George Eliot

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George Eliot

Message par églantine le Dim 5 Mar - 9:43

George Eliot
(1819-1880)



      George Eliot, de son vrai nom Mary Ann (ou Mary Anne) Evans, est une romancière britannique née le 22 novembre 1819 à Nuneaton et morte le 22 décembre 1880 à Chelsea, Londres. Elle est considérée comme un des plus grands écrivains victoriens, tous sexes confondus. Ses romans, qui se situent dans une Angleterre provinciale, sont connus pour leur réalisme et leur profondeur psychologique.
Elle prit un nom de plume à consonance masculine afin que son œuvre soit prise au sérieux. Même si les auteurs féminins de cette période publiaient librement sous leur vrai nom, l'usage d'un nom masculin lui aurait permis de s'assurer que ses œuvres ne soient pas perçues comme de simples romans d'amour. L'autre facteur décisif a pu être le souhait d'être jugé séparément de son travail d'éditeur et de critique déjà reconnu et le désir de préserver sa vie privée des curiosités du public et notamment sa relation scandaleuse avec George Henry Lewes, un homme marié avec qui elle vécut plus de 20 ans.  
  Source : Wikipédia

Ouvrages traduits en français :

Adam Bede, 1859
Le Moulin sur la Floss, 1860
Silas Marner, 1861
Romola, 1862-1863
Middlemarch, 1871-72
Daniel Deronda, 1876

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Re: George Eliot

Message par églantine le Dim 5 Mar - 9:48

Le moulin sur la Floss


A vouloir m'économiser et entretenir ma paresse, j'ai choisi d'aborder George ELIOT par le plus petit ouvrage à ma disposition mais qui n'en constitue pas moins un minus pavé de plus de 700 pages Folio. Finalement je regrette de ne pas m'être lancée directement dans Middlemarch considéré comme son chef-d'oeuvre. Je suppose après avoir terminé Le moulin sur la Floss que les thèmes abordés se retrouvent de façon récurrente dans l'ensemble de son oeuvre tant on sent une volonté quasi-obsessionnelle d'orienter son lecteur sur un chemin de vie doté de valeurs fondamentales.
Et c'est probablement ce qui m'a gênée dès les premiers centaines de pages.
Nous sommes à des années lumières du monde Austenien et je suis très étonnée que certains puissent établir quelques parallèles.
Le moulin sur la Floss, c'est avant tout une histoire d'amour fusionnelle entre un frère et une soeur …. Deux êtres que tout oppose en dehors de leur fraternité.
Que Georges Eliot s'identifie à la petite Maggie et se soit inspirée de son vécu pour créer ce personnage si volontaire et exigeant il ne fait nul doute : l'écriture si tendue, pointue, austère même dans les plus belles descriptions de paysage témoigne de cette fermeté d'âme qui ne cède en rien aux goûts du lecteur.
Dans cet état d'esprit Le moulin de la Floss ne laisse bien sûr rien au hasard donc : sans étiqueter cet ouvrage de roman réaliste, il déploie suffisamment d'analyse du contexte social pour le considérer comme un ouvrage important dans l'apport de la connaissance Victorienne : Georges Eliot dépeint très bien les grands bouleversements économiques et sociaux de l'époque et cette toile de fond a été travaillée avec suffisamment de minutie pour constituer une part majeure de roman. Il est à noter d'ailleurs que nous sommes bien loin des salons feutrés de Jane Austen : Georges Eliot nous immerge dans une réalité commune, le monde des petits Bourgeois ou des gens du menu peuple qui gagne sa vie à la sueur de son front.

Mais au delà de cet aspect purement sociologique, c'est avant une formidable étude psychologique travaillée avec une précision et un souci de profondeur tels que toutes les strates de la complexité psychique semblent être dépliées pour nous faire entrevoir le fond du gouffre pas toujours bien reluisant !

Certes l'humour n'est pas absent et apporte un peu d'aisance dans la lecture, les personnages sont croqués avec une tendre affection moqueuse mais l'empreinte morale et douloureuse de cette auteur proche du mysticisme quelquefois peut paraître pesante et oppressante : Le lecteur pris dans les mailles de ce filet littéraire aura bien du mal à garder légèreté et recul ; George Eliot prend à parti son lecteur, bouscule, oriente, et fait de son art un outil à fin éducative .
La place de la femme dans la société de l'époque, l'ignorance confinant à l'asservissement des masses, l'éducation et les mentalités étriquées, l'amour sous toutes ses formes… Autant de thèmes travaillés au cordeau, sans fantaisie, à travers un filtre moralisateur admirable( parce l'engagement est assumé ) font de ce roman un incontournable pour qui s'intéresse à l'époque victorienne. Mais à l'heure du toujours plus vite il faut s'armer de patience pour rentrer dans les méandres d'une prose quelquefois complexe sans fioritures, avec une aridité insolite pour l'époque mais qui semble en accord parfait avec la personnalité de l'auteur. Une lecture riche, agaçante souvent et probablement inoubliable !

Et ...oui j'ai oublié de vous raconter l'histoire au final ????  A croire que ce n'était pas le plus marquant !
Bon et si j'allais me flageller un petit peu maintenant ? Histoire d'appliquer ce que j'ai retenu ?


Dernière édition par églantine le Dim 5 Mar - 10:30, édité 1 fois

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Re: George Eliot

Message par églantine le Dim 5 Mar - 9:58

Middlemarch



Soyons honnête : ce serait une gageure que de croire pouvoir résumer justement cette oeuvre qui constitue un véritable monument aussi dense et se diffusant dans des ramifications multiples .
Etudes de la vie provinciale, telle est le sous-titre du roman que l'on aurait tendance à négliger et qui constitue le mot clé "étude" qui mettrait le puce à l'oreille au lecteur potentiel avant de s'engager dans cette lecture qui, vue sous cette angle là ,peut revêtir un caractère laborieux .
Un roman donc à proportions épiques mais qui ne s'attache pas à un seul héros fil directeur de l'histoire, mais à une multitude de personnages sans qu'aucun n'en soit le centre: une  forme originale certes, mais qui complexifie singulièrement la tâche de l'écrivain .
Mais l'ambition de Georges Eliot qui semble vouloir rompre avec la tradition et avec l'image de la femme écrivaine stérotypée superficielle ne s'arrête pas là : Si Middlemarch est pour elle l'occasion d'étudier les comportements sociétaux de l'angleterre du XIX à travers les habitants d'une bourgade , c'est aussi pour en faire un véritable cas d'étude tout autant politique, qu'économique, religieux, philosophique,  comptable et ....
Et c'est là que le bât blesse à mon avis.

Alors oui, pour les amateurs de roman Victorien, il est bien évident que ses fines analyses psychologiques pour décrire un monde en mutation (à l'aube de l'industrialisation où  toutes les lois en mouvance qui vont créer une sorte d'effritement des codes et des rapports au monde, provoquant une sorte de petit chaos dans cette structure hiérarchisée et soumise au carcan des droits de naissance), seront appréciées par les lecteurs spécialistes du genre.
Mais il faudra accepter le chemin emprunté par George Eliot, ses apartés sentencieuses, son application scrupuleuse à vouloir rendre justice à tous, à vouloir dépeindre avec autant d'acuité qu'ironie, sérieux, probité, érudition, philosophie et fibre féministe, provocation et insolence sans se défaire pourtant d'une nature psychorigide, didactisme lourd et pour le moins tout cela constitue une sorte de syncrétisme un peu lourd à traverser.
Ambitieuse George ? Pugnace dans sa volonté  de s'affranchir et ouvrir la porte au féminisme à la force de sa plume ?
A-t-elle pensé au lectorat potentiel lorsqu'elle se faisait plaisir ( probablement dans la douleur, car je doute qu'une oeuvre d'une telle complexité et où tout semble vouloir tendre à l'excellence s'écrive dans la facilité sur le doux murmure d'une plume rythmée…. j'imagine les grincements, les ratures, les ouvrages référentiels autour d'elle ), à qui elle ne laisse aucune place pour s'approprier avec aisance ce qui pourtant aurait pu faire un formidable roman psychologique à auteur de la grande Jane Austen ? Quelle manque de générosité .

Que d'aucuns crieront ô chef d'oeuvre, je peux le concevoir car il est vrai qu'elle ne laisse rien à la traîne. Une telle puissance de travail pour tendre à l'excellence mérite le respect. Du reste chaque phrase presque constitue une source de réflexion ( mais il aurait fallu qu'elle en laisse le temps au lecteur en allégeant un peu la sauce ). Comme je dis souvent Qui trop embrasse, mal étreint .

Bon mais soyons honnête jusqu'au bout :

J'ai quand même quitté Dorothea, Célia , Tertius Lydgate, Rosamond et Fred Vincy, Mary Garth, Will ladislaw et j'en passe avec un petit pincement au coeur . Pendant quelques jours, sans projection aucune hélas ( Chez George Eliot il n'y a pas de héros , c'est véritablement un éventail de toutes formes de psychologies, et personne n'est jamais foncièrement bon ou mauvais, le temps dément les vérités et donc accordons lui cette immense qualité de n'aboutir à aucune forme de manichéisme ou stéréotype : en ce sens elle supplante allégrement Jane Austen ) j'ai vécu au rythme des inimitiés au sein de Middlemarch, la petite histoire dans la grande. Mais c'est surtout pour faire le triste constat que au delà de toutes formes de réformes bienheureuses, les choses n'ont guère changé. Pots de vin, malversations, accointance entre pouvoir politique, économique  ( heureusement la religion a fini quand même par se faire plus discrète même pouvoir occulte désormais ) : tout y est pour faire douloureusement écho à notre actualité .

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Re: George Eliot

Message par animal le Dim 5 Mar - 10:01

églantine a écrit:Bon et si j'allais me flageller un petit peu maintenant ? Histoire d'appliquer ce que j'ai retenu ?
Résumer de la sorte c'est engageant. Shocked

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Re: George Eliot

Message par églantine le Dim 5 Mar - 10:10

animal a écrit:
églantine a écrit:Bon et si j'allais me flageller un petit peu maintenant ? Histoire d'appliquer ce que j'ai retenu ?
Résumer de la sorte c'est engageant. Shocked

A moins d'être fortement orienté vers la littérature de cette époque Victorienne et de vouloir en saisir toutes ses formes , ce n'est une auteure incontournable à mon avis .
C'est quand même lourdement imprégné de morale dont elle cherche à s'affranchir peut-être mais avec douleur et difficultés je crois .
Mais ça c'est juste moi qui le dis et je sais que certain(e)s seraient fâché(e)s de me lire . Cool

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Re: George Eliot

Message par Bédoulène le Dim 5 Mar - 10:37

merci églantine pour ces commentaires affinés.

ton ressenti final m' amène à n'inscrire cette auteure que sur la liste B de ma PAL ! Smile

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Re: George Eliot

Message par églantine le Dim 5 Mar - 11:01

Bédoulène a écrit:

ton ressenti final m' amène à n'inscrire cette auteure que sur la liste B de ma PAL ! Smile
Honnête jusqu'au bout :
Spoiler:
c'est un véritable pensum !

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Re: George Eliot

Message par bix_229 le Dim 5 Mar - 15:35

Ecoute, Eglantine, c' est déjà énorme d' avoir relevé le défi. Je ne m' en sens pas capable.
Au jour d' aujourdhui.
Encore un livre que j' aurais sans doute dévoré à dix sept ans...
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