Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot


Herman Melville

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

autobiographie - Herman Melville - Page 2 Empty Re: Herman Melville

Message par bix_229 le Jeu 26 Avr - 16:01

Excellente interprétation, Hanta !
Elle est plausible.
Mais elle ne tient pas assez compte de la personnalité de l'avoué, celui qui embauche Bartelby. Un philantrope, un humaniste.
Il se rend compte à quel point Bartleby est différent des autres employés plutôt mal armé. Mais il veut lui donner une chance.
Et même, s' il se rend compte de son inaptitude et de son inexplicable résistance,
il continue à le défendre à diverses reprises. On pourrait dire contre lui-même.
Je crois qu'il  y a quelque chose à creuser dans ce type de relation.
Bartleby ne peut exister en tant que Bartleby que face à l'avoué.
Un type d' homme qui ne s'arrête pas aux apparences. Qui essaie de comprendre et de justifier, peut-être parce qu'il sent qu'il y a chez son employé une intégrité morale qui le dépasse et qu'il admire sans forcément la comprendre.
Mais Bartleby est un personnage atypique et ambivalent, et qui ne se réduit pas, surtout pas, à une explication et à une interprétation seulement.

C'est aussi le cas de Wakefield, l'inoubliable personnage de Hawthorne.
Cet homme banal, une sorte de monsieur-tout-le-monde, quitte un jour le foyer conjugal pour aller vivre pendant vingt ans dans un appartement proche de son foyer, inconnu de tous.
Vila-Matas a bien fait de s' occuper de ces cas limites qui m'ont toujours intrigué. Et qui sont plus courants qu'on ne le croit dans la vie courante.
Sauf qu' on n'y prête pas attention ou qu'on se contente en parlant d' eux de se visser un doigt sur la tempe.
Folie ? C' est vite dit.
bix_229
bix_229

Messages : 10618
Date d'inscription : 06/12/2016
Localisation : Lauragais

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

autobiographie - Herman Melville - Page 2 Empty Re: Herman Melville

Message par Hanta le Jeu 26 Avr - 22:07

Eh bien justement pour moi l'avoué n'est qu'humaniste que grâce à Bartleby. Il n'est que résigné auparavant laissant aller une routine rassurante et se créant des des excuses pour ne rien faire, c'est lui finalement qui au début "préfère ne pas". Meleville semble dire que le réel humanisme la réelle existence est dans l'action et que la passivité n'est qu'une sorte de stoïcisme dépassionné.
Hanta
Hanta

Messages : 1360
Date d'inscription : 03/12/2016
Age : 32

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

autobiographie - Herman Melville - Page 2 Empty Re: Herman Melville

Message par Tristram le Lun 21 Oct - 13:45

Omoo : récits des mers du Sud

autobiographie - Herman Melville - Page 2 Omoo10

Dans cet ouvrage, on apprendra grâce à l’auteur (et pas aux éditeurs) que ce récit forme la suite de Taïpi Typee »).
Sur un ton de l’aveu-même de l’auteur « familier », ce récit autobiographique présente la vie sur « un très vieux trois-mâts barque d’un beau gabarit, jaugeant plus de deux cents tonneaux et de construction américaine », à la marche « vive et folâtre », mais dans un état franchement misérable (nourriture, rats, cancrelats).
« J’appris plus tard que nos aliments avaient été achetés à Sydney par les armateurs, à une vente aux enchères de vivres maritimes avariés. »

« Le navire entier était dans un triste état ; mais le poste, lui, ressemblait au creux d’un vieil arbre pourrissant. Complètement humide et décoloré, le bois se montrait par endroits mou et poreux ; de plus, le cuisinier ne se gênait pas pour venir taillader les bittes et les couples à coups de hache et de scie afin de se procurer des copeaux pour allumer son feu. Au-dessus de notre tête, les entremises étaient noires de suie et l’on pouvait y déceler de gros trous calcinés, souvenirs laissés par des marins ivres au cours d’un précédent voyage. D’en haut, on entrait par une planche munie de deux taquets, qui descendait obliquement de l’écoutille, simple ouverture dans le pont. Comme nous manquions de panneau à glissière pour la fermer, le prélart temporaire qui était censé le remplacer, offrait une bien faible protection contre les embruns projetés au-dessus des bossoirs : aussi, dès qu’il y avait un soupçon de brise, notre retraite se trouvait lamentablement inondée. S’il tombait un grain, l’eau se déversait en nappes, cascadait, éclaboussant brutalement tout le poste ; puis, rejaillissant entre les coffres, elle nous arrosait de ses jets comme une fontaine. »
L’existence est rude, la compagnie fruste et « inhumaine », même si le rire est souvent de mise.
Melville nous entretient notamment de son ami, le docteur Long Ghost, médecin du bord démissionnaire… mais la diversité de l’équipage occasionne une remarquable galerie de portraits (y compris d’autres figures hautes en couleur) ! Tel Salem (du nom du port américain où il embarqua), beach-comber :
« Ce terme est en vogue parmi les marins du Pacifique. Il s’applique à certains personnages errants qui, sans rester attachés d’une façon permanente à un même navire, prennent la mer de temps à autre sur un baleinier pour une croisière de courte durée, mais sous condition d’être libérés sur leur demande, n’importe où, la première fois que l’ancre sera mouillée. Cette clique se compose principalement de gaillards insouciants et fantasques attachés au Pacifique, et ne rêvant jamais de doubler le cap Horn pour revenir un jour chez eux. De là vient leur mauvaise réputation. »
Et justement une (sorte de) mutinerie survient ; j’ai trouvé fort intéressant d’être documenté sur le Round Robin, la pétition en forme de roue :
« Juste au-dessous de la supplique, je traçai une circonférence dans laquelle devaient s’inscrire nos noms, – car le principal objectif d’un Round Robin est de disposer les signatures en étoile, afin que personne ne puisse être désigné comme étant le promoteur de la pétition. »

autobiographie - Herman Melville - Page 2 Round_11

Puis Melville nous présente plusieurs îles polynésiennes vues par un marin embarqué dans les années 1840 sur les mers du Sud.
Publié en 1847, l’ouvrage renferme nombre de considérations sur la rivalité Anglo-saxon/Français, sur celle des missionnaires protestants et catholiques (les premiers avec leur inquisitoriale milice des bonnes mœurs). Et, sans grande surprise, avec la religion on aborde la dégradation de la société indigène par disparition des coutumes.
« Mais, avant de poursuivre, je veux que vous compreniez bien que tout ce que je dis, ici et plus loin, ne tend absolument pas à nuire aux missionnaires ou à leur doctrine : je désire seulement montrer les choses sous leur jour actuel. »

« En vérité, les marins se font de ces païens nus une idée qui dépasse l’entendement. Ils les tiennent à peine pour des humains. Mais il est à remarquer que plus les hommes sont ignorants et vils, plus ils méprisent ceux qu’ils jugent leurs inférieurs. »

« C’était dans l’ensemble une race gaie, pauvre et sans dieu. »
Les deux compères jouiront d’une musarderie curieuse :
« Le titre de l’ouvrage – Omoo – est emprunté au dialecte des îles Marquises ou, entre autres sens, ce mot signifie un vagabond, ou mieux, un homme qui erre d’île en île, comme certains indigènes désignés par leurs concitoyens sous le vocable de Taboo Kannakers. »
A ce propos, Kanaka est le terme qui désigne les indigènes chez les étrangers ("Canaques").
Vagabonder dans une région tropicale, où les indigènes sont extrêmement hospitaliers, est une sinécure :
« Je ne puis m’empêcher de glorifier ici les avantages très supérieurs qu’offrent les contrées tropicales aussi bien aux simples vagabonds comme nous, qu’aux sans-le-sou en général. Dans ces climats bénis, les gens éprouvent naturellement moins de besoins et il est facile de satisfaire ceux qui sont indispensables. On peut se passer complètement de combustible, de toit et même, si cela vous plaît, de vêtements. Quelle différence avec nos rudes latitudes nordiques ! »
Mais, finalement, « la nostalgie de la grande houle » est la plus forte, même si Melville préfère « rentrer plus agréablement au pays par petites étapes. »


Mots-clés : #autobiographie #aventure #temoignage #voyage

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 8451
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 63
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

autobiographie - Herman Melville - Page 2 Empty Re: Herman Melville

Message par Bédoulène le Lun 21 Oct - 15:35

astucieux le round Robin !

merci Tristram, ça donne envie de voyage et de connaître ces marins.

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 12848
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

autobiographie - Herman Melville - Page 2 Empty Re: Herman Melville

Message par Tristram le Lun 21 Oct - 15:41

C'est typiquement la lecture dépaysante (sauf si on vit en Polynésie _ Bonjour @Marie) !

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 8451
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 63
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

autobiographie - Herman Melville - Page 2 Empty Re: Herman Melville

Message par animal le Lun 21 Oct - 21:22

hmmm... ça m'aidera ptet à me lancer après la baleine un de ces quatre matins, ou soir.

le round-robin je ne le connaissais qu'en principe d'allocation de ressources. Shocked

_________________
Keep on keeping on...
animal
animal
Admin

Messages : 10190
Date d'inscription : 27/11/2016
Age : 38
Localisation : Tours

http://deschosesalire.forumactif.com
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

autobiographie - Herman Melville - Page 2 Empty Re: Herman Melville

Message par Tristram le Lun 21 Oct - 21:32

A l'origine, le round-robin (ruban rond) est une pétition des paysans français du XVIe qui évite de révéler le(s) meneur(s). Il a revêtu bien d'autres significations, comme celle de la sorte de "cadavre exquis" où les auteurs de science-fiction états-uniens écrivent un livre à plusieurs mains...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Round-robin

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 8451
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 63
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

autobiographie - Herman Melville - Page 2 Empty Re: Herman Melville

Message par animal le Lun 21 Oct - 21:36

je me coucherai moins bête autobiographie - Herman Melville - Page 2 4143857945

_________________
Keep on keeping on...
animal
animal
Admin

Messages : 10190
Date d'inscription : 27/11/2016
Age : 38
Localisation : Tours

http://deschosesalire.forumactif.com
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

autobiographie - Herman Melville - Page 2 Empty Re: Herman Melville

Message par Bédoulène le Mar 22 Oct - 14:13

merci pour le lien Tristram

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 12848
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

autobiographie - Herman Melville - Page 2 Empty Re: Herman Melville

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

 Des Choses à lire :: Lectures par auteurs :: Écrivains des États-Unis d'Amérique


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum