Fabrice Humbert

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Fabrice Humbert

Message par chrysta le Dim 12 Fév - 10:09

Fabrice Humbert
Né aux environs de 1970


Professeur de lettres, Fabrice Humbert a déjà publié plusieurs romans dont "Autoportraits en noir et blanc" (Plon, 2001), "Biographie d’un inconnu" (Le Passage, 2008), retenu en sélection finale du prix Roger Nimier 2008 et dont la presse a salué la qualité littéraire (Le Monde, Le Nouvel Observateur, Le Canard enchaîné…) ou "L'Origine de la violence" (2009) qui remporte le prix Orange du livre en 2009, le prix Renaudot du livre de poche en 2010 et le prix littéraire des Grandes Écoles.

En 2010, il publie une grande fresque sur la crise financière intitulée La Fortune de Sila. Le livre reçoit le prix Jean-Jacques Rousseau 2010 et le Grand prix RTL-Lire remis à l'occasion du salon du livre de Paris en mars 2011.


Bibliographie

Autoportraits en noir et blanc, août 2001
Biographie d'un inconnu, 3 janvier 2008
L'Origine de la violence, 8 janvier 2009
La Fortune de Sila, 19 août 2010
Avant la chute, 23 août 2012
Eden Utopie, 26 février 2015
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chrysta

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Re: Fabrice Humbert

Message par chrysta le Dim 12 Fév - 10:10



Résumé: Lors d'un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d'un détenu dont la ressemblance avec son propre père, Adrien, le stupéfie.
Rentré en France, il retrouve son père, sa famille, mais le souvenir de la photographie ne le quitte plus. Il décide alors de se lancer dans une recherche qui va bouleverser sa vie.
Ce détenu, nommé David Wagner, se révèle être son véritable grand-père. Peu à peu se met en place l'autre famille, la branche Wagner, la branche cachée, celle dont personne chez les Fabre n'évoque l'existence. Et c'est le destin croisé de ces deux familles, deux générations plus tôt, lorsque l'ambitieux David Wagner rencontra le riche Marcel Fabre et sa femme Virginie, qui éclate alors au grand jour, ainsi que les terribles conséquences que la liaison entre David et Virginie entraîna.
Au cours de sa quête à travers la France et l'Allemagne, dans la nouvelle vie qu'il tâche d'inventer avec une allemande qu'il vient de rencontrer, le jeune homme se rend compte qu'on ne se débarasse pas si facilement du passé - ni du sien ni de celui de sa famille. Lorsqu'on remonte à l'origine de la violence, c'est sa propre violence qu'on finit par rencontrer.


Terminé ce matin, ce roman me laisse dans un entre-deux, une sorte en même temps de perplexité qui me fait hésiter au moment où je dois dire si je l'ai apprécié.

Croisant au détour d'une visite à Weimar le regard d'un juif déporté sur une photo, ce jeune homme élevé dans la bourgeoisie normande, aujourd'hui professeur d'histoire en visite dans cet espace de mémoire avec sa classe, va être percuté par la ressemblance entre l'homme sur la photo et son propre père. Au retour de ce voyage, il est habité par le doute, et un sentiment qu'il y a quelque chose d'impalpable à découvrir autour de cette photo et de ses protagonistes. Il se lance alors dans une minutieuse enquête qui l'amène à croiser des survivants des camps ayant croisé le détenu qui l'intéresse, et ainsi, à reconstruire une histoire, celle de cet homme sur la photo dont il va peu à peu découvrir le parcours et le destin, tout en même temps qu'il entendra l'horrible réalité du quotidien du camp de Buchenwald où le Mal fraye avec une sorte de normalité, le rire avec la mort, cela autour de l'histoire racontée de David Wagner, l'homme de la photo, par un de ses "amis" de camp.

Toute la première partie du romane traite de David Wagner et de son quotidien, avec une incessante interrogation sur le Mal, le Mal ordinaire, admis, ou occulté, tel qu'il a pu l'être au sein des camps où le normal, insignifiant côtoie la mort, la torture et l'horreur.
Cette première partie, riche sur cette histoire terrible, me laisse avec un sentiment diffus de manque. Manque de quoi ? D'affects je dirai ... peut être parce que l'auteur en fait un récit comme une histoire racontée par un ancien, telle qu'il la narre, et qu'il ne laisse pas transpirer ses sentiments. Peut être aussi simplement parce que le lecteur se laisse aller à l'anesthésie émotionnelle pour tolérer la lecture de cet intolérable, la traverser. Je l'ai trouvé remarquable tout autant que pénible. Remarquable car, si j'y réfléchis, c'était comme me laisser raconter une histoire le soir au coin d'un feu, et que j'arrivais presque à entendre la voix du narrateur. Pénible dans sa monotonie, son aspect exposé parfois, la mise à distance de l'émotion qui me semble être là. Sont ici posés de faits et ils tombent comme un couperet amer.

La seconde partie de l'oeuvre relate plus la psychologie du personnage, et ses dernières quêtes et découvertes plus directement au sein de sa famille auprès de laquelle il va peu à peu remplir les blancs de l'histoire de David Wagner et de son entourage, du contexte de sa déportation, du contexte de sa vie, des gens pour qui il a compté que ce soit dans l'amour ou la haine, de ce que son absence a fait dans le quotidien et la vie de ces personnes, de comment cette absence a impacté l'histoire d'une famille complète.
J'ai trouvé cette partie intéressante mais assez longue tout de même

L'ensemble du livre me laisse avec l'idée que je ne pouvais pas ne pas le lire mais que sa lecture me laisse un sentiment indéfinissable, entre l'intérêt du récit, de l'histoire qu'il raconte et de comment l'histoire de cet homme a marqué les générations successives; tout en même temps j'ai eu le sentiment de lire un écrit assez linéaire.
Je me dis que cet effet est peut être aussi celui en miroir de cette banalité qu quotidien des camps où l'horreur fait partie du paysage sans même plus s'en rebeller ou émouvoir; comme une forme d'anesthésie émotionnelle que l'on connaît aux personnes ayant vécu des traumatismes qui, d'une certaine manière, se transpose dans ce récit, le plaçant d'une certaine manière dans la mémoire de ce trauma qui se dit mais dont ce qu'il fait ressentir reste intérieur, latent, indicible...
Peut être aussi que ces effets viennent rencontrer nos propres difficultés à entendre, voir et comprendre cela sans y mettre une distance qui rend les chose plus supportables même si inacceptables


mots-clés : #campsconcentration #deuxiemeguerre #famille
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Re: Fabrice Humbert

Message par Bédoulène le Dim 12 Fév - 10:29

c'est une fiction ?

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Re: Fabrice Humbert

Message par chrysta le Dim 12 Fév - 11:31

Oui c'est une fiction, mais c'est vrai qu'en le lisant ça faisait un peu biographique ...
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Re: Fabrice Humbert

Message par shanidar le Dim 12 Fév - 11:43

Merci Chrysta pour ce commentaire extrêmement intéressant. Je me souviens très bien de la gêne que j'avais éprouvé à la lecture du livre d' Humbert (un peu comme celle éprouvée avec Le Wagon de Rykner récemment), cette gêne qui provient du fait que les camps sont racontés par des êtres qui n'y ont pas vécus et qui instaurent une distance émotionnelle sans doute nécessaire mais crispante pour le lecteur.

Mais ce qui m'avait le plus irrité dans le livre d'Humbert, c'était cette espèce d'outrecuidance dans le propos, cette pause de l'écrivain un peu 'm'as-tu vu' qui m'avait agacée.

Voici le petit commentaire que j'en ai fait :



L'origine de la violence

c'est difficile et périlleux de vouloir faire œuvre de fiction avec la Shoah. C'est compliqué quand l'auteur ne parvient pas toujours à définir ce qui est de l'ordre du fictionnel et ce qui appartient à la réalité et puis ce qu'est l'Histoire. Toujours compliqué de jouer avec ces trois niveaux narratifs. Et je n'ai pas trouvé Humbert convaincant dans cet exercice de haute voltige. C'est bien dommage car le sujet est évidemment fascinant : un secret de famille, un jeune homme qui part à la recherche de ses origines et qui rencontre l'Histoire, celle du XXème siècle. Malheureusement j'ai trouvé que Humbert (malgré un style très classique, très lisible, très classe) en faisait un peu trop. Trop de 'je', trop de complaisance dans l'écriture, trop de fatuité dans le regard... Et puis, j'ai été gênée par l'impression que dans beaucoup de pages du livre, Humbert se contentait de réécrire les livres des autres (Levi, Semprun, Haffner...), ce qui n'a pas beaucoup d'intérêt et n'apporte rien au propos de l'auteur.

Dommage.
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Re: Fabrice Humbert

Message par chrysta le Dim 12 Fév - 11:57

Merci de ton avis.
C'est étonnant, lorsque j'ai lu ce livre (suite à avoir vu le film car je pensais y trouver plus de profondeur), je suis presque partie sur l'idée d'une autobiographie, et je ne crois pas m'être vraiment posé la question de si c'en était une ou non avant ce matin.
Du coup, il est vrai que j'ai évoqué la question du trauma et de l'anesthésie émotionnelle qui n'est peut être pas juste. Ou peut être en partie si, car je pense que l'auteur a tout de même eu contact avec des personnes et a transmis quelque chose de cette distance qui peut être mise quand c'est trop lourd.
Après, lire ton commentaire m'amène à mieux comprendre cette sorte d'accroche ambiguë que j'ai ressenti, et notamment je pense dans cette écriture qui relate de manière encyclopédique et non investie, non émotionnellement touché, comme un exposé de faits.
Si effectivement ce roman est une inspiration remanié de différents autres auteurs (que je n'ai pas lu), du remâchage donc partiel, il est dommage que l'auteur n'ai pas su en tirer quelque chose de plus habité, d'autant que la matière première et l'idée de départ est vraiment intéressante et aurait pu être exploité de manière plus riche.
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Re: Fabrice Humbert

Message par shanidar le Dim 12 Fév - 12:05

Si tu ne l'as pas lu Chrysta, je te conseille L'écriture ou la vie de Jorge Semprun car dans ce livre Semprun, quarante ans après son internement revient à Weimar (avec deux garçons qu'il considère comme ses fils) et découvre une vérité incroyable sur la raison qui l'a sauvé d'une mort plus que probable. Ce texte est extrêmement poignant et érudit. Un immense coup de cœur pour moi, bien supérieur à l'histoire de Humbert.


Dernière édition par shanidar le Dim 12 Fév - 12:19, édité 1 fois
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Re: Fabrice Humbert

Message par chrysta le Dim 12 Fév - 12:16

Merci du conseil, je le place directement dans ma liste de livres à acquérir
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Re: Fabrice Humbert

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