LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

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Message par shanidar le Mar 14 Fév 2017 - 11:52

Puisque nous lisons le même livre avec Bédoulène, profitons-en pour partager un peu !

Il s'agit donc de La tête perdue de Damasceno Monteiro d'Antonio Tabucchi , dont la première particularité est d'être un livre publié d'abord en français. Une manière pour Tabucchi de remercier son éditeur (Christian Bourgois) mais aussi la fidélité des lecteurs et des critiques français.


Seconde précision à propos de la photo de couverture : Antonio Tabucchi remercie son ami Gérard Castelo-Lopes qui, avec sa générosité habituelle, lui a offert la photographie de la couverture de la présente édition française (...).

Ce n'est évidemment pas un hasard si Tabucchi demande cette photo à Castello-Lopes, considéré comme l'un des représentants les plus importants de la photographie humaniste portugaise des années 50. D'autant moins un hasard, que le personnage principal du roman : Firmino, jeune journaliste rêveur, désire écrire un essai sur le néo-réalisme des années 50 au Portugal (et cela me fait, bien sûr, penser à Vergilio Ferreira...).

Mais revenons au livre de Tabucchi, (dont on connait également l'humanisme) et qui commence par la description ô combien réaliste d'un vieux gitan (Manolo pour le civil, El Rey pour sa vieille épouse) qui se lève au petit matin avec une puissante envie de pisser. Autour de lui sévit la misère du camp de gitans, parqués comme des réfugiés dans des maisons misérables, au bord d'une zone de non-droit, vivant de rien et de rapine, quémandant une aide d'Etat qu'on leur offre pour les sédentariser.

Manolo pisse contre son chêne préféré (parce que incontestablement l'arbre lui fait du bien à être plus âgé que lui) et découvre une chaussure dressée au bout d'un pied et au bout de ce pied, un cadavre sans tête.

L'histoire est lancée !
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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par Bédoulène le Mar 14 Fév 2017 - 14:31

oui un beau portait de Manolo et une manière d'amener le lecteur sur le triste sort réservé (en Espagne aussi)aux gitans au Portugal

Le jeune journaliste est envoyé précisément par le directeur du journal à la pension de Dona Rosa. Celle-ci le guidera très surement.

Un inconnu le demandera au téléphone pour l'informer sur l' assassinat.

On peut s'étonner de l' aide que reçoit  Firmino qui est presque un étranger dans la ville de Porto

Etant donné l'insistance du directeur du journal on peut se poser la question : quelles relations entre lui et Dona Rosa (même si l'on sait qu'elle a été un personnage connu et prisé dans le temps) ? car confiance lui est donnée.

Les sorties et recherches de Firmino permettent aussi la découverte de la ville et de ses us, goûts culinaires.....

Le jeune journaliste envoie ses premiers articles à son journal, le premier grâce à l'interwiev que Dona Rosa lui a obtenu avec Manolo.

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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par shanidar le Mar 14 Fév 2017 - 16:32

Je ne sais pas ce que tu en penses Bédou, mais je vois un lien de parenté évident avec d'autres journalistes que nous avons déjà croisés : Firmino pourrait être le fils de l'Eusébio de Christian Garcin, tant il lui ressemble par son côté casanier et placide, cette idée désagréable liée au voyage, puisque Porto et ses tripes ne font pas du tout rêver Firmino bien au contraire ; et il pourrait être le petit-fils de Pereira lui-même, de Tabucchi, ancien grand journaliste devenu vieux et plein de rhumatisme, légèrement dépressif et poussif...

En tout cas, je ne sais pas si on peut placer ce roman dans le genre policier mais tous les éléments sont là : un mort, un journaliste enquêteur et des indices qui s'égrènent au fil de la lecture. Cependant, il flotte dans l'air comme un parfum de laisser-aller, comme si Firmino ne trouvait pas beaucoup d'intérêt à toute cette aventure, lui qui, pour visiter Porto (et nous la faire visiter) n'organise pas un trajet dans la ville mais se laisse aller au gré de ses envies s'aidant laborieusement mais après coup du guide qu'il a acheté. C'est tout un apprentissage de la vie, du voyage, de la recherche et peut-être même de la littérature qui est ainsi interrogé par notre indolent journaliste.
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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par Nadine le Mar 14 Fév 2017 - 16:34

JHB devrait apprécier ce détail Shanidar .
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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par shanidar le Mar 14 Fév 2017 - 16:41

Oui, c'est très curieux, on dirait presque que Tabucchi a écrit un anti-roman policier, avec un enquêteur qui ne découvre aucun indice (ce sont les autres qui lui fournissent sur un plateau) et tout un tas de références littéraires qui n'ont absolument rien à voir avec l'intrigue... mais il aime souvent prendre le contre-pied des évènements Tabucchi et rire sous cape de notre léger désarroi, c'est un pince-sans-rire ou un prince du pire, qui sait...
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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par Bédoulène le Mar 14 Fév 2017 - 18:43

flâneries urbaines !

