Marcel Mauss

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Marcel Mauss

Message par tom léo le Ven 19 Mai - 7:49

Marcel Mauss
1872 - 1950




Marcel Mauss, né le 10 mai 1872 à Épinal et mort le 10 février 1950 (à 77 ans) à Paris, est généralement considéré comme le « père de l'anthropologie française ».

Son oncle, Émile Durkheim, de quatorze ans son aîné, joue un rôle majeur dans sa vocation puis sa carrière.

En 1895, Marcel Mauss obtient l’agrégation de philosophie qu’il a préparée à Bordeaux, où il a rejoint Durkheim en 1890 qui y enseigne cette discipline. À l’issue du concours, il ne prend pas de poste dans l’enseignement secondaire et à l’automne 1895, il s’installe à Paris pour suivre les cours de l'École Pratique des Hautes Études. Il étudie les langues (et notamment le sanskrit) à la 4e section (section des sciences historiques et philologiques) et les sciences religieuses (5e section) avec l’objectif de réunir le matériau nécessaire à une thèse de doctorat sur la prière, qu'il entreprend à partir de 1909. Ses professeurs se nomment Léon Marillier, Antoine Meillet, Louis Finot, Israël Lévi ou Sylvain Levi. Il rencontre également à l’EPHE quelques-uns des futurs membres du cercle durkheimien avec lesquels il nouera de véritables liens d’amitié (Henri Hubert avec qui il écrit « Essai sur la nature et la fonction du sacrifice », un des textes fondateurs de l'anthropologie des religions, Robert Hertz…). Il devient en 1901 titulaire de la chaire d’« histoire des religions des peuples non civilisés » à la 5e section de l’EPHE.

En 1901, il rejoint l'équipe de L'Année sociologique, revue biennale créée par Émile Durkheim. Celui-ci décédera en 1917 et Mauss se verra échoir du travail de publication posthume de son oncle. Enfin en 1925, il fonde, avec Lucien Lévy-Bruhl et Paul Rivet l'Institut d'ethnologie de Paris. Il participe en 1928 au premier cours universitaire de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands. En 1931, il obtient après trois campagnes de candidature une chaire au Collège de France ; créée pour l’occasion en remplacement de la chaire de « Philosophie sociale » de Jean Izoulet, cette chaire de « Sociologie » marque l’entrée de cette discipline dans la prestigieuse institution.

Il a connu deux Guerres mondiales et a toujours été un militant socialiste fidèle à ses convictions, ayant notamment passionnément pris position en faveur du capitaine dans l'Affaire Dreyfus, se rapprochant à cette occasion de Jean Jaurès.

Considéré comme l'un des pères de l'anthropologie, Mauss n'a jamais publié d’ouvrage de synthèse de sa pensée mais un grand nombre d'articles dans différentes revues (dont L'Année sociologique), d'esquisses, de comptes-rendus et d'essais. Sa thèse sur la prière reste inachevée. De ses rares monographies, on retient surtout L’Essai sur le don.

INTRODUCTION A SA PENSEE:
Il est surtout connu pour quelques grandes théories, notamment celle du don et du contre-don (liée à l'étude du potlatch en anthropologie, et de la dépense pure), et il a abordé une grande variété de sujets comme en témoignent ses études sur les techniques du corps, la religion ou la magie.

Il veut saisir les réalités dans leur totalité et pour cela élabore le concept novateur de « fait social total », qui connaîtra un vif succès d'intérêt et d'usage en sciences sociales. Pour lui un fait social est intrinsèquement pluridimensionnel ; il comporte toujours des dimensions économiques, culturelles, religieuses, symboliques ou encore juridiques et ne peut être réduit à un seul de ces aspects.

Marcel Mauss veut aussi appréhender l'être humain dans sa réalité concrète : physiologique, psychologique et sociologique. Il esquissera ainsi le concept « d'homme total » qui nourrira notamment Pierre Bourdieu dans ses analyses en termes « d'habitus ».

