons. Toute la pornographie d’une époque. Notre mort programmée leur tenait-elle lieu d’aphrodisiaque ?

Aujourd’ hui, lorsque je repense à ces heures, une seule question me hante : pourquoi les alliés n’ont-ils pas bombardé les lignes de chemin de fer menant aux camps de concentration ? Le risque militaire n’aurait pas été bien grand, et le geste Ô combien symbolique.

Eux qui avaient pour fonction et vocation de faire mourir des juifs ne supportaient pas qu’un seul se soit donné la mort. Ils assimilaient cela à une sorte d’évasion réussie. Une libération anticipée.

Je ne me suis jamais beaucoup interrogé sur la notion de culpabilité collective du peuple allemand. C’est l’Homme lui-même qui a failli durant la seconde guerre mondiale et révélé la bête humaine. Tout ce que j’ai vu et entendu depuis n’a fait que me conforter dans cette opinion.

Enfant les morts me faisaient peur, mais désormais c’étaient eux que je craignais le moins. Les morts n’ont ni religion ni nationalité. Ils étaient devenus mes amis.




mots-clés : #autobiographie #campsconcentration


Dernière édition par Bédoulène le Lun 8 Mai - 12:52, édité 3 fois

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Re: Joseph Gourand

Message par Armor le Ven 10 Fév - 0:54

Les extraits que tu as sélectionnés sont marquants, bédou.
J'ai moi aussi lu beaucoup de témoignages, et à chaque fois c'est la même horreur, la même incompréhension devant l'indicible, et la même admiration devant la faculté qu'ont certains être humains à ne pas se résigner…
Je note évidemment ce titre aussi.
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Re: Joseph Gourand

Message par Bédoulène le Ven 10 Fév - 7:32

Oui la résistance, d'ailleurs il se rend compte de la difficulté d'appréhension entre lui qui a eu une enfance heureuse et les Russes et Polonais :

Les Polonais et les Russes avaient conservé, eux, de leur enfance des réflexes de bêtes sauvages. Ils ne se posaient pas de fausses questions, car il n'y avait qu'une seule réponse : "ou l'on mange ou l'on est mangé".




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