Chamaco_VilaMatas

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Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

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    Mael Renouard

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    Ouliposuccion

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    Mael Renouard

    Message par Ouliposuccion le Jeu 13 Avr - 19:16

    Mael Renouard
    Né en 1979




    Maël Renouard est ancien élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm et agrégé de philosophie. Il a enseigné la philosophie à l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne entre 2002 et 2006 et à l'École normale supérieure entre 2006 et 2009, exerçant les fonctions d'allocataire moniteur normalien puis d'attaché temporaire d'enseignement et de recherche. Il a été, de 2009 à 2012, conseiller technique chargé des discours au sein du cabinet de François Fillon, alors Premier ministre.
    Il a notamment traduit Nietzsche, Joseph Conrad, Arthur Schnitzler. Sa traduction du Banquet de Platon a été adaptée et mise en scène par Juliette Deschamps à l'Auditorium du Louvre en mars 2007.
    Il a reçu le prix Décembre 2013 pour La Réforme de l'opéra de Pékin.
    Il a été nommé chevalier des Arts et Lettres par arrêté du 16 janvier 2014.
    (source Wikipédia)

    Bibliographie :

    2002 L'Œil et l'Attente. Sur Julien Gracq.
    2009 Yves Bonnefoy, image et mélancolie, encres d’Isabelle Raviolo
    2013 La Réforme de l'opéra de Pékin, Paris — prix Décembre 2013
    2016: Fragments d'une mémoire infinie
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    Ouliposuccion

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    Re: Mael Renouard

    Message par Ouliposuccion le Jeu 13 Avr - 19:22

    La réforme de l'opéra de Pékin



    J'avais vu tant d'hommes célébrés puis déchus, et tant d'hommes déchus puis réhabilités, que j'ai longtemps gardé l'espoir d'être un jour tenu pour digne de l'histoire de notre pays. La roue avait tourné, elle tournerait. Je n'aurais sans doute plus été là pour le voir. Je me récitais la phrase que jetaient par défi les condamnés à mort, sur l'échafaud : "Dans vingt ans, je serai à nouveau un beau jeune homme, un brave..."

    73 pages, c’est bien une nouvelle très courte que nous offre Mael Renouard . Trop courte peut-être… ce qui me laisse un peu sur ma faim et m’emmène à dire que le sujet abordé n’est pas assez creusé.
    Bien sûr, Mael Renouard  ne s’en cache pas, il a préféré la nouvelle à un livre :
    « Une nouvelle, ça m’évitait notamment de dire des bêtises sur la Chine. Un roman, il aurait fallu que je parle chinois. » (Le Monde)

    Pour le coup je reste perplexe.
    A-t-on besoin de connaitre une langue étrangère pour aborder l’histoire d’un pays, voire même sa culture ? Dans ce cas précis, la révolution culturelle chinoise.
    Certes l’auteur opte pour la réforme de l’Opéra , acte politique et administratif avec tout un vocabulaire et une idéologie qu’il connait bien en vue de son poste de conseiller technique ou jeune plume à Matignon.
    On y lit bien les préliminaires d’un changement, d’un opéra trop bourgeois qui ne représente pas assez les travailleurs, les soldats et les paysans du parti. Nouveaux livrets, oubliés les arts, en avant le minimalisme gauche servant la propagande.
    Puis la roue tourne.  On perçoit  un destin brisé pour celui qui participa à cette réforme aujourd’hui montrée du doigt « une victime de choix » de la révolution culturelle parmi tant d’autres.

    On comprend l’intérêt de Mael Renouard  à sortir de l’ombre un personnage qui n’a été  qu’un instrument préposé à mettre en lumière  des chefs d’orchestre du gouvernement.
    Naissance de dogmes fondamentaux, application et chute vertigineuse. Une belle écriture qui nous préserve et nous fait assister de loin à ce grand chaos chinois.
    Je suis partagée. J’ai le souvenir d’avoir lu dans « nouilles chinoises » de Ma Jian une nouvelle relatant  cette réforme et j’avoue l’avoir trouvée bien meilleure en vue de la promiscuité que crée l’auteur avec son lecteur tout en nous immergeant dans toute l’absurdité créée par ce parti.
    Peut-être est-ce parce qu’il est chinois ? …   Ou tout simplement moins philosophique sur un thème où celle-ci n’était plus de mise.

      La date/heure actuelle est Dim 25 Juin - 7:27