Jean-Louis Fournier

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Jean-Louis Fournier

Message par Ouliposuccion le Jeu 2 Mar 2017 - 3:56

Jean Louis Fournier
Né en 1938



Jean-Louis Fournier est un écrivain, humoriste et réalisateur de télévision.
Il est le fils du médecin Paul Léandre Emile Fournier et de Marie-Thérèse Françoise Camille Delcourt, rédactrice.
Il est le créateur, entre autres, de "La Noiraude" et d'"Antivol, l'oiseau qui avait le vertige". Par ailleurs, il fut le complice de Pierre Desproges en réalisant les épisodes de" La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède ", ainsi que les captations de ses spectacles au Théâtre Grévin (1984) et au Théâtre Fontaine (1986).
C'est également à lui que l'on doit l'intitulé de la dépêche AFP annonçant le décès de l'humoriste: "Pierre Desproges est mort d'un cancer. Etonnant non?". Il adore Ionesco.

En 2008, Jean-Louis Fournier publia le roman "Où on va, papa?" dans lequel il décrit sa relation avec ses deux fils handicapés. Le livre, qui a reçu le Prix Femina, a suscité un certain nombre de controverses, et a provoqué une réponse de la mère des deux garçons qui a créé un blog qui leur est dédié (http://mamanmathieuetthomas.monsite-orange.fr/index.html).
Depuis, il a écrit deux autres romans: "Poète et Paysan" en 2010 et "Veuf" en 2011.
Jean-Louis Fournier a écrit et joué au Théâtre du Rond-Point deux pièces inspirées de ses écrits, "Tout enfant abandonné sera détruit", donnée en novembre 2011 et "Mon dernier cheveu noir", donnée en novembre 2012.
En 2013, il sort "La servante du Seigneur" dans laquelle il parle de sa fille. Celle-ci a exigé et obtenu un droit de réponse. A la fin du roman, elle signe 5 pages avec sa version des faits.
[source Babelio]

Bibliographie :

1992 : La Grammaire française et impertinente (manuel)
1993 : L'Arithmétique appliquée et impertinente (manuel)
1994 : Peinture à l'huile et au vinaigre (essai)
1994 : Le Pense-bêtes de Saint François d'Assise (essai)
1995 : Le Curriculum vitæ de Dieu (essai)
1996 : Le Pain des Français (essai)
1996 : Sciences naturelles et impertinentes (manuel)
1998 : Je vais t'apprendre la politesse, p'tit con (essai)
1999 : Il a jamais tué personne mon papa (récit)
1999 : La Noiraude (album jeunesse)
2000 : Encore La Noiraude (album jeunesse)
2000 : Roulez jeunesse, un code de la route pour les jeunes
2001 : Pas folle la Noiraude (album jeunesse)
2001 : J'irai pas en enfer (récit)
2002 : Mouchons nos morveux (essai)
2003 : Le Petit Meaulnes (roman)
2003 : Antivol, l'oiseau qui avait le vertige (album jeunesse)
2004 : Les mots des riches, les mots des pauvres (essai)
2005 : Satané Dieu ! (roman)
2006 : OGM, Organismes Gentiment Modifiés (album jeunesse)
2006 : Mon dernier cheveu noir (récit)
2007 : A ma dernière cigarette (essai)
2007 : Histoires pour distraire ma psy (recueil de nouvelles)
2008 : Où on va, papa ? (récit)
2010 : Poète et paysan (roman)
2011 : Veuf (récit)
2012 : Ça m'agace (roman, Éditions Anne Carrière)
2013 : La Servante du Seigneur (roman, Stock)
2014 : Trop (Éditions de la Différence)
2014 : Manuel impertinent. Grammaire, Arithmétique, Sciences naturelles (essai, Payot)
2015 : Ma mère du Nord (récit, Stock)
2016 : Bonheur à gogo !
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Re: Jean-Louis Fournier

Message par Ouliposuccion le Jeu 2 Mar 2017 - 4:00

On va où papa ?



"Cher Mathieu, cher Thomas,
Quand vous étiez petits, j'ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois.
Je ne l'ai jamais fait. Ce n'était pas la peine, vous ne saviez pas lire. Vous ne saurez jamais lire. Jusqu'à la fin, vos cadeaux de Noël seront des cubes ou des petites voitures... "

Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi? J'avais honte? Peur qu'on me plaigne?
Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c'était pour échapper à la question terrible: "Qu'est-ce qu'ils font?"
Aujourd'hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j'ai décidé de leur écrire un livre.
Pour qu'on ne les oublie pas, qu'il ne reste pas d'eux seulement une photo sur une carte d'invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d'ange, et je ne suis pas un ange.
Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d'une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d'eux avec le sourire. Ils m'ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement.
Grâce à eux, j'ai eu des avantages sur les parents d'enfants normaux. Je n'ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n'avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu'ils feraient plus tard, on a su rapidement ce que ce serait: rien.
Et surtout, pendant de nombreuses années, j'ai bénéficié d'une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j'ai pu rouler dans des grosses voitures américaines.

Jean-Louis Fournier


A la lecture de cette quatrième de couverture , certains pourraient se dire «  Misère , encore un bouquin exutoire qui va faire pleurer dans les chaumières , ou bien un père qui se fait du fric sur le dos de ses gamins handicapés »
Ne rougissez pas si c'est votre cas , j'en faisais partie.
Pourtant ce livre s'est retrouvé entre mes mains , parce que mon entourage en parlait , parce qu'ils étaient troublés sans être plombés.
Ce que je présumais c'est vite avéré faux , les clichés sont inexistants , l'ironie et le cynisme sont les maîtres mots sans occulter l'amour d'un père qui préfère en rire plutôt qu'en pleurer afin de rendre un hommage des plus vivants à ses enfants , de contrer le regard d'une société qui ne sait pas observer au delà d'un handicap , apeurée par ces différences qu'elle tente d'ignorer par peur d'y être touchée de trop près.
Régulièrement , ces enfants , ces adultes sont les oubliés , n'existant qu'en tant que "pathologie" (barbarie gerbante de la bien-pensance), et c'est avec une force admirable que Jean Louis Fournier , au travers de ses fils , leur redonne une identité , une âme.
De la force d'un père en ressort une fragilité touchante avec cette particularité qui la rend admirable.
L'auteur se flagelle , évoque ses manquements , ses incompréhensions et sa colère ,et c'est sûrement ce qui le rend encore plus humain , évite l'arrière-goût de pathos dégoulinant qu'on pourrait imaginer se prendre en pleine face trop habitués à passer de l'autre côté de la frontière dans ce répertoire.
Rentrez dans ce monde , celui d'une provocation parfois grinçante qui cache de profonds remords , un cri d'amour saisissant.
Si je devais résumer ce livre en un mot , un seul me viendrait à l'esprit :
Dignité.

" Mes petits oiseaux, je suis bien triste de penser que vous ne connaîtrez pas ce qui, pour moi, a fait les plus grands moments de ma vie.

Ces moments extraordinaires où le monde se réduit à une seule personne, qu'on existe que pour elle et par elle, qu'on tremble quand on entend ses pas, qu'on entend sa voix et qu'on défaille quand on la voit. Qu'on a peur de la casser à force de la serrer, qu'on s'embrase quand on l'embrasse et que le monde autour de nous devient flou.

Vous ne connaîtrez jamais ce délicieux frisson qui vous parcourt des pieds à la tête, fait en vous un grand chambardement, pire qu'un déménagement, une électrocution, ou une exécution. Vous chamboule, vous tourneboule et vous entraîne dans un tourbillon qui fait perdre la boule et donne la chair de poule. Vous remue tout l'intérieur, vous donne chaud à la gueule, vous fait rougir, vous fait rugir, vous hérisse le poil, vous fait bégayer, vous fait dire n'importe quoi, vous fait rire et aussi pleurer.

Parce que, hélas, mes petits oiseaux, vous ne saurez jamais conjuguer à la première personne du singulier et à l'indicatif du présent le verbe du premier groupe: aimer. "


mots-clés : #biographie #famille #pathologie
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Re: Jean-Louis Fournier

Message par Bédoulène le Jeu 2 Mar 2017 - 4:24

encore une fois Ouli, ton commentaire m'atteint par la justesse des mots ; merci

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"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

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