Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot


Recettes culinaires et littéraires

Page 5 sur 6 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par Bédoulène le Lun 25 Mar - 8:20

surtout ne pas oublié les pois chiches !

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 12842
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par Tristram le Jeu 6 Juin - 0:26

Le plus simple est parfois le meilleur :
« Le père Brésil est allé chercher une casserole dans la cuisine et y a jeté quelques écrevisses prises dans le seau laissé à l’entrée de la maison. Quand il a posé la casserole sur le réchaud, les écrevisses se sont débattues et sont venues se cogner au couvercle. Je suis allé cueillir quelques poireaux nouveaux dans le jardin pendant que le père Brésil faisait sauter du riz dans une poêle. Le parfum de la sauce de soja a empli la cuisine et avivé ma faim. Le père Brésil a éteint le feu sous la casserole, jeté l’eau chaude et a décortiqué les écrevisses sous un jet d’eau froide. Elles qui nageaient dans l’eau claire une heure plus tôt avaient pris une couleur écarlate, et j’ai éprouvé un sentiment étrange à les voir ainsi entre ses doigts. Le père Brésil a émincé les écrevisses et les oignons, assaisonné, puis, avec habileté, a incorporé le tout au riz sauté. »
Medoruma Shun, L’awamori du père Brésil in L'âme de Kôtarô contemplait la mer
"Une lueur verte, ou peut-être dorée" me parle beaucoup...

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 8442
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 63
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par Bédoulène le Jeu 6 Juin - 7:53

"Une lueur verte, ou peut-être dorée" me parle beaucoup...

dis en plus ?

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 12842
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par Tristram le Jeu 6 Juin - 12:23

J'ai toujours eu l'impression de lumière or-vert lors de certains couchers de soleil et/ou nuages d'orages, et cette expression résume bien je trouve.

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 8442
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 63
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par Bédoulène le Jeu 6 Juin - 16:21

donc tu fais référence au titre "L'âme de Kôtarô contemplait la mer" ?

parce que l'extrait c'est plutôt dans le rouge !

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 12842
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par Tristram le Mer 12 Juin - 19:04

Cré bon d'là, c'est-y pas que qu'on n'a pas casse-croûté depuis bien longtemps ?
Voici une longue mise en bouche, mais au moins chacun(e) saura si c'est à son goût :
« Bien mieux : lorsqu’on faisait cuire des orties pour les canards, je ne manquais pas l’ouverture de la marmite, car il s’en échappait un parfum que l’on peut comparer à celui des épinards en branches, avec un petit fumet supplémentaire qui ne doit rien à personne. Un petit rien, plus nerveux et plus fin, qui fait de l’ortie un grand plat, pourvu qu’on sache l’accommoder.
Voilà comme je m’y prenais : je faisais griller dans la poêle une lichette de lard bien gras, et je le jetais tout chaud dans la purée d’ortie, additionnée de deux feuilles d’oseille.
Je me suis toujours demandé pourquoi les orties au lard ne figuraient jamais sur la table de Lucullus de la Foire gastronomique de Dijon ?
Je composais aussi plusieurs sortes de chefs-d’œuvre de grande cuisine, dont voici quelques recettes : ayez une assiettée d’orties cuites à l’eau pour les canards, salez et poivrez. Laissez refroidir et mêlez-y un quart de litre de lait caillé et légèrement aillé.
Ou bien encore, et là on atteint les très hautes cimes de la gastronomie de chambre à four : faites griller sous la cendre une douzaine d’escargots, dans leur coquille et, sans en enlever le tortillon surtout, mangez-les brûlants avec de la purée d’orties judicieusement salée et poivrée. C’est la Gazette qui m’avait donné cette recette en me disant : "Cré lougarous ! L’ortie, c’est plein de fer ! Ça te fait les nerfs comme des rains [branches] de cornouiller !" […]
Parfois, revenant de la genière avec des œufs frais, la Nannette me faisait, pour ma collation de quatre heures, une omelette aux orties, ou bien une omelette aux escargots et je me suis amusé, toujours dans le chaud secret de la chambre à four, à combiner ensemble ces deux omelettes : deux œufs, des orties, six escargots : qu’on me croie sur parole, ça dépasse en parfum l’omelette aux truffes, sans surpasser toutefois l’omelette aux petits-gris, ces champignons de sapin que notre bon instituteur appelait Tricholoma terreum. […]
C’est aussi dans la chambre à four, cette crypte sainte, que l’on faisait devant le brasier, les rôtis de grand feu, l’oie à la broche, la dinde et le poulet, dans la grande rôtissoire. Oui, la chambre à four, avec ses lourdes tentures de toiles d’araignée suspendues aux chevrons, ses murs nus et sa suie séculaire, c’était l’athanor où le feu se transformait en principe de vie ; voilà pourquoi je m’y réfugiais, pour y renifler dix siècles de ce vrai confort, qu’on n’a d’ailleurs jamais remplacé, et pour y mijoter les expériences gustatives personnelles, les seules valables.
Par exemple j’y choisissais, pour cinq ou six camarades recroquevillés là les jours de pluie, une belle betterave que l’on enfouissait, avec un hareng saur de trente centimes (six sous), dans la cendre brûlante.
Une heure plus tard, on en retirait deux espèces de longs chicots bruns saupoudrés de gris, qui, judicieusement décortiqués, livraient un moelleux mélange, digne des narines les plus subtiles et des palais les plus exigeants, et que les poules mêmes venaient nous disputer effrontément jusque sur nos lèvres !
On ne peut vraiment pas dire qu’une betterave et un hareng saur soient mets de luxe, mais le comte Charles-Louis de Vogue, que l’on attirait dans cet antre enfumé, s’en léchait les doigts jusqu’au coude. Pourtant Dieu sait qu’il avait chez lui un cuisinier toqué ! Eh bien, il nous a toujours soutenu que jamais un plat plus somptueux n’était apparu sur sa table comtale. Et il ne disait pas cela par courtoisie, compagnon !
Je ne voudrais pas quitter cette chambre à four sans évoquer un fameux "lièvre à la royale", qui nous ramène ainsi à la chasse :
C’était un beau lièvre de sept livres, le seul que j’aie jamais pris au collet, je le jure. Le vieux Tremblot, aussitôt qu’il l’avait vu, avait proclamé : "Sept livres ! juste le poids qu’il faut pour le faire "à la royale" !"
On avait donc d’abord fait un feu de bordes avec un bon fagot de bûcheron et cinq belles billes de chêne. Cela nous avait donné un lit épais de braises brûlantes dans lequel on avait enseveli notre capucin en poil, c’est-à-dire tout juste vidé de ses tripes, mais encore recouvert de sa belle fourrure rousse, et là-dessus on avait ravivé le feu avec une bourrée de brindilles et deux rondins de foyard.
Une heure plus tard, on avait retiré un affreux sarment charbonneux qui, après avoir été minutieusement épluché, avait pourtant livré un rôti prodigieux.
C’était ça, paraît-il, le fameux "lièvre à la royale", cuit dans sa peau sous la braise, mais servi avec un velouté réduit au feu et ensuite allongé de crème et d’une purée de morilles. Plat de pauvre s’il en fut, puisque tous ses éléments étaient, pour nous, gratuits, donnés par la nature, même le feu qui ne coûtait que l’allumette ! »
Henri Vincenot, « La Billebaude »

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 8442
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 63
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par animal le Mer 12 Juin - 20:02

Dans le principe ça se tient (si on oublie les escargots).

_________________
Keep on keeping on...
animal
animal
Admin

Messages : 10189
Date d'inscription : 27/11/2016
Age : 38
Localisation : Tours

http://deschosesalire.forumactif.com
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par bix_229 le Mer 12 Juin - 20:24

Los orties je les utilise souvent, surtout en soupes. Je donne les graines à
mes oiseaux.
Nous partageons aussi les pissenlits, riches en molécules diverses.
bix_229
bix_229

Messages : 10615
Date d'inscription : 06/12/2016
Localisation : Lauragais

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par Bédoulène le Mer 12 Juin - 20:53

eh bien je note les recettes avec les orties, ça changera de la soupe !

les escargots, j'en ai eu mangé (la cargolade du sud-ouest) mais je n'en mange plus depuis x années)

ce n'est pas cher le hareng saur ! Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 1390083676

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 12842
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par Tristram le Jeu 13 Juin - 18:45

Comme promis, voici encore de quoi sérieusement nous sustenter :
« Quand on s’interrompait pour boire le premier coup, on mettait à chauffer la gamelle dans les braises, elle était chaude pour les dix heures. C’était en général un ragoût de pommes de terre et de haricots avec du lard ou un morceau de tête bien cartilagineux qui rogômait [mijoter pour constituer un rogôme ‒ sorte de mauvais ragoût ?] gentiment dans sa gamelle quasiment recouverte de cendres brûlantes. C’était "le quart d’heure". Toutes les cognées se taisaient alors, et on se rendait visite de feu à feu en mangeant, et on parlait. »

« À la terrine de hure succède le brochet mayonnaise orné d’un beau persil vert que tout le monde croque sans hésitation. Puis la gruillotte, qui est civet où se marient les abats, foie, reins, poumons, collets et pieds de sangliers. Enfin, le quartier rôti servi avec une opulente sauce poivrade à base de marinade. »

« Le repas de midi était un événement : l’arrivée du bourrelier dans les fermes, pour les graissages, était une sacrée fête mangeoire, je vous le dis ! Tout en racontant les nouvelles du village que les grangiers [fermiers ou métayers des fermes isolées, appelées granges et créées par les moines de Cîteaux] écoutaient bouche bée, privés qu’ils étaient, dans leur sauvagerie, des scandales de la vallée, nous dévorions à belles dents un repas qui vous eût étendu raide le premier hépatique venu. D’abord la potée avec du lard épais comme timon de char, du côtis [quartier de côtes de porc mis au saloir], puis la poule en sauce blanche, grasse comme nonnette, puis le rôti qui pouvait bien être une oie qui avait échappé au regingot de Noël et du Jour de l’an.
Là-dessus, la Marie, "ma future belle-mère", s’essuyant les mains dans son devanté [tablier à bavette], nous demandait : "Vos é-t-i prou mégé ? " (Avez-vous assez mangé ?) "Je ne vous fais pas une omelette, des fois ? "
Le Tremblot minaudait : "On est gaudés [repus, pleins de gaudes, bouillie bourguignonne de farine de maïs grillé], ça va bien comme ça ! ", mais il se tournait vers moi… "À moins qu’t’aies encore faim, toi, petiot ?" Je ne disais ni oui ni non, ayant toujours un morceau de boyau vide, déjà à cette époque.
"Pardi ! à cet âge-là, faut pas en promettre ! Allez, allez, Marie, fais-nous une omelette, faut pas se laisser dépérir !" criait l’Ernest au comble de la liesse. Et la Marie faisait une omelette baveuse. On chargeait mon assiette et la petite Kiaire admirative disait : "Oh ! le gros gourmand ! oh ! le crevard !" Avec ça, vous pensez bien qu’un morceau de fromage et une part de flan à la semoule vous suffisaient largement pour reprendre le travail. »

« Cette épreuve passée, le foie ainsi mis en garde, on revenait à la crème. La crème partout, dans toutes les soupes, même dans la potée, dans les légumes, les épinards, les carottes, les faviauds [haricots, cf. fèves], même les pommes de terre frites avec un petit filet de vinaigre et une petite chiée de persil. Essayez et vous m’en direz des nouvelles ! Comme le répétaient souvent mes deux grands-pères en chœur, en parlant de leur temps :
‒ Ah ! coquin ! C’était pas la noce tous les jours ! On avait plus de crème, de lard et de poulet que de bouilli !
Le bouilli c’était le pot-au-feu. C’était le grand luxe, parce que très rare puisqu’il fallait l’acheter chez le boucher. Souvent, quand on louait un commis et qu’on convenait du prix, il y mettait une condition rédhibitoire : pas plus de quatre jours de lard et de volaille par semaine. Combien d’Auxois ont quitté la terre et gagné la ville, chassés par le régime lard, volaille, crème ? Les statistiques ne le diront jamais.
Pour moi, c’était une clause que je ne pouvais imposer à mes femmes qui m’eussent traité d’ingrat. Alors, toujours bon petit, soucieux de ne pas faire de peine à ses bons parents, j’ingurgitais lard, volaille et crème. De la crème dans toutes les sauces, même et surtout dans les civets, mais aussi dans les matelotes, les meurettes, les pochouses. De la crème dans les carpes au four, dans les œufs à la poêle, dans les œufs durs aux épinards, dans les champignons, tous ces plats appelés plats maigres et réservés aux jours de noire pénitence. De la crème dans la volaille, de la crème pour déglacer le jus des rares grillades, de la crème dans les fromages, même les fromages gras frais, pourtant fabriqués avec du lait non écrémé, du lait « à 60 % de matière grasse », comme disent maintenant les technocrates. De la crème dans la salade où elle remplaçait l’huile, de la crème dans la pâte à brioche ! Que voulez-vous, en Auxois, ils étaient trop pauvres pour acheter de l’huile et donc obligés de se débrouiller avec les moyens du bord, ingénieux qu’ils étaient et accoutumés, comme disaient les mémères, "ai tôt fare d’avou ren", à tout faire avec rien ! »

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 8442
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 63
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par animal le Sam 15 Juin - 8:13

Wahou. A 8h du matin voilà qui réveille !

_________________
Keep on keeping on...
animal
animal
Admin

Messages : 10189
Date d'inscription : 27/11/2016
Age : 38
Localisation : Tours

http://deschosesalire.forumactif.com
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par Bédoulène le Sam 15 Juin - 8:33

omelette baveuse, flan de semoule....................je tends l'assiette !

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 12842
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par Tristram le Lun 8 Juil - 8:57

« On servait, entre autres, de la pâte de riz, nature et cuite à l’huile, des ormiers chauffés au bain-marie, des oiseaux séchés, des perches d’Uji, des carassins d’Oomi, des filets de brême de mer séchés, des saumons farcis avec leurs œufs, des poulpes grillés, des langoustes, du grand cédrat et du petit cédrat, des fruits de citronnier noble, des kakis séchés à la broche… Il faut noter que le gruau en question faisait partie du menu. »
« Gruau d’ignames », in Rashômon et autres contes, Akutagawa Ryunosuke

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 8442
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 63
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par Tristram le Dim 6 Oct - 23:40

Un peu long, mais quand c'est bon...
« L’artichaut est un légume de solitude, difficile à manger en face de quelqu’un, divin lorsqu’on est seul. Un légume méditatif, réservé aux bricoleurs et aux gourmets. D’abord du dur, du charnu, puis, peu à peu, du plus mou, du plus fin, du moins vert. Un subtil dégradé jusqu’au beige du foin qu’un dernier chapeau pointu de feuilles violettes dévoile. La vinaigrette qui renouvelle son goût au fil des changements de texture. Un parcours que l’on rythme à sa guise. Rien ne presse dans l’artichaut. On peut sucer une feuille pendant plusieurs minutes, jusqu’à l’amertume, on peut, au contraire, racler des incisives la chair de plusieurs feuilles à la suite pour se donner une bouchée consistante. La seule figure interdite est celle de l’empiffrement. Un légume qui a ses règles d’élégance. Puis vient le moment distrayant de l’arrachage. Saisi entre pouce et couteau, le foin cède en petites touffes nettes, libérant le cœur de toute sa toison en une sorte de saisissant raccourci amoureux. Enfin arrive le moment de la récompense : à la fourchette et au couteau on peut entrer dans le cœur du légume, priant le jardinier de n’y avoir laissé aucun arrière-goût de farine.
À cet instant, Mme Martin a discrètement poussé sur la table un petit ramequin de sauce supplémentaire, à peine adoucie d’un trait de crème fraîche.
Y a-t-il seulement une place digne pour l’artichaut dans la littérature ? Un volume, une page, un paragraphe ? À vérifier dès ce soir.
Se recaler dans le fauteuil, avaler un cube de pain avant le brouilly qui déteste la vinaigrette et puis attendre la divine cervelle meunière que l’on découpe paresseusement à la fourchette et que l’on met à fondre entre langue et palais. Encore un plat de solitaire. Les intellectuels détestent qu’on mange de la cervelle sous leur nez et la cervelle au déjeuner est une grave faute de goût de la part d’un éditeur. »
Paul Fournel, « La liseuse »

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 8442
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 63
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par Tristram le Dim 20 Oct - 18:07

Continuons nos voyages culinaires :
« Il y avait d’abord une rangée de feuilles de purau en guise d’assiettes et à côté de chacune d’elles un bol rustique, c’est-à-dire une simple noix de coco à demi remplie d’eau de mer, ainsi qu’un petit pain à la mode de Tahiti, c’est-à-dire une tranche de fruit d’arbre à pain bruni par la cuisson. Sur une grande calebasse plate posée au centre, s’entassaient d’innombrables petits paquets enveloppés de feuilles humides et fumantes ; chacun d’eux contenait un poisson cuit à point dans la terre. Cette pyramide était flanquée de chaque côté d’un récipient décoratif, l’un rempli jusqu’au bord de poe doré, un pudding à base de bananes rouges des montagnes, tandis que sur l’autre s’empilaient des espèces de gâteaux confectionnés avec des racines de taro que l’on fait d’abord macérer dans un mortier, puis que l’on pétrit avec du lait de coco avant de les cuire au four. De jeunes noix de coco débarrassées de leur bourre comblaient les espaces entre les trois plats. On avait ouvert et agrandi leurs "yeux" ce qui les transformait en gobelets tout remplis.
Dans un coin, sur une sorte de nappe latérale, s’étalaient en robes jaune clair de très grosses bananes, des pommes-Cythère bien rouges et des goyaves dont la chair cramoisie transparaissait sous la peau fine comme si le sang affleurait, sans oublier des oranges brunes mouchetées et de grosses pastèques à mine réjouie qui roulaient, entraînées par leur noble corpulence. Quel bel assortiment ! Ces fruits au teint vermeil, bien mûrs et arrondis, éclataient de cette merveilleuse vigueur due au sol tropical qui les avait fait naître ! […]
Pendant que nous mangions, un jeune indigène faisait le tour de la table, porteur d’un long bambou ; de temps en temps il versait un peu du contenu sur la nappe végétale, devant chaque convive. La crème grumeleuse qui coulait goutte à goutte, avait un peu le goût du lait caillé. Ils appelaient cette sauce du lownee. Cette préparation se fait avec du coco mûr râpé, mélangé d’eau de mer et de lait de coco. On met ensuite le tout à fermenter à l’abri de l’air jusqu’à ce qu’il ait légèrement passé le stade sucré. »
Herman Melville, « Omoo : récits des mers du Sud »

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 8442
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 63
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par animal le Dim 20 Oct - 18:14

voilà qui fait bien envie...

_________________
Keep on keeping on...
animal
animal
Admin

Messages : 10189
Date d'inscription : 27/11/2016
Age : 38
Localisation : Tours

http://deschosesalire.forumactif.com
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par Tristram le Jeu 24 Oct - 12:47

Camilleri a écrit:Les tinnirume, feuilles et fleurs de cucuzzeddra, la courgette sicilienne longue et lisse, d’un blanc à peine troublé de vert, avaient été cuites à point ; elles étaient devenues d’une tendreté, d’une délicatesse que Montalbano trouva carrément émouvantes. À chaque bouchée, il sentait son estomac se nettoyer, devenir impeccable comme il avait vu faire à certains fakirs à la télévision.
Chien de faïence

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 8442
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 63
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par Bédoulène le Jeu 24 Oct - 15:49

ah! Montalbano le fin gourmet !

celle-ci ?

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Courge10

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 12842
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par bix_229 le Jeu 24 Oct - 18:15

Chez Camilleiri on trouve à boire, à manger et des jolies femmes. Un hédoniste, Camllleri et son commissaire aussi.
bix_229
bix_229

Messages : 10615
Date d'inscription : 06/12/2016
Localisation : Lauragais

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par Tristram le Jeu 24 Oct - 23:46

Puisqu'il y a des amateurs, en voici d'autre de la même adresse :
— Un ragoût d’attuppateddri.
Des attuppateddri, c’est-à-dire ces petits colimaçons marron clair qui, quand ils tombaient en léthargie, sécrétaient une humeur, laquelle formait une pellicule blanche qui servait à fermer, à attuppare, l’ouverture de la coquille. Le premier mouvement de Montalbano fut de refuser, dégoûté. Jusqu’à quand serait-il persécuté par cette obsession ? Puis, froidement, il décida d’accepter, de relever ce double défi à son ventre et à sa psyché. Devant le plat, qui diffusait une odeur très fine de couleur ocre, il dut se forcer mais après avoir extrait le premier attuppateddri avec une aiguille et l’avoir goûté, d’un coup, il se sentit libéré : l’obsession disparue, la mélancolie exorcisée, il ne faisait aucun doute que le ventre aussi allait s’adapter.

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 8442
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 63
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Recettes culinaires et littéraires  - Page 5 Empty Re: Recettes culinaires et littéraires

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Page 5 sur 6 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

 Des Choses à lire :: Discussions autour des livres :: Nos lectures

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum