Jean-Luc Lagarce

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Jean-Luc Lagarce

Message par ekivhoc le Ven 24 Mar - 19:38

Jean-Luc Lagarce
(1957-1995)


Jean-Luc Lagarce (1957-1995) est actuellement l'un des auteurs contemporains les plus joués en France. Metteur en scène de textes classiques aussi bien que de ses propres pièces, c’est en tant que tel qu’il accède à la reconnaissance de son vivant. Depuis sa disparition, son œuvre littéraire (vingt-cinq pièces de théâtre, trois récits, un livret d’opéra…) connaît un succès public et critique grandissant ; elle est traduite en vingt-cinq langues.

Jean-Luc Lagarce, né le 14 février 1957, a passé toute sa jeunesse dans une petite ville de Franche-Comté. A l'âge de 13 ans, il écrit sa toute première pièce de théâtre pour ses camarades de classe. A 18 ans, il s'inscrit à la faculté de philosophie et au conservatoire d'art dramatique de Bensançon. Avec quelques élèves, il fonde une compagnie amateur, La Roulotte, qui rend hommage à Jean Vilar. Son mémoire universitaire a pour thème "Théâtre et pouvoir en Occident".

Quelques années plus tard, Jean-Luc Lagarce abandonne ses études pour se consacrer entièrement au théâtre. Sa compagnie devient professionnelle, il y endosse les doubles rôles de metteur en scène et d'acteur. Il monte des pièces classiques, contemporaines, ainsi que ses propres oeuvres.
Ses premières pièces, notamment, sont marquées par le théâtre de l'absurde, osant des clins d'oeil à Ionesco ou à Jean Genet. Plusieurs d'entre elles brossent un portrait satirique des lieux de pouvoir. Son humour se retrouve dans toute son oeuvre, y compris dans ses dernières pièces, plus sombres et d'inspiration autobiographique.

Jean-Luc Lagarce termine sa dernière pièce, Le pays lointain, quinze jours à peine avant de disparaître à l'âge de 38 ans, victime du sida.

source : Lagarce.net

Oeuvre :

Théâtre
Erreur de construction, 1977
Carthage, encore, 1978
La Place de l'autre , 1979
Voyage de Madame Knipper vers la Prusse Orientale, 1980
Ici ou ailleurs, 1981
Les Serviteurs, 1981
Noce, 1982
Vagues souvenirs de l'année de la peste, 1982
Hollywood, 1983
Histoire d'amour (repérages), 1983
Retour à la citadelle, 1984
Les Orphelins, 1984
De Saxe, roman, 1985
La Photographie, 1986
Derniers remords avant l'oubli, 1987
Music-hall, 1988
Les Prétendants, 1989
Juste la fin du monde, 1990
Histoire d'amour (derniers chapitres), 1990
Les règles du savoir-vivre dans la société moderne, 1993
Nous, les héros, 1993
Nous, les héros (version sans le père),1993
J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne, 1994
Le Pays lointain, 1995

Essai
Théâtre et Pouvoir en Occident

Roman et récits
Le Voyage à la Haye, 1994, roman
Le Bain, 1993, récit
L'Apprentissage, 1993, récit
Du luxe et de l'impuissance, 1994, recueil de onze articles et éditoriaux
Journal, Les Solitaires Intempestifs - 1977 - 1990 tome 1 et 1990 - 1995 tome 2

Cinéma et Opéra
Quichotte, 1989, livret d'opéra
Retour à l'automne, scénario coécrit avec Gérard Bouysse




Si je n'ai pas fait de bêtises, il n'y a pas encore de sujet dédié à Jean-Luc Lagarce.  Rolling Eyes
J'ai eu, très récemment, la chance de me replonger dans son univers lors d'une présentation théâtrale organisée dans un conservatoire.
Il s'agissait d'extraits tirés de la pièce Le Pays Lointain.

Même mises bout à bout, et parfois répétées plusieurs fois par différents acteurs, les scènes m'ont rappelé à quel point j'appréciais le style, l'écriture de Jean-Luc Lagarce. Il y a une véritable plume, chez ce dramaturge, une tentative de saisir le mot juste, de parvenir à dire l'indicible.

Ses écrits tournent généralement autour des thèmes de la famille et de l'homosexualité, souvent articulés avec la maladie et la mort.
Je n'ai pas eu l'occasion de voir l'adaptation faite par Xavier Dolan (honte à moi ..?).
Néanmoins, je pense que c'est peut-être le bon moment pour remettre au goût du jour un auteur singulier.

Je vous laisse avec cet extrait, certes un peu long, mais qui m'a le plus interpellé durant cette présentation, par la déchirure qui se dévoile, un coeur en pleine effusion. Que c'est beau !  Very Happy

SUZANNE. – Lorsque tu es parti
– je ne me souviens pas très bien de toi‚ c’était il y a beaucoup d’années –
lorsque tu es parti‚
et je ne savais pas que tu partais pour tant de temps‚ j’aurais fait attention‚ je ne me doutais pas‚ je ne prenais pas garde‚ et je me suis retrouvée sans rien‚
lorsque tu es parti‚
je n’imaginais pas‚ je t’ai oublié assez vite.

J’étais petite‚ jeune‚ ce qu’on dit‚ j’étais petite.

Ce n’est pas bien que tu nous aies quittés‚
parti depuis si longtemps‚
ce n’est pas bien et ce n’est pas bien pour moi et ce n’est pas bien pour elle‚ pour notre mère non plus‚ ce n’est pas bien
– elle ne te le dira pas –
et ce n’est pas bien encore‚ d’une certaine manière‚ pour eux‚ Antoine et Catherine.
Mais aussi
– et je ne crois pas me tromper –
mais aussi ce ne doit pas‚ ça n’a pas dû‚ ce ne doit pas être bien pour toi non plus‚
pour toi aussi. Je pense ça.
Tu as dû‚ parfois‚ même si tu ne l’avoues pas‚ jamais‚ même si tu ne devais jamais l’avouer – et il s’agit bien d’aveu – tu as dû parfois‚ toi aussi – ce que je dis – toi aussi‚ tu as dû parfois avoir besoin de nous‚ souvent‚ je crois‚ et regretter de ne pouvoir nous le dire.
Ou‚ plus habilement
– je pense que tu es un homme habile‚ un homme qu’on pourrait qualifier d’habile‚ un homme plein d’une certaine habileté –
ou plus habilement encore‚ tu as dû parfois regretter de ne pouvoir nous faire sentir ce besoin de nous‚ sans devoir vraiment l’avouer‚ il s’agissait bien d’aveu‚ et nous obliger‚ de nous-mêmes‚ à nous inquiéter de toi‚ sans avoir jamais rien à réclamer.
Tu as dû regretter.

Parfois‚ tu nous envoyais des lettres‚ parfois tu nous envoies des lettres‚ ce ne sont pas des lettres‚ qu’est-ce que c’est ? De petits mots‚ juste de petits mots‚ une ou deux phrases‚ rien‚ comment est-ce qu’on dit ? Elliptiques.
Parfois‚ tu nous envoyais des lettres elliptiques.
Je pensais‚ lorsque tu es parti‚ ce que j’ai pensé lorsque tu es parti‚ lorsque j’étais enfant et lorsque tu nous as faussé compagnie – là que ça commence – car tu nous as faussé compagnie‚ pas autre chose – moi‚ je ne t’avais rien fait ! – je pensais que ton métier était d’écrire‚ serait d’écrire‚ j’avais ça dans la tête‚ tu étais bon élève‚ l’idée que j’ai des bons élèves‚ l’idée que les parents ont des bons élèves‚ c’est à peu près ça‚ au bout du compte‚ c’est quelqu’un qui écrira‚ qui peut écrire‚
et que de toutes les manières
– nous éprouvons les uns et les autres‚ ici‚ tu le sais‚ tu ne peux pas ne pas le savoir‚ nous éprouvons une certaine forme d’admiration‚ c’est le terme exact‚ une certaine forme d’admiration pour toi‚ à cause de ça –
et‚ que de toutes les manières‚
si tu en avais la nécessité‚ si tu en éprouvais la nécessité‚ si tu en avais‚ soudain‚ l’obligation ou le désir‚ tu saurais écrire‚ te servir de ça pour te sortir d’un mauvais pas ou avancer plus encore.
C’est ce que je pensais de toi et j’imaginais‚ je n’ai guère changé d’opinion‚ je n’ai jamais su pourquoi‚ j’imaginais que‚ pour cette raison‚ tu ne risquais rien‚ de fait‚ dans l’existence. Je ne m’inquiétais pas de toi‚ l’idée que nous avons ici‚ dans cette ville‚ cette sorte de ville‚ et les parents partageaient ce même sentiment‚ et tous les autres gens‚ ceux-là qui se promènent sur la route dans la forêt‚ l’idée que quelqu’un qui fut bon élève‚ ce que je disais‚ et qui saurait écrire‚ ne risque rien‚ qu’il n’y a pas à s’inquiéter de lui.

Mais jamais‚
nous concernant‚
jamais tu ne te servis de cette possibilité‚ de ce don‚ pouvoir nous écrire – on dit comme ça‚ c’est une sorte de don‚ tu ris – jamais‚ nous concernant‚ tu ne te servis de cette qualité – c’est le mot‚ drôle de mot – jamais tu ne te sers de cette qualité que tu possèdes‚ écrire bien‚ avec nous‚ pour nous.
À notre égard.

Tu ne nous en donnes pas la preuve‚ tu ne nous en juges pas dignes.
C’est pour les autres.

Ces petits mots
– les petites lettres elliptiques –
ces petits mots‚ ils sont toujours écrits au dos de cartes postales – nous en avons aujourd’hui une collection enviable – comme si tu voulais‚ de cette manière‚ toujours paraître être en vacances‚ je ne sais pas‚ je croyais cela‚ j’ai longtemps cru que tu étais toujours en vacances‚
ou encore‚ comme si‚ par avance‚
tu voulais réduire la place que tu nous consacrerais et laisser aussi‚ c’est bien le pire‚ et laisser aussi‚ ce que je te reproche le plus durement‚ laisser à tous les regards‚ le facteur‚ les messages sans importance que tu nous adressais.

« Je vais bien et j’espère qu’il en va de même pour vous »

Pour un jour comme celui d’aujourd’hui‚
même pour annoncer une nouvelle de cette importance‚
et tu ne peux pas ignorer que ce fut une nouvelle importante pour nous‚ je le dis‚ tu l’entends‚ une nouvelle importante pour nous‚ nous tous‚ les autres ne te le diront pas mais ils le pensent aussi‚
même pour un jour comme celui d’aujourd’hui‚ tu as juste écrit‚ là encore‚ quelques rapides indications d’heure et de date au dos d’une carte postale achetée très certainement dans un bureau de tabac et représentant‚ que je me souvienne‚ une ville nouvelle de la grande périphérie‚ vue d’avion‚ avec‚ on peut s’en rendre compte aisément‚ au premier plan‚ le parc des expositions internationales. Tu signes‚ là comme à chaque fois‚ que tu nous embrasses mais c’est un mensonge‚ des choses qu’on écrit mais dont on n’a que faire‚ tu ne nous embrasses pas.


mots-clés : #théâtre
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Re: Jean-Luc Lagarce

Message par Nadine le Ven 24 Mar - 20:17

Merci pour la longue retranscription !
J'apprécie beaucoup lire enfin un extrait de cet homme, j'en entends beaucoup parler sans avoir decouvert, le phrasé est très bon.
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Re: Jean-Luc Lagarce

Message par Bédoulène le Sam 25 Mar - 0:23

singulier en effet, merci !

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Re: Jean-Luc Lagarce

Message par églantine le Sam 25 Mar - 0:47

Merci pour l'ouverture de ce fil Ekivhoc.
J'avais justement ramené dernièrement la pièce que tu présentes Juste la fin du monde " de la BDP.
Je viens de la lire.
Avec grande émotion, j'ai réveillé mon souvenir du film de Xavier Dolan qui fait vraiment honneur au texte de Jean -Luc Lagarce.
C'est tendu. Chaque parole semblable à une bombe à retardement, même les plus anodines en apparence.
Une blessure collective vécue différemment par chaque membre de la famille. C'est instinctif. Viscéral. Non calculé. En mode survie. Sans analyse. Primitif presque. Jouet impuissant de leur psychisme fracturé. C'est douleur béante irréparable .
C'est brillant dans l'art de traduire l'invisible des relations humaines qui détermine tout.
Bref. A chaud mes ressentis.
J'ai probablement dû faire un commentaire sur le film de Xavier Dolan ...Si oui, je vais le retrouver.


Dernière édition par églantine le Sam 25 Mar - 9:58, édité 1 fois

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Et, de nouveau, elle se sentit seule en présence de sa vieille antagoniste, la vie.
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Re: Jean-Luc Lagarce

Message par topocl le Sam 25 Mar - 8:28

C'est très proche, le film et la pièce?

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Comme d'autres soulèvent des haltères pour se garder en forme physiquement,certains soulèvent des idées et des émotions pour que leur esprit ne s'étiole pas.
Dany Laferrière
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Re: Jean-Luc Lagarce

Message par églantine le Sam 25 Mar - 8:38

@topocl a écrit:C'est très proche, le film et la pièce?
J'ai complètement retrouvé le film !
Il a repris le dialogue et Xavier Dolan a su pénétrer la pensée affective de Lagarce d'une façon troublante .

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Re: Jean-Luc Lagarce

Message par ekivhoc le Sam 25 Mar - 10:32

@églantine a écrit:Merci pour l'ouverture de ce fil Ekivhoc.
J'avais justement ramené dernièrement la pièce que tu présentes Juste la fin du monde " de la BDP.
Je viens de la lire.
Avec grande émotion, j'ai réveillé mon souvenir du film de Xavier Dolan qui fait vraiment honneur au texte de Jean -Luc Lagarce.
C'est tendu. Chaque parole semblable à une bombe à retardement, même les plus anodines en apparence.
Une blessure collective vécue différemment par chaque membre de la famille. C'est instinctif. Viscéral. Non calculé. En mode survie. Sans analyse. Primitif presque. Jouet impuissant de leur psychisme fracturé. C'est douleur béante irréparable .
C'est brillant dans l'art de traduire l'invisible des relations humaines qui détermine tout.
Bref. A chaud mes ressentis.
J'ai probablement dû faire un commentaire sur le film de Xavier Dolan ...Si oui, je vais le retrouver.

Je n'aurai pas pu mieux décrire ce que je ressens aussi à travers les pièces de Lagarce !
Cela ne m'étonne pas que Dolan soit aussi proche, voire fusionnel, avec cet auteur.
Il y a chez tous les deux un besoin de se plonger à corps perdu dans les relations familiales, intimes.
La preuve avec son autre adaptation d'une pièce de théâtre, Tom à la Ferme, où il y avait cette tension dont tu parles pour Lagarce.

Ce qui est encore plus frappant chez Lagarce, c'est cette bataille, ce combat pour la vie.
Au fond, les personnages désirent vivre, même si cela implique souffrance et destruction.
Je ne sais pas si c'est assez clair... Peut-être cet extrait illustrera un peu plus ce que je veux dire Razz

Music-Hall, le final :

LA FILLE. – Et vingt et une heures vingt et ne viendront plus et jouons quand même et faisons semblant‚
tricheurs aux extrêmes‚
et répétons une fois de plus
et là pour rien‚
sûr‚
qu’est-ce que cela fait ? – Oh là là au point où nous en sommes ! Et comme au ralenti‚
et racontons absence d’histoire et mari et amant et les fuites des hommes et mes petites anecdotes assez désopilantes
– non ? Non ?
Sur les goguenards des villes anciennes‚
et remplissons le temps‚
faisons semblant d’exister‚
et jouons quand même – j’en pleurerais‚ n’ai pas l’air comme ça mais en pleurerais et en pleure parfois‚ mais discrètement‚ avec lenteur et désinvolture‚ et pas plus tard qu’il y a cinq minutes‚ sans qu’on me voie‚
pleure sous maquillage et déguisement‚
et sans reniflements intempestifs‚
suis habile –
et triche jusqu’aux limites de tricherie‚
et sont fort lointaines‚ ces limites-là‚
et jamais ne les épuise‚
triche jusqu’aux limites de tricherie‚
l’œil fixé sur ce trou noir où je sais qu’il n’y a personne.

Cette danseuse, dans sa lutte, est tellement, profondément, touchante...
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Re: Jean-Luc Lagarce

Message par églantine le Sam 25 Mar - 17:10

Pour renvoi au film de Xavier Dolan concernant Juste la fin du monde c'est ici.

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Re: Jean-Luc Lagarce

Message par églantine le Sam 25 Mar - 17:16

@ekivhoc a écrit:
Cela ne m'étonne pas que Dolan soit aussi proche, voire fusionnel, avec cet auteur.
Il y a chez tous les deux un besoin de se plonger à corps perdu dans les relations familiales, intimes.
La preuve avec son autre adaptation d'une pièce de théâtre, Tom à la Ferme, où il y avait cette tension dont tu parles pour Lagarce.

Ce qui est encore plus frappant chez Lagarce, c'est cette bataille, ce combat pour la vie.
Au fond, les personnages désirent vivre, même si cela implique souffrance et destruction.
Je ne sais pas si c'est assez clair...


Oui pour moi c'est complètement clair ce que tu exprimes ! Effectivement il y a tellement d'effet de résonnances entre eux  que c'est presque une évidence que Xavier Dolan s'empare de l'oeuvre de Lagarce !
Tu me donnes envie de me plonger dans le reste de ses pièces ekivhoc ! cheers

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Re: Jean-Luc Lagarce

Message par Arturo le Dim 16 Avr - 16:04

J'ai lu Lagarce dernièrement (Juste la fin du monde, et Du luxe et de l'impuissance), et son écriture est bouleversante. Ecorché vif. Je trouve également que Dolan a très bien adapté sa pièce.
Mais l'écriture vaut le détour, et elle est particulièrement touchante quand on connaît son destin cruel.
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Re: Jean-Luc Lagarce

Message par églantine le Dim 16 Avr - 18:23

@Arturo a écrit:J'ai lu Lagarce dernièrement (Juste la fin du monde, et Du luxe et de l'impuissance), et son écriture est bouleversante. Ecorché vif. Je trouve également que Dolan a très bien adapté sa pièce.
Mais l'écriture vaut le détour, et elle est particulièrement touchante quand on connaît son destin cruel.
Ah cela ne m'étonne pas Arturo ! cheers
Il faut que je trouve ses autres textes quelque part !

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Re: Jean-Luc Lagarce

Message par Arturo le Jeu 17 Aoû - 16:09

Un extrait pour faire remonter le fil :

Du luxe et de l'impuissance a écrit:« Ne pas craindre de se perdre, s'égarer, mais s'égarer solitaire, chercher sa route en se haïssant soi-même, peut-être, cela ne vaudra-t-il pas mieux que d'atteindre le fameux but, la réussite, tout ça, avec les autres, tous les autres? Arriver en retard, fourbu, la nuit tombée, mais arriver par sa propre et orgueilleuse volonté. Fuir les soirs d'étape, les cérémonies finales, les enterrements, la remise des prix et les feux de camp. Se perdre, être perdu, on se retrouvera bien. »
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Re: Jean-Luc Lagarce

Message par églantine le Jeu 17 Aoû - 21:07

Jean-luc Lagarce : une vie , une oeuvre

J'ai bien aimé cette émission lui étant consacrée.

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Re: Jean-Luc Lagarce

Message par Nadine le Ven 18 Aoû - 18:12

C'est cette émission "qui m'en a parlé", Eglantine. Justement. Entre autre.
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Re: Jean-Luc Lagarce

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