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Sarah Waters

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Message par Avadoro le Dim 5 Mar - 10:12

Sarah Waters
Née en 1966



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Sarah Waters, née à Neyland, petite ville côtière du comté de Pembroke, au Pays de Galles, le 21 juillet 1966, est une écrivaine britannique ouvertement lesbienne. Elle vit actuellement dans le quartier de Kennington à Londres.

Après des études à l'université du Kent et une thèse en littérature anglaise, elle est un temps libraire, puis enseignante. Son premier roman, Tipping the Velvet(Caresser le velours) paraît en 1998 et a pour sujet le lesbianisme à l'époque victorienne (le velours étant l'un des noms du sexe féminin dans l'argot de l'époque). Gros succès de librairie, l'œuvre connaît, sur un scénario d'Andrew Davies, une adaptation sous le titre Tipping the Velvet, une mini-série en trois parties pour la chaîne de télévision BBC Two.

Son second roman Affinity (Affinités), paru en 1999, remporte le prix Stonewall Book. L'action se déroule dans une prison de femmes à Londres à l'époque victorienne et reprend les thèmes chers à Waters (amour, trahison, corruption, machiavélisme et suspense) en y intégrant cette fois une touche de spiritisme. Ce roman, également adapté pour la télévision par Andrew Davies, donne lieu à un téléfilm produit par la chaîne de télévision ITV et diffusé en Grande-Bretagne au printemps 2008.

Son troisième roman, Fingersmith (Du bout des doigts), paru en 2002, apporte à son auteur la consécration. L'histoire est basée sur des thèmes du roman populaire (complot, enlèvement d'enfants, monde des voleurs comme dans Oliver Twist), donnant un roman policier historique qui fait une large place aux amours lesbiennes. Aisling Walsh adapte ce 3e roman en 2005 pour BBC One, dans une mini-série mettant en vedette Elaine Cassidy, Sally Hawkins et Imelda Staunton.

Sarah Waters reçoit le prix des Libraires et le British Book Awards (Auteur de l'année 2002). Elle est élue « auteur de l’année » par le Sunday Times en 2003.

Dans The Night Watch (La Ronde de nuit), ouvrage paru en anglais en 2006, les personnages (quatre femmes, dont trois sont lesbiennes, et un homme homosexuel) partagent secrets et scandales dans le Londres des années 1940.

Également situé dans les années 1940, The Little Stranger (L'Indésirable), paru en 2009, s'éloigne de l'univers des précédents romans de Sarah Waters. Sans personnages ouvertement lesbiens, le récit se penche sur les changements économiques suscités par la montée du socialisme dans la Grande-Bretagne de l'après-guerre. Les critiques ont noté la parenté de cette œuvre avec les romans d'Evelyn Waugh. Lors de l'élaboration de L'Indésirable, Sarah Waters transforme peu à peu le récit en histoire de fantôme, se concentrant sur une famille gentry anglaise qui ne peut plus se permettre de maintenir une vaste propriété de campagne.

Son 6e roman, The Paying Guests (Derrière la porte), paraît en 2014. Il s'agit à nouveau d'une histoire lesbienne qui, cette fois, se déroule dans la capitale britannique en 1922.
(Source : Wikipedia)


Oeuvres traduites en français

Romans

1998 : Caresser le velours
1999 : Affinités
2002 : Du bout des doigts
2006 : Ronde de nuit
2009 : L'Indésirable
2014 : Derrière la porte
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Message par Avadoro le Dim 5 Mar - 10:42

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Derrière la porte

Ce dernier roman de Sarah Waters apparait d'abord comme une synthèse de ses précédentes oeuvres, avec une intrigue centrale autour d'une relation lesbienne et une trame historique marquée par le poids de l'héritage de la première Guerre mondiale. De multiples rebondissements et l'appropriation d'un sensualité rappellent donc l'univers néo-victorien de Caresser le velours ou Du bout des doigts, alors que la description d'une ville de Londres portant au quotidien les souffrances de la guerre met en lumière une désagrégation socio-économique.