Il s'intéresse à la signification sociale du don dans les sociétés tribales, ainsi qu'au phénomène religieux : la magie est considérée comme un phénomène social qui peut notamment s'expliquer par la notion de mana. Tout en créant du lien social, le don est agoniste (il « oblige » celui qui reçoit, qui ne peut se libérer que par un « contre-don »). Pour Marcel Mauss, le don est essentiel dans la société humaine et comporte trois phases : l'obligation de donner, l'obligation de recevoir et l'obligation de rendre. S'il prend les sociétés « primitives » comme terrain d'étude, c'est moins parce que le primitif serait toujours aussi le simple et l'originel, que parce qu'il est difficile de rencontrer ailleurs une pratique du don et du contre-don « plus nette, plus complète, plus consciente » c'est-à-dire comme un « fait social total ».

Méthode : il est partisan d’une division du travail entre celui qui collecte les faits — tâche qu’il assigne à l’ethnographe — et celui qui les interprète pour les rendre intelligibles. « Il faut des sociologues et des ethnographes. Les uns expliquent et les autres renseignent ».

Extrait de : wikipedia.org

OEUVRES :
Sociologie et anthropologie, recueil de textes, préface de Claude Lévi-Strauss,     Œuvres, présentation par Victor Karady, comprenant trois volumes :
       I. - La fonction sociale du sacré, 1968
       II. - Représentations collectives et diversité des civilisations
       III. - Cohésion sociale et division de la sociologie
Écrits politiques
Essai sur le don. Forme et raison de l'échange dans les sociétés archaïques (1925)
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Re: Marcel Mauss

Message par tom léo le Ven 19 Mai - 7:56

Essai sur le don. Forme et raison de l'échange dans les sociétés archaïques


paru en 1923-1924 dans "L'Année Sociologique", est le texte le plus célèbre de l'anthropologue Marcel Mauss.

À l'aide d'exemples empruntés à des sociétés diverses, l'auteur montre que le don est obligatoirement suivi d'un contre-don selon des codes pré-établis. Dons et contre-dons, articulés autour de la triple obligation de « donner-recevoir-rendre », créent un état de dépendance qui autorise la recréation permanente du lien social.

Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Essai_sur_le_don

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Dans la présentation dans les PUF, le texte est précedé d'une longue intro de Florence Walter. Il est structuré fortement en chapitres et sous-capitres et il y a un appareil de notes énorme (pour donner des exemples et citations etc), mais du corps du texte, j'en dégage surtout trois étappes :

1- les dons échangés et l'obligation de les rendre dans les societés « anciennes », allant de la Mélanésie à la Polynésie, de la Nouvelle-Zélande aux tribus indiens de l'Amérique du Nord

2 - la survivance de ces principes dans les droits anciens et les économies anciennes

3 - conclusion : étendre ces observations à nos propres sociétés : actualisation, réalité, invitation

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Je ne vais pas suivre tous les méandres de l'argumentation et les différences (légères?) entre certaines societés - cela dépassent de loin mes compétences -, mais j'aimerais dégager des axes et des thèses principaux :

- des contrats sous-entendus poussent des sociétés, tribus traditionnels à « rendre une chose réçue », à prendre la revanche ; d'être obligé de ne pas laisser résonner dans le vide un don qui suscite une réponse

= le don, le cadeau a une « force inhérente » qui fait circuler obligatoirement des richesses et des dons entre les partenaires. Dans certaines traditions cette force inhérente a un nom, une vrai principe d'action, d'influence : le don n'est pas - dans ces conceptions – qqe ch d'extérieur à moi-même, mais présente un don de soi-même. Le don « contient » l'âme du propriétaire !

« Refuser de donner, négliger d'inviter, comme refuser de prendre équivaut à déclarer la guerre ; c'est refuser l'alliance et la communion. »

droit et devoir de présenter ET de recevoir

« Les présents (= le don) ne servent pas au même but que le commerce et l'échange, mais le but est avant tout morale : produire un sentiment amical : on mèle les âmes dans les choses, on mèle les choses dans les âmes »

la présentation « libre et obligatoire à la fois », exprime toujours aussi une requête
et l'acceptation constitue un engagement

= des mouvements antithètiques que nous on désignerait p ex par vendre, acheter sont exprimés dans beaucoup de ces sociétés par le même nom, expression ; il n'y a pas de distinction !

= donc c'est un ordre, une forme très développée d'échange de choses autre comme celle que nous connaissons (même s'il y a des survivances de ces anciennes implications jusqu'à aujourd'hui

= pas juste un statut juridique mais un engagement « moral » si on ne veut pas « perdre sa face »

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Conclusion/actualisation :

Comment étendre ces observations à nos sociétés ?

« Qu'on adapte donc comme principe de notre vie ce qui a toujours été un principe et le sera toujours : sortir de soi, donner, librement et obligatoirement ; on ne risque pas de se tromper. »
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Re: Marcel Mauss

Message par chrysta le Ven 19 Mai - 8:07

J'avais lu "esquisse d'une théorie générale de la magie" de Mauss pour un des mémoires de master. Je ne retrouve pas ce titre dans ceux que tu proposes, il fait partie peut être d'un des tomes ?
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Re: Marcel Mauss

Message par tom léo le Ven 19 Mai - 11:57

Chrysta,
évidemment j'ai copié ce qui était indiqué... Il me semble que différentes textes sont ici par exemple regroupé sous "Oeuvres" qui comprennent certainement le texte dont tu parles que j'ai déjà "croisé". C'est vrai qu'il serait préférable d'indiquer (de ma part) ces textes différents dans sa diversité au lieu de mentionner juste "Oeuvres"... J'imagine qe le texte sur la magie doit se trouver dans le premier tome?
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Re: Marcel Mauss

Message par Tristram le Ven 19 Mai - 12:06

tom leo a écrit:même s'il y a des survivances de ces anciennes implications jusqu'à aujourd'hui

Comment étendre ces observations à nos sociétés ?

Pensons aux pots-de-vin de la mafia...

Comme Chrysta, je m'étonne que tu n'évoques pas son fondamental Manuel d’ethnographie (une transcription de ses cours, Instructions d’ethnographie descriptive à l’usage des voyageurs, administrateurs et missionnaires) :

« Il est donc essentiel de ne rien déduire a priori : observer, ne rien conclure. Si nous voulons pouvoir apprécier, il faut d’abord apprendre à nous méfier du bon sens, car il n’y a rien là de naturel. L’homme est un animal qui fait des choses raisonnables à partir de principes déraisonnables et qui part de principes sensés pour accomplir des choses absurdes. Et cependant ces principes absurdes, cette conduite déraisonnable, sont probablement le point de départ des grandes institutions. Ce n’est pas dans la production proprement dite que la société a trouvé son élan ; mais le vêtement est déjà un luxe, et le luxe est le grand promoteur de la civilisation. La civilisation vient toujours de l’extérieur. D’immenses efforts ont été accomplis du côté des techniques de la production et du confort : toute l’industrie textile sort du vêtement, et c’est de l’industrie textile que dérive une grande partie de la division du travail. »
Marcel Mauss, « Manuel d’ethnographie » , 4. « Technologie », « Industries de la protection et du confort »

« Nos langages sont des langues qui ont déposé leur musique. »
Marcel Mauss, « Manuel d’ethnographie » , 5. « Esthétique »

« Il apparaît nettement que ce ne sont pas les notions d’utilité et de finalité qui sont les notions fondamentales des phénomènes économiques. »
« Les phénomènes économiques se définissent dans une certaine mesure par la présence de la notion de valeur, comme les phénomènes esthétiques par la présence de la notion du beau, les phénomènes moraux par la présence de la notion de bien moral. »
Marcel Mauss, « Manuel d’ethnographie » , 6. « Phénomènes économiques »

« Dans notre société, où la religion n’est plus qu’une catégorie parmi les autres, homo religiosus a cédé la place non à homa faber, mais à homo economicus : il ne s’agit pas de faire, mais d’être payé pour faire − ou pour ne pas faire. »
Marcel Mauss, « Manuel d’ethnographie » , 9. « Phénomènes religieux »
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