Laurent Binet

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Laurent Binet

Message par topocl le Mar 21 Fév - 12:45

Laurent Binet
Né en  1972



Laurent Binet, né le 19 juillet 1972 à Paris, est un écrivain français.

Laurent Binet a fait ses études à Paris. Il écrit en 2000 un récit d'inspiration surréaliste, Forces et Faiblesses de nos muqueuses (éd. Le Manuscrit). En 2004, il publie La Vie professionnelle de Laurent B.1 (éd. Little Big Man) qui témoigne de son expérience d'enseignant dans le secondaire à Paris et en région parisienne2.

En 2010, il publie le roman historique HHhH (acronyme pour Himmlers Hirn heißt Heydrich, signifiant le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich) aux éditions Grasset. Il obtient le prix Goncourt du premier roman le 2 mars 20103 et le Prix des lecteurs du Livre de poche 20114.

Agrégé de lettres modernes, il enseigne dans la région parisienne et il est chargé de cours à l'Université Paris VIII et l'Université Paris III. Il a participé notamment à la mise en place de la convention ZEP-Sciences Po. Avant d'enseigner en France, il a dispensé des cours de français à l'académie militaire de l'air Général Milan Rastislav Štefánik de Košice en Slovaquie. Musicien, il a été également chanteur-compositeur du groupe Stalingrad.

En contact avec Valérie Trierweiler qui lui avait consacré un article dans Paris Match du 16 octobre 2010 où elle le qualifiait de « beau gosse agrégé de lettres », il chronique la campagne présidentielle de François Hollande. Le récit de la campagne, intitulé Rien ne se passe comme prévu sort le 22 août 2012.
En 2014, il dément les rumeurs selon lesquelles il aurait aidé Valérie Trierweiler à écrire son pamphlet contre François Hollande Merci pour ce moment.

Il publie La Septième Fonction du langage à la rentrée littéraire 2015, un roman imaginant un complot autour de la mort de Roland Barthes qui reçoit le prix du roman Fnac et le prix Interallié.

wikipedia

Œuvres

Forces et faiblesses de nos muqueuses, Le Manuscrit, 2000
La Vie professionnelle de Laurent B., Little Big Man, 2004
HHhH, Grasset, 2010 : Page 1
Rien ne se passe comme prévu, Grasset, 2012
La Septième Fonction du langage, Grasset :  Page 1

màj le 29/11/2017

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Re: Laurent Binet

Message par topocl le Mar 21 Fév - 17:42

La septième fonction du langage .



Laurent Binet s'amuse. Il concocte une parodie de roman d'espionnage sur fond de sémiologie et linguistique avec une fiction déjantée qui part de l'idée que Barthes, mort dans un accident de voiture en sortant de chez François Mitterrand, est en fait victime d'un assassinat, afin de lui subtiliser un manuscrit secret sur cette fameuse septième fonction du langage, les six premières constituant la base de la linguistique selon Jakobson. Pour enquêter, Bayard, un commissaire des RG rustaud, mi-Lino Ventura mi-Roland Bacri, qui considère les intellectuels comme des crétins et les homosexuels comme des tapettes. Il s'adjoint les services d'un jeune chargé de travaux en sémiologie, comme interprète pour l'introduire dans ce milieu étrange. D'où un duo d'enquêteur assez croquignolet.

Voilà, c'était bien parti, plein d'humour, parfois un peu lourd mais brillant, pétlllant même. Un sens de la formule et du portait ravageur hilarant. On fréquente Sartre, Althusser, Sollers, Kristeva, Lacan... que du beau monde!
Bon, j'ai ri, je dois le reconnaître. J'ai lu des passages à M topocl, et il a ri.
Seulement au bout de 50 pages, le côté grinçant, une façon de ne montrer de ces intellectuels que leurs vilenies (patentes, certes, cet égocentrisme, cet histrionisme, cette supériorité méprisante, ce pédantisme camouflant leur banalité profonde) a commencé à m'énerver. C'est vrai que j'ai continué à rigoler, la course poursuite des deux héros, invincibles face aux services secrets bulgares ridiculisés, c'était assez jouissif. Et puis mon rire était de plus en plus crispé, je me suis de plus en plus ennuyée, les bonnes trouvailles de plus en plus rares au sein des facilités ...
A la page 200, j'ai lâché.
Dommage.
Cela aurait au moins pu être, à défaut d'un bon livre (Binet ayant apparemment décidé qu'un roman d'espionnage c'est forcément écrit dans un style totalement plat en dehors des vannes bien assénées), une galéjade sympathique. Et en fait, non, même pas.
Trop hargneux, trop supérieur, trop "regardez-moi comme je suis malin".
Une bonne idée, ça ne fait pas un bon livre. Des tas de bonnes idées pas plus.

(commentaire récupéré)

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Re: Laurent Binet

Message par tom léo le Mar 21 Fév - 22:49



HHhH 


Originale: Français, 2009

CONTENU :
Se promenant à travers Prague l’auteur découvre une plaque commémorative, placée sur le mur d’une église. On y fait mention de ces resistants tchèques et slovaques, infiltrés par Londres et le gouvernement de Benes en exile. Ils s’y sont cachés après l’attentat contre Heydrich : chef de la Gestapo, du reseau d’espionnage nazi, planificateur de la « solution finale », à la tête des massacres perpetrés par les SS dans l’Est, protecteur par interim de la Moravie et de la Bohémie, appelé aussi « le bourreau », « la bête blonde », « l’homme le plus dangéreux du Troisième Reich ». Et dans cette crypte trouvera la fin la traque de ces héros de la résistance.

Le narrateur, Binet alors lui-même (très présent dans ce récit) retrace les pas de Heydrich, puis de ces hommes de la résistance jusqu’au jour de l’attentat...

REMARQUES :
Le livre consiste de 257 chapitres assez brefs, numérotés sur un total de 448 pages. Au centre : des personnages et des événements historiques. L’auteur se défend qu’on appelera ce roman « historique ». Pourtant ce n’est pas non plus un pur livre d’Histoire. Ni un pur roman : pour cela l’auteur prétend trop souvent de s’écarter le moins possible des certitudes.

Le titre paraît cryptique, l’était au moins pour moi. En français on le laisse tel quel (et pourquoi ? Il y avait quelqu’un qui pourrait l’expliquer?), tandisque dans l’édition allemande on poursuit avec l’explication de cette abbrévation : « Himmlers Hirn heißt Heydrich » donc « le cerveau de Himmler, c'est Heydrich ».

Mais oui : Heydrich incarne en lui la machinerie de mort en marche. Il n’y est pas juste un executant, et le bras droit de Himmler (Chef des SS), mais aussi un cerveau, p.ê LE cerveau derrière les solutions, les idées les plus radicales, brutales. Un homme sans scrupules...

Par le titre alors l’attention semble se porter vers ce serviteur de la mort. Et à part des pages d’introduction résumant un peu le contexte jusqu’à l’attentat, toute une première partie, voir la moitié du livre, est consacrée à raconter son devenir, ses apparitions aux moments clés ou se décident les choses les plus horribles... Par contre, plus tard Binet expliquera lui-même que l’éditeur n’avait pas retenu le titre proposé « Operation anthropoïde », selon le code pour l’entreprise de resistance. Il aurait avant tout voulu rendre hommâge à l’héroïsme de ces hommes, partis de Londres avec la quasie certitude de ne pas survivre à cette mission suicidaire. Mais cet acte était (et devrait être) un signe symbolique et parlant pour la volonté de liberté de tout un peuple opprimé sous le joug des Nazis.

Oui, ce livre est certainement bien recherché (Binet a éudié l’Histoire), on devine des lectures faites. Certaines informations ne m’étaient pas connues, ou sont tombées dans l’oubli.
Oui, il y a des passages émouvants de ces jeunes gars et leur résolution, partant pratiquemment sans espoir de survivre.
Oui on trouve certaines idées, commentaires justes et enrichissants. Par exemple (pour moi) je trouvais intéressant la composition de ce pair de résistant : Un Slovaque (Gabcik) et un Tchèque (Kubis), selon la volonté de Benes en exile. Car il fallait exprimer une volonté unie de ces deux unités qui prenaient apparemment des cheminements différents : Ici la Bohèmie/Moravie comme partie du Reich (« Protectorat »), là un état vassalle, apparemment libre, mais soumis, à l’image de Vichy : la Slovaquie. Le livre fait surmonter des simplifications.
Les pages qui m’ont presque le plus touchés sont l’évocation des innommables, des multitudes sans noms qui étaient engagés dans la resistance, qui ont apporté leur pierre et ont souvent payé avec leur vie... Qui pensent à eux, en fait mémoire ? Comment ne pas oublier ?