Frances est une jeune femme qui semble sans avenir et sans perspectives, habitant avec sa mère. Afin de payer des dettes, elles louent un étage de leur maison à Leonard et Lilian Barber, couple dont la présence bouleverse immédiatement Frances et fait revivre une personnalité dissimulée. Sa relation avec Lilian devient le fil conducteur d'un roman dont la tension monte progressivement, tant leur avenir se heurte à une impasse.

Derrière la porte est une lecture souvent passionnante dans sa dimension policière qui explore à la fois des aspects intimes et sociaux, mais le récit est parfois surchargé dans son ambition. Sarah Waters veut montrer la duplicité et la fragilité des êtres, l'intensité de passions fiévreuses et d'errances affectives face à un contexte hostile. Les coups d'éclat romanesques laissent cependant trop souvent les protagonistes à distance.


mots-clés : #identitesexuelle #social
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Message par topocl le Dim 5 Mar - 11:41

Ronde de nuit

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Voilà un roman assez curieux. Au lieu de nous présenter des personnages et de nous expliquer ce qu’ils deviennent, Sarah Waters raconte la vie de quelques jeunes gens, à Londres, au lendemain de la guerre, reliés entre eux par des liens divers démenant chacun leur existence propre, et remonte dans les années précédentes pour mieux expliquer ces liens, leur fragilité et leur caractère douloureux. Et on ne sait pas du tout ce qu'ils vont devenir .

C'est un livre fort intéressant et attachant car il nous décrit une époque : celle de la guerre à Londres. Cela crée un décor fascinant de ruine désolée, de couvre-feu, de bombardements… Elle nous décrit ces jeunes gens pris dans cette tourmente angoissante : les gestes et paroles sont toujours marqués par le fait qu'il seront peut-être les derniers ; la révolte et  l'angoisse de la mort rôdent, autorisant des comportements, des sentiments, des choix, qui auraient peut-être été mis de côté dans une période autre.

Les jeunes femmes sont pour la plupart de jeunes lesbiennes, au  caractère extrêmement moderne, affranchi, émancipé, portant le pantalon, fumant et buvant du whisky, comparant leurs bas nylon et s'offrant des pyjamas en satin, bien décidées à mener leur vie et leur sexualité comme elle l'entendent, et cela m'a un peu rappelé comme ambiance, dans la franchise de leurs relations, l’excellent roman de Simone de Beauvoir, l'Invitée (qui, lui, ne parlait pas ouvertement d'homosexualité).


Enfin il faut souligner l'écriture de Sarah Waters, en particulier dans les situations à deux, très liées au décor et à l'environnement, au lieu des rencontres, et où rien n'échappe de la subtilité des sentiments, des allers-retours, des réticences, des anges qui passent,  où les 5 sens se manifestent, les odeurs, les bruits, un bras qui frôle, un tissu qui se froisse… On entre ainsi intensément dans l'intimité des personnages, dans l'urgence de leurs sentiments, leur fragilité et c’est souvent magnifique (parfois un peu long, mais on lui pardonne volontiers).

(commentaire récupéré et discrètement remanié)

mots-clés : #deuxiemeguerre #identitesexuelle

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Message par chrysta le Dim 16 Déc - 14:02

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Au hasard d'une urgence, Faraday, médecin de campagne, pénètre dans la propriété délabrée qui a jadis hanté ses rêves d'enfant : il y découvre une famille aux abois, loin des fastes de l'avant-guerre. Mrs Ayres, la mère, s'efforce de maintenir les apparences malgré la débâcle pour mieux cacher le chagrin qui la ronge depuis la mort de sa fille aînée. Roderick, le fils, a été grièvement blessé pendant la guerre et tente au prix de sa santé de sauver ce qui peut encore l'être. Caroline, enfin, est une jeune femme étonnante d'indépendance et de force intérieure. Touché par l'isolement qui frappe la famille et le domaine, Faraday passe de plus en plus de temps à Hundreds. Au fil de ses visites, des événements étranges se succèdent : le chien des Ayres, un animal d'ordinaire docile, provoque un grave accident, la chambre de Roderick prend feu en pleine nuit, et bientôt d'étranges graffitis parsèment les murs de la vieille demeure. Se pourrait-il qu'Hundreds Hall abrite quelque autre occupant?


