Patrik Ourednik

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Patrik Ourednik

Message par Hanta le Dim 4 Déc - 8:15

Patrik Ourednik
Né en 1957




Fils d'une mère française et d'un père tchèque, Patrik Ourednik a passé sa jeunesse en Tchécoslovaquie. Il est né en 1957. Aujourd'hui il vit à Paris. Il a décidé de quitter la Tchécoslovaquie en 1983. Bilingue, il a traduit de nombreux livres français en tchèque (Rabelais, Jarry, Vaché, Queneau, Becket, Béalu, Michaux, Vian, Simon, Butor) et de livres tchèques en français (Vancura, Hrabal, Holan, Skacel, Holub, Grusa, Wernisch). Dès 1992 il publie aussi ses propres textes. Il commence par la poésie et passe à la prose. Il se fait connaître au lecteur tchèque cependant surtout par deux ouvrages du genre encyclopédique. Déjà en 1988, il a écrit son dictionnaire du tchèque non conventionnel au titre intraduisible Smirbuch de la langue tchèque et, en 1994, il récidive avec un recueil de locutions bibliques et apocryphes «car il n'y a rien de nouveau sous le soleil». Dans son Smirbuch il a tenté de répertorier les multiples facettes de la langue parlée et argotique. Ce dictionnaire des argots tchèques manquait sensiblement sur le marché et il devient un instrument très utile pour les lecteurs, les traducteurs et pour tous ceux qui s'intéressent aux métamorphoses de la langue tchèque.

D'ailleurs les problèmes de la langue ne cesseront d'intriguer Patrik Ourednik même dans la suite de sa carrière. En 1997 il publiera un essai intitulé A la recherche de la langue perdue. Toute sa production est marquée par l'intérêt pour les aspects drôles et surprenants de la vie, la recherche des formes et des genres encore inexplorés et un omniprésent esprit de jeu. Il joue avec les mots, mais aussi avec l'histoire, les événements, les disciplines, les lecteurs. Il ne se refuse qu'à un seul jeu. Ce co-auteur des encyclopédies publiées par la maison d'édition Robert Laffont et de l'Encyclopedia Universalis refuse de jouer les chercheurs sérieux.

Source : edition Allia

Peu connu en France sa biographie est donc succincte.

Bibliographie :

Romans et récits
Année vingt-quatre 1995.
Les Aventures extraordinaires du Comte de la Chicorée  1995.
Europeana. Une brève histoire du XXe siècle 2004.
Instant propice, 1855, 2006.
Classé sans suite (Ad acta), 2012.
Histoire de France. À notre chère disparue, 2014.
La Fin du monde n'aurait pas eu lieu 2017.

Poésie
Ou bien , 1992.
D'autant plus  1996.
Le Silence aussi. 2012

Théâtre

2012, Hier et après-demain.

Essais
À la recherche de la langue perdue  1997.
Utopus en personne me fit île  2010.
Du libre exercice du langage  2013.


Dernière édition par Hanta le Mar 27 Déc - 15:37, édité 1 fois
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Hanta

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Re: Patrik Ourednik

Message par Hanta le Dim 4 Déc - 8:15



Classé sans suite

Résumé

Après deux tentatives d'incendies criminels et un suicide suspect, Vilém Lebeda, respectueux inspecteur en chef d'un district d'ordinaire paisible de Prague, se lance dans une enquête. Il croise la route d'un vieil homme retraité acariâtre, Viktor Dyk. L'inspecteur découvre que Viktor a un fils à «l'esprit un peu limité», pour ne pas dire imbécile. D'obscurs souvenirs de violences subies dans son enfance hantent Dyk Junior. Il découvre également que le vieux Dykk n'est pas sans rapport avec un précédent meurtre, qui a eu lieu quarante ans auparavant et classé sans suite... Classé sans suite contient tous les ingrédients d'un thriller… Mais, à l'insu des genres, le roman s'avère une parabole, une satire sociale et un jeu… d'échecs.