Dans une introduction (ou une explication à la fin du livre?) l’auteur aurait pu expliquer ce qui semble le hanter : la frontière entre fiction et réalité, la part de l’auteur, ses choix, ses questionnements etc.

MAIS face au sujet, et presqu’en général, je trouvais le ton pris par l’auteur proche de l’insupportable. Quelle place centrale LUI il joue ici dans le roman ! Est-ce qu’il s’agit alors des victimes, des héros, dont il parle aussi volontiers ? Je ne veux pas exprimer toutes mes doutes, mais sa façon de procèder m’a profondément énnervé, oui, énnervé. Peu de pages où n’apparaît pas un regard vers son nombril. Cela dévie le lecteur, au moins moi, de l’essentiel. Je n’avais pas envie de lire un livre sur Binet ! Quelles reflexions centrées sur soi d’un écrivain amoureux de sa personne ?!

Mais je m’arrête ici. Avec pas mal de coupures le livre avait tout pour être excellent, mais dans ce traitement cela devient moyen, très moyen.

A chacun de juger.


mots-clés : #deuxiemeguerre #historique
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Re: Laurent Binet

Message par Bédoulène le Mer 22 Fév - 8:22

c'est une critique ! je note ce livre pour un de ces jours !

et topocl va certainement ajouter son commentaire ?

merci Tom Léo

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Re: Laurent Binet

Message par faustine le Mer 22 Fév - 9:27

je suis d'accord avec toi Tom Leo

les chapitres courts parfois très courts, juste 2 lignes.

shanidar m'avait mise en garde mais je suis têtue et aime découvrir par moi m^me.


mais en effet livre moyen, limite médiocre
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Re: Laurent Binet

Message par topocl le Mer 22 Fév - 11:27

@Bédoulène a écrit:
et topocl va certainement ajouter son commentaire ?

Mais oui!!! je vais voler au secours de Laurent Binet, qui pour le moment n'a que des avis négatifs sur ce fil, mais dont j'aime beaucoup ma relecture de HHhH.!!!

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Re: Laurent Binet

Message par topocl le Mer 22 Fév - 16:19

HHhH
(re-lecture)



Et bien je ne l'ai pas du tout trouvé médiocre. D’ailleurs je crois comprendre que justement c'est l'originalité-même du traitement choisie par Binet qui a  pu te gêner , faustine, pas sa banalité.

J'ai été très intéressée par l'aspect historique,  mais je ne vais pas m'étendre là-dessus, car ce n'est pas tant cela qui a gêné vos lectures, tom léo et faustine. Je l'ai trouvé bien mené, mélange de montée en puissance de l'histoire, de clarification de la situation, et de romanesque habilement maîtrisé : alors que la fin est connue , je n'ai pas manqué de me laisser prendre au suspense (et même, comme Laurent Binet  lui-même, de continuer  jusqu'au bout à tenir au vague espoir que la fin puisse changer). Mais il est sûr que s'il y a des inexactitudes, malgré l"énorme somme de documents sur lesquels Binet s'est appuyé,  je ne suis pas à même de les relever.

Mais il est sûr que si on cherche un roman ou une reconstitution historiques classiques , on sera déçu. Car en fait le livre n'est pas cela. Le livre parle de Laurent Binet (et je comprends que cela puisse choquer, pourtant c’est quelque chose que j’aime beaucoup : ce qui a rendu le livre désagréable pour Tom Léo me l'a rendu particulièrement aimable pour moi. l'auteur s'implique, comme Emmanuel Carrere, comme Munoz Molina, comme Javier Cercas).  Il ne se contente pas de raconter une histoire, il raconte la passion qu'il a pour elle,  C'est un choix qui peut plaire ou déplaire, mais qui ne rend pas forcément un livre médiocre.

Je ne l'ai pas trouvé arrogant, ou nombriliste , je lui ai même trouvé une certaine humilité naïve, et un humour qui me parle. Il raconte  sa relation avec cette histoire, relation qui l'a tenu pendant des années et qui n’est pas près de le lâcher. Comme cette histoire est quelque chose de si important pour lui,  s'il veut rester dans l'objectivité des faits, il se réserve le droit d'avoir des opinions et il nous les livre. Et puis il s'interroge tout au fil des pages sur son œuvre de créateur, la difficile marche de funambule entre fiction et réalité, sobriété et romanesque etc...: . Binet se dévoile en tant qu'écrivain qui a peur de louper son coup et ne pas rendre l'hommage qu'il souhaiterait à ses héros célèbres ou obscurs. Il parle de ses lectures, soit sur le sujet de l'attentat -  et il analyse alors en quoi il veut faire une œuvre différente des précédentes -, soit en rapport avec la création littéraire et ce dilemne qui s'impose à lui au fil des pages entre fiction, interprétation et vérité.

Voilà, j’ai beaucoup aimé ce livre, tant pour l'aspect Heydrich/Gabčík/Svoboda que pour l'aspect Laurent Binet, cet amalgame est  pour moi complètement fécond .


Jan Kubiš.

Jozef Gabčík.

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Re: Laurent Binet

Message par tom léo le Mer 22 Fév - 16:42

Merci, topocl, pour cette autre ressentie, certainement justifiée. J'apprécie énormement tes lectures et ta franchise.

Je remarque en passant que des trois auteurs que tu cites, j'ai lu Carrère et Cercas avec plus que d'intérêt: j'ai assez aimé la lecture! Et Molina est dans mon viseur. Mais leur façon me semblaient un peu moins "égocentrique" ou "nombriliste". Boff, ce sont des pauvres mots, je ne sais pas qu'est-ce qui déclenche finalement une telle apathie? Traiter un sujet tabou de telle façon? Peut-être parce que je suis allemand? Qui sait?

Mais je ne suis pas tout seul dans cet accueil. Ce qui veut rien dire, mais me console un peu...

Mais c'est bien d'avoir un échange là-dessus!
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Re: Laurent Binet

Message par Armor le Mer 22 Fév - 17:07

Il faudrait que je le relise, moi aussi. Vraiment. Les avis sont tellement contrastés. Je ne sais pas du tout si une seconde lecture aboutirait aux mêmes ressentis que la précédente.

Je me souviens d'un bilan globalement positif.
Oui, Laurent Binet est égocentrique, nombrilisme, visiblement plutôt satisfait de lui-même (et de ses sublimes conquêtes, si mes souvenirs sont exacts ). Oui, ses incertitudes sonnent parfois faux. Mais pas toujours…
Curieux mélange de complaisance envers le reflet du miroir et de véritable questionnement sur la place de l'écrivain dans un tel récit… Comment écrire sans trahir ? Il m'avait parfois paru touchant, parfois terriblement agaçant, Monsieur Binet.

Mais surtout, moi, j'avais beaucoup aimé la partie Heydrich/Gabčík/Svoboda, la tension et le suspense que l'auteur parvient à instaurer alors que, pourtant, comme le dit topocl, la fin nous est déjà connue.
Et puis, j'avais appris tout un pan de la résistance que j'ignorais, et rien que pour ça, cette lecture valait la peine.
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Re: Laurent Binet

Message par topocl le Mer 22 Fév - 17:26

@tom léo a écrit:Merci, topocl, pour cette autre ressentie, certainement justifiée. J'apprécie énormement tes lectures et ta franchise.

Je remarque en passant que des trois auteurs que tu cites, j'ai lu Carrère et Cercas avec plus que d'intérêt: j'ai assez aimé la lecture! Et Molina est dans mon viseur. Mais leur façon me semblaient un peu moins "égocentrique" ou "nombriliste". Boff, ce sont des pauvres mots, je ne sais pas qu'est-ce qui déclenche finalement une telle apathie? Traiter un sujet tabou de telle façon? Peut-être parce que je suis allemand? Qui sait?

Mais je ne suis pas tout seul dans cet accueil. Ce qui veut rien dire, mais me console un peu...

Mais c'est bien d'avoir un échange là-dessus!

Et bien c’est sûr que de se mettre en scène dans un livre en tant qu'auteur il y a un mélange de narcissisme mais aussi , comme ils le font tous les quatre, d'humilité. Car tous s 'interrogent à leur façon, ,et s'interroger n'est-ce pas être humble?
Chacun des quatre  le fait à sa façon, et comme dans la vie , déclenche nos sympathies et antipathies, selon nos histoires et nos sensibilités. donc c'est normal que certains aiment l'un , d'autres pas.

Au fur et à mesure que j'écris, je pense aussi à Daniel Mendelsohn, Ivan Jablonka, Safran Foer; et il y en a sûrement d'autres. Liberatti, peut-être mais je ne l'ai pas lu.

J'ai un certain faible pour les gens qui parlent d'eux,  cet étrange parthe d'intimité qu'ils nous proposent, qui a sa part de narcissisme, certes, mais où je vois surtout un cadeau.

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Re: Laurent Binet

Message par topocl le Mer 22 Fév - 17:36

@faustine a écrit:Pas bien compris la fin Shocked

Je suppose que tu parles du dernier chapitre, faustine? Je te livre mon interprétation, mais qui ne vaut que pour moi

Spoiler:
Binet en a fini avec son livre. Il sait qu'il n'en a pas fini avec cette histoire d’attentat, qui le poursuivra toute sa vie,et pour preuve , juste avant, son père lui apporte encore un truc qu'il a recopié dans une exposition et qui en parle. Mais le manuscrit est bouclé. Et pour clôturer, il s’autorise enfin ce qu'il s’est interdit tout au long du livre : faire du vrai romanesque, écrire des scènes sur lesquelles il n'a aucun témoignage.
Et tant qu'à faire, comme une sorte de remerciement/offrande à Jozef Gabčík, il choisit un moment où celui-ci a dû être heureux, le moment ou il a quitté son pays pour entrer en résistance, avec cette image magnifique du bateau qui s'en va pour un homme vivant dans un pays qui ne connaît pas la mer. Et tant qu'à se payer ce luxe, Laurence Binet se met là, dans un coin, passager du même bateau, avec son ami Natacha, témoin du moment au lieu d'être témoin rétrospectif comme il l'a été tout au long du livre.
C'est comme un ultime clin d'oeil au lecteur.

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Re: Laurent Binet

Message par ArenSor le Mer 22 Fév - 20:40

On m'avait offert HHhH à sa parution. Je n'en ai que des vagues souvenirs, mais positifs. J'avais apprécié cette lecture Smile
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Re: Laurent Binet

Message par topocl le Jeu 23 Fév - 8:36

C'est l'avis d'un historien, si je ne me trompe. Ca me fait plaisir que Laurent Binet ne se soit pas trop planté sur cet aspect.

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Re: Laurent Binet

Message par shanidar le Jeu 23 Fév - 16:28

Reprise d'un échange entre topocl et faustine sur le fil des lectures du mois :

@topocl a écrit:Finalement , j'ai repris HHhH de Laurent Binet.
Et je persiste.  Ca me plait bien. Je trouve Laurent Binet plein d'humour et ce qui avait déplu à d'autres (le fait qu'il s'implique lui -même dans sa narration : écrivant et s'intéressant à cette histoire ) est pour moi tout à fait bien.

@faustine a écrit:c'est justement son humour que je n’ai pas trop apprécié vu le sujet un peu sérieux.
Et alors, pas bien compris la fin    
tu sais par moment, j'avais l'impression que Binet avait un grain de folie

j'ai un autre titre de cet écrivain dans mon cahier mais je doute le lire un jour, c'est la 7° fonction du langage

@faustine a écrit:
et il sort souvent du contexte, il parle de Flaubert .


@topocl a écrit:Il ne sort pas du contexte. Dans sa démarche (qu'on apprécie ou non) de se montrer écrivain à l’œuvre s'interrogeant sur la forme que son roman doit adopter, il cite des réflexions relevées dans la correspondance de Flaubert où celui-ci s'interroge sur la création, et a peur de pervertir la réalité. C'est en plein dans le contexte, au contraire (peut-être pas celui que tu aurais souhaité, mais celui qu'il a souhaité lui, l'auteur).

Et il finit drôlement ce chapitre en citant Flaubert : "Nous valons plus par nos aspirations que par nos œuvres". Et Binet conclue, libéré (et personnellement je trouve cela drôle): "Cela signifie que je peux rater mon livre. Tout devrait aller plus vite maintenant."



@faustine a écrit:.Page 254  concernant Gabeik et Kubis , il dit que l'un se fait sucer au milieu du salon et l'autre  se branle dans la sale de bain.
je ne suis pas  une oie blanche , mais en principe  ce livre doit être centré sur Heydrich ,,l'homme le plus  dangereux  du 3° reich.


@topocl a écrit:Désolée mais je ne peux pas laisser dire ça, faustine.
Il parle d'un roman Like a man de David Chacko,  où l'auteur raconte les exploits que tu décris. Il discute en disant que bien sûr on  ne peut pas savoir ces choses là qui si elles ont eu lieu, n'ont pas pu avoir de témoin. Mais que Chacko a fait précéder son livre de la mention "toute ressemblance avec des faits etc. ne serait que pure coïncidence"
Binet dit par là que chacun écrit à sa façon, mais que, lui ce n'est pas la sienne.

@faustine a écrit:merci topocl de m’avoir éclairé .Tu as surement raison.Je n’ai pas lu le livre avec le même otique que toi .Et c’est ça qui est bien cela crée un débat , j'apprécie
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Re: Laurent Binet

Message par topocl le Jeu 23 Fév - 16:34

merci du bricolage, shanidar!

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Re: Laurent Binet

Message par Armor le Jeu 23 Fév - 17:19

J'ai repris le livre en main, pour voir. Amusant, dans mon esprit il était beaucoup moins volumineux…  

Je retrouve en le feuilletant tout ce qui m'avait agacée, et aussi ce qui m'avait séduite. Je n'aime pas toujours le style de Laurent Binet, parfois trop familier à mon goût ; ses fanfaronnades et sa fausse modestie m'agacent. Mais il y a aussi une vraie sincérité dans sa démarche, et voir le travail de l'écrivain à l'oeuvre, c'est passionnant. Ca pose comme toujours les questions des limites avec un sujet historique aussi délicat. Je vous ai recopié un passage assez représentatif, je pense.

Dans tous les cas, ça donne envie de le relire. Parce que ça peut sembler anodin, comme ça, de se poser la question de la formulation d'une phrase. Mais doit-on absolument coller à ce qu'on a de plus proche d'une vérité historique, ou au contraire s'en éloigner un peu, pour rendre compte de la véritable personnalité d'un être ?
Oui, ça peut sembler banal, à première vue, la formulation d'une petite phrase dans une engueulade (allez hop, je parle comme l'auteur), mais cette petite phrase en dit beaucoup sur celui qui la prononce…
Cependant, de petite phrase en petite phrase, si l'on s'éloigne trop, quid de la vérité historique ? Serpent qui de mord la queue, questionnement sans fin, qui revient inlassablement. Ca doit être épuisant, d'écrire sur un fait historique, quand on est consciencieux. Wink

Ce dialogue est l'exemple même des difficultés que je rencontre. Certainement Flaubert n'a pas eu les mêmes problèmes avec Salammbô, parce que personne n'a consigné les conversations d'Hamilcar, le père d'Hannibal.  Mais quand je fais dire à Heydrich : « Si vous croyez pouvoir vous moquer de moi, vous feriez mieux d'y réfléchir à deux fois », je ne fais que reprendre les propos tels qu'ils sont rapportés par Naujocks lui-même. On ne peut guère espérer meilleur témoin, pour rapporter une phrase, que l'interlocuteur direct qui l'a entendue et à qui elle était adressée.  Cependant, je doute qu'Heydrich ait formulé sa menace ainsi.  Ce n'est pas son style, c'est Naujocks qui se remémore une phrase des années après, réécrite par celui qui recueille son témoignage, et ensuite par le traducteur. Du coup, Heydrich, la bête blonde, l'homme le plus dangereux du Reich, disant : « Si vous croyez pouvoir vous moquer de moi, Jacques, vous feriez mieux d'y réfléchir à deux fois », ça fait con. Il est beaucoup plus vraisemblable qu'Heydrich, personnage grossier et imbu de sa puissance, alors en colère, ait balancé quelque chose comme : « Vous voulez vous foutre de ma gueule ? Prenez garde, je vais vous arracher les couilles ! ».  Mais que vaut ma vision des choses face à un témoin direct ?

Si cela ne tenait qu'à moi, j'écrirais :

– Dites-moi, Naujocks, où ai-je passé la nuit ?
– Je vous demande pardon, mon général ?
– Vous avez parfaitement compris la question.
– Eh bien… je ne sais pas, mon général.
– Vous ne savez pas ?
– Non, mon général.
– Vous ne savez pas que j'étais chez Kitty ?
–…
– Qu'avez-vous fait de l'enregistrement ?
– Je ne comprends pas, mon général.
– Arrêtez de vous foutre de ma gueule ! Je vous demande si vous avez gardé l'enregistrement !
– Mon général… je ne savais pas que vous étiez là !… Personne ne m'a prévenu ! Naturellement, j'ai détruit l'enregistrement dès que je vous ai reconnu… Enfin que j'ai reconnu votre voix !…
– Arrêtez de jouer au con, Naujocks  ! Vous êtes payé pour tout savoir, et spécialement où je suis, parce que c'est moi qui vous paie ! À l'instant même où je prends une chambre chez Kitty, vous fermez les micros ! La prochaine fois que vous essayez de vous foutre de ma gueule, je vous expédie à Dachau où on vous pendra par les couille, est-ce que je suis clair ?
– Très clair, mon général.
– Foutez-moi le camp !

