Chamaco_VilaMatas

On sait que l’un des aspects les plus séduisants de la littérature est sa possibilité d’être une sorte de miroir qui avance ; un miroir qui, comme certaines horloges peut avancer.

Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

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    Antoine Choplin

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    topocl

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    Antoine Choplin

    Message par topocl le Dim 19 Mar - 10:30

    Antoine Choplin
    Né en  1962




    Après des études à l’École supérieure de commerce de Rouen et un troisième cycle en mathématiques et économie à l’Université Paris-Dauphine, il travaille d’abord comme cogniticien dans une société de conseil. Il vit actuellement dans l'Isère où il est directeur artistique du festival de l'Arpenteur.

    Wikipedia

    Œuvres


    La Manifestation,2001,
    Tambour et peignoir incarnat, 2001,
    Des âmes en goguette,  2002,
    Radeau, Lyon,  2003,
    Léger fracas du monde, , 2004,
    L’Impasse, 2006,
    Cairns : et autres fragments paysagers pour marcheur en terrain pentu, ph. de Francis Helgorsky,  2007,
    Cour Nord,  2009,
    Apnées,  2009,
    Le Héron de Guernica,  2011,
    Debout sur la terre, 2012,
    La Nuit tombée,  2012,
    Les cargos glissent à l’horizon des rues, 2013,
    Les Gouffres, 2014,
    L’Incendie, avec Hubert Mingarelli, 2015,
    Une forêt d'arbres creux,  2015,
    Tectoniques, avec les dessins de Corinne Penin, 2016
    Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar, 2016,


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    Re: Antoine Choplin

    Message par tom léo le Dim 19 Mar - 22:10

    Le héron de Guernica


    Originale: Français, 2011

    CONTENU :
    Avril 1937, Guernica. Quand il n’aide pas à la ferme du vieux Julian, Basilio peint des hérons cendrés dans les marais. En ville, on dit de lui qu’il a un sacré coup de pinceau. Mais qui peut comprendre sa fascination pour ces oiseaux, l’énigme de leur regard, leur élégance hiératique, mais aussi leur vulnérabilité? Comment faire pour rendre par le pinceau la vie qui s’exprime dans le frémissement des plumes? Ce matin du 26, les premières bombes tombent sur Guernica et Basilio, avec l’aide d’Eusebio, son ami prêtre, photographie les avions allemands, pour témoigner de ce massacre. Comment rendre la vérité dans ce cadre limité de la plaque photo. « Ce qui se voit ne compte pas plus que ce qui est invisible » dit-il.

    REMARQUES :
    Le récit se passe pour l'essentiel à Guernica au Pays Basque, juste autour le bombardement macabre par les Allemands en Avril 1937. Il est encadré par la venue à Paris de ce jeune peintre Basilio, pour y voir – suivant l'invitation du Père Eusebio, prêtre ouvert et comprenant le jeune – le devoilement de la toile Guernice du maître, Pablo Picasso. Il apportera bien quelques peintures à lui, mais qu'est-ce qu'il en fera… ?

    On rencontre en Basilio un jeune qui aurait voulu s'engager dans l'armée republicaine, mais il fût réfusé, pas pris. Donc, il continue à travailler chez le vieux fermier Julian, visite son oncle un peu infirme et fait la cour à Celestina, une jeune fille.

    Mais avant tout – et c'est ici que se trouvent les sujets et les questions principaux du livre– il continue à peindre avec fidelité le héron cendré des marais d'alentour. Toujours à nouveau – et selon lui de façon inachevé et seulement s'approchant de loin des vraies impressions – il essaie à rendre par le pinceau cette sorte de dignité qui émane de l'oiseau, entre immobilité et élégance, inertie et palpitation pleine de vie et d'attention, voir même de la profondeur du regard. Ici on trouve des idées, ou faut-il dire, des thèses, des énoncés, sur l'approche artistique et sa quête quasi intemporel de peindre en justesse.

    Ces scènes presque immobile du marais, mais aussi des grandes parties, dégagent une certaine douceur, une profondeur derrière l'apparence. Mais puis elles coexistent, ou se passent, en parallèle avec le déchainement de ces bombardements absurdes et destructifs : ils enlèveront des nombreuses vies… Ces passages sont durs et ne cachent rien de la violence et de la terreur. Comment alors peindre? Quel (non-)sens?! Et puis, malgré cela, ou au milieu de cela, il y a comme un combat encore d'autre chose : pour « garder nos âmes » et « avoir très envie de bien regarder les choses ». Basilio fait resistance: à sa façon!

    Quel livre !


    mots-clés : #roman #guerredespagne
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    topocl

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    Re: Antoine Choplin

    Message par topocl le Lun 20 Mar - 9:19

    L'incendie
    avec Hubert Mingarelli



    C'est un très court roman, écrit à quatre mains sans qu'on sache qui a écrit quoi.C'est plutôt plaisant d'imaginer ces deux écrivains partageant cette histoire, mais c'est aussi frustrant de ne pas en savoir plus, pas tant qui a écrit quoi, que le point de départ de cette formule, le mécanisme d'écriture , si ils sont partis à l'aveuglette ou si l'histoire était écrite d'avance : les coulisses de cette production particulière. Mais c’est sans doute une curiosité mal placée, il faut lire l’œuvre pour ce qu’elle offre, préférer le quoi au comment .

    Des années après, Pavle et Jovan, qui ne se sont pas revus, entament une relation épistolaire autour d'un acte de guerre plutôt barbare dans lequel ils ont joué un rôle ensemble. Ils en partagent la culpabilité, mais ils ne se sont pas tout dit. L''écriture est volontairement pataude (ce sont deux hommes qui s'écrivent sans avoir l'habitude de le faire, et tournent autour du pot de leurs vérités innommables), exposant la simplicité du cœur de ces hommes sincères.

    On brasse donc des choses tournant autour de la culpabilité, du travail de la mémoire, du pouvoir salvateur des mots, de « chacun sa vérité » et de l'amitié malgré tout. Cependant, malgré le poids des actes décrits, j'ai trouvé l'argument un peu faible pour pleinement emporter mon adhésion.

    (commentaire récupéré)


    mots-clés : #correspondances


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    Re: Antoine Choplin

    Message par tom léo le Lun 20 Mar - 9:41

    Merci pour ta présentation!

    @topocl a écrit:
    (...) avec Hubert Mingarelli ...

    C'est un très court roman, écrit à quatre mains sans qu'on sache qui a écrit quoi.C'est plutôt plaisant d'imaginer ces deux écrivains partageant cette histoire (...)

    Sans l'avoir su à l'époque, je les voyais très proche l'un de l'autre dans leur style d'écriture et leur traitement de sujets. Cela avait un air parenté, sans être des copies. Donc, je n'étais pas outrement étonné de les voir écrire ensemble à quatre mains. Je ressens une grande complicité entre ces deux-là. Par ailleurs - si j'ai bien compris - ils vivent dans le même coin de la France?!
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    Re: Antoine Choplin

    Message par shanidar le Ven 14 Avr - 17:24

    Cour Nord



    Je rejoins les avis élogieux sur un auteur parcimonieux et qui écoute avec tendresse les souffles qui s'échappent des poitrines.

    Dans sa présentation, Choplin dit de lui qu'il désire redonner aux objets leur poids et leur valeur, leur redonner une matérialité et que cette matérialité soit souffle de vie. C'est exactement ce qu'il parvient à faire dans Cour Nord, livre, qui se sert des objets usuels pour créer un dialogue entre un père syndicaliste et son fils rêveur et musicien. Les problèmes de communication de l'un à l'autre se résolvent dans le silence et dans l'écoute des corps. Ils se parlent à travers leur silence, leurs incompréhensions, leur lutte intime et le jeune homme n'a pour seule voix (et voie) que celle de sa trompette pour échapper à l'enlisement social.

    Un très beau livre. Très bien écrit. Qui ne gîte pas mais louvoie entre les écueils de l'amertume ouvrière et des rêves d'ailleurs, tout en tendant un miroir honnête à une société veule.

    Et puisque le groupe de Léo tire son nom d'un morceau de Thelonious Monk (Locomotive), ne nous en privons pas :

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    shanidar

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    Re: Antoine Choplin

    Message par shanidar le Ven 14 Avr - 17:42



    La nuit tombée

    Gouri, ukrainien, retourne une nuit à Pripiat. Chez lui. Dans cette zone interdite depuis la catastrophe de Tchernobyl. Il s'arrête un moment au village pour parler avec celles et ceux qu'il côtoyait avant et au moment de l'explosion de la centrale.

    Je suis passée complètement à côté de ce récit. Je n'ai pas réussi à m'immiscer dans la pensée de Gouri, ni sur sa moto, je n'ai pas été touchée par sa déambulation dangereuse et nocturne dans une zone sinistrée qui fut un temps celle de la vie, sa vie.


    Mais Choplin n'y est pour rien. C'est moi qui n'ai pas vraiment su ou pu m'ouvrir à ce récit factuel, gelé et aérien...
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    Re: Antoine Choplin

    Message par églantine le Ven 14 Avr - 18:56

    @shanidar a écrit:

    La nuit tombée




    Mais Choplin n'y est pour rien. C'est moi qui n'ai pas vraiment su ou pu m'ouvrir à ce récit factuel, gelé et aérien...  
    C'est tout à fait le risque avec Antoine Choplin ....On peut rester à quai tant il factualise , procédé d'écriture qui doit lui demander un temps fou (qu'il revendique d'ailleurs ) par souci de justesse et d'effacement pour laisser parler l'histoire . Il court le danger de laisser pas mal de lecteurs sur le bord du chemin .
    Je comprends ce que tu as pu ressentir .
    Mais son souci d'honnêteté presque obsessionnel qui le dessert dans ses choix d'écriture où il y a une part de renoncement me le rend profondément attachant et je navigue comme dans ses mots avec sécurité et confiance : un grand luxe par les temps qui courent .


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    Et, de nouveau, elle se sentit seule en présence de sa vieille antagoniste, la vie.
    La promenade au phare . Virginia Woolf .
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    shanidar

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    Re: Antoine Choplin

    Message par shanidar le Sam 15 Avr - 11:52

    Oui églantine, c'est toujours troublant de se demander pourquoi tel titre a eu un impact profond (comme Cour Nord) et un autre a fait plouf alors que le procédé ne semble pas être différent (et que je me sens plus intéressée par Tchernobyl que par les luttes syndicales...).

    Il faudrait aussi que je me penche sur la question des relations parents/enfants égrenée par Choplin dans les deux livres que j'ai lu ; très développée dans Cour Nord et beaucoup moins dans La nuit tombée. C'est peut-être là que se trouve le nœud...!?

    (Quant à l'interaction Choplin/Mingarelli, elle saute aux yeux, en effet ! Deux auteurs précieux !).
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    Re: Antoine Choplin

    Message par Bédoulène le Ven 21 Avr - 17:48



    Une forêt d'arbre creux

    Histoire basée sur la vie de l'artiste Bedrich Fritta. Mort à Auswitch en 1944 après avoir vécu quelque temps, ainsi que sa femme et leur fils Tommy dans le ghetto de Térezin.

    Après une marche dans un vent hivernal Bedrich, sa femme Johanna et leur fils Tomi arrivent à Terezin en décembre 1941.

    C'est par quelques "plans" que  l'auteur montre le quotidien des familles juives au ghetto de Terezin. Mais à eux seuls les deux ormes sur la place du village sont une représentation métaphorique de cette vie.

    "Les deux ormes, appelons les ainsi, de tailles sensiblement égales, jeunes encore sans doute, distants de quelques mètres à peine et confondant ainsi leurs cimes. Par contraste, la clarté laiteuse du jour perçant la ramure au coeur rend à chaque banche sa forme singulière. On voit ainsi combien la silhouette rondouillarde et équilibrée de l'arbre résulte de l'agrégat d'élancement brisés, de lignes rompues et poursuivant autrement leur course, de désordres. Dans ce chaos que ne tempère que cette tension partagée vers le haut, l'oeil a tôt fait d'imaginer des corps décharnés, souffrants, empruntant à une gestuelle de flamme ou de danse andalouse, implorant grâce ou criant au visage de leur bourreau la formule d'un ultime sortilège, résistant un instant encore à l'apel du gouffre que l'on croirait s'ouvrant à la base du tronc.
    Juste derrière les deux ormes passe la clôture de fils de fer barbelés, et parallèles rythmées par les poteaux équidistants. Drôle de portée avec ses barres de mesure, vide de toute mélodie, et contre laquelle, à bien y regarder, semble se disloquer la promesse des choses.[........]S'y entrelacent, en lisière de cette désolation, l'élan et la contrainte, la vérité et l'illusion, le vivant et le mort. A eux seuls les barbelés ne disent rien, pas plus que les arbres ; ce sont les deux ensemble qui témoignent de l'impensable."


    Placé comme "chef" du service de dessin technique Bedrich et d'autres peintres, dessinateurs se voient confier comme tâche : la construction du crématorium ! alors ces hommes et ces femmes doivent faire face à leur passion pour leur métier et au désarroi de leur conscience.

    "Un contentement, c'est bien cela pour le moins, tenu en joue par une culpabilité impermanente."

    Mais leur travail de nuit, en secret les dédommage, ils vont porter à la connaissance du monde la réalité de Térézin.