Dona Rosa a organisé la rencontre avec Manolo, Firmono a un RV ave l'homme inconnu du téléphone son témoignage fera l'objet d'un autre article du journal (cet homme Leonel Torre était ami avec la victime)

la tête retrouvée dans le Douro sera vue par Firmino grâce, une nouvelle fois à une connaissance de Dona Rosa.

Il semble que ce soit un parcours initiateur pour le jeune journaliste.

et tu as bien raison de rappeler les journalistes que nous avons déjà suivis.

As-tu noté aussi l'ambiance reposante de la pension ; Dona Rosa et son attitude discrète mais affirmée ?

(j'ai avalé le livre) donc dis moi où tu en est afin que je ne dévoile pas trop.

(je fais des recherches sur les personnages cités, les nombreuses références littéraires)

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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par Bédoulène le Mar 14 Fév 2017 - 18:55

les photos de Castello-Lopez

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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par shanidar le Mar 14 Fév 2017 - 20:36

Bédoulène a écrit:les photos de Castello-Lopez

ah oui tu as vu ! Terrible !!

Je suis aussi bien avancée dans ma lecture (pas encore terminée) mais je pense que ce roman mérite qu'on revienne sur nos pas pour le penser, le repenser tant il est riche !

(tu as aimé Bédou ??)
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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par Bédoulène le Mar 14 Fév 2017 - 23:33

adoré !

quel personnage l'avocat ! c'est bien lui qui a le jeu en mains et qui sort les cartes !

érudit, humaniste

pour Firmino c'est vraiment un parcours initiatique mais il s'en sort bien le petit !

reviens sur nos pas je te suivrais


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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par shanidar le Mer 15 Fév 2017 - 10:15

Je viens de le finir. Je suis très admirative.

Alors pour résumer : ce n'est pas seulement un vrai-faux polar c'est aussi un livre qui plonge directement dans notre actualité : violences policières voire même torture puis assassinat, importance des journalistes qui mieux que les policiers (trop impliqués eux-mêmes dans les trafics et les dévoiements) font un travail remarquable d'enquêteur et de lanceur d'alerte, mais aussi protège les plus pauvres en les rendant visibles, brrr... on dirait une photographie prise sur le vif de notre société actuelle. C'est assez sidérant (le livre est écrit en 1996, il y a vingt ans !!).

Je vais revenir et tenter de décrypter peu à peu les propositions littéraires et humanistes de Tabucchi !
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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par Tristram le Mer 15 Fév 2017 - 12:58

Oui, il y a énormément à apprendre des références intertextuelles dans ce livre :

« …] en littérature, tout a à voir avec tout. […] Si vous voulez étudier la littérature, apprenez au moins à établir les correspondances. »
Antonio Tabucchi, « La Tête perdue de Damasceno Monteiro », XII

J'en suis resté à peu près là, j'espère que vous irez plus loin, car il y a beaucoup à découvrir...
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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par Bédoulène le Mer 15 Fév 2017 - 15:44

merci Tristram

A retenir le "quasi bénévolat de l'avocat. Son explication de son investissement pour les plus pauvres, les plus fragiles et son aveu sur son enfance "je suis comme eux" est remarquable.

C'est un vrai Maître pour Firmino.

