Stanislas Lem

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Stanislas Lem

Message par animal le Mar 13 Juin - 22:25

Stanislas Lem
(1921-2006)



Écrivain polonais (Lwów 1921-Cracovie 2006).
Né en Ukraine dans la ville polonaise de Lwów, il poursuit des études de médecine lorsque les Soviétiques envahissent la Pologne (1939), vit dans la clandestinité lorsque, le pacte germano-soviétique rompu, les nazis tiennent la ville, reprend ses études lorsque l'Armée rouge les repousse (1944), puis s'installe définitivement à Cracovie (1946).
Auteur d'une soixantaine de livres, il vit de sa plume et s'est acquis la réputation d'un des meilleurs auteurs d'une science-fiction ambitieuse, intellectuelle. Son itinéraire personnel l'a mené de sujets contemporains (l'Hôpital de la transfiguration, 1947) à un fantastique conjectural qui, dans une première phase, met l'accent sur la puissance du génie humain parti à la conquête du cosmos (Astronautes, 1951 ; le Nuage de Magellan, 1955) ; puis, dans une deuxième étape, l'esprit humain, confronté à l'adversité et aux mystères insolubles, prend conscience de ses propres limites (Solaris, 1961 ; l'Invaincu et autres nouvelles, 1964).
Viennent enfin des romans qui, mettant en œuvre une érudition toujours plus affirmée, dévoilent la complexité de l'univers (la Voix du maître, 1968) et s'intéressent à l'aspect social de la réalité (Mémoires trouvés dans une baignoire, 1961). L'auteur met en doute tant les possibilités de l'intellect que de la bonne volonté de l'homme (Fiasco, 1986 ; Provocation, 1984). L'action et l'aventure cèdent peu à peu la place à une tentative de pénétration des secrets du monde, la fiction se rapproche de plus en plus de l'essai littéraire et du traité philosophique (Philosophie du hasard, 1968 ; Discours et Esquisses, 1975) ; dès lors, les conclusions catastrophiques chassent l'optimisme humaniste : « Le monde ne se situe pas à mi-chemin entre l'enfer et le ciel, il semble de beaucoup plus proche du premier. »

L'œuvre de Lem se polarise alors autour de réflexions sur les chances et les dangers qu'amène le développement des techniques et des sciences : elle s'interroge sur les possibilités de contacts et d'échanges avec d'autres civilisations, elle anticipe sur les perspectives évolutives de l'« intelligence artificielle » (domination exercée par les ordinateurs, biotechnologie) ainsi que sur les techniques sociales que pourraient mettre en œuvre des groupes humains et des sociétés entières. Toutes ces apories sont inscrites dans des récits réalistes mais projetées dans un avenir imaginaire, dans des nouvelles philosophiques amusantes (Cybériade, 1965), des récits dominés par le grotesque. La subtilité des hypothèses envisagées reste pourtant toujours un élément dominant (le Congrès de futurologie, 1973).
Lem s'est également essayé à des livres-apocryphes, intéressants d'un point de vue formel, dans lesquels l'aspect conjectural se mêle étroitement aux facteurs réels ; le langage utilisé et les concepts exposés signalent la réflexion de très haut niveau d'un écrivain toujours curieux de l'avenir du monde (la Bombe à mégabits, 1999).
L'action pleine de rebondissements, l'aura mystérieuse, les expéditions vers l'inconnu, l'humour, la sympathie pour le caractère imparfait de l'homme ont assuré à Lem une popularité mondiale, ses romans sont publiés dans vingt-cinq langues et connaissent plus de neuf cents éditions. Son immense érudition, l'honnêteté de ses diagnostics et l'originalité de ses idées lui valent une autorité certaine dans les milieux scientifiques. « Je suis conscient de me situer en un lieu insolite où voisinent littérature, science, philosophie, hypothèses nouvelles, divagations irresponsables et prophéties », déclare-t-il.

Parmi ses œuvres majeures, il convient encore de retenir : le Temps non perdu, 1955 ; les Journaux des étoiles, 1957 ; le Livre des robots, 1961 ; Au retour des étoiles, 1961 ; les Contes des robots, 1964 ; Summa technologiae, 1964 ; Récits concernant le pilote Pixie, 1968 ; le Vide parfait, 1971 ; le Rhume, 1976 ; Golem XIV, 1981 ; Vision locale, 1982 ; les Nouvelles Aventures d'Ijon Tichy, 1987 ; Clin d'œil, 2000.

Source : Larousse.fr

Bibliographie (en français) :

Bibliothèque du XXIe siècle (1989)
Le Bréviaire des robots (1981)
Le Bréviaire des robots (1967)
Le Congrès de futurologie (1976)
Contes inoxydables (1981)
Cybériade (1968)
La Cybériade (1968)
Éden (1972)
Feu Vénus (1962)
Fiasco (1988)
L'Invincible (1972)
Le Masque (1983)
Mémoires d'Ijon Tichy (1977)
Mémoires trouvés dans une baignoire (1975)
Les Nouvelles aventures d'Ijon Tichy (1986)
Les Nouvelles aventures d'Ijon Tichy (1977)
Provocation - suivi de Réflexions sur ma vie (1989)
Retour des étoiles (1979)
Le Rhume (1978)
Solaris (1966)
La Voix du maître (1976)
Les Voyages électriques d'Ijon Tichy (1980)

Bibliographie reprise de noosfere.org

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Re: Stanislas Lem

Message par animal le Mar 13 Juin - 22:27

Des souvenirs de lecture pour ouvrir ce fil :



Contes inoxydables

quatrième de couverture a écrit:Écoute, petit robot : il était une fois une noble princesse dont la beauté éclipsait tous les joyaux de la Couronne. Mais la démence s'était infiltrée dans ses électro-circuits et, aux purs chevaliers de titanium et d'airain qu'on lui proposait en mariage, elle préférait ces êtres flasques, vaseux et vénéneux de l'espèce marmaloïde, ces ratages de la création qu'on nomme les blêmards et qui vont, ballant et clapotant, sur une planète appelée Terre. De ce qu'il en advint et de bien d'autres merveilles, tu sauras tout en lisant les Contes inoxydables de l'inénarrable Stanislas Lem.
Présentation un peu surprenante qui laisse présager d'une lecture assez festive non ?

C'est bien de contes qu'il s'agit. De petites histoires pleines de malice dans lesquels l'imaginaire et d'éventuelles leçons tiennent le haut du pavé. La plupart des histoires de rois qui règnent sur des mondes que nous peinons à concevoir mais qui offrent assez de ressemblances pour qu'on s'y sente comme chez nous.

Des contes donc, très attachés à leurs formes de contes avec de belles entrées en matière, ce qu'il faut de répétition, il y a souvent plusieurs protagonistes qui y passent avant que l'un triomphe des épreuves. Par exemple les conseillers d'un souverain "exigeant". Et des conclusions à l'avenant assez belles  et surprenantes avec toute l'élégance de ne pas donner dans le twist improbable.


Et tout ça dans un monde ou l'humain, pardon le blêmard, est le plus souvent absent ou relégué en arrière plan. Ce n'est pas même du steam punk malgré tout l'amour de la machinerie fantastique qui est déployé dans ces histoires. Non, ce sont des contes, avec la volonté du conte dans une espèce de moyen-âge sans âge passé à l'échelle d'un univers et avec des limites physiques abolies par le même coup et avec des possibilités de représentations très "sciences physiques" qui échappent à l'entendement. Lumières, planètes, matière, anti-matière, avec quelques beaux assemblages de mots qui colorent les pages d'un baroque sympathique.

Avec l'étiquette SF je ne m'attendais pas à lire à ce point des contes dans tout ce que le conte a de traditionnel, et ils sont bien écrits. Et cette science-fiction différente très futuriste par un pouvoir et une immédiateté de la science (avec ses limites qui ne sont pas du côté du progrès) ça me rend très curieux de lire autre chose. 

Étonnant. Shocked

(Souvenir téléporté d'une dimension parallèle).


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Re: Stanislas Lem

Message par animal le Mar 13 Juin - 22:29



L'Invincible

(c'était de l'occaz).

Un gros vaisseau qui se pose sur une planète pas franchement hospitalière à la recherche d'une précédente expédition qui ne donne plus signe de vie. Même modèle vaisseau, même matériel, mêmes profils dans l'équipage... Nous suivrons pas à pas les précautionneuses recherches entre champs  de force, robots, anti-matières, sondes au milieu d'un inquiétant désert rocheux.

Pour essayer de comprendre ce qui s'est passé, plutôt que de miser sur les petits et grands soldats, la mission choisi son armada de scientifiques de tous bords : géologues, physiciens, biologistes. Tout un petit monde qui ne va pas chômer des neurones quand il vont retomber sur le même problème que leurs collègues.

