Richard Powers

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Richard Powers

Message par Bédoulène le Dim 4 Déc - 9:27

Richard Powers
Né en 1957



Richard Powers, né le 18 juin 1957 à Evanston dans l'Illinois aux États-Unis, est un écrivain américain
Après quelques années d'études de physique, Richard Powers commence des études de littérature à l'université de l'Illinois où il obtient son Master of Arts en 1979. Il devient un auteur reconnu et à succès aux États-Unis au début des années 1990, avec des romans explorant la relation entre sciences (physique, génétique), technologie et art (musique). La Chambre aux échos reçoit en 2006 le National Book Award.

Oeuvres traduites en français :

Trois fermiers s'en vont au bal
Le Dilemme du prisonnier
Gains
L'Ombre en fuite
Le Temps où nous chantions
La Chambre aux échos
Générosité : Un perfectionnement
Orfeo






"Trois fermiers s'en vont au bal".

A partir d'une photographie l'auteur nous emmène à la recherche des personnages et le Passé et le présent se rencontrent dans ce récit.

certaines longueurs (par exemple des explications spécifiques à la photographie) et peut-être un "étalage" de connaissances, notamment sur les "illustres Hommes" dont certaines n'apportent, à mon sens, rien au récit.

D'où un plaisir de lecture inégal.

J'ai bien aimé le concept selon lequel le regard que nous portons sur une photographie créé "une histoire" à cette photographie.

Je conserverai, un bon souvenir de cette lecture tout de même, car certains passages sont très intéressants et les personnages aussi.

PS : Cette lecture datant je me rend compte cependant que ce livre a laissé une trace assez forte malgré un commentaire très léger

"message rapatrié"


Dernière édition par Bédoulène le Dim 11 Déc - 15:39, édité 1 fois

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Re: Richard Powers

Message par topocl le Dim 4 Déc - 10:00

Powers a écrit un de mes livres cultes :Le temps où nous chantions (c'est un livre culte pour beaucoup, je crois) Une saga familiale portée par la musique et les problèmes de la ségrégation.
Un livre que j'ai relu.

Mais toutes mes autres lectures de lui, souvent basées sur des éléments scientifiques, m'ont déçue et j'ai fini par abandonner après Generosité. Auteur d'un seul livre pour moi, donc

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Re: Richard Powers

Message par topocl le Dim 4 Déc - 10:02

Générosité Un perfectionnement



Je finis laborieusement Générosité et je dois dire que je suis HORRIBLEMENT déçue.
Il faut dire que Le temps où nous chantions est  un de mes livres-culte, que j'ai offert et conseillé de toutes parts autour de moi. J'ai beaucoup aimé aussi Trois fermiers s'en vont au bal, j'avais été plutôt déçue par La chambre aux échos.

Ici encore, Richard Powers part d'une idée autour de laquelle il construit son roman pour la démontrer. Cette fois-ci ce scientifique forcené décide de nous parler de la génétique, des manipulations du génome humain, et des risques éthiques qui y sont liés. C'est évidemment un sujet passionnant et primordial. Powers a aussi comme objectif, et c'est plus banal, de nous montrer à quel point les médias sont pervers et sans scrupules, et comment Internet participe à la mésinformation.

Le problème c'est qu'on a l'impression qu'il a construit son intrigue pour illustrer sa position, et que l'intrigue ne tient pas bien la route.

Il s'agit donc d'une jeune étudiante kabyle immigrée aux Etats-Unis, Thassa, surnommée Générosité. Elle a traversé des épreuves horribles, son père a été assassiné pendant les troubles algériens, une fois qu'elle a été réfugiée en France sa mère est rapidement décédée d’un épouvantable cancer du foie. Comme elle a une grande force de caractère et une furieuse joie de vivre, elle fait face remarquablement à tout cela, et va jusqu'à communiquer cet optimisme forcené à tout son entourage, à tel point que celui-ci ne sait plus trop s'il s'agit d'un phénomène normal ou pathologique. Pour bien nous faire comprendre à quel point cette position de vie est exceptionnelle, Richard Powers la rend victime d'une tentative de viol et là, elle va convaincre son agresseur que est à lui-même qu'il fait du mal, il va donc renoncer, se livrer à la police alors même que Thassa ne subit pas le moindre traumatisme et ne pense qu'à plaindre et consoler son agresseur.
Thassa est notamment entourée par un professeur d'écriture, Russell, introverti et pessimiste, et par une psychologue, Candace, qui se veut parfaite et s'est donné pour mission de sauver l'humanité. Tous deux sont impressionnés par sa puissance bienveillante, et tout en cherchant à la protéger, l'incitent à « s'offrir » à la recherche pour partager avec le monde entier cette capacité résiliante. Entre en scène un chercheur en génétique sans scrupules qui, sous prétexte d’apporter le gène du bonheur à le humanité entière, donne la plus libre expression à son désir de toute puissance et d'argent... Tout ceci finira par casser Thassa, pas si indestructible que cela, au moins pour un temps.