Malgré que  l'enregistrement du procès soit médiocre les quelques mots qui s'entendent nous font bien imaginer la rhétorique de sa défense (comme il l'a fait avec Firmino à propos de ses choix littéraires, professionnels,  en exemples concrets et en poussant le jeune homme à s'interroger comme il l'a certainement fait avec les jurés)

Il démontre que tout peut-être fait par les uns et les autres, pour telle ou telle raison (London fut torturé par les communistes, Alleg parce qu'il était communiste) London était aussi communiste

Rappel du livre d'Artur London "L'aveu"

"J'ai la manie de retenir le nom des tortionnaires, qui sait pour quelle raison j'ai l'impression que reenir les noms des tortionnaires est une chose qui a un sens, en fait vous savez pourquoi ? parce que la torture est une responsabilité individuelle, l'obéissance à un ordre supérieur n'est pas tolérable, trop de gens se sont cachés derrière cette misérable justification en en faisant un bouclier légal, vous comprenez ? ils se cachent derrière la Grundnorm   (norme générale) (pyramide des normes Hans Kelsen)

Que se soit quand l'avocat rappelle ses recherches à la Torre do Tombo (archives sur l'Inquisition), quand il cite Vésale (connaissance du corps) ou Alexandre Mitscherlich (psychosomatique) il annonce le  fait que Damanesco Monteiroa été torturé


peux tu me rappeler l'insertion de De Quincey stp ?  (car je n'ai pas la mémoire phénoménale de Don Fernando)

Mémoire, une aide essentielle pour qui cherche, pour qui s'interroge, pour qui veut comprendre.

Lukacs (le principe de réalité) Firmino saura l'utiliser dans les recherches

Don Fernando illustre le concept du temps par ses  rêves, c'est très compréhensible.

à suivre


Dernière édition par Bédoulène le Mer 15 Fév 2017 - 16:37, édité 1 fois

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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par Tristram le Mer 15 Fév 2017 - 15:51

Il semble qu'il faille que je relise ce livre... et que je ne le possède même plus physiquement...
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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par shanidar le Mer 15 Fév 2017 - 15:55

Merci pour les encouragements, Tristram ! Et la citation que tu retranscris est sans doute la plus emblématique de l'ensemble du roman de Tabucchi, comme une formidable chambre d'échos !

Première occurrence avec un auteur italien que Bédoulène a déjà lu (moi pas) et que tom léo semble également porter dans son cœur : Elio Vittorini.

Ce qu'en dit Tabucchi :

Quand il passa devant la Bibliothèque Nationale, il ne put s'empêcher de ralentir pour la regarder avec nostalgie. Il pensa aux après-midi passés dans la salle de lecture à étudier les romans de Vittorini, et à son vague projet d'écrire un essai dont il avait déjà le titre, L'Influence de Vittorini sur le roman portugais d'après-guerre. En même temps que cette nostalgie, ce sont les relents du cabillaud frit du self-service de la Bibliothèque où il avait mangé pendant des semaines entières qui remontèrent dans ses souvenirs. Le cabillaud et Vittorini. Mais, pour l'heure, le projet en était resté là. Qui sait, peut-être allait-il le reprendre quand il aurait un peu de temps libre.

Bien sûr, Firmino écrira un tout autre livre (dont le thème lui sera soufflé par l'autre grande figure du roman, un avocat obèse, Don Fernando). A noter que la nourriture est un élément essentiel du roman, tout se passant plus ou moins autour d'un bon repas !

Alors Vittorini ? Pourquoi lui ? Pourquoi lui en premier ? et quelle influence eu-t-il sur les romanciers portugais ??

Une partie de la réponse se trouve sans doute ans la présentation reprise par tom léo :

Vittorini représente dans la culture italienne la figure de l’intellectuel engagé (impegnato), animé par la volonté de contribuer à la rénovation de la société à travers la prise de conscience et la dénonciation de ses contradictions. Pour lui, la littérature doit être un instrument capable de protéger l'homme de la souffrance. On retrouve, à travers l'ensemble de sa narration, la tendance à transfigurer le concret et la représentation de la réalité dans le fabuleux et le symbolique. Ses premières œuvres se veulent dans l'idéologie d'un fascisme « de gauche », dans son âme anarcho-révolutionnaire et antibourgeoise.

Tu en penses quoi Bédou, toi qui as lu Vittorini ?
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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par shanidar le Mer 15 Fév 2017 - 16:01

Nos messages se sont croisés ! Je suis impressionnée par ta manière de synthétiser les propos de Don Fernando, Bédou !