Toute leur force, leur technologie (un peu datée 50 ans après la publication du bouquin), leurs procédures, habitudes et certitudes les laissent bien désemparés. Notre héros, Rohan (scientifique de son état), dans un état proche du désespoir et de l'épuisement regarde ça d'un œil parfois distant. Une tonalité sombre et anti-dynamique, ce qui est paradoxal en regard de la quantité de suspens, qui fait le charme de l'ouvrage.

Un phénomène de déshumanisation si ce n'est de dévitalisation de la vie vue sous l'angle de l'évolution donne la longueur de vue nécessaire pour ne pas épuiser ce ressort. Bien au contraire, d'autant plus que la vision cauchemardeusement mécanique proposée n'est pas dénuée de simplicité et fait de l'effet. Pour ne pas trop spoiler parlons d'un redoutable "ennemi" non intelligent.

Bémol tout de même sur une partie de l'action qui a sans doute vieilli et surtout sur l'aspect confus de certains passages paysagés, ou d'action dans le paysage, qui ont potentiellement souffert au passage de la barrière de la langue.

Ça ne m'a pas empêché de me prendre au jeu et d'avoir apprécié cette lecture que je n'oublierai probablement pas de si tôt malgré malgré...

(Les exoplanètes ont ce soir une mémoire impressionnante).


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Re: Stanislas Lem

Message par Tristram le Mer 14 Juin - 7:21

Merci Animal pour cette incursion dans la catégorie très ostracisée qui contient le pire et le meilleur (au point que beaucoup d'auteurs n'y sont pas rangés).
Lem se situe dans la seconde sous-catégorie (Solaris ; tu as vu le film ?)
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Re: Stanislas Lem

Message par animal le Mer 14 Juin - 7:25

Le film de Tarkovski ? oui. Avec un souvenir rendu encore plus flou par la lecture (en cours) du livre. J'essaierai sans doute de le revoir dans l'année ?

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Re: Stanislas Lem

Message par animal le Jeu 15 Juin - 21:36



Solaris

(couverture exotique)

Quand le terme science-fiction prend tout son sens. Kelvin, astronaute, scientifique pur et dur est envoyé sur une station qui survole la planète Solaris. Deux soleil, un rouge et un bleu, un gigantesque océan "vivant" capable de générer des formes aussi complexes et gigantesques qu'éphémères et plus énigmatiques encore de mimétisme d'objets ou de formes humaines. Solaris donc, et un siècle (à la louche) d'énigme scientifique en béton, recherche d'explications, de Contact, recherche d'un autre exprimable, déchiffrable, ...

Ou recherche d'un miroir ? Les scientifiques restés sur la station sont devenus quasiment fous. Le mentor de Kelvin s'est suicidé. Dans les couloirs et les placards rôdent des fantômes très personnels, clones immortels d'êtres aimés ressuscités de l'inconscient des astronautes. Kelvin retrouve Harey, sa jeune femme morte il y a déjà longtemps...

Il y a un suspens de l'inintelligible mâtiné de suspens plus classique, "événementiel", quelques pages un peu longues de description, catalogage de comportement de l'océan de Solaris mais l'introspection intime est finalement plus indirecte. La science se place aussi en miroir à ces manques affectifs, spirituels, un dérivatif puissant mais insuffisant, d'ailleurs incomplet.

Cette réflexion sur la science et sur ses limites de principe, le fait qu'elle est, toute abstraite qu'elle soit, un instrument de perception humaine est bien amenée dans des pages rêveuses, fiévreuses, qui exprime une profonde lassitude morale. La plasticité du sentiment qui ressemble à un argument plus habituel ne fait pas office de naïve bouée de sauvetage mais renvoie elle aussi à une pratique sensible de la condition humaine.

Je lui ai trouvé beaucoup de points communs avec L'Invincible par la mise en oeuvre de son approche "scientifique" et sa thématique de limites de l'exercice du savoir et de l'homme en tant que tel mais plus équilibré, de toute façon forcément plus iconique

Evidemment on pourrait aller chipoter sur le décor et quelques atours de la forme mais la "fiction" dans "science-fiction" ce n'est pas une injure et c'est ça aussi un bon livre, ça dépayse ça fait voyager vers l'inconnu !

(Très recommandable lecture).


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