Fédor Dostoïevski

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Fédor Dostoïevski

Message par Dreep le Mer 19 Avr - 13:59

Fédor Dostoïevski
(1821-1881)


Fédor (Fiodor) Mikhaïlovitch Dostoïevski est généralement considéré comme l'un des plus grands romanciers russes.

Après une enfance difficile auprès d'un père alcoolique et violent, il fréquente une école d'officiers et se lie avec les mouvements progressistes russes. Arrêté pour cette raison en 1849, il est déporté dans un bagne de Sibérie.
En 1854, Dostoïevski quitte le bagne et est incorporé comme simple soldat dans un régiment sibérien à Semipalatinsk. Un an après, il est promu officier, et sa vie devient supportable ; on lui permet d'écrire, de recevoir des lettres et de reprendre ses activités littéraires.

Il faut attendre 1860 pour que Dostoïevski obtienne la permission de s'établir à Saint-Pétersbourg et la liberté complète d'écrire.
Il se remet à écrire avec passion et publie dans la revue le Temps, puis dans l'Époque, qu'il dirige avec son frère Mikhaïl, "Humiliés et offensés" (1861), les "Souvenirs de la maison des morts" (1861-1862) et un grand nombre d'articles, d'inspiration slavophile, imprégnés d'une sorte de populisme mystique : les "Notes d'hiver sur des impressions d'été" (1863), en condamnant la civilisation occidentale bourgeoise, matérialiste et impie, veulent rappeler au peuple russe le sens de sa mission.

Et puis voici le temps des chefs-d'œuvre : "Notes d'un souterrain" (1864), "Crime et Châtiment" (1866), "Le Joueur" (1866), "L'Idiot" (publié dans le Messager russe en 1868-1869), "L'Éternel Mari" (publié dans l'Aurore en 1870), "Les Possédés" (publiés dans le Messager russe en 1871-1872), "Journal d'un écrivain", "L'Adolescent "(publié dans les Annales patriotiques en 1875).
Mais dans quels tourments, dans quelle détresse matérielle et morale ces romans sont-ils conçus ! Épileptique, joueur couvert de dettes et d'un caractère sombre, Dostoïevski mène d'abord une vie d'errance en Europe, au cours de laquelle il devient un fervent libéral pour son pays et surtout un patriote convaincu.

Vieilli, le teint terreux, il rentre à Saint-Pétersbourg. Ses derniers livres ont imprégné la mentalité de l'époque, et "Les Frères Karamazov" (1879-1880) lui valent la première place parmi les romanciers.
source : Babelio

Oeuvre :

Première période (1846 - 1849) Avant le bagne
- Les Pauvres Gens
- Le Double
- Du danger de se livrer à des rêves ambitieux
- Monsieur Prokhartchine
- Les Annales de Pétersbourg
- Un roman en neuf lettres
- La Logeuse
- Polzounkov
- La femme d'un autre et le mari sous le lit
- Un sapin de Noël et un mariage
- Les Nuits Blanches
- Un Coeur Faible
- Le Voleur Honnête
- Netotchka Nezvanova (inachevé)
- Le Petit Héros

Deuxième période (1859 - 1866) Période charnière
- Le Rêve de l'Oncle
- Le Bourg de Stepantchikovo et sa population
- Humiliés et Offensés
- Une sale histoire
- Carnets de la maison morte
- Notes d'Hiver sur impressions d'Eté
- Carnets du sous-sol
- Le Crocodile
- Crime et châtiment
- Le Joueur

Troisième période (1869 - 1881) Consécration
- L'Idiot
- L'Eternel Mari
- Les Démons
- Bobok
- Petites images
- Le Quémandeur
- Petites images (en voyage)
- L'Adolescent
- Le Garçon "à la menotte"
- Le Moujik Maréï
- La Douce
- La Centenaire
- Le Rêve d'un homme ridicule
- Le Triton
- Les Frères Karamazov




Dostoïevski a comme une aura, beaucoup de gens l'estiment.

Mais parfois je me demande si on est réellement nombreux à aimer son oeuvre. Y a ceux qui l'ont picoré, et qui disent, oui, c'est un grand auteur. Y en a d'autres qui disent que, quand même, parfois il est lourd. Oui, je ne leur donne pas complètement tort. Mais pour moi cette lourdeur fait partie de sa puissance.

Dans les "nouvelles" il me reste tout ce qu'il a écrit en deuxième et troisième période (J'ai lu Carnets du sous-sol, Le Rêve de l'Oncle et Le Joueur). Dans les romans, il me reste à lire L'Eternel Mari et L'Adolescent.


Dernière édition par Dreep le Mer 19 Avr - 17:01, édité 4 fois
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par bix_229 le Mer 19 Avr - 15:52

Le fil manquait. Forcément. Et pourtant personne ne l' a ouvert.
Cela pose quand meme question.
Non ?
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par Tristram le Mer 19 Avr - 17:07

Si encore c'était le seul à manquer...
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par Dreep le Mer 19 Avr - 17:10

Je trouves ça assez naturel, en fait.

Beaucoup d'auteurs n'ont pas encore leur fil, pourquoi Dostoïevski devrait être parmi les premiers en avoir un ? Son importance ? Je crois que c'est juste une question d'opportunité ou d'affinité. C'est le premier fil que j'ouvre ici, je crois...
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par Tristram le Mer 19 Avr - 17:58

Rebondissant d'un fil à l'autre tel un funambule de l'à-propos  No je reviens après un passage sur celui de Sarraute :
« C'est ce besoin continuel et presque maniaque de contact, d'une impossible et apaisante étreinte, qui tire tous ces personnages comme un vertige, les incite à tout moment à essayer par n'importe quel moyen de se frayer un chemin jusqu'à autrui, de pénétrer en lui le plus loin possible, de lui faire perdre son inquiétante, son insupportable opacité, et les pousse à s'ouvrir à lui à leur tour, à lui révéler leurs plus intimes replis. »
Nathalie Sarraute, « De Dostoïevsky à Kafka »
Façon de décrire l'élan essentiel et pathétique vers "l'autre", expression d'une nécessité foncière qui est très sensible chez Dosto, pour peu qu'on y pense (dans L'Idiot, les Karamazov).
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par églantine le Mer 19 Avr - 19:06

Intéressants ces sauts de cabris Tristam ! cheers
Mais d'où tu sors toutes ces citations qui rebondissent si promptement !

_________________
Et, de nouveau, elle se sentit seule en présence de sa vieille antagoniste, la vie.
La promenade au phare . Virginia Woolf .
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par Quasimodo le Mer 19 Avr - 19:20

(je me posais la même question ... merci Tristram !)

_________________
Entre les deux coups de feu qui décidèrent de son destin, il eut le temps d'appeler une mouche : "Madame".
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par bix_229 le Mer 19 Avr - 19:28

J' ai pratiquement tout lu et relu.
Pas mal de livres qui m' avaient passionné dans ma jeunesse me lasseraient à présent.
Notamment ceux qui traitent des débats théologiques.

Ceux que j' aime encore : Souvenirs de la maison des morts, Bobok, L' Eternel mari, Dans mon souterrain et quelques autres.

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Re: Fédor Dostoïevski

Message par Dreep le Mer 19 Avr - 19:39

Pourquoi penses-tu qu'ils te lasseraient ?
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par Tristram le Mer 19 Avr - 21:10

@églantine a écrit:Intéressants ces sauts de cabris Tristam ! cheers
Mais d'où tu sors toutes ces citations qui rebondissent si promptement !
@Quasimodo a écrit:(je me posais la même question ... merci Tristram !)
Faites excuse pour le délai à répondre, j'ai raté une marche (de fildeferiste) et suis tombé dans mon filet (hamac) d'où je n'ai pu m'extraire qu'au bout d'une petite demi-heure...  Sleep

Quand je tombe d'un sur un nouveau fil et que j'ai lu de l'auteur en question, je rafraîchis ma mémoire chancelante dans un fichier où je note des extraits de mes lectures. Ce vivier de citations me permet de briller à peu de frais, et surtout occasionne des coïncidences dans les rapprochements de divers écrivains et livres _ ce qui m'enchante par son côté intertextuel (les textes font toujours référence, directement ou pas, à d'autres textes, dans une sorte de grande famille entretissée où tout est recyclé _ ce qui me passionne encore plus que les coïncidences).
Ainsi, « Tout est dit. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. », comme le note Nathalie Sarraute dans « Les fruits d’or », reprend le « Nihil novi sub sole » de la Sagesse de l’Ecclésiaste, chapitre 1, verset 9, en passant par « Tout est dit, et l'on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu'il y a des hommes, et qui pensent. Sur ce qui concerne les mœurs, le plus beau et le meilleur est enlevé ; l'on ne fait que glaner après les anciens et les habiles d'entre les modernes. » (La Bruyère, « Les Caractères », I, 1)...
« …] tout texte est un intertexte ; d'autres textes sont présents en lui à des niveaux variables, sous des formes plus ou moins reconnaissables : les textes de la culture antérieure et ceux de la culture environnante ; tout texte est un tissu nouveau de citations révolues. »
Roland Barthes, article « Texte (théorie du) » de l'Encyclopædia universalis
« L'intertextualité parle une langue dont le vocabulaire est la somme des textes existants. »
Laurent Jenny, « La stratégie de la forme »

« Et si le sens des textes littéraires résidait non dans ses causes extérieures, le monde, l'auteur ou les sources de l'écrivain, mais dans le rapport que les œuvres entretiennent entre elles ? »
Sophie Rabau, « L'Intertextualité »

« La littérature est une chose inépuisable, pour la raison suffisante et simple qu’un seul livre l’est. Le livre n’est pas une entité close : c’est une relation, c’est un centre d’innombrables relations. »  
Jorge Luis Borges, « Note sur (la recherche de) Bernard Shaw », in « Autres inquisitions »
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par bix_229 le Mer 19 Avr - 21:14



Petite réponse perso à Dreep.
Parce que j' ai essayé !
J' aimais beaucoup les contradictions extremes et passionnelles des personnages : L' Idiot,
Les Démons, L' Adolescent...
Et tous les romans influencés par Gogol sur l' enfance et les petites gens, Les Pauvres gens,
Nietochka Niezvanov...
Les débats thélogico-politiques m' insupportent désormais
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par Tristram le Mer 19 Avr - 21:19

bix a écrit:J' ai pratiquement tout lu et relu.
Pas mal de livres qui m' avaient passionné dans ma jeunesse me lasseraient à présent.
On est sans doute plus sensible à l'oeuvre de Dosto en tant que jeune lecteur, mais j'ai relu Crime et châtiment et L'Idiot il y a peu, je vais relire Les frères Karamazov un de ces jours et, sans la même émotion sans doute qu'à la première fois, j'y (re)trouve bien des choses de valeur... Il reste je pense une grande étape, aussi bien personnelle que dans la littérature.
« − J’allais chez vous, je vous cherchais, dit Raskolnikov, mais pourquoi ai-je tourné maintenant sur la perspective*** juste après la place aux Foins ! Je ne tourne jamais par là, je n’y passe jamais. Je prends toujours à droite après la place aux Foins. Et puis, ce n’est pas le chemin, jusqu’à chez vous ! C’est étrange !
− Pourquoi ne pas dire carrément que c’est un miracle !
− Parce que, si ça se trouve, c’est seulement un hasard. »
Fédor Dostoïevski, « Crime et Châtiment », sixième partie, III

« La compassion est la loi essentielle, la loi unique, peut-être, de l’existence de toute l’humanité. »
Fédor Dostoïevski, « L’Idiot », Livre deux, V

« N’oubliez pas que les raisons des mouvements humains sont, d’habitude, infiniment plus compliquées et plus diverses que celles qui nous servent à les expliquer après coup, et qu’il est rare qu’elles soient précisément définissables. Parfois, le mieux que puisse faire un narrateur est de se contenter d’une simple exposition des faits. »
Fédor Dostoïevski, « L’Idiot », Livre quatre, IV
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par tom léo le Mer 19 Avr - 22:09

Heureux de trouver alors ce fil! Pourquoi ne pas l'avoir ouvert alors? En ce qui me concerne j'ai lu pratiquemment tout, mais dans la phase avant les forums, et je faisais moins de notes consitantes. Pourtant et certainement, des lectures qui m'ont marqué, pour ainsi dire, existentiellement. Je pense pas que Dosto est pour des jeunes. Je peux plutôt m'imaginer qu'ils ne comprennent pas encore (s'il y a quelque chose à comprendre). Comme aussi beaucoup d'adultes par ailleurs qui refusent de se laisser interroger.

C'est une écriture qui va dans le centre de ce qu'on est. Sinon - pourquoi le lire? Je ne pense pas qu'on peut tout simplement faire abstraction de la manière de Dosto d'intégrer sa foi. Je ne suis pas d'accord de parler à ce propos de "débat théologique" chez lui. Mais justement, ce n'est pas cela. C'est la souffrance, l'existence qui parle chez lui. Il y a rien d'intellectualisé et de travaillé artificiellement derrière un ordi. Pour Dosto c'est la vie dont il parle. Par ailleurs les parallèles entre son oeuvre et sa bio sont nombreux.

Il n'est pas sans contradictions, ce qui le rend très humain.

J'ai lu déjà plusieurs romans pour une deuxième fois, et "Les Frères Karamazov" une troisième. Je les trouve inépuisable. J'aurais envie (mais je crainds un peu les pavés actuellement) d'attaquer "L'adolescent" dans une nouvelle traduction allemande. De cette traductrice j'ai déjà lu une autre version des Frères Karamazov, et cela pourrait être fort intéressant.
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par Tristram le Mer 19 Avr - 22:29

@tom léo a écrit:Pourtant et certainement, des lectures qui m'ont marqué, pour ainsi dire, existentiellement.
J'ai le même ressenti. Par contre, je pense que c'est une lecture à faire dès l'adolescence (idéalement après la Bible, mais avant Soljenitsyne), et qui restera comme une référence pour aborder les suivantes.
Vrai aussi qu'il a composé l'essentiel de son oeuvre après avoir été condamné à mort et être passé au bagne _ quatre ans quand même, mais « Je n'ai pas perdu mon temps : j'ai appris à bien connaître le peuple russe, comme peut-être peu le connaissent »... Cette oeuvre demeure comme un summum d'humanité et d'empathie, malgré ce qu'on pourrait peut-être considérer maintenant comme un certain pathos (le même dont pâtit Hugo) dans certains passages.
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par Dreep le Mer 19 Avr - 23:21

D'ailleurs, c'est moi qui ai décidé de couper sa bibliographie comme ça, en trois parties. Vous trouvez ça pertinent ?

Au moins, pour la période d'avant bagne, c'est vrai qu'on l'isole souvent du reste de son oeuvre. Elle est tout de même assez conséquente, beaucoup de nouvelles, mais c'est vrai que Dostoïevski a vraiment pris de l'ampleur à partir du Bourg de Stepantchikovo, ou de Humiliés et Offensés, plus connu. Je parle même pas des Carnets du sous-sol et de Crime et Châtiment.

Pathos à la Hugo, non, pas vraiment, enfin, je ne trouves pas. C'est pas vraiment des romans, avec Dostoïevski, mais plutôt un ensemble d'images. Tout importe et se ramasse, les éléments dépendants entre eux. Effectivement tourné vers l'être humain, soi et autrui. J'ai plutôt l'impression d'une mégalomanie avec Hugo. What a Face
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par Tristram le Jeu 20 Avr - 0:03

Dreep, la biblio tripartite me paraît judicieuse.
Quand je parlais de pathos, je songeais à cette phrase :
« Le bout de chandelle s’éteignait déjà depuis longtemps dans le bougeoir tordu, jetant une lumière glauque, dans cette chambre misérable, sur l’assassin et la prostituée, étrangement réunis dans la lecture du livre éternel. »
Fédor Dostoïevski, « Crime et Châtiment », quatrième partie, IV
J'avoue piteusement avoir versé de (vraies) larmes à la (première) lecture de ce passage. Ce n'est pas ce dont je suis le plus fier, mais, qui sait, j'ai peut-être une âme (de midinette) ? Par contre La petite maison dans la prairie ne m'a jamais arraché plus qu'un soupir de mépris lorsque d'aventure je passe devant le tube à images (cathodique, pas catholique du tout).

