Alberto Angela

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Alberto Angela

Message par Armor le Ven 10 Fév - 13:06

Alberto Angela
Né en 1962


Alberto Angela (né le 8 avril 1962) est un paléontologue, vulgarisateur scientifique, écrivain et journaliste italien.

Dès son plus jeune âge il a accompagné son père Piero Angela, journaliste à la télévision italienne, dans ses voyages ce qui lui a permis d'apprendre de nombreuses langues européennes et d'acquérir une culture cosmopolite. Après avoir étudié en France, il s'inscrit en Sciences Naturelles à l'Université "La Sapienza" de Rome, où il a finalement obtenu son diplôme avec 110/110 et un prix pour sa thèse. Il a également étudié dans plusieurs universités américaines notamment à l Harvard, Columbia et à l'UCLA avant de davantage s'axer sur la paléontologie et la paléoanthropologie. Une fois sorti de l'université, il a commencé à travailler dans le domaine de la recherche en participant à des fouilles paléoanthropologiques dans différents endroits du monde comme le Zaïre, Ishango, la Tanzanie, Olduvai et Laetoli, le Sultanat d'Oman, la Mongolie et le désert de Gobi.

En tant que journaliste, il a collaboré à divers quotidiens et périodiques, parmi lesquels La Stampa, Airone, Epoca.
Il a conçu plusieurs programmes télévisuels et écrit des livres en collaboration avec son père.
Il est membre de l'institut italien de Paléontologie Humaine (Rome) et du Centro Studi e Ricerche Ligabue (Venise).

Bibliographie sélective français :

Empire : Un fabuleux voyage chez les Romains avec un sesterce en poche
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Armor

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Re: Alberto Angela

Message par Armor le Ven 10 Fév - 13:10



Empire : Un fabuleux voyage dans l'Empire romain avec un sesterce en poche

IIème siècle de notre ère ; l'Empire romain, alors dirigée par Trajan, n'a jamais été aussi étendu, aussi puissant, aussi prospère. Un âge d'or qu'Alberto Angela fait revivre sous nos yeux en partant d'une idée toute simple et pourtant lumineuse : suivre les pérégrinations d'un sesterce aux quatre coins de l'Empire. Cette petite pièce de monnaie est donc le prétexte qui nous conduit de l'Angleterre à l'Egypte, de la Dacie (actuelle Roumanie) à Leptis Magna, en passant _ entre autres_ par Rome et Carthage…
L'occasion de découvrir cet Empire si éloigné de nous et pourtant si proche par certains aspects. Une mondialisation avant l'heure (langue commune, même façon de vivre et de s'habiller) qui ne va pas sans provoquer les mêmes avantages, mais aussi les mêmes maux qu'aujourd'hui : épuisement des ressources, déforestation, et _ si si !_ délocalisations...

Rarement projet de vulgarisation aura été aussi réussi. L'auteur combine à merveille la Grande Histoire et les petites anecdotes du quotidien, s'attardant sur tous les aspects de la vie sous l'Empire. Quid de la médecine, de l'entraînement des légionnaires, de la sorcellerie ou de la confection des routes ? Que vous picoriez parmi les différents chapitres ou que vous le lisiez d'une traite comme moi, ce livre vous apportera des réponses qui vous réserveront bien des surprises !
Je vous laisse ainsi le soin de découvrir par vous-même comment ces diables de Romains faisaient sauter des pans entiers de montagnes pour les besoins miniers alors que les explosifs leur étaient totalement inconnus... Un indice ? Ils utilisaient les pouvoirs insoupçonnés de… l'eau !

Cette plongée dans l'univers romain, aussi ludique qu'instructive, m'a réservé des moments délectables. Un ouvrage qui ouvre l'appétit et donne envie d'en savoir plus. Que vous soyez passionnés par l'Antiquité ou simplement curieux, je ne saurais trop vous en conseiller la lecture !

(ancien commentaire remanié)


mots-clés : #antiquite #historique


Dernière édition par Armor le Mar 8 Aoû - 22:59, édité 1 fois
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Re: Alberto Angela

Message par Armor le Ven 10 Fév - 13:15

Quelques extraits qui, je l'espère, vous donnerons envie d'en savoir plus :

Tombeaux :

Chez les Romains, pas de cimetières à proprement parler. Les tombes se trouvaient souvent au bord des routes, et les épitaphes étaient souvent prétexte à mettre en garde, ) philosopher… bref, s'adressaient directement aux passants.

« Hé, toi qui passes, viens ici repose-toi un peu ! Ah, tu secoues la tête ! Tu ne veux pas ? Il faudra pourtant bien que tu reviennes un jour. »

« Je me suis éclipsé, je ne suis plus. Espoir, Fortune, je vous salue. Je n'ai plus rien à voir avec vous. Jouez-vous de quelqu'un d'autre. »

« La vie est-elle bonne ? La vie est-elle mauvaise ? La mort n'est ni bonne ni mauvaise. Demande toi, si tu dois un brin de bon sens, laquelle des deux tu préfères. »


Médecine :

Etrange médecine que celle des Romains, à la fois très archaïque (nul d'entre nous n'accepterait de d'appliquer leurs collyres !) et très élaborée, puisque l'on a retrouvé les squelettes de personnes ayant survécu à une amputation ou à une trépanation. L'on sait également que les Romains pratiquaient des opérations de la cataracte. Oui, mais saviez-vous que ces médecins n'étaient en fait pas Romains ?

"Au début de l'histoire romaine, les médecins n'existant pas, c'était le pater familial qui veillait à la bonne santé de ses proches et des esclaves vivant sous son toit en recourant à des remèdes et à des connaissances qui se transmettaient de père en fils. Après la conquête de la Grèce, Rome a vu débarquer des médecins professionnels issus des plus illustres écoles (Éphèse, Pergame, Smyrne, Antioche). La Méditerranée orientale était alors l'équivalent des États-Unis actuels, avec ses « pôles de recherche », ses universités, ses grands centres du savoir – il suffit de songer à la bibliothèque d'Alexandrie. Les premiers médecins venus à Rome étaient surtout des esclaves d'origine grecque, fort appréciés si l'on en juge par leur prix élevé sur le marché, mais ils furent rapidement affranchis  et purent ouvrir des cabinets.
(…)
Aussi surprenant que cela puisse paraître, l'exercice de la médecine était indigne d'un Romain, notamment parce qu'il était impensable qu'un citoyen réalise des profits en soignant son prochain, du moins par le truchement  d'une activité manuelle. Cependant, Jules César avait compris l'importance de cette profession, et en 46 av. J.-C. il accorda la citoyenneté romaine aux médecins affranchis, officialisant ainsi leur activité."



Esclavage :

Saviez-vous qu'il existait de nombreux postes de douanes dans l'Empire, où chacun devait se délester de quelques pièces ? Les tentatives de resquiller étaient fréquentes, et pas forcément sans conséquences. Ainsi, si un marchand d'esclaves était pris en flagrant délit de fraude en faisant passer l'une des esclaves pour sa femme, celle-ci était (enfin en principe…) immédiatement affranchie. Je n'ose imaginer la joie des quelques rares personnes ainsi délivrées…

"Il existe de nombreuses catégories d'esclaves : des êtres les plus humbles, exposés aux mauvais traitements dans les exploitations agricoles, aux individus extrêmement bien traités en raison de leur instruction et de leur intelligence, et qui se voient confier des taches délicates au sein de l'administration ou chez les puissants. Tout naturellement, les membres de cette dernière catégorie peuvent s'offrir des assistants, lesquels arrivent parfois à mettre suffisamment d'argent de côté pour s'acheter à leur tour une esclave."


Légionnaires :

De véritables athlètes, et une organisation sans faille !

La vitesse à laquelle les légionnaires se déplacent est véritablement hallucinante. Ils sont entraînés à parcourir 20 miles romains ( 30 kilomètres) en à peine cinq heures, avec 30 kg sur le dos !
Chaque soldat est en effet habitué à porter son propre matériel : armure, armes, ustensiles de cuisine, outils de forage, ainsi que deux pieux pour ériger l'enceinte du camp, qu'il faut aussitôt monter en territoire ennemi aux termes de la marche quotidienne. Cela implique de creuser tout autour une tranchée de 3 km de long, pour une profondeur de un à 3 m (selon le degré de danger du moment) et une largeur équivalente, puis de former sur le bord du fossé, avec la terre excavée, un remblai où planter les pals. Il faut enfin monter les tentes de 6000 soldats à l'intérieur de ce périmètre défensif. Comme elles sont en peau de chèvre, les Romains ne disent pas qu'ils partent « sous les drapeaux » mais « sous les peaux ». On obtient au final un quadrilatère d'environ 800 m de côté, avec des tentes rigoureusement alignées et réparties en quartier, des allées principales, un QG, etc..
Avez-vous une idée du temps qu'il faut aux soldats romains pour construire ce gigantesque campement ? Deux heures à peine ! Pour la bonne et simple raison que chacun des 5000 à 6000 hommes d'une légion sait parfaitement ce qu'il a à faire et s'exécute rapidement en un endroit donné.



Intégration :

Le texte ci-dessous parle de lui-même. Quelle différence avec les empire coloniaux du XIXème, ou le repli sur soi de sociétés en mal de repères !

D'un point de vue technique, la civilisation romaine a probablement joué en faveur de la plus grande intégration de l'histoire. Personne ne fait l'objet de discriminations en raison de sa couleur de peau. La seule vraie discrimination repose sur la position sociale qu'occupe un individu dans la société et le patrimoine qu'il détient – et cette discrimination-là est féroce.
Pour le reste, les Romains considèrent la diversité ethnique comme une richesse économique et un gage d'avenir pour leur civilisation. Ils permettent aux Africains d'accéder à la fortune et aux plus hautes fonctions officielles à partir du moment où ils sont devenus citoyens romains. Un homme né en Afrique a autant de chances de devenir empereur que s'il était né en Italie ou en Gaule. C'est d'ailleurs ce qui s'est produit. Si vous avez l'occasion d'admirer à Berlin la célèbre peinture sur médaillon représentant Septime sévère en compagnie de son époux et de son fils, vous constaterez qu'il a le teint assez foncé.  On pourrait presque le considérer comme un Obama de l'empire romain. Or personne n'a jamais trouvé à redire à sa couleur de peau, à ses origines paternelles puniques, ni au fait qu'il parlait un latin fortement matinée de langues locales. (…) Septime sévère fut cependant l'un des plus grands empereurs romains. Il défendit les frontières et administra l'empire bien mieux que certains césars « européens ». Rome n'a pas hésité à placer à sa tête un Africain, précisément parce qu'elle se voulait ouverte aux peuples conquis ayant embrassé sa culture. C'est ce qui la distingue des empires coloniaux, espagnol, britannique ou français. Rappelons que Trajan lui-même était né en Hispanie.  et pour mesurer toute l'efficacité d'un tel système d'assimilation, il faut savoir qu'à la fin du siècle qui nous occupe un tiers des sénateurs romains seront d'origine africaine, ce qui en dit long sur la prospérité dont jouira alors cette partie de l'empire.



Humour :

On termine avec quelques blagues romaines ? A noter que le personnage du pédant semble être le favori des Romains !

Un citoyen d'Abdère  voit passer un eunuque en compagnie d'une femme. Il demande à un ami s'il s'agit de l'épouse de l'eunuque. Et lorsque l'autre lui répond qu'un eunuque que ne peut être marié, il s'exclame : « Dans ce cas, c'est sûrement sa fille ! »

Un pédant rencontre un ami : « On m'avait dit que tu étais mort ! »
L'ami : « Comme tu vois, je suis bien vivant. »
Le pédant : « Pourtant, celui qui me l'a dit est bien plus digne de confiance que toi. »


Une terrible tempête éclate au cours d'une traversée en mer. Voyant ses esclaves sangloter, un pédant leur dit : « Cessez de pleurnicher ! Je vous ai affranchis dans mon testament. »

Un misogyne ayant perdu son épouse suit le cortège funèbre.
Un passant : « Qui donc vient de gagner un monde meilleur ? »
Le veuf : « Moi, enfin délivré de ma femme ! »
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Re: Alberto Angela

Message par Bédoulène le Ven 10 Fév - 14:39

un commentaire incitatif Armor, merci c'est noté

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