Raymond Queneau

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Raymond Queneau

Message par Ouliposuccion le Sam 8 Avr - 21:06

Raymond Queneau
1903-1976




D’abord adhérent au mouvement surréaliste, Raymond Quenaud se détache de celui-ci en 1929 pour tracer son propre chemin littéraire et devenir un écrivain majeur du XXe siècle. Il s'intéresse particulièrement aux écrivains qu’il appelle les “fous littéraires” du siècle précédant, dont il compile les oeuvres, avant de se lancer lui-même dans l’écriture. L’auteur publie son premier livre 'Le Chiendent' en 1933, et obtient le prix des Deux-Magots. A 33 ans, il devient membre du comité de lecture des éditions Gallimard. L’écrivain connaît son plus grand succès avec 'Zazie dans le métro', publié en 1959, adapté au cinéma par Louis Malle un an plus tard. Fondateur de l’OuLiPo (Ouvroir de littérature potentielle) aux côtés de François le Lionnais, Raymond Queneau se passionne pour la dimension formaliste et ludique de la langue, ainsi que l’attestent les ‘Exercices de style’, ‘Les Fleurs bleues’ ou ‘Mille milliard de poèmes’.
(source evene)


Bibliographie :

1933 Le Chiendent,  Prix des Deux Magots
1934 Gueule de pierre
1936 Les Derniers Jours
1937 Odile
1938 Les Enfants du limon
1939 Un rude hiver
1941 Les Temps mêlés (Gueule de pierre II)
1942 Pierrot mon Ami
1944 Loin de Rueil,
1944 En passant
1947 On est toujours trop bon avec les femmes
1948 Saint-Glinglin
1950 Le Journal intime de Sally Mara
1952 Le Dimanche de la vie
1959 Zazie dans le métro
1965 Les Fleurs bleues
1968 Le Vol d'Icare
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Re: Raymond Queneau

Message par Ouliposuccion le Sam 8 Avr - 21:13

Zazie dans le métro



- Zazie, déclare Gabriel en prenant un air majestueux trouvé sans peine dans son répertoire, si ça te plaît de voir vraiment les Invalides et le tombeau véritable du vrai Napoléon, je t'y conduirai.
- Napoléon mon cul, réplique Zazie. Il m'intéresse pas du tout, cet enflé, avec son chapeau à la con.
- Qu'est-ce qui t'intéresse alors ?
Zazie ne répond pas.
- Oui, dit Charles avec une gentillesse inattendue, qu'est-ce qui t'intéresse ?
- Le métro.


Ce livre est la gaieté même et pourrait être une prescription à la bonne humeur.  Raymond Queneau , ce monument du mouvement OULIPO ,  il cause, il cause, pour ne rien dire…ou tout dire d’un rien  ou le rien qui dit tout… ou peut-être tout ça finalement. Visez l’artiste.
On peut rester circonspect en lisant ce roman, mais personnellement   j’ai bien "crouté", la recette  des  jeux de mots et du burlesque  des personnages  m’a mise en appétit. Je vais donc cajoler le saugrenu,  me faire tendre avec  la gramme-aire…  douce et papouillante envers ce roman.
Un puissant humour, une morale  ou pas, je n’ai pas cherché le  sens véritable  s’il y en a un… Je reste avec  l’aspect brut de légèreté, de dérision, loin de l’épigraphe d’Aristote au début du livre. Il me  semble bien plus intéressant parfois de rester à la surface d’une œuvre qui nous apporte bien plus que la décortication en vue d’y voir toujours un sens profond. Je ne serais donc pas la flicarde de la rhétorique mais bien l’arsouille cautionnant  l’anticonformisme et récidiviste pourquoi pas…l’éclatade lors des carambolages de mots  offre une voie plutôt jouissive à la trame.
Zazie dans le métro qui n’aura trouvé que la grève mais une bonne rame de loufoques.
«  La grève mon cul … J’ai vieilli »  

- Moi, déclara Zazie, je veux aller à l'école jusqu'à soixante-cinq ans. (...) Je veux être institutrice.
- Pourquoi que tu veux l'être, institutrice?
- Pour faire chier les mômes (...). Je serai vache comme tout avec eux. Je leur ferai lécher le parquet. Je leur ferai manger l'éponge du tableau noir. Je leur enfoncerai des compas dans le derrière. Je leur botterai les fesses.
- Tu sais, dit Gabriel avec calme, d'après ce que disent les journaux, c'est pas du tout dans ce sens là que s'oriente l'éducation moderne. C'est même tout le contraire. On va vers la douceur, la compréhension et la gentillesse. (...) D'ailleurs, dans vingt ans, y aura plus d'institutrices : elles seront remplacées par le cinéma, la tévé, l'électronique, des trucs comme ça.

- Alors, déclara-t-elle, je serai astronaute pour aller faire chier les Martiens.


mots-clés : #humour #initiatique
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Re: Raymond Queneau

Message par Tristram le Dim 9 Avr - 1:49

Je commençais à m'ennuyer sérieusement de tes posts, Ouliposuccion _ et tu reviens avec l'excellent Queneau !

« Une autre bien fausse idée qui a également cours actuellement, c’est l’équivalence que l’on établit entre inspiration, exploration de l’inconscient et libération, entre hasard, automatisme et liberté. Or, cette inspiration qui consiste à obéir aveuglément à toute impulsion est en réalité un esclavage. Le classique qui écrit sa tragédie en observant un certain nombre de règles qu’il connaît est plus libre que le poète qui écrit ce qui lui passe par la tête et qui est l’esclave d’autres règles qu’il ignore. »
Raymond Queneau, « Le voyage en Grèce », in "Atlas de littérature potentielle"
« Les longues journées que n’utilisait pas son métier il les distribua selon diverses inoccupations et parvint ainsi bientôt à exclure de son temps tout remplissage et à vider son existence des incidents souhaitables ou redoutés qui font croire que l’on vit. »
Raymond Queneau, « Loin de Rueil », II, VIII
« − Et vous ne croyez pas qu’il y en a assez comme ça des romans ?
[…]
− Méfiez-vous des [histoires] inventées. Elles révèlent ce que vous êtes au fond. Tout comme les rêves. Rêver et révéler, c’est à peu près le même mot.
− Et les vraies, elles révèlent tout aussi bien ce qu’on est dans le fond. Vous ne trouvez pas ?
− Si vous me racontez l’histoire de quelqu’un d’autre…
− Pourquoi je la raconterais si elle ne m’intéresse pas et, si elle m’intéresse, c’est comme si c’était moi. »
Raymond Queneau, « Les fleurs bleues », XII
« HUBERT
Voici donc. Je me présente : Hubert Lubert, romancier de profession, de vocation même et j’ajouterai d’un certain renom. Étant romancier, j’écris donc des romans. Écrivant des romans, j’ai affaire à des personnages. Or voici que l’un d’eux vient de s’éclipser. Textuellement. Un roman que je venais de commencer, une dizaine de pages environ, quinze au plus, et dans lequel je mettais les plus grands espoirs, et voilà que le personnage principal, à peine esquissé disparaît. Comme je ne puis évidemment continuer sans lui, je viens vous demander de me le retrouver.
MORCOL (rêveusement)
Voilà qui est bien pirandellien. »
Raymond Queneau, « Le vol d’Icare », I
« LE PASSANT
…Qu’est-ce que vous voulez…Je ne faisais que passer…
[…]
LA PASSANTE
…Qu’est-ce que vous voulez…Je ne faisais que passer… »
Raymond Queneau, « En passant », in « Contes et propos »
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Re: Raymond Queneau

Message par Jack-Hubert Bukowski le Jeu 13 Avr - 8:35

Merci pour cette belle entrée dans l'œuvre de Raymond Queneau... Smile
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Re: Raymond Queneau

Message par bix_229 le Jeu 13 Avr - 16:38

LA BROUCHTOUCAILLE

Connaissez-vous la brouchtoucaille ? C' est une recette de cuisine et je sais ,qu' il y a des bonnes fourchettes...
Allez, je vous donne la recette et elle est de Raymond Queneau :

La brouchtoucaille se pérépare ainsi : prenez choux, artichauts, épinards, aubergines, laitues, champignons
potirons, cornichons, betteraves, raves, choux-raves, tomates, patates, dattes, céleris, radis, salsifis, fèves, oignons, lentilles, épis de maiz et noix de coco ; épluchez, pelez, nettoyez, lavez, coupez, hachez, concassez, triturez, tamisez, étuvez, passez, balayez, ramassez, délayez, sublimez, concrétisez, arrangez, disposez et cuisez partie e à l'eau, partie à l' huile d' olive, partei à l' huile de noix, partie à la graisse de boeuf, partie à la graisse d' oie.
Prenez d' autre part, des animaux vivants, mamifères males et volatiles femelles.
Egorgez les, écorchez les, découpez les, sectionnez les, débitez les, embrochez les et rotissez les.
Dans un graand chaudron, préparez une sauce avec huile, ail, vinaigre, moutardes diverses, jaunes
d' oeufs; fine champagne, poivre, sel, piments, safran, cumin, girofle, thym, laurier, gingembre et paprika.
Jetez y l' élément animal que vous tempérez par l' élément végétal. Touillez et ratatouillez et lorsque l' heure sera venue, servez dans le grand plat ancestral que vous aurez eu soin de ne pas laver depuis la dernière fete.

QUENEAU : Saint Glinglin

C' est plus difficile à lire qu' à faire ! Il suffit d' avoir les ingrédients... Pour le reste, fiez vous à votre
flair, le dosage n' étant pas indiqué...

Bon appétit !
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Re: Raymond Queneau

Message par Tristram le Jeu 13 Avr - 17:29

Excellente recette. Personnellement, je mets une pointe de wasabi, mais bien sûr on ne peut plus appeler ce plat roboratif une brouchtoucaille.
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Re: Raymond Queneau

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