Pour qui s'y connaît un minimum en psychologie, génétique etc. tout ceci est hautement invraisemblable, et revient donc un procédé plutôt maladroit pour exposer des idées, lesquelles restent tout à fait louables.

Cette intrigue tout à fait abracadabrante nous est livrée dans un style qui m'a beaucoup gênée. Difficile de dire ce qui revient à Richard Powers ou au traducteur. Le style est faussement riche, prétentieux, alambiqué, maniéré. Richard Powers fait compliqué pour le plaisir, avec une exaltation perpétuelle qui frise parfois l'hystérie. Le ciel « de bandes dessinées » est turquoise, les pluies sont dévastatrices, le brouillard ne permet pas d'y voir à 1 mètre…




(commentaire rapatrié)

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Re: Richard Powers

Message par shanidar le Ven 28 Avr - 14:17


La chambre aux échos

Je est un Autre, affirmait Rimbaud en une phrase lapidaire et glaciale. Reprenant à son compte cette assertion, Richard Powers dissèque le Moi avec l'idée que tout Je est une fiction, une histoire que l'on se raconte à soi-même aussi bien qu'aux autres. Nous ne sommes que dispersion cherchant à se rassembler à travers une narration du Moi, le Moi étant constitué d'une infinité de Moi qui interagissent les uns sur les autres, avec des effets réels mais aussi des instants-miroirs, des fictions de fictions, des narrations enchâssées ad libitum les unes dans les autres.
Arrivé à ce stade, on ne peut que s'interroger sur notre capacité autofictionnelle, sur notre réalité, sur la manière dont notre cerveau classe, range, déforme, reformule notre quotidien. Exit la comparaison entre le cerveau et l'ordinateur puisque nos connexions neuronales sont capables de tordre la réalité pour l'intégrer à nos croyances… Oui, notre cerveau nous ment !

A travers les récits d'une quête d'identité, celle de Mark (à la mémoire fracturée depuis un très grave accident de camion), celle de Karin (la sœur de Mark qu'il prend pour un sosie et qui ne sait plus très bien qui elle est, cherchant dans le regard des autres la Karin qui pourra plaire à chacun), celle de Gerald Weber, célèbre neurologue dont la vie va imploser, et celle de tous les autres personnages plus ou moins secondaires (Barbara qui n'est pas ce qu'elle est, Daniel et sa quête d'identité sexuelle, Karsh et sa capacité de caméléon à trouver bon ce qui est détestable, Bonnie et les potos de Mark), tous sont à la fois ce qu'ils montrent et ce qu'ils sont : menteurs, affabulateurs, arrangeurs de petites histoires, exactement comme la plupart d'entre nous avec nos sornettes, nos secrets, nos silences.

Ce roman se lit avec délectation, avec le plaisir du galet prisonnier, comme d'autres milliers de galets, d'une plage de galets, que les vagues ratissent, écrasent, massent et caressent, agitent dans le bruit perpétuel d'une marée insatiable. Il y a dans ce roman la houle de l'océan et son lent balancement, le temps qui file très doucement, le plaisir d'être à flot et d'entendre une longue et lente et lénifiante histoire qui nous vient de cette région de l'Amérique, ce trou paumé, ce no man's land (seulement connu des ornithologues) qu'est la Platte River, le Nebraska et Kearney… Rien de bien alléchant et pourtant… et pourtant quel bonheur éprouvé à cette lecture que je rêvais éternelle, tournant mollement les pages dans l'attente d'un vol époustouflant de grues, de cette danse sauvage et de ce cri préhistorique, qui soudain me transportaient ailleurs, dans l'éblouissement d'un temps suspendu, dans la reconnaissance de l'inconnu, dans les méandres chaloupés d'une écriture tenace, visant à l'exhaustivité.


Alors oui, il y a dans ce roman des longueurs et des répétitions, des embranchements bizarres et des interrogations fulgurantes, des questionnements à n'en plus finir, des dissections de la pensée en gestation et des amours changeantes mais c'est justement cette vie-là, tellement banale et si peu à la fois qui m'a totalement envoûtée.

Merveilleuse lecture de ce roman de l'introspection, avec la machine-cerveau disséquée et les petites pirouettes d'un humour qui laisse au coin des yeux les pattes d'oie sauvage d'un rire diffus…

Magique…

Photo : Vincent Munier


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Re: Richard Powers

Message par Nadine le Ven 28 Avr - 17:42

Intrigant tout ça.
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Re: Richard Powers

Message par Bédoulène le Sam 29 Avr - 10:20

merci Shanidar, ce sera mon troisième livre certainement

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Re: Richard Powers

Message par shanidar le Jeu 4 Mai - 19:38

Le temps où nous chantions



Un poisson et un oiseau peuvent tomber amoureux mais comment parviendront-ils à construire un nid ? Et quelle sera la vie de leur progéniture ? Sera-t-elle oiseau ou poisson ou un mix des deux sorte de oisson ou de poiseau ?

C'est en très raccourci à ces questions que Richard Powers nous invite à nous confronter dans ce roman qui retrace de 1939 à (presque) nos jours l'histoire américaine et en particulier celle des Noirs américains.

