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Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

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    Ramuz Charles-Ferdinand

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    Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par bix_229 le Mar 16 Mai - 18:52

    Charles Ferdinand Ramuz
    (1878 - 1947)



    C.F. Ramuz est né à Lausanne le 24 septembre 1878, dans une famille de commerçants. Après une licence ès lettres classiques à l'Université de Lausanne, il enseigne au collège d'Aubonne (Vaud), puis est précepteur à Weimar (Allemagne). Mais l'enseignement ne le satisfait pas; dès l'âge de douze ans, il veut devenir écrivain.

    En 1903, il part pour Paris, sous prétexte de rédiger une thèse sur Maurice de Guérin, thèse qui ne verra jamais le jour. Il séjourne à Paris jusqu'en 1914, avec de fréquents retour au pays.

    Ramuz publie ses premiers textes en 1903: Le Petit village, un recueil de poèmes.
    L'année suivante, il est l'un des fondateurs de La Voile latine avec les écrivains C.A. Cingria et Gonzague de Reynolds et le poète Henry Spiess, qui veulent défendre la latinité contre la germanisation larvée de la langue française, retrouver l'âme et le corps du pays par une nouvelle conception des arts et des lettres.

    Dans ses premiers textes, écrits lors de sa période parisienne (Aline (1905), Jean-Luc persécuté (1909), Vie de Samuel Belet (1913), Aimé Pache, peintre vaudois (1911)), Ramuz développe ses grands thèmes: solitude de l'homme face à la nature, poésie de la terre. Les romans de cette période sont centrés sur un personnage.

    En 1914, Ramuz retourne en Suisse où il mènera une vie relativement retirée. Ce retour coïncide avec une évolution dans son écriture: abandon de la narration chronologique et linéaire; multiplication des points de vue; substitution, au protagoniste traditionnel, d'une collectivité qui s'exprime à travers le "on" anonyme. L'écriture cherche alors à exprimer, dans sa nudité, le drame de collectivités villageoises combattant les forces du mal, les forces qui travaillent ces communautés, guerre, misère, peurs, menaces cosmiques, mais également le plaisir de l'activité créatrice. Le règne de l'esprit malin (1917), La guérison des maladies (1917), Les signes parmi nous (1919), Présence de la mort (1922), La séparation des races (1922) appartiennent au premier groupe; Salutation paysanne (1919), Terre du ciel (1921), Passage du poète (1923), au deuxième.

    En 1914 également, Ramuz fonde, avec Edmond Gilliard et Paul Budry, les Cahiers vaudois, qui succèdent à la Voile latine disparue en 1910. Le premier numéro est constitué du texte de Ramuz Raison d'être (1914), sorte de manifeste, où il exprime sa volonté de ressemblance à une nature, un pays, une langue.
    L'expression de Ramuz se fait dès lors de plus en plus personnelle. La critique, en particulier en France, accueillera très mal les audaces stylistiques et la libre disposition de la langue et de la composition narrative dont fait preuve Ramuz. De grands noms de la littérature reconnaîtront cependant le talent de l'écrivain dès la fin des années 20, parmi lesquels Paulhan, Gide, Claudel, Cocteau, Aragon.
    Cette période de l'oeuvre ramuzienne atteint son apogée dans les années 20, avec des romans tels que L'amour du monde (1925) ou La grande peur dans la montagne (1926).

    La fin des années 20 et le début des années 30 voient Ramuz atteindre la pleine maturité avec La beauté sur la terre (1927), Adam et Ève (1932), Derborence (1934), Le garçon savoyard (1936). Les personnages y incarnent les grands projets mythiques de l'homme. Le courant lyrique et poétique y est au service d'une vision tragique de l'homme pour qui seule la mort est au bout de la quête.

    À cette période de maturité, correspondent des essais (Taille de l'homme (1933), Questions (1935), Besoin de grandeur (1937)) dans lesquels Ramuz reprend les thèmes mythiques de ses romans, la nature, le paysan, l'ordre, la liberté, l'argent, le travail, et où il s'interroge, conscient des périls qui menacent alors l'Occident, sur les vérités premières à défendre et à maintenir.

    La dernière période de la vie de Ramuz, marquée par la tragédie de la Seconde Guerre mondiale, laisse une grande place à la retrospection, aux souvenirs (Paris, notes d'un Vaudois (1938), Découverte du monde (1939), René Auberjonois (1943)) qui voisinent avec des textes, en particulier des nouvelles (La guerre aux papiers (1942), Nouvelles (1944), Les servants et autres nouvelles (1946)) qui sont l'aboutissement d'un art à son plus haut niveau de perfection.

    Charles-Ferdinand Ramuz est mort le 23 mai 1947, à Pully, près de Lausanne.


    pages.infinit.net

    Bibliographie

    1903 Le Petit Village (poèmes)
    1905 Aline, 2
    1906 La Grande Guerre du Sondrebond
    1907 Les Circonstances de la vie
    1908 Le Village dans la montagne
    1908 Jean-Luc persécuté
    1910 Nouvelles et Morceaux
    1911 Aimé Pache, peintre vaudois
    1913 Vie de Samuel Belet
    1914 Raison d’être
    1914 Adieu à beaucoup de personnages et autres morceaux
    1914 L’Exemple de Cézanne
    1914 Chansons
    1915 La Guerre dans le Haut-Pays
    1917 Le Règne de l'esprit malin
    1917 Le Grand Printemps
    1917 La Guérison des maladies
    1919 Les Signes parmi nous
    1920 Histoire du soldat
    1920 Chant de notre Rhône
    1921 Salutation paysanne et autres morceaux
    1921 Terre du ciel
    1922 Présence de la mort
    1922 La Séparation des races
    1923 Passage du poète (ou Fête des vignerons)
    1925 L'Amour du monde
    1925 Le Cirque
    1925 Joie dans le ciel
    1926 La Grande Peur dans la montagne
    1927 La Beauté sur la terre
    1927 Vendanges
    1928 Forains
    1928 Six cahiers
    1932 Farinet ou la fausse monnaie
    1932 Hommage au Major
    1932 Portes du lac
    1932 Adam et Eve
    1933 Une main
    1933 Taille de l’homme
    1934 Derborence
    1935 Questions
    1936 La Suisse romande
    1936 Le Garçon savoyard
    1937 Besoin de grandeur
    1937 Si le soleil ne revenait pas
    1938 Paris, notes d'un Vaudois
    1938 Une province qui n'en est pas une
    1939 Découverte du monde
    1940 L'Année vigneronne
    1941 Œuvres complètes
    1942 La Guerre aux papiers
    1943 Noces et autres histoires russes
    1943 Pays de Vaud
    1943 Vues sur le Valais  
    1943 René Auberjonois
    1944 Nouvelles
    1946 Les Servants et autres Nouvelles
    1946 Histoires (un homme - la vieille Rosine - le petit enterrement)

    Ouvrages posthumes
    1947 Carnet de C.-F. Ramuz. Phrases notées au hasard des lectures
    1948 Les grands moments du XXe siècle français
    1949 Fin de vie
    1949 Journal. Dernières pages 1942-1947
    1951 L'Exemple de Cézanne, suivi de Pages sur Cézanne
    1951 Chant de Pâques
    1951 Le Village brûlé
    1956 Lettres 1900-1918
    1959 Lettres 1919-1947
    1967 C.-F. Ramuz, ses amis et son temps
    1975 La Vie meilleure / Les Âmes dans le glacier
    1982 Nouvelles, croquis, morceaux
    1984 Aujourd'hui : revue littéraire dirigée par C.-F. Ramuz et Gustave Roud
    1984 Critiques d'art
    1986 À propos de tout
    1987 Critiques littéraires
    1989 Correspondance Ansermet / Ramuz (1906-1941)
    1990 Montée au Grand Saint-Bernard
    1992 Le Gros Poisson du lac
    1999 Notes du Louvre 1902-1903
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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par bix_229 le Mar 16 Mai - 19:01

    Charles Ferdinand Ramuz n' a pas encore de fil ?

    Non, mais je reeeeeeve ! Shocked






    C'est un petit pays qui se cache parmi
     ses bois et ses collines ;
     il est paisible, il va sa vie
     sans se presser sous ses noyers ;
     il a de beaux vergers et de beaux champs de blé,
    des champs de trèfle et de luzerne,
     roses et jaunes dans les prés,
     par grands carrés mal arrangés ;
     il monte vers les bois, il s'abandonne aux pentes
     vers les vallons étroits où coulent des ruisseaux
     et, la nuit, leurs musiques d'eau
     semblent agrandir encore le silence.
     Son ciel est dans les yeux de ses femmes, la voix des fontaines dans leur voix ; on garde de sa terre aux gros souliers qu'on a pour s'en aller dans la campagne ; on s'égare aux sentiers qui ne vont nulle part et d'où le lac parait, la montagne, les neiges et le miroitement des vagues ; et, quand on s'en revient, le village est blotti autour de son église, parmi l'espace sombre où hésite et retombe la cloche inquiète du couvre-feu.  
                                            
    Charles-Ferdinand Ramuz, Le Petit Village.

     

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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par bix_229 le Mar 16 Mai - 19:05

    Je vais revenir pour vous parler un peu de La Beauté sur la terre que je viens de lire.
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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par animal le Mar 16 Mai - 22:42

    C'est que ça ne s'improvise pas. Il n'est jamais bien loin mais ça fait un certain temps que je ne l'ai pas lu et ça me gênerait de faire juste du copier-coller. Par contre j'encourage tout le monde à le lire !


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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par topocl le Ven 26 Mai - 11:47

    Passage du poète



    C'est, le temps d'une saison agricole, un vannier qui s'installe au village, témoin, scrutateur, confident, ami. Son œil autre donne comme du sel à ce village vigneron accroché aux pentes de la montagne, en surplomb du lac. Au fil des siècles, les hommes ont construit des murs et des terrasses, pour permettre cette culture exigeante, à laquelle ils  se  livrent corps et âme.

    Ramuz, suivant le rythme de la vigne et des mini-événements qui font la vie du village, compagnon des hommes et des femmes,  avance à pas joliment pesants, solides, déterminés. Sa poésie interne, lourde du temps, du geste, du paysage et de la pensée,   donne vie à ces hommes voués à une seule tâche, avec l'intuition qu'un autre monde est  possible (et va sans doute l'emporter). Mais la conviction est là que le travail, la tradition, le geste répété de jour en jour et d'année en année leur confère, malgré la peine,  une noblesse simple mais inégalée. Le choix n'est pas réellement là, d'ailleurs:
    "Parce qu'il nous a été dit dans les commencements du temps : « vous travaillerez… »",
    "Et c'est comme ça que ça va".
    Mais cette absence de choix qui ancre dans le monde et le paysage, est  une assez belle façon d'écrire sa vie.
    Bovard, les mains autour du manche du fossoir, regarde d'en dessus les changements du monde, lui qui ne change pas.
    C'est beau, par moments à la limite de l'hermétique, souvent fluide comme un homme qui avance sur le chemin.
    Beau comme du Ramuz, en somme.



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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par Bédoulène le Sam 27 Mai - 8:00

    merci topocl, tu fais ressurgir des émotions de certaines lectures.


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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par bix_229 le Lun 29 Mai - 17:50



    La Beauté sur la terre.

    Il est surpris Milliquet quand il reçoit une lettre posthume de son frère.
    Il n' a plus de nouvelles de lui depuis vingt ans et la lettre postée de Cuba lui annonce
    qu' il a une fille et il demande à Milliquet de l' accueilliir.
    Chez Milliquet, c' est un troquet situé au bord du lac Léman.
    Un commerce qui vivote sans plus.

    Accueillie à la gare, Juliette, c' est son nom est accueillie par son oncle.
    Elle reste dans sa chambre, muette. On lui sert à manger et elle continue à se taire.
    La femme de Milliquet est aigre et jalouse. Tous deux forment un couple du genre "bètes et méchants."
    Qu' attendre d' eux ?

    Le bruit de l' arrivée s' est ébruité rapidement et les hommes se pressent au bar pour voir la belle.
    Milliquet se dit que c' est peut etre une affaire pour faire tourner son commerce.
    Mais il se heurte à un refus et Juliette s' enfuit.
    La fuite est son seul recours désormais.
    Nulle part il n' est dit qu' elle est belle, mais sa beauté se lit dans le regard de tous ceux
    qui la voient.

    Jules Rouge, un vieux pecheur décide de l' accueilir dans sa maison.
    En tout bien tout honneur. Il rajoute une pièce et la meuble à ses frais.
    Elle accepte aussitot de l' aider à la peche qu' elle connait bien.

    Les choses pourraient continuer ainsi, mais mais Milliquet dépité, tente de récupérer
    sa nièce en faisant accuser Rouge de détournement de mineure.
    Mise au courant, Juliette s' enfuit poursuivie comme une proie par un Savoyard.
    La situation ne va dès lors cesser d' empire.
    La  pression des prédateurs du village se renforce. et menace.

    Un accordéoniste italien et bossu, propose  alors à Juliette de s' enfuir avec lui après
    fete du village.
    Elle aime sa musique et accepte.
    Mais la violence est là, implacable.

    Telle est cette  histoire. Elle est rude.
    On en retient l' idée que la beauté est pour ceux qui qui savent la voir et la retenir, l' aimer
    et la respecter.
    Pas pour ceux qui la convoitent, veulent la posséder, la souiller ou la détruire.
    Et dans le village, seuls Rouge et l' accordéoniste la respectent. peut etre parce qu' ils partagent
    la meme solitude.
    La beauté de Juliette réenchante le monde mais elle est dangereuse et vulnérable.
    Elle a tendance à  rendre fou ceux qui la regardent en face.

    « Car est-ce qu’on sait que faire de la beauté parmi les hommes ? "

    Ramuz


    Dernière édition par bix_229 le Lun 29 Mai - 18:19, édité 1 fois
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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par Bédoulène le Lun 29 Mai - 18:08

    merci Bix pour ce commentaire qui me fait imaginer.


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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par topocl le Lun 29 Mai - 18:53

    La beauté sur la terre

    Je vais mettre juste quelques mots car je dirais que ce n’est pas mon préféré en matière de Ramuz (vous admirerez mon art de la litote).
    C’est une histoire finalement tout plein naïve , de personnages assez archétypaux, qu’il aurait fallu prendre comme un conte. Mais sans assez de magie pour cela, non plus, tous ces hommes, ces jeunes et vieux coqs fascinés par la belle.
    Et le style m’ a gênée, surtout : il enfonce un peu trop le clou, Ramuz, cette fois. Ces on qui ne désignent personne, ces perpétuels passages du passé au présent. Je le sentais retenir sa plume, laisser venir, tenir la note à n’en plus finir. Cette façon de piétiner et faire du sur place, de dire sans dire. Nombreux passages m’ont paru volontairement floutés, il me manquait une assise solide et claire, j’avais l’impression que ce roublard de Ramuz prenait un malin plaisir à me perdre.
    Et puis , par moments, par éclairs, ça redevenait lumineux, les lumières et les couleurs, la montagne et le jaillissement de l’eau, une note d’humour, des petites remarques sur le progrès qui cherche à se faire une place….ça me rappelait ce que j’avais aimé ailleurs, et sans doute aimerai à nouveau dans d’autres lectures.

    (commentaire récupéré)


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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par églantine le Lun 29 Mai - 19:44

     La grande peur dans la montagne
    Commentaire rapatrié .






    Une première rencontre avec RAMUZ pour moi aussi !
    Tout d'abord , j'ai vite compris qu'il fallait que je" me décrispe" si je voulais partir là-haut , tout là haut et comprendre de quoi il retournait ! Car Ramuz fait fi de la syntaxe et des lois grammairiennes : il opte pour cette langue parlée issue du Pays Vaudois à une certaine époque , une "langue" usitée uniquement par ces gens du cru qu'il met en scène ; après "décrispation" , le charme agit !

    Le charme de "ses contes et légendes d'autrefois" , racontées au coin du feu .....avec ses procédés narratifs redondants pour créer une athmosphère , retranscrire une ambiance .......et je me suis amusée à en lire quelques passages à haute voix et là j'ai senti que la clé résidait !


    RAMUZ a écrit:
    "Il faisait rose .Il faisait rose dans le ciel du côté du couchant .Quant on était au pied de l'église , on voyait que sa croix était noire dans ce rose .
    En haut du grand clocher , il  avait le croix de fer ; d'abord elle a été noire dans le rose , ce qui faisait qu'on le voyait très bien , puis elle s'est mise à descendre .
    On voyait la croix descendre , à mesure qu'on montait ; on l'a vue venir contre les rochers , le longs desquels elle glissait de haut en bas , elle est venue , ensuite , se mettre devant les forêts noires comme elle , et elle n'a plus été vue ".
    Ce court passage en lecture silencieuse me parait hermétique , car l'écriture ne s'adapte pas à celle_ci : Dès lors que la musicalité des mots apparait , le sens du texte se réveille !
    Et comme il s'en passe des choses dans cette montagne ......Les hommes n'y font pas loi :
    RAMUZ a écrit:
    "C'est que la montagne  a ses idées à elle , c'est que la montagne a ses volontés"
    affraid
    Dans un milieu aussi fermé et une nature aussi hostile , la conscience collective prend une dimension essentielle ! Alors dès lors que le danger guette l'équilibre fragile de ces "micro-sociétés" , c'est l'imaginaire qui prend le dessus lorsque la connaissance scientifique est absente !
    C'est la naissance des superstitions , celles qui font briller les yeux des petits enfants lorsqu'ils écoutent ces histoires du temps passés dans nos campagnes , dans nos montagnes ....celles-là même qui terrorisaient les gens de terroir car témoignant toujours de malheur , famine et catastrophe !


    Aujourd'hui encore , "cette grande peur dans la montagne" continue à exister .....autrement ....

    Car les alpages existent toujours , les pierriers et glaciers aussi toujours aussi imprévisibles , les orages  qui pourraient faire croire à la colère d'un dieu....
    et les maladies qui déciment un troupeau en quelques jours aussi !!!! (et dans le contexte Alpin , lorsque vous devez marcher plusieurs heures dans cette montagne aussi diabolique qu'enchanteresse pour retrouver la civilisation , c'est aussi tragique et angoissant ! ).....

    Ce texte m'a parlé car je cotoie au quotidien ces rudes montagnards peu éloignés de ceux que nous décrit Ramuz ; quant à la trame romanesque : je l'ai vécue comme un prétexte pour parler de "ces gens de là-haut" et de leur enfermement dans cette montagne qui peut passer du rose .....au noir ..en quelques secondes , ne laissant aucune chance à celui qui n'a pas anticipé ou  aurait enfreint ses lois immuables .... je ne m'y suis pas attachée !
    En revanche , j'ai eu un immense plaisir à me saisir de certains passages descriptifs  leur donnant vie avec la voix : c'était magique , j'entendais presque l'écho derrière ..........


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    Et, de nouveau, elle se sentit seule en présence de sa vieille antagoniste, la vie.
    La promenade au phare . Virginia Woolf .
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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par bix_229 le Lun 29 Mai - 21:04

    Pas faux tes propos, Topocl !
    Mais je m' arrange pour imaginer ce que je ne trouve pas forcément...
    Ta lecture est précise, presque scientifique.
    La mienne, celle d' un reveur !
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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par animal le Lun 29 Mai - 21:35

    Copieusement tordu à la sauce "Ramuz d'en bas" cette Beauté sur la terre ? Des traits appuyés presque caricaturaux et des plages beaucoup moins directement lisibles. Toujours la question de l'élément perturbateur, d'une sorte d'hallucination collective ou d'aveuglement ? Construction puissamment picturale... (Il va me falloir ma dose bientôt).


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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par topocl le Mar 30 Mai - 11:18

    La Grande peur dans la montagne



    Il y a un ton, il y a une histoire et ça me convient.
    C'est raconté avec une espèce d'oralité travaillée, qui peut passer pour maladroite ou qui peut prendre aux tripes comme le fait un conteur, avec son charisme, ses hésitations, ses répétitions, ses maladresses. On s'en fout, si on est pris

    Donc c'est l'histoire d'une malédiction prise à la légère et la punition qui s'en suit.
    C'est une histoire en forme de légende, de conte populaire, avec ce que cela implique de grandeurs et de banalités,  de stéréotypes et d'approximations.

