Chamaco_VilaMatas

On sait que l’un des aspects les plus séduisants de la littérature est sa possibilité d’être une sorte de miroir qui avance ; un miroir qui, comme certaines horloges peut avancer.

Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

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    Yaa Gyasi

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    Avadoro

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    Yaa Gyasi

    Message par Avadoro le Dim 30 Avr - 22:17

    Yaa Gyasi
    Née en 1989





    Yaa Gyasi est née au Ghana avant d’émigrer aux États-Unis à l’âge de deux ans. Lectrice précoce de Toni Morrison, elle est diplômée de la prestigieuse Université de l’Iowa. Un voyage au Ghana déclenche son désir d’écrire No Home. Bestseller immédiat encensé par la critique américaine, ce premier roman magistral est sur le point de devenir un phénomène mondial.

    (Source : Editions Calmann-Lévy)


    Oeuvres traduites en français

    Roman

    2017 : No Home
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    Avadoro

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    Re: Yaa Gyasi

    Message par Avadoro le Dim 30 Avr - 22:42



    No Home

    Ce premier roman de Yaa Gyasi est l'aboutissement d'un projet particulièrement ambitieux, puisque la trame de No Home se développe sur trois siècles d'histoire, entre le Ghana et les Etats-Unis. La séparation de deux demi-soeurs au moment de la traite négrière précipite une coupure géographique, et l'écriture cherche alors à créer un lien, un écho entre ces récits qui se fragmentent pour mieux saisir l'ampleur d'une lutte pour une survie, pour un avenir, pour une reconnaissance personnelle et sociale.

    Yaa Gyasi évoque la trace honteuse laissée par l'esclavage avec beaucoup de rigueur et de recul. Son attention au quotidien de villages ghanéens à la fin du XVIIIème siècle lui permet aussi de souligner l'impact d'une violence économique qui dresse l'être humain contre l'autre, à travers une manipulation collective.

    J'ai été sensible à une écriture d'une grande force dramatique, malgré une réserve sur la structure de l'ouvrage. Yaa Gyasi choisit, afin d'établir une progression temporelle, de centrer chaque chapitre autour d'un personnage qui révèle une partie d'une généalogie familiale. Ce pari est audacieux mais les épisodes semblent parfois trop distants, trop heurtés et No Home manque parfois de cohérence.



    mots-clés : #esclavage
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    Re: Yaa Gyasi

    Message par Bédoulène le Lun 1 Mai - 7:58

    c'est dans la tablette Avadoro, merci pour ton commentaire


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    Re: Yaa Gyasi

    Message par topocl le Lun 1 Mai - 9:25

    Cela fait -t'il au bout du compte un peu comme des nouvelles réunies en roman?


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    Re: Yaa Gyasi

    Message par tom léo le Lun 1 Mai - 19:21

    Je suis au dernier tiers de ce roman que je trouve assez passionnant!

    @topocl a écrit:Cela fait -t'il au bout du compte un peu comme des nouvelles réunies en roman?

    Dans un certain sens, oui. Les chapitres se tiennent avec leur env 30 pages chacun, et pourront, à la limite, être lus ainsi, comme des nouvelles...

    Mais l'ensemble, me semble-t-il, forment encore autrement un tout, certes par la histoire d'une même famille à travers les générations, mais aussi par un certain propos, dont je m'attends encore des "révélations" dans les derniers chapitres. Il y a une unité dans le choix des séparations qui peuvent être, à mon avis, interprétées comme les facettes d'un tout.

    Peut-être un commentaire plus ample après la lecture...
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    Re: Yaa Gyasi

    Message par Avadoro le Lun 1 Mai - 23:20

    Je partage ton avis sur la perception d'un tout, mais j'ai davantage regretté l'usage systématique d'un procédé alors que j'aurais souhaité être davantage emporté. Cela reste tout de même une lecture que je conseille et qui contient beaucoup de richesses.
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    tom léo

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    Re: Yaa Gyasi

    Message par tom léo le Mar 9 Mai - 21:57



    No Home


    Originale: Homegoing, Anglais E.-U., 2016

    4ème de couverture a écrit:XVIIIe siècle, au plus fort de la traite des esclaves. Effia et Esi naissent de la même mère, dans deux villages rivaux du Ghana. La sublime Effi a est mariée de force à un Anglais, le capitaine du Fort de Cape Coast. Leur chambre surplombe les cachots où sont enfermés les captifs qui deviendront esclaves une fois l’océan traversé. Effi a ignore que sa soeur Esi y est emprisonnée, avant d’être expédiée en Amérique où des champs de coton jusqu’à Harlem, ses enfants et petits- enfants seront inlassablement jugés pour la couleur de leur peau. La descendance
    d’Effia, métissée et éduquée, connaît une autre forme de souffrance : perpétuer sur place le commerce triangulaire familial puis survivre dans un pays meurtri pour des générations.

    REMARQUES :
    Point de départ de cette histoire : la Côte d'Or du milieu du XVIIIème siècle, une partie cotière en Afrique de l'Ouest, plus tard colonie britannique et devenue indépendante dans les années 60 sous le nom de Ghana. L'histoire séparera les demie-sœurs Effia et Esi : l'une se mariant avec un soldat assez hautement gradé du Fort voisin, l'autre étant déporté aux Amériques, comme esclave. Oui, la même mère, mais grandi dans des tribus rivaux.

    De chapitre en chapitre (deux fois sept) nous changeons toujours de continent et avançons d'une génération jusqu'à arriver dans nos jours. Il m'a semblé d'y discerner des nuances justement assez fines : il s'agit pas juste de montrer les Noirs comme seulement étant de coté des victimes (ou au contraire les blancs juste comme les grands méchants). Yaa Gyasi n'hésite pas à montrer l'implication de tribus dans la traite des esclaves. Et en partant de destins de deux demie-sœurs, elle en fait pour ainsi dire aussi une action fratricide. Je te cela pas pour diminuer le rôle historique des esclavagiste, mais pour louer la grandeur de l'approche de Gyasi. La jalousie, l'envie, les préjugés ne sont pas l'apanage des blancs seulement, mais sont pour ainsi dire des attributs universels. Donc, à mon avis l'auteure évite le/un piège et montre une grande maturité. Car à la longue ce n'est pas satisfaisant d'être juste désigné comme l'éternelle victime, pour ainsi dire un jouet seulement des puissnaces extérieures.

    Continuant les histoires, les destins séparés des deux branches de la famille, il nous redevient encore une fois plus claire queles Africains et des Noirs des E.-U. Sont justement de la même famille. Il y a des liens secrets, aussi des sentiments d'incomplétude qui leur sont propres à tous les deux.

    On trouvera bien sûr aussi une histoire en soi assez passionnant qui se laisse lire avec grand intérêt. Mais en plus nous trouverons à la lecture attentive des remarques pertinentes, sur l'histoire, qui l'écrit, la participation au mal (de tous), le fait d'être partie d'une lignée et aussi d'un ensemble plus vaste. Etc...

    Il est plus que bizarre que le titre anglais signifie alors quelque chose comme « Retour à la maison », tandisqu'en français on a titré le livre avec un angicisme « pas de maison ». Pourquoi ???

    A mon avis un roman passionnant qui se laisse lire avec intérêt !
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    Armor

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    Re: Yaa Gyasi

    Message par Armor le Mar 9 Mai - 22:22

    Avadoro et tom léo, vous donnez bien envie de découvrir ce roman apparemment ambitieux.

    @tom léo a écrit:
    Il est plus que bizarre que le titre anglais signifie alors quelque chose comme « Retour à la maison », tandisqu'en français on a titré le livre avec un angicisme « pas de maison ». Pourquoi ???
    C'est une question qui se pose régulièrement. Les voies des éditeurs sont impénétrables. Wink

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    Re: Yaa Gyasi

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