Vivian Gornick

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Vivian Gornick

Message par églantine le Jeu 23 Mar - 10:22

Vivian Gornick
( Née en 1935 )



   Vivian Gornick est née le 14 juin 1935, de parents ukrainiens. En 1948, son père meurt d'une crise cardiaque ; elle a treize ans. Elle suit ses études au City College de New York en 1957 qu'elle poursuit à l'Université de New York en 19601.
Elle enseigne l'anglais à l'Université d'État de New York à Stony Brook en 1966-1967 et au Hunter College en 1967-1968. Elle travaille ensuite comme journaliste pour The Village Voice de 1969 à 1977. Les articles de Vivian Gornick sont publiés en 1978 dans Essays in Feminism.
En 2017, Vivian Gornick est peu connue en France. Son roman, Attachement féroce, est traduit en français, trente ans après sa publication en 1987. Ce roman fait d'elle une référence de l’écriture autobiographique ou « personal narrative », genre littéraire proche des mémoires. Ce récit fait le portrait de sa relation difficile entre elle et sa mère .

Source : Wikipédia


Dernière édition par églantine le Jeu 23 Mar - 10:34, édité 1 fois

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Re: Vivian Gornick

Message par églantine le Jeu 23 Mar - 10:33

Attachement féroce




La couleur est annoncée d'emblée avec un titre pareil et le lecteur se met en condition pour se confronter de plein fouet à une histoire qui en appelle au couperet.
Quelle surprise alors, dès les premiers pages de ce récit autobiographique de découvrir une autre tonalité .
Déjà, il faudrait s'en référer au titre original , "Fierce attachements" : ainsi dilués dans le pluriel , ces mots correspondent plus justement au prisme de Vivian Gornick qui relate sa relation douloureuse, à la mère,mais aussi par loi de cause à effet ,  à l'amant, à l'ensemble du tissu sociétal dans lequel elle grandira,  et s'affirmera dans un mouvement d'adhérence et de recul qui rythme sa vie.

Ce fut pour Vivian Gornick , âgée de 52 alors en 1987, une première incursion dans le récit romanesque/autobiographique, jusque là son travail d'écriture uniquement orienté vers sa carrière journalistique, publiant chroniques et reportages féministes dans Village voice.
Alors oui bien sûr, de férocités il en sera. Alors oui d'attachements il en sera aussi. Tout autant que de douceur et de liberté. Et c'est toute la richesse de ce témoignage cette ambivalence. Voire même cet équilibre, résultat que l'on devine d'une vie de tâtonnements. Pudique , elle glissera là-dessus… Et puis le chemin intérieur ne s'emprisonne pas dans les mots, elle choisira de raconter plutôt ses promenades avec sa mère, et le flux et reflux de la mémoire qui accompagnent le mouvement de la marche.

Vivian Gornick déambule dans les rues New-yorkaises , au gré des envies et du temps qui passe , avec sa mère dans une atmosphère de road-movie planante . Et elle raconte, dans le lâcher-prise de l'instant et du caprice mémoriel, sa vie … Par petites touches impressionnistes, surgit de sa plume toute une époque, un contexte social, un univers codifié. Un monde de femmes. Juives. Au sommet trône La mère. Puissante, dévoreuse, castratrice, amour toxique ? Vivian Gornick a mis plus de trente ans avant d'écrire cet ouvrage : il en résulte une hauteur de vue, une forme d'acceptation, de douleur assumée qui dément en partie ces affirmations si faciles, réductrices et surtout profondément stériles ...
Alors oui , dans une ondulation toute féminine, mère et fille n'ont cessé d'arpenter les rues New-Yorkaises, libérant les souvenirs, chacune dans sa vérité et dans l'incapacité de trouver la jonction pour se rencontrer …. Mais elles marchent, côte à côte, inlassablement, tissées l'une dans l'autre. Et la vie n'en finit pas de passer. Les hommes passent aussi, mais sans existence réelle dans cet univers matriciel …. Alors oui, en ce sens on peut qualifier Vivian Gornick de féministe, bien que son regard délicatement détaché de la platitude du réel démentirait cette affirmation, car loin de toute force vindicatrice acharnée.
Subtile, caustique parfois dans la fulgurance d'une blessure dénudée abruptement, c'est dans une forme d'attachement détaché que ce récit autobiographie claque avec douleur et douceur pleinement vécues , sensualisées .
Un immense tour de force dans une veine qui n'est pas s'en rappeler, Virginia Woolf, Katherine Mansfield mais aussi Alice Munro.


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