Chamaco_VilaMatas

On sait que l’un des aspects les plus séduisants de la littérature est sa possibilité d’être une sorte de miroir qui avance ; un miroir qui, comme certaines horloges peut avancer.

Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

Forum littérature et arts. Pour partager ses émotions littéraires, coups de cœurs en romans, poésie, essais mais aussi cinéma, peinture, musique, ...


    Johan Borgen

    Partagez
    avatar
    bix_229

    Messages : 2266
    Date d'inscription : 06/12/2016
    Localisation : Lauragais

    Johan Borgen

    Message par bix_229 le Ven 31 Mar - 15:55

    Johan Borgen
    (1902-1980)


    Écrivain norvégien né le 28 avril 1902 à Kristiania (auj. Oslo), mort le 16 octobre 1979 à Hvaler.

    Né dans une famille de la grande bourgeoisie, Johan Collet Müller Borgen lui-même est cependant souvent considéré comme appartenant à la gauche radicale malgré son absence d'activisme politique. Il débute sa carrière littéraire avec un recueil de nouvelles intitulées Mot mørket (1925 ; « Du côté de l'ombre »), et poursuit cet exercice de style avec brio. Les recueils Noveller om kjærlighet (1952 ; « Histoires d'amour ») et Noveller i utvalg (1961 ; Le Cygne) rencontrent ainsi un grand succès à la fois auprès du public et de la critique.

    Borgen l'un des écrivains les plus importants de la Norvège du xxe siècle avec son œuvre maîtresse, une fresque romanesque en trois parties, Lillelord (1955 ; Lillelord, 1985), De mørke kilder (1956 ; « Les sources sombres ») et Vi har ham nå (1957 ; « Ça y est, on l'a »), les deux derniers tomes n'étant pas encore traduits en français. Borgen y dépeint la vie d'une famille bourgeoise norvégienne de 1917 jusqu'après la Seconde Guerre mondiale. À travers son héros, Wilfred Sagen, il dresse un portrait pénétrant de l'aliénation et de l'insatisfaction qui ont conduit certains individus à collaborer avec les nazis pendant la guerre. La triologie de Borgen offre également une étude d'époque via des instantanés de la vie d'artiste à Copenhague et à Paris ainsi qu'une étude psychologique intéressante.

    Dans les romans plus expérimentaux qui suivront, Borgen continue de créer des fictions traitant des thèmes de l'aliénation et de l'identité. Ainsi de Jeg (1959 ; « Moi »), Blåtind (1964 ; « Pic bleu ») ou Den røde tåken (1967 ; « La Brume rouge »).

    Borgen écrit aussi des pièces de théâtre, et développe un talent particulier pour les textes courts et incisifs au fil de sa longue carrière. Son recueil Nye noveller (1965 ; « Nouvelles Histoires ») lui vaut le grand prix de littérature du Conseil nordique en 1967. De 1954 à 1959, il devient rédacteur en chef de la revue Vinduet. Borgen se distingue également par ses talents de critique littéraire, capable de communiquer son enthousiasme pour un livre à travers des analyses lucides, et de s'interroger au sujet du poids de la tradition littéraire sur les auteurs modernes. Il profite de cette activité pour faire découvrir de nombreux auteurs étrangers aux lecteurs norvégiens, avec une prédilection pour la littérature danoise.
    source : Encyclopaedia Universalis

    Bibliographie française

    Johan Borgen est malheureusement peu traduit en France. Et ces lacunes et oublis dans l'édition française sont parfois totalemement incompréhensibles.

    - Lillelord
    - L'Amour dissipera les rêves de l'enfance & Nuits tropicales (nouvelles)
    - Le Cygne (nouvelles)
    avatar
    bix_229

    Messages : 2266
    Date d'inscription : 06/12/2016
    Localisation : Lauragais

    Re: Johan Borgen

    Message par bix_229 le Mar 2 Mai - 19:48



    Lillelord

    A quatorze ans, Wilfred est beau, brillant. Un ado à qui tout réussit.
    Sa mère le chérit, et l'image qu'elle se fait de lui est celle d'un être exemplaire.
    En fait, Wilfred a de plus en plus de mal à se conformer à cette image.
    Il ne serait qu'un enfant gâté, un frimeur et une tête à claques, s'il n'était autre en réalité.

    En quête d'identité et de repères, il ne trouve pas de soutien dans son milieu familial, riche et bourgeois. Mais étouffant.
    Pour se défouler, il va temps en temps se mêler aux petits prolos de la ville voisine, une ville norvégienne du début du 20e siècle.
    Pour chaparder, molester et courir des risques.

    "Tout ce qui était dangereux était bon", pense t-il.
    En même temps, l'instinct le poussait à expier, à "se purifier".


    "C'est tomber qu'il voulait."
    Il était capable de surenchérir sur la douleur.
    "L'abaissement était accompagné de plaisir."


    Son évolution l'amène à rejeter sa famille. Même si longtemps encore, il préfère biaiser. Dissimuler.

    Mais les faux semblants des adultes, leurs habitudes, leur conformisme, leur duplicité le
    révoltent profondément.
    Un jour, au cours de ses vacances, il rencontre une femme qui jette ses filets. Elle est très pauvre, seule, mais digne et directe dans ses propos.
    Il l'admire profondément, elle qui ose se montrer telle qu'elle est.
    Par une froide journée d' hiver, en fuite, il essaiera de la rejoindre et manquera de peu y laisser la vie.
    Il restera muet longtemps après.
    Et retrouvera seulement la parole à Vienne chez un psychiatre hors du commun où l'un de ses oncles l'a conduit.

    Sage, honnète, clairvoyant tel lui apparaît l'Homme.
    Comme on est au début du 20e siècle, on peut penser que Borgen a pensé à Freud.

    Le psy met en cause prudemment mais clairement la dissimulation qu'il a érigée en système.
    Mais le retour le ramène brutalement au statu quo.

    A force de chercher qui il est vraiment, peu à peu, il découvrira les secrets de sa famille, secrets profondément enfouis dans le silence et la dissimulation, et qui concernent sa mère et son père, mort depuis longtemps.
    Tout ce qui était latent et ambigu éclate soudain.
    La suite ne peut qu'être difficile.

    Ce roman m'a vraiment beaucoup intéressé. Le ton sonne juste dans toutes les situations.
    Et ce qui n'est pas dit nous laisse la possibilité de l'imaginer.
    Ce que chaque personne enferme en soi faute de pouvoir l'exprimer ou de l'oublier.
    Et qui, la plupart du temps se traduit par des apparences qui deviennent habitudes et sclérose.

    Un beau livre !

    avatar
    Bédoulène

    Messages : 2517
    Date d'inscription : 02/12/2016
    Age : 72
    Localisation : En Provence

    Re: Johan Borgen

    Message par Bédoulène le Jeu 25 Mai - 8:56

    merci Bix ! c'est noté !


    _________________
    "Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

    "Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
    avatar
    topocl

    Messages : 1989
    Date d'inscription : 02/12/2016
    Age : 57
    Localisation : Roanne

    Re: Johan Borgen

    Message par topocl le Jeu 25 Mai - 9:24

    j'ai trouvé une autre édition avec une couverture, qui je dois dire, rafraichit l'intérêt que tu as éveillé en moi, bix!



    _________________
    Comme d'autres soulèvent des haltères pour se garder en forme physiquement,certains soulèvent des idées et des émotions pour que leur esprit ne s'étiole pas.
    Dany Laferrière
    avatar
    bix_229

    Messages : 2266
    Date d'inscription : 06/12/2016
    Localisation : Lauragais

    Re: Johan Borgen

    Message par bix_229 le Jeu 25 Mai - 16:15

    Et bien, je vous attends !

    Contenu sponsorisé

    Re: Johan Borgen

    Message par Contenu sponsorisé


      La date/heure actuelle est Lun 26 Juin - 3:47