Ce serait, me semble-t-il, un peu plus réaliste, un peu plus vivant, et probablement plus proche de la vérité. Mais ce n'est pas sûr. Heinrich pouvait être ordurier, mais il savait aussi jouer le bureaucrate glacial quand il le fallait. Donc à tout prendre, entre la version de Naujocks,  même déformée, et la mienne, il vaut sans doute mieux choisir celle de Naujocks. Cependant je reste persuadé qu'Heydrich, ce matin-là, aurait bien voulu lui arracher les couilles.
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Re: Laurent Binet

Message par topocl le Jeu 23 Fév - 17:55

@Armor a écrit:J'ai repris le livre.

cheers

L'extrait que tu as choisi montre bien une des facettes du questionnement de Binet, je trouve.

C'est vrai que l'écriture est basique (et encore aussi dans la 7ème fonction du langage), qu'il m' a un peu énervée avec toutes ces femmes qui doivent forcément être jolies. Il y a des défauts, mais le plaisir est resté pour moi.

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Re: Laurent Binet

Message par ArenSor le Jeu 23 Fév - 19:03

@topocl a écrit:C'est l'avis d'un historien, si je ne me trompe.
Oh que non ! j'établis toujours des barrières étanches entre Histoire et fiction. Ce sont pour moi deux domaines différents et j'accorde bien volontiers toute liberté de création au romancier, liberté de se conformer à la réalité historique ou non. Je n'ai même pas cherché à me renseigner sur les événements avant ou après lecture de l'ouvrage. Je sais très peu de chose sur RH si ce n'est que c'était un personnage d'une redoutable efficacité dans les actions qu'il menait. Son élimination a probablement sauvé la vie à quantité de gens Smile
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Re: Laurent Binet

Message par topocl le Jeu 23 Fév - 19:38

@ArenSor a écrit:
@topocl a écrit:C'est l'avis d'un historien, si je ne me trompe.
Oh que non ! j'établis toujours des barrières étanches entre Histoire et fiction. Ce sont pour moi deux domaines différents et j'accorde bien volontiers toute liberté de création au romancier, liberté de se conformer à la réalité historique ou non. Je n'ai même pas cherché à me renseigner sur les événements avant ou après lecture de l'ouvrage. Je sais très peu de chose sur RH si ce n'est que c'était un personnage d'une redoutable efficacité dans les actions qu'il menait. Son élimination a probablement sauvé la vie à quantité de gens Smile

C'est une façon optimiste de voir les choses. car (outre toutes les exécutions en représailles) j'ai qaund même l'impression qu'on a trouvé du monde pour faire le boulot, après, malheureusement.

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Re: Laurent Binet

Message par ArenSor le Jeu 23 Fév - 20:06

@topocl a écrit:
@ArenSor a écrit:
@topocl a écrit:C'est l'avis d'un historien, si je ne me trompe.
Oh que non ! j'établis toujours des barrières étanches entre Histoire et fiction. Ce sont pour moi deux domaines différents et j'accorde bien volontiers toute liberté de création au romancier, liberté de se conformer à la réalité historique ou non. Je n'ai même pas cherché à me renseigner sur les événements avant ou après lecture de l'ouvrage. Je sais très peu de chose sur RH si ce n'est que c'était un personnage d'une redoutable efficacité dans les actions qu'il menait. Son élimination a probablement sauvé la vie à quantité de gens Smile

C'est une façon optimiste de voir les choses. car (outre toutes les exécutions en représailles) j'ai qaund même l'impression qu'on a trouvé du monde pour faire le boulot, après, malheureusement.

Certes, mais je pense que Heydrich vivant, cela aurait été encore pire. Pendant que tu postais, je lisais la notice wiki sur le personnage. Après avoir été vice-protecteur de Bohême-Moravie, RH visait un poste de responsabilité en France au moment de son assassinat. Si cela s'était fait, peut-être que certains membres du forum ne seraient pas là pour discuter benoîtement de littérature...
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