YI Munyol

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YI Munyol

Message par tom léo le Ven 10 Mar - 22:15

YI Munyol
Né en 1948


Munyol Yi (Hangeul: 이문열; Hanja: 李文烈;né le 18 Mai 1948 à Yongyang, Corée du Sud, son prénom, Munyol, peut aussi être transcrit Munyoÿl ou Mun-yol) est l’un des grands écrivains sud-coréens d’aujourd’hui. Ses romans ont été traduits en des nombreuses langues. Né juste avant le début de la guerre de Corée, il a tôt du vivre sans son père qui quitta la famille en 1951 pour rejoindre le Nord communiste. Il interrompit sa formation dans une école d’Andong et vivait même un moment dans la rue. Mère et fils végètent dans une misère noire. Considéré comme "fils de traître", Yi Munyol subit l'ostracisme de ses compatriotes. Autodidacte, il se réfugie dans les livres, réussit le prestigieux concours d'entrée à l'université nationale de Séoul, étudia le Coréen jusqu’en 1970. Puis il arreta de nouveau ses études pour devenir fonctionnaire. Mais ne réussissant pas l’entrée, il entrait dans l’armée. Après trois années de service il travailla comme journaliste et conférencier. C’est en 1979 qu’il connut un premier succès littéraire. Puis il gagna rapidement en renommée, reçut divers prix. De 1994 à 1997 il enseigna la langue (coréenne) et la littérature à l’Université de Sejong. Plus tard il créa une petite académie pour former des poètes et écrivains.

Son œuvre romanesque est très marquée par la guerre et les dictatures qui ont façonné la Corée du Sud. Fin observateur des mœurs de ses contemporains, il a toujours défendu les libertés.Il est considéré comme le chef de file actuel de la littérature de son pays.

« Yi Munyol est un auteur tout à fait contemporain dont la popularité en Corée témoigne d'un renouvellement de la création littéraire. Pour Ch'oe Yun, "cet auteur me paraît pouvoir être aussi convaincant en français qu'en coréen. Il est en effet fondamentalement coréen par son style, sa mentalité mais sans exotisme". Yi Munyol est représentatif de ces écrivains qui sont à la fois profondément ancrés dans une culture et reflètent la sensibilité de leur époque tout en ayant une résonance qui les dépasse. » (Extrait d’un article de Philippe Pons, Le Monde, 16 Novembre 1990)
(Sources: Bibliomonde ; Le Monde, Wikepedia)

Parus en français :

- Notre héros défiguré (1993)
- Chant sous une forteresse (1993)
- L'hiver, cette année-là (1993)
- L'oiseau aux ailes d'or (1993)
- Le fils de l'homme (1995)
- Pour l'Empereur ! (1999)
- Le Poète (2001)
- L'île anonyme (2003)
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tom léo

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Le poète

Message par tom léo le Ven 10 Mar - 22:30



Le poète


Quatrième de couverture : a écrit:« Ceux qui vivent à la dérive ne sont pas tous des poètes, mais tous les poètes vivent à la dérive", écrit ici Yi Munyol... Tel sera le sort de son héros, le talentueux Kim Sakkat, enfant d'une famille brutalement déchue de son rang, et qui dès son jeune âge grandit dans l'espérance de reconquérir l'honneur par l'éclat de sa poésie.
L'écriture et les chemins de la liberté, l'engagement et les illusions de la carrière, l'ambition ou l'abnégation dans l'art véritable : tels sont les thèmes de ce roman fervent qui tend aux fonctions sociales de la littérature le moins complaisant des miroirs.
Au coeur de sa méditation pleine d'inflexions autocritiques, Yi Munyol laisse entrevoir les déchirures de l'histoire coréenne, et les vertiges de cette "dissidence intime" qui fait de lui, assurément, le plus grand écrivain de son pays. »

Cela fait longtemps que j’ai lu ce livre et n’ayant pas fait des notes, je me contente de copier des passages à gauche et à droite. Mais j’ai un vif souvenir d’un livre fort. Des amis coréens parlaient d’un des meilleurs de Yi Munyol. Ce qui semble toucher l’âme du lecteur coréen (et cela peut se produire avec nous aussi !), c’est d’être pris par une histoire qui nous dépasse, d’être quelques fois héritier de situations antérieures.

Yi Munyol, lui-même fils de « traitre » (puisque son père est passé au Nord), évoque la destinée de Kim Sakkat, le grand écrivain coréen du XIXème siècle dont les épreuves furent plus difficiles encore pour arriver à se faire reconnaître comme autre chose que le produit d’un choix scandaleux qui lui est étranger.

(Extrait d’un article d’André Velter, Le Monde, 2 Octobre 1992) a écrit:« Le Poète est, à l'évidence, le roman de deux destins piégés. Kim Sakkat, dont l'existence tout entière se déroule vers la fin de la dynastie Joseon, est à la fois un miraculé et un être déchu pour une faute qu'il n'a pas commise. Son grand-père, qui était gouverneur d'une ville de garnison, a commis, en effet, un crime inexpiable aux yeux de la cour : il a cédé face à une révolte populaire et, sitôt capturé, s'est rallié à la cause des émeutiers en rédigeant une fervente proclamation insurrectionnelle. Des troupes gouvernementales venant à reprendre le contrôle de la situation, il est promptement exécuté et, avec lui, trois générations de sa famille qui, suivant l'usage de l'époque, devaient aussi payer pour cette trahison.

Un enfant pourtant échappe à ce massacre légal, il s'appelle encore Kim Byongyon. Il est vivant et marqué à vie. Sans aucun espoir de carrière en raison de la tache léguée par son grand-père, il va devenir un marginal scandaleux, poète errant dont les poèmes courent de bouche en bouche et ne laissent aucune autre trace. On le surnomme alors "Sakkat" : ce mot désignant le chapeau de bambou qui le protège de la pluie tout en lui permettant, suggère la légende, de se cacher du ciel. »


Le sujet de la trahison a dû interpeller Yi Munyol, vu sa situation familiale...: tant de gens accusés d'avoir trahi leur patrie! Et puis ? Choix des parents, qui sera puni dans la deuxième, voire troisième génération.

Je devrais relire ce livre pour pouvoir confirmer cette sensation qu'au-delà l'aspect politique ou d'injustice, il y a aussi pour ainsi dire l'ébauche d'une figure d'un itinérant proche de certaines traditions universelles (et locales), romantiques et autres.

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Re: YI Munyol

Message par Armor le Sam 11 Mar - 15:58

Encore un auteur que je me promets de lire depuis longtemps…
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Re: YI Munyol

Message par tom léo le Sam 11 Mar - 21:34

@Armor a écrit:Encore un auteur que je me promets de lire depuis longtemps…

... et ce sera pour ton plus grand bonheur, probablement!



Notre héros défiguré


CONTENU:
Om Sokdae, porte-parole d’une classe, tyrannise ses condisciples avec une main de fer. Il fait de ses camarades des êtres à son service : il les bat, prend de l’argent, vend des services de protection et se laisse traiter comme un roi. Han, nouvel élève arrivant de Séoul, veut commencer à combattre la dictature de Sokdae, mais il sera coincé dans une isolation complète et doit se déclarer vaincu. Mais après sa capitulation il découvre des nouvelles facettes de ce règne corrompu et il commence à goûter les privilèges du pouvoir et la participation à celui-ci. Après l’évincement de Sokdae commence une longue période de changements qui aboutit dans le rétablissement d’un environnement « démocratique ».

MES IMPRESSIONS :
Il est bon de garder en mémoire le contexte historique coréen, c’est à dire aussi la présence de forces dictatoriales en Corée jusqu’à la fin des années 80, période dans laquelle cette nouvelle était écrite et puis publiée en Corée (en 1987). Cela donne à réfléchir si on apprend que cette pièce trouva immédiatement un succès immense dans le pays ! C’est probablement pas seulement à cause d’une simple histoire d’élève, mais parce qu’on se retrouva dans le contenu, dans les tensions, dans les questions soulevées.  

Lu dans ce contexte historique on voit plus clairement, à partir de la première page, que le père de Han atterrit en province à cause d’un faux-pas politique et qu’alors ce qui s’ensuit est déjà par cela pour Han la conséquence ou une suite accompagnant la situations politique. Vite on se rendra compte que dans cette nouvelle le rapport de la force, la violence et l’autorité jouera une grande importance.

S’agissant d’un retour en arrière – au début du livre on date l’action trente années dans le passé – il peut bien s’agir du temps à la fin des années 50, c’est à dire la période de la fin du régime autocratique du dictateur Rhee.

Yi Munyol décrit avec une précision admirable les différents stades, étapes dans la vie de Han avec l’autorité de Om Sokdae, le condisciple dictatoriale : De l’étonnement vers la révolte, puis des actions légales, la résistance, jusqu’au désespoir ; et même la complicité pour finir !!! Tout cela est tellement bien observé – chapeau ! Sur la couverture d’une édition est bien écrit que « Yi peint dans Notre héros défiguré une analyse du pouvoir et parle ainsi d’un sujet de portée universelle ». Comme nous avons affirmé dans un partage autour de la lecture commune de ce livre, il n’est pas si difficile de trouver malgré les particularités culturelles différentes (coréennes) des parallèles avec des dictatures pas si lointaines en Europe, mais aussi des situations et expériences personnelles aux lieux de travail, l’école etc.

S’il y a un processus vers une complicité avec une autorité violente, la sortie de ce système peut être aussi vue et vécue comme un cheminement. Mais la solution proposée, décrite dans ce livre fait réfléchir et chacun verra  et décidera, si cela devrait bien avoir une validité universelle.

Un livre remarquable qui parle d’une façon intemporelle de l’expérience du pouvoir et de la violence !


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Re: YI Munyol

Message par tom léo le Sam 1 Juil - 16:52



L’oiseau aux ailes d’or


Dans l’original : Kumsijo (coréen, 1982)

CONTENU:
Abandonné par ses parents, Kojuk est accueilli par le maître Soktam, mais d’abord sans que celui-ci aimerait vraiment le former et prendre comme disciple dans l’art de la peinture et de la calligraphier. Plus tard, Kojuk va quitter son maître pour chercher tout seul à réaliser ses dons, ses talents. Au même moment il cherche toujours l’appréciation de son ancien maître tout en gardant ses distances : c’est presque une relation d’amour et de haine.

Dans ce livre c’est le vieux Kojuk qui regarde en arrière et sur sa vie et se demande où se trouvait alors la vraie « beauté ». Depuis longtemps nous pressentons qu’en lui et Soktam, deux générations, deux époques, oui, deux manières de vivre l’art et la vie, s’affrontent. Avant sa mort, Kojuk cherche à rassemble son œuvre.

IMPRESSIONS:
Cette histoire rappelle un peu un conte d’un temps révolu, dans laquelle un garçon mal accueilli va se mettre en route et aller ses propres chemins. Mais à regarder de plus près, cette petite nouvelle se situe dans une XXème siècle, dans une période de transition, de carrefours entre « vieille et nouvelle école » : ici la Corée ancienne et plurimillénaire avec une éducation stricte où la calligraphie et la peinture faisaient intimement partie d’un projet global, d’une vie orientée par des valeurs spirituelles. De l’autre coté la recherche d’une beauté pour elle-même. Les idées développées dans ce livre sur la beauté sont magnifiques et profondes.

Qu’est-ce qui restera après une vie assez turbulente? Quels souvenirs vont monter chez le vieux Kojuk ? Pourquoi va-t-il rassembler ses œuvres dispersées? Est-ce qu’il va trouver – car cela semble être la question clé du livre – l’œuvre avec lequel il avait été digne aux plus hautes idéaux ? La réponse va étonner et est impressionnante…

C’est un petit bijoux !

Invitation à découvrir un peu plus la littérature de ce pays magnifique ! Chez « Actes Sud » on a fait un effort dans cette direction-là et il y a maintenant pas mal de titres ! ( http://www.actes-sud.fr/langue.php?num=0&listelangue=43 )
Évidement il y a aussi d’autres éditeurs…

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Re: YI Munyol

Message par bix_229 le Sam 1 Juil - 16:56

Ses premiers livres étaient excellents. Mais l' évolution de ses idées l' ont rendu improductif et décevant.
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Re: YI Munyol

Message par Bédoulène le Sam 1 Juil - 17:02

merci Tom Léo, plusieurs livres à ma médiathèque, c'est noté

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Re: YI Munyol

Message par tom léo le Sam 1 Juil - 17:28

@bix_229 a écrit:Ses premiers livres étaient excellents. Mais l' évolution de ses idées l' ont rendu improductif et décevant.

Explications bixiennes ...
Tu pourrais un peu en dire plus? Tu parles de quels livres? De quels sujets? De quelles déceptions?
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Re: YI Munyol

Message par animal le Sam 1 Juil - 17:53

ah, il n'y a pas que le panda qui a un langage particulier(ement obscur ?). Cool

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Re: YI Munyol

Message par bix_229 le Sam 1 Juil - 19:46

Je ne suis pas obscur, mais hatif, parfois...
De Yi Munyol, j'ai lu Notre héros défiguré, L'Hiver cette année-là, Le Fils de L' homme, Le Poète, L'Oiseau aux ailes d'or.
La plupart de ces livres m'ont plu. Un ton, un style, une combattivité anticonformiste.
Mais l'un de ces livres m'a profondément déçu et même irrité, je ne sais plus lequel.

Par ailleurs, ce que j'ai lu de l'évolution de l'homme et de l'écrivain, je le dois à la Quinzaine littéraire, la revue de Nadeau.
On y mettait en cause à partir de 1990 ses idée rétrogades, réactionnaires, antiféministes et qui jettaient une ombre sur son oeuvre même.
Les réactions à son égard ont été vives en Corée du Sud dans la jeunesse progressiste.

J'ai cessé de le le lire. Ai-je eu tort, je n'en sais trop rien.
A chacun de se faire son opinion.
Dans mon cas, et je le reconnais, l'image de l'homme obscurcit parfois celle de l'écrivain.
C'est ainsi.
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