Chamaco_VilaMatas

On sait que l’un des aspects les plus séduisants de la littérature est sa possibilité d’être une sorte de miroir qui avance ; un miroir qui, comme certaines horloges peut avancer.

Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

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    Pierre Michon

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    Hanta

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    Pierre Michon

    Message par Hanta le Ven 10 Fév - 20:55

    Pierre Michon
    (Né en 1945)


    biographie a écrit:Pierre Michon, né le 28 mars 1945 à Châtelus-le-Marcheix (au hameau Les Cards) dans la Creuse, est un écrivain français. Il est élevé par sa mère institutrice après que son père eut quitté le foyer. Il passe son enfance à Mourioux puis au lycée de Guéret, où il est pensionnaire. Il étudie ensuite les Lettres à Clermont-Ferrand et veut consacrer à Antonin Artaud un mémoire de maîtrise, projet qu'il abandonnera. Il voyage par la suite dans toute la France, ayant rejoint une petite troupe de théâtre. Michon n'exerce pas de profession stable.

    À trente-neuf ans, il entre dans la vie littéraire avec la publication des Vies minuscules qui obtient le prix France Culture 1984. Il déclarera plus tard que ce livre l'a « sauvé » : soit il devenait écrivain, soit il devenait clochard (sa situation financière devenait de plus en plus inquiétante).

    À ce livre succèdent Rimbaud le fils, ensemble de textes courts sur la destinée d'Arthur Rimbaud, analysant le poète qui a déjà fait couler beaucoup d'encre sous un angle nouveau, celui des personnes qui l'ont côtoyé dans son enfance et ceux qui l'ont guidé sur le chemin de la poésie. Puis, dans une veine romanesque, La Grande Beune et Abbés. Dans Vie de Joseph Roulin, il relate l'histoire du facteur six fois pris en modèle par Van Gogh et mesure ainsi l'écart entre la misère, l'agonie du peintre d'Auvers-sur-Oise, et l'avenir inimaginable de ses tableaux après sa mort.

    En 2009, Pierre Michon publie Les Onze, un livre dans lequel il évoque l'histoire du peintre Corentin et celle de la Révolution française à partir de la description d'un grand tableau représentant les onze membres du Comité de salut public (Robespierre, Saint-Just, Barrère, etc.) pendant la Terreur, qui serait exposé au Louvre (en réalité le peintre et le tableau sont fictifs).
    Pour ce roman, Michon reçoit le 29 octobre 2009 le Grand prix du roman de l'Académie française.

    En 2015, il reçoit le premier Prix Marguerite Yourcenar pour l’ensemble de son œuvre.

    Il est le père d'une fille, Louise, née le 11 octobre 1998.

    Bibliographie :

    Vies minuscules
    Vie de Joseph Roulin
    L’Empereur d’Occident
    Maîtres et Serviteurs
    Rimbaud le fils
    Le Roi du bois
    La Grande Beune
    Mythologies d’hiver
    Trois auteurs
    Abbés
    Corps du roi
    Le roi vient quand il veut. Propos sur la littérature
    Les Onze
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    Hanta

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    Re: Pierre Michon

    Message par Hanta le Ven 10 Fév - 20:57

    Rimbaud le fils



    Je suis resté exclu du récit. J'avoue ne pas avoir compris l'intention de l'auteur. Exercice de style ? Eloge du poète ? Eloge du génie ?
    Cela m'a paru être superficiel en terme de contenu et je me suis donc résolu à pencher pour l'exercice de style.
    En effet, le concept de génie n'est pas défini et pourtant il fut âprement disputé en esthétique, tant disputé qu'il me fut compliqué de penser ce que Michon entendait par ce terme. C'est un exemple de lacune de contenu qui me semble immuable pour comprendre un sens spécifique et une intention particulière de l'auteur.
    Si c'est un exercice de style nous ne pouvons qu'applaudir et nous incliner. C'est beau, riche avec un vocabulaire que nous n'avons plus l'habitude de lire ou d'entendre. La langue française est honorée et le plaisir est important.
    Il demeure que je pense que c'est l'exemple type d'ouvrage qui obtient le résultat inverse de ce qu'il peut être souhaité. En effet, dans une société et à une époque où la littérature au style élaboré est mise au ban, boudée par la majorité du lectorat, avec pour critique principale une pédanterie élitiste, critique que l'on jugera valable ou non, ce livre incarna exactement ce qui est défié par le dit lectorat critique. Un contenu peu évident, un style complexe, classique, font de ce livre l'objet archétypal, le représentant des livres qui ont écoeuré un large public qui voulait du message, des idées fortes dites simplement. Si la mission était la réhabilitation de ce type de littérature, cela conviendra aux amoureux déjà conquis. Non aux autres.
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    Re: Pierre Michon

    Message par Hanta le Ven 10 Fév - 21:04

    L'empereur d'Orient



    Texte assez petit qui narre la rencontre et le dialogue entre un décurion et un vieil homme ancien allié de l'empereur Alaric. Le style est toujours génial, parfois ampoulé mais il demeure une référence de la langue française parmi nos auteurs vivants. De la poésie en prose est l'expression qui décrirait le mieux la joliesse du style de Pierre Michon. Et l'on est transporté par la musique des mots, par l'harmonie des phrases, par la fluidité du récit. Quand on lit un livre de Pierre Michon on sait d'avance que l'expérience stylistique sera extraordinaire. Mais comme dans Rimbaud le fils je ne fus pas intéressé par le sujet. je n'en ai ressenti aucune déception ni aucune amertume car si un jour le sujet d'un livre de Pierre Michon s'associe à son style et que j'en fais l'expérience je toucherais alors la perfection et ce serait peut être la fin de ma vie de lecteur. heureusement Je n'en suis pas là et je peux continuer à lire et me satisfaire que tout ne soit pas parfait chez Pierre Michon. La beauté de son texte est déjà un plaisir immodéré.
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    Re: Pierre Michon

    Message par Bédoulène le Ven 10 Fév - 22:42

    des livres dans ma pal, mais je cours toujours après le temps

    merci Hanta


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    Re: Pierre Michon

    Message par Tristram le Ven 10 Fév - 23:21

    Pour avoir lu plusieurs livres de cet auteur, je pense qu'il faut commencer par le commencement (bis repetita placent) : les Vies minuscules ; il y a bien un thème, assez peu exigeant (les existences des humbles oubliés), et son style est là superbe.
    Pas moyen de le citer succcinctement. Par contre, dans les suivants :
    « …] il s'efforçait d'oublier ou de se souvenir, l'un et l'autre sans doute, l'un puis l'autre, l'un exaspérant l'autre en s'épuisant à le celer, comme sans profit nous faisons tous. »
    Pierre Michon, « L'empereur d'Occident »


    « Il y a deux sortes d’hommes – ceux qui subissent le destin, et ceux qui choisissent de subir le destin. »
    « Il pensait au temps  et à la mort qui y met fin. »
    Pierre Michon, « L’oiseau », in « Corps du roi »

    « Dans sa main droite le petit sablier de feu, la très précieuse cigarette qui marque avec une intolérable acuité le passage du temps, qui réduit le temps à l’instant, la durée de combustion d’une cigarette étant comparable et cependant très sensiblement inférieure à celle de cette combustion complexe d’un corps d’homme qu’on appelle une vie. »
    Pierre Michon, « L’éléphant », in « Corps du roi »

    « Ils [La Ballade des pendus et Booz endormi] rassurent le cadavre, ils assurent l’enfant sur ses jambes. Voilà sans doute la fonction de la poésie. Je n’en vois guère d’autre. »
    Pierre Michon, « Le ciel est un très grand homme », in « Corps du roi »

    Commentaire de l'auteur sur les biographies a écrit:« Faire passer une biographie pour une vie, c’est céder au fantasme de totalité ; c’est donner la succession d’instants d’une existence pour un parcours orienté, cohérent, tendu vers un but (ainsi les vies de saints pouvaient bien être dites telles puisque l’Être transcendant les charpentait d’un bout à l’autre, unifiait cette collection d’instants). Et dans un sens, c’est ce qu’a toujours fait tout romancier, faute de quoi ses personnages tomberaient en morceaux, en petits morceaux, en tout petits morceaux. Mais, d’un point de vue plus optimiste, ou plus volontariste, on peut dire aussi qu’une vie, c’est ce chaos d’exister, une existence donc, dès lors qu’elle achoppe sur le peu de chose qui la transforme en destin – c’est-à-dire lui donne sens. Et, comme la rencontre d’un sens et d’une existence – l’incarnation du sens – se fait à corps défendant, avec perte et fracas, avec douleur, parfois avec en plus de la joie, cela plus que tout mérite d’être raconté et lu – légendé.
    Écrire des vies, c’est inventer l’existence de gens qui ont existé pourtant, qui ont eu un état-civil, c’est redoubler l’illusion réaliste, l’effet de réel – c’est renforcer ce que la critique a appelé le pacte référentiel. Et, pour peu que dans cette opération trouble on attrape un peu de vérité, on fait peut-être revivre fugacement, l’espace de deux phrases ou de deux mots, ces existences évanouies ; ce serait alors un art peu défini, qui fut toujours pratiqué pourtant dans les marges de la littérature, l’évocation.
    Corinthiens, I, 4: 9 : « Dieu les destinait à la mort à titre de spectacle pour le monde, les anges et les hommes ». Ils sont définis là, les héros des récits de vie, tout y est : la grande cause diffuse qui fabrique les destins, le visible et l’invisible, l’exemplarité, la douleur et la gloire, la déraison raisonnable, la mort comme production de sens encore, la délectation du voyeur – du lecteur –, la vie même. »
    Pierre Michon, propos recueillis par Tristan Hordé, Recueil, décembre 1991

    A mon sens, c'est un magnifique auteur, peu prolixe (peut-être se "force"-t-il depuis les Vies ?)
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    topocl

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    Re: Pierre Michon

    Message par topocl le Sam 11 Fév - 8:26

    Vies minuscules


    Les trois premiers récits m'ont subjuguée, ces gens de peu, qui n'ont pour eux que le labeur et la solitude, même pas les mots face à l'abandon. Puis vient l'histoire des frères Bakroot, deux gamins dans la cour de l'école, c'était beaucoup plus vu. Et ensuite, déjà Michon parle plus de personnages pittoresques que de gens ordinaires, et surtout le personnage qui prend de la place, c'est lui, jeune aspirant écrivain stérile et égoïste, et mon intérêt a lâché. Tout le contraire des précédents : un jeune homme sans humilité, tout en mots et en vanité. On se demande un peu si c'est le même livre, le seul fil rouge est leur bien pauvre arme commune, le vin dans lequel ils noient leurs malheurs.
    Reste une prose austère et lyrique, dense et puissante .

    (commentaire récupéré et remanié)


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    Re: Pierre Michon

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