Dans l’Angleterre d’après-guerre, le Docteur Faraday, médecin de campagne, retourne pour y effectuer une consultation dans le manoir, Hundred Hall, où travaillait sa mère quand il était enfant, et dont il se souvient les fastes, la magnificence, un manoir pour lui symbole de cette aristocratie dont il ne faisait pas partie et dont il aurait eu envie de grapiller les miettes, comme quand il prélève, enfant, un gland d’une moulure d’un mur du manoir.

Or, le manoir, après les affres de la seconde guerre mondiale, a perdu de sa magnificence et de sa vie, il sombre peu à peu dans une décrépitude annoncée par les difficultés que la famille Ayres, vestige de l’aristocratie anglaise, rencontre à tenter de maintenir ne serait ce qu’une part du domaine en état.

En proposant un traitement expérimental au fils de famille, Roderick, qui souffre encore fortement dans son corps de blessures de guerre, il va peu à peu se faire une place au sein de la famille Ayres. Médecin, ami, confident parfois, il pénètre peu à peu dans l’intimité de cette famille et assiste au naufrage de cette aristocratie et de son emblème, Hundred Hall. Le manoir, bien trop coûteux en entretien, avale au fil du temps les restes de fortune des Ayres, décrépissant malgré tout, une pièce après l’autre étant laissé à l’abandon pour tenter de maintenir un semblant de faste dans les pièces à vivre. La propriété est peu à peu vendue au plus offrant pour tenter de maintenir un tant soit peu le navire à flot, mais celui-ci prend l’eau de toute part.

Faraday va s’attacher à ces gens, et plus particulièrement à Caroline, la fille de la maison, n’osant d’abord espérer un jour faire partie réellement de sa vie, lui, fils de leur ancienne bonne, mais s’y introduisant chaque jour plus, jusqu’à caresser l’espoir d’une union. Mais est ce vraiment à ces gens et au manoir qu’il s’intéresse ou à leur position sociale, en tous les cas à l’idée qu’il s’en fait, lui qui regardait enfant ce monde enviable de l’extérieur, comme une pomme attirante que l’on ne peut que regarder mais dans laquelle il est interdit de croquer pour la classe laborieuse dans laquelle il est né ?

En parallèle, il se passe progressivement des événements étranges dans le hall, d’abord autour de Roderick, puis des autres membres de la famille : traces de brûlures à des endroits inexpliqués, bruits, écritures qui apparaissent sur le bois, etc… Cela nous maintient dans une ambiance un peu surnaturelle, bercée par l’ambiance du manoir qui s’y prête bien, et dans l’attente du déploiement de ce mystère ci qui apparait dès les premières pages quand, à l’occasion de la visite qu’il rend à la bonne pour la soigner, Faraday l’entend parler de sa peur de travailler là car elle perçoit une présence malsaine.

Les événements qui surviennent, s’ils font partie intégrante de l’atmosphère, sont somme toute assez sporadiques dans les premiers temps, et ne prendront une place plus importante que plus tard. Ils s’accroissent au rythme de la chute du domaine, voire l’accélère, et ce dans le même temps que l’évolution de la place qu’occupe Faraday dans la famille, et de celle qu’il s’autorise à occuper.

Les personnages de la famille Ayres sont à l’image d’une classe sociale qui se meurt, coincée entre les anciens us et coutumes et les nouveaux, continuant à s’astreindre à une certaine manière d’être liée à leur rang. Cela, chez la mère très marqué, est chez les enfant présent de par leur éducation mais, peu à peu, ils tendent à s’extraire du moule formaté pour eux qui n’a plus lieu d’être, jusqu’à s’en libérer.