Voici l'extrait sur De Quincey :

- (...) vous savez ce que disait De Quincey ?
- Que disait-il ?
- Il disait : si un homme se laisse aller une fois à tuer, il en viendra très vite à considérer le vol comme peu de choses, et de là il en viendra à boire et à ne pas observer les jours fériés, à se comporter donc sans éducation, à ne pas respecter ses engagements, et une fois sur cette pente on ne sait pas où il finira, car beaucoup doivent leur propre ruine à tel ou tel assassinat auquel ils n'avaient guère prêté attention sur le moment. Fin de la citation.
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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par Bédoulène le Mer 15 Fév 2017 - 17:03

merci pour la citation à propos de Quincey

eh bien pour Vittorini je n'ai lu que "Les Hommes et les autres" qui n'avait pas été une lecture facile, oui on y retrouve " la prise de conscience et la dénonciation de ses contradictions" puisqu'il s'agit du comportement de l'Homme, tant est qu'il soit encore un Homme puisque c'est le propos du livre.

l'histoire se déroule sous le régime fasciste et il me semble que le héros est complexe, (plus que tout homme l'est) je me souviens de l'étrangeté et d'un certain malaise ce qui avec le recul me parait salutaire.

A la réflexion il y a aussi du Buzzati dans Vittorini puisque ces livres sont également des critiques de la société (à mon avis)

il nous faudrait le lire Shanidar Vittorini

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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par shanidar le Mer 15 Fév 2017 - 21:32

Est-ce que tu as du Vittorini dans tes tablettes Bédou ? (je pense aller à la médiathèque en début de semaine prochaine) ça serait chouette de le lire dans la foulée (même si ça n'a pas l'air d'être une lecture de wacances !!). J'ai de disponible L'œillet rouge - conversation en Sicile- et celui que tu as déjà lu (Les hommes et les autres)... Dis-moi !
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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par Bédoulène le Jeu 16 Fév 2017 - 10:24

non il faudra que j'achète donc si tu peux patienter je te dis quand j'obtiens (l'oeillet rouge me tente)

commandé (parce que c'est Vittorini, pas facile à trouver et cher même d'occase)

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Re: LCI La tête perdue de Damasceno Monteiro - Antonio Tabucchi

Message par shanidar le Jeu 16 Fév 2017 - 10:54

Bédoulène a écrit:non il faudra que j'achète donc si tu peux patienter je te dis quand j'obtiens (l'oeillet rouge me tente)

ah non non mais prend ton temps (je suppose que tu as plein d'autres envies sous la main). J'emprunterai peut-être Les hommes et les autres parce que ton commentaire m'intrigue...

Revenons à Tabucchi et à Firmino envoyé à Porto pour couvrir l'affaire du cadavre sans tête et qui nous révèle son 'antipathie' à l'égard de la ville, sans doute due à des souvenirs de noël pas très agréables (et une soupe aux choux verts !! Shocked )

Il pensa aux théories de Freud. Non qu'il les connût à fond, elles ne lui avaient pas inspiré suffisamment confiance. Tandis que Lukács et son exacte radiographie de la littérature comme expression de classe, oui, Lukács, voilà quelqu'un qui lui était utile pour son étude sur le roman portugais d'après-guerre, il avait plus besoin de Lukács que de Freud, mais ce médecin viennois avait peut-être raison sur certains points, qui sait ?

et un peu plus loin :

Bon Dieu ! dit Firmino, comment peut-on prétendre ne pas aimer une ville alors qu'on ne la connait pas bien ? C'est illogique. Un vrai manque d'esprit dialectique. Lukács soutenait que la connaissance directe de la réalité est un instrument indispensable pour formuler une opinion critique. Il n'y avait pas de doute.

Je ne sais pas, mais je ne pense pas qu'on lise encore Lukács aujourd'hui à l'université mais le livre étant écrit en 1996, l'époque était encore fortement marquée par le courant structuraliste (pensée pour Todorov qui vient de disparaître) et par la pensée marxiste (Lucien Goldmann...).

En tout cas cette volonté de mettre d'emblée en avant un philosophe marxiste qui a longuement réfléchit et écrit sur les différentes couches sociales rejoint complètement le cœur du roman de Tabucchi. Car même s'il ne s'agit pas d'un livre de réflexion politique, il amène tout de même à se poser la question de la classe sociale, de l'endroit où le personnage se place pour s'exprimer : de Damasceno Monteiro obscur jeune homme issu de la pauvreté, à Manolo le Gitan sédentarisé et allocataire de l'Etat, en passant par Don Fernando de haut lignage qui rejette ses origines et tient à dénoncer les monstruosités perpétrées par la police ; c'est bien une radiographie de la société portugaise que nous avons sous les yeux.
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