    Leo Haas


    Bedrich Fritta


    Petr Kien  (portrait de Bedrich)


    Quelle manière sensible, humaine a l'auteur pour raconter au lecteur la vie et la mort après Terezin en le prenant à témoin.

    "A l'oreille de chacun de ces hommes, on aimerait tant chuchoter ce qui, de ce que nous savons et qu'ils ignorent, devrait pouvoir être entendu d'eux, avec l'espoir que leur peine en soit un peu soulagée.
    A Bedrich, il faudrait pouvoir dire un mot de son compagnon, celui dont il distingue à l'instant la nuque froissée juste devant, et qui un de ces jours, plus tard, ferait le chemin du retour jusque chez lui. Il faudrait aussi le convaincre des aurores à venir pour son fils Tomi, qui survivrait lui aussi.  [....] Léo Haas recueillant chez lui le petit Tomi et veillant sur sa santé et sur son éducation.

    De tant de ses compagnons, on ne lui dirait rien. De Johanna non plus."


    Une écriture à haute sensibilité physique, morale et esthétique.

    Encore une fois je suis bouleversée par ce récit, par  la maîtrise de l'auteur



    mots-clés : #campsconcentration


    Dernière édition par Bédoulène le Dim 25 Juin - 10:19, édité 1 fois


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    shanidar

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    Re: Antoine Choplin

    Message par shanidar le Mar 25 Avr - 13:56

    C'est noté, Bédou !
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    tom léo

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    Re: Antoine Choplin

    Message par tom léo le Mer 10 Mai - 15:58



    Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar


    Orig. : Français, 2017

    CONTENU :
    Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar ou comment un jeune cheminot de Trutnov (Tchécoslovaquie) croise sur son chemin Vaclav Havel, comment une amitié se noue entre les deux hommes entre parties d'échecs et bières partagées jusqu'au balcon du Château, place Venceslas, à Prague...Le dernier roman d'Antoine Choplin, inspiré d'une histoire vraie, s'intéresse comme souvent aux humbles et montre comment, parfois, le destin les porte, les fait basculer du côté des justes et les fait participer, presque par hasard, à la grande Histoire… (Texte de l'éditeur)

    REMARQUES :
    Bien sûr que le nom de Vaclav Havel résonne chez beaucoup d'entre nous, et sûr, qu'ici on le rencontre dans différents étappes de sa vie. Le récit est même encadré par l'apparition de Havel sur le balcon  du château sur le Hradschin (jour de son élection), et puis son travail comme président, accueillant Tomas pour une rencontre ! Mais il est important que Choplin met l'accent surtout sur ce Tomas Kusar, cheminot de métier. On se l'imagine un peu maladroit (n'est-il pas cible de certaines moqueries?), voir « simple » dans le sens qu'il n'est peut-être pas un grand intellectuel. Un moment donné, humilié, il va jusqu'à se laisser emporté par une certaine violence. Néanmoins il est habité par une loyauté, une droiture qui font de lui un proche de Havel. Soi dit en passant que ce récit s'inspire de faits réels.

    Et pourtant : Qui discernera en lui un homme attentif aux beautés de la nature ? Qui a un regard éveillé qui le font découvrir les rugeosités et beautés d'écorces d'arbrse par exemple ? Ou le chant d'oiseau ? Ou la silhouette d'un arbre dans la lumière déclinante ? Voilà un type de poète « normal »…, qui par ce melange de classes qui avait été possible dans certaines formes dans les circonstances du règime tchècoslovaque, rencontre Havel le dramaturge, acteur, écrivain, dissident. Et Tomas, peut-être pas de tout destiné à devenir militant, entre dans un monde, y participe à sa façon.

    Les « quelques jours » dont parle le titre ne renvoient pas à une période ininterrompue très courte, mais décrivent pratiquemment comme exemplaire des jours de rencontres entre Tomas et Havel au fil de leur relation. A chaque fois on monte d'un cran, d'un palier dans un rapprochement, dans une prise de conscience, une participation et dans l'avancement de la cause.

    On retrouve avec bonheur le langage soigné, simple et dense à la fois de cet auteur splendide. A découvrir !
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    Bédoulène

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    Re: Antoine Choplin

    Message par Bédoulène le Mer 10 Mai - 23:04

    merci Tom Léo, je veux bien découvrir ce livre !


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    Re: Antoine Choplin

    Message par tom léo le Dim 21 Mai - 12:17

    J'avais pu assisté cette semaine à une soirée avec Antoine Choplin qui lisait quelques pages de son nouveau livre "Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar". Passionnant! Dans un échange on comprend encore mieux. Il semble se poser beaucoup la question de l'éducation, de l'apprentissage (de l'art surtout). Et Tomas fait son drôle de chemin comme photographe, exercant son regard.

    Mais qu'est-ce qui lui fait progresser dans un chemin de conscientisation aussi bien artistique que comme dissident? Voilà que les contacts d'amitié, d'intimité sont au coeur de chaque "palier" de ce processus. Donc le lien étroit comme un chemin d'apprentissage!

    Avec lui est venu au même moment son éditeur de la Fosse des Ours... Très sympathique et convaincant. Quelle belle soirée!

    ------

    J'avais donné l'autre jour le "Héron de Guérnica" à lire à un proche catalan, artiste en plus lui-même! Il a beaucoup aimé le roman. Intéressant ce qu'il a vu de la perspective de connaisseur d'art: les descriptions de scènes brutaux, cruels du bombardement de Guérinca dans le roman, correspondent à des extraits, des approches réprésentés par Picasso dans son tableau! Comme le taureau..., la femme pleurante etc. Pour celui que ça intéresse, il m'a donné ce lien vers le Musée d'Art contemporain de Madrid où se trouve le Guernica avec beaucoup ésquisses préparatoires de Picasso:
    http://www.museoreinasofia.es/buscar?bundle=obra&keyword=&f[100]=&fecha=&items_per_page=15&pasados=&sort=autor&f[0]=im_field_obra_autor%3A5013&page=3&f[0]=im_field_obra_autor%3A5013&f[100]=

    Regarder depuis la fin de la page 2 jusqu'au début page 6.
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    Re: Antoine Choplin

    Message par Bédoulène le Dim 21 Mai - 16:45

    merci Tom Léo de partager ta rencontre et pour le lien et les explications sur les approches avec le tableau de Picasso !


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    Re: Antoine Choplin

    Message par tom léo le Dim 18 Juin - 15:57

    Alberto


    2017

    CONTENU :
    Le jeune Alberto, dessinateur, se trouve dans la maison du vieux Van Cuers mourant. Maria, gardienne de la maison et amie fidèle de longue date de Van Cuers, est la troisième protagoniste. Dialogue, voir confidences entre Alberto et Maria, aussi sur l'approche de l'art, puis l'invitation de se rencre au chevet du mourant : y dessiner – comme une dernière volonté du vieux ?!

    REMARQUES :
    Voilà un tout petit récit d'à peine trente pages dans un petit format, mais avec… un grand contenu ! Cadeau offert de « La Fosse aux Ours » à l'achat d'un de ses livres, maison qui fête ses 20 ans cette année. Petite perle d'Antoine Choplin.

    Le cadre est restreint, le lieu aussi : une maison à Madonna di Campiglio/Nord-Est de l'Italie. C'est ici que Van Cuers avait cherché il y avait une quinzaine d'années, du repos et du calme, après la mort de son ami au Mont Blanc. Il s'y est confiée à Maria (l'aubergiste) et se sont rapprochés l'instant d'un séjou de deux mois. Intimité pas des corps, mais de coeur et d'ouverture. Après ? Ils se sont jamais revus jusqu'à ce que Van Cuers revient y mourir… Et en ce qui concerne le jeune Alberto, il l'avait connu lors d'un voyage en train dans le Sud de l'Italie. Et il est devenu son mècène, son tuteur ?! C'est seulement par une remarque de Choplin hors livre qu'on saisit qu'il s'agit apparemment du jeune Giacometti !

    Le dialogue, surtout le partage sur l'art, ses limites et ses possibilités, sont – comme souvent dans l'oeuvre de Choplin – au centre : Jusqu'où va une ressemblance, où tout art est apparence ? Est-ce que c'est bien une réprésentation toujours manquée de la réalité, une prise momentané, mais sans pouvoir saisir « la vie » (voir même la mort!) dans son entier ? Y-aura-t-il toujours alors comme un décalage ? Comment exprimer la vie, la mort ? Et des frontières entre ces deux sont parfois si imperceptibles que le jeune Alberto, appelé au chevet du mourant, ne va pas se rendre compte de la mort de son mentor !

    « Pour moi, quand le regard que je pose sur les gens se perd, il me semble que c'est l'amour qui est en cause. Trop d'amour. Ou pas assez d'amour. »

    Une petite merveille ! Apparemment pas à acheter dans le commerce ; donc acheter un autre livre de l'éditeur chez le libraire de votre confiance, et vous en aurez le cadeau ?
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    Re: Antoine Choplin

    Message par Bédoulène le Lun 19 Juin - 14:46

    une merveille ? je note Tom Léo


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    Re: Antoine Choplin

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