« De plus, contre une prime mensuelle de 1810 couronnes, Lebeda remplissait la fonction d’“indicateur furtif”, lequel pléonasme désigne un homme discret et vigilant qui rôde dans le secteur, écoute les ragots et enregistre dans son calepin les comportements suspects. L’indicateur furtif n’était activé que ponctuellement, dans les cas où l’on supposait une activité délictueuse plus ou moins spontanée et collective, et un cas de ce genre avait justement atterri sur le bureau de Lebeda dans un dossier de couleur incertaine taché de gras. »

Mon avis :

Chef-d’œuvre en vue. J’ai été aspiré par le style et l’histoire. Attention n’attendez pas un roman policier conventionnel car l’enquête n’est que secondaire au sein de cet ouvrage. N’attendez pas non plus de comprendre par vous-mêmes c’est impossible. Patrik Ourednik nous sème dans les méandres d’une histoire rassemblant des relations complexes entre les personnages au sein d’un Prague mi-réel mi-imaginaire où seuls les connaisseurs de la ville sauront faire la différence. Au-delà du roman policier il y’a une vraie analyse anthropologique de la mentalité tchèque et de son rapport à l’histoire de son pays. Les mentalités sont critiques, les comportements visés avec beaucoup d’humour, enjoué parfois mais souvent cynique.

Il n’y a pas de hiérarchie d’importance entre les personnages, car selon l’aspect qui vous intéresse, alors chaque personnage a une importance plus ou moins affirmée. C’est là toute la richesse du récit : il mélange pratiquement tous les genres du roman moderne avec beaucoup d’influences d’auteurs passés. Pour le style j’y ai reconnu un peu de Hasek, un peu de Hrabal. Pour l’humour un peu de Ionesco, un peu de Kundera et moi en tant que lecteur je me suis cru Joseph K. perdu dans une histoire que je ne peux comprendre. Et j’ai adoré cela.
Les personnalités sont riches et pourtant aucun événement ne nous montre que ces personnages s’affirment, on le ressent à travers les dialogues mais jamais à travers leurs actes. C’est un autre aspect intéressant, nous ne pouvons que ressentir ce que nous ne comprenons pas sans jamais réussir à «tomber dessus».

Un petit mot pour les dialogues qui sont somptueux. On dit souvent qu’on reconnaît un bon écrivain à l’importance que ses dialogues apportent au récit. Eh bien si tel est le cas Ourednik est un très grand écrivain. Ses dialogues sont d’une qualité similaire à celle que l’on trouve dans les pièces de Ionesco : rythme rapide, beaucoup d’humour et souvent un peu d’absurde. Les dialogues s’enchaînent et notre lecture s’accélère tant on est pris par la conversation et par son rythme. Ceci ne pourrait être le cas sans un vocabulaire riche et soigné. Je ne sais pas si cet ouvrage plaira à beaucoup de monde mais il m’a conquis.
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Re: Patrik Ourednik

Message par Bédoulène le Dim 4 Déc - 9:06

Eh bien, je note Hanta puisque tu dis «chef-d'oeuvre en vue».

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Re: Patrik Ourednik

Message par Bédoulène le Dim 12 Mar - 17:16



Classé sans suite

Je suis rentrée dans le livre et j'ai apprécié l'écriture, mais j' ai du passer outre la 1ère page. En effet ne connaissant absolument rien au jeu d'échec et même pas la représentation par chiffres et lettres, ce n'est qu' après X pages plus loin que j'ai compris que la 1ère page représentait une tactique du jeu.

J'ai eu du plaisir à suivre les personnages ; les dialogues, certaines descriptions de la ville et tout particulièrement celle de l'immeuble où vit Lebeda.

L'auteur sème des indices utiles mais aussi de fausses pistes, il a même l'audace d' interpeller le lecteur : sommes nous réels ?  Au lecteur de reconstituer ce puzzle et d'imaginer, de croire ou non l'auteur.
Ainsi l'auteur fait appel à la réflexion, à la psychologie du lecteur.


L'attitude critique de Kyk Sr, est à rapprocher de la mentalité Tchèque qui nous est expliquée dans la postface. Les précisions et informations sur l'auteur et la ville sont essentielles.

C'était une lecture intéressante et intrigante dans la composition.

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