    Surtout c'est l'histoire d'un chemin, entre le village et le pâturage maudit. Ceux qui montent, ceux qui descendent, chaque fois portant l'histoire où elle en est, chaque fois donc le chemin est vu autrement. Les bruits, le vent, le torrent qui gronde qu'on ne s'en entend plus parler, la lumière qui change. C'est un roman de bruit et de silence, de couleurs et de lumières changeantes.

    C'est, comme Derborence, l'histoire d'un amour fou et naïf  pour lequel on est prêt à tout perdre, l'histoire de l'homme muet et résigné devant la colère de la nature. Et une espèce de sagesse populaire résignée transforme tout cela en un récit à se redire au coin du feu, mi fasciné, mi-terrorisé, en réchauffant quelques châtaignes. Un récit de par chez nous, en quelque sorte.

    (commentaire récupéré)


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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par Bédoulène le Mar 30 Mai - 11:33


    Vie de Samuel Belet

    J'aime ce récit de vie des gens modestes, des travailleurs, de vies "ordinaires" mais combien l'écriture de Ramuz n'est pas ordinaire.

    Le travail qui fait vivre (faut bien se nourrir comme il le dit) le travail qui fait survivre à toutes sortes de disparition, de perdition ; la mort de sa mère alors qu'il est enfant, la déception de son premier amour, la perte de l'ami (son premier ami avec qui il partira à Paris), la perte de sa femme, de son beau-fils et enfin le retour au Pays pour y travailler, encore, jusqu'au bout, parce que travailler c'est vivre.

    et il faut souligner une aide précieuse, le vin.

    Les relations avec la nature, l'environnement sont importantes et les descriptions poétiques de Ramuz sont superbes.

    Quelques extraits

    « Elle m’était entrée dans le cœur sans que je m’en fusse aperçu, c’est la meilleure façon. Elle avait ouvert la porte si doucement que je n’en avais pas entendu le bruit ; la porte s’était refermée. Et quand même j’étais fatigué, le soir, que j’avais grand-peine à tenir mes yeux ouverts, cette présence que j’ai dite faisait que régulièrement à ma petite table. Il me fallait un grand effort, mais tout m’était facile et tout m’était plaisir, quand je me disais : « C’est pour elle ».


    Je regardais encore une fois devant la rue avec son gros pavé et ses toits avançants ; dans la maison d’en face, où habitaient deux vieilles demoiselles, les rideaux s’écartèrent un peu, et une tête se montra ; le bruit du fer qu’on bat venait de chez le maréchal ferrant ; c’était comme si tout cela eût été déjà du passé, et moi je flottais dans le vide. C’est drôle que même nos joies soient ainsi mélangées de petits chagrins.


    De nouveau il semblait que rien ne fût passé. Les vrais changements dans la vie ne sont pas toujours ceux qu’on remarque le plus.

    Je ne savais pas aimer, il a fallu que j' apprenne ; quand j' ai su, c' était trop tard.
    Ceux-là qui s' en étaient allés loin de moi qui auraient eu besoin de moi ; je ne trouvais plus que le vide là où ils avaient habité ; il n' y avait plus que du silence là où avaient été leurs voix.

    Il ne me reste qu’à attendre et à vivre de mon mieux jusqu’au terme fixé. Car l’essentiel est qu’il faut vivre quand même et il faut mourir encore vivant. Il y en a tant qui son t déjà morts quand la mort de la chair vient les prendre. Ils sont morts dans leur cœur longtemps déjà, quand arrive la mort du corps ; et c’est ce cœur que je veille, afin qu’il dure jusqu’au bout.



    (message récupéré)


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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par Bédoulène le Mar 30 Mai - 14:23




    Les vendanges suivi du Chant de notre Rhône

    Cully





    Les vendanges :  très poétique, mais pas seulement car il y a la force, celle du travail (la cueillette, le pressage), la grandeur celle qui domine l’enfant d’une dizaine d’années par  le regard qu’il porte sur l’espace (les marais, les joncs, le lac – mer intérieure -, le ciel, les montagnes)  les hommes, les femmes tous bien plus hauts  que lui, et par-dessus ce tout  « le vin » le faux sang par  référence au vrai sang celui du Christ « ce corps cloué »

    Et l’enfant qui retrouve dans le paysage des images  bibliques : l’échelle de Jacob, et les 7 dents du Midi comme 7 femmes agenouillées , les mains jointes.

    Les vendanges « C’était un mélange de beaucoup de choses, ces vendanges  (ou bien si le mélange est seulement dans le cœur de l’homme, qui ne sait pas très bien lui-même ce qu’il  est, et cherche autour de lui ainsi des occasions à ses tristesses et des prétextes à ses contentements).

    Le travail occupe tout le temps au pressoir comme à la cueillette, sans oublier les cuisinières qui nourrissent tout ce monde, ce monde fourbu qui a grand besoin de pitance, de vin et de soleil.

    « Un grand soleil était venu sur nous , il nous pardonnait (c’ est bien le seul mot qui puisse servir) »

    Peut-être pris  dans le sens de sacrement ?  comme si le soleil sacré  nous réconfortait du dur labeur, une grâce de Dieu ?

    Et les gamins qui se savent bientôt des hommes suivent avec envie le travail des presseurs : « Quand on était ainsi deux ou trois petits garçons de dix ans : le bruit des travaux réservés aux hommes, les travaux sérieux, les grands travaux mystérieux du pressoir et de la cave, - après les humbles besognes de femmes où on nous avait réduits jusqu’alors. On comprenait pourquoi on était venus, et quel grand besoin nous avait poussés jusqu’ici, nous autres garçons de dix et douze ans, et c’était d’affirmer notre sexe et notre âge. Là-bas ce n’était encore que la cueillette, et ce n’était  encore que  le raisin, c’était le fruit sucré bon pour les enfants et les femmes : ici déjà commençaient les régions de la fermentation, c’est-à-dire de la boisson qui convient aux hommes faits, c’est-à-dire qui nous convenait, à nous. »

    Les hommes du pressoir se servaient à boire  « Les deux vins  venaient en ce lieu se rejoindre par le bout, et se continuaient l’un par l’autre, agissant ensemble ; d’où  des gestes plus violents, des coups de voix moins mesurés. »

    Je pense qu’il s’agit du vin déjà « fait » celui qui est boisson et du vin en fabrication par les odeurs enivrantes qui se dégagent ;  et en référence à Noé  enivré  dont l’enfant connait l’histoire.

    A cette époque chaque saison avait son travail et ses vacances scolaires pour y participer  :  à rapprocher de ce qu’écrit l’auteur dans le chant de notre Rhône, car les vendanges ne sont en fait que le prélude à la fresque  qui image la foi qui réunit des hommes,  sa foi.

    « Et toute saison leur dit « Travaille » Et, comme les saisons reviennent régulièrement, ainsi ils travaillent régulièrement, n’ayant qu’à obéir. »

    Je retrouve là aussi la pensée de S. Weil : le salut de l’âme par le travail.

    Au fil du Rhône :   du Nord lieu de naissance avec le lac Léman comme berceau, au Sud jusqu’à la Méditerranée, tombeau du fleuve, mais le vent renvoyant les brumes de la mer au Nord, la boucle se reforme éternellement , l’auteur dresse les caractères uniques et spécifiques  des gens d’en-haut et d’en-bas qui font qu’ils se retrouvent dans leur parler (langue d’Oc muette ou pas d’Oïl), leur gestes, notamment les vignerons, leurs villes,  leurs maisons (les toitures), leurs paysages (les marais, la crau) leurs jeux (les boules) leurs habits, leurs pleurs et leurs rires et surtout leur foi.

    Alors les hommes ont élevé des pierres et posé comme couronnement le « corps cloué ».

    « Ce qui ne sert à rien quand il s’agit de nourrir le corps, ou de le tenir au chaud ; à rien quand il s’agit de devenir plus riche, à rien quant aux commodités, quant aux aises, quant au bien-être ; nulles ressources matérielles, mais toutes les autres ressources, lorsque le jour vient qu’elles font besoin. »

    Ils ont hiérarchisé les besoins : d’abord les Biens de l’âme et du cœur (l’Amour) et après les biens matériels.

    L’ affirmation de l’auteur : Rien ne naît que d’amour, et rien ne se fait que d’amour ; seulement il faut tâcher de connaître les différents étages de l’amour.

    Etagées  comme le sont les vignes en terrasse : les amours terrestres (par ex. la Nature, les animaux), puis l’amour humain, puis l’amour pour Dieu. (?)


    L’écriture toujours très poétique,  impressionniste, à la fois douce et puissante par le choix des mots et des images.

    Belle composition de ces deux textes qui ne peuvent se dissocier et dont l'ensemble monte aussi par étages vers les montagnes et le ciel et court du Nord au Sud pour revenir au Nord, parce que le dit l'auteur la boucle est bouclée quand le vieillard retrouve l'enfant qu'il a été.

    Une proclamation de foi  que porte le fleuve, notre Rhône.

    (message récupéré)


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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par bix_229 le Mar 30 Mai - 16:43



    VIE DE SAMUEL BELET


    Samuel Belet est fils de paysan, un simple.
    Plutot intelligent et curieux de nature. Le travail ne lui fait pas peur, quel qu'il soit et la nature autour de lui le rassure.
    Toute sa vie il cotoiera, l'ambition et la violence humaines, le malheur, la fatalité.

    Très tôt, il s' est mis en tête d' aimer et d'être aimé (amour, amitié). C' est une nécessité et c'est ce qu'il fait de mieux, aimer.
    Ce qu'il aurait voulu, c'était un bonheur de rien, un petit bonheur... suffisant pour ne pas l'effrayer.
    Samuel Belet n'est qu'un homme très ordinaire et il ignore qu'un bonheur, même petit est plus facile à atteindre et à partager qu'à garder...

    Il ne sera pas vraiment payé de retour et il finira sa vie en solitaire à pecher près d' un lac.
    Serein, résigné, désespéré ? Sans doute un peu tout cela...

    La vie de Samuel Belet est l'un des premiers romans de Ramuz.
    Le style est d' une grande simplicité apparente. Comment parvient-il à nous atteindre et nous toucher ainsi au vif ?
    C'est le secret de l'écriture.


    Moi je n'ai pas su où j'allais. Les choses venaient comme elles voulaient, non pas comme j'aurais voulu qu'elles viennent...
    Est-ce qu'on sait jamais, nous autres. On est pour les gens qui passent. On n'a point de parents ni d'amis parmi eux ; qu' on soit gais ou bien qu'on soit tristes, ils ne s'en doutent même pas.
    Alors on se débat, c'est tout ce qu'on peut faire.


    P. 152

    Ce fut ainsi que la chose finit. De nouveau il semblait que rien ne se fut passé.
    Les vrais changements dans la vie ne sont pas toujours ceux qu'on remarque le plus.

    P. 282

    Quand j'ai commené cette histoire, je ne pensais pas que j'irais plus loin...
    Ce n'est qu'aujourd'hui que je m'y suis remis. Peut-êre est-ce seulement parce qu'il fait beau. Il fait bleu partout dans l'air et dans l' eau; on ne voit pas où l' air finit et où l' eau commence ; c' est un tout qui fait bloc avec là-bas une montagne en air pétri.

    P. 343

    Je ne savais pas aimer, il a fallu que j'apprenne ; quand j'ai su, c'était trop tard.
    Ceux-là qui s'en étaient allés loin de moi qui auraient eu besoin de moi ; je ne trouvais plus que le vide là où ils avaient habité ; il n'y avait plus que du silence là où avaient été leurs voix.

    P. 369

    Récupéré
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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par animal le Mar 30 Mai - 23:19

    Ah ça vous titille cette apparition de fil on dirait !


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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

    Message par Nadine le Mer 31 Mai - 16:12

    C'est pour préparer ma future lecture que tout ça est une bonne idée ^^.

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    Re: Ramuz Charles-Ferdinand

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