Clément Rosset

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Clément Rosset

Message par Hanta le Sam 18 Fév - 20:47

Clément Rosset
(Né en  1939)



Biographie a écrit:Clément Rosset, né le 12 octobre 1939 à Carteret dans la Manche, est un philosophe français.


Entré à l’École normale supérieure en 1961, Clément Rosset devient agrégé de philosophie en 1964. Il enseigne la philosophie à Montréal de 1965 à 1967, puis à Nice jusqu’en 1998. Retraité depuis cette date, il vit à Paris et se consacre à son œuvre.

Rosset développe une philosophie de l'approbation au réel : par la joie, je prends plaisir au réel tout entier, sans avoir à m'en masquer aucun aspect, si horrible soit-il. Le paradoxe de la joie est ainsi que rien dans la réalité ne me porte à l'approuver et que pourtant, je puisse l'aimer inconditionnellement. Cette vision est dite « tragique » au sens conféré par Nietzsche à ce terme : est tragique l'amour de la vie jusque dans le déchirement et la douleur extrêmes. Être heureux, c'est être heureux malgré tout.

Dès son premier livre, La philosophie tragique, Rosset oppose cette vision tragique et joyeuse à la recherche d'un double qui puisse protéger du réel. Le réel étant à la fois cruel et indicible, les hommes ont tendance à lui préférer un double de substitution, une image illusoire et adoucie qui les en détourne. En particulier, la vision morale du monde repose sur l'illusion de ce double.

Deux essais consacrés à Schopenhauer ont montré que ce dernier était un précurseur des philosophies de l'absurde (Sartre, Camus) : pour Schopenhauer, le monde est douloureux mais surtout, cette douleur est sans raison. Au pessimisme bien connu du penseur de Francfort s'ajoute donc une intuition de l'absurde.

Ses premiers essais personnels (La logique du pire, L’anti-nature) proposent une philosophie joyeuse et approbatrice d’un monde où le pire est la seule chose certaine. Le pire est ce qui existe, la réalité antérieure aux idées de sens, d’ordre ou de nature : c'est le hasard lui-même, en tant que silence et insignifiance. Dans la trilogie qui suit (Le réel et son double ; Le réel, traité de l’idiotie ; L’objet singulier), Rosset tente de préciser les attributs de cette réalité indéterminable et « in-signifiante ». La thèse essentielle de Rosset est celle-ci : la difficulté de penser le réel tient à ce qu’il ne manque de rien, qu’il se suffit à lui-même, qu’il se passe de tout fondement (car au fond, il n’y a rien à expliquer, rien à comprendre). D’où la thèse majeure du Réel et son double : le réel est ce qui est sans double et le fantasme du double trahit toujours le refus du réel. L’ontologie du réel sur laquelle débouche cette réflexion a la particularité de ne pas reposer sur la pensée de son être ou de son unité, mais de s’en tenir à sa seule singularité, ce qui n’est possible que par la grâce d’une joie sans raison. Le réel auquel j’ai accès, aussi infime soit-il, en rapport de l’immensité qui m’échappe, doit être tenu pour le bon.

Bibliographie :

La philosophie tragique
Le monde et ses remèdes
Lettre sur les chimpanzés : Plaidoyer pour une humanité totale, suivi d’un Essai sur Teilhard de Chardin
Schopenhauer
Schopenhauer
Précis de philosophie moderne
Les matinées structuralistes
L’esthétique de Schopenhauer
Logique du pire
L’anti-nature, Eléments pour une philosophie tragique
Le réel et son double
Le réel. Traité de l’idiotie
L’objet singulier
La force majeure
Le philosophe et les sortilèges
Le principe de cruauté
Principes de sagesse et de folie
Matière d’art. Hommages
En ce temps-là. Notes sur Louis Althusser
Le choix des mots suivi de La joie et son paradoxe
Le démon de la tautologie suivi de Cinq petites pièces morales
Route de Nuit. Episodes cliniques
Loin de moi. Etude sur l’identité
Le réel, l’imaginaire et l’illusoire
Ecrits sur Schopenhauer
Propos sur le cinéma
Le régime des passions et autres textes
Impressions fugitives. L’ombre, le reflet, l’écho
Fantasmagories suivi de Le réel
La nuit de mai, Minuit
Une passion homicide… et autres textes
L’école du réel
Le monde perdu
Tropiques. Cinq conférences mexicaines
L’invisible, Minuit
Récit d’un noyé
Faits divers
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Re: Clément Rosset

Message par Hanta le Sam 18 Fév - 20:50

Le choix des mots



Essai sur la littérature et la philosophie. Celui-ci est structuré comme une réponse à  une personne travaillant au ministère des affaires sociales  sous Bérégovoy en 1992 :Nicolas Dufourcq.
Ce dernier dans une lettre lui posait la question suivante : Pourquoi écrivez vous ?

Il n'en fallait pas plus pour Clément Rosset, pour rédiger une réponse argumentée et structurée face à cette problématique digne d'un sujet de bac.
Comme tout philosophe, une simple lettre ne suffit pas et l'ouvrage une fois édité atteint quand même 150 pages.
Mais quelles pages ! Un bijou de philosophie et d'analyse littéraire !
Les motivations de celui qui écrit, le choix du récit, la volonté de bien écrire, de peser ses mots, d'exprimer son idée, les sentiments envahissants, les peurs possibles et probables, les anecdotes personnelles, tout appuie un propos fluide et sincère comme toute l'oeuvre du philosophe l'un des plus grands encore en vie.
C'est un cours, mais un cours autour d'un café, sans professeur ni élève, en toute humilité. La prise de notes est inutile, on boit littéralement le flots de mots et on s'imprègne de cette finesse qui fait d'un message a priori simple une parole finalement subtile.
Ce genre d'essai, sans ambition démesurée fait du bien et rapproche la philosophie de ce qu'elle devrait être, la transmission d'une réflexion amenant plus de questions que de réponses, engendrant les nôtres propres mais aussi celles de tout un univers si ce n'est de tout l'univers.
Clément Rosset a écrit:
Sans le mot qui seul compte dans l'expression d'une pensée, la pensée en question n'est qu'un pur fantôme en attente de corps. Là où les mots manquent pour le dire, manque aussi la pensée.

Clément Rosset a écrit:On ne s'en avise pas toujours, s'imaginant volontiers  qu''on a perdu de vue une idée alors qu'on a simplement oublié les mots qui seuls pourraient la constituer ou plutôt la reconstituer. C'est pourquoi nous avons souvent l'illusion d'être à la recherche d'une idée, alors que nous sommes en réalité à la recherche d'un mot.
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Re: Clément Rosset

Message par églantine le Sam 18 Fév - 20:57

Noté Hanta ! Merci !

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Re: Clément Rosset

Message par Bédoulène le Dim 19 Fév - 8:23

ah ! pourquoi pas ? merci Hanta

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