Delia Daley naît dans une famille noire et rencontre David Strom qui est blanc, juif et allemand. Contre toute attente et contre toutes les lois en vigueur au pays des Amériques, ils vont s'aimer, se marier et enfanter. A partir de là, la catastrophe commence et elle a pour nom : métissage. Comment élever des enfants de parents aussi différents et énigmatiquement unis par un lien musical qui remplace toutes les écoles, toutes les morales et toutes les lois du monde ? Que seront ces trois mômes dont les couleurs de peau varient et dont les parents, désireux de les protéger comme tout parent se doit de l'être, imaginent pouvoir les élever sans se poser la question de la race ou plutôt en la dépassant, envisageant de vivre dans un monde où la couleur de la peau n'aurait plus d'incidence sur le rang social, sur l'éducation, l'accès à la culture, sur la liberté. Mais aux Etats-Unis, au XXième siècle, cette éducation est formellement impossible et les enfants du couple mixte vont rapidement être confrontés à la problématique du racisme, de la loi et de la différence. Car le cœur du roman de Powers est bien celle-là : comment vivre en tant que métis dans un monde qui ne reconnaît pas le droit au mélange  ? Dans un monde qui ne s'envisage que de manière polarisée, soit noir soit blanc mais jamais gris ; dans un monde qui n'hésite pas à avoir recours à la bombe atomique, à l'assassinat politique (Martin Luther King, Malcom X,…), au lynchage de mômes pour faire régner l'Ordre. A cette problématique chacun des enfants répondra à sa manière, Jonah sera un ténor reconnu dans le monde entier en chantant des musiques blanches, Ruth s'associera aux Black Panthers pour tenter de changer le monde et Joseph cherchera à être le pilier familial dont la mort de Delia aura privé toute la famille.

Ce livre, ce grand livre, n'est pas seulement une réflexion extrêmement pointue sur le racisme, sur la manière d'élever ses enfants, sur l'histoire politique américaine, il est aussi un livre impressionnant sur la musique et sur le chant en particulier, avec ce que cela veut dire de souffle, de corps, de coffre, de tessiture et de voix, un livre sur toutes les influences musicales qui vont traverser les vies de nos protagonistes et les construire (déconstruire) presqu'autant que la politique ou l'amour. Et si le constat, amer, que fait Powers me reste au fond de la gorge, celui qui consiste à dire que l'éducation choisie par Delia et David est un leurre, qu'un enfant ne peut pas choisir en conscience sa vie, qu'il ne peut décider pour lui-même, en lui-même quels chemins il désire explorer et quels sont ceux qu'il va volontairement ignorer, on ne peut que lire ce livre dans la fièvre d'un désir de réconciliation, d'entente et de partage, tout en rêvant de jour meilleur. La toute fin, d'ailleurs, laisse espérer qu'il pourrait peut-être un jour en être ainsi...

Mais pour être encore un peu plus exhaustif, il faut ajouter une troisième dimension à ce roman et cette dimension est celle du temps. Car si David Strom est allemand et juif, il est également physicien et s'intéresse à la question du temps, permettant ainsi à Richard Powers d'écrire un livre à l'architecture parfaitement magistrale, j'insiste absolument unique.

En effet, ce que nous apprenons à la lecture de ce texte, grâce aux travaux de David, c'est d'abord que le temps n'existe pas et que nous sommes toujours maintenant, dans une succession d'instant présent qui s'emboîte à l'infini les uns dans les autres. Ce que nous découvrons ensuite, c'est que nous pouvons envoyer des messages dans le passé ou le futur mais que nous sommes incapables de les recevoir. Pourtant, la troisième leçon nous informe que nous pouvons voyager dans le passé, revenir à un évènement antérieur à partir du moment où nous l'avons vécu au moins une fois, selon le principe que si nous y sommes présent il est possible d'y retourner. Enfin, David découvre à la toute fin de sa vie que le temps forme des boucles et que nous sommes donc en quelque sorte prisonnier de boucles temporelles qui se referment sur elles-mêmes, ce qui voudrait dire que les évènements peuvent se déplacer continuellement vers leur propre avenir tout en revenant sur leur propre passé ; mais pour se faire il faut pouvoir prouver que les galaxies ont un sens de rotation préféré. Ce que Richard Powers offre au lecteur c'est la mise en application littéraire de cette théorie pour en faire un fabuleux roman.


Reste donc la musique, ce langage qui devrait unir toutes les nations et tous les êtres puisque cette Tour de Babel dressée au milieu des villes comme des déserts, en passant par les sons dépasse le clivage des accents, et pourtant, et pourtant, il n'en reste pas moins, qu'ici comme ailleurs, une blanche vaudra toujours deux noires…


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Re: Richard Powers

Message par Bédoulène le Ven 5 Mai - 8:52

merci Shanidar pour ton commentaire pointu et je me demande si finalement j'ai lu ce livre ?

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Re: Richard Powers

Message par shanidar le Sam 6 Mai - 15:24

euh 1040 pages ça ne s'oublie pas ?? si ???
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Re: Richard Powers

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