Clara Dupont-Monod

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Clara Dupont-Monod

Message par chrysta le Mer 3 Mai - 16:18

Clara Dupont Monod
Née le 7 octobre 1973 à Paris


Clara Dupont-Monod possède une formation littéraire. Elle a fait khâgne au lycée Fénelon et a obtenu une licence de lettres modernes à la Sorbonne où elle découvre le vieux français, matière dans laquelle elle décroche une maîtrise. Elle débute sa carrière de journaliste au magazine Cosmopolitan puis entre comme grand reporter à Marianne à seulement 24 ans.

Par ailleurs, elle intervient régulièrement à la radio dans l'émission On refait le monde diffusée sur RTL et présentée par Nicolas Poincaré.

Elle anime depuis septembre 2014 une chronique littéraire dans l'émission d'actualité Si tu écoutes, j'annule tout sur France Inter.

Elle écrit Eova Luciole, publié en 1998. Ses ouvrages mettent en scène des personnages maltraités autant par leurs contemporains que par la postérité.

Son roman, "La passion selon Juette" (B. Grasset, Paris, 2007), décrit le combat d'une femme du XIIe siècle qui refuse les diktats d'un monde où les femmes n'ont pas leur mot à dire face à une église toute-puissante.

Ce roman a obtenu le prix Laurent Bonelli qui était décerné pour la première fois et fut retenu dans la dernière liste du Prix Goncourt 2007.

En 2011, elle publie "Nestor rend les armes", un texte sur un homme obèse. Ce roman est retenu sur la première liste du prix Fémina 2011.

Dans son nouveau roman, "Le roi disait que j'étais diable," Clara Dupont-Monod raconte l'union de la sulfureuse souveraine et du pieux Louis VII.


Bibliographie :

Eova Luciole, 1998
La folie du roi Marc, 2000
Histoire d'une prostituée, 2003
La Passion selon Juette, 2007
(Collaboration) : Bains de nuit, avec Catherine Guetta (auteur), Fayard, 2008
Nestor rend les armes, 2011
Le roi disait que j’étais diable, 2014
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Re: Clara Dupont-Monod

Message par chrysta le Mer 3 Mai - 17:00



Clara Dupont-Monod reprend cette figure mythique et invente ses premières années comme reine de France, aux côtés de Louis VII. Leurs voix alternent pour dessiner le portrait poignant d'une Aliénor ambitieuse, fragile, et le roman d'un amour impossible.
Des noces royales à la seconde croisade, du chant des troubadours au fracas des armes, émerge un Moyen Age lumineux, qui prépare sa mue.


Ce roman est construit sur deux voix qui s’interposent sans jamais se rencontrer : celle d’Aliénor et celle de Louis VII. C’est une impossible rencontre entre deux êtres englués dans des héritages familiaux dont ils ne peuvent se défaire vraiment, entourés chacun de leurs ombres qui ne sont pas les mêmes. Là où l’une porte les restes des croyances archaïques, l’autre se voue aux croyances nouvelles ; là où l’une est colère, rage, désir de se dégager du lourd regard familial qui pèse et de prouver ce qu’elle vaut, l’autre, roi par défaut, pétri de honte et de colère, va se laisser balloter entre désir pour sa femme impossible à toucher et repli sur lui-même tant elle l’amène à être un autre qu’il refuse.

« Sur le chemin du retour, la fièvre retombe. L’absurdité me saute au visage. Je redeviens un meunier aux mains noires. La ville saccagée, les cris des enfants, et mes hurlements lorsque la porte cède sous mes coups… Ces mêmes portes ouvertes au fond de moi, déversant la colère que je déteste. Et ce n’est qu’un début. (…) Je le sais. Tu me voudras guerrier avant d’être roi. Je vois bien que pour toi, il y a de la noblesse à menacer la vie. Personne ne t’a appris la grandeur du langage et de la bienveillance. Et personne ne m’a appris, à moi, que l’on pouvait aimer quelqu’un qui vous détruit. J’ai vu tes bras ouverts lorsque je suis rentré. Tu t’es inclinée devant moi puis tu as levé les yeux vers mon heaume. Tout cela m’a donné envie de pleurer. Pourquoi faut-il que tu me regardes uniquement lorsque je me ressemble si peu ? J’aurais du hurler : « cet homme n’est pas moi ! », mais c’est bien cet homme, à cet instant, que tu remerciais. Alors je n’ai rien dit."

Dans ce couple improbable qui unit Aliénor d’Aquitaine à Louis VII, c’est la dame qui tient la barre. Elle le pousse à se renier pour elle, sans jamais, ou presque, le reconnaître ni le voir. Et tout au long du roman nous entendons Louis dans sa complainte face à cette femme adulée qui ne le voit pas, voire le méprise et l’amène à moult actes terribles. Mais nous l’entendons aussi grandir, changer, peu à peu se ranger à la voie d’une raison qu’il n’acquiert que bien tard. Certes, Aliénor ne peut porter la responsabilité de ce qu’elle lui a fait commettre, il en a sa part, elle ne semble qu’avoir permis qu’il délie ses colères, tue son (ses) père(s) dans les meurtres qu’il commet essentiellement au nom de l’honneur de sa femme.

Quant à Aliénor, elle se livre telle une femme blessée, arrachée aux siens, à sa ville, ses racines. Une femme finalement restant dans le fond l’enfant dont les ombres parentales qu’elle veut apaiser la suivent une bonne partie du roman. Louis lui permettra en partie d’en être libérée.

Ce roman a été pour moi une belle découverte, et je me suis laissée bercer et emmener par la plume de l’auteur à traverser des épisodes d’histoire aux côtés de ce couple médiéval célèbre. Il noue, dans un style rapide et entrainant, les figures contraires du calme et du chaos. Il nous fait rencontrer deux personnages dans leurs aspects psychologiques, leurs failles, leurs forces, leurs faiblesses, et nous les montre évoluer page après page au fil d’une histoire dure et chargée de combats et de morts dépeinte dans une sorte de poésie horrifique.


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Re: Clara Dupont-Monod

Message par Bédoulène le Jeu 4 Mai - 10:01

j' ai lu il y a quelques années "la passion selon Juette" j'avais apprécié sa lutte en tant que femme.

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
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Re: Clara Dupont-Monod

Message par bix_229 le Jeu 4 Mai - 16:38

Merci pour elle, Chrysta !
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Re: Clara Dupont-Monod

Message par chrysta le Sam 6 Mai - 18:09



Juette est née en 1158 à Huy, une petite ville de l'actuelle Belgique. Mariée à treize ans, elle est veuve cinq ans plus tard.
Juette est une femme qui dit non. Non au mariage. Non aux hommes avides. Non au clergé corrompu. Elle n'a qu'un ami et confident, Hugues de Floreffe, un prêtre. À quelles extrémités arrivera-t-elle pour se perdre et se sauver ?
Car l'Église n'aime pas les âmes fortes ...
De ce Moyen Âge traversé de courants mystiques et d'anges guerriers, qui voit naître les premières hérésies cathares, Clara Dupont-Monod a gardé ici une figure singulière de sainte laïque.



« Je m'appelle Juette, j'ai quinze ans. Je suis mariée. J'ai sans doute été punie parce que je suis mauvaise. »

Ce roman retrace le destin de Juette de Huy tel qu’il fut conté par son ami et confident, Hugues de Floreffe. C’est de nouveau une œuvre de Clara Dupont-Monod qui fait entendre deux voix en parallèle, celle de Juette, et celle d’Hugues.

On y découvre une enfant tel un oisillon fragile qui, peu entouré de l’affection des parents, vit dans ses rêves d’histoires et de chevaliers, mais est aussi animée par la foi et par maintes interrogations qu’elle partage avec son ami religieux, Hugues. Elle est touchante dans sa fragilité, sa voix que l'on entend peu, son innocence et sa gaité d'enfant, cette petite fille maigrichonne.  est comme détruite et Mariée contre son gré après avoir prononcé un  « oui je le veux » auquel elle ne donne aucun sens, elle subit la vie maritale dans une sorte d’errance entre la souffrance de la chair, le détachement, les interrogations sans fin sur ce qui l’a menée à devoir subir cela, sur la vie et les hommes, et une haine progressive à l’égard du sexe masculin. Elle ira jusqu’à craindre la damnation pour avoir espéré la mort de son époux.

Une fois libérée des chaînes du mariage, Juette va s’affranchir peu à peu de la société, de ses peurs, croyances, ce jusqu’à remettre ouvertement en question l’ordre religieux, l’accusant de ses impiétés. Elle qui a choisi d’être auprès des lépreux, exclus par la société, sa voix et sa rebellion est entendu par nombre de femme qui la suivront comme un mentor, ainsi que d’autres, ce d’autant plus qu’elle a des extases. C'est une exemple de force et de positionnement qui jamais ne flanche, une des pionnières dans la libération des femmes de ce destin préécrit qu'on leu impose, mais aussi une femme pieuse qui va s'enfermer de plus en plus dans ce lien particulier qu'elle entretient avec sa foi.

Hugues, quant à lui, est touchant de sa présence constante et délicate envers Juette, dans ses attentes dans l'ombre à différents moments de sa vie, dans la permanence de sa pensée envers elle, de comment elle le touche, comment il va l'aimer en ne lui touchant que le cœur.
Il m'a émue dans son évolution au fil des années, dans ses peurs pour Juette, ses sentiments jamais nommés, seul à attendre dans l'ombre de cette femme devenue sainte qui ne sera plus pour lui à la fin que celle qu'il attend sans espoir pour qu'enfin peut être elle réponde à cette question qu'il a et demeure en suspens...

Un roman intéressant, mais lu très vite après "Le roi disait que j'étais diable", je ne me suis pas laissée emmener aussi facilement dans ce style particulier de l'auteur en tant qu'il m'a donné un arrière goût de déjà vu, même si le fond est différent. Juette est ici dépeinte en partie de par les éléments collectés à son propos par Hugues, d’autre part par l’imaginaire de l’auteur qui lui donne vie, émotion, l’interprète, la parle … certainement aussi par ce qu’induisent les écrits de Hugues de Floreffe.

Je dirai que le style de l’auteur est à découvrir, mais peut être si chaque roman se fait sur la même trame cela risque de devenir lassant, bien que reprenant des moments historique datant du moyen âge, période semble t’il de prédilection de l’auteure


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Re: Clara Dupont-Monod

Message par Hanta le Sam 6 Mai - 23:28

Nestor rend les armes



Au début je dois bien le dire, je n'ai pas du tout aimé. Et quand on aime pas le début d'un récit de petite taille, l'on se dit que l'impression du début n'aura pas le temps de changer.
Le souci étant que je ne sais pas du tout pourquoi cela ne m'a pas plu au premier abord. Peut être une question de contexte je ne sais pas.
J'ai persisté et c'est là que je me dis qu'il faut finir le plus possible les ouvrages que l'on commence car l'on peut être finalement agréablement surpris.
C'est une jolie histoire, triste, mais jolie. Les personnages sont attachants, Nestor est une douleur ambulante et on peut le comprendre, lorsque l'on prend conscience de la globalité de son existence.
Paradoxalement à sa corpulence c'est un personnage qui ne prend pas de place, qui rétrécit au fur et à mesure et c'est une impression troublante que le style de l'auteur, performant sur ce point, utilise parfaitement.
Mais il y a un bémol. Ce style, performant, n'a rien de particulier, je ne sais pas si en lisant un autre livre de cette auteure et si on m'en cache la couverture, je serais dans la capacité de reconnaître qui l'a écrit. Il n'y a rien de spécifique et je trouve cela gênant. C'est propre, académique, un peu facile peut être.
Le récit est typique de ce que je trouve dommage en littérature française actuelle, peut être héritée du nouveau roman : tout tourne autour, tout est articulé autour d'un quotidien de personnages qui ont des problèmes et si ces ouvrages ne sont pas sauvés par un style atypique ou original alors ils peuvent se confondre aisément. C'est un récit de l'actualité individuelle, il n'y a pas de thématique transcendante, pas d'environnement global, un narrateur trop neutre, et la seule originalité réside dans les trois fins proposées que le lecteur peut choisir. Ce sont d'ailleurs des fins qui auraient pu être complémentaires elles ne proposent pas de directions fatalement différentes.
C'est donc une lecture mitigée, elle ne fut pas désagréable, le livre possède quelques qualités mais je ne suis pas certain de m'en souvenir la semaine prochaine.
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Re: Clara Dupont-Monod

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