Toni Morrison

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Toni Morrison

Message par Chamaco le Dim 4 Déc - 11:05

Toni Morrison
Née en 1931


Toni Morrison est née en 1931 à Lorain (USA)
Elle commenca une carrière dans l'enseignement comme professeur de littérature à l'Université de Texas Southern,, et à celle d'Howard réservée aux noirs, elle enseignera ensuite à l'Université de Princeton...
Elle se spécialisa dans la littérature des noirs
C'est l'écriture qui la rendit célèbre avec un Pulizer pour Beloved en 1988 et en 1993 pour son oeuvre le Prix Nobel de Littérature.

Bibliographie en français :

Romans
1970 : L'oeil le plus bleu
1973 : Sula
1977 : Le chant de Salomon
1981 : Tar Baby
1987 : Beloved
1992 : Jazz
1994 : Paradis
2003 : Love
2008 : Un don
2012 : Home
2015 : Délivrances

Littérature jeunesse
2000 : Ma liberté à moi
2003 : La Cigale et la fourmi (fable adaptée)
2003 : Le lion ou la souris
avatar
Chamaco

Messages : 1335
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 70
Localisation : Au balcon du Luberon

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Toni Morrison

Message par Chamaco le Dim 4 Déc - 11:07


"Home"

4° de couverture de "Home" Toni Morrison
"Frank Money est Noir, brisé par la guerre de Corèe, en proie à une rage folle. Il doit retrouver à Atlanta sa jeune soeur Cee, gravement malade,afin de la ramener dans la ville de leur enfance en Géorgie - "le pire endroit du monde". S'engage pour lui un périple dans l'Amérique ségrégationniste des années 1950 où dansent toutes sortes de démons. Avant de trouver, peut être, l'apaisement. Parabole épurée, violemment poétique, Home conte avec une grâce authentique la mémoire marquée au fer d'un peuple et l'épiphanie d'un homme."

toujours d'actualité aux USA.

«Ici se dresse un homme»
Cette phrase peinte sur un ecriteau cloué sur un arbre près d’une tombe improvisée, c’est l’image de la redemption de Franck ce soldat noir rentré de Corèe meurtri par la guerre, la perte de ses amis d’enfance morts au combat à ses côtés et un lourd secret qu’il traîne derrière lui à travers l’amerique ségrégationniste des années 50.

"Home"
, le titre est un resumé du livre, la coquille qui contient la somme des souffrances que nous font parcourir les pages de cette thaumatologie que nous livre Toni Morrison. La colonne vertébrale de cette histoire est celle de Franck, dont nous decouvrirons au fil de la lecture sans que Toni Morrison n’en écrive le mot, avec grande pudeur, qu'il est noir. D'une famille tres pauvre, son enfance s'est déroulée dans un petit village, sa vie tourne autour de la protection qu’il porte à sa petite soeur avec qui il sera témoin d’un évènement dont il comprendra les tenants et aboutissants à la fin du livre, découverte finale qui lui permettra de formuler ses propres remords et d’atteindre la paix.

Ce bouquin construit sur des déchirements, décortiquant les peaux ne laissant que les os, est un onguent de douceur sur ces plaies béantes que sont les attaques de la misère, du racisme et de la guerre et Toni Morrison n’utilise pour seule violence que la suggestion née des mots...
Inutile de préciser que j'ai aimé ce bouquin...?


mots-clés : #segregation


Dernière édition par Chamaco le Dim 4 Déc - 11:15, édité 1 fois
avatar
Chamaco

Messages : 1335
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 70
Localisation : Au balcon du Luberon

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Toni Morrison

Message par Chamaco le Dim 4 Déc - 11:10

«Délivrances» de Toni Morrison,



Ce livre commence par l’histoire de la mère de Lula Ann alias Bride, traumatisée par la couleur de peau de sa fille (noire comme le Soudan) et les conséquences pour elle même et ses proches
florilège : «la nourrir, c’était comme une négrillonne qui me tétait le mamelon. Je suis passée au biberon dès que je suis rentrée chez moi.»
«Etre noire à ce point-là et avoir ces lèvres d’après moi trop épaisses qui m’appelaient «Maman», ça rendrait les gens perplexes»
Ce sont les propos d’une mère, et il y a plus, cela m’a bouleversé à l’entame du livre, on ne peut dire qu’il s’agit d’un livre tiède. Peut on trouver un minimum d’excuses à cette mère, peut être le contexte sociologique de cette amérique où :
«Quand mon père et elle sont allés au tribunal pour se marier, il y avait deux Bibles et il a fallu qu’ils posent la main sur celle réservée aux Noirs».
En quelque sorte :
«Il fallait que Lula Ann apprenne à bien se tenir, à éviter de se faire remarquer et à ne pas causer de problèmes. Je me moque du nombre de fois qu’elle change de nom. Sa couleur est une croix qu’elle portera toujours. Mais ce n’est pas de ma faute. Ce n’est pas de ma faute. Ce n’est pas de ma fautre. Ca non.»
Commenter plus serait supperflu.

-----------------------------------------------------------

Déception et break sur "Délivrances"...

Ce livre avait bien commencé pourtant...Non pas que je recherche la delectation dans le malheur des gens, mais l'écriture et la consistance des premiers chapitres laissait présager une oeuvre hors de l'ordinaire. Cependant au fil des pages cette histoire poignante se transforme en une déliquescente presentation de mode narcissique et futile balayée avec insistance par le fréquent usage d'un plaisir pris avec le blaireau-phallique d'un ex_petit ami, atteinte de blairomanie l'héroïne est de surcroît frequemment témoin d'actes de pédérastie, on se demande pourquoi, et là, soudain je n'ai plus envie de chercher à retrouver les traces de cette belle écriture du début. Je reprendrai le livre peut être, plus tard, à moins qu'entretemps quelqu'un ayant été plus loin ne m'incite à poursuivre...Dommage...



mots-clés : #segregation
avatar
Chamaco

Messages : 1335
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 70
Localisation : Au balcon du Luberon

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Toni Morrison

Message par Bédoulène le Dim 4 Déc - 11:31

j'étais pourtant persuadée de l'avoir lue mais quoi ? donc merci du rappel Chamaco

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
avatar
Bédoulène

Messages : 3233
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 72
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Toni Morrison

Message par Chamaco le Dim 4 Déc - 11:39

tu avais mis un commentaire sur la LC esclavage Bédou, une belle LC avec plein de commentaires, un crève coeur car beaucoup d'investissement, et des heures passée en librairie dans le Vieux Nice....
avatar
Chamaco

Messages : 1335
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 70
Localisation : Au balcon du Luberon

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Toni Morrison

Message par topocl le Mer 7 Déc - 13:52

Home



Lotus, Georgie, est le pire endroit du monde, pire que n'importe quel champ de bataille. Au moins, sur le champ de bataille, il y a un but, de l'excitation, de l'audace et une chance de gagner en même temps que plusieurs chances de perdre. La mort est une chose sur, mais la vie est tout aussi certaine. Le problème, c'est qu'on ne peut pas savoir à l'avance.
À Lotus, vous saviez bel et bien à  l'avance puisqu'il n'y avait pas d'avenir, rien que de longues heures passées à tuer le temps. Il n'y avait pas d'autre but que de respirer, rien à gagner et, à part la mort silencieuse de quelqu'un d'autre, rien à quoi survivre ni qui vaille la peine qu'on y survive. (…) Pour sûr, Lotus ne ressemblait à aucun l'endroit où vous voudriez être.

Lotus, c’est le lieu de son enfance : Home. Lieu où, dans l'euphorie des années 50, les noirs tentent de survivre Lieu qu'il a fui pour la guerre (la Corée), croyant se sauver, une guerre où il s'est perdu . Lieu où il finit par revenir, pour sauver la sœur qu'il a abandonnée, et où il pourra enfin comprendre, et se comprendre.

150 pages denses, d'une écriture magique, retracent le parcours de Franck, jeune noir déboussolé, qui porte sur ses épaules la condition des noirs et l'horreur de la guerre. Une prose sublime pour ce petit récit d'une émotion rentrée, parfaitement maîtrisé.
C'est une totale réussite dont je ne saurais que flétrir la splendeur par mes commentaires.


(commentaire rapatrié)


Dernière édition par topocl le Jeu 15 Déc - 8:36, édité 1 fois

_________________
Comme d'autres soulèvent des haltères pour se garder en forme physiquement,certains soulèvent des idées et des émotions pour que leur esprit ne s'étiole pas.
Dany Laferrière
avatar
topocl

Messages : 2358
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 57
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Toni Morrison

Message par topocl le Mer 7 Déc - 13:53

Délivrances



Quand Lula Ann naît, noire foncé de peau, alors que celle de ses parents est si claire, la fatalité est déjà sur ses épaules. Sa mère, dont elle guette les rares approbations, la porte comme un fardeau, et l'élève à la dure car elle sait que le monde ne lui pardonnera rien.

On la retrouve adulte, éclatante, ayant changé de nom et assuré sa réussite professionnelle dans le dévorant milieu des cosmétiques tant à la la force des poignets qu'en peaufinant sa si excitante apparence physique. Cette splendide assurance lui a servi, enfant, à faire condamner une jeune femme accusée de sévices à enfants. C'est quand elle la retrouve de façon cuisante à sa libération de prison, et que son amant l'abandonne sèchement,qu' apparaissent ses brisures cachées , et le corps et l'esprit se disloquent.

L'amour est en fait l'étayage qui lui manquait, sur lequel elle va construire un édifice cette fois solide, basé sur la vérité et non sur des secrets.

Et bien, ça me désole car j'ai adoré d'autres Toni Morrison mais j'ai trouvé ce roman assez moyen. Je n'y ai pas retrouvé la légèreté et l'inventivité que j'avais trouvées ailleurs, ni la cohérence tendue et poétique, ni la flamboyance de la langue, globalement un côté démonstratif plombant, un récit morcelé (l'histoire de Lula, puis l'histoire de Booker, puis leurs retrouvailles). La folie rôde mais est tenue à distance. D'un autre auteur, cela aurait peut-être mieux passé. Trop d'attente, sans doute.

Ce sujet de la rédemption par l'amour qui sauve des secrets de jeunesse, n’est pas des plus originaux, d'autant que les personnages ne m'ont pas inspiré trop d'empathie, et qu'il s'y mêle une petite surprise limite fantastique, toute symbolique on le comprend bien, mais qui n’est même pas magique (je n'en dis pas plus).

Tous les protagonistes ont subi ou assisté à une agression sexuelle dans leur enfance, ça en est presque lassant dans l’horreur. On ne sait plus trop où Toni Morrison veut en venir, peut-être à cette vérité de la dernière ligne (que je dévoile car elle est le titre en anglais) : dans ce monde qui n’est pas fait pour accueillir, mais pour mâter, « que Dieu aide l'enfant».


(commentaire rapatrié)

_________________
Comme d'autres soulèvent des haltères pour se garder en forme physiquement,certains soulèvent des idées et des émotions pour que leur esprit ne s'étiole pas.
Dany Laferrière
avatar
topocl

Messages : 2358
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 57
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Toni Morrison

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

 Des Choses à lire :: Lectures par auteurs :: Écrivains des États-Unis d'Amérique

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum