Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot


Yaa Gyasi

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Yaa Gyasi  Empty Yaa Gyasi

Message par Avadoro le Dim 30 Avr 2017 - 22:17

Yaa Gyasi
Née en 1989


Yaa Gyasi  10460110


Yaa Gyasi est née au Ghana avant d’émigrer aux États-Unis à l’âge de deux ans. Lectrice précoce de Toni Morrison, elle est diplômée de la prestigieuse Université de l’Iowa. Un voyage au Ghana déclenche son désir d’écrire No Home. Bestseller immédiat encensé par la critique américaine, ce premier roman magistral est sur le point de devenir un phénomène mondial.

(Source : Editions Calmann-Lévy)


Oeuvres traduites en français

Roman

2017 : No Home
Avadoro
Avadoro

Messages : 768
Date d'inscription : 07/12/2016
Age : 34

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Yaa Gyasi  Empty Re: Yaa Gyasi

Message par Avadoro le Dim 30 Avr 2017 - 22:42

Yaa Gyasi  97827010

No Home
Ce premier roman de Yaa Gyasi est l'aboutissement d'un projet particulièrement ambitieux, puisque la trame de No Home se développe sur trois siècles d'histoire, entre le Ghana et les Etats-Unis. La séparation de deux demi-soeurs au moment de la traite négrière précipite une coupure géographique, et l'écriture cherche alors à créer un lien, un écho entre ces récits qui se fragmentent pour mieux saisir l'ampleur d'une lutte pour une survie, pour un avenir, pour une reconnaissance personnelle et sociale.

Yaa Gyasi évoque la trace honteuse laissée par l'esclavage avec beaucoup de rigueur et de recul. Son attention au quotidien de villages ghanéens à la fin du XVIIIème siècle lui permet aussi de souligner l'impact d'une violence économique qui dresse l'être humain contre l'autre, à travers une manipulation collective.

J'ai été sensible à une écriture d'une grande force dramatique, malgré une réserve sur la structure de l'ouvrage. Yaa Gyasi choisit, afin d'établir une progression temporelle, de centrer chaque chapitre autour d'un personnage qui révèle une partie d'une généalogie familiale. Ce pari est audacieux mais les épisodes semblent parfois trop distants, trop heurtés et No Home manque parfois de cohérence.



mots-clés : #esclavage
Avadoro
Avadoro

Messages : 768
Date d'inscription : 07/12/2016
Age : 34

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Yaa Gyasi  Empty Re: Yaa Gyasi

Message par Bédoulène le Lun 1 Mai 2017 - 7:58

c'est dans la tablette Avadoro, merci pour ton commentaire

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 12591
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Yaa Gyasi  Empty Re: Yaa Gyasi

Message par topocl le Lun 1 Mai 2017 - 9:25

Cela fait -t'il au bout du compte un peu comme des nouvelles réunies en roman?

_________________
Etre dans le vent, c'est l'histoire d'une feuille morte.
Flore Vasseur
topocl
topocl

Messages : 6470
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 59
Localisation : Roanne

https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Yaa Gyasi  Empty Re: Yaa Gyasi

Message par tom léo le Lun 1 Mai 2017 - 19:21

Je suis au dernier tiers de ce roman que je trouve assez passionnant!

@topocl a écrit:Cela fait -t'il au bout du compte un peu comme des nouvelles réunies en roman?

Dans un certain sens, oui. Les chapitres se tiennent avec leur env 30 pages chacun, et pourront, à la limite, être lus ainsi, comme des nouvelles...

Mais l'ensemble, me semble-t-il, forment encore autrement un tout, certes par la histoire d'une même famille à travers les générations, mais aussi par un certain propos, dont je m'attends encore des "révélations" dans les derniers chapitres. Il y a une unité dans le choix des séparations qui peuvent être, à mon avis, interprétées comme les facettes d'un tout.

Peut-être un commentaire plus ample après la lecture...
tom léo
tom léo

Messages : 1075
Date d'inscription : 04/12/2016
Localisation : Bourgogne

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Yaa Gyasi  Empty Re: Yaa Gyasi

Message par Avadoro le Lun 1 Mai 2017 - 23:20

Je partage ton avis sur la perception d'un tout, mais j'ai davantage regretté l'usage systématique d'un procédé alors que j'aurais souhaité être davantage emporté. Cela reste tout de même une lecture que je conseille et qui contient beaucoup de richesses.
Avadoro
Avadoro

Messages : 768
Date d'inscription : 07/12/2016
Age : 34

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Yaa Gyasi  Empty Re: Yaa Gyasi

Message par tom léo le Mar 9 Mai 2017 - 21:57

Yaa Gyasi  51ivc210

No Home


Originale: Homegoing, Anglais E.-U., 2016

4ème de couverture a écrit:XVIIIe siècle, au plus fort de la traite des esclaves. Effia et Esi naissent de la même mère, dans deux villages rivaux du Ghana. La sublime Effi a est mariée de force à un Anglais, le capitaine du Fort de Cape Coast. Leur chambre surplombe les cachots où sont enfermés les captifs qui deviendront esclaves une fois l’océan traversé. Effi a ignore que sa soeur Esi y est emprisonnée, avant d’être expédiée en Amérique où des champs de coton jusqu’à Harlem, ses enfants et petits- enfants seront inlassablement jugés pour la couleur de leur peau. La descendance
d’Effia, métissée et éduquée, connaît une autre forme de souffrance : perpétuer sur place le commerce triangulaire familial puis survivre dans un pays meurtri pour des générations.

REMARQUES :
Point de départ de cette histoire : la Côte d'Or du milieu du XVIIIème siècle, une partie cotière en Afrique de l'Ouest, plus tard colonie britannique et devenue indépendante dans les années 60 sous le nom de Ghana. L'histoire séparera les demie-sœurs Effia et Esi : l'une se mariant avec un soldat assez hautement gradé du Fort voisin, l'autre étant déporté aux Amériques, comme esclave. Oui, la même mère, mais grandi dans des tribus rivaux.

De chapitre en chapitre (deux fois sept) nous changeons toujours de continent et avançons d'une génération jusqu'à arriver dans nos jours. Il m'a semblé d'y discerner des nuances justement assez fines : il s'agit pas juste de montrer les Noirs comme seulement étant de coté des victimes (ou au contraire les blancs juste comme les grands méchants). Yaa Gyasi n'hésite pas à montrer l'implication de tribus dans la traite des esclaves. Et en partant de destins de deux demie-sœurs, elle en fait pour ainsi dire aussi une action fratricide. Je te cela pas pour diminuer le rôle historique des esclavagiste, mais pour louer la grandeur de l'approche de Gyasi. La jalousie, l'envie, les préjugés ne sont pas l'apanage des blancs seulement, mais sont pour ainsi dire des attributs universels. Donc, à mon avis l'auteure évite le/un piège et montre une grande maturité. Car à la longue ce n'est pas satisfaisant d'être juste désigné comme l'éternelle victime, pour ainsi dire un jouet seulement des puissnaces extérieures.

Continuant les histoires, les destins séparés des deux branches de la famille, il nous redevient encore une fois plus claire queles Africains et des Noirs des E.-U. Sont justement de la même famille. Il y a des liens secrets, aussi des sentiments d'incomplétude qui leur sont propres à tous les deux.

On trouvera bien sûr aussi une histoire en soi assez passionnant qui se laisse lire avec grand intérêt. Mais en plus nous trouverons à la lecture attentive des remarques pertinentes, sur l'histoire, qui l'écrit, la participation au mal (de tous), le fait d'être partie d'une lignée et aussi d'un ensemble plus vaste. Etc...

Il est plus que bizarre que le titre anglais signifie alors quelque chose comme « Retour à la maison », tandisqu'en français on a titré le livre avec un angicisme « pas de maison ». Pourquoi ???

A mon avis un roman passionnant qui se laisse lire avec intérêt !
tom léo
tom léo

Messages : 1075
Date d'inscription : 04/12/2016
Localisation : Bourgogne

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Yaa Gyasi  Empty Re: Yaa Gyasi

Message par Armor le Mar 9 Mai 2017 - 22:22

Avadoro et tom léo, vous donnez bien envie de découvrir ce roman apparemment ambitieux.

@tom léo a écrit:
Il est plus que bizarre que le titre anglais signifie alors quelque chose comme « Retour à la maison », tandisqu'en français on a titré le livre avec un angicisme « pas de maison ». Pourquoi ???
C'est une question qui se pose régulièrement. Les voies des éditeurs sont impénétrables. Wink
Armor
Armor

Messages : 3492
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 38
Localisation : A l'Aise Breizh

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Yaa Gyasi  Empty Re: Yaa Gyasi

Message par topocl le Mar 4 Déc 2018 - 14:13

No Home

Yaa Gyasi  51yivg10

C'est un vaste tableau qui   présente huit générations sur deux continents : la descendance de deux sœurs ghanéennes du XVIIIème siècle, l'une vendue comme esclave aux négriers et partie en Amérique, l'autre vendue comme femme à un soldat britannique et restée sur place. C'est donc l'occasion d'embrasser l'entièreté des problèmes liés à la condition noire, africaine ou américaine, au fil des siècles, les liens qui persistent et essaient de se renouer.

Yaa Gyasi s'attache à un personnage à chaque génération, auquel elle consacre un chapitre, alternant Afrique et Amérique. Si l'écriture est assez basique, la construction  permet d'appréhender le « problème noir » dans une dimension d'évolution historique. C'est assez audacieux et si ce qui se passe aux USA nous a déjà souvent été rapporté dans d'autres romans, le côté africain avec se guerres fratricides, la participation des autochtone au commerce des esclaves, et plus riche en apprentissage pour le lecteur. L'auteur a une belle intelligence narrative et beaucoup de subtilité,  Il n'en demeure pas moins que cette méthode, où chacun n'a droit qu'à une « vignette » empêche qu'on s'attache aux personnages (ou frustre cet attachement). On regrette presque qu'au lieu de 14 chapitres on n'ait pas 14 romans.


mots-clés : #conditionfeminine #esclavage #famille #historique

_________________
Etre dans le vent, c'est l'histoire d'une feuille morte.
Flore Vasseur
topocl
topocl

Messages : 6470
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 59
Localisation : Roanne

https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Yaa Gyasi  Empty Re: Yaa Gyasi

Message par Bédoulène le Mar 4 Déc 2018 - 18:32

après vos commentaires incitatifs, je vais re-noter le livre. (combien de pages ?)

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 12591
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Yaa Gyasi  Empty Re: Yaa Gyasi

Message par topocl le Mer 5 Déc 2018 - 7:41

480 qui se lisent facilement.

_________________
Etre dans le vent, c'est l'histoire d'une feuille morte.
Flore Vasseur
topocl
topocl

Messages : 6470
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 59
Localisation : Roanne

https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Yaa Gyasi  Empty Re: Yaa Gyasi

Message par Bédoulène le Mer 5 Déc 2018 - 11:36

merci (je finis:) d'abord les 670 que j'ai en lecture)

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 12591
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Yaa Gyasi  Empty Re: Yaa Gyasi

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

 Des Choses à lire :: Lectures par auteurs :: Écrivains des États-Unis d'Amérique


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum