Gérard Garouste

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Gérard Garouste

Message par chrysta le Dim 7 Mai - 9:43

Gérard GAROUSTE
Né le 10 mars 1946


Gérard Garouste est un peintre, illustrateur, décorateur et sculpteur français.

Il fait ses études à l'École des beaux-arts de Paris de 1965 à 1972, dans l'atelier de Gustave Singier.
En 1977, il présente au Palace Le Classique et l'Indien, un spectacle dont il est l'auteur, le metteur en scène et le décorateur. Il interviendra au Palace jusqu'en 1982, comme scénographe et comme peintre.
En 1980, il expose pour la première fois à la galerie Durand-Dessert, avec une peinture figurative, mythologique et allégorique. C'est le début de sa reconnaissance nationale, puis internationale.

Il a réalisé des œuvres ou des décors pour le palais de l'Élysée (peintures), la cathédrale d'Évry (sculptures), le théâtre de Namur (plafond), une fresque pour la salle des mariages du bel hôtel de ville gothique de Mons ou encore l'église Notre-Dame de Talant (vitraux). En 1989, Garouste réalise le rideau de scène du théâtre du Châtelet.
Depuis 1979, il vit et travaille à Marcilly-sur-Eure dans l'Eure, où il a fondé une association d'action éducative et sociale d'aide aux enfants par l'art nommée La Source.


Bibliographie :

Gérard Garouste, Paris, Flammarion, 2009 (préface de Michel Onfray)
L'Intranquille. Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou, Paris, L'iconoclaste, 2009
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Re: Gérard Garouste

Message par chrysta le Mar 9 Mai - 7:49



L'intranquille

"Je suis le fils d'un salopard qui m'aimait. Mon père était un marchand de meubles qui récupéra les biens des Juifs déportés. Mot par mot, il m'a fallu démonter cette grande duperie que fut mon éducation. À vingt-huit ans, j'ai connu une première crise de délire, puis d'autres. Je fais des séjours réguliers en hôpital psychiatrique. Pas sûr que tout cela ait un rapport, mais l'enfance et la folie sont à mes trousses. Longtemps je n'ai été qu'une somme de questions. Aujourd'hui, j'ai soixante-trois ans, je ne suis pas un sage, je ne suis pas guéri, je suis peintre. Et je crois pouvoir transmettre ce que j'ai compris. "


L’histoire commence à la disparition du père de Gérard, une mort qui ne l’émeut pas et dont il dit :  « Sa mort ne change pas grand-chose. Elle ne résorbe rien. Je vis depuis toujours dans la faille qui existe entre lui et moi. C'est là que j'ai compris mon rapport aux autres et au monde. »

Fils d’un père brutal dont la réussite professionnelle et sociale est liée à la seconde guerre et qui a professé toute sa vie sa haine contre les juifs, Gérard nous entraîne au fil des pages dans son histoire, et dans comment, face à l‘héritage d’un père qui, n’ayant pu être héros a fait salaud, il va s’en dégager peu à peu.

Ce livre, c’est l’histoire d’une vie au travers d’une relation entre un père et son fils, et de comment elle construit, guide, ce dernier. C’est l’histoire aussi d’une souffrance face à la maladie qui prend Garouste à l’aube d’être père lui-même et qui l’accompagnera toujours par la suite, fera partie de son quotidien et de celui de ses proches.

C'est aussi l'histoire d'un peintre, et de son essor progressif dans un monde qui n'était pas celui d'aujourd'hui

Un témoignage écrit simplement, touchant, un récit court à traverser sur les vagues des mots et des maux de l’auteur et dont on ne sort pas indemne.


mots-clés : #biographie
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Re: Gérard Garouste

Message par bix_229 le Mar 9 Mai - 17:14



L'INTRANQUILLE

De L'Intranquille, tout -ou à peu près- a été dit. Je n'ajouterai rien, sinon qu'intranquille je le suis aussi. Et que ce n'est jamais un choix mais le résultat de ce qu'on a vécu -mal vécu- dans l'enfance d'abord... Ce n'est pas une malédiction, mais une source d'interrogations sans fin et pour lesquelles, il y a rarement de réponses. Mais plus souvent d'autres questions. Rarement des certitudes. Mais parfois le plaisir pervers de se dire qu'on n'aime pas les certitudes ni les gens qui en ont. Et que les réponses sont en nous, si elles existent...

Autre avantage : comprendre les autres intranquilles... Une sorte de famille qu'on repère presque infailliblement. Et ensuite, si l'on est suffisamment patient et imaginatif, comme Garouste, arrivent des pistes, des ébauches de chemins, des trouvailles inattendues qui ne valent que pour soi. Pas de mode d' emploi ni d'exemplarité.

Un dernier mot, Garouste a bien raison d'enfoncer le clou pour dire et insister sur le fait que le couple présumé folie/génie n'existe pas. Et qu'un Van Gogh en bonne santé aurait peint davantage et peut-être mieux encore...Et que les psychotropes ne vous apporteront en aucun cas le talent si vous en êtes dépourvu. Michaux a depuis longtemps mis en garde : Si vous n' avez pas de génie, n'essayez pas de le chercher par les psychotropes, ils vous détruiront sans rien vous apporter que des visions psychédéliques momentanées.
Dans le meilleur des cas.
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Re: Gérard Garouste

Message par topocl le Mar 9 Mai - 17:39



L’intranquille
le livre est écrit avec Judith Perrignon

.
Gérard Garouste, peintre coté sur le marché international de l'art, plus ou moins considéré comme « officiel », raconte comment un homme se construit, ce déconstruit, puis se reconstruit perpétuellement, un homme, c'est-à-dire lui-même.
Et tout y est. L'histoire familiale et ses secrets peu a peu découverts, le père autoritaire - plus qu'autoritaire : terrorisant, pour lequel il fallut à Garouste des années avant de comprendre qu'il l’aimait cependant,

un mélange de force physique et de bêtise, un faible s'abritant derrière la colère


la mère transparente à force d'être effacée, les années d'apprentissage tantôt douces et tantôt rudes, les rencontres de passage, anonymes ou célèbres, qui ouvrirent une piste, donnèrent un espoir, tracèrent un chemin.

J'aurais pu sombrer, rester dans l'ignorance, laisser s’user ma vie sans même qu’elle ait commencé, mais je sentais grandir en moi l’urgence et j'avais tellement le sentiment d'être fragile que je n'avais plus rien à perdre.

Ainsi se fait peu à peu le chemin de Garouste, homme aux racines torturées, jamais bien à sa place, et errant entre un art salvateur et une folie dévastatrice, perpétuellement porté par l'un et menacé par l'autre.

Car la personne dont j'avais le plus peur n'était pas mon père, mais moi.

Être dans la lune, c'est une soupape de sécurité quand les choses deviennent insupportables.

Je peins, débarrassé de l'excitation du succès, je ne redoute que le prochain internement.

Je suis fragile 24 heures sur 24.


Un chemin où la émotion est une menace, la peinture un exutoire, la pensée un tuteur, pour un homme élevé dans un antisémitisme mortifère, qui adopte les rituels juifs de son épouse juive, étudie la Torah, en tire une pensée de dignité et de tolérance qui est son soutien quotidien.

Le Talmud dit d'ailleurs qu'il ne faut pas lire la Bible seul, elle se discute, elle s'arrange pour être compliquée et faire douter les hommes.

Qu'on ne me demande pas si je suis encore athée, c’est une question de catholiques qui oblige à se situer par rapport à la foi. Je me fous de l'existence de Dieu, appelons le x et raisonnons sur nous-mêmes. J'ai besoin d'une réflexion sur l'être et la connaissance, j'y vois comme une architecture de la pensée.


Et parlons  de son épouse, Élisabeth, évoquée, suggérée, déesse protectrice du peintre maudit, toujours là, discrète mais solide, ancrage salvateur.

Un livre concis et intelligent, sur un grand artiste qui interpelle, mais n'en est pas moins un homme, un homme qui pense et qui souffre. Un témoignage d’une humble lucidité pour un quêteur de vie que son talent a placé sous les projecteurs, et qui a refusé de se laisser éblouir par eux..

Evidemment, au passage, des réflexions réconfortantes sur l'art :

Voilà le tableau. Il est fait de mes pauvres secrets de famille, mais tout le monde en a. Je ne suis pas historien, pas philosophe, je mets en scène des histoires, la peinture les fait ensuite voyager, elle les dépose sur d'autres rétines que la mienne, réveille d'autres mémoires, d'autres morts, d'autres questions. Sa destinée est d’être regardé, de résonner, de s’émanciper, de s'éloigner du sujet dont elle est issue.


« Un peintre a toujours un père et une mère, il ne sort pas du néant », disait Picasso.
Moi, je sortais du néant. La famille rongeait les os d'obscurs tabous. L'école ne m'avait  ouvert aucun chemin. Rien ne m'avait été transmis. Quant à Picasso, qui bientôt allait mourir, il avait dévoré l'héritage, il était de ces génies qui tuent le père et le fils. Il avait peint jusqu'au bout et magistralement cassé le jouet. Il avait cannibalisé, brisé la peinture, ses modèles, ses paysages, et construit une oeuvre unique.

L'artiste le mieux vendu aujourd'hui s'appelle Jesse Koons, il a commencé trader à Wall Street, il a su digérer Duchamp et l'objet comme oeuvre d'art, Warholl et l'immersion de l'art dans la société de consommation, son atelier à tout d'une entreprise et il n'a aucun complexe à dire qu’il s'intéresse plus au prix de ses oeuvres et qu’à ses oeuvres elles-mêmes. Il est le gagnant d'une époque faible, saoulée de télévision, d'argent et de performances où le métier d'artiste est très prisé. « Chômeurs ! Devenez artistes contemporains », écrit donc Ben. « L'art c'est l'espace qui existe entre mes doigts de pieds » clame-t-ils aussi. Mais il faudra toujours des gens qui peignent, sculptent, écrivent loin du système, sans détester le passé, la rigueur et les règles de l’art, sans renoncer à la sincérité et à l'émotion que notre époque éteint ou détourne à force de surenchère.
Les artistes sont aujourd'hui comme les alpinistes une fois l’Everest vaincu. Ils peuvent décider de monter sans cordes ni piolet, à reculons, torse nu, surenchérir toujours sur la performance. Ou au contraire mettre leurs pas dans ceux des maîtres, chercher leurs propres sensations, leurs propres vibrations sur le toit du monde.

(commentaire récupéré)


Dernière édition par topocl le Mer 10 Mai - 7:43, édité 1 fois

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Re: Gérard Garouste

Message par chrysta le Mar 9 Mai - 20:09

@topocl a écrit:L’intranquille
le livre est écrit par Judith Perrignon

A priori il est écrit avec Julie Perrignon mais pas par elle ... d'après ce que j'en ai compris
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Re: Gérard Garouste

Message par topocl le Mer 10 Mai - 7:42

En effet cela doit plutôt être avec. Je vais corriger.

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Re: Gérard Garouste

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