Chamaco_VilaMatas

On sait que l’un des aspects les plus séduisants de la littérature est sa possibilité d’être une sorte de miroir qui avance ; un miroir qui, comme certaines horloges peut avancer.

Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

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    Alexandre Sokourov

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    Alexandre Sokourov

    Message par animal le Sam 17 Juin - 19:28

    Alexandre Sokourov
    (né en 1951)


    Après avoir été scolarisé dans différentes villes d'URSS et de Pologne suivant l'affectation de son père, un officier soviétique, Alexandre Sokourov sort diplômé en histoire de l'université de Nijni Novgorod en 1974, et entre l'année suivante au VGIK (Institut central du cinéma de l’URSS) de Moscou où il est l'élève d'Andreï Tarkovski. Ses réalisations futures en dénotent l'influence. La plupart des premiers travaux de Sokourov sont bannis par les autorités soviétiques. Durant cette période, il réalise un grand nombre de documentaires. Il ne peut jouir d'une liberté de création qu'après la chute de l'URSS même si ses films ont du mal à trouver des financements. C'est en 1996, avec Mère et fils, qu'il accède à la reconnaissance internationale. Ce film révèle la tonalité intimiste et mystique de son inspiration, que viennent confirmer Père, fils et Alexandra, sélectionnés au Festival de Cannes. Sokourov réalise par ailleurs trois œuvres d'un tout autre registre, consacrées à des figures historiques : Moloch sur Adolf Hitler, Taurus sur Lénine et Le Soleil sur l'empereur Hirohito. Il est aussi célèbre pour avoir tourné L'Arche russe au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg en un seul plan-séquence de 96 minutes. Ses films sont très appréciés des cinéphiles pour leurs recherches plastiques et leur souffle créatif (lumières ambrées et bistre, incrustations numériques, flous, déformations, etc.).
    Il reçoit le prix Robert-Bresson en 2007 en reconnaissance de la compatibilité de son œuvre avec l'Évangile. Avec Faust, adaptation lointaine et iconoclaste de l'ouvrage homonyme de Goethe et du Docteur Faustus de Thomas Mann, il remporte le Lion d'or à la Mostra de Venise 2011.
    En juillet 2016, il annonce être candidat aux législatives de septembre à Saint-Pétersbourg sur la liste du parti d'opposition Iabloko.

    Source : wikipedia.org

    Filmographie (Fictions) :
    1978 : La voix solitaire de l'homme (Одинокий голос человека), sorti en 1987
    1980 : Le Dégradé (Разжалованный), moyen métrage
    1983 : Une indifférence douloureuse (Скорбное бесчувствие), sorti en 1987
    1986 : Empire (Ампир), moyen métrage
    1988 : Les jours de l'éclipse (Дни затмения)
    1989 : Sauve et protège (Спаси и сохрани)
    1990 : Le deuxième cercle (Круг второй)
    1992 : La pierre (Камень)
    1993 : Pages cachées (Тихие страницы)
    1997 : Mère et fils (Мать и сын)
    1999 : Moloch (Молох)
    2001 : Taurus (Телец)
    2002 : L'Arche russe (Русский ковчег)
    2003 : Père, fils (Отец и сын)
    2005 : Le soleil (Солнце)
    2007 : Alexandra (Александра)
    2011 : Faust (Фауст)
    2015 : Francofonia (Франкофония)


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    Re: Alexandre Sokourov

    Message par animal le Sam 17 Juin - 20:56

    Rétrospectivement à part le Faust j'ai l'impression d'avoir été motivé par ce que j'ai vu et bizarrement en recopiant la filmo je me suis aperçu que je replaçais vite Le Soleil, Moloch et L'Arche Russe et que j'oubliais Francofonia alors que je conserve un bon souvenir de l'expérience ainsi que des images... Sa complexité qui l'aurait gardé aux portes du souvenir immédiat ? D'ailleurs à côté des images il y a un sentiment diffus qui persiste, fruit des oppositions et juxtapositions du film.



    Francofonia

    Tellement à la croisée des genres qu'on pourra risquer une étiquette comme "interrogation aux faux airs de documentaire et de fiction". Faux airs de reconstitution historique avec des incrustations et des costumes qui n'effacent ni l'apparence actuelle des lieux ni la circulation actuelle, ni les lumières actuelles. Faux airs de documentaire avec ce contrepoint du cargo dans la tempête et chargé de containers renfermant des œuvres d'art. Parallèle de la tourmente et de l'incertitude du devenir ou faut-il ajouter l'ombre d'une question marchande ? Un point de vue qui serait à mettre en face de l'oeuvre comme trophée de guerre, avec un Napoléon qui revient dans les salles du Louvre, cette constitution particulière des collections avant qu'une idée d'état ne se l'approprie (plus ou moins une Marianne) ou alors l'étrange hybride au centre du film à savoir une oeuvre entre les deux. Le contenu à la fois acquis et menacé de (nouvelle) main basse par l'envahisseur.

    Mais les œuvres sont préservées, quelles sens ont-elles ou font-elles ? Qu'y a-t-il de force derrière le symbole ? Bizarrement, ou pas, un sentiment de temps révolu semble nous placer devant des œuvres qui ont perdu de leur aura. Ceci ne fait que motiver un peu plus la question de la part d'identité culturelle qu'il y a dans l'art. Façon aussi dans ce commentaire de glisser vers un point non moins important du film qui est d'essayer de nous faire appréhender une manière d'identité. La révision historique d'abord sur la France défaite (il faut reconnaître que l'on n'est pas vraiment habitué à voir les choses présentées si froidement), quelques échos d'ailleurs (le portrait serait si spécifique à l'Europe ?) et surtout la Russie négligée, rejetée alors que pour l'art l'Allemagne et la France au delà des individus (un Allemand,  Franz von Wolff-Metternich, et un Français,  Jacques Jaujard) se reconnaissent. On peut sauver le Louvre on doit détruire la Russie (bolchevique). La question piège (verbe).

    Alors qu'on découvre le Louvre en dehors de certaines images des plus connues (même si) et qu'on se concentre pour suivre la narration du réalisateur et alors même qu'on a du mal à tout prendre trop au sérieux (les apparitions ne font pas forcément sérieuses, autre piège ?) on se retrouve face à un ensemble de questions que le réalisateurs donnent l'impression de ne pas trop précisément définir. Du coup il est bien difficile de se dégoter ses réponses, bon point qui en appelle aussi forcément à un ressenti d'une actualité "globale"  de choc de cultures, de marchandisation, de perte d'identité, d'économie, et peut-être bien d'inaction.

    Maniéré sans doute, frustrant c'est probable, pas systématiquement beau au sens où on aurait pu vouloir l'entendre (le voir surtout), demandeur d'une attention certaine pour n'en rester pas moins énigmatique... ça vaut, je pense, quand même largement le coup d'aller le voir. Pas assez "normal" pour qu'on éprouve pas de regrets à s'en priver et tellement dérangeant pour un film qui aurait pu se contenter de l'étiquette "tourné avec et au Louvre".

    Ce n'est pas un Arche Russe bis (remarquez que je me souviens d'images mais pas du contenu de ce dernier).

    (Aurais-he pu réécrire ça ?)


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