Au travers de la famille Ayres, on assiste à la lente agonie de l’aristocratie qui se débat face à une chute inéluctable et tentant de maintenir une forme de prestance malgré les murs qui s’effondre au propre comme au figuré. Face à cela, l’évolution du docteur Faraday va en sens inverse, lui, enfant de bonne qui, s’il ne s’imagine même pas avoir le droit de frayer avec les Ayres au début va, peu à peu, évoluer de mentalité, s’autoriser une place où il s’imaginerai même devenir membre de la famille.
Ce livre, confrontant deux mondes, est une subtile analyse des différences de classes sociales et de l’évolution de la situation après-guerre. C’est le témoin de la mort d’une époque et du début d’une nouvelle.

En toile de fond plus ou moins pesante selon les moments, les phénomènes qui surviennent au manoir nous amènent à revisiter l’histoire ancienne, le temps où Mme Ayres perd sa première fille de diphtérie, cela avant d’avoir plusieurs années plus tard deux autres enfants qui sont parmi les protagonistes du livre. On entend la souffrance de cette mère n’ayant jamais fait le deuil de sa première enfant, Susan, et celle de ses enfants, notamment Roderick, qui ne s’est jamais senti regardé, aimé, juste un substitut décevant de cette enfant morte et jamais suffisament satisfaisant pour sa mère.
Dans les phénomènes survenant à Hundred Hall, on soupçonne la trace de Susan, ou tout au moins c’est ce que suppose les personnages en présence, sauf le Dr Faraday qui garde, face à tout cela, un recul et un rationnalisme inébranlable, expliquant cela par l’hypothèse de la folie.

L’indésirable, un titre qui amène à s’interroger sur qui est désigné dans ce terme. La petite Susan, supposée à la source de tous ces phénomènes et dont la présence, au-delà de sa mort, serait indésirable pour au moins certains des protagonistes ? Le docteur Faraday, en tant qu’homme de basse classe qui, bien qu’il s’introduise peu à peu dans la maison, ne serait pas vraiment désiré de cette famille, voire indésirable en tant qu’incarnant leur déchéance, mais également étant l’irruption d’un autre milieu indésirable dans le leur ?

Le fait est que le final de ce livre engendre aussi nombre de questions. (Ne pas lire ce qui suit si vous n’avez pas lu le livre)

Spoiler:
En effet, lors du décès « accidentel » de Caroline, sa bonne Betty mentionne avoir vu comme une ombre et sa maitresse dire « vous » avant de tomber en agitant les bras. Cela a bousculé pour moi l’ensemble du livre, car l’hypothèse qu’à ce moment c’est Faraday, repoussé dans son amour par Caroline, soit revenir au manoir et soit la cause de son décès m’a plus qu’effleurée. Du coup, comment relire l’œuvre autrement ? Comme peut être l’histoire d’un homme rongé d’envie depuis l’enfance d’appartenir à un milieu qui n’est pas le sien et qui, par la suite, s’introduira dans la demeure, prendra de plus en plus de place pour ses occupants, et les poussera peut-être en partie vers leur déchéance, allant éventuellement jusqu’au meurtre après avoir été éconduit et rendu fou par cela. N’a-t-il pas un black-out de ce qu’il a fait la nuit où Caroline décède ? Finalement, Faraday ne devriendrait-il pas lui-même fou à avoir rêvé accéder à une classe sociale qui n’est pas la sienne, à imaginer s’occuper du manoir, point peu à peu très présent dans son intérêt, et la perte de ses illusions ne lui a-t-elle pas été fatale ?

Bref, je sors de cette lecture que j’ai appréciée, même si j’ai trouvé le rythme souvent lent et pesant, avec moult questions qui nécessiteraient peut être une relecture.
L’intérêt du livre est, à mon sens, dans l’analyse de la différence des classes et de l’évolution que ces différences subissent après guerre, ainsi que dans l’analyse fine de la psychologie des personnages et leur évolution à chacun au fil du roman.
Il faut aussi reconnaître à l’auteure un certain talent pour mettre en place une atmosphère tant par les lieux que les événements qui s’y déroulent.
Quant à qui est l’indésirable et à ce qui se passe vraiment, je laisse à tous les futurs lecteurs loisir de faire des hypothèses, et peut être m’y replongerai je un jour pour peaufiner plus la question.


mots-clés : #fantastique
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Message par Bédoulène le Dim 16 Déc - 23:23

merci Chrysta !

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