« Il n’existe pas d’auteur dans l’histoire de la littérature occidentale qui abrase les terminaisons nerveuses aussi efficacement, qui explose les neurones aussi violemment, que Dostoïevski. »
Jim Harrison, « En marge », « Sept obsessions », IV, « Religion privée »
« − Fédor Dostoïevski a décrit avec une insurpassable tendresse des êtres abandonnés de Dieu. Il a découvert la valeur de l’existence humaine, dans ce paradoxe cruel qui veut que les hommes qui ont inventé Dieu soient abandonnés par Lui. »
Haruki Murakami, « Crapaudin sauve Tokyo » in « Après le tremblement de terre »
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par Dreep le Jeu 20 Avr - 10:50

Vous croyez que Dostoïevski aurait aimé être qualifié d'auteur de la littérature occidentale ? What a Face
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par Tristram le Jeu 20 Avr - 13:04

On est toujours à l'Ouest de quelque chose ou quelqu'un... l'auteur (ou le traducteur) pensait sans doute à une littérature non-orientale ? Il paraît qu'ils ne sont pas forts en géographie aux US (et c'est assez vrai pour ce que j'en connais), mais vu de (très) loin c'est assez logique de placer la sphère d'influence russe dans le même sac que la littérature européenne, qui influença beaucoup Dosto... sympa d'un Américain de se considérer un univers commun avec lui ?
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par Dreep le Jeu 20 Avr - 13:15

A l'aune de Dostoïevski, de ce que j'ai cru comprendre, l'Europe et l'Occident sont un ailleurs avec lequel Dostoïevski ainsi que d'autres écrivains russes, tel Tolstoï, ont des rapports fluctuants.

On est aussi au XIXème siècle, ça change la donne. (Aujourd'hui, il semble que la partie européenne de la Russie soit assez largement occidentalisée ?) Même l'orient, c'est l'étranger. J'ai l'impression que les intellectuels russes se définissent comme assez à part, ce qui peut se comprendre. Ou même parfois comme la province de l'Europe, mais une province indépendante et très fière. Qui regarde l'évolution de l'occident d'une façon très critique.

Chez Dostoïevski, il y a bien une admiration pour les littératures françaises et allemandes, mais aussi la volonté de faire quelque chose de faire quelque chose d'essentiellement différent, et à terme, qui surpasserait la "culture européenne"...?
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Re: Fédor Dostoïevski

Message par Tristram le Jeu 20 Avr - 14:12

Je suis d'accord sur le fait qu'il ne faut pas amalgamer tout. La sphère d'influence russe est un concept généralement accepté en matière de littérature (je crois). Mais les étiquetages et autres frontières me semblent peu apporter. Par exemple, la littérature japonaise, si spécifique, est-elle occidentale ?? Je pense qu'il demeure surtout des écrivains avec leur idiosyncrasie, des courants, surtout des influences plus ou moins réciproques _ et Dosto, si "russe", a exercé une influence extraordinaire. Les répons d'une oeuvre à une autre sont fort complexes ; il y a les influences conscientes, reconnues, et les autres. Et puis des créations rapprochables naissent ici ou là, dans la grande sphère de l'air du temps de l'intertextualité, un entretissage généralisé.
On pourrait par exemple cataloguer ensemble tous les auteurs influencés (à quel degré ?) par la Bible, une Mère des Livres qui réunirait beaucoup d’œuvres (ainsi, Faulkner et Dosto dans le même sac _ avec aussi les petits-enfants du Coran _ et des Mille et une nuits). Salman Rushdie, par exemple, n'existe pas sans l'Europe, et bien sûr le sous-continent indien. Tout cela est un peu vain : je trouve qu'il vaut mieux en rester à des cas particuliers ; après tout, quel écrivain n'a pas lu d'un peu partout, de nos jours ? Qui est redevable de qui, et à quel point ? La littérature est métisse, se fait d'apports de plus en plus divers, et on y discerne seulement des personnalités sous influence et qui influencent, non ? Maintenant, libre à chacun de se réclamer de telle ou telle empreinte ou impulsion, à